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Semence

Définitions de « semence »

Trésor de la Langue Française informatisé

SEMENCE, subst. fém.

A. −
1. AGRIC. Graine que l'on sème ou toute partie de végétal que l'on met en terre pour la reproduction. Je voudrais te demander aussi de la semence à blé (Giono,Regain, 1930, p. 150):
1. Une terre belle, vraiment. Et un peu grasse, que le soc coupait au couteau, qui ne couvait pas de basse vermine. Elle se refermait bien sur la semence; la pluie y filtrait sagement et le germe, en faisant éclater sa croûte fragile, s'élevait sans briser la pointe tendre où allait se former l'épi. Bosco,Mas Théot., 1945, p. 84.
SYNT. Semence de froment, de blé, de seigle; les semences prennent, germent; trier, sélectionner les semences; renouvellement des semences; culture, récolte, plantation des semences; nouvelles semences; essai de semences; blé, pommes de terre de semence; chaulage, trempage, pralinage des semences.
Rem. ,,Ce mot s'oppose à celui de plant, encore qu'on dise indifféremment plant ou semence de pomme de terre`` (Agric. 1977).
P. métaph. Il jetait la bonne semence sans compter, dans ces jeunes cervelles, en se disant qu'il serait récompensé de sa fatigue, si un seul grain, sur cent, germait et fructifiait (Zola,Vérité, 1902, p. 68).
Semences chaudes majeures. Semences d'anis, de fenouil, de cumin, de carvi (d'apr. Littré-Robin 1855). Semences chaudes mineures. Semences d'ache, de persil, d'ammi, de carotte (d'apr. Littré-Robin 1855). Semences froides majeures. Semences de concombre, de melon, de citrouille, de courge (d'apr. Littré-Robin 1855). Semences froides mineures. Semences de laitue, de pourpier, d'endive et de chicorée sauvage (d'apr. Littré-Robin 1855).
P. méton., rare ou région. (fr. d'Afrique). Synon. de semailles.Les semences se font généralement pendant la saison des pluies (Page,Dern. peuples primit., 1941, p. 167).
2. Au fig., vieilli. Cause responsable de certains effets qui vont se développer avec le temps. Synon. germe.Des semences de discorde, de dispute, de révolutions, de révoltes. Le même monarque peut aisément gouverner des provinces régies par des lois différentes, et peut même avoir intérêt à entretenir ces semences de divisions entre ses sujets, afin de les contenir les uns par les autres (Destutt de Tr.,Comment. sur Espr. des lois, 1807, p. 70).Ce que M. Gide retient dans la pensée du romancier russe, ce sont précisément ces semences d'anarchie, ces mélanges de décomposition, tout ce qui est, par essence, incompatible avec notre culture (Massis,Jugements, 1924, p. 50).
Plus rarement. [Le compl. déterm. a une valeur positive] Semence d'amour, de vie. J'aime vos prolétaires, d'abord parce qu'ils sont prolétaires, et puis parce que je crois qu'il y a en eux la semence de la vérité, le germe de la civilisation future (Sand,Corresp., t. 1, 1836, p. 340):
2. Il est donc vrai de dire que l'amour est la semence commune de la justice et du péché. Comment raconter tous les fruits bons, ou mauvais, qu'il portera: la jalousie, le soin de la conservation de l'objet aimé, le zèle de sa gloire, enfin l'union avec lui, l'union qui assimile deux êtres entre eux et les confond en un? Ozanam,Philos. Dante, 1838, p. 143.
B. −
1. P. anal. (de forme avec la graine)
a) ,,Petit clou à large tête servant à fixer les toiles ou matériaux en feuilles minces`` (Barb.-Cad. 1963). Semence de tapissier.
INDUSTR. DE LA CHAUSS. ,,Petite pointe très piquante, utilisée dans les opérations de montage, et dont l'extrémité vient se river sur la ferrure de la forme`` (Chauss. 1969). Montage à la semence (Chauss. 1969).
b) JOAILL. Semence de perles. ,,Perles les plus petites qu'on vend, non pas à la pièce, mais au poids`` (Havard 1890). Semence de diamant. ,,Très petits morceaux de diamant dont on orne les bijoux`` (Littré).
2. P. anal. (de fonction)
a) Liquide séminal du mâle. Synon. usuel sperme.Opération coûteuse, le testage exige en outre que les agriculteurs acceptent l'emploi sur leurs vaches de semences de taurillons encore mal connus (Wolkowitsch,Élev., 1966, p. 82).
