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Prostitué, prostituée

Définitions du mot « prostitué, prostituée »

Trésor de la Langue Française informatisé

PROSTITUÉ, -ÉE, part. passé, adj. et subst.

I.− Part. passé de prostituer*.
II.− Adjectif
A.−
1.
a) Déshonoré, dégradé par un usage indigne ou intéressé. C'est au bon sens public à distinguer sur une boutonnière la décoration donnée au mérite, d'avec celle prostituée à la médiocrité et à l'intrigue (Proudhon, Syst. contrad. écon.,t. 1, 1846, p. 301).On se soûla du sang de ses innombrables fils [de Christophe Colomb] et ce qui restait de ce sang (...) on le recueillit dans le creux des mains, dans des pelles de mineurs, dans des écopes de bateliers, dans les coupes de la débauche, dans les deux plateaux de la justice prostituée (Bloy, Journal,1903, p. 167).V. chaste ex. 3.
b) Qui manifeste la vénalité, la complaisance, la soumission déshonorante aux volontés d'autrui. [Lamartine] s'enterre sous ses phrases et ensevelit sa gloire, son honneur peut-être, sous la facilité prostituée de son éloquence (Sand, Corresp.,t. 3, 1850, p. 190).[Le conseil municipal de Paris] vous a choisi (...) vous qui avez fait taire l'odieuse clameur des louanges prostituées pour faire entendre au monde « la voix » qui dit : Malheur! la bouche qui dit : Non! (Hugo, Actes et par.,3, 1876, p. 430).
c) Rare. [P. méton. du déterminé] Qui renonce par intérêt à l'honneur, à la dignité. La recherche absolue de l'argent (...) jouit, malgré tout, d'un déshonneur si reconnu, que les âmes les plus prostituées à l'argent rougissent de s'avouer et se cachent derrière des sophismes (Goncourt, Journal,1862, p. 1093).
2. Qui est déprécié par un usage abusif ou dévoyé. On resterait des heures à l'entendre [Michelet] battre et remuer des idées, souvent fausses, paradoxales, mais qui ne sont jamais les idées courantes et prostituées (Goncourt, Journal,1864, p. 27).Pour ce qui est de l'espérance et de l'amour, quels mots ont été plus prostitués? (Bloy, Journal,1894, p. 103).
B.− [Le plus souvent en parlant d'une femme] Livré(e) à la débauche ou à la prostitution publique. La fille du Bon-Pasteur tend les bras à la fille prostituée, et lui crie : Je ne suis point venue pour appeler les justes, mais les pécheurs! (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 398).Pascal D. comparaît pour les meurtres de trois homosexuels commis en 83. En quatre jours, la cour doit peser l'horreur, et tenter de comprendre un meurtrier au passé d'enfant prostitué (Libération,13 nov. 1986, p. 29, col. 1).
[En parlant du corps d'une femme] Il scruta cette face flétrie, ces yeux las de débauche, cette bouche au rire infâme, aux baisers ignobles, aux mots honteux. Pour cela, pour cette chair prostituée, il avait volé, frappé, menti, souffert... (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 176).
P. anal. Qui est utilisé par tout le monde. Mes meubles ne sont pas sordides. Ils avaient dû être tout récemment achetés par le précédent locataire. Sans être pour cela d'un goût meilleur, ils y gagnent de ne pas avoir cet air avachi et prostitué qu'on leur voit d'ordinaire dans les meublés (Romains, Hommes bonne vol.,1939, p. 48).
Au fig. Que de mensongers avatars n'a-t-elle pas pris, ma petite âme prostituée, par désir d'amour, seulement; de sorte que je ne la connais plus bien, tant elle n'est souvent qu'un reflet amoureux d'autres âmes (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1891, p. 124).
III.− Substantif
A.− féminin
1. Femme aux mœurs libres, qui se livre à la débauche pour des motifs d'intérêt; p. ext., souvent en manière d'injure, femme entretenue, femme vénale. Je vous raye de ma société... vous ne faites plus partie de ma société... fille perdue... prostituée!... vociférait monsieur, en bourrant, de coups de poing, sa serviette (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 250).V. fierté ex. 1 :
1. fra silvio : − Et vous avez épousé Manente, sans amour, pour vous garder du scandale possible? Par peur du qu'en dira-t-on? et pour ne pas paraître une prostituée aux yeux du monde, vous vous êtes prostituée aux yeux de Dieu? Salacrou, Terre ronde,1938, II, 3, p. 209.
