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Rue

Variantes Singulier Pluriel
Féminin rue rues

Définitions de « rue »

Trésor de la Langue Française informatisé

RUE1, subst. fém.

A. − Voie de circulation bordée de maisons dans une agglomération.
1. [La rue est un espace qui est décrit (dans sa structure, dans ses caractéristiques)] Les pavés des rues brillaient sous le soleil quand ils rentrèrent dans la ville (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 156):
1. Et la première rue à droite, − je ne sais pas comment elle s'appelle: pas plus de plaque que de numéros, − est laide. Pittoresque, je ne dis pas non: une sorte de boyau tortueux, magnifiquement sale, et grouillant d'une cohue bien bigarrée. Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 134.
Rue couverte. Rue commerçante abritée par un toit, par une verrière. Il lui montra trois femmes, sous la rue couverte, entre le pavillon de la marée et le pavillon de la volaille (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 676).
Rue piétonne (v. piéton2), piétonnière (rem. s.v. piéton2).
[Dans des expr.]
À tous les coins de rue. Souvent, fréquemment. Dans ce vieux Rouen où je me suis embêté sur tous les pavés, où j'ai bâillé de tristesse à tous les coins de rue (Flaub., Corresp., 1845, p. 167).
Vieux comme les rues. Très vieux, banal. Son désespoir après le départ de la grue, Le duel avec Gontran, c'est vieux comme la rue (Verlaine, Œuvres compl., t. 1, Jadis, 1884, p. 382).
Courir les rues. Être commun, être extrêmement répandu. Mon cher docteur, je ne vous conseille pas de soulever ici des controverses de cet ordre. L'esprit pharmaco-médical court les rues (Romains, Knock, 1923, iii, 8, p. 19).Lorsqu'une pensée s'offre à nous comme une profonde découverte, et que nous prenons la peine de la développer, nous trouvons souvent que c'est une vérité qui court les rues (Éluard, Donner, 1939, p. 174).
Le bout de la rue fait le coin (fam., vieilli). ,,La chose est évidente et banale`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
Les rues en sont pavées. ,,Il y en a autant qu'on en veut; la chose est courante, sans valeur`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
La rue est à tout le monde. Cet avantage, cette prérogative appartient à tous. « La rue est à tout le monde », reprenais-je en donnant à ces mots un sens différent (Proust, Guermantes 2, 1921, p. 145).
SYNT. Rue asphaltée, bordée de maisons, écartée, étroite, défoncée, encaissée, ensoleillée, illuminée, montante, obscure, pavée, pavoisée, silencieuse, sinistre, tortueuse, tranquille; belle, grande, immense, longue, petite, vieille rue, rue à arcades, plantée d'arbres; rue unique (d'un village); plan, réseau, enchevêtrement, dédale, labyrinthe des rues (d'une ville); balayage, nettoyage des rues; rue à sens unique; rue barrée, sans issue.
[La rue porte un nom ou un numéro] Au premier restaurant, là, au coin, rue Castiglione (Borel, Champavert, 1833, p. 213).Un Child's, par exemple celui de la Cinquième avenue, près de la Cinquante-septième rue, est aussi plein qu'à midi (Morand, New-York, 1930, p. 198):
2. Rappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest Et je t'ai croisée rue de Siam Tu souriais Et moi je souriais de même Prévert, Paroles, 1946, p. 237.
Grand(e) rue, rue principale. La maisonnette que nous habitons (...) s'ouvre, d'un côté, sur la rue principale du lieu, de l'autre, sur un jardin (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 451).M. Romarin, le coiffeur de la Grand'Rue, sortit le premier (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 7).
Arg., pop. [Dans des expr.] Ça fait la rue Michel. [Par jeu de mots sur le nom de la rue Michel-le-Comte à Paris] Ça suffit comme ça, c'est assez, ça fait le compte. Pourvu que nous soyons de retour après-demain matin au rapport, ça fait la rue Michel, c'est le capiston qui me l'a dit (Courteline, Train 8 h 47, 1888, p. 78).P. ell. Ça fait la rue. Tant qu'au reste [des fatras du sellier], (...) arrangez-le pour (...) qu'on puisse enfin circuler dans ce bazar − et ça fera la rue (M. Stéphane, Ceux du trimard, 1928, p. 165).
