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Renard

Définitions de « renard »

Trésor de la Langue Française informatisé

RENARD, subst. masc.

A. − ZOOLOGIE
1. Mammifère carnivore (de la famille des Canidés) qui se caractérise par une tête triangulaire, de larges oreilles pointues, dressées, des yeux obliques, un museau effilé, un corps allongé, des pattes assez courtes, une longue queue touffue, un pelage épais, roux chez l'espèce commune, et qui est réputé pour sa finesse, sa prudence. Renard roux; battue, chasse au renard. Le renard a des ruses qu'il faut déjouer (...). J'ai observé, la nuit, des renards qui chassaient le lapin. Ils avaient organisé une vraie battue (...) ce n'est pas facile de déloger un renard de son terrier (A. France,Lys rouge, 1894, p. 63).V. fauve ex. de Genevoix:
Ils s'accouplent en décembre, durant les longues nuits limpides (...). C'est à cette pâleur vive que les renards se cherchent et s'appellent. Couverts de leur plus riche fourrure, paraissant d'or clair quand ils sont roux, et quand ils sont gris d'argent pur, ils errent (...). Ils glapissent, ils aboient, ils miaulent... Pesquidoux,Chez nous, 1923, p. 142.
Roman de/du Renard/Renart. Recueil médiéval de fables satiriques où le renard personnifie la ruse. Le renard, qui s'appelait goupil (...) doit le nom qu'il porte aujourd'hui à la vogue extraordinaire dont jouit autrefois le roman du Renard (Sarcey,Mot et chose, 1862, p. 201).
2. [Avec déterm. spécificateur]
Renard arctique, polaire. Renard de l'Arctique, caractérisé par un pelage qui devient blanc en hiver. Le renard arctique est un animal vif, élégant et gracieux. (...) il déploie (...) autant de finesse que d'adresse pour se saisir de quelques poissons (Rouch,Régions polaires, 1927, p. 180).Cas du Renard polaire (...) : dans l'Arctique européen et américain où ce Carnivore subsiste essentiellement aux dépens des Lemmings, ce Renard présente un cycle parallèle à celui de ses proies (Zool., t. 4, 1974, p. 889 [Encyclop. de la Pléiade]).
Renard bleu. Variété de renard polaire, à pelage long, épais, moelleux, généralement blanc bleuâtre ou nuancé de beige en hiver, très recherché. V. glouton2ex. de Boule, isatis ex. de R. Thévenin.
Renard argenté. Renard d'Amérique du Nord, à long pelage soyeux, noir, mêlé de blanc, très recherché. Une faune américaine ignorée de l'Europe (...), renards rouges ou argentés (...) retrouvaient avec plaisir ce climat violent de leurs plaines (Morand,New-York, 1930, p. 242).
Renard blanc. Renard à pelage blanc. Les renards blancs ou bleus sont couverts en été d'une livrée grise qui leur donne l'aspect d'un animal galeux (D'Orléans,Chasses arct., 1911, p. 1).
Renard charbonnier. Renard à pelage parsemé de noir. Gris il l'est sur la tête et le corps, queue et pattes restant noires (...). Ce renard-là est dit « charbonnier » (Pesquidoux,Chez nous, 1923, p. 131).V. charbonnier ex. de H. Bazin.
Renard des sables. Synon. pop. de fennec.Ce ravissant renard des sables mesure de 35 à 38 cm de sa truffe d'un noir brillant à l'extrémité sombre de sa queue en panache, ocrée comme son corps (...) toute la personnalité (...) est dans la tête (...) en forme de triangle (...) surmontée d'oreilles démesurées (M.-L. Vidal de Fonseca, Les Animaux de bonne compagnie, 1976, p. 374).
Rem. Renard des sables désigne aussi le renard pâle et le renard du Tibet, qui sont des renards au sens strict (du genre Vulpes), tandis que le fennec est un canidé d'un autre genre. De même, le renard arctique/ polaire, le renard bleu et parfois le renard argenté appartiennent à un autre genre et représentent des empl. p. ext.
3. P. méton.
a) Fourrure du renard apprêtée pour confectionner ou orner des vêtements et des coiffures. Col, cravate de renard. Les enfants s'amusaient de sa lévite jaune fourrée de renard et du haut bonnet de même poil (Vogüé,Morts, 1899, p. 27).Mizzi portait un gros manteau de renards roux, presque jaunes, qui la faisait ressembler à un poussin, tout rond dans son duvet (Triolet,Prem. accroc, 1945, p. 129).
En partic. Dépouille complète du renard, portée en guise de parure autour du cou, sur les épaules. Porter un renard. Cette dame en gris, assaillie par deux renards qui semblaient vouloir lui dévorer les épaules, était la distinguée MmePépin (H. Bazin,Tête contre murs, 1949, p. 326).
b) Représentation de cet animal, à valeur décorative, symbolique. Fibules à tête de renard (Malraux,Cond. hum., 1933, p. 305).Les armoiries dont les figures ont un rapport direct avec le nom de famille comme (...) Renard, un renard (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 749).
B. − P. anal. (d'aspect)
1. Personne (homme généralement) qui évoque un renard par son aspect physique. Le vicaire, gros homme, frais, forte encolure, des yeux fins et obliques: lion et renard (Michelet,Journal, 1834, p. 137).Roux (...) et l'œil creux dans une face de renard, grippée, futée, chafouine (Pourrat,Gaspard, 1925, p. 229).
2.
a) Ce qui rappelle un renard par sa forme, etc. Le passage de l'eau serait difficile. Il resta longtemps à la regarder filer avec des bonds de renard (Giono,Batailles ds mont., 1937, p. 115).
(Couleur) de renard, queue de renard. D'un roux ardent. Les hautes graminées (...) passent du vert sombre au roux « queue de renard » (...). Elles prennent cette couleur fauve tout le long d'un petit panache (Pesquidoux,Chez nous, 1923, p. 73).
b) Spécialement
Arg., pop., vieilli. (Queue de) renard. Synon. de vomissement, vomissure.Quelque chose qu'il ne peut pas retenir lui échappe avec la violence d'une fusée; il s'est avancé vers la portière, dans l'espoir d'y lancer son renard (Kock,Compagn. Truffe, 1861, p. 113).De grands silences se faisaient, coupés par (...) des chutes sourdes d'ivrognes (...) le vin coulait si fort depuis six heures, qu'il allait se promener sur les trottoirs. Oh! de belles fusées, des queues de renard élargies au beau milieu du pavé (Zola,Assommoir, 1877, p. 772).
Loc. Aller au renard, écorcher le renard, piquer un renard. Vomir. On en avale un verre, deux verres, dix verres sans piquer de renard; mais quand on en a jusqu'au goulot, finalement, faut dégueuler (La Petite lune, 1878-79, n o13, p. 2).Ça chlinguait drôlement (...). Ça (...) donnait envie d'aller au renard (Le Breton,Rififi, 1953, p. 146).
BOT. Queue-de-renard. V. queue.
JEUX. Jeu du renard. Jeu pratiqué sur un damier et où la pièce appelée renard attaque d'autres pièces appelées poules. Ayant mis la main sur un échiquier, je lui appris le jeu des poules et des renards, qui le passionna (Gide,Isabelle, 1911, p. 624).
TECHNOL. ,,Dans la paroi d'un canal ou d'un bassin, fente ou trou par où l'eau se perd et qu'il est difficile de découvrir`` (Plais.-Caill. 1958). Les pertes imputables aux renards qui se produisent dans les talus ou dans le plafond du canal (Bourde,Trav. publ., 1929, p. 359).
ZOOLOGIE
Renard (marin). ,,Poisson du genre des squales (...). Il a le lobe supérieur de la nageoire de la queue de la longueur du corps; la peau (...) bleuâtre sur le dos et blanche sous le ventre; la tête courte; le museau pointu`` (Baudr. Pêches 1827). Des renards marins, longs de huit pieds et doués d'une extrême finesse d'odorat, apparaissaient comme de grandes ombres bleuâtres (Verne,Vingt mille lieues, t. 2, 1870, p. 76).
Renard volant. Grande chauve-souris. Fougères arborescentes, entre lesquelles passaient d'énormes chauves-souris, justement nommées des renards volants (Verne,Enf. cap. Grant, t. 2, 1868, p. 205).
C. − P. anal. (d'attitude)
1.
a) Parfois péj. Homme rusé, parfois perfide, fourbe. Fin, vieux renard. Ce n'était qu'un filou parmi des brigands, un renard dans une bande de loups (Gautier,Fracasse, 1863, p. 75).Tu es fin, sagace, un vrai renard (Bernanos,Joie, 1929, p. 651).V. lion ex. de Lemaitre, loup ex. de Rolland.
b) Arg., pop., vx