P. méton. [Dans la lang. biblique] Descendance, postérité. La semence d'Abraham, d'Israël (Bible t. 5 1912). P. anal. Les hommes fidèles à Dieu sont appelés semence des justes (Biblet. 51912).La semence du serpent. ,,Ceux qui agissent sous l'inspiration de Satan`` (Bible t. 5 1912).
b) La parole de Dieu (qui portera ou non ses fruits). Cyrille fut choisi d'un commun accord pour répandre les premières semences de la foi dans le cœur de la future catéchumène (Chateaubr.,Martyrs, t. 2, 1810, p. 168).Il y a dix-huit siècles, le Verbe répandit la semence divine, et l'Esprit saint la féconda (Lamennais,Paroles croyant, 1834, p. 79).
c) Rare. Essence d'une chose. Un vieux dicton spagyrique prétend que la semence de l'or est dans l'or même; nous n'y contredirons pas, à condition que l'on sache de quel or il est question, ou comment il convient de saisir cette semence dégagée de l'or vulgaire (Fulcanelli,Demeures philosophales, t. 1, 1929, p. 137).
Prononc. et Orth.: [səmɑ ̃:s]. Barbeau-Rodhe 1930: la semence [lasmɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1121-34 « sperme » (Philippe de Thaon, Bestiaire, 1223 ds T.-L.: La semence que dune Sis masles dunt fëune [la mustele]); 2. 1remoit. xiies. « postérité, descendance » (Psautier de Cambridge, 17, 51, ibid.); 3. a) 1160-74 « semailles, graines semées ou à semer » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 309); b) ca 1205 « graines d'une plante » (Renart, éd. E. Martin, XVII, 2: Ou mois de mai [...] Que cil arbre cueillent semence); 4. a) ca 1175 empl. p. image (Benoît de Ste-Maure, Chron. des ducs de Normandie, 26646 ds T.-L.: En vain labore [...] Qui sor perre semme semence); 1174-87 (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 7: Crestïens seme e fet semance D'un romans...); b) 1538 fig. « cause, origine » en parlant d'une personne (Est., s.v. semen); 1616 « occasion, source » id. (D'Aubigné, Hist. universelle, IV, XVI, éd. A. de Ruble, t. 2, p. 288: la Cour où il avoit laissé quelque semence d'amourette); 1653 (Vaugelas, Quinte Curce, VIII, Paris, A. Courbé, p. 554: la victoire [...] semence de nouvelle guerre). B. 1. 1418 semence de perles « très petites perles » (Joyaux de la chapelle des ducs de Bourgogne ds Havard 1890, col. 942); 2. 1803 « petits clous » (Boiste). Du b. lat. sementia « semailles » (Pseudo Augustin ds Blaise Lat. chrét.; 795 Capitulare de villis ds Du Cange), plur. (pris pour fém. sing.) du subst. neutre sementium « id. » (Itala Lev. 18, 23, ibid.), réfection du class. sementis « semailles; époque des semailles; semis ». Fréq. abs. littér.: 701. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 480, b) 508; xxes.: a) 996, b) 846.
DÉR. 1.
Semenceau, subst. masc.,agric. ,,Betterave que l'on replante pour lui faire produire des graines`` (Fén. 1970). P. anal. Salade repiquée. Elle allait faire un tour dans le jardin. Il était lamentable sous la pluie qui pénétrait de part en part les massifs de coudrier, s'écrasait sur le sol des plates-bandes, où pourrissaient des trognons de choux et des semenceaux de salade (Moselly,Terres lorr., 1907, p. 65).[səmɑ ̃so]. 1reattest. 1842 (Ac. Compl.); de semence, suff. -eau*.
2.
Semencier, subst. masc. et adj.a) Subst. masc. α) Agric. ,,Tout arbre produisant ou sur le point de produire des semences, soit d'une façon générale, soit qu'il soit réservé sur une coupe d'ensemencement en vue d'obtenir une régénération naturelle`` (Métro 1975). Pour que les graines se répandent uniformément sur le sol, il faut que les semenciers soient judicieusement répartis compte tenu de la faculté de dispersion de leurs graines et notamment de leur poids (Cochet,Bois, 1963, p. 59). β) Technol. ,,Ouvrier conduisant une machine à fabriquer les semences`` (Mét. 1955). b) Adj. et subst., agric. α) Adj. ,,Qui a rapport aux semences`` (Lar. agric. 1981). β) Subst. ,,Personne qui s'occupe de la production des semences`` (Lar. agric. 1981). [səmɑ ̃sje]. 1resattest. a) ca 1213 « liqueur faite avec des semences ou dans laquelle on fait macérer des graines » (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre, p. 627, 25), ex. isolé; b) 1963 « arbre porte-graines » (Cochet, loc. cit.); de semence, suff. -ier*. Semencier est relevé au xvies. comme adj. (1567 estoile semenciere « étoile de Vénus », Baïf ds Hug.).