2. En partic. Femme qui, dans un but lucratif, livre son corps au plaisir sexuel d'un nombre indéterminé de partenaires. Synon. fille (de joie, publique), péripatéticienne (fam.), putain (pop.).Fréquenter les prostituées, s'adresser aux prostituées; quartier réservé aux prostituées; prostituée de bas-étage, prostituée en carte; prostituée occasionnelle, en boutique. Un millionnaire qui ramasse une prostituée dans la rue et la tire de la misère et de la fange (Proust, Fugit.,1922, p. 575).Une expérience assez vaste, allant de la prostituée au grand cœur à l'accorte commerçante et à la petite gosse pas farouche (Queneau, Pierrot,1942, p. 76).Durant les deux jours de ce congrès singulier [Congrès mondial des prostituées à Amsterdam] devrait se concocter la première charte mondiale des droits de la prostituée, base sur laquelle se lancera la première organisation internationale et réellement structurée des professionnelles de l'amour (Libération,15 févr. 1985, p. 21, col. 2):
2. Aussitôt qu'elle [Boule de suif] fut reconnue, des chuchotements coururent parmi les femmes honnêtes, et les mots de « prostituée », de « honte publique » furent chuchotés si haut qu'elle leva la tête. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Boule de suif, 1880, p. 123.
3. ANTIQ. Prostituée sacrée. Femme qui était consacrée au culte d'un dieu et qui avait des relations sexuelles avec certaines personnes (rois, prêtres) ou avec qui le désirait dans l'enceinte d'un temple. Il est minuit lorsque nous parvenons à Kundogole. Ce village profondément endormi m'inquiète un peu. Car je suis là pour rencontrer une devadasi, sorte de prostituée sacrée, une des dernières encore vivante en Inde (Libération,5 sept. 1984, p. 22, col. 1).V. prostitution A 3 a ex. de Bible Suppl.
4. P. métaph. ou au fig. La fortune, cette fragile et perverse prostituée (Mussetds Le Temps,1831, p. 44).
[P. réf. à l'Apocalypse xiv, 8] Babylone, la grande prostituée. La Rome païenne. Paris, de loin, a mauvaise réputation. Paris, pour la province, c'est la nouvelle Babylone, la grande prostituée des peuples (Nerval, Nouv. et fantais.,1855, p. 162).[Salome] ne relevait plus des traditions bibliques, ne pouvait même plus être assimilée à la vivante image de Babylone, à la Royale Prostituée de l'Apocalypse (Huysmans, À rebours,1884, p. 74).
B.− masculin
1. Vieilli. Homme vénal, débauché. Le futur régicide ne dégénérait point de sa race : double prostitué, la débauche le livrait épuisé à l'ambition (Chateaubr., Mém.,t. 1, 1848, p. 235).
2. En partic. Homme, adolescent se livrant à la prostitution, le plus souvent à d'autres hommes. Le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves, on peut l'acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué (Céline, Voyage,1932, p. 437).De plus en plus, on assiste, à Paris en particulier mais aussi dans certaines grandes salles [de café] de province, à une sorte de « prolétarisation » de la condition de prostitué masculin (Le Nouvel Observateur,24 nov. 1969, p. 4, col. 2).
3. Rare. Écrivain qui met son talent au service des passions, des intérêts, qui renonce à sa liberté d'expression. Parcouru un bouquin qui éreinte tout le monde d'une façon un peu ordurière : prostitués − excepté Maeterlinck, Mauclair, et quelques autres − encore que ce soit eux aussi des prostitués. Je trouve qu'il a raison (ce titre) pour pas mal (Alain-Fournier, Corresp. [avec Rivière], 1905, p. 144).
Prononc. et Orth. : [pʀ ɔstitɥe]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1549 prostitué part. passé de prostituer (Est.); 1611 prostituée (Cotgr.); 1669 fille prostituee (Widerhold Fr.-all.); 1673 une prostituée (Sacy, Bible, Prov. de Salomon, V, 3 ds Littré); b) 1734 la prostituée de Babylone « nom de dénigrement donné par les protestants à Rome catholique » (Voltaire, Sur les Presbytériens ds Œuvres complètes, Mélanges, I, 99, éd. Condorcet); 2. 1667 « dégradé » (Molière, Misanthrope, I, 1); spéc. 1690 plume prostituée (Fur.). Part. passé adj. et subst. de prostituer*.
STAT. − Prostituée. Fréq. abs. littér. : 384 (prostitué : 35). Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 398, b) 428; xxes. : a) 763, b) 604. Bbg. Radtke (E.). Typologie des sexuell-erotischen Vokabulars... Tübingen, 1979, p. 119, 198, 279.