[Chez les Compagnons] ,,Aspirant compagnon`` (Larch. 1861, p. 233). [Le compagnon charpentier:] renard, va m'acheter du tabac. L'aspirant savait que tout « renard » doit obéir à un « compagnon » (D'Esparbès,Lég. outil, 1903, p. 4).
Renard de liberté. ,,Postulant compagnon refusé après les épreuves d'initiation`` (France 1907). − Je suis renard de liberté (...) Vous n'êtes point maçon? J'ai voulu en tâter. Compagnon du Devoir! Ah! c'est de belles duperies tout ça! (...), on ne veut pas que les gens pensent: « Il a reculé devant les épreuves » (H. Le Roux,ibid.).Charpentier non affilié au « Devoir » (d'apr. Esn. 1965). Tu n'appartiens à aucune société constituée. Tu n'as pas de Devoir, ou bien tu es un révolté, un indépendant, un Renard de liberté (Sand,Compagn. Tour de Fr., Paris, M. Lévy, 1869 [1840], p. 68).
[Chez les bagnards] Mouchard. De fortes haines ont dû souvent s'élever dans les chiourmes contre ceux des condamnés qui trahissent la cause commune et se font renards ou moutons (Alhoy,Bagnes Rochefort, 1830, p. 182).
Ouvrier qui refuse de faire grève. Synon. jaune. (Dict. xxes.).
2. [P. allus. littér.]
a) [P. allus. à l'A.T., Juges 15, 4-5; pour exprimer un danger, une cause de destruction] La littérature immonde a servi à pourrir l'Allemagne. C'est le renard à la queue enflammée qu'on lance dans les vignes des philistins (Barrès,Cahiers, t. 9, 1911, p. 260).
b) [P. allus. à Plutarque, Vie des hommes illustres, trad. par Amyot, Paris, Club fr. du livre, t. 1, 1967, p. 100, § 37; pour exprimer l'emprise d'une idée ou d'une souffrance courageusement supportée] Montaigne se peut étudier (...) au sein de Pascal. Il fut pour lui à certaines heures le renard de l'enfant lacédémonien, le renard caché sous la robe; Pascal en était souvent repris, et mordu, et dévoré (Sainte-Beuve,Port-Royal, t. 2, 1842, p. 395).
c) [P. allus. aux Fables de La Fontaine]
[Fables I, 2: Le Corbeau et le renard; pour exprimer l'art de tromper par la flatterie] La ville au séjour enchanteur, − comme disent les impudens flagorneurs, les renards mangeant le fromage d'une bourgeoisie ignorante, orgueilleuse (Borel,Champavert, 1833, p. 222).V. corbeau ex. 2.
[Fables I, 18: Le Renard et la cigogne; pour exprimer la situation désavantageuse où se retrouve celui qui a voulu abuser autrui ou traduire une forme de désaccord, d'inadéquation] Il jouait un rôle fort gauche, le rôle des coups et des risées. Le capitaine en était tout penaud. Il éprouvait cette espèce de honte que notre La Fontaine a définie si admirablement: Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris (Hugo,N.-D. Paris, 1832, p. 388).V. amphore ex. 3.
[Fables III, 11: Le Renard et les raisins; pour exprimer un mépris feint à l'égard d'une chose qui reste hors d'atteinte] Lui, n'arrive pas à décrocher de son échec. Quand les raisins sont inaccessibles, il ne doit pas dire: « Ils sont trop verts », ce qui, estime Janet, est une vraie ruse de renard contre la psychose menaçante (Mounier,Traité caract., 1946, p. 452).V. beauté ex. 27.
3. Loc. fig.
Se confesser au renard. V. confesser II A 1 b. (Dict. xixeet xxes.).
Coudre la peau du renard à celle du lion. V. coudre1A 1 a loc.
Faire la guerre en renard. Faire la guerre en déployant des ruses. (Dict. xixeet xxes.).
Prendre martre pour renard. V. martre proverbe.
Pop. Tirer au renard. [Le suj. désigne un animal, notamment un cheval] Tirer sur la bride, essayer de se dégager. Le cheval, un instant, tire au renard (...) s'écarte (Vialar,Éperon arg., 1952, p. 53).[Le suj. désigne une pers.] Essayer d'esquiver une tâche, des obligations. (Dict. fin xixeet xxes.).
Vendre la poule au renard. ,,Trahir les intérêts qui nous sont confiés`` (Littré). Nos métayers sont des fripons qui vendent la poule au renard; leurs valets me semblent comme à vous les plus méchants drôles (Courier,Pamphlets pol., Lettres partic. 1, 1820, p. 55).
Un bon renard ne mange pas les poules de son/du voisin. V. poule1I A 4.
D. − Loc. adv., rare. À la renarde. D'une manière qui évoque l'aspect physique ou le comportement du renard (ou de la renarde). Le nez révélait des gourmandises et des sensualités faciles. Le profil s'aiguisait à la renarde (La Varende,Roi d'Écosse, 1941, p. 26).
Prononc. et Orth.: [ʀ əna:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Déb. du xiiies. savoir de renart « être maître dans l'art de tromper » (Roman des sept sages, éd. J. Misrahi, 2250); b) ca 1223 adj. « rusé, fourbe » (Gautier de Coinci, éd. V. F. Koenig, II Mir. 23, 263); ca 1259 subst. (Rutebeuf, Du Pharisien, 80 ds Œuvres compl., éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 253); 2. a) 1247 zool. (doc. ds Du Cange, s.v. tesura2); 1589 jeu du renard (ap. Bonnaffé, Inventaire des meubles de Catherine de Médicis, p. 89 ds IGLF); b) 1797 « peau, fourrure de renard apprêtée » (Voy. La Pérouse, t. 3, p. 148); 3. fin du xves. écorcher le renard « vomir » (Molinet, Faits et dits, éd. N. Dupire, p. 738, 71: Renars escorchier); 4. a) 1578 « sorte de poisson » (Du Bartas, 1èreSem., 5eJ., p. 224 ds Hug.); b) 1611 regnard de mer ichtyol. (Cotgr.); 5. sens techn. a) 1676 « pierre attachée au bout d'une ficelle, servant aux maçons à déterminer la verticale » (Félibien, p. 720); b) 1678 « espèce de rose des vents » (Guillet, IIIepart.); c) 1690 « fente, trou par où se perd l'eau (d'un canal, d'un bassin) » (Fur.); d) 1904 « sonnerie de trompe indiquant que les chiens de meute viennent de lancer un renard » (Nouv. Lar. ill.); 6. a) 1829 « mouchard, espion » (d'apr. Esn.); b) 1839 « aspirant compagnon » (ibid.); c) 1909 « ouvrier non affilié à un syndicat, ou qui refuse de faire grève » (ibid.). Empl., comme n. commun, de Renart, nom du héros du Roman de Renart, qui remonte au frq. *Reginhart. La forme latinisée Reinardus se trouve dans l'Ysengrimus de Nivardus (1151-52), précurseur du Roman de Renart (Bossuat, Le Roman de Renard, p. 68). A remplacé l'a. fr. volpil, goupil*, qui s'est maintenu jusqu'au xviies. Fréq. abs. littér.: 830. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 031, b) 1 095; xxes.: a) 1 222, b) 1 327.
DÉR. 1.
Renardé, -ée, adj.Qui évoque le renard. Lion renardé. Des têtes d'avoués, − fines, retorses, renardées, − ou des têtes d'imbéciles (Goncourt,Journal, 1862, p. 1205). [ʀ ənaʀde]. 1resattest. a) 1694 « (ambre gris) qui a une couleur noirâtre » (Corn.), 1870 « (ambre jaune) qui a une couleur noirâtre » (Littré), b) 1752 « (parfum) éventé » (Trév.), c) 1862 « qui dénote de la ruse » (Goncourt, loc. cit.); de renard, suff. *.
2.
Renardier, -ière, adj. et subst. masc.a) Adj. ,,Qui appartient au renard`` (Littré). En évaluant à cinq cents individus le nombre de la population renardière des autres départements, nous resterons certainement au-dessous de la vérité (Journ. offic.,27 oct. 1876,p. 7708, 1recol., ibid.).P. anal. Qui évoque le renard. C'était une émulation de saleté [entre Mlledu Tesson et Pénélope] (...), un tournoi d'exhalaisons renardières, de remugles, de relents (Bloy,Hist. désobl., 1894, p. 76).b) Subst. masc. Celui qui a charge de détruire les renards. (Dict. xixeet xxes.). [ʀ ənaʀdje], fém. [-jε:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1718. 1resattest. a) fin du xves. supra sens b (Compt. de la vénerie de Ch. VIII, p. 10, Lyon, Perrin ds Gdf.), b) 1562 raisin renardier « raisin dont la grappe a la forme d'une queue de renard » (Du Pinet, trad. de l'Histoire naturelle de Pline d'apr. FEW t. 16, p. 688b), 1611 « qui appartient, est relatif au renard » (Cotgr.); de renard, suff. -ier*.
BBG.Counson (A.). Noms épiques entrés dans le vocab. commun. In: [Mél. Chabaneau (C.)]. Rom. Forsch. 1907, t. 23, p. 411. − Gamillscheg (E.). Z. fr. Spr. Lit. 1930-31, t. 54, p. 211. − Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, pp. 38-42, 200, 221, 302-310. − Quem. DDL t. 19, 21. − Tallez (P.). À propos du mot renard. R. de Gascogne. 1911, t. 11, pp. 179-181; 1912, t. 12, p. 139. − Thomasson (de). Naissance et vicissitude de 300 mots et loc.: essai de sémantique... Paris, 1935, p. 23.