Wiktionnaire

Nom commun - ancien français

semence \Prononciation ?\ féminin

  1. Semence.
    • Ensi defina li lignages à l’empereour Fedric, en tel maniere que de lui ou de ses fils n’est demorée en terre nulle semence. — (Brunetto Latini, Trésor, page 101)
    • Semenche de porete et d’oignonete doit un denier à col. et à dos deuz deniers. — (Livre des métiers, 283)

Adjectif - français

semence \sə.mɑ̃s\

  1. (Agriculture) Cultivé afin de produire des semences.
    • Ainsi, dans la vallée du Rhône, dans le Sud-Ouest, ou encore en Alsace, les cultures de maïs irrigué et de maïs semence couvrent désormais une part importante de la surface agricole. — (Jean-Noël Cardoux et Alain Péréa, Restaurer l’équilibre agro-sylvo-cynégétique pour une pleine maîtrise des populations de grand gibier et de leurs dégâts à l’échelle nationale, mars 2019 → lire en ligne)

Nom commun - français

semence \sə.mɑ̃s\ féminin

  1. (Génériquement) Élément originaire d’un être.
    • De sa semence naît Shou, le dieu de l’air, et de sa salive Tefnout, le principe humide, qui, ensemble, donnent naissance au dieu Geb. — (René Passet, Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire, 2011)
    1. (Agriculture) Grain, graine que l’on sème.
      • Si les graines sont destinées à servir de semence, il vaut mieux ne pas les faire sortir des balles et les rentrer immédiatement dans un grenier bien sec ; de cette manière elles conservent mieux leur faculté germinatrice. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 149)
      • La moindre semence de légumineuse, souvent pas plus grosse qu’une tête d’épingle, nourrit sa Bruche, un nain, qui patiemment la gruge, l’excave en habitacle ; et lui, le dodu, l’exquis, serait épargné ! — (Jean-Henri Fabre, La Bruche des haricots, Souvenirs entomologiques, 1903, Série VIII, chapitre 4)
      • Ce fut M. de Chalvet-Rochemonteix qui apprit aux paysans à se prémunir contre les ravages de la carie dans les grains par le sulfatage de la semence, dont les résultats furent souverains. Le mal cessa avec l’application de ce remède. — (Abbé Henri-Dominique Larrondo, Monographie de la commune de Merville (Haute-Garonne), dans Monographies de communes, concours ouvert en 1897 par la Société des agriculteurs de France, Paris & Lille : J. Lefort - A. Taffin-Lefort, successeur, 1898, page 96)
      • Ces espèces adventices, dont les graines sont apportées avec les semences introduites, ont pu résister à des conditions climatiques défavorables. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises : les associations végétales de la vallée de la Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 34)
    2. (Biologie) Sperme, substance mâle dont les animaux sont engendrés.
      • À mesure que les ovules quittent le ventre de la femelle, ils sont fécondés par le mâle. La semence s’échappe par l’orifice anal. — (Jean Rostand, La vie des crapauds, 1933)
    3. (Figuré) Acte ou action fondant une situation.
      • Il démontre qu’un traité cauteleux est une semence de discorde & de haines. — (Gabriel Bonnot de Mably, Observations sur l'histoire de France, Volume 1, 1788, page 171)
  2. (Par extension) Organe d’un plant destiné à la propagation.
    • Avant que de mettre la semence en terre, il est bon de la faire tremper dans l’eau jusqu’à ce qu’elle gonfle. — (Augustin Roux, Traite de la culture et de la plantation des arbres à ouvrer, 1750, page 53)
    1. (Agriculture) Élément obtenu par éclat, division ou récolte.
      • En Afrique et dans le Pacifique du Sud, la cochenille Aspidiella hardii est un insecte suceur qui infeste les rhizomes encore au champ. […]. Les rhizomes infestés finissent par se dessécher. On parvient à lutter contre ce phénomène en plongeant les rhizomes de semence dans du phosalone, du monocrotophos ou du quinalphos. — (Dominique Cardon, Ressources végétales de l'Afrique tropicale : colorants et tanins, PROTA, 2005, page 81)
    2. (Maraîchage) Plant dans les cas d’espèces à reproduction végétative se reproduisant généralement avec des organes spécialisés tels que les pommes de terre (tubercules), l’ail (caïeux), l’échalote (gousses).
      • Récoltez les pommes de terre de semence dès que possible afin de réduire l’exposition aux agents pathogènes. — (Pourriture Molle et Jambe Noire de la Pomme de Terre, International Potato Center, page 14)
  3. (Par extension) Grain ou graine qui n’est pas destiné aux semailles.
    • On emploie aussi les semences de la nigelle de Damas en médecine ; on leur accorde à peu près les mêmes propriétés que celles de la Nigelle cultivée (Nigella sativa L.), espèce qu’on cultive aussi dans les jardins pour sa graine qu’on emploie comme condiment. — (Gustave Heuzé, Les plantes industrielles, 1860, seconde partie, page 361)
  4. (Par analogie de taille) Ce qui ressemble à de petites graines.
    1. (Bijouterie) Joyau de très petite taille.
      • Les Orfèvres appellent semence de perles, des perles fort menues qu’on vend au poids. — (Antoine Furetière, Dictionnaire universel, chez Reinier Leers, 1708)
    2. (Absolument) Petits clous à tête large et à tige carrée qui sont employés par les tapissiers ou les cordonniers. Généralement en acier bleui ou en cuivre.
      • Nous travaillions au bahut sous la lampe. Je battais les semelles mouillées. Mon père enfonçait les semences, cogne, cogneras-tu. — (Jean Guéhenno, Journal d’un homme de 40 ans, Grasset, 1934, réédition Le Livre de Poche, page 67)
      • … pour quarante sous de semences de tapissier qui pourraient peut-être servir. — (Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Denoël, 2000, collection Folio, page 50)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SEMENCE. n. f.
Grain que l'on sème. Il se dit particulièrement du Froment, du seigle, de l'orge, de l'avoine et de quelques autres céréales. Blé de semence. Combien faudra-t-il de semence pour semer cette pièce de terre? L'année a été mauvaise, les laboureurs n'ont pas recueilli leurs semences. Il se dit aussi, généralement, de Tout ce qui se sème, par la main de l'homme ou naturellement, graines, noyaux, pépins, etc. Les graines sont la semence des herbes et des légumes. Chaque fruit a sa semence. Il désigne, par analogie, le Sperme, la substance dont les animaux sont engendrés.

SEMENCE désigne, au figuré, une Cause d'où il doit naître, avec le temps, de certains effets. Ces rapports sont des semences de discorde. Les clauses obscures dans un contrat sont des semences de procès. Il vieillit en ce sens. On dit plutôt aujourd'hui Germe. Il se dit encore de Ce qui ressemble à de petites graines. Absolument Il désigne des Petits clous à tête large, qui sont employés par les tapissiers. Semence de perles, Très petites perles. Semence de diamants, Très petites parcelles de diamants dont on orne des bijoux.

Littré (1872-1877)

SEMENCE (se-man-s') s. f.
  • 1Grain que l'on sème, en parlant des céréales. Blé de semence. Dans une mauvaise année on ne recueille pas même la semence. J'ai vu dans le marc d'huile et dans une eau nitrée Détremper la semence avec soin préparée, Delille, Géorg. I. Les plaines de Byzacium rendaient, selon Pline, cent cinquante mesures de blé pour une seule mesure de semence, Mongez, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. II, p. 656. Plus le sol est riche et propre au froment, plus on doit diminuer la quantité de semences, Genlis, Maison rust. t. III, p. 21, dans POUGENS.
  • 2Tout ce qui se sème, grains, graines, noyaux, pépins, etc. Chaque fruit a sa semence. Dieu dit encore : Que la terre produise de l'herbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre, Sacy, Bible, Genèse, I, 11. La semence, partie la plus admirable et la plus incompréhensible des végétaux, qui les contient tout formés sous un très petit volume, est, en général, composée de trois substances, l'embryon, le ou les cotylédons et le périsperme, Fourcroy, Conn. chim. t. VII, p. 15.

    Fig. L'argent est la semence de l'argent, et la première pistole est quelquefois plus difficile à gagner que le second million, Rousseau, Écon. polit.

  • 3 Terme de pharmacie. Les quatre semences chaudes majeures, celles d'anis, de fenouil, de cumin, de carvi.

    Les quatre semences chaudes mineures, celles d'ache, de persil, d'ammi et de carotte.

    Semences froides majeures, celles de concombre, de melon, de citrouille et de courge. Semences froides mineures, celles de laitue, d'endive, de chicorée et de pourpier.