Wiktionnaire

Adjectif

prostitué \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Qui se prostitue.
    • Un homme prostitué.
  2. Qui est vendu dans le cadre de la prostitution.
    • Le corps prostitué. Face au client qui la paie et achète sa docilité, la prostituée est donc ce corps qui va se trouver, le temps d’une passe, mobilisé. — (Pascal Bruckner & Alain Finkielkraut, Le Nouveau Désordre amoureux, 1977)

Nom commun

prostitué \pʁɔs.ti.tɥe\ masculin (pour une femme on dit : prostituée)

  1. Personne qui gagne sa vie en ayant des rapports sexuels monnayés.
    • Ne se mettrons nus au gymnase ni l’esclave, ni l'affranchi, ni leur fils, ni l’apalaistros, ni le prostitué, ni l’un de ceux qui exercent le métier d’agora. — (Philippe Gauthier, La loi gymnasiarchique de Béroia, 1993)
    • Les mendiantes et les prostituées sont également marginalisées par la société canadienne. — (André Lachance, Les marginaux, les exclus et l'autre au Canada aux 17e et 18e siècles, page 160, Fides, 1996)

Forme de verbe

prostitué \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé masculin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.

Nom commun

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\ féminin

  1. (Sexualité) Femme dont la profession consiste à avoir des rapports sexuels pour de l’argent.
    • Un de nos réformistes les plus distingués, Henri Turot, longtemps rédacteur de la Petite République et conseiller municipal de Paris, a écrit un livre sur les « prolétaires de l’amour » ; il désigne ainsi les prostituées de bas étage. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence Chap. I, Lutte de classe et violence, 1908, p. 67-68)
    • Autrefois, rue de la Charbonnière, les mêmes et misérables prostituées appelaient - de derrière les carreaux des échoppes ou du fond des sous-sols - les rares piétons qui se hasardaient en ces lieux. — (Francis Carco, L’Amour vénal, Éditions Albin Michel, Paris, 1927, page 11)
    • Vous avez, docteur, de bien curieuses fréquentations, dit-il d’un ton un peu méprisant, un représentant de ces mauvais moines adorateurs du démon ! Que les Chinois sérieux estiment un peu plus qu’un soldat, mais un peu moins qu’une prostituée ! — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 30)
    • L’histoire du réglementarisme sera celle d’un effort inlassable pour discipliner la fille publique, l’idéal étant la création d’une catégorie de prostituées-moniales, bonnes travailleuses mais automates et surtout mauvaises jouisseuses. — (Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
    • Le capotier de Lyon, vendeur ambulant, a fait quelques calculs à partir du nombre de préservatifs qu’il écoule chaque année auprès des prostituées. Il avance le chiffre invérifiable d’un million de passes par an sur la région lyonnaise. — (Alice Géraud, Loi : les prostitués font corps avec les clients, dans Libération du 1er avril 2011)
    • Je traverse le square Léon, jusqu'à la rue Léon. Je croise deux grosses prostituées noires qui font « boutique mon cul » à l'angle de la rue Myrrha, à quelques dizaines de mètres de la mosquée. — (« Au square Léon », dans Femmes des quartiers: Une sage-femme raconte, de Ghislaine Kalman, Paris : Éditions Toucan/L'Artilleur, 2014)

Forme de verbe

prostituée \pʁɔs.ti.tɥe\

  1. Participe passé féminin singulier de prostituer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PROSTITUER. v. tr.
Livrer à la débauche. Il se dit d'une Personne qui, par intérêt, oblige ou engage une femme ou une fille à se livrer à la débauche publique. Elle a prostitué elle-même sa fille. Elle l'a prostituée pour de l'argent à un vieillard dépravé. Elle s'est prostituée dès son plus jeune âge. Elle s'est prostituée à ce misérable. Fig., Cet écrivain se prostitue, Il vend sa plume.

PROSTITUER s'emploie figurément, en parlant des Choses qu'on ravale, que l'on déshonore par l'usage indigne qu'on en fait. C'est prostituer son honneur que d'agir aussi bassement. Un juge accessible à la corruption prostitue la justice, la magistrature, prostitue sa dignité. Le participe passé s'emploie adjectivement. Une femme, une fille prostituée. Il s'emploie plus ordinairement comme nom. Une prostituée. Dans le langage religieux, Babylone la grande prostituée, La Rome païenne.

Littré (1872-1877)

PROSTITUÉ (pro-sti-tu-é, ée) part. passé de prostituer
  • 1Livré à l'impudicité. Une femme prostituée.

    Substantivement. Une prostituée, une femme de mauvaises mœurs. Les lèvres de la prostituée sont comme le rayon d'où coule le miel ; et son gosier est plus doux que l'huile, Sacy, Bible, Prov. de Salomon, v, 3.

    Fig. Vous me demandez ce qui a fait cette solution de continuité entre la Fare et Mme de la Sablière ; c'est la bassette… c'est pour cette prostituée de bassