La langue française

Graine

Sommaire

  • Définitions du mot graine
  • Étymologie de « graine »
  • Phonétique de « graine »
  • Citations contenant le mot « graine »
  • Images d'illustration du mot « graine »
  • Traductions du mot « graine »
  • Synonymes de « graine »

Définitions du mot graine

Trésor de la Langue Française informatisé

GRAINE, subst. fém.

A. − Partie de la plante qui, après avoir germé, assure sa reproduction; en partic. graine non comestible. Graine de lin; graines oléagineuses; semer des graines. Sur 58 000 ha consacrés aux graines de semences, l'essentiel va à la production de graines fourragères ou de plantes sarclées (Wolkowitsch, Élev.,1966, p. 139) :
1. Dans les pays très-froids, si l'on arrive en automne ou dans l'hiver, il faut renoncer à semer des graines de plantes annuelles, qui ne germeraient pas, ou seraient détruites par les premières gelées; on peut tout au plus risquer quelques graines d'arbres, telles que des pépins de pomme, de raisin, des noyaux de différens fruits, etc. parce que ces semences, ne devant lever qu'au printemps, pourront se conserver malgré les froids... Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 209.
1. BOT. ,,La graine, qui provient du développement de l'ovule, comprend deux parties : 1ole tégument ou enveloppe; 2ol'amande contenant une plante en miniature appelée plantule ou embryon. Enfin, il existe souvent une troisième partie nommée albumen, qui servira de nourriture à l'embryon lorsqu'il se développera`` (E. Caustier, Bot., Classes de 5eA et B, Paris, Libr. Vuibert, 1914, p. 80).
2. Locutions
Graine d'Avignon. Synon. de grenette, grainette B.
Graine de Paradis. ,,Appelé aussi grande cardamome ou maniguette, ce condiment vient de Guinée. Ses fruits renferment une amande très blanche à saveur âcre et brûlante; ils sont employés parfois pour donner du montant, de la force aux vinaigres et aux eaux-de-vie`` (Gdes heures cuis. fr., Éluard-Valette, 1964, p. 238). Cf. Huysmans, Là-bas, t. 1, 1891, p. 185.
Monter en graine. [Le suj. désigne une plante] Grandir et se développer jusqu'à ce qu'elle porte graine. La chenille meurt quand elle forme sa chrysalide. La plante meurt quand elle monte en graine (Saint-Exup., Citad.,1944, p. 570).Au fig. [Le suj. désigne une femme non mariée] Monter en graine. Laisser passer l'âge du mariage; rester vieille fille; parvenir à la maturité sans être mariée (la jeunesse étant comparée à la fleur de la plante et l'âge à la maturité). Comment! il ne s'est pas trouvé quelque vieux gentilhomme campagnard pour épouser cette chère petite, faite pour devenir une châtelaine (...). Ils l'ont laissée monter en graine (Balzac, Pierrette,1840, p. 82).Et maintenant, bien que très montée en graine et vieille fille, elle est une autre femme, mille fois plus parfaite (Proust, Fugit.,1922, p. 658) :
2. La plupart, déjà sérieusement montées en graine, pensaient avec amertume qu'elles ne se marieraient jamais; leur seule chance d'avoir un jour une vie décente, c'était de réussir leurs examens... Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 173.
B. − Au fig. Il y avait là une vingtaine de jeunes gens, des écrivains, des peintres, des architectes, ou pour mieux dire de la graine de tout cela. − Aujourd'hui la graine a monté (A. Daudet, Pt Chose,1868, p. 229).Je gouverne depuis longtemps des femmes et j'ai pour règle de ne point contrarier leur nature. Toutes les graines ne donnent pas les mêmes fleurs (A. France, Thaïs,1890, p. 345) :
3. Malgré les attendrissements faciles des poètes (...) on ne connaît guère l'enfant; on ignore surtout ce qu'il peut y avoir de personnalité dans ce petit corps, graine d'homme, où tout l'individu tient déjà avec ses instincts et sa destinée... Arène, Veine argile,1896, p. 247.
Expressions
Graine + de + subst. (désignant une réalisation à venir).Toute graine de tragédie lui est bonne (Musset, ds Revue des Deux Mondes,1832, p. 735).De la graine de cauchemar (Gide, Journal,1934, p. 1196).
Graine + de +subst. (désignant une pers. et ce qu'on suppose qu'elle deviendra).Silhouette sinistre, qui semblait grandir à mesure qu'elle s'effaçait et montrer, comme dans de la graine de forçat, un avenir de correctionnelle et de cour d'assises (Goncourt, Journal,1862, p. 1099) :
4. ... il peut rester collé au mur, avec bienséance, toute une soirée; il regardera les tableaux, il fera danser les délaissées; ses habits sont corrects, il fait nombre, honorablement, comme une potiche sur une étagère. Prenez exemple, mon neveu Anatole, voilà une graine d'académicien. Taine, Notes Paris,1867, p. 184.
Graine de niais (vx). ,,C'est une chose qui ne peut tromper que les gens simples`` (Ac. 1835, 1878). Les gens qui veulent faire de l'esprit, cette inutilité peu luxueuse, cette graine de niais dont chacun cherche à se nourrir, débitent à ce sujet mille contes absurdes (Du Camp, Mém. suic.,1853, p. 254).
(C'est une/de la) mauvaise graine. Ceci, cette personne, ne laisse rien présager de bon pour l'avenir. MmeChantal (...) avait coutume d'émettre cette phrase comme conclusion à toute discussion politique : « Tout cela est de la mauvaise graine pour plus tard » (Maupass., Contes et nouv., t. 2; MllePerle, 1886, p. 628).Mais ce Camille, c'est de la mauvaise graine. − Ah mais non! D'où tiendrait-il cela? Il n'y a que de braves gens dans cette famille, modestes, mais braves (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 52).
(En) prendre de la graine. Tirer une leçon (de quelque chose); se servir d'un exemple (personne, événement) pour en tirer des conséquences et déterminer la conduite à venir. Tu liras ça gamin : vous pourrez tous en prendre de la graine (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 204).Pas maquillées, nettes, proprettes, l'air franc, elles ont fait bonne impression dans les milieux comme il faut, « les ouvrières de France pourraient en prendre de la graine... » (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 227).
C. − [P. anal. de forme] Ce qui est rond ou allongé. L'ardent soleil achevait de dorer ces raisins à grosses graines qui mûrissent toujours sur le tard et qui ont une senteur musquée (Loti, Rom. enf.,1890, p. 305).Les larmes arrondies en graines de rosaire (Guèvremont, Survenant,1945, p. 260).
SÉRICICULTURE. Graine (de vers à soie). Synon. de œufs (du bombyx du mûrier).L'un venait au Caucase pour acheter de la graine de vers à soie (Gobineau, Nouv. asiat.,1876, p. 14).Au mois de mai le magnanier sort de la cave où il la conservait, la graine, c'est-à-dire les œufs d'un certain papillon Bombyx (Bouasse, Cordes et membranes,1926, p. 8) :
5. Jusqu'en 1828, une magnanerie avait été établie là, moins pour faire de la soie que pour obtenir ce qu'on nomme de la graine. Onze arpents plantés en mûriers dans la plaine de Montrouge (...) avaient alimenté cette fabrique d'œufs de vers à soie. Balzac, Initié,1848, p. 361.
Graine d'écarlate. Synon. de cochenille, kermès, (servant à fabriquer la teinture).Le kermès desséché ressemble à une graine; d'où le nom de graine d'écarlate qu'on lui a donné depuis un temps immémorial dans les ateliers de teinture (Guignet, Coul.,1889, pp. 141-142).
Graine d'épinard. Filet ornant les épaulettes des uniformes d'officiers supérieurs; p. méton. grade d'officier supérieur. De grosses épaulettes à graines d'épinard et un grand cordon bleu avec un crachat de l'autre côté (Claudel, Protée, 2eversion, 1927, I, 4, p. 367) :
6. Ce lieutenant-colonel vaut cent fois mieux que toi; c'est un paysan qui, à force de sabrer pour qui le paye, a accroché les épaulettes à graines d'épinard. Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1836, p. 24.
Arg. et pop. Synon. de nourriture, croûte.− Attrape la graine, ordonna-t-il à Ariane. Elle se penchait (...) vers la banquette arrière, ramassait les victuailles qu'elle y avait déposées en vrac (Vialar, Zingari,1959, p. 260).
Casser la graine. Synon. de manger, casser la croûte (fam.).Gridoux pouvait casser la graine en toute tranquillité. Cette graine était en général une assiette de hachis parmentier (Queneau, Zazie,1959, p. 73).
Prononc. et Orth. : [gʀ εn]. Ds Ac. dép. 1694. Cf. égrener. Étymol. et Hist. I. Ca 1150 « teinture d'écarlate » (Charroi Nîmes, éd. D. McMillan, 1148). II. a) 1176 « semence (ici au fig.) » (Chr. de Troyes, Cliges, éd. A. Micha, 2338); 1690 meschante graine « mauvaise engeance » (Fur.); b) 1600 graine des vers à soie (O. de Serres, 456 ds Littré). I calque de l'ar. ḥabba « une baie », forme de l'unité à désinence fém. de ḥabb « baie », mot employé métaphoriquement pour désigner la cochenille dont on tirait une matière colorante. II du lat. pop. grana, plur. neutre de granum « grain* », devenu fém. singulier. Fréq. abs. littér. : 1 000. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 290, b) 1 111; xxes. : a) 1 074, b) 1 910. Bbg. Quem. DDL t. 5.