  • 4Semence de champignon, espèce de champignon.
  • 5 Fig. Il se dit de ce qui, comparé à une semence, doit germer dans l'esprit, dans le cœur. Isabelle pourrait perdre dans ces hantises Les semences d'honneur qu'avec nous elle a prises, Molière, Éc. des mar. I, 4. Qui pourrait exprimer la joie que ressentait Mme de Montausier, lorsqu'elle voyait croître les bonnes habitudes du jeune prince [le Dauphin], et germer ces précieuses semences de gloire et de vertu qu'elle avait jetées avec tant de soin dans son cœur ? Fléchier, Mme de Mont. Les semences de piété et de religion que vous et moi avons reçues de notre éducation, Ch. Sévigné, à Mme de Grignan, dans SÉV. t. X, p. 418, éd. RÉGNIER. Les personnes d'esprit ont en elles des semences de toutes les vérités, La Bruyère, I. L'Ingénu, qui avait un grand fonds d'esprit, fit de profondes réflexions sur cette idée [ce qui soulage le corps soulage l'âme], dont il semblait qu'il avait la semence en lui-même, Voltaire, l'Ingénu, 10. Ce sont des semences que je jette dans votre esprit ; et, pour qu'elles y germent un jour, il me suffira de vous prévenir de bonne heure contre le mauvais goût, Condillac, Art. d'écr. II, 10. Cyrille fut choisi d'un commun accord pour répandre les premières semences de la foi dans le cœur de la future catéchumène, Chateaubriand, Mart. XII.
  • 6 Fig. Cause qui doit produire avec le temps certains effets. La victoire n'est pour toi qu'une semence de nouvelle guerre, Vaugelas, Q. C. VII, 8. Elle laissa en mourant une semence éternelle de division entre les enfants qu'elle avait eus des deux frères, Démétrius Nicator et Antiochus Sidétès, Bossuet, Hist. I, 9. Dès le second et le troisième siècle, l'Église a vu naître et Cerdon, et Marcion, et Manès, ces ennemis du Créateur ; on trouve partout des semences de cette doctrine [le manichéisme], Bossuet, Var. XI, 204. Le monde n'avait pas manqué de mêler, parmi ses faveurs, des semences d'amertume, qui en étaient inséparables, Bourdaloue, Sur la récomp. des saints, 1er avent, p. 25. Le sang des martyrs était encore la semence des fidèles, Massillon, Panég. Ste Agnès.
  • 7 Fig. et familièrement. Préparation à quelque chose de mieux. Mme de Soubise en avait tiré [du roi] une faveur qui ne fut qu'une semence, Saint-Simon, 76, 234.
  • 8Liqueur fécondante des mâles.

    Dans le langage biblique, descendants, postérité. Dieu promit au saint patriarche qu'en lui et en sa semence toutes ces nations aveugles qui oubliaient leur créateur seraient bénites, Bossuet, Hist. II, 2.

  • 9Semence de perles, perles très petites, dont ordinairement quatre ou cinq ne pèsent qu'un grain. La semence de perles se vend à l'once. Semence de perles, la livre payera 3 livres, Tarif, 18 sept. 1664.

    Semence de diamants, petites parcelles de diamants, dont on orne des bijoux.

  • 10Semences, sorte de petits clous employés par les tapissiers et les bourreliers.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ensi defina li lignages à l'empereour Fedric, en tel maniere que de lui ou de ses fils n'est demorée en terre nulle semence, Latini, Trésor, p. 101. Semenche de porete et d'oignonete doit un denier à col. et à dos deuz deniers, Liv. des mét. 283.

XVIe s. Il desiroit qu'il y cust des roys de Lacedemone engendrez de sa semence, Amyot, Agésil. 3. Bien, disoit-il, en un païs couvert pourroit-on faire retraitte par semences, et sans rien engager par infanterie, D'Aubigné, Hist. I, 215. Le prince de Condé plus facile, desireux de la cour, où il avoit laissé quelque semence d'amourettes…, D'Aubigné, ib. I, 231. Il usera souvent des quatre semences froides, Paré, V, 26. Telle semence, telle moisson, Cotgrave

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SEMENCE, s. f. dans l’économie animale, humeur épaisse, blanche & visqueuse, dont la secrétion se fait dans les testicules, & qui est destinée au grand œuvre de la génération. Voyez Génération.

La semence qui a séjourné long-tems dans les testicules & dans les vésicules séminales, est plus épaisse que toutes les humeurs du corps. Il n’en est donc point dont la préparation se fasse avec tant de lenteur, dont le cours soit retardé par tant de détours, ou qui soit tenue si long-tems en repos. A moins de violer les lois de la nature & de s’épuiser, il n’est point d’humeur dont elle semble si avare. Toutes les liqueurs une fois séparées vont droit aux parties qui en font l’excrétion ; mais par quel long détour la semence y parvient-elle, & quel chemin n’a-t-elle pas à parcourir dans le testicule & son réseau, dans l’épididyme, dans le canal déférent, dans les vésicules, &c. Nous ne savons pas encore pourquoi la nature s’est servie d’un sang urineux, & qui sort presque des reins même, pour faire la semence, & pourquoi elle a placé les vésicules si proches de la vessie.

La plupart des physiciens admettent les animaux spermatiques ; & la dispute tant agitée entre Hartsoëker & Leuwenhoëk, pour savoir lequel des deux étoit l’inventeur de cette découverte, a confirmé cette expérience. Boerrhaave pria le véritable inventeur Leuwenhoëk de dire en quel lieu il découvroit d’abord, à la faveur de ses excellens microscopes, les animalcules dont il s’agit, & dans quel autre lieu on cessoit de les appercevoir. La somme de ces observations a été que le sang, le serum, l’urine, la liqueur des ventricules du cerveau, les liquides de la matrice & de la vessie, ne contenoient aucun de ces petits insectes ; mais qu’il y en avoit dans le liquide des interstices celluleux du testicule, dans le conduit Higmore, dans tout le testicule, dans tout l’épididyme, dans tout le canal déférent, dans les vésicules séminales, & dans la semence expulsée dans le coït de l’homme & des animaux. Nous ne savons pas ce qui a fait naître ces animalcules, ni pourquoi les alimens en fourniroient là plutôt qu’ailleurs.

Prenez un peu de semence délayée dans de l’eau tiede, mettez-la sur un petit morceau de tuile, & sous le plus petit microscope qui ait le plus proche foyer, alors vous verrez ces animaux vivans, se mouvoir comme des anguilles, oblongs, ayant la tête un peu grosse, & nageant dans une liqueur qui n’en contient point ; de sorte que la semence est composée de deux parties ; 1°. d’animaux qui survivent assez long-tems à leur sujet ; 2°. d’une humeur douce, visqueuse, qui se meut à peine. La liqueur des prostates ne contient point d’animalcules, ni le sperme des femmes, ni le liquide des ovaires ; la principale utilité du testicule consiste donc dans la génération.