Wiktionnaire

Adjectif - français

renard \ʁə.naʁ\ masculin

  1. Relatif aux Renards, une tribu amérindienne.
    • Après des années de résistance et de combats, leur chef Kiala et son épouse furent déportés en Martinique. Respecté des siens, craint des Français, le chef renard y avait été précédé d’une redoutable réputation. — (Raymonde Litalien, Jean-François Palomino, Denis Vaugeois, La mesure d’un continent : Atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814, Presses Paris Sorbonne, 2007, page 154)

Nom commun - français

renard \ʁə.naʁ\ masculin (pour la femelle, on dit : renarde)

  1. Mammifère carnivore, au museau pointu et aux oreilles droites, d’un parmi plusieurs genres de la famille des canidés (Vulpes, Atelocynus, Cerdocyon, Dusicyon, Otocyon, Lycalopex, Urocyon).
    • Car la région que nous traversons est assez giboyeuse, et les grands nemrods de la m’halla, […], qui ont emmené des meutes de lévriers et des faucons chasseurs, font des hécatombes de lièvres, de perdrix, de poules de Carthage, de renards et de chacals. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 123)
    • Ce qui détermina la chute de gros Zidore et de gros Léon ce fut tout simplement une petite jalousie de chasseurs provoquée par un malheureux renard, un vulgaire goupil, un vieux charbonnier à museau chafouin, à queue pelée. — (Louis Pergaud, La Chute, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  2. (Par ellipse) Fourrure de renard.
    • Seulement des bronzes ou des fibules de renards, et d’un prix modéré. — (André Malraux, La condition humaine, 1946, réédition Folio Plus Classiques, 2019, page 168)
    • Elle porte un très beau renard argenté.
  3. Personnage cauteleux, fin et rusé.
    • Laisser près du Roi ce renard de jésuite, sans lui avoir donné mes instructions secrètes, sans avoir un otage, un gage de sa fidélité à mes ordres ! quel oubli ! — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863)
    • Ce sont les vieux renards de la politique, car Mr. Roosevelt est trop bon politicien pour ne pas s’être assuré leur concours et leur amitié. — (André Maurois, Chantiers américains, 1933)
  4. (Marine) Ancien outil de navigation, plateau circulaire de bois ou de cuivre, permettant au timonier de noter les conditions de vent aux demi-heures à l’aide de chevilles.
    • Aujourd’hui, le renard est un plateau analogue, en cuivre, décoré du nom et de l’insigne du bâtiment, et portant les noms des officiers du bord. Il est utilisé par le factionnaire à la coupée pour pointer avec une cheville coulissante leur présence à bord ou leur sortie à terre.
  5. (Figuré) Fentes ou trous par lesquels les eaux d’un bassin ou d’un réservoir se perdent et qu’il est difficile de découvrir.
    • On peut quelquefois procéder à la captation des « renards » isolés ; mais l’opération, facile en chômage, si l’on en trouve le point de départ dans la cuvette, est difficile en temps de navigation.
      En chômage, on refouille le talus, en suivant le « renard », sur une profondeur d’au moins 1 mètre et on refait la partie ainsi déblayée avec de la terre à corroi bien pilonnée et bien reliée aux parois de la fouille.
      — (Octave Jacquinot et ‎François Galliot, Canaux: Cours professé à l’École nationale des ponts et chaussées, J.-B. Baillière et fils, 1922, page 576)
  6. Renard de l’hôtel de Sully, à Paris.
    (Architecture) Bâtiment feint.
    • Les ouvriers donnent le nom de renard à ces sortes de décorations, parce qu’elles trompent. — (Augustin-Charles d’Aviler, Dictionnaire d’architecture civile et hydraulique, 1755, article « Bâtiment feint », page 58)
  7. (Argot) Par ellipse de queue de renard, vomissement, vomi, vomissure. Surtout après une cuite avinée, la gerbe vomie a une couleur orangée rappelant celle de l’animal.
    • De grands silences se faisaient, coupés par (…) des chutes sourdes d’ivrognes (…) le vin coulait si fort depuis six heures, qu’il allait se promener sur les trottoirs. Oh ! de belles fusées, des queues de renard élargies au beau milieu du pavé. — (Émile Zola, L’Assommoir, 1877, page 772)
    • Aller au renard, écorcher le renard, piquer un renard, vomir.
    • On en avale un verre, deux verres, dix verres sans piquer de renard ; mais quand on en a jusqu’au goulot, finalement, faut dégueuler. — (La Petite lune, 1878-79, no 13, page 2)
    • Ça chlinguait drôlement (…). Ça (…) donnait envie d’aller au renard. — (Auguste Le Breton, Rififi, 1953, page 146)
    • Quelque chose qu’il ne peut pas retenir lui échappe avec la violence d’une fusée ; il s’est avancé vers la portière, dans l’espoir d’y lancer son renard. — (Kock, Compagn. Truffe, 1861, page 113)
  8. (Métallurgie) Loupe détachée de la gueuse par le feu de la chaufferie. La métaphore est identique au sens précédent, le métal en fusion ayant une couleur orangée.
    • Il se forme, dans le bain de fonte, des grumeaux de fer métallique que l’ouvrier cherche à rapprocher en une seule masse ; cette masse poreuse porte le nom de loupe, renard ou masse.
    • Travailler le fer en chaufferie ou piquerie est une autre méthode, c’est faire chauffer la massue provenant du renard à côté de la gueuse pour faire l’encrené, ensuite faire chauffer les extrémités de l’encrené toujours à côté de la gueuse. — (Jean-François Belhost et ‎Yves Sancey, La métallurgie comtoise, 1994)
  9. (Argot) Flatulence.
    • Lâcher un renard.
  10. (Ichtyologie) Synonyme de requin-renard.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  11. Armoiries avec un renard (sens héraldique)
    (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté passant et, contrairement au loup, a la queue abaissée. À rapprocher de chien, goupil, levrette, lévrier et loup.
    • D’or à la fasce de gueules chargée d’un renard passant d’argent, accompagnée en chef d’une croisette de gueules, qui est de Bouzonville → voir illustration « armoiries avec un renard »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RENARD. n. m.
Quadrupède carnassier, du genre Chien, à longue queue touffue. Les renards dévastent les basses-cours. Le renard est connu pour être fort rusé. Le renard exhale une odeur fétide. Vieux renard. Renard noir. Renard argenté. La chasse aux renards. Prendre des renards. Enfumer des renards. Peau de renard. Queue de renard. Chiens pour le renard. Le renard se terre. Les ennemis se terraient comme des renards. Fig. et fam., Cet homme est un renard, un fin renard, un vrai renard, un vieux renard, Il est cauteleux, fin, rusé. Fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Ajouter la ruse, la finesse à la force. Prov. et fig., Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin, Tout homme rusé et habile, qui fait une action blâmable, la fait plutôt dans un endroit éloigné que dans celui où il est connu.