Wiktionnaire

Nom commun

graine \ɡʁɛn\ féminin

  1. (Botanique) Ovule fécondé qui donne de nouvelles plantes après dispersion et germination. Ce que l’on sème pour la reproduction des plantes autres que les céréales (→ voir grain).
    • Malgré son excessive floribondité, elle donne rarement des graines, et on en est réduit à la multiplier de boutures et de couchages. — (Le Bon Jardinier : nouvelle encyclopédie horticole, Maison rustique, 1882, p. 175)
    • Ces espèces adventices, dont les graines sont apportées avec les semences introduites, ont pu résister à des conditions climatiques défavorables […] — (Gustave Malcuit, Contributions à l'étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d'édition du Nord, 1929, p. 34)
    • Les Angiospermes ont des modes de dissémination très variés : si nous songeons aux arbres d’abord, nous trouvons les graines légères des Peupliers que le vent transporte au loin grâce à leurs houppes de poils. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 16)
    • Les graines utilisées pour ensemencer les champs sont souvent recouvertes d’un enrobage de produits chimiques qui les protège des insectes et des maladies. Ces produits chimiques sont généralement, mais pas toujours colorés, et ils sont souvent toxiques. Ne laissez pas les animaux manger des graines à semer. — (Bill Forse, Christian Meyer, et al., Que faire sans vétérinaire ?, Cirad / CTA / Kathala, 2002, page 331)
    • Pendant ce temps, le capitaine avait mis sur le bureau une bouteille alléchante et deux gobelets ainsi qu’une poignée de graines de cardamome. — (Raymond Chandler, L’Homme qui aimait les chiens, traduction de Michel Philip et Andrew Poirier, dans Les ennuis, c’est mon problème, 2009)
  2. (Québec) (Vulgaire) Pénis, organe reproducteur mâle.
    • J’ai la graine qui chauffe.
  3. (Québec) (Vulgaire) (Par extension) Personne idiote.
    • T’es donc ben une estie de graine.
  4. (Zoologie) (Par analogie) Œuf de ver à soie.
    • M. le représentant diplomatique de France en Chine a obtenu du taotaï la défense d’exporter de Chine des cartons de graines de vers à soie qui ne porteraient pas le sceau consulaire. — (Sériciculture, dans Le Mémorial d'Aix, dimanche 24 janvier 1869, 33e année, no 4, p.1)
    • Pour faire mûrir la graine de vers à soie, celle-ci était placée dans un petit sac suspendu autour du cou et reposait entre les seins de la femme, la magnarelle. La chaleur du corps favorisait l’éclosion des petites larves. (Muller 1874) — (Martine de Lajudie, Un savant au XIXe siècle : Correspondance d’Urbain Dortet de Tessan, ingénieur hydrographe - 1820-1875, note no 517, 2008, p. 170)
  5. (Géologie) (Par analogie) Partie solide du noyau de la Terre.
    • La graine cristallise lentement à partir du noyau liquide, et il est possible que sa structure et sa dynamique soit liée [sic : soient liées] à sa cristallisation. — (Renaud Deguen, Dynamique de la cristallisation de la graine, Grenoble 1, 2009)
  6. (Figuré) (Par analogie) Idée qui se développe.
    • De plus, mes idées ont essaimé et semé leurs graines en des lieux lointains, sans que je m’en rende d’abord compte, surtout en Amérique latine, non seulement par mes livres traduits, mais aussi par le biais des photocopies, puis d’Internet. — (Edgar Morin, La Méthode I, Seuil, 2008, page 19)

Forme de verbe

graine \ɡʁɛn\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de grainer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de grainer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de grainer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de grainer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de grainer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GRAINE. n. f.
Ce que l'on sème pour la reproduction des plantes autres que les céréales. Graine de laitue, d'épinards, de pavots, etc. Graine de genêt, de cyprès, de laurier. Graine de chou, de melon, de concombre. Cette plante vient de graine. Des herbes montées en graine, qui sont en graine. Recueillir la graine, les graines d'une plante. Fig. et fam., C'est une mauvaise graine, se dit en parlant d'Enfants qui annoncent de mauvaises dispositions. Il se dit aussi par plaisanterie. Allons, mauvaise graine. On dit dans le même sens C'est de la graine d'apache. Fig. et fam., Cette fille monte en graine, Elle avance en âge et ne trouvera bientôt plus à se marier. Frange, épaulette, gland à graine d'épinards. Voyez ÉPINARD. Graine de vers à soie, ou simplement Graine, Les œufs de vers à soie qui ressemblent à la graine de moutarde.

Littré (1872-1877)

GRAINE (grè-n') s. f.
  • 1Dans une plante la partie qui la reproduit. De la graine de laitue, d'oignons, de melon. Ce fait est remarquable et prouve que ce n'est pas une règle constante, que les plus belles graines produisent les plus abondantes récoltes, Bonnet, Hist. nat. mém. Œuv. t. III, p. 221.

    Graines forestières, glands, faînes.

    Terme de botanique. Ovule fécondé ou non. La graine est un œuf dans lequel un embryon doit prendre ses premiers accroissements, Bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 318.

    Monter en graine, se dit de certaines plantes qui montent, grandissent et portent leur graine.

    Fig. Monter en graine, se dit de filles qui vieillissent sans se marier. La fille aînée de Croissy était déjà fort montée en graine et très laide, Saint-Simon, 33, 132. La duchesse de la Ferté avait une fille qui avait un peu rôti le balai, et qui commençait à monter en graine, Saint-Simon, 59, 234.

    Fig. C'est une mauvaise graine, se dit des écoliers, des jeunes gens malins, et aussi, par mépris, de mauvaises gens. Il a vidé là sa maison d'une vilaine graine de gens, Marivaux, Doubl. inconst. II, 7.

    Graine de giberne, enfant de troupe.

    Graine de potence, enfant qui annonce devoir être un fort mauvais sujet.

    C'est de la graine de niais, c'est-à-dire cela ne peut tromper que les sots.

    C'est de la graine de niais, signifie aussi : c'est un niais.

  • 2Graine d'Avignon, voy. GRENETTE.

    Graine de canari, semence de l'alpiste et du panis millet.

    Graine joyeuse, nom donné à la semence du fenugrec.

    Graine de paradis, celle de l'amomum granum paradisi, L. nommée aussi en Afrique malaguette, malaquette et maniguette.

    Graine perlée, semence du gre. mil des champs.

    Graine de Turquie, le maïs.

    Graine de perroquet, semences du carthame tinctorial.

    Graines de Tilly ou des Moluques, fruit du croton tiglium, L.

  • 3Graine de vers à soie, ou, simplement, graine, les œufs de bombyx qui ressemblent fort à de la graine de moutarde. De quelle provenance est votre graine ? C'est de la graine du pays.

    Graine d'écarlate, cochenille.

  • 4Frange, gland à graine d'épinards, frange, gland dont les filets ressemblent à un assemblage de graines d'épinards. Il se fabrique des franges en nœuds, graines d'épinards, pour les robes, Dict. des arts et mét. 1767, Rubanier.

    Épaulettes à graine d'épinards ; elles indiquent dans l'armée française un grade supérieur.

    Familièrement. Il a de la graine d'épinards, il occupe un rang élevé dans l'armée.

    Chez les brodeurs au métier, graine, point qui représente des semences de fruits.

  • 5 Terme d'architecture. Nom de petits boutons d'une grosseur inégale, qu'on met au bout des rameaux, dans les feuillages.

HISTORIQUE

XIIe s. [Ils] Vous monstreront, ce dient, mains gonfanons en graine [écarlate], Sax. XX.

XIIIe s. La rose auques [un peu] s'eslargissoit Par amont, si m'abelissoit [plaisoit] Ce qu'ele n'iert [n'était] pas si overte, Que la graine en fust descoverte, la Rose, 3376. Si ne se set conseiller nus [nul], Car Cupido li fils Venus Sema ici d'amors la graine, Qui toute a ceinte la fontaine, ib. 1597.

XVe s. Saintures, chaperons mi-graine [teints à demi en écarlate], Coquillart, Plaid. de la simple et de la rusée.

XVIe s. Ces moines porterent la graine des vers à soie à Justinien, De Serres, 456. De la graine [de la vermine], Oudin, Curios. fr. Il garde ses filles à graine [il est longtemps sans les marier], Oudin, ib.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

GRAINE.
3Ajoutez : C'est à l'aide des méthodes de sélection… que l'on est parvenu souvent à se procurer de la graine (suivant la locution consacrée) ou, pour mieux dire, des œufs exempts des corpuscules, germes de maladie, Payen, Mém. d'Agric. etc. 1870-71, p. 34.
5 Graines longues, synonyme d'alpistes, Journ. offic. 20 nov. 1871, p. 4553, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

GRAINE, s. f. (Botanique.) semence que les plantes fournissent pour la conservation & la propagation de l’espece, après qu’elles ont produit leurs fleurs & leur fruit. M. Dodard définit la graine, un bourgeon de plante abregée, accompagné d’une pulpe qui lui tient lieu de placenta. La graine est souvent le fruit même de la plante, comme dans la plûpart des herbes potageres ; quelquefois elle n’est que la partie renfermée dans le fruit en forme de grain, de pepin, de noyau ; mais dans tous ces cas, c’est toûjours elle qui sert à multiplier l’espece.

L’anatomie des graines, leur variété externe & interne, les voies dont la nature se sert pour les semer, & le secret de leur végétation seront à jamais l’objet des recherches & de l’admiration des Physiciens.