La semence entre dans les trompes mêmes, & de-là n’a pas loin pour aller se rendre à l’ovaire. Voyez Trompe & Ovaire.

La glande prostate a douze petites follicules ; distinctes, qui s’ouvrent par autant d’émonctoires sensibles, dans la cavité de l’uretre, & entourent de toutes parts cette issue des vésicules ; ce qui fait que la semence & l’humeur des prostates se mêlent exactement en cet endroit, les vésicules & les prostates étant environnées de la même membrane musculeuse. Voyez Prostate.

La semence ne coule donc jamais qu’elle ne soit précédée, suivie, enveloppée du suc des prostates, dont l’usage est de débarquer en sureté l’homme futur. M. Littre a donné une fort bonne description de cette glande.

Les hommes sains préparent toujours à la fleur de l’âge une semence, qui retenue, est épaisse & immobile comme du blanc d’œuf, ou de l’amidon détrempé dans un peu d’eau. La liqueur des prostates est plus claire, & semblable à l’huile d’amandes douces ; ensuite il faut bien que l’animalcule qui doit former l’homme, soit long-tems caché, & à l’abri des injures de l’air, jusqu’à ce qu’il vienne germer dans la matrice. Voyez Matrice.

C’est à la semence que la barbe & les poils du pubis doivent leur naissance. La voix & le tempérament changent lorsque la secrétion de cette humeur commence à s’opérer. L’enfant possede toutes les parties de la génération, il n’en peut faire aucun usage ; il faut quinze ou seize ans communément pour lui : alors paroissent la barbe, une voix forte, & autres signes de virilité qui restent jusqu’au plus grand âge. Du regne de Charles II. roi d’Angleterre, un homme de 120 ans fut convaincu d’adultere.

La barbe est la premiere marque de puberté ; c’est un indice que la semence commence à se faire ; elle continue si le sang produit la même humeur prolifique ; elle cesse de pousser, ou tombe, si cette secrétion importante est empêchée. On connoît par-là pourquoi la barbe & les cheveux tombent souvent dans la vieillesse ; la voix d’un garçon ressemble à celle d’une fille avant la secrétion de la semence, après quoi elle devient grave & rauque, & ce symptome paroît avant la barbe.

Les Arabes ont expliqué de cette maniere pourquoi quelques gouttes de semence affoiblissent plus qu’une grande perte de sang, & il y a eu des modernes qui ont voulu calculer combien peu il falloit perdre de semence pour en être affoibli ; mais cet affoiblissement ne viendroit-il point de cette espece d’épilepsie qui accompagne la perte de la semence, plus que de cette perte même ? car le corps reprend constamment ses forces avant que la semence soit réparée. La viscosité du sang, & tout l’appareil que la nature emploie à la formation de la semence fait voir qu’elle ressemble moins aux esprits, que le blanc d’œuf ne ressemble à l’esprit-de-vin. Cela paroît en comparant la substance corticale du cerveau avec la structure des testicules, & l’extrème finesse des esprits avec l’épaisseur du sperme.

Il y a des auteurs qui ont prétendu que les sels volatils huileux étoient de même nature que la semence, & par conséquent étoient excellens pour la génération, ce qui a mis pendant long-tems ces sels fort en vogue. Mais tout l’effet de ces sels vient du mouvement plus violent que le sel volatil excite, & non de la semence qu’il ne peut produire ; car ils sont d’une nature la plus opposée qu’il soit possible à celle de la semence.

Hippocrate dit que la semence de la femme est plus foible que celle de l’homme ; mais qu’elle est nécessaire. Aristote admet à-peine quelque semence dans les femmes : il pense que l’humeur libidineuse qu’elles rendent pendant le coït n’en est point, & ne sert point à la conception. Galien accorde de la semence aux femmes, mais moins qu’aux hommes ; elle est, selon lui, plus imparfaite, & vient par les cornes (les trompes) dans la matrice : il parle d’une certaine veuve qui, à la suite d’une irritation au clitoris, rendit une semence fort épaisse avec une très-grande volupté ; il ajoute que cette matiere qui s’échappe quelquefois en dormant, contribue beaucoup à ce qu’on nomme paillardise. Avicenne cite une veuve aussi lubrique que celle de Galien. Colombus dit qu’il a vu de la vraie semence dans les testicules des femmes. Venete répete la même chose, ainsi que Mauriceau, qui auroit pris pour de la semence la liqueur contenue dans les œufs, ou la sérosité claire de quelque vésicule gonflée. Marchettis ajoute que la semence vient des ovaires par quelques vaisseaux blancs dans les trompes. Henrice prend aussi pour de la semence la liqueur des glandes de Naboth : c’est elle, dit-il, qui mêlée avec celle de l’homme, forme le fœtus. Voglius enseigne que la semence de la femme est produite dans ces ovaires. Sbaragli & Paitoni croyent qu’il s’y fait une liqueur spiritueuse qui se repompe dans le sang, & qui produit chez les femmes les mêmes effets que la semence chez les hommes, comme Galien l’avoit ainsi imaginé autrefois ; il pensoit que la semence de la femme se mêloit avec celle de l’homme, & lui servoit en quelque sorte d’aliment : toute l’antiquité a cru que sans l’éjaculation de la semence des deux sexes faite en même tems, on ne pourroit engendrer. Haller, comment.

Semence, maladies de la, (Médec.) 1°. la semence, cette liqueur précieuse, élaborée dans le testicule, perfectionnée dans les épididymes & les vaisseaux déférens, enfin portée aux vésicules séminales pour passer dans l’uretre, se trouve exposée à quelques maladies.

2°. Elle est produite abondamment dans la fleur de l’âge, & par des alimens succulens. De-là naît la lubricité & le priapisme, qu’il faut traiter par la diete, les rafraîchissans, les nitreux & les acides.

3°. Lorsque cette liqueur vient à manquer dans la vieillesse, il n’y a point de remede, non plus que dans les eunuques, ou dans ceux à qui on a coupé l’organe séminal par l’opération de la lithotomie ou d’une hernie ; mais si le défaut de semence vient de l’obstruction des testicules, ou des autres organes de la génération, il faut y remédier en dissipant ces maladies. Si le défaut de cette liqueur est la suite d’une trop petite quantité d’alimens, de travaux, de la foiblesse du corps, ou de la débauche, il se réparera de lui-même, en évitant les causes qui y ont donné lieu. Si la semence vient à manquer par l’affoiblissement de l’organe, on tâchera d’y porter remede par l’usage tant intérieur qu’extérieur des aphrodisiaques.

4°. La semence retenue trop long-tems dans ses vaisseaux acquiert peut-être un trop grand degré d’épaississement ; mais il est certain qu’elle n’a point sa perfection quand on abuse des plaisirs de l’amour. Elle se corrompt, devient virulente, ichoreuse dans la gonorrhée & dans la vérole.

5°. La trop fréquente évacuation de la liqueur séminale produit des cardialgies, des anxiétés, la lassitude des lombes, le tremblement, le vertige, la froideur de tout le corps, la foiblesse, l’orgasme, la phthisie dorsale, & finalement l’impuissance.

6°. L’évacuation trop ménagée de la semence produit rarement aucune maladie ; elle cause seulement quelquefois du trouble dans l’économie de la machine. (D. J.)

Semence, s. f. (Botanique.) voyez Graine ; je n’ajoute qu’un mot en passant pour completer l’article.

Le fruit renferme la semence avec ce qui y est contenu. La semence est l’embryon de la plante avec ses diverses enveloppes ; celles-ci ont à-peu-près le même usage dans les plantes, que les membranes qui environnent les fœtus des animaux ; quelquefois il n’y a qu’une de ces enveloppes, quelquefois il y en a deux ou un plus grand nombre ; l’embryon leur est adhérent par un filet ombilical. Elles sont ordinairement remplies d’un baume renfermé dans des petites cellules destinées à cet usage. Ce baume semble être une huile portée à sa plus grande perfection, que la plante dépose ici toute préparée dans des petits reservoirs. Par le moyen de ce qu’il a d’huileux & de tenace, il écarte de l’embryon toute humidité étrangere ; par sa viscosité il retient cet esprit subtil, pur & volatil, qui est la plus parfaite production de la plante, & que les Alchimistes appellent esprit recteur, habitant du soufre archée, serviteur de la nature. (D. J.)

Semences des végétaux, (Science microscopique.) Malpighi, Leuvenhoek, Hooke, Grew & plusieurs autres, sont d’illustres témoins que le microscope a découvert de petites plantes, non seulement dans les grandes semences, comme dans le noyer, le chataignier, le chêne, le hêtre, la semence du limon, du coton, des pois, &c. mais encore dans les plus petites, celles de chanvre, de cerfeuil, de cueillerée, de moutarde.

Si l’on veut découvrir les petites plantes qui sont contenues dans les semences, il faut les préparer pour la plûpart en les faisant tremper dans l’eau chaude jusqu’à ce que leur écorce puisse se séparer, & leurs feuilles séminales s’ouvrir sans lacération. Il y en a cependant quelques-unes que l’on peut mieux disséquer étant seches ; mais les semences même sans aucune préparation, montrent une variété infinie de figures, de couleurs & de décorations.

Les semences des fraises sortent de la pulpe du fruit ; & lorsqu’on les observe, elles paroissent elles-mêmes comme des fraises.

Les semences du pavot ressemblent par leur figure à des petits rognons avec des sillons à leur surface, qui forment des côtés & des angles réguliers. On peut tirer de ces semences une poussiere qui, mise devant le microscope, a presque la même apparence que la surface des semences, avec l’avantage d’être transparentes. Cette poussiere n’est aussi que la fine membrane qui est entre les semences, laquelle par la pression des semences contre elle, a reçu des marques correspondantes aux sillons qui sont sur les semences mêmes.

Les semences du tabac, de la laitue, du thym, du cerfeuil, du persil & cent autres, peuvent amuser agréablement un observateur.

Les anciens s’imaginoient que les plantes capillaires & plusieurs autres especes n’avoient point de semences, & la vue simple n’auroit jamais pû corriger leur erreur ; mais le microscope a découvert que toutes les différentes especes de fougeres, de langues de cerf ou scolopendres, de capillaires, &c. abondent en graines. Leurs vaisseaux séminaux sont au dos des feuilles, & la poussiere qui en sort lorsqu’on les touche, n’est autre chose que les petites semences ; ces vaisseaux séminaux paroissent à la vue simple comme une galle noire ou brune sur le dos de la feuille, mais par le microscope, ils ressemblent à des petits tubes circulaires, divisés en plusieurs cellules, qui contiennent les graines en-dehors de tous les côtés en forme de poussiere ; quelques-uns de ces petits vaisseaux contiennent au-moins cent semences qui sont invisibles à la vue simple. (D. J.)

Semence, voyez Fruit.

Semence des Perles, voyez Perles.

Semences, (Médecine.) les semences sont de plusieurs especes, & fort employées en médecine. Les semences médicinales, particulierement celles que l’on apporte des Indes, du Levant, &c. sont décrites chacune en particulier, à leurs articles respectifs. Voyez-les.

Parmi celles que l’on cultive en ce pays, les principales sont les quatre semences les plus chaudes, & les quatre semences les plus froides : les premieres sont les semences d’anis, de fenouil, de cumin, de carvi : les dernieres sont les semences de courge, de citrouille, de melon & de concombre.

Les quatre semences froides servent principalement à faire des émulsions, des boissons rafraîchissantes, des pâtes pour les mains, & des huiles dont les dames se servent pour leur teint.

En général les semences froides majeures ne doivent point être ordonnées à l’intérieur que dans les cas de chaleur, & encore après avoir désempli les vaisseaux, encore avec beaucoup de modération.

Les semences froides majeures sont les suivantes, celles de chicorée, de laitue, d’endive & de pourpier, ces semences ont peu d’efficacité, on les ordonne rarement. Voyez l’article suivant.

Les semences chaudes majeures ne conviennent que dans l’humidité & le relâchement ; elles sont bonnes dans la résolution de l’estomac & des nerfs, elles sont de peu d’usage. Voyez l’article suivant.

Les semences chaudes mineures qui sont la poivretre, l’amomum, le persil & le daucus, sont employées dans les mêmes indications ; mais elles sont aussi de peu d’usage.

Semences chaudes, les quatre grandes, (Médec.) sont celles d’anis, de fenouil, de cumin & de carvi. Ces semences entrent dans plusieurs compositions, & sur-tout dans les ratafiats, on en fait des infusions dans l’esprit-de-vin, dont on fait un grand usage. Mais ces remedes ne sont bons que dans le cas où les carminatifs sont indiqués ; hors cette indication ces remedes sont fort dangereux, lorsqu’on en prend habituellement, ils sont irritans, stimulans & échauffans. Cependant lorsqu’ils sont pris à petite dose, & par intervalle ils deviennent salutaires, d’autant qu’ils redonnent du ressort aux parties qu’ils fortifient & raniment. Voyez Anis, Fenouil, &c.

Les quatre semences chaudes mineures sont celles d’ache, de persil, d’ammi & de daucus. Elles sont moins actives que les précédentes ; on en fait peu d’usage. Elles entrent dans quelques électuaires, comme l’orvietan, & quelques autres. Voyez Ache, &c.

Semences froides, les quatre grandes, (Médec.) sont celles de courge, de citrouille, de melon & de concombre. Elles servent dans les émulsions pour tempérer, calmer, rafraîchir dans l’ardeur, la sécheresse & l’ardeur des humeurs. On les ordonne toutes ensemble à la dose d’une once, de demi-once, ou de deux gros dans une pinte d’émulsion. On les fait entrer dans les bouillons de veau ou de poulet que l’on émulsionne avec elles, ou on en farcit un poulet que l’on fait bouillir ensuite : on nous les envoie des provinces méridionales du royame. Voyez chacun des articles Courge, &c.

Les quatre semences froides mineures sont celles de laitue, de pourpier, d’endive & de chicorée. Voyez ces articles.

Ces semences sont moins froides que les précédentes. On s’en sert assez rarement, les premieres sont plus en usage.

Semence, Semer, (Jardinage.) avant de semer dans la pépiniere, la terre doit être bien labourée & bien fumée, on fait ensuite ouvrir, suivant un cordeau, des rigoles d’un fer de bêche de deux piés en deux piés ; on y seme les graines en Novembre, Février & Mars, excepté la graine d’orme, qui se recueille en Mai, & se seme en même tems, ensuite on recouvre de terre les rigoles avec le gros rateau, sans vous arrêter aux pleines lunes, choisissez pour semer un tems doux, peu venteux & qui promet dans peu de la pluie.

Les graines doivent être fraîches & de la même année que l’on seme les fruits, tels que le gland, le marron d’Inde, la châtaigne, la faîne, la noisette, la noix : les noyaux de pêche, de prune, d’abricot, l’amande douce n’auront point été mis dans la bouche, & seront sans rides ni piquure de vers.

Le gland peut se semer tout-d’un-coup dans le bois, ainsi que la plûpart des fruits que l’on vient d’indiquer.

Les pepins se sement au mois de Mars sur des planches bien préparées ; ils poussent des jets assez forts pour être transplantés au printems suivant ; les pepins d’orangers se sement, ainsi que plusieurs noyaux de fruits, dans des pots remplis de terre bien préparée, & on les serre pendant l’hiver.

Dans des années rudes on répand de grandes litieres sur ce qui est semé ; on peut même faire tremper les grosses graines pour les faire gonfler quelques jours avant de les semer, & on aura soin de bien labourer & sarcler les pépinieres.

Les graines de potagers se sement en différentes saisons, & se cultivent comme les autres.

Les graines des fleurs se sement à claire voie dans de grands pots plats, ou de longues caisses que l’on saupoudre de terreau en ne les couvrant qu’à-demi ; on recommence à semer, & on saupoudre cette semence jusqu’à ce qu’elle soit couverte d’un pouce d’épaisseur ; on arrose & on couvre le tout de grande paille, sous laquelle, quinze jours après, la graine doit être levée, & ces plantes, deux ans après, se replanteront sur une planche neuve, & au bout de trois ans formeront de véritables oignons portant fleurs.

Comme les graines des arbres verds ne levent pas si aisément dans ces climats que dans les pays chauds, il n’y auroit que l’excellente terre qui les feroit réussir ; c’est par cette raison qu’on préfere à les marcotter au pié des grands arbres, ce qui réussit parfaitement sur-tout au sujet des ifs & des picéa. On observera seulement que les graines délicates, après avoir été six semaines sous les cloches, demandent à être éclaircies ou levées en plantes pour être mises en rigoles sous d’autres couches chaudes, & seulement plantées au plantoir, ce qui les avance & les empêche de monter si haut ; enfin lorsqu’elles sont assez sortes, on les leve en motte avec la houlette, & on les transporte dans des brouettes, pour les placer dans les parterres, dans les pots & dans les potagers.

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Étymologie de « semence »

Wallon, semains ; Berry, sumence et sement, m. et f. ; provenç. semensa ; ital. semenza ; du bas-lat. sementia, derivé de semen, graine.

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(1121-34) Via l’ancien français semence du latin populaire *sēmentia, dérivé du latin sēmen.
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Phonétique du mot « semence »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
semence sœmɑ̃s

Citations contenant le mot « semence »

  • L'amour n'est pas une semence mais une pâte où chacun devient un levain. De Yvon Paré / Anna-Belle
  • Pour les enfants comme pour les livres, pour l'encre comme pour la semence, ça demande toujours confirmation. De Hervé Bazin / Entretien avec Jacques Jaubert - Octobre 1978
  • C'est à force de répandre le bon grain qu'une semence finit par tomber dans un sillon fertile. De Jules Verne / Les Naufragés du “Jonathan”
  • Bonne semence fait bon grain et bons arbres portent bons fruits. De Proverbe français
  • Il ne faut pas semer toute sa semence dans le même champ. De Proverbe anglais
  • La bonne semence, même si elle tombe dans la mer, deviendra une île. De Proverbe malais
  • Pour détruire la racine du mythe, il faut anéantir la semence même de l'homme. De Robert Marteau / Mont-Royal
  • Une semence d'ortie ne peut produire un épis de mil. De Nafitassou Niang Dialo / Le fort maudit
  • On s'en va, on s'en va en pleurant On porte la semence ; On s'en vient, on s'en vient en chantant On rapporte les gerbes. , Ancien Testament, Psaumes CXXVI, 6
  • Femme sans mâle, terre sans semence. De Proverbe amharique
  • La semence d’hier est la chair de demain. De Fleury Vindry / La Gamme sévère
  • La fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la semence. De Gandhi
  • L'homme porte en lui la semence de tout bonheur et de tout malheur. De Sophocle
  • L'inconstance perd tout, en ne laissant mûrir aucune semence. De Henri-Frédéric Amiel / Journal intime
  • Il ne faut pas mettre toute sa semence dans le même champ. De Proverbe québécois
  • Et nos poèmes encore s'en iront sur la route des hommes, portant semence et fruit dans la lignée des hommes d'un autre âge. De Saint-John Perse / Vents
  • EnquêteDes maisons des semences préservent et redonnent vie à ce patrimoine de diversité cultivée. Une gouvernance dont les crises écologique et sanitaire révèlent la pertinence. Le Monde.fr, L’aventure citoyenne des semences paysannes, « commun » nourricier
  • (ETX Studio) - Alors que dans le monde entier, on se tourne de plus en plus vers le jardinage et le plaisir de cultiver soi-même ses fruits et légumes, pourquoi ne pas franchir une nouvelle étape : la création de ses propres semences ! Une manière de préserver la biodiversité végétale et d'enrayer la standardisation des semences. ladepeche.fr, Et si vous pouviez créer vos semences vous-mêmes ? - ladepeche.fr
  • Au pied du village de Salvagnac la fratrie Durand met en valeur son savoir faire : culture et aujourd’hui ramassage de 4.5 hectares d’ail (blanc ou rose) de semence – un ramassage mécanisé avec le nettoyage sur le champs (une petite chaîne a été installée sur place) – avec des moments de partage a la pose – et tout ça sous le clocher du village – Les frères Durand exploitent 200 hectares avec en majeure partie des céréales, et aussi ils s’adonne à des cultures autres qui ont une plus grande valeur ajoutée (exemple l’ail blanc ou violet) ou 4.5 hectares ont le même rapport que 100 ha de céréales mais aussi avec beaucoup de travail, et oui tous les agriculteurs savent bien que l’on n’a rien sans travail… mais ce n’est pas tout ils font aussi des semences de céréales. Heureusement des retraités du village leur donnent un coup de main pour le tri aidés par un petit groupe de jeunes, la récolte elle est mécanisée. ladepeche.fr, Salvagnac. Cueillette de l’ail de semence - ladepeche.fr
  • Une loi publiée en juin permet enfin aux agriculteurs de vendre leurs semences paysannes, qui ne sont pas des hybrides, aux particuliers. Un combat que mène l'association Kokopelli depuis des années. Mais est-ce suffisant ? France Culture, Les semences paysannes enfin autorisées à la vente aux particuliers
  • La loi relative à la transparence de l'information sur les produits agricoles et alimentaires, parue au Journal officiel le 11 juin 2020, a largement fait parler d'elle. Partout, les magazines de jardiniers se réjouissent de l'ouverture à la vente des « semences paysannes ». Ce texte vient en effet modifier le cadre commercial des semences pour les jardiniers amateurs. Mais il y a là un certain abus de langage, selon l'interprofession des semenciers (Gnis).  Terres et Territoires, Semence : vente aux jardiniers, la loi change - Terres et Territoires
  • Aujourd’hui, pour vendre une variété de semences, elle doit être inscrite au catalogue officiel. Et pour qu’une semence soit inscrite au catalogue officiel, il faut que la semence soit distincte, homogène et stable. Pour résumer, cela correspond aux variétés de semences industrielles créées et appartenant en grande majorité à des multinationales à travers le monde. Ces semences industrielles obtiennent de bons rendements si elles sont couplées à l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques. Toutes les semences transmises de générations en générations depuis des siècles - des milliers de variétés appartenant au patrimoine vital de l’humanité- ne peuvent pas être vendues, à quelques exceptions près. Marianne, Les semences sous le contrôle des lobbies
  •  Depuis le 12 juin dernier, la vente de semences de variétés libres de droit et reproductibles à des utilisateurs non professionnels est enfin légale en France. En effet, la vente de semences de variétés du domaine public à des utilisateurs non professionnels a été exemptée des règles de commercialisation prévues par les directives européennes sur le commerce des semences, et notamment de l’obligation d’inscription au catalogue officiel, qui empêche la commercialisation de nombreuses variétés paysannes non homogènes et non stables. GoodPlanet mag', Indignation : l'Europe s’oppose à la vente libre des semences de variétés paysannes aux jardiniers amateurs - GoodPlanet mag'
  • Les semences paysannes, sources de notre alimentation sont l'enjeu d'une lutte acharnée visant à leur monopole pour les agro-industriels, puissants lobbies qui font les lois au niveau mondial, d'une part, et, d'autre part la restitution aux "communs", au travers des petites associations qui revendiquent la liberté d'utiliser et faire se reproduire ces semences en toute liberté, les échanger, les donner, les vendre... Club de Mediapart, La folle histoire des semences... | Le Club de Mediapart
  • Les industriels imposent que les tomates soient toutes les mêmes, bien rondes et bien rouges, ce qui nuit à la diversité. Avec les semences paysannes, nous cherchons à ce que toutes les variétés circulent et s’adaptent à chaque territoire. Et notre critère prioritaire n’est pas le rendement, mais le goût, la diversité… , Jardinage : la vente de semences paysannes enfin officiellement autorisée | Actu

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Traductions du mot « semence »

Langue Traduction
Anglais seed
Espagnol semilla
Italien seme
Allemand samen
Chinois 种子
Arabe بذرة
Portugais semente
Russe семя
Japonais シード
Basque hazia
Corse semente
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Synonymes de « semence »

Source : synonymes de semence sur lebonsynonyme.fr

Semence

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