Sable : définition de sable


Sable : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SABLE1, subst. masc. et adj.

I. − Subst. masc.
A. −
1. Roche sédimentaire meuble, constituée de petits fragments provenant de la désagrégation de roches de nature diverse (notamment silice). Synon. littér. arène.L'argent file entre mes doigts comme du sable, c'est effrayant (Bernanos,Journal curé camp., 1936, p. 1035):
La moitié du temps, il est échoué sur le sable, et cela le fatigue. C'est que c'est une bonne embarcation, voyez-vous, et qui s'est admirablement comportée pendant ce coup de vent qui nous a assaillis si violemment au retour. Verne,Île myst., 1874, p. 360.
Sables siliceux. Pour séparer les sables siliceux des sables calcaires, on arrose d'acide un poids déterminé du premier dépôt jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effervescence (A. Pérès,Pierres et roches, 1896, p. 54).
Sable gras. La lourdeur du sable gras double le poids de la pioche massive (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 101).
Bain de sable. ,,Sable qu'on interpose entre un foyer et un récipient qu'on ne veut pas chauffer à nu`` (Duval 1959). Pour préparer le baume de soufre simple, on met 8 onces d'huile de lin dans un grand vase de terre au bain de sable (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t. 1, 1821, p. 115).
Mur de sable. ,,Masse de sable soulevée par le vent et qui progresse à l'avant des fronts froids très actifs sur les déserts`` (Lar. 20e).
Mer de sable. Ensemble de dunes. Le conducteur de peuples d'autrefois (...) eut pitié, immensément, de sa mort. Non de sa mort individuelle, mais pitié de l'espèce qu'effacera la mer de sable (Saint-Exup.,Vol nuit, 1931, p. 121).La première de ces deux-là, Adra-Motril, longe, après Almeria, une côte monotone, faite du même contrefort dénudé plongeant cent fois dans une mer de sable gris (T'Serstevens,Itinér. esp., 1963, p. 91).
Tempête, vent de sable. Vent violent s'élevant brusquement et transportant du sable. Je ramenais avec moi l'odeur âcre des solitudes, le tourbillon des vents de sable, les lunes éclatantes des tropiques! (Saint-Exup.,Terre hommes, 1939, p. 179).Tu ne connais pas le désert, quand il y monte une tempête de sable... Les yeux cuisent, le sang vous aveugle, on n'y voit plus clair (Gracq,Syrtes, 1951, p. 296).
CONSTR. Substance pulvérulente utilisée dans la confection de mortiers. Les mortiers de sable grenu sont plus difficiles à appliquer mais ils sont beaucoup plus résistants et plus étanches (Bourde,Trav. publ., 1928, p. 176).
PSYCHOL. Jeu de sable. Jeu qui se pratique dans un bac rempli de sable (ou d'eau) et qui permet au sujet d'objectiver les conflits de l'inconscient et de rechercher des solutions (d'apr. Virel Psych. 1977).
Au fig.
Grain de sable. Un rien. Je m'estime moins qu'un de ces grains de sable, Car ce sable roulé par les flots inconstants, S'il a moins d'étendue, hélas! a plus de temps (Lamart.,Harm., 1830, p. 350).
Statue de sable. Personne inconsistante. Il s'éboula ainsi qu'une statue de sable (Genevoix,Raboliot, 1925, p. 273).
Loc. verb.
TECHNOL. Jeter en sable. ,,Couler la matière en fusion dans un moule de sable`` (Lar. Lang. fr.).
P. anal. ou au fig. Bâtir sur le sable. Fonder un projet, une entreprise sur quelque chose de peu solide. Anton. bâtir sur le roc (v. roc1).C'était un vrai quine à la loterie; la tête me tournait d'une telle circonstance; mais je bâtissais sur le sable, et je devais expier cruellement ces premiers instants d'illusion (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 619).
Pop., fam. (Être) sur le sable. (Être) sans argent et sans travail. J'y avais [au journal] pourtant connu des gens influents (...). L'un d'eux, alors que je me retrouvais sur le sable, me reçut fort aimablement (Vialar,Carambouille, 1949, p. 274).
Pop. Jeter en sable. Avaler d'un trait. (Ds Hautel 1808, Esn. 1966). Jeter en sable un verre de vin (France1907).
Avoir du sable dans les yeux. Avoir les yeux qui piquent, quand on a sommeil; avoir envie de dormir. Le sommeil commençait à jeter du sable sous les paupières des voyageurs (Gautier,Fracasse, 1863, p. 84).Fam. [Pour signifier qu'un enfant a sommeil] Le marchand de sable est passé (Rob.).
Se perdre dans le sable/les sables. Ne pas avoir d'issue, demeurer sans suite. Impossible de le savoir... Toute enquête, ici se perd dans le sable (Malraux,Espoir, 1937, p. 539).
SYNT. Sable argileux, aurifère, boulant, calcarifère, fin, grossier, micacé, marin, rouge, stanifère; sable blanc, gris; sables asphaltiques, bitumeux, noirs, verts; sable de carrière, de mer, de moulage, de rivière, de verrerie; banc, carrière, château, désert, dune, grève, fond, jet, langue, plage, poignée, tas de sable.
2. P. anal., MÉD. Concrétion qui se forme dans un organe cavitaire (notamment dans l'appareil urinaire) sous forme de petits grains innombrables (d'apr. Villemin 1975). Synon. calcul2, gravelle, lithiase, pierre.Le fameux grain de sable qui s'était mis dans l'uretère de Cromwell en serait aujourd'hui promptement évacué (Valéry,Variété V, 1944, p. 45).