RENARD se dit, par ellipse, pour Fourrure de renard. Elle porte un très beau renard argenté.

RENARD, en parlant de Canaux, se dit figurément des Fentes, des trous par lesquels les eaux d'un bassin ou d'un réservoir se perdent et qu'il est difficile de découvrir. Boucher un renard. Queues-de-renard ou, elliptiquement, Renard, Touffes de racines qui se forment quelquefois dans les tuyaux des fontaines et qui les bouchent.

Littré (1872-1877)

RENARD (re-nar ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas : des re-nar écorchés ; cependant quelques-uns la lient : des re-nar-z écorchés) s. m.
  • 1Quadrupède carnassier à longue queue, du genre chien. Il [Samson] alla prendre trois cents renards qu'il lia l'un à l'autre par la queue, et y attacha des flambeaux, Sacy, Bible, Juges, XV, 4. Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, La Fontaine, Fabl. I, 18. Certain renard gascon, d'autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille Des raisins mûrs apparemment Et couverts d'une peau vermeille, La Fontaine, ib. III, 11. Mais d'où vient qu'au renard Ésope accorde un point, C'est d'exceller en tours pleins de matoiserie ? La Fontaine, ib. XI, 6. Le renard est fameux par ses ruses, et mérite en partie sa réputation, Buffon, Quadrup. t. II, p. 205. Le loup nuit plus au paysan, le renard nuit plus au gentilhomme, Buffon, ib. t. II, p. 208. Le renard, moins habile mineur que le blaireau, profite souvent du terrier de celui-ci, ou des souterrains pratiqués par d'autres animaux, Bonnet, Contempl. nat. XII, 30. Les renards sont des animaux carnivores qui, au défaut de poules et de lapins, mangent avec avidité les rats, les souris, les mulots, Genlis, Maison rust. t. I, p. 328, dans POUGENS. L'expérience a prouvé que, dans les cantons où il n'y a plus de renards, les mulots s'étaient multipliés au point qu'ils abîmaient les prairies et les récoltes, Genlis, ib.

    Ils sont enfumés comme des renards, se dit de ceux qui demeurent dans une maison qui fume.

    Faire la guerre en renard, agir en renard, faire la guerre avec ruse, agir finement.

    Il se donne la discipline avec une queue de renard, se dit d'un faux dévot sensuel.

    Le renard a pissé sur ces raisins, se dit de raisins blancs devenus roux par l'action du soleil et par la maturité.

    Une toux de renard qui conduit au terrier, vieille toux qui dure jusqu'à la mort.

    Fig. Vendre la poule au renard, trahir les intérêts qui nous sont confiés. Nos métayers sont des fripons qui vendent la poule au renard, Courier, 1re lett. particulière.

    Prendre martre pour renard, prendre une chose pour une autre, étant trompé par la ressemblance.

    Rendre martre pour renard, duper qui nous a dupés. Je voudrais… Qu'elle pût un moment vous piper en votre art, Rendre conte pour conte et martre pour renard, Corneille, Menteur, III, 4.

    Se confesser au renard, découvrir son secret à celui qui en tire avantage, ou qui a intérêt d'empêcher l'affaire (locution tirée du roman de Renart, où le goupil se fait confesseur pour attraper ses ouailles).

    Au renard, cri qu'on adresse à un homme qui a été trompé, croyant avoir trouvé quelque chose de bon. Ils se sont mis, sans me rien dire, à s'entre regarder et rire ; Puis sur moi criant au renard… J'ai vu l'heure qu'après l'injure, Votre fils qu'on nomme Mercure Allait être au moins souffleté, Scarron, le Typhon, II. Il y avait un éveillé de cordonnier… qui, quand il voyait passer un arracheur de dents, faisait semblant d'avoir une dent gâtée, puis le mordait bien serré, et criait après au renard ; un arracheur de dents, qui savait cela, cacha un petit pélican dans sa main, et lui arracha la première dent qu'il put attraper, puis il se mit à crier au renard, Les Historiettes de TALLEMANT DES RÉAUX, t. X, p. 135.

    Au renard ! cri en usage parmi les ouvriers qui enfoncent les pilotis avec un mouton : c'est un signal pour s'arrêter.

  • 2 Fig. Un homme rusé. C'est un renard, un fin renard, un vrai renard. Je crois voir Annibal, qui, pressé des Romains, Met leurs chefs en défaut ou leur donne le change, Et sait en vieux renard s'échapper de leurs mains, La Fontaine, Fabl. XII, 23. Ce vieux renard m'écouta fort attentivement, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 3. Tant que vous me donnerez des hommes qui ne sont pas hommes ; des renards en finesse, des tigres en cruauté, Fénelon, Dial. des morts anc. 17. Un gouvernement n'est point faible quand il mène les affaires au but par souplesse, sans cruauté ; il vaut mieux être renard que lion ou tigre, Fénelon, Dial. des morts mod. Dial. 19. Je meurs dévoré par les dogues de Jansénius, après avoir été mordu par les renards de Loyola, Voltaire, Lett. d'Argental, 3 nov. 1776.
  • 3Une peau de renard. Une peau de loutre vaut à Saint-Pierre et Saint-Paul trente roubles ; une de zibeline, trois ou quatre ; le prix des renards ne peut être fixé, La Pérouse, Voy. t. III, p. 148, dans POUGENS.
  • 4Jeu du renard, jeu où une pièce principale dite renard en attaque douze autres dites poules.
  • 5Renard marin, gros mammifère de l'ordre des cétacés.

    Renard volant, galéopithèque roux.

    Espèce de cône, coquille.

  • 6Le Renard, étoile de la constellation de l'Oie.
  • 7Fente, trou, en parlant de canaux, de bassins, par où l'eau se perd et qu'il est difficile de découvrir. Boucher un renard.

    Queue-de-renard, nom donné à une touffe de racine qui se développe dans un tuyau de fontaine ou de drainage, et qui l'obstrue ; le chevelu en ressemble à une queue de renard.

    Queue-de-renard, nom vulgaire de deux plantes, le mélampyre des champs et l'amarante à queue, ou cornette, amarantus caudatus, L.

  • 8Queue-de-renard, outil à deux biseaux par le bout, dont on se sert pour percer.
  • 9 Terme de métallurgie. Renard, nom donné à la loupe détachée de la gueuse par le feu de la chaufferie, Buffon, Hist. min. introd. Œuv. t. VIII, p. 38. Il se forme, dans le bain de fonte, des grumeaux de fer métallique que l'ouvrier cherche à rapprocher en une seule masse ; cette masse poreuse porte le nom de loupe, renard ou masse, Brongniart, Traité de min. t. II, p. 384, dans POUGENS.
  • 10 Terme de marine. Longue tenaille de fer employée à l'atelier de mâture.

    Crochet pour traîner des pièces de bois dans les arsenaux.

  • 11Châssis assemblé en retour d'équerre, dans le sommier du bas de la scie du scieur de long.

    Les maçons appellent renard une pierre attachée au bout d'une ficelle, qui leur sert à élever les murs droits.

  • 12 Populairement. Vomissement qui a lieu après une débauche, une orgie.

    Écorcher le renard, se dit d'un ivrogne qui vomit.

PROVERBES

Le renard cache sa queue, les gens adroits cachent leurs finesses.

Un renard n'est pas pris deux fois à un piége.

Le renard prêche aux poules, se dit de quelque adroit compère qui cherche à attraper un lourdaud.

Le renard est pris, lâchez vos poules, il n'y a plus de danger à sortir.

Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin, un homme rusé qui fait une action blâmable, la fait dans un quartier éloigné de chez lui.

Il fait comme le renard des mûres, des raisins, il déprécie ce qu'il ne peut avoir.

Autant en dit le renard des mûres, elles sont trop vertes, même sens.

Il faut coudre la peau du renard à celle du lion, voy. LION, n° 1.

HISTORIQUE

XIIe s. Tousjours [il] ama le roi sans branche de renart (voy. à l'étymologie), Sax XI.

XIIIe s. Feme set moult de renart, Deux cordes a en son arc, Mss. de poés. franç. avant 1300. t. II, p. 723. Esploité en avon com felon et renart, Berte, XXII. Qu'el cuide qu'il soit uns lobieres [trompeur], Un regnarz, un enfantosmieres, la Rose, 7796. Je devant diz Robers reconnois que li prevos de Rumigni puist prendre en ce bois lievre ou connin, lou, renart et taison, Du Cange, tesura.

XIVe s. Comme il advient au regnart que son poil chiet une fois l'an, aussi est appelé le choir des cheveux allopice, Lanfranc, f° 38, verso.

XVIe s. Ce sont renards, qui sous simples habits Vont devorant les plus tendres brebis, Marot, I, 314. Lors, pour se oster la haine de cette affaire, le renard envoya Pompée Collonne avec mine de mener secours, D'Aubigné, Hist. I, 242. Le marché estant fait, à la charge que Pui-Gaillard (qui seul sentoit cet affaire au renart) s'obligeroit à garentir les sommes promises, D'Aubigné, ib. II, 139. Renard qui dort la matinée N'ha pas la langue emplumée, H. Estienne, Précell. 193. Quant je pense à votre medecine, il n'y a si bon cœur qui ne tire au renard [qui n'ait envie de vomir], Contes de Cholières, f° 52, dans LACURNE. [Gargantua] escorchoit le regnard, Rabelais, I, 11.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RENARD, s. m. (Hist. nat. Zoolog. quadrupede.) vulpes ; animal quadrupede qui a beaucoup de rapport au loup & aux chiens pour la conformation du corps. Il est de la grandeur des chiens de moyenne taille ; il a le museau effilé comme le lévrier, la tête grosse, les oreilles droites, les yeux obliques comme le loup, la queue touffue, & si longue qu’elle touche la terre. Le poil est de diverses couleurs, qui sont le noir, le fauve & le blanc, diversement distribués sur différentes parties du corps ; le roux domine dans la plûpart des renards : il y en a qui ont le poil gris argenté ; tous ont le bout de la queue blanche ; les piés des derniers sont plus noirs que ceux des autres. On les appelle en Bourgogne renards charbonniers. Le renard creuse en terre avec les ongles des trous, où il se retire dans les dangers pressans, où il s’établit, où il éleve ses petits. Il se loge au bord des bois, à portée des hameaux ; il est attentif au chant des coqs & au cri de la volaille, & il tâche par toutes sortes de ruses d’en approcher. S’il peut franchir les clôtures d’une basse-cour, ou passer par-dessous, il met tout à mort ; ensuite il emporte sa proie ; il la cache sous la mousse ou dans un terrier ; il revient plusieurs fois de suite en chercher d’autres, jusqu’à ce que le jour ou le mouvement dans la maison l’empêche de revenir. Il s’empare des oiseaux qu’il trouve pris dans les pipées & au lacet ; il les emporte successivement ; il les dépose tous en différens endroits, sur-tout au bord des chemins, dans les ornieres, sous un arbuste, &c. Ses appétits le portent à vivre de rapine comme le loup ; mais la nature ne lui a pas donné la même force. En échange elle lui a prodigué toutes les ressources de la foiblesse, l’industrie, la ruse, & même la patience ; ces qualités le servent ordinairement mieux pour assurer sa subsistance, que la force ne sert au loup. D’ailleurs il est infatigable, & doué d’une souplesse & d’une légéreté supérieures. J’en ai vû plusieurs sauter par-dessus des murs de neuf piés de haut, pour éviter des embuscades de tireurs qu’ils éventoient. Le renard mérite donc sa réputation. Son caractere est composé d’industrie & de sagacité, quant à la recherche de ses besoins, de défiance & de précautions à l’égard de tout ce qu’il peut avoir à craindre. Il n’est point aussi vagabond que le loup. C’est un animal domicilié qui s’attache au sol, lorsque les environs peuvent lui fournir de quoi vivre. Il se creuse un terrier, s’y habitue, & en fait sa demeure ordinaire, à moins qu’il ne soit inquiété par la recherche des hommes, & qu’une juste crainte ne l’oblige à changer de retraite. Ceux que l’inquiétude ou le besoin forcent à chercher un nouveau pays, commencent par visiter les terriers qui ont été autrefois habités par des renards ; ils en écurent plusieurs, & ce n’est qu’après les avoir tous parcourus, qu’ils prennent enfin le parti d’en choisir un. Lorsqu’ils n’en trouvent point, ils s’emparent d’un terrier habité par des lapins, en élargissant les gueules, & l’accommodent à leur usage. Le renard n’habite cependant pas toujours son terrier. C’est un abri & une retraite dont il use dans le besoin ; mais la plus grande partie du tems il ne terre point, & il se tient couché dans les lieux les plus fourrés des bois.