Grew, qui a fait tant de curieuses observations sur cette matiere, a remarqué qu’en général les graines ont quatre enveloppes, dont la premiere s’appelle la capsule, qui ressemble quelquefois à une petite bourse, comme celle du cresson ; quelquefois c’est une gousse, comme celle des légumes ; quelquefois elle est divisée en deux, comme dans l’oseille & dans la renouée. La seconde & la troisieme enveloppe s’appellent les peaux de la graine, principalement dans les féves ; leur couleur varie depuis le blanc jusqu’au noir de jay. La quatrieme & derniere enveloppe se peut nommer secondine, parce qu’elle est, pour ainsi dire, dans les plantes, ce que sont dans les animaux les membranes qui enveloppent le fétus : on la peut voir en enlevant fort adroitement les robes d’une féve nouvellement formée.

La figure des graines est tantôt semblable à celle d’un rein, comme dans cette espece de ben appellée papaver spumeum : tantôt elle est triangulaire, comme dans l’oseille & dans le sceau de Salomon ; quelquefois entre ronde & triangulaire, comme dans la menthe & dans la mélisse ; quelquefois elle est ronde-plate, comme dans les giroflées & les amaranthes ; quelquefois sphérique, comme dans les navets & dans le muguet des bois ; quelquefois ovale, comme dans le peigne de Vénus & dans les tithymales ; ou demi-ovale, comme dans l’anis & dans le fénouil, ou demi-ronde, comme dans la coriandre.

On en trouve qui ont la forme d’une pique, comme dans la laitue ; ou d’un cylindre, comme dans les jacobées ; ou d’une pyramide, comme dans le bec de cicogne à feuilles de guimauve. Il y en a de lisses & polies, comme celles du scandix ; d’autres qui sont bouillonnées, comme celles de l’herbe aux mittes ; d’autres qui sont remplies de petites fosses exagones semblables aux rayons de miel, comme celles des pavots, de la jusquiame, du mufle de veau, & du passerage ; d’autres qui sont percées comme des pierres ponces, telles que sont celles du grémil & du phalange de Candie.

La graine de plusieurs plantes mâles est huileuse, & cette graine n’est autre chose qu’une espece de poussiere de diverses couleurs, qui dans les fleurs tient au sommet des étamines ; elle est jaune dans le lis blanc, rouge dans le lis frisé, noire dans plusieurs especes de tulipes ; toutes ces graines repoussent l’eau. Cela se voit fort bien dans la semence du pié de loup, lycopodium ; car si on en enduit le fond d’un verre, on s’appercevra que l’eau qu’on y verse reçoit une surface convexe, & qu’une goutte d’eau y paroît sous la forme d’un globule rond : l’eau ne pénetrera pas un morceau de toile ou de papier, si on a eu soin de les frotter auparavant comme il faut avec la graine de cette mousse terrestre.

Les peaux des graines de coignassier, de l’herbe aux puces, de la roquette, de la cameline, du cresson, du basilic, & de plusieurs autres, sont vernissées d’un mucilage qui s’évanoüit quand elles sont seches.

Toutes les graines de plantes ont des enveloppes ou des étuis qui les mettent à couvert jusqu’à ce qu’elles soient jettées en terre ; on les retourne, on les mesure, on les entasse sans danger, parce qu’elles sont enveloppées & garanties : les unes naissent dans le cœur des fruits, comme les pepins des pommes & des poires ; d’autres viennent dans des gousses, comme les pois, les féves, les graines de pavot, le cacao. Il y en a qui outre la chair du fruit ont encore de grosses coques de bois plus ou moins dures, comme les noix, les amandes des abricots, des pêches, & d’autres fruits, tant des Indes orientales que des Indes occidentales. Plusieurs par-dessus leur coque de bois ont un brou amer comme nos noix ; ou un fourreau hérissé de pointes, comme les châtaignes & les marrons d’Inde. Indépendamment des enveloppes extérieures, chaque graine a encore son épiderme ou sa peau, dans laquelle sont renfermés la pulpe & le germe.

Toutes ces choses frappent les yeux, & bien davantage encore, quand on regarde les plus petites graines avec la lentille ; car alors elles se montrent aussi différentes dans leur figure & dans leur caractere, que le sont tous les autres genres d’êtres de la création : mais si leur forme extérieure porte une si grande variété, leur structure interne étant artistement développée par des préparations & des sections, offre au microscope mille choses dignes d’admiration. Je suis fâché de n’en oser citer que quelques exemples.

La graine de l’angélique est une des plus odorantes du monde : ôtez-en la premiere pellicule, & vous découvrirez au microscope ce qui produit sa charmante odeur ; c’est une fine gomme ambrée, couchée par filets sur toutes les cannelures de cette semence.

Faites une section longitudinale au grand cardamome, qu’on appelle autrement graine de paradis, vous appercevrez d’abord une substance poisseuse noire, contenant une matiere blanche en forme radiée, semblable à du sel très-blanc ; & c’est aussi probablement un mélange de sel volatil & de concrétion farineuse, du-moins sa structure étoilée & son goût piquant favorisent cette opinion. Mais ce dont on ne peut douter, & qui est encore plus curieux, le centre de chaque graine est rempli d’un petit morceau de camphre parfait, le même, à tous égards, que celui de nos boutiques ; il est toûjours de la figure des bouteilles qui ont un ventre large & arrondi, avec un cou long & étroit.

La graine du grand érable, qu’on nomme improprement sycomore, présente au microscope un insecte qui a ses aîles étendues ; les aîles sont finement vasculaires, & les enveloppes couvertes d’un duvet blanc & soyeux contiennent une petite pelote ronde & compacte. Après avoir ôté la pellicule brune qui y est fermement attachée, on découvre une plante toute verte, singulierement repliée ; le pédicule a environ, , & chaque feuille séminale de pouce de longueur : les germes y sont de la plus grande perfection.

La poussiere des graines de la plûpart des pavots étant exposée au microscope, est transparente comme la graine même, & lui ressemble entierement.

La substance farineuse des féves, des pois, du froment, de l’orge, & autres grains, est enfermée dans de petites membranes qui sont comme autant de petits sacs percés de trous à-travers desquels on peut voir la lumiere, & qui paroissent des restes de vaisseaux coupés ; ensorte que probablement chaque particule de farine est nourrie par des vaisseaux dont on ne voit plus que des extrémités tronquées. Il est vraissemblable que toutes les graines farineuses sont formées de petits globules renfermés dans des membranes qui sont un amas de vaisseaux destinés à nourrir les divers globules qu’elles contiennent.