Loger rue du Croissant. Être trompé par sa femme, être cocu. (Ds Delvau, Dict. de la lang. verte, 1889, p. 228).
2. [La rue, espace de référence, entre dans la constr. de loc. de lieu]
Au, en... de la rue. En bas, en bordure, en haut, au coin, au milieu de la rue. Au bout de la rue de la Cossonnerie, les maisons du boulevard Sébastopol étaient toutes noires (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 625).
En pleine rue. Dehors, au vu et au su de tout le monde. Alors, je le souffletterai en pleine rue (Zola, Nana, 1880, p. 1454).
Le long de la rue, des rues. Tout le long de la rue on ne voyait que cela (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 114).
Sur (la) rue. Qui donne du côté de la rue. Donner sur la rue; avoir vue sur la rue. C'est bien vous qui avez pour maîtresse, boulevard Magenta, 111 bis, au quatrième sur la rue, une personne appelée Adèle? (Courteline, Boubouroche, 1893, i, 3, p. 38).
Avoir pignon sur rue. V. pignon2.
3. [La rue, espace où se déroule un procès] Verbe + (dans) la rue.Mademoiselle Lanze traversa la rue (Gobineau, Pléiades, 1874, p. 116).Il s'était dit: « Quelle idée d'aller se promener rue de Rivoli, en pleine matinée, quand on se sait recherché par la police? » (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 212).
Sortir dans la rue. Se montrer à visage découvert. Je n'ose sortir dans la rue [Amiel a eu une brûlure] (Amiel, Journal, 1866, p. 304).
SYNT. Arpenter, atteindre, descendre, gagner, habiter, longer, monter, parcourir, traverser la rue; traîner (dans) les rues (fam.); aller, attendre, courir, s'installer, se promener, croiser qqn, se battre, chanter dans la rue.
4. [La rue, espace de la vie urbaine et populaire] Rue animée, bruyante, commerçante, déserte, grouillante, mal famée, misérable, passante, populeuse, vide. La rue assourdissante autour de moi hurlait (Baudel., Fl. du Mal, 1860, p. 161).Tous les gens du quartier étaient dans la rue. Des enfants lançaient des pétards, d'autres brandissaient des lampions (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 172).
Rue chaude*.
Sirop* de (la) rue.
De la rue, des rues. [En parlant d'une pers.] Qui vit, travaille dans la rue. Léo: Non, Michel; nous, nous sommes des gens de la rue, des gens de la boue (Cocteau, Parents, 1938, iii, 10, p. 247).
Chanteur des rues. Chanteur qui interprète des chansons dans la rue pour gagner sa vie. Les trouvères allaient par deux, comme encore les chanteurs des rues (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 223).Chanson des rues. Chanson populaire. Un événement politique, un procès en cour d'assises, une chanson des rues, les farces d'un acteur, tout sert à entretenir ce jeu d'esprit qui consiste surtout à prendre les idées et les mots comme des volants, et à se les renvoyer sur des raquettes (Balzac, Goriot, 1835, p. 62).
Marchand(e) des rues. Celui, celle qui commerce dans la rue. À terre, les marchandes des rues se partageaient des mannes de harengs et de petites limandes, achetées en commun (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 702).
5. [La rue, espace de l'agitation pol., des guerres civiles et des luttes révolutionnaires] Défiler, se battre, manifester dans la rue; combats de rues. Un peu de cette poésie qui est dans les fêtes et dans les foules, les jours, aujourd'hui trop rares, où le peuple descend dans la rue (Artaud, Théâtre et son double, 1938, p. 102).
P. méton. La rue. Le peuple, les gens de la rue, la population des villes prête à s'insurger. [Le peuple] ouvrait la porte, et la rue entrait dans l'assemblée (Hugo, Quatre-vingt-treize, 1874, p. 182).[Renaudin] voyait les parlementaires intriguer et la rue s'agiter (Barrès, Appel soldat, 1900, p. 98):
3. ... trois ouvriers qui passaient, levaient la tête de son côté, avec un rire gouailleur. Dans leurs propos il ne put distinguer que ce mot: Panama! Le mépris de la rue montait au député. De Vogüé, Morts, 1899, p. 301.
6. [La rue, espace du désœuvrement, de la misère, du vice] Pas même un toit pour dormir, pas même de nom. La rue (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 187).Séduite, puis poussée à la rue, puis ramassée par les ivrognes, la pente descendait vite à la boue (Zola, Travail, t. 1, 1901, p. 41).
Être à la rue. Être sans toit, sans ressource, être sur le pavé. En attendant, mes enfants sont à la rue (Camus, État de siège, 1948, 2epart., p. 246).
Jeter, mettre qqn à la rue. Expulser quelqu'un, priver quelqu'un de son emploi, lui ôter secours et protection. Il la jeta littéralement à la rue, et refusa de plus jamais entendre parler d'elle (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 100).
Fille des rues. Prostituée. « Fille des rues » − qu'est-ce que cela signifiait donc d'employer ce terme entre ciel et mer, sur un récif, il n'existait point de rues ici, point de filles des rues, point de traînées, point de salopes (Queffélec, Recteur, 1944, p. 60).
Gamin des rues. Synon. de poulbot, gavroche, titi.Sa figure de gamin des rues, balafrée par le voyage et fripée par le chagrin (Martin du G., Thib., Cah. gris, 1922, p. 667).
B. − P. anal.
1. CARR. Rue de carrière. ,,Galerie de carrière souterraine, parallèle à la direction de la galerie principale qui, partant de la bouche de la carrière, pénètre dans la masse`` (Noël 1968).
2. MÉTÉOR. Rue de nuages. ,,Nuages disposés en files sensiblement parallèles à la direction du vent et paraissant converger, par suite de l'effet de la perspective, vers un point ou vers deux points opposés de l'horizon. Les nuages qui constituent le plus souvent les « rues de nuages » sont les cumulus`` (Villen. 1974).
3. NAV. Rue de chauffe. Au temps de la vapeur, passage devant les foyers de chaudières lorsque celles-ci étaient alimentées à bras d'hommes. Ils se munissaient de cirés, comme les matelots, afin de se protéger de la violence des embruns qui tombaient dans les rues de chauffe (Journal Le Marin, 28 nov. 1975ds Gruss 1978).
4. THÉÂTRE. Dans un plateau classique « à l'italienne » bande parallèle à l'ouverture de scène, large de 1,14 m environ et composée de panneaux mobiles. Il y a deux espèces de tiroirs, le tiroir de la rue et celui du trappillon [au plancher de la scène] (Moynet, Machinerie théâtr., 1893, p. 22).Les rues alternent avec les « fausses rues » (Giteau1970).
5. TYPOGR. Défaut dans la disposition des lignes dont les blancs produits par les espaces se trouvent alignés verticalement (d'apr. Maire, Manuel biblioth., 1896, p. 355).
REM.
Ruette, subst. fém.,vieilli. Petite rue, ruelle. Une bonne vieille chineuse, que son industrie ambulante ramenait de temps en temps dans la ruette longeant l'enclos (Hugo, Travaill. mer, 1866, p. 126).
Prononc. et Orth.: [ʀy]. Homon. ru, rue2et formes du verbe ruer. Att. ds Ac. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 « voie bordée de maisons dans une agglomération » (Alexis, éd. Chr. Storey, 212); 2. 1675 « ensemble des habitants des maisons qui bordent cette voie » (Mmede Sévigné, Lettre du 30 oct. ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 146); 3. a) 1701 rue de carrière (Fur.); b) 1772 théâtre (Encyclop., Planches t. 10, IV, p. 1a). Du b. lat. ruga « chemin bordé de maisons » (Blaise Lat. chrét.) issu, p. métaph. du lat. class. ruga « ride ». Voir FEW t. 10, pp. 545b-546a. Fréq. abs. littér.: 24 591. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 23 117, b) 54 585; xxes.: a) 37 170, b) 33 251. Bbg. Archit. 1972, p. 133. − Baldinger (K.). Die Bezeichnungen für Weg im Galloromanischen. In: [Mél. Rohlfs (G.)]. Tübingen, 1968, pp. 100-101. − Quem. DDL t. 31 (s.v. rue chaude).