Les renards dorment une partie du jour : ce n’est proprement qu’à la nuit qu’ils commencent à vivre. Leurs desseins ont besoin de l’obscurité, de l’absence des hommes, & du silence de la nature. En général ils ont les sens très-fins ; mais c’est le nez qui est le principal organe de leurs connoissances. C’est lui qui les dirige dans la recherche de leur proie, qui les avertit des dangers qui peuvent les menacer. Il assure & rectifie les appercevances que donnent les autres sens ; & c’est lui qui a la plus grande influence dans les derniers jugemens qu’ils portent relativement à leur conservation. Les renards vont donc toujours le nez au vent. Dans les pays fort peuplés de gibier, ils ne s’approchent guere de la demeure des hommes, parce qu’ils trouvent dans les bois ou aux environs, une nourriture qu’ils se procurent facilement, & avec moins de péril. Ils surprennent les lapins, les levreaux, les perdrix lorsqu’elles couvent. Souvent même ils attaquent les jeunes faons à la reposée, & sur-tout ceux des chevreuils. Pendant l’été ils vivent donc ordinairement avec beaucoup de facilité ; ils mangent même les hannetons, saisissent les mulots, les rats de campagne, les grenouilles, &c. Pendant l’hiver, & sur-tout lorsqu’il gele, la vie leur devient plus difficile. Le renard alors est souvent forcé de s’approcher des maisons. Toujours partagé entre le besoin & la crainte, sa marche est précautionnée, souvent suspendue ; la défiance & l’inquiétude l’accompagnent. Cependant la faim devenant plus pressante, le courage augmente, sur-tout lorsque la nuit est avancée. Le renard cherche alors à pénétrer dans une basse-cour, jusque dans le poulailler, où il sait beaucoup de ravages. Il prodigue les meurtres, & emporte à mesure les volailles qu’il a égorgées ; il les réserve pour le besoin, & les couvre avec de la terre & de la mousse. Souvent aussi il tue sans emporter, & seulement pour assouvir sa rage. On doit chercher à détruire un animal aussi dangereux pour les basse-cours & pour le gibier ; & tout le monde est intéressé à lui faire la guerre. On chasse le renard avec des bassets, des briquets ou des chiens courans de petite taille. Ces chiens le chassent chaudement, parce qu’il exhale une odeur très-sorte. Mais la chasse ne seroit pas longue, si l’on n’avoit pas eu auparavant la précaution de boucher les terriers. On place des tireurs à portée de ces terriers, ou des autres refuites connues du renard. S’ils viennent à le manquer, l’animal effrayé cherche alors assez au loin une retraite qui le dérobe à la poursuite des chiens, & aux embûches des hommes. Il parvient enfin à trouver un terrier ; mais on le poursuit encore dans sa demeure souterraine ; on y fait entrer de petits bassets qui l’amusent, l’empêchent de creuser, & que souvent il mord cruellement. On fouille la terre pendant ce tems ; on arrive au fond ; on le saisit avec une fourche, & après l’avoir baillonné, on le livre aux jeunes chiens qui ont besoin d’être mis en curée.

On détruit de cette maniere une assez grande quantité de renards ; mais on ne doit pas se flater de réussir par ce moyen seul, à anéantir la race dans un pays. Pour y parvenir, ou à-peu-près, il faut multiplier les pieges & les appâts, & par mille formes séduisantes & nouvelles, surprendre à tout moment leur défiance vigilante & réfléchie. Lorsque les renards ne connoissent point encore les pieges, il suffit d’en tendre dans les sentiers où ils ont l’habitude de passer, de les bien couvrir avec de la terre, de l’herbe hachée, de la mousse, de maniere que la place sous laquelle est le piege, ne differe en rien à l’extérieur du terrein des environs. On y met pour appât un animal mort, auquel on donne la forme d’un abattis, & on l’y laisse pourrir jusqu’à un certain degré ; car l’odeur de la chair pourrie attire souvent plus le renard qu’un appât tout frais. On en prend beaucoup de cette maniere, lorsqu’ils ne sont pas encore instruits. Mais s’ils ont vû d’autres renards pris à ces pieges ; si eux-mêmes y ont été manqués, il devient nécessaire de changer les appâts, & de chercher à les rendre plus friands. Des hannetons fricassés dans de la graisse de porc, attirent beaucoup les renards, sur-tout si l’on y mêle un peu de musc. Le grand art est d’assurer bien l’animal sur l’appât avant d’y mettre le piege, de préparer le terrein peu-à-peu, & de vaincre par la patience sa défiance inquiette. Ce qui attire le plus puissamment les renards, c’est l’odeur de la matrice d’une renarde tuée en pleine chaleur. On la fait sécher au four, & elle sert pendant toute l’année. On place des pierres dans les carrefours des bois ; on répand du sable au tour ; on frotte la pierre avec la matrice ; les renards y viennent, mâles & femelles, s’y arrêtent, y grattent, &c. Lorsqu’ils y sont bien accoutumés, on frotte le piege de la même maniere, on l’enterre à deux pouces dans le sable, & ordinairement l’attrait est assez fort pour vaincre l’inquiétude naturelle à cet animal. A ces soins il faut joindre celui d’observer avec la plus grande attention, les terriers que les femelles préparent pour déposer leurs petits. Ces animaux s’accouplent à la fin de Janvier & en Février ; on trouve des renardeaux des le mois d’Avril. La portée est ordinairement de trois jusqu’à six. Le pere & la mere les nourrissent en commun. Ils vont souvent en quête, sur-tout lorsque les petits commencent à devenir voraces. Ils leur apportent des volailles, des lapins, des perdrix, &c. & les bords du terrier qu’habite une portée de renards sont bientôt couverts de carcasses de toute espece. Tout cela est aisé à reconnoître ; mais il faut prendre garde d’inquiéter inutilement le pere ou la mere. Dans la même nuit, ils transporteroient leurs petits, & souvent à une demi-lieue de là. Il faut donc assaillir tout d’un coup le terrier, tendre des pieges aux différentes gueules ; & comme on n’est pas toujours sûr que les vieux renards soient enfermés dans le terrier, il faut assiéger aussi les chemins battus, appellés coulées, par lesquels ils vont & viennent pour chercher à vivre. Alors la nécessité de nourrir leurs petits, les excite à braver le danger, & leur défiance est anéantie par ce besoin vif. Sans cela un renard assiégé de pieges dans un terrier n’en sort qu’à la derniere extrémité. J’en ai vû un qui y resta quinze jours, & qui n’avoit plus que le souffle lorsqu’il se détermina à sortir. Ces animaux, lorsqu’ils sont pris, sont assez sujets à se couper le pié ; & cela arrive presque certainement lorsque le jour paroît avant qu’on y arrive.

Ils sont, comme les chiens, à-peu-près dix-huit mois à croître, & vivent de douze à quinze ans. On n’a jamais pû faire accoupler ensemble ces deux especes ; mais on y parviendroit sans doute en apprivoisant par degrés la race sauvage du renard, qui à la premiere génération conserve toujours son naturel farouche, & son penchant à la rapine.

Il mange des œufs, du lait, du fromage, des fruits, sur-tout des raisins, du poisson, des écrévisses. Il est très-avide de miel, & tire de terre les guépiers ; il attaque les abeilles sauvages : lorsqu’ils sent les aiguillons des guepes, des frelons, des abeilles, qui tachent de le mettre en fuite, il se roule pour les écraser. Les femelles deviennent en chaleur en hiver, & on voit déja de petits renards au mois d’Avril ; les portées sont au moins de trois, au plus de six : il n’y en a qu’une chaque année. Les renards naissent les yeux fermés ; ils sont comme les chiens, dix-huit mois ou deux ans à croître, & vivent de même, treize à quatorze ans. Le renard glapit, aboie, & pousse un son triste semblable à celui du paon. Il a différens tons, selon les sentimens dont il est affecté. Il se laisse tuer à coups de bâton comme le loup, sans crier. Il ne fait entendre le cri de la douleur que lorsqu’il reçoit un coup de feu qui lui casse quelque membre ; il est presque muet en été. C’est dans cette saison que son poil tombe & se renouvelle. Cet animal a une odeur très forte & très-desagréable, & qui se fait sentir de loin, sur-tout lorsqu’il fait chaud. Il mord dangereusement, & on ne peut lui faire quitter prise qu’en écartant ses mâchoires avec un levier. La chair du renard est moins mauvaise que celle du loup ; les chiens & même les hommes, en mangent en automne, sur-tout lorsqu’il s’est nourri & engraissé de raisins. Les renards se trouvent dans toute l’Europe, dans l’Asie septentrionale & tempérée, & même en Amérique ; mais ils sont rares en Afrique & dans les pays voisins de l’équateur. Dans les pays du nord il y a des renards noirs, des bleus, des gris, des gris de fer, des gris argentés, des blancs, des blancs à piés fauves, des blancs à tête noire, des blancs avec le bout de la queue noire, des roux avec la gorge & le ventre entierement blancs, & enfin des croisés ; ceux-ci ont une bande longitudinale qui s’étend depuis le bout du museau jusqu’au bout de la queue, en passant sur la tête & sur le dos, & une bande transversale qui passe sur le dos & s’étend sur les deux jambes de devant. La fourure des renards noirs est la plus précieuse ; c’est même après celle de la zibeline, la plus rare & la plus chere ; on en trouve au Spitzberg, en Groenland, en Laponie, en Canada. Hist. nat. gen. & part. tom. VII.