L’huile des amandes & de toutes les graines oléagineuses, est contenue dans de petits vaisseaux qui vûs au microscope, naissent des membranes dont ils font partie. Comme la substance oléagineuse reçoit son accroissement des vaisseaux qui sont dans les cellules, & que la plante se forme pendant le tems que la graine est en terre, les orifices sont formés de maniere à admettre le passage intérieur de l’humidité qu’ils attirent en eux pendant leur séjour en terre : ainsi la graine doit enfler successivement, & faire croitre la plante en grosseur, jusqu’à ce que la racine soit devenue capable de lui fournir par elle-même la nourriture de la terre.

Le lecteur trouvera un nombre infini d’autres belles choses de ce genre, recueillies & décrites exactement par le docteur Parsons, dans son ouvrage intitulé A microscopic theatre of seeds. Je le cite en anglois, car nous n’avons pas été encore assez curieux pour le traduire en notre langue. Je remarquerai seulement en faveur de ceux qui voudront s’attacher à ces sortes d’observations, qu’elles demandent beaucoup d’adresse dans la dissection, & que la plûpart des especes de graines doivent être préparées pour l’examen microscopique en les trempant dans l’eau chaude, jusqu’à ce que leurs enveloppes soient enlevées ; & alors, par exemple, leurs feuilles séminales peuvent être ouvertes sans déchirement.

Ce n’est pas au hasard ni pour la simple vûe qu’est fait l’appareil merveilleux des graines ; on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas une seule plante dans le monde, grande, médiocre ou petite, qui puisse se produire sans graine, soit que la graine ait été mise dans les lieux mêmes où ces plantes naissent par la main du créateur ou de l’homme, soit qu’elle y ait été portée d’ailleurs au-travers de l’air par les pluies ou par les vents : il est vrai qu’on a été long-tems à chercher sans succès les graines des plantes capillaires, de plusieurs especes de fucus, de plantes marines, de mousses, &c. mais l’industrie du xvij. & du xviij. siecle, a découvert les graines de la plûpart de ces plantes, & nous fait présumer que les autres n’en sont pas destituées.

Les graines de la fougere & des plantes capillaires, d’abord vûes par Cæsius, ont été pleinement démontrées par M. Guillaume Cole & par Swammerdam. Voyez Fougere. Les graines de quelques plantes marines ont été découvertes par le comte de Marsigli & par M. de Reaumur. Voyez l’histoire de l’académie des Sciences, années 1711 & 1712. Les graines de quelques especes de fucus ont été découvertes par M. Samuel Doody : celles de quelques coralloïdes, par le docteur Tancred Robinson ; celles de plusieurs fungus, & en particulier des truffes, des vesses-de-loup, & d’autres de ce genre, par le docteur Lister. Voyez les Transactions philosophiques.

Quand toutes ces découvertes n’existeroient pas, il suffit de considérer la structure admirable des plantes, pour juger qu’il est impossible qu’elle résulte du concours fortuit de quelques sucs diversement agités, & que ce concours fortuit produise régulierement dans chaque espece des plantes toûjours parfaitement semblables. Enfin Malpighi a prouvé par ses expériences, confirmées depuis par tous les Physiciens, qu’une terre qui ne reçoit aucune semence, ne produit rien : c’est donc une vérité de raisonnement & de fait, que toute plante vient d’une graine.

Arrêtons-nous ici quelques momens à considérer les différentes voies dont se sert la nature pour semer les graines des plantes aussitôt qu’elles sont mûres ; & c’est ce qu’elle exécute non-seulement en ouvrant la capsule où la graine est enfermée, mais aussi en donnant à la graine une structure convenable pour se répandre près ou loin. Or, 1°. les graines de plusieurs plantes qui demandent un terroir particulier, comme celles du pié-de-veau, du pavot, &c. sont assez pesantes & menues pour tomber droit en-bas & s’insinuer dans la terre, sans qu’elles ayent besoin d’autre secours : 2°. lorsqu’elles sont assez grosses & legeres pour pouvoir être enlevées par le vent, elles ont souvent un simple crochet comme la benoite, ou plusieurs petits crochets, qui les arrêtent & les empêchent d’être portées trop loin de leur place ; telles sont les graines de l’aigremoine & du grateron : 3°. il y a au contraire des semences garnies d’ailes ou de plumes, tant pour être dispersées par le vent, lorsqu’elles sont mûres, comme celles du frêne, qu’afin qu’elles puissent s’écarter sans tomber les unes sur les autres ; ainsi les graines de la dent de lion & la plûpart des graines à aigrettes, ont quantité de petites plumes longues qui les mettent en état de se répandre de tous côtés : 4°. il y a des graines, comme celle de l’oseille sauvage, qui sont dardées au loin avec force, par le secours d’une pellicule ou coque blanche, épaisse, tendineuse & élastique, qui étant desséchée se creve, & de cette maniere élance fortement la graine, comme dans la langue-de-cerf & la persicaire acre & siliqueuse ; toute la différence est que dans les unes le ressort se roule en-dedans, & dans les autres l’action se fait du dedans en-dehors.

Ainsi tantôt le créateur a renfermé les graines dans des capsules élastiques dont les ressorts les écartent à une distance convenable ; tantôt il a donné aux graines une espece de duvet ou d’aigrettes qui leur servent d’aîles pour être jettées par le vent ; & tantôt dans les graines legeres, il leur a mis des crochets pour empêcher d’être portées trop loin.

Telles sont les vûes constantes de la nature pour la conservation & la propagation des especes par le secours des graines. « La plante qui étoit cachée sous un petit volume acquiert une grande étendue, & rend sensible avec le tems ce que les yeux ne pouvoient appercevoir dans l’origine ». C’est un passage remarquable de Plutarque.

Pour comprendre ce développement des graines, on en peut juger par un pois, une feve, un pepin de melon ; mais les parties d’une feve étant plus grosses & plus sensibles, nous la prendrons pour exemple. Après avoir fait tremper une feve vingt-quatre heures dans de l’eau plus que tiede, ôtez sa robe, il vous reste à la main deux pieces qui se détachent & qu’on appelle les deux lobes de la graine ; au bout de l’un de ces lobes est le germe, enfoncé comme un petit clou : ce germe tient aux deux lobes par deux petits liens.

Ces deux liens, qui sont deux vrais tuyaux, se fortifient & s’alongent en différentes branches, qui vont tout le long des lobes recevoir à chaque instant de nouveaux sucs ; ils les épuisent insensiblement au profit de la petite plante. La plus fine pellicule qui couvre les deux lobes, végete aussi quelque peu ; & les deux extrémités de ce sac qui embrassent la tête du germe, s’alongent & montent avec lui pour lui servir de défense contre les frottemens qui en pourroient altérer le tissu délicat. Le germe monte droit & perce l’air de sa pointe ; mais les deux bouts du sac étant d’un tissu moins nourri que la tige, obéissent à l’effort de l’air qui pese dessus, & s’abaissent de côté & d’autre sous la forme de deux petites feuilles vertes, toutes différentes du véritable feuillage que la plante produira par la suite.

Cette pellicule est comme la chemise ou la robe de la grains ; & les deux bouts qui en sortent, font le collet qui se rabat de part & d’autre. Quand les deux lobes ont fourni toute leur substance au germe éclos hors de terre, & qu’ils viennent à se sécher, la peau qui les enveloppe se seche aussi, & les deux premieres feuilles que nous avons appellées le collet, & qui ne sont que les deux bouts de cette peau, se sechent de même par une suite nécessaire : alors la petite plante qui s’est grossie de toute la chair que les lobes contenoient, n’y trouvant plus rien, va chercher sa nourriture dans la terre même.

Toute graine a un germe : ce germe, soit d’une feve, d’un pepin de melon, ou d’un pepin de pomme & de toute autre plante, est ce qu’on appelle la plantule, & est composé de la radicule, de la tige & de la plume. La radicule est le bas de la petite plante ; c’est la partie par où elle s’attachera à la terre : la tige est le corps de la plante ; & la plume en est la tête où le feuillage en petit est enveloppé : c’est ce qui sort toûjours de terre & qui s’éleve peu-à-peu.

Mais comment arrive-t-il que la plume sort toûjours de terre & non la radicule ; car il est certain que les graines portées en terre par le vent ou par l’homme, tombent au hasard dans une infinité de positions différentes ? Quand un laboureur seme, il jette son blé à l’avanture ; quand un jardinier plante des feves ou des pois, il n’observe point où est le bas ni le haut de la graine, si le côté auquel répond la plume se trouve en bas, & si celui auquel répond la radicule du germe se trouve en-haut. Qu’est-ce donc qui force la plume à remonter droit en l’air, & la radicule à demeurer en terre ; car il se passe ici certainement une action de violence ? On a bien de la peine à concevoir ce phénomene, & l’on n’a donné jusqu’à ce jour que des hypothèses ingénieuses pour l’expliquer : telles sont celles de MM. Dodard, La Hire, Geoffroi & autres, rapportées dans l’histoire de l’académie des Sciences, & que je regarde comme autant de romans de la végétation des plantes. (D. J.)

Graine, (Agricul.) on distingue en Agriculture les graines, en graines potageres, graines à fleurs, & graines d’arbres.

Les graines potageres se sement en tout tems sur des couches préparées, où chaque espece a son rayon à part. On les éloigne les unes des autres ; & en arrachant les méchantes herbes, on prend garde d’arracher les graines, car on peut s’y tromper, jusqu’à ce que la plante paroisse. Quand les graines sont semées, si la couche est seche on l’arrose, & l’on continue les arrosemens selon le besoin. Comme les gelées blanches sont mourir les graines, on a soin de les couvrir pendant la nuit, & on éleve les couvertures à un demi pié au-dessus, pour qu’elles ne posent point sur les couches. Lorsque le soleil est favorable, on les découvre tous les matins, & on les recouvre tous les soirs avant la gelée. Dès que les graines sont à la hauteur qu’on juge à-propos, on les transplante à une certaine distance les unes des autres, selon leur grosseur.

Les graines des fleurs se sement semblablement en toute saison, & demandent au-moins les mêmes apprêts & les mêmes soins que les graines potageres, c’est-à-dire une couche garnie de bon fumier chaud, & par-dessus un demi-pié de vieux terreau pourri. Après que la grande chaleur est passée, on fait sur la couche des rayons à quatre doigts les uns des autres, pour semer dans chacun les graines de la même espece. Quand les graines sont semées & qu’on les a couvertes de deux travers de doigt de terreau, on arrose journellement les couches avec un petit arrosoir dans les tems secs : on les couvre encore, de peur des gelées blanches, comme on fait pour les graines potageres, en étendant les couvertures sur des cerceaux, & on les découvre le jour quand le soleil donne sur la couche. L’attention qu’on doit avoir, c’est de ne rien arracher dans les rayons de ces couches, que les jeunes fleurs levées ne soient déjà grandes, de peur de les arracher pour de l’herbe, car elles viennent de même.

Les graines d’arbres se plantent ordinairement au printems & en automne. On prend de la terre forte, de la terre neuve, de la terre de jardin & du terreau ; on mêle le tout ensemble, qu’on passe à la claie. Si on seme les graines en terre, on met sept à huit hotées de cette terre sur les planches, & on laboure le tout. Si on seme les graines dans les caisses ou autres vaisseaux, on les remplit de cette terre : ces graines doivent être couvertes de quatre bons travers de doigt d’épaisseur ; on les arrose s’il ne pleut point, & on les garantit de la gelée, jusqu’à ce que les arbres naissans soient assez forts pour la supporter.

Parmi les arbres qui contribuent à l’embellissement d’un jardin, ou peut distinguer ceux qui portent des graines, & ceux qui portent des fruits. Les arbres à graine les plus en usage, sont l’orme, le tilleul, le frêne, l’érable & le sycomore. Ceux qui portent des fruits sont le chêne, le marronnier d’Inde, le chataignier, le hêtre & le noisetier. Les graines & les fruits de ces arbres se recueillent en automne, à l’exception des graines d’orme qui se ramassent au mois de Mai, & qui se sement dans le même tems.

La forme, la pesanteur & la maniere dont les graines tombent à terre, nous peuvent quelquefois diriger dans la façon de les semer. Les plus pesantes se sement plus profondément ; ainsi l’on seme les glands & les noyaux à la profondeur de deux, trois & quatre doigts. M. Bradley a observé que des graines, quoique très-bonnes, dégénerent si l’on les seme sur le même terrein où on les a recueillis ; de sorte que pour remédier à cet inconvénient, il conseille de troquer chaque année les graines des arbres forestiers avec des correspondans des provinces différentes, comme cela se pratique pour les fleurs. Il a encore observé que les graines tirées des plus beaux arbres, ou de ceux qui portent le plus de fruit, ne sont pas toûjours les meilleures pour semer ; mais qu’il faut les choisir saines, unies, pleines, pesantes & entieres : les glands nets, pesans & luisans, sont préférables aux gros glands : les graines poreuses, douces, insipides, doivent être semées d’abord après leur maturité : les graines chaudes ameres demandent à être gardées six mois, un an & davantage, avant qu’on les seme.

On pratique différentes méthodes pour conserver les graines ; quelques-uns les encaissent par couches alternatives, dans du sable ou de la terre humide pendant l’hyver ; prennent au bout de ce terme les graines de caisses qui sont alors bourgeonnantes, & les sement délicatement dans le terrein préparé : elles prosperent autant de cette maniere que si on les eût semées en automne, outre qu’elles ont évité la vermine & les autres accidens. Pour les fruits qu’on veut semer plus tard, comme le gland, le marron d’Inde, la chataigne, la faine, la noisette, on les conserve dans des mannequins avec du sable sec, en faisant alternativement des lits de sable & des lits de fruits. Par rapport aux autres graines, les grainiers qui les vendent, se contentent de les étendre par paquet dans un lieu sec, de les visiter & de les remuer : d’autres les tiennent dans des sachets, qu’ils pendent au plancher ; d’autres les gardent dans des pots ou des bouteilles étiquetées. Par tous ces moyens, les graines conservent leur vertu fructifiante plus ou moins long-tems.

L’on demande à ce sujet pourquoi plusieurs sortes de graines gardent leur faculté de germe un grand nombre d’années, tandis que tant d’autres la perdent promptement ? Il semble que la cause en est dûe à la quantité plus ou moins grande d’huile que contiennent les semences, & au tissu plus ou moins serré de leur enveloppe, gousse ou coque ; par exemple, les graines de concombre, de melon, de citrouille, qui ont une écorce épaisse & dure, conservent huit à dix ans leur faculté fructifiante. Il en est de même de la graine de radis, de raves, & autres semences huileuses, qui par cette raison se maintiennent bonnes pendant trois ou quatre ans ; au lieu que les graines de persil, de carote, de panais & de la plûpart des plantes à parasol, perdent leur vertu germinante au bout d’une ou deux années.

Mais n’y auroit-il point de moyen de prolonger aux graines la durée de leur vertu végétative ? Miller nous apprend que le grand secret & ce secret qui intéresse les Botanistes, est de conserver les graines dans leurs propres gousses ou enveloppes, après qu’elles ont été cueillies bien mûres ; de les tenir dans un endroit sec, & de ne leur point ôter entierement toute communication avec l’air extérieur, qui est nécessaire pour maintenir le principe de leur végétation, comme il l’a éprouvé par l’expérience suivante.

Il prit des graines fraîches de diverses plantes, de laitue, de persil, d’oignon, enferma chaque graine dans des bouteilles de verre, qu’il scella hermétiquement ; il mit en même tems une quantité égale des mêmes semences dans des sacs séparés, qu’il pendit tous au plancher en un endroit bien sec. L’année suivante il sema en même tems & sur les mêmes couches d’une terre préparée, une partie desdites graines, tant de celles des bouteilles, que de celles des sacs. Presque toutes les graines des sacs vinrent à merveille, & il n’en vint pas une seule de celles qu’il avoit enfermées dans les bouteilles. Il répéta son expérience deux ou trois années de suite, & jamais aucune graine des bouteilles ne monta, tandis que les graines des sacs pousserent encore la troisieme année. Il suit de cette expérience, que ceux qui ont à recevoir des graines des pays étrangers, doivent avertir leurs correspondans de se bien garder de les leur envoyer enfermées dans des pots ou des bouteilles bouchées.

Un second moyen que Miller conseille pour conserver les graines, & qu’il préfere à tout autre, est de les enfoüir à trois ou quatre piés de profondeur, à l’abri des grosses pluies & de l’influence du soleil : il a vû des graines conservées de cette maniere pendant vingt ans, qui au bout de ce terme ont pris racine & ont germé aussi parfaitement que les semences les plus fraîches de la même espece.

Enfin Miller a trouvé la méthode de faire fructifier toutes les especes de graines domestiques & étrangeres, qui ont pour enveloppe les coques les plus dures. Après avoir préparé de bonnes couches avec de l’écorce de tan, il y seme ces graines, par exemple des noix de coco ; il couvre ces noix du même tan à l’épaisseur de deux ou trois pouces ; il les laisse dans cette situation six semaines ou deux mois ; ensuite il les transplante dans des pots remplis de bonne terre ; il plonge ces pots jusqu’au bord dans le tan, & couvre enfin toute la surface des pots avec le même tan de l’épaisseur d’un demi-pouce. Il assûre que cette méthode lui a rarement manqué, & même qu’en s’en servant, il a vû quelquefois des graines exotiques à coque dure, pousser davantage en quinze jours qu’elles ne le font au bout d’un mois dans leur pays natal. (D. J.)

Graine d’Avignon, (Bot.) baie d’une espece de rhamnus ou de nerprun, que les Botanistes nomment lycium gallicum, ou rhamnus catharticus minor. Il croît dans les lieux rudes & pierreux, entre les rochers, aux environs d’Avignon & dans le comtat Venaissin. On en trouve aussi en Dauphiné, en Languedoc & en Provence. Cette espece de nerprun est un arbrisseau épineux, dont les racines sont jaunes & ligneuses ; il pousse des rameaux longs de deux ou trois piés, couverts d’une écorce grisâtre, garnis de petites feuilles épaisses, ressemblantes à celles du buis, nerveuses, faciles à se détacher. Ses fleurs sont petites, monopétales, jointes plusieurs ensemble ; il leur succede des baies grosses comme des grains de poivre à trois ou quatre angles, & quelquefois faites en petits cœurs, de couleur verd jaunâtre, d’un goût stiptique & fort amer.

Voilà les baies qu’on nomme graine d’Avignon, grainette, graine jaune. On nous l’envoye seche ; on la desire grosse, récente & bien nourrie. Les Teinturiers, & sur-tout les Corroyeurs, s’en servent pour teindre en jaune, en y joignant de l’alun par parties égales. Voyez Jaune & Corroyer. (D. J.)

Graine, (Jardinage.) les graines d’ornement different des chapelets parce qu’elles sont toûjours rondes & d’inégale grosseur ; on les place au bout des rinceaux & des feuillages, pour remplir des places longues dans la broderie des parterres. (K)

Graine, en terme de Brodeur au métier, c’est un point qui représente des semences de fruits, & qui se fait en tenant le fil tiré d’une main, & de l’autre en fichant l’aiguille en-dessous & la faisant sortir en-dessus.

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Étymologie de « graine »

(Date à préciser) Du latin grana, pluriel du neutre granum (« grain ») devenu féminin singulier en latin populaire. Le sens de « œuf de ver à soie » est un calque de l’arabe حب, ḥabb (« baie »), mot employé métaphoriquement pour désigner la cochenille.
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Grain ; provenç. espagn. et ital. grana.

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Phonétique du mot « graine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
graine grɛn

Citations contenant le mot « graine »

  • Instruction : des pierres dans un sac. Culture : une graine dans un pot. De Maurice Chapelan
  • Mieux vaut être la paille de blé que la graine de mauvaise herbe. De Proverbe kirghiz
  • A quinze ans on ne sait pas grand-chose, on gobe encore, mais la graine de révolte germe doucement. De Bernard Giraudeau / Les Dames de nage
  • Les moyens peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; et il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu'entre la graine et l'arbre. De Gandhi / Indian Home Rule
  • Un enfant raisonnable est une sale graine de délateur dévot et lâche, un garçon déraisonnable est beaucoup mieux. De Georg Christoph Lichtenberg / Aphorismes
  • La graine est dans le fruit et celui-ci est dans la graine. De Proverbe anglais
  • La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tout risquer est heureuse. De René Char
  • La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tant risquer est heureuse. René Char, La Parole en archipel, Gallimard
  • La vanité, encore qu’elle fleurisse, ne graine pas. De Proverbe basque
  • La vanité fleurit, mais sans monter en graine. De Proverbe espagnol
  • Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. De Jules Renard / Journal 1894 - 1904
  • La vérité de la vie est en graine de piment. De Jean-Marie Adiaffi / La carte d'identité
  • Le plus grand arbre est né d'une graine menue. De Lao-Tseu
  • La nature s'imite. Une graine jetée en bonne terre produit. Un principe jeté dans un bon esprit produit. De Blaise Pascal / Pensées
  • Dans la graine, la vie est cachée dans la mort ; dans le fruit, la mort est cachée dans la vie. De Claude de Saint-Martin / Le ministère de l'homme-esprit
  • Il existe quelques personnes ici-bas qui ne planteraient jamais une graine car elle ne produit pas de fruits la première année. De Ralph Nader
  • Graines de chia, vous avez dit ? Si de prime abord, manger des graines ne paraît pas très appétissant, les graines de chia risquent bien de vous faire changer d’avis ! En plus de promettre satiété, elles sont un redoutable allié minceur. La rédaction a déniché 10 recettes gourmandes pour vous initier aux joies de cette petite graine mexicaine. Marie France, magazine féminin, Healthy : 10 recettes de pudding aux graines de chia à moins de 67 calories
  • Market.us research report analyzing La graine de lin market and includes past and prediction data for Type, Application, regional, and country level.Impact of COVID-19 Outbreak on La graine de lin market Growth & Investment Opportunities.The report concentrates on the Industry Analysis, Growth Opportunities, Risk Analysis, Current Trends, Competitive Landscape, Investment Strategies, and Forecast by 2029. The research is based on La graine de lin business to the evaluation of the trends, which are based on the current, future, and strategies which are used in the past. The report highlights the main market developments including the latest trends, technological advancements, and market players AgMotion, Linwoods Health Foods, CanMar Grain Products, TA Foods, ADM, Stober Farms, Heartland Flax, Shape Foods, Healthy Food Ingredients, Zeghers Seed, Bioriginal Food and Science Corporation. The La graine de lin market report covers the estimates, investigation, and discussion of major industry trends, market volume, value, market share estimates, and profiles of the leading industry players. boursomaniac, Global La graine de lin Marché Impact sur l'industrie, dernière analyse des tendances, prévisions de revenus jusqu'en 2029 - boursomaniac
  • Rapport global graine Huller marché 2020 a brève analyse et proposition complète à léchelle du segment de marché, la taille, laction, lanalyse transversale, et les prévisions de revenus pour 2026. Le fait de rapport sur les aspects essentiels du marché graine Huller sur les échelles mondiales et régionales. Il présente une analyse des facteurs de marché, les tendances de lindustrie, la dynamique du marché, les principaux acteurs et leurs limites. Par ailleurs, le marché graine Huller comprend des canaux de vente, les distributeurs, les négociants, les résultats de la recherche, la conclusion, lannexe et source de données. , Taille du marché mondial graine Huller 2020 Industrie Part, Taille, revenu, dernières tendances, affaires Dynamiser stratégies, son statut CAGR, les opportunités de croissance et prévisions 2026 – Rapports de précision – Derrière-l'Entente.com
  • Correspondant à la phase embryonnaire des plantes, les graines peuvent être facilement incorporée dans une grande variété de recettes. Comment cuisiner les graines ? Saupoudrées sur une salade, écrasées ou réduites en purée, les graines ajoutent de l'intérêt à tout plats grâce à leurs saveurs terreuses et leurs textures croquantes. Mais comme la chaleur a tendance à dénaturer les vitamines et minéraux qu'elles contiennent, de nombreuses graines ont intérêt à être consommées crues. Le mieux est donc de se renseigner au préalable et de les ajouter directement à d'autres aliments. Magazine Avantages, Les bienfaits des graines alimentaires - Magazine Avantages
  • Comme autrefois les loups dans Paris, les graines sont entrées dans les restaurants. À l’origine cantonnées aux établissements macrobiotiques, objet de moqueries de la part des adorateurs des sauces au vin, des rillettes et de la pomme de terre triomphante, elles ont fait leur trou patiemment. Ainsi du quinoa, importé d’Amérique latine, qui réalise l’exploit d’être à la fois extraordinairement nutritif et dépourvu de gluten - il est vrai que ce n’est pas vraiment une céréale. Avant lui, la semoule avait conquis depuis des lustres les assiettes des enfants, et celles de leurs parents lorsqu’ils eurent la révélation du couscous. Le Figaro.fr, La graine de lin du Nord par Isma’il Guerre-Genton
  • De la graine au produit fini : la filière gersoise ! Tout part des convictions et des engagements d’Anne Dubarry. Elle a créé Variette, une gamme de conserves issues exclusivement de cultures anciennes. Anne Dubarry est donc gersoise , elle est aussi mobilisée pour l’environnement et... elle est gourmande France Bleu, De la graine au produit fini, la filière gersoise, du goût et des engagements

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Traductions du mot « graine »

Langue Traduction
Anglais seed
Espagnol semilla
Italien seme
Allemand samen
Chinois 种子
Arabe بذرة
Portugais semente
Russe семя
Japonais シード
Basque hazia
Corse semente
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Synonymes de « graine »

Source : synonymes de graine sur lebonsynonyme.fr
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