B. − Au plur.
1. Vaste étendue désertique. Les glaces de l'Islande et les sables embrasés de l'Afrique ne manquent point d'habitans (Chateaubr.,Génie, t. 1, 1803, p. 221).Si tu savais comme ces ombrages sont peu de chose! Qu'ils semblent bien perdus parmi les sables, les granits, les forêts vierges, les marais de la terre (Saint-Exup.,Terre hommes, 1939, p. 179).
2. Vin de sable(s). Cru blanc et rouge du sud de la France. L'autre [bouteille], un vin de sable trop chaleureux, couleur d'ambre, convient à la salade (Colette,Naiss. jour, 1928, p. 6).
3. Sables mouvants. Sables humides, peu consistants, dans lesquels on s'enfonce; au Sahara, sables secs que les vents déplacent (d'apr. Lar. encyclop.). Il se sentait épuisé, et même vaguement effrayé et vaguement humilié, comme si on venait de l'arracher, après des heures de lutte, à des sables mouvants (Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 238).
P. métaph. Au matin j'ai peine à « sortir des sables »; sables mouvants. Je me sens au bas d'une pente qu'il n'est nullement certain que je remonte (Gide,Journal, 1949, p. 339).
P. anal. Fantasia de cavaliers et de dromadaires. Spectacle médiocre. Le sol est du sable mouvant, l'espace manque, les chevaux galopent mal (Fromentin,Voy. Égypte, 1869, p. 126).
II. − Adj. inv. De couleur beige clair, comme le sable. Saharienne coton mercerisé lavable. Blanc, sable, kaki ou châtaigne (Catal. Madelios,été 1951,p. de couv.).
Prononc. et Orth.: [sɑ:bl̥], [sabl̥]. Littré [a]; Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930, Warn. 1968, Lar. Lang. fr. [ɑ]; Martinet-Walter 1973 [ɑ], [a] (12, 5). Mart. Comment prononce 1913, p. 30 ,,l'a est encore un peu fermé et assez long``, v. aussi Fouché Prononc. 1959, p. 57. Homon. sable2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. Ca 1150 « substance pulvérulente due à la désagrégation de certaines roches » fig. semer ses paroles en sable « les prodiguer en pure perte » (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 7582). B. Id. « étendue de sable » fém. (ibid., 8195); ca 1200 (Chans. de Guillaume, éd. J. Wathelet-Willem, 228). II. A. 1. 1482 soble (A. Montbéliard ds Gdf. Compl.); 1483 fém. la sable (A. Nevers, ibid.); 1530 sable masc. (Palsgr., p. 265a); a) 1552 horologe de sable « sablier » (Rabelais, Quart livre, XXXI, éd. R. Marichal, p. 146, 48); 1578-1583 p. abrév. sable (A. d'Aubigné, Printems, Odes, XLI ds Œuvres, éd. E. Réaume et Fr. de Caussade, t. 3, p. 203); b) 1636 jeter an sable « faire couler le métal en fusion dans un moule, un chassis de bois ou de fer rempli de sable » (Monet, p. 463b); 1684 id. fig. « avaler tout d'un coup et sans perdre haleine » (La Fontaine, Ragotin, II, 7); 2. fig. a) ca 1618 bâtir sur le sable (Racan, Stances sur la Retraite, 8 ds Œuvres, éd. L. Arnould, t. 1, p. 177); b) 1690 [en parlant d'une pers. qui s'endort] le petit homme luy a jetté du sable dans les yeux (Fur.); c) 1827 être sur le sable « être à court d'argent » (Ragot, Vice puni ou Cartouche ds Sain. Sources Arg. t. 1, p. 336). B. 1503 plur. « vaste étendue, désert de sable » se sauver sur les sables (Jean d'Auton, Chron., éd. R. de Maulde la Clavière, t. 3, p. 237); 1628 sables mouvants (A. d'Aubigné, Tragiques, V, Les Fers, éd. A. Garnier et J. Plattard, t. 3, p. 219). C. 1588 « calcul urinaire » (Montaigne, Essais, III, 13, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 1087: luy avoit cuit le sable dans les roignons). L'a. fr. sable [I], faiblement att. (en a. et m. fr. on trouve surtout sablon* et areine/arène*), est (de même que l'ital. sabbia, le port. saibro, le galicien jebra, REW 7486) issu du lat. sabulum « sable »; spéc. « gros sable, gravier », forme syncopée sablum (fin vies., Venance Fortunat; gl.). Étant donné le hiatus chronol. entre I et II, ce dernier est prob. un dér. régr. de sablon* (cf. aussi l'a. fr.-prov. a. fribourgeois sablon 1470-90, Comptes [de Fribourg] d'apr. J. Girardin ds Z. rom. Philol. t. 24, 1900, p. 232 et l'a. prov. sablon dep. le xiies., Peire Rogier, Belh Monruelh, 11 ds Œuvres, éd. C. Appel, p. 92); sable fém. s'explique, dans cette hyp., non par un plur. sabula, mais p. anal. avec des groupes tels que glace-glaçon; FEW t. 11, p. 17b. Fréq. abs. littér.: 4 745. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6 612, b) 8 764; xxes.: a) 5 718, b) 6 402.
DÉR.
Sablerie, subst. fém.Partie d'une fonderie où l'on prépare les sables de moulage. (Ds Jossier 1881, Lar. Lang. fr.). [sablə ʀi], [sɑ-]. Ds Martinet-Walter 1973, proportion de réponses [a], [ɑ] 5, 12, comme pour sable. Le timbre exact du segment noté conventionnellement [ɑ] est donné par Martinet-Walter 1973 comme étant le plus souvent [œ], [-blœ ʀi]. 1reattest. 1870 (Littré); de sable1, suff. -erie*.
BBG.Quem. DDL t. 16.

SABLE2, subst. masc.

(Émail de) couleur noire. (Ds Mots rares 1965; Past. Hérald. 1979).
Prononc. et Orth.: [sɑ:bl̥], [sa:bl̥]. Warn. 1968: sable et dér. [ɑ], à l'exception de sable2, sablier, sablonneux, sablonnière. Homon. sable1. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1170 « fourrure de zibeline » mantiax gris, orlez de sables (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 2286); 1176-81 (Id., Chevalier à la charrette, même éd., 509); 2. ca 1245 hérald. escut d'or à l'aigle de sable (Philippe Mousket, Chron., 22036 ds T.-L.). Prob. empr. à l'a. b. frq. (cf. m. néerl., m. b. all. sabel), lui-même empr. au russe sobol' « zibeline », le commerce de la fourrure entre le nord de la Russie, la Sibérie vers l'Europe occ. se faisant dès le haut Moy. Âge, par la Baltique et l'Allemagne. Il n'est pas impossible que les Vikings aient joué un rôle dans la diffusion de ces peaux vers l'ouest, FEW t. 20, p. 49b; v. aussi zibeline*. L'empl. du mot en hérald. s'explique par le fait que les boucliers, les écus étaient recouverts de fourrures de diverses couleurs; le sens de « noir » dans cet empl. s'explique par l'habitude prise de teindre en noir cette fourrure: propr. « couleur noire comme la zibeline », v. A. G. Ott, Ét. sur les couleurs en voc. fr., Paris, E. Bouillon, 1899, pp. 31-32.

Sable : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

sable \sɑbl\ ou \sabl\ masculin

  1. (Géologie) Substance pulvérulente de taille granulométrique comprise entre 62,5 μm et 2 mm. Cette substance pouvant être de type détritique (issue de la désagrégation d’autres roches par érosion) ou bien être issue du dépôt in situ d’éventuelles parties carbonatées de minuscules organismes marins.
    • Quand il voyait, sur le sable des allées un piquet de chat, il entrait aussitôt dans une colère affreuse. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Les sables sont les matières que l’on mélange le plus habituellement à la chaux pour former les mortiers ; ils doivent être rudes au toucher et crier quand on les serre dans la main. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 21)
    • La désagrégation des grès donne naissance à un sable fin mélangé d’argile. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 12)
    • Je marchais à la limite des vaguelettes, là où les pieds s’enfoncent peu dans le sable lisse et frais. Le léger ressac effaçait aussitôt l’empreinte de mes pas. — (Michel Goeldlin, Panne de cerveau, Alban, 2004, p. 45)
    • La formation géologique des sables verts de l’Albien.
    • L’ombre peu à peu s’étend sur le sable,
      et les caravanes prient à genoux.
      Une première étoile au ciel insondable,
      évoque en moi soudain ton amour si doux.
      — (Dario Moreno, Misirlou)
  2. (Figuré) Sol sableux d’une région.
    • L’Empire romain, qui s’étendait des sables d’Arabie jusqu’aux neiges d’Écosse, fut constamment à la recherche de frontières défendables. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 163)
    1. Sol sableux, donc peu solide.
      • Bâtir sur le sable, fonder un projet, une entreprise sur quelque chose de peu solide.
  3. (Fonderie) Mélange de cette substance et de diverses matières qui sert à faire des moules de fonderie.
    • Un sable net.
    • Jeter une médaille en sable.
  4. (Médecine) (Familier) Calcul urinaire, gravelle fine comme du sable.
    • Il fait du sable.
    • Ses urines sont pleines de sable.
  5. (Par métonymie) Sablier.
    • J’y ai parlé toute ma demi-heure ; et, sans le sable, j’eusse bien fait changer ce malheureux proverbe qui court déjà dans Paris : Il opine du bonnet comme un moine en Sorbonne. — (Pascal, Les Provinciales, lettre II)
    • Dans chacune de nos cellules nous avons placé une tête de mort et un sable pour les objets de notre contemplation.

Nom commun 2

sable \sɑbl\ ou \sabl\ masculin

  1. (Héraldique) Émail indiquant la couleur noire d’un élément des armoiries.
    • Parti de sable et d’or à la bande de l’un en l’autre, qui est de Conilhac-de-la-Montagne.
  2. Variété de martre zibeline (Martes zibellina) de couleur noire.
    • Sable vient du Polonais « Saboï », terme désignant la martre zibeline ou martre noire. — (Christian Jacq, ‎Patrice Delaperriere, De sable et d'or, Éd. Des Trois Mondes, 1980)
  3. (Par métonymie) Fourrure de cet animal.
    • Le sable, ou pointe de queue de zibeline. — (Ph. Le Bas, L'univers : histoire et description de tous les peuples, Éd. Firmin Didot, Paris, 1842)

Adjectif

sable \sɑbl\ ou \sabl\ invariable

  1. De couleur beige clair. #E0CDA9
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Sable : définition du Littré (1872-1877)

SABLE (sa-bl' ; quelques-uns prononcent sâbl' ; mais il n'y a aucune raison de lui donner le son d'â circonflexe comme dans âme) s. m.
  • 1Substance minérale, pulvérulente, provenant de la désagrégation, par les eaux, des roches calcaires, granitiques, siliceuses, etc. qui se trouve dans le lit des rivières, sur les bords de la mer, qui forme les dunes, les déserts, et qui entre pour une certaine proportion dans les terrains d'alluvion. Ils se mirent tous en campagne avec leurs troupes, qui consistaient en une multitude de gens de pied aussi nombreuse que le sable qui est sur le rivage de la mer, Sacy, Bible, Josué, XI, 4. Nous vîmes serpenter, sur un sable plus jaune que l'or, plusieurs petits ruisseaux…, Lesage, Gil Bl. V, 1. Triton, Cymothoë, d'une main secourable, Délivrent ses vaisseaux [d'Énée] de leurs prisons de sable, Leur ouvrent une route, Malfilâtre, Génie de Virg. Ce n'est pas une supposition précaire ou gratuite, que d'avancer, comme je l'ai fait, que les glaises, les argiles et les sables ont été formés par les scories et les écumes vitrifiées du globe terrestre, Buffon, Hist. nat. preuv. théor. terre, Œuv. t. I, p. 387. Il y a souvent de ces nuées de sable en Arabie, qui obscurcissent l'air et forment des tourbillons dangereux, Buffon, ib. t. II, p. 260. Je suis bien porté à croire, comme M. de Luc, que les sables ne sont point tous des produits du brisement ou détritus des pierres, Saussure, Voy. Alpes, t. V, p. 294, dans POUGENS. Depuis les sables inhabités de l'Inde jusqu'aux glaces de l'Ourse, Bailly, Atlantide, p. 116. On distingue trois sortes de sables, celui de mer, celui de rivière et celui de terre, qu'on appelle communément sable terrain ou sable de cave, parce que, pour l'avoir, il faut creuser dans la terre, Genlis, Maison rust. t. I, p. 31, dans POUGENS. J'ai connu un homme qui avait fait une collection de sables, qu'il a vendue cent louis à un amateur, Genlis, ib. t. I, p. 103. En Afrique, cinq livres de sable contiennent souvent soixante-trois grains d'or, tandis qu'en France il est assez rare de trouver du sable qui, sur cent livres, en tienne plus de vingt à vingt-quatre grains, Fourcroy, Conn. chim. t. VI, p. 354.

    Sable mâle, sable femelle, se dit de deux espèces de sable dans un même lit, dont la première est d'une couleur plus foncée, et l'autre d'une couleur moins chargée.

    Sables bouillants, sables mêlés d'eau qui, lorsqu'on les enlève, sont à l'instant remplacés par d'autres sables qui s'élèvent du fond en bouillonnant.

    Sables mouvants, sables qui s'enfoncent sous le pied, ou qui se laissent disperser par les vents. Les sables mouvants de l'Afrique septentrionale et des bords de la Syrie voisins de l'Égypte, peuvent-ils être autre chose que les sables de la mer qui sont demeurés amoncelés quand la mer s'est peu à peu retirée ? Voltaire, Mœurs, Introd. Il dort couché sur les sables mouvants, Ce noble ami plus léger que les vents, Millevoye, l'Arabe et son coursier.

    Fig. [Dans la réforme] on tourne à tout vent de doctrine, et il n'y a point de sable si mouvant, Bossuet, 2e avert. 17.

    Fig. Bâtir, fonder sur le sable mouvant, ou, simplement, bâtir, fonder sur le sable, fonder des projets, des entreprises, des établissements sur quelque chose de peu solide. Le bien de la fortune est un bien périssable ; Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable, Racan, la Retraite. Voilà [la faveur] le sable sur quoi l'on bâtit, et voilà la feuille volante à quoi l'on s'attache, Sévigné, 19 août 1676. On sentait une religion bâtie sur le sable, qui n'avait pas même de stabilité dans ses confessions de foi, Bossuet, Var. XI. Se ménager des établissements qui sont fondés sur le sable, Massillon, Pet. carême, Drapeaux.

    Fig. Semer sur le sable, perdre sa peine. C'était, comme on dit, semer sur le sable, Lesage, Gil Blas, VII, 12.

    Fig. et familièrement. Avoir du sable dans les yeux, éprouver une envie de dormir qui, appesantissant les paupières, fait qu'on y porte souvent la main pour les frotter et se tenir éveillé.

    Le petit homme lui a jeté du sable dans les yeux, se dit d'un enfant que l'envie de dormir saisit.

  • 2Bain de sable, sable dont on entoure un vaisseau qu'on veut chauffer. Distiller au bain de sable.
  • 3 Terme de fondeur. Composition faite avec du sable et dans laquelle on moule les monnaies, les médailles, etc. Un sable net. Jeter une médaille en sable. Le sable de mouleur doit être un peu terreux ; et, s'il ne l'est pas, il faut y ajouter un peu d'argile pour lui donner de la liaison, Duhamel, Instit. Mém. scienc. t. III, p. 319.

    Fig. Jeter en sable, avaler un verre de vin (voy. SABLER). Il y a un Tigillin qui souffle ou qui jette en sable un verre d'eau-de-vie, La Bruyère, XIII.

    Sable vert, dans quelques fonderies, mélange de sable et de poussier de houille ou de charbon.

  • 4Synonyme peu usité de sablier.

    Terme de marine. Manger du sable, retourner trop tôt un sablier.

  • 5Gravier qui s'engendre dans les reins et qui forme la gravelle. Cromwell allait ravager toute la chrétienté ; la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère, Pascal, Pens. III, 7, éd. HAVET. Ce sel qu'on nomme communément sable de l'urine est de l'acide urique, Fourcroy, Instit. Mém. scienc. t IV, p. 380. C'est là qu'un plus beau ciel peut-être dans mes flancs Éteindra les douleurs et les sables brulants, Chénier, Élég. I, 10.

HISTORIQUE

XVIe s. Bancs de sable, Du Bellay, J. VIII, 16, recto.

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Sable : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SABLE, arena, sabuium, glarea, (Hist. nat. Minéralogie.) le sable n’est autre chose qu’un amas de petites pierres détachées ; il est rude au toucher, & insoluble dans l’eau. De même qu’il y a des pierres de différentes especes, il y a aussi du sable de différentes qualités ; il varie pour la figure, la couleur & la grandeur des parties qui le composent. Le sable le plus grossier se nomme gravier. Voyez cet article. Le sable le plus fin s’appelle sablon : ce dernier paroît n’être autre chose qu’un amas de petits cailloux arrondis, ou de crystaux transparens, dont souvent les angles ont disparu par le frottement. C’est à cette substance que l’on doit proprement donner le nom de sable : tel est celui que l’on trouve sur le bord de la mer ; il est très-fin, très-mobile, & très-blanc, lorsqu’il n’est point mêlé de substances étrangeres ; tel est aussi le sable que l’on trouve dans une infinité de pays ; l’on a tout lieu de conjecturer qu’il a été apporté par les inondations de la mer, ou par le séjour qu’elle a fait anciennement sur quelques portions de notre globe, d’où elle s’est retirée par la suite des tems.