RUE2, subst. fém.

BOT. Plante herbacée de la famille des Rutacées, à petites fleurs jaunes, qui croît dans la région méditerranéenne en exhalant une forte odeur fétide et dont les feuilles, autrefois utilisées pour leurs vertus antiseptiques et stimulantes, fournissent aujourd'hui la rutine. L'ange lui nettoya le nerf optique avec (...) la rue, car il [Adam] avait beaucoup à voir, et versa dans ses yeux trois gouttes de l'eau du Puits de vie (Chateaubr., Paradis perdu, 1836, p. 405).
Prononc. et Orth. V. rue1. Homon. ru, rue1et formes du verbe ruer. Étymol. et Hist. Fin du xies. rude bot. (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, 917); ca 1200 rue (Jean Renart, Escoufle, éd. Fr. Sweetser, 6686). Du lat. ruta « id. ». Bbg. Arveiller (R.). Méd. et matière méd. (50 nouv. dat.). R. Ling. rom. 1970, t. 34, p. 183. − Joret (Ch.). Gloss. des noms de plantes. Romania. 1889, t. 18, p. 581.

Wiktionnaire

Nom commun 2 - français

rue \ʁy\ féminin

  1. (Botanique) Plante dicotylédone herbacée ou ligneuse vivace de la famille des Rutacées, à fleurs jaunes.
    • La rue fétide porte bien son nom !
    • Le sol n'était qu'une immense dalle de calcaire bleuté, sillonnée de fentes toutes brodées de thym, de rue et d'aspic… — (Marcel Pagnol, La gloire de mon père, 1957, collection Le Livre de Poche, page 311.)

Nom commun 1 - français

rue \ʁy\ féminin

  1. (Urbanisme) Voie de circulation d'une ville, d'un bourg, d'un village, etc., généralement bordée de maisons ou de propriétés closes.
    • Une pluie glacée tombait dans les rues miroitantes. Je marchais le long des boutiques, m’appuyant au rebord des devantures pour ne point m’écrouler sur le trottoir. — (Octave Mirbeau, La tête coupée)
    • Aux terrasses des brasseries, échelonnées du faubourg Montmartre, à la rue Drouot, de larges gouttes s'écrasaient sur le sol. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
    • Il y a dans certaines villes jusqu’ici préservées, il y a de ces rues extraordinaires, remarquables tantôt par leur fourmillement et tantôt par leur silence, car la variétés des villes est infinie. — (Pierre Louÿs, La Ville plus belle que le monument, dans Archipel, 1932)
    • Rue de la Paix, des midinettes sortaient en bandes et traversaient la place Vendôme et la rue de Rivoli en se donnant le bras. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.51)
    • Émile vit dans une ville, petite, quiète, une ville aux rues propres, aux trottoirs nets et les façades des maisons rénovées, excepté quelques-unes dans les ruelles au nord. — (Marcelle Gay, Profil perdu, L'Âge d'Homme, 1984, page 38)
  2. (Par métonymie) L’ensemble des habitants, des commerces et des piétons d’une rue.
    • À la suractivité ordinaire des rues de New York s’ajouta une fièvre belliqueuse. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 213 de l’édition de 1921)
  3. (Industrie minière) Tranchée vide après son exploitation dans une carrière ou une mine.
  4. Espace ou passage long et étroit.
    • Dans la salle des machines des cargos on trouve des rues de chauffe.
    • L’espace entre deux coulisses parallèles, au théâtre, s’appelle aussi une rue.
  5. (Imprimerie) Espace vide vertical produit par l’alignement fortuit de blancs dans une page imprimée.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RUE. n. f.
T. de Botanique. Plante ligneuse, et d'une odeur très forte, dont les feuilles ont un goût âcre et amer, et à laquelle on attribue diverses propriétés médicales.

Littré (1872-1877)

RUE (rue) s. f.
  • 1Chemin bordé de maisons ou de murailles dans une ville, dans un bourg, etc. Rue Saint-Honoré. Rue Notre-Dame-des-Victoires. Envoyer des soldats à chaque coin des rues, Corneille, Héracl. III, 4. Pour traverser la rue au milieu de l'orage, Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, Boileau, Sat. VI. Pour dormir dans la rue on n'offense personne, Racine, Plaid. I, 1. Il est bon de commencer de la rue à se faire écouter par le bruit du carrosse et du marteau qui frappe rudement la porte ; cet avant-propos prévient pour le reste du discours, Montesquieu, Lett. pers. 82. La ville [Rome] n'avait pas même de rues, si l'on n'appelle de ce nom la continuation des chemins qui y aboutissaient, Montesquieu, Rom. I. Si le mur du jardin qui donne sur la rue…, Chénier M. J. Fénel. II, 4. Venise n'a point de rues ; toutes les maisons sont entourées d'eau, Forfait, Instit. Mém. scienc. t. V, p. 218. La colonne s'arrête ; ses derniers chevaux couvrent encore la campagne ; son centre est engagé dans une des plus longues rues de la ville [Moscou] ; sa tête touche au Kremlin, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 4. Ceux qui avaient parcouru la ville [Moscou], assourdis par la tempête, aveuglés par les cendres, ne pouvaient plus se reconnaître, puisque les rues disparaissaient dans la fumée et sous les décombres, Ségur, ib. 7.

    Avoir pignon sur rue, voy. PIGNON.

    Ce cheval a pris un clou de rue, voy. CLOU, n° 2.

    Être fou à courir les rues, être extrêmement fou. Il [Cl. Tardy] est à la veille de courir les rues, de folie et de présomption, ou d'être enfermé dans les Petites Maisons, Patin, Lett. t. II, p. 175.

    Cette histoire, cette nouvelle court les rues, elle est connue de tout le monde. Je serais inexcusable si j'entreprenais de décrire l'action du monde la plus héroïque sur des mémoires qui courent les rues, Retz, IV, 171.

    L'esprit court les rues, il est commun ; tout le monde en a.

    Être vieux comme les rues, être fort vieux.

    Cela est vieux comme les rues, se dit d'une chose qui n'est plus à la mode.

    Le bout de la rue fait le coin, se dit pour se moquer du galimatias de quelqu'un.

    Fig. Les rues en sont pavées, se dit de choses extrêmement communes.

    Être bon à jeter dans la rue, n'être plus bon à rien. Je ne suis pas à jeter dans la rue, La Fontaine, Gag.

  • 2La grande rue, ou la grand' rue, rue principale d'une ville de province.
  • 3Les habitants d'une rue. [à Rennes] On a chassé et banni toute une grande rue et défendu de les recueillir, sur peine de la vie, Sévigné, 229.
  • 4Espace qui reste vide dans une carrière, après qu'on a exploité les différents bancs de pierre dont elle se compose ; se dit aussi des chemins, issues, etc. qu'on pratique pour l'exploitation.

HISTORIQUE

XIe s. Toutes les rues ù li bourgeis estunt, Ch. de Rol. CXC.

XIIe s. Qui donc veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues, à sa main un baston…, Sax. VIII. Es rues de Seissuns se sunt entreveü, Th. le mart. LII.

XIIIe s. En ceste cité a CLX grans rues, et en chascune rue X mille maisons, Marc Pol, p. 507.

XIVe s. Et de pluseurs maisons est faite une rue, et de pluseurs rues une cité…, Oresme, Eth. 253. Ens i a Bauduins le [la] grant cité cherquie [parcourue], De rue en rue va, Baud. de Seb. XI, 46. Le suppliant se latita grant pieça par Paris en rues foraines [détournées], Du Cange, foraneus.

XVe s. Et nous fu dit par les gens là presens que ledit Mons. d'Orleans et ses gens avoient esté ainsi tuez et murdriz emmy la dicte rue [Vieille-Rue-du-Temple] en alant leur chemin, et que ceulx qui ce avoient fait s'en estoient fouiz et laissié les corps tous mors dedens la boe emmy la rue, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 217. L'escuyer, qui l'attendoit au tourner d'une rue [chemin] sur les champs, Froissart, liv. I, p. 401, dans LACURNE.

XVIe s. Ne tirans une seule volée qu'elle ne fist des rues dans les escadrons et bataillons du camp ennemy, Sully, Mém. t. I, p. 325. N'est permis de faire fumier aux rues publiques par lesquelles le trompette crie chemin faisant les criées…, Nouv. coust. gén. t. IV, p. 710. Et bien, puisqu'estes d'advis que je me mette en rue [j'entre dans la dispute]…, Contes de Cholières, f° 102, dans LACURNE.

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Étymologie de « rue »

Provenç. espagn. et portug. rua ; anc. ital. ruga ; du bas-lat. ruga (rua, dans un texte du IXe s.), place, rue, que des étymologistes dans du Cange, approuvés par Diez, regardent comme tiré du lat. ruga, ride, au sens de sillon, de là rang, rue. Du Cange a aussi ruta, rutta, mais le g a l'antériorité ; cependant ruta fait songer au celtique rod, rut (voy. ROUTE à l'étymologie).

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(Nom 1) (XIe siècle) Du latin rūga (« ride ») puis « chemin » en latin tardif.
(Nom 2) (XIIIe siècle) Du latin rūta, de même sens.
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Phonétique du mot « rue »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rue ry

Fréquence d'apparition du mot « rue » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « rue »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « rue »

  • L'aventure est-elle au coin de la rue ?
    Jacques Dutronc — On nous cache tout, on nous dit rien
  • Un homme à la maison en vaut deux dans la rue.
    Mae West
  • L'éducation d'un peuple se juge avant tout d'après son comportement dans la rue. Là où tu rencontreras la grossièreté dans les rues, tu la rencontreras aussi dans les maisons.
    Edmondo Amicis
  • Il n'y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue.
    Coco Chanel
  • On jette à la rue les vieux balais.
    Proverbe turc
  • La barricade ferme la rue, mais ouvre la voie.
    Anonyme — Paroles de Mai 68
  • La rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société.
    Victor Hugo
  • Par la rue du Plus tard, on arrive à la place de Jamais.
    Proverbe espagnol
  • On peut sortir le garçon de la rue, mais on ne peut pas sortir la rue du garçon.
    Fatboy Slim
  • L’éducation d’un peuple se juge avant tout dans la rue.
    Edmondo de Amicis — Cuore
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Traductions du mot « rue »

Langue Traduction
Anglais street
Espagnol calle
Italien strada
Allemand straße
Chinois
Arabe شارع
Portugais rua
Russe улица
Japonais 通り
Basque kalean
Corse carrughju
Source : Google Translate API

Synonymes de « rue »

Source : synonymes de rue sur lebonsynonyme.fr

Combien de points fait le mot rue au Scrabble ?

Nombre de points du mot rue au scrabble : 3 points

Rue

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