Renard, (Mat. méd.) les pharmacologistes ont vanté, selon leur usage, je ne sais combien de parties du renard, sa graisse, ses testicules, l’os de sa verge, sa fiente, son sang, &c. mais tous ces remedes sont absolument oubliés. Le foie & le poumon sont les seules parties qui soient encore des remedes, & principalement le dernier viscere qu’on garde dans les boutiques, après l’avoir lavé dans du vin & séché. Non-seulement le poumon de renard est recommandé contre les maladies de la rate & le flux de ventre opiniâtre, mais encore il est regardé comme un spécifique contre la phtisie, soit étant pris en aliment, soit en donnant à titre de remede, le poumon de renard préparé & réduit en poudre, à la dose d’une dragme ou de deux, dans un bouillon, dans un looch ou un sirop approprié. On fait infuser encore un nouet de cette poudre dans la boisson ordinaire des asthmatiques : sur quoi il faut remarquer qu’il s’agit ici d’un poumon regardé comme spécifique des maladies du poumon, & dont la vertu a été très-probablement déduite d’après le principe des signatures. Voyez Signature, (Pharmacologie.). On garde ordinairement dans les boutiques une huile appellée de renard, oleum vulpinum, & qui est préparée par infusion & par décoction avec l’huile d’olive, & la chair de renard cuite dans l’eau & le vin avec un peu de sel commun & quelques plantes aromatiques, jusqu’à ce qu’elle se sépare des os ; faisant cuire ensuite ce bouillon avec de l’huile d’olive jusqu’à consommation de l’humidité, & faisant infuser de nouveau quelques substances végétales aromatiques dans la colature. Cette huile est une de ces préparations puériles & monstrueuses, dont l’absurdité est démontrée à l’article Huile par décoction. Voyez sous l’article général Huile. (b)

Renard, (Comm. de Fourreur.) ce qu’on tire du renard pour le commerce, ne consiste qu’en sa peau, laquelle étant bien passée & apprêtée par le pelletier, s’emploie à diverses sortes de fourrures. La Natolie, l’Arménie & la petite Tartarie fournissent quantité de peaux de renards, dont celles qui se tirent d’Asaf, de Caffa, & de Krin, sont réputées les plus belles. Il s’en envoie beaucoup à Constantinople, & en quelques autres endroits de l’Europe. Celles de ces pays-là destinées pour la France, qui sont en petit nombre, viennent pour l’ordinaire par la voie de Marseille.

C’étoit autrefois la mode en France de porter des manchons de peaux de renards toutes entieres, c’est-à-dire, avec les jambes, la queue, & la tête, à laquelle l’on conservoit toutes les dents, & où l’on ajoutoit une langue de drap écarlate, & des yeux d’émail, pour imiter, autant qu’il étoit possible, la vérité de la nature. Cette mode s’est tout-à-fait perdue. Savary. (D. J.)

Renard marin, Porc marin, Ramart, s. m. (Hist. nat. Ichthiolog.) vulpes marina. Rai. Poisson de mer cartilagineux du genre des chiens de mer. M. Perrault en a disséqué un qui avoit huit piés & demi de longueur, & un pié deux pouces de largeur prise à l’endroit le plus gros, c’est-à-dire, au ventre. La queue étoit presque aussi longue que tout le corps, & faite en maniere de faux, un peu recourbée vers le ventre : il y avoit une nageoire à l’endroit où commençoit cette courbure. Le dos avoit deux sortes de crêtes élevées, une grande au milieu de sa longueur, & une plus petite vers la queue. Les nageoires étoient au nombre de trois de chaque côté : une auprès de la tête qui avoit un pié trois pouces de longueur, & cinq de largeur à la base, une sur le ventre qui étoit moins longue que celle de la tête, & elle avoit une pointe pendante qui est le caractere des mâles. La derniere nageoire étoit placée près de la queue & fort petite. La peau n’avoit point d’écailles, elle étoit lisse. Les crêtes & les nageoires avoient une couleur brune bleuâtre ; l’ouverture de la bouche étoit longue de cinq pouces ; les dents différoient entr’elles par la forme & par la dureté ; le côté droit de la mâchoire supérieure jusqu’à l’endroit où sont les canines des animaux quadrupedes, avoit un rang de dents pointues, dures & fermes, étant toutes d’un seul os en forme de scie. Les autres dents qui se trouvoient de l’autre côté de cette mâchoire, & toutes celles de la mâchoire inférieure étoient mobiles, triangulaires, un peu pointues, & d’une substance beaucoup moins dure que celle des autres dents ; de sorte qu’il y en avoit qui ne paroissoient être qu’une membrane durcie. La langue étoit entierement adhérente à la mâchoire inférieure, & composée de plusieurs os fermement unis les uns aux autres, & recouverts d’une chair fibreuse. La peau de la langue étoit garnie de petites pointes brillantes qui la rendoient fort âpre & fort rude. Mem. de l’acad. royale des Sciences par M. Perrault, tom. III. part. I. Voyez Poisson.

Renard du Pérou, (Hist. nat. d’Amérique.) cet animal que les naturels appellent chinche, est de la grosseur d’un de nos chats, & a les deux mâchoires formant une gueule fendue jusqu’aux petits angles des yeux ; ses pattes sont divisées en cinq doigts munis à leur extrémité de cinq ongles noirs, longs & pointus, qui lui servent à creuser son terrier. Son dos est voûté, semblable à celui d’un cochon, & le dessous du ventre est tout plat ; sa queue est aussi longue que son corps ; il fait sa demeure dans la terre, comme nos lapins, mais son terrier n’est pas si profond. (D. J.)

Renard, s. m. (Archit.) ce terme a plusieurs significations. Les Maçons appellent ainsi les petits moilons qui pendent au bout de deux lignes attachées à deux lattes, & bandées, pour relever un mur de pareille épaisseur, dans toute sa longueur. Ils donnent aussi ce nom à un mur orbe, décoré pour la symmétrie, d’une architecture pareille à celle d’un bâtiment qui lui est opposé.

Les Fontainiers appellent encore renard un petit pertuis ou fente, par où l’eau d’un bassin, ou d’un réservoir, se perd, parce qu’ils ont de la peine à la découvrir pour la réparer.

Enfin renard est un mot de signal entre des hommes qui battent ensemble des pieux, ou des pilots à la sonnette, de sorte qu’un d’entr’eux criant au renard, ils s’arrêtent tous en même tems ; ou pour se reposer après un certain nombre de coups, ou pour cesser tout-à-fait au refus du mouton. Il crie aussi au lard, pour les faire recommencer. Dict. d’Archit. (D. J.)

Renard, (Marine.) espece de croc de fer avec lequel on prend les pieces de bois qui servent à la construction des vaisseaux, pour les transporter d’un lieu à un autre.

Renard, (Marine.) petite palette sur laquelle on a figuré les 32 airs ou rumbs de vent. A l’extrémité de chaque rumb il y a six petits trous qui sont en ligne droite. Les six trous représentent les six horloges, ou les six demi-heures du quart du timonnier, qui pendant son quart, marque avec une cheville sur chaque air de vent, combien il a été couru de demi-heures ou d’horloges. De maniere que si le sillage du vaisseau a été sur le nord pendant quatre horloges, le timonnier met la cheville au quatrieme trou du nord ; & cela sert à assurer l’estime & le pointage. On attache le renard à l’artimon proche l’habitacle.

On voit bien que ceci est une espece de journal méchanique, par lequel on tient compte du sillage du vaisseau & de sa direction, bien inférieur à un journal véritable. Voyez Journal. Aussi je ne connois que M. Aubin qui ait parlé de cette espece d’instrument ; & on n’en trouve la description dans aucun traité du pilotage.

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Étymologie de « renard »

Wallon, rinâ. Le nom vrai du renard dans l'ancien français est goulpil, gorpil, golpille, venant de vulpeculus ou vulpecula, diminutif du lat. vulpes, renard. Mais il y eut dans le haut moyen âge une épopée très célèbre, où les animaux tiennent la place des hommes ; chacun y a son nom : le lion se nomme Noble, le chat Tibert, l'ours Brun, le moineau Drouinaus, le coq Chante-clair, et le goulpil Renart. Cette composition, qui ne provient pas d'un seul auteur et qui a diverses branches (d'où, figurément, sans branche de renard, sans fraude, sans trahison), devint tellement populaire dès le XIIe siècle, que renart commença à se substituer dans le langage commun à goulpil et a fini par le supplanter entièrement. Renart ou renard, provenç. raynart, anc. catal. ranart, est un nom propre, le même que Renaut et Reginald, dont les formes les plus anciennes sont Raginohard, Reginhart, mot germanique composé de ragin, conseil, et de hart, dur ; le sens est : bon au conseil. Ce sens est exprimé dans ces deux vers du poëme (V. 15876) : Si ai maint bon conseil doné ; Par mon droit non ai non Renart.

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(Nom) Antonomase du nom donné à un goupil rusé dans le Roman de Renart. Il dérive du nom ancien francique Reginhart composé de ragin (« conseil »), et hart (« fort » → voir -ard). Peu à peu, le prénom de Renard s’est substitué au terme goupil.
(Adjectif) Voir l’ethnonyme Renard.
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Phonétique du mot « renard »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
renard rœnar

Citations contenant le mot « renard »

  • A la fin le renard sera moine. De Proverbe français
  • Jamais le renard fauve et les lions rugissants n'échangeront entre eux leur nature. Pindare, Onzième Olympique, 20
  • Qui veut un manteau de renard mourra de la rage. De Anonyme
  • Quand court le renard, le poulet a des ailes. De Proverbe français
  • Le renard ne sent pas sa propre odeur. De James Freeman Clarke
  • Le renard qui attend que la poule tombe reste affamé. De Proverbe grec antique
  • Un bon renard ne mange pas les poules de son voisin. De Proverbe français
  • C'est finalement Christian Meyer, habitant du quartier et lui aussi victime d'un vol de baskets, qui a découvert qui osait s'aventurer chez les uns et les autres afin de compléter sa collection. À la recherche d'une chaussure volée, le jeune homme est tombé nez à nez avec un renard, chaussure à la gueule. En un instant, il parvient à le prendre en photo avec son smartphone pour révéler au grand jour son identité. Il décide alors de le suivre jusqu'à sa tanière, lieu d'une incroyable découverte : une spectaculaire collection de chaussures en tout genre accumulées par l'animal. Le Point, Berlin : un renard cleptomane chaparde des dizaines de chaussures - Le Point
  • Si l’emblème de Berlin est un ours, c’est actuellement un renard qui attire l’attention sur lui, au moins chez les habitants de Zehlendorf. Dans ce quartier situé au sud-ouest de la capitale allemande, on s’inquiète depuis plusieurs semaines de la disparition non élucidée d’une centaine de paires de chaussures, raconte Ouest-France. , Insolite | À Berlin, un renard vole et collectionne des chaussures par dizaines
  • Leicester, usé comme un renard Boursorama, Leicester, usé comme un renard - Boursorama
  • Amitié de cour, foi de renards et société de loups. Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées
  • Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris. Jean de La Fontaine, Fables, le Renard et la Cigogne
  • Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard. Napoléon Ier, Cité par Talleyrand dans Mémoires, I
  • - Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, Gallimard
  • Partout où la peau du lion ne peut atteindre, il faut y coudre celle du renard.. Plutarque, Vies parallèles, Vie de Lysandre, VII (traduction D. Ricard)
  • Un renard change de poil, non de caractère. Suétone en latin Caius Suetonius Tranquillus, Vies des douze Césars, Vespasien, XVI
  • C'est un opprobre pour le lion de pleurer face au renard. , Talmud, Tana Deve Eliyahou, 225
  • Le vieux renard est triplement renard. De François Cavanna / La hache et la croix
  • Une résidente du Luxembourg a eu la surprise de voir un renard débarquer chez elle. Un peu plus tôt, l'animal lui avait même volé une paire de chaussures. , RTL 5minutes - Luxembourg: Un renard vole ses chaussures... Avant de s'inviter chez elle
  • Lui aussi aime photographier ces espèces fascinantes. Le renard polaire, « petit lutin » qu’il a passé des heures à guetter, nuit et jour, au fin fond de l’Islande, l’appâtant avec des morceaux de « requin pourri ». L’ours Kermode, « gros pépère » à l’étonnant pelage crème, qu’il a suivi en Colombie-Britannique avec des clochettes sur son sac à dos, pour ne pas le surprendre. Des expéditions pour lesquelles il est crucial de se documenter… « Mais la théorie, c’est une chose… », suspend Erwan à l’évocation de sa première rencontre avec les grizzlis d’Alaska. , « Tu le sens, le renard ? », à l’affût avec un photographe de nature
  • Certes il est fréquent d’entendre que quelques volailles ont subi le triste sort d’être croqué par un renard. Mais il est plutôt rare de voir ce dernier en plein jour prendre la pose pour une photo, avant de se terrer dans une canalisation au bord d’une route. , Environnement | Insolite: un renard aux portes d’Yssingeaux
  • La chasse au renard et le piégeage des corbeaux pour lutter respectivement contre le risque sanitaire et les dégâts agricoles : un procédé inefficace... voire contre-productif ! ©Jiri Sifalda / unsplash - Pixabay , « Le corbeau et le renard » : Tirer les leçons de la crise sanitaire… plutôt que sur les animaux sauvages - Fondation 30 Millions d'Amis
  • Après le loup et l’ours, les associations de protection des animaux se lancent dans le combat de la protection du renard, espèce pouvant être classée comme nuisible, et dont les populations sont plutôt en augmentation. La France Agricole, Faune sauvage : 400 000 signatures pour protéger le renard
  • Un arrêté préfectoral vient d'autoriser l'abattage de 1430 renards en Seine-Maritime d'ici fin 2020. L'animal serait en surpopulation dans le département. Argument contesté par les associations, qui reprochent au préfet d'être passé outre le résultat de la consultation publique. France Bleu, 1430 renards doivent être abattus en Seine-Maritime, les associations se mobilisent contre l'arrêté du préfet

Images d'illustration du mot « renard »

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Traductions du mot « renard »

Langue Traduction
Anglais fox
Espagnol zorro
Italien volpe
Allemand fuchs
Chinois 狐狸
Arabe الثعلب
Portugais raposa
Russe лиса
Japonais
Basque azeria
Corse volpe
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Synonymes de « renard »

Source : synonymes de renard sur lebonsynonyme.fr

Renard

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