On a dit que c’étoit à cette derniere substance que convenoit proprement le nom de sable : en effet, les autres substances à qui on donne ce nom, n’ont point les mêmes caracteres ; elles paroissent n’être que de la terre, produite par les débris de certaines pierres, & dont les parties n’affectent point de figure déterminée, & qui ne differe en rien de la poussiere. Wallerius a mis le sable dans une classe particuliere distincte des terres & des pierres ; il en distingue plusieurs especes ; mais ses distinctions ne sont fondées que sur des circonstances purement accidentelles ; telles que la couleur, la finesse des parties, & les substances avec lesquelles le sable est mêlé. Il appelle le vrai sable ou sablon dont nous avons parlé en dernier lieu, arena quarzosa ; peut-être eût-il été plus exact de l’appeller arena crystallisata.

Quoi qu’il en soit, c’est-là le sable dont on se sert pour faire du verre ; le sablon d’Etampes & celui de Nevers sont de cette espece ; il varie pour la finesse, la blancheur, & la pureté : celui dont les parties sont les plus déliées, s’appelle glarea mobilis, sable mouvant.

Presque tous les sables sont mêlés de parties étrangeres qui leur donnent des couleurs & des qualités différentes ; ces parties sont des terres, des parties végétales, des parties animales, des parties métalliques, &c.

Le sable noir des Indes, qui est attirable par l’aimant, dont parle M. Muschenbroeck, est un sable mêlé de parties ferrugineuses ; en joignant à ce sable mis dans un creuset un grand nombre de matieres grasses, ce savant physicien n’a fait que réduire ces parties ferrugineuses en fer ; c’est pour cela qu’il a trouvé que ce sable étoit devenu plus attirable par l’aiman qu’auparavant. Les Physiciens, faute de connoissances chimiques, ne savent pas toujours apprécier les expériences qu’ils font.

Le sable verd qui, suivant la remarque de M. Rouelle, se trouve assez constamment au-dessous des couches de la terre, dans lesquelles on trouve des coquilles & des corps marins, semble redevable de sa couleur à la destruction des animaux marins qui l’ont ainsi coloré.

Outre le sable que nous avons décrit, il s’en trouve qui est composé de fragmens ou de petites particules de pierres de différente nature, & qui ont les propriétés de ces sortes de pierres ; tel est le sable luisant qui est un amas de petites particules de mica ou de talc ; il est infusible & ne se dissout point dans les acides. On sent aussi que le sable spatique ou calcaire doit avoir d’autres propriétés : en général, il paroît que les Naturalistes n’ont considéré les sables que très-superficiellement ; ils ne sont entrés dans aucun détail sur leurs figures, qui ne peuvent être observées qu’au microscope, ni sur leurs qualités essentielles, par lesquelles ils different les uns des autres ; il semble que l’on ne se soit occupé que des choses qui lui sont accidentelles. Cependant une connoissance exacte de cette substance pourroit jetter un grand jour sur la formation des pierres, vu qu’un grand nombre d’entre elles ne sont que des amas de grains de sable liés par un suc lapidifique : de cette espece, sont sur-tout les grais, &c.

Le sable mêlé avec de la glaise contribue à la diviser & à la fertiliser ; en Angleterre on se sert du sable de la mer pour le mêler avec des terres trop fortes ; par-là elles deviennent perméables aux eaux du ciel, & propres par conséquent à favoriser la végétation. (—)

Sable de la mer, (Médecine.) le sable de la mer est d’usage en Médecine pour les bains que l’on en fait sur les côtes maritimes, & que l’on ordonne aux gens attaqués de paralysie & de rhumatisme ; ce sable est sur-tout recommandé dans ces occasions aux personnes qui habitent les côtes maritimes de Provence & de Languedoc. On fait échauffer le sable pendant les jours les plus chauds de l’été aux rayons du soleil le plus ardent après l’avoir étendu ; ensuite on le ramasse & on enfonce les malades dans ces tas de sable, de façon qu’ils y soient comme ensevelis, lorsqu’ils y ont resté environ un quart-d’heure ou une demi-heure, on les en voit sortir, à-peu-près comme des morts de leur tombeau, de façon que cette espece de bain imite une résurrection ; d’autant que l’on voit tous les soirs les malades sortir des tas de sable, à-peu-près comme des morts de leur tombeau.

L’efficacité de ce bain est dûe à la chaleur, à la salure, & à la volatilité des principes que l’eau de la mer a communiquées au sable ; ces principes exaltés par les rayons du soleil, n’en deviennent que plus propres à donner du ressort aux fibres, à résoudre les concrétions lymphatiques, & tous les vices de la lymphe.

Sable, bain de, (Chimie.) voyez Bain, Feu, Intermede.

Sable, (Marine.) terme synonyme à horloge, voyez Horloge. On dit manger son sable, lorsqu’on tourne l’horloge avant que le sable ne soit écoulé, afin que le quart soit plus court ; ce qui est une friponnerie punissable, & à laquelle le quartier-maître doit avoir l’œil.

Sable, (Agriculture.) on employe dans l’Agriculture plusieurs especes de sable ; les uns sont stériles, comme ceux de la mer, des rivieres, des sablieres, &c. Les autres sont gras & fertiles : de ceux-ci, les uns le sont plus, & c’est ce qui fait les bonnes terres ; les autres le sont moins, ou ne le sont point du tout ; & c’est ce qui fait les terres médiocrement bonnes, ou les terres mauvaises, & sur-tout les terres légeres, arides, & sablonneuses. De plus, les uns sont plus doux, & ceux-là font ce qu’on nomme une terre douce & meuble ; les autres sont plus grossiers, & ceux ci font ce qu’on appelle une terre rude & difficile à gouverner ; enfin, il en est d’onctueux & d’adhérans les uns aux autres ; ceux qui le sont médiocrement font les terres fortes ; ceux qui le sont un peu plus font les terres franches ; & ceux qui le sont extrèmement font les terres argilleuses & les terres glaises, incapables de culture. (D. J.)

Sable, Fondeur en, (Arts méch.) les Fondeurs en sable ou de petits ouvrages, composent une partie très-nombreuse de la communauté des Fondeurs qui se partage en plusieurs parties par rapport aux différens ouvrages qu’ils fabriquent, comme fondeur de cloches, de canons, de figures équestres, ou grande fonderie (voyez tous ces articles), & de petits ouvrages moulés en sable. C’est de cette derniere espece de fondeurs dont il est mention dans cet article, & celle qui est la plus commune, parce que les occasions de faire de grandes fonderies sont rares à proportion de celles que les fondeurs de petits ouvrages ont de faire usage de leurs talens.

Pour fondre en sable, on commence par préparer les moules ; ce qui se fait en cette maniere : on corroye le sable dont on doit faire les moules avec le rouleau de bois, représenté figure 12. Planche du fondeur en sable, dans la caisse à sable, qui est un coffre ABCD, non couvert, de 4 piés de long BC, & 2 de large AB, de 10 pouces de profondeur BE, monté sur quatre piés ffff qui le soutiennent à hauteur d’appui. Voyez la figure 14. Planche du fondeur en sable. Corroyer le sable, c’est en écraser toutes les mottes avec le rouleau ; on rassemble ensuite le sable dans un coin de la caisse, avec une petite planche de six pouces de long, appellée ratisse-caisse ; voyez la figure 14. n°. 2. on recommence plusieurs fois la même opération jusqu’à ce que le sable soit mis en poudre ; c’est ce qu’on appelle corroyer.

Tous les sables ne sont pas également propres aux Fondeurs ; ceux qui sont trop secs, c’est-à-dire, sans aucun mélange de terre, ne peuvent point retenir la forme des modeles : celui dont les fondeurs de Paris se servent vient de Fontenay-aux-roses, village près de Paris ; sa couleur est jaune, mais devient noire par la poussiere de charbon, dont les Fondeurs saupoudrent leurs modeles.

Pour faire le moule, le sable médiocrement humecté, on pose le chassis A B C D, figure 16. sur un ais, figure 17. & le tout sur un autre ais ghik, posé entravers sur la caisse, figure 14. le côté inférieur en-dessus ; on emplit l’intérieur du chassis de sable que l’on bat avec un maillet de bois pour en assûrer toutes les parties, & le faire tenir au chassis dont toutes les barres ont une rainure à la partie intérieure ; en sorte que le sable ainsi battu avec le maillet, forme une table que l’on peut lever avec le chassis ; avant de le retourner on affleure (avec le racloir représenté figure 13. qui est une lame d’épée emmanchée) le sable du moule aux barres du chassis, en coupant tout ce qui est plus élevé qu’elle. On retourne ensuite le moule sur lequel on place les modeles, soit de cuivre ou de bois, &c. que l’on veut imiter. On fait entrer les modeles dans ce premier chassis à moitié de leur épaisseur, observant avant de poser les modeles, de poncer le sable du chassis avec de la poussiere de charbon contenue dans un sac de toile, au-travers de laquelle on l’a fait passer. L’usage de cette poudre est de faciliter la retiration de modeles que l’on doit faire ensuite : le ponsif, qui est une sorte de sable tres fin, sert au même usage.

Lorsque les modeles sont placés dans le sable du premier chassis, & que leur empreinte y est parfaitement imprimée, on place le second chassis, fig. 15. qui a trois chevilles, que l’on fait entrer dans les trous correspondans du premier chassis. Ces chevilles servent de repaires, pour que les creux des deux parties du moule se présentent vis-à-vis les uns des autres ; le chassis ainsi placé, on ponce soit avec de la poussiere de charbon ou du ponsif contenu dans un sac de toile les modeles & le sable du premier chassis ; on souffle ensuite avec un soufflet à main, semblable à celui qui est représenté dans les planches du ferblantier, sur le moule & les modeles pour faire voler toutes les parties du charbon ou du ponsif, qui ne sont point attachés au moule ou au modele où on a placé des verges de laiton ou de fer cylindriques, qui doivent former les jets & évents après qu’elles sont retirées : la verge du jet aboutit par un bout contre le premier modele, & de l’autre passe par la breche e pratiquée à une des barres CD, cd de chaque chassis ; ces breches servent d’entonnoir pour verser le métal fondu dans le moule.

Ce premier chassis ainsi préparé, & le second placé dessus ; on l’emplit de sable, que l’on bat de même avec le maillet pour lui faire prendre la forme des modeles & des jets placés entre deux : on commence par mettre un peu de sable sur les modeles que l’on bat légerement avec le cogneux, qui est un cylindre de bois d’un pouce de diamettre, & de quatre ou cinq de long, voyez la fig. 11. dont on se sert comme du maillet, pour faire prendre au sable la forme du modele ; par-dessus ce premier sable, on en met d’autre, jusqu’à ce que le chassis soit rempli. On affleure ce sable comme celui du premier chassis avec le racloir, fig. 13. & le moule est achevé.

Pour retirer les modeles qui occupent la place que le métal fondu doit remplir, on leve le premier chassis qui a les chevilles, ce qui sépare le moule en deux, & laisse les modeles à découvert que l’on retire du chassis où ils sont retirés, en cernant tout-autour avec la tranche, sorte de couteau de fer représenté fig. 10. Le même outil sert à tracer les jets de communication d’un modele à l’autre, lorsque le chassis en contient plusieurs, & les évents particuliers de chaque modele. Le moule ainsi préparé, & reparé avec des ébauchoirs de fer, s’il est besoin, est, après avoir été séché, en état d’y couler le métal fondu.

Pour faire secher le moule, on allume du charbon, que l’on met par terre en forme de pyramide, que l’on entoure de quatre chassis, ou demi-moules ; savoir, deux appuyés l’un contre l’autre par le haut, comme un toît de maison, & deux autres à côté de ceux-ci, ensorte que le feu en est entierement entouré ; ce qui fait évaporer des moules toute l’humidité qui ne manqueroit pas d’en occasionner la rupture, lorsqu’on y verse le métal fondu, si les moules n’étoient pas bien séchés auparavant.

Pendant qu’un ouvrier prépare ainsi les moules, un autre fait fondre le métal, qui est du cuivre, dans le fourneau représenté, fig. 1. Le fourneau est un prisme quadrangulaire de 10 pouces ou environ en tous sens, & d’un pié & demi de profondeur, formé par un massif de maçonnerie ou de briques révêtues intérieurement avec des carreaux de terre cuite, capables de résister au feu. Le prisme creux ABCD, cbd, fig. 9. est séparé en deux parties par une grille de terre cuite ff, percée de plusieurs trous : la partie supérieure, qui a environ un pié de hauteur, sert à mettre le creuset E & le charbon allumé : la partie inférieure est le cendrier, dont on ferme l’ouverture avec une pâte de terre x, fig. 1. bien latée avec de la terre glaise ou de la cendre ; c’est dans le cendrier que le porte-vent hgF du soufflet aboutit d’où le vent qu’il porte passe dans le fourneau proprement dit, par les trous de la grille ff, ce qui anime le feu de charbon dont il est rempli, & fait rougir le creuset & fondre le métal qu’il contient. Pour augmenter encore la force du feu, On couvre le fourneau avec un carreau de terre A, qui glisse entre deux coulisses cd, fe, on a aussi un couvercle de terre pour couvrir le creuset. Voyez Creuset. Celui des fondeurs a 10 pouces de haut & 4 de diametre. On se sert pour mettre le cuivre dans le creuset d’une cuilliere représentée, fig. 4. appellée cuilliere aux pelotes, qui est une gouttiere de fer enmanchée d’un manche de même métal ; la cuilliere est creuse & ouverte dans toute sa longueur, pour que les pelotes de cuivre puissent couler plus facilement dans le creuset. Les pelotes sont des amas de petits morceaux de cuivre que l’on ploie ensemble pour en diminuer le volume, & faire qu’elles puissent entrer en un paquet dans le creuset ; on se sert aussi au fourneau d’un outil appellé tisonnier, représenté fig. 5. C’est une verge de fer de 2 piés de long, pointu par un bout, qui sert à déboucher les trous de la grille sur laquelle pose le creuset. On se sert aussi des pincettes, fig. 2. pour arranger les charbons, ou retirer du creuset les morceaux de fer qui peuvent s’y trouver.

Le soufflet I de de la forge est composé de deux soufflets d’orgue, qu’on appelle soufflet à double vent, voyez Soufflet à double vent, suspendu à une poutre P par deux suspentes de fer PQ, qui soutiennent la table du milieu ; le mouvement est communiqué à la table inférieure par la bascule 10, qui fait charniere au point N ; l’extrémité O de la bascule est attachée par une chaîne ok, qui tient à la table inférieure où est attaché un poids k, dont l’usage est de faire ouvrir le soufflet, que l’on ferme en tirant la bascule IO, par la chaîne IM, terminée par une poignée M, que l’ouvrier tient dans sa main. Voyez la fig. 1. Le vent passe par le porte-vent de bois ou de fer HG dans le cendrier, d’où il passe dans le fourneau par les trous de la grille, comme il a été dit plus haut.

Pendant que le métal est en fusion, deux ouvriers placent les moules dans la presse, fig. 18. on commence par mettre un ais, fig. 17. de ceux qui ont servi à former les moules sur la couche AB de la presse, qui est posée sur le baquet plein d’eau, fig. 6. sur cet ais on étale un peu de sable, pour que le moule que l’on pose dessus porte dans tous ses points sur le premier moule, composé de deux chassis, on met une couche de sable, sur lequel on pose un autre moule ; ainsi de suite jusqu’à ce que la presse soit remplie ; par-dessus le sable qui couvre le dernier moule on met un ais, par-dessus lequel on met la traverse CD de la presse, que l’on serre également avec les deux écroues EF, taraudés de pas semblables à ceux des vis ef ; toute cette machine est de bois.

Lorsque l’on veut couler le métal, on incline la presse, ensorte que les ouvertures ee des chassis qui servent d’entonnoirs pour les jets, regardent en en-haut ; ce qui se fait en appuyant les moules par la partie opposée sur le bord du baquet, ensorte que leur plan fasse avec l’horison un angle d’environ 30 degrés.

Avant de verser le métal, le fondeur l’écume avec une écumoire représentée fig. 8. c’est une cuillere de fer percée de plusieurs trous, au-travers desquels le métal fondu passe, & qui retient les scories que le fondeur jette dans un coin du fourneau ; après que le métal est écumé, on prend le creuset avec les happes, représenté fig. 3. & on verse le métal fondu dans les moules. Lorsque le métal a cessé d’être liquide, on verse de l’eau sur les chassis pour éteindre le feu que le métal fondu y a mis ; on releve ensuite les moules, & on desserre la presse, d’où on retire les moules, que l’on ouvre pour en tirer les ouvrages. Le sable est ensuite remis dans la caisse, où on le corroie de nouveau pour en former d’autres moules.

Les happes avec lesquelles on prend les creusets dans le fourneau, sont des pinces de fer dont les deux branches sont recourbées en demi-cercle, qui embrassent le creuset ; le plan du cercle, que les courbures des branches forment, est perpendiculaire à la longueur des branches de la tenaille. L’ouvrier qui prend le creuset, a la précaution de mettre à sa main gauche un gros gant mouillé, qui l’empêche de se brûler en tenant la tenaille près du creuset, ce qui ne manqueroit pas d’arriver sans cette précaution, tant par la chaleur des tenailles, que par la vapeur enflammée du métal fondu qui est dans le creuset.

Les fondeurs coupent les jets des ouvrages qu’ils ont fondus, & les remettent à ceux qui les ont commandés sans les réparer.

Sable, s. m. (Jardin.) terre légere sans aucune consistance, mélée de petits graviers, qu’on mêle avec de la chaux pour faire du mortier, & dont on se sert pour couvrir les allées. Il y a du sable blanc, du rouge & du noir ; celui-ci se tire des caves. Il a de gros grains comme des petits cailloux, & fait du bruit quand on le manie : c’est le meilleur de tous les sables. On connoît leur bonté en les mettant sur de l’étoffe : si le sable la salit, & qu’il y demeure attaché, il ne vaut rien.

On appelle sable màle, celui qui dans un même lit est d’une couleur plus forte qu’une autre, qu’on nomme sable femelle. Le gros sable s’appelle gravier, & on en tire le sable fin & délié en le passant à la claie serrée, pour sabler les aires battues des allées des jardins. (D. J.)

Sable, (Plomberie.) les plombiers se servent de sable très-blanc pour mouler plusieurs de leurs ouvrages, & particulierement pour jetter & couler les grandes tables de plomb. Pour préparer le sable de ces tables, on le mouille légerement, & on le remue avec un bâton ; ce qu’on appelle labourer le sable. après quoi on le bat, & on le plane avec la plane de cuivre. (D. J.)

Sable, terme de Blason ; le sable est la quatrieme couleur des armoiries ; c’est le noir. Il y a deux opinions sur l’origine de ce terme : plusieurs écrivains le dérivent des martes zébelines, que l’on nommoit anciennement zables ou sables ; d’autres croient que la terre étant ordinairement noire, on s’est servi du mot sable pour exprimer la couleur noire que l’on voit souvent dans les armoiries ; mais quand on considere que la marte est presque noire, & qu’on l’a toujours appellée zébeline, on vient à penser qu’elle est la véritable origine du mot sable en terme de blason. C’est aussi le sentiment de Borel. (D. J.)

Sables d’Olonne, les, (Géog. mod.) ville maritime de France en Poitou, à 8 lieues de Luçon. Voyez Olonne.

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Étymologie de « sable »

Étymologie de sable - Littré

Lat. sabulum, sable ; origine inconnue, comparez saburra, lest de navire.

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Étymologie de sable - Wiktionnaire

(Nom 1) (XIIe siècle) Du latin sabulum (« sable, gravier »), syncopé en sablum. L’ancien français sable (souvent féminin par analogie avec des paires telles que glace-glaçon) est faiblement attesté : on trouve surtout sablon et areine, arene (→ voir arène). Le mot devient courant à partir du XVIe siècle.
(Nom 2) (XIIe siècle) Du vieux haut allemand sabel, emprunté au vieux slave соболь, soboli : le commerce de la fourrure entre le nord de la Russie, la Sibérie vers l’Europe occidentale se faisant dès le haut Moyen Âge, par la Baltique et l’Allemagne (→ voir zibeline). L’emploi du mot en héraldique s’explique par le fait que les boucliers, les écus étaient recouverts de fourrures de diverses couleurs.
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Phonétique du mot « sable »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sable sabl play_arrow

Citations contenant le mot « sable »

  • La justice a confirmé la légalité de l'arrêté préfectoral qui avait autorisé l'extraction de sable en baie de Lannion. Une activité économique importante avec peu d'inconvénients. , Justice. L’extraction de sable en baie de Lannion est bien légale | Le Trégor
  • C'est décourageant le sable. Rien n'y pousse. Tout s'y efface. De James Joyce / Ulysse
  • La connaissance de la vie est comme le sable : elle ne salit pas. De Elsa Triolet / Luna-Park
  • Dans un grain de sable voir un monde Dans chaque fleur des champs le Paradis. De William Blake
  • Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre. De Anonyme
  • Le marchand de sable ne fait pas fortune dans le désert. De Alexandre Vialatte / Les proverbes bantous
  • Chausse tes sandales, et foule le sable qu’aucun esclave n’a piétiné ! De Hawad
  • Les injures s'écrivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable. De Proverbe français
  • Si vous voulez laisser vos empreintes dans le sable du temps, ne traînez pas les pieds. De Anonyme
  • Nous ne sommes que des grains de sable mais nous sommes ensemble. Nous sommes comme les grains de sable sur la plage, mais sans les grains de sable la plage n'existerait pas. De Bernard Werber / Les Thanatonautes
  • La vertu des femmes, c'est du sable mouvant. De Laure d’Abrantès / Mémoires
  • Le vrai sage est celui qui fonde sur le sable. De Henri de Régnier
  • Une fausse amitié est comme un banc de sable. De Proverbe indien
  • La Loire, un grand fleuve de sable quelquefois mouillé. De Jules Renard
  • On ne peut bâtir sur du sable. De Moses Isegawa / Chroniques abyssiniennes
  • Aimable souvent Est sable mouvant. De Robert Desnos
  • Tu parles aux sables de la mer. Zénobios, Corpus paraemiographorum graecorum, I, 38
  • Le désert n'ayant pas donné de concurrent au sable, grande est la paix du désert. Henri Michaux, Tranches de savoir, Cercle des Arts
  • Aimable souvent est sable mouvant. Robert Desnos, Corps et biens, Gallimard

Traductions du mot « sable »

Langue Traduction
Corse rena
Basque harea
Japonais
Russe песок
Portugais areia
Arabe الرمل
Chinois
Allemand sand
Italien sabbia
Espagnol arena
Anglais sand
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Synonymes de « sable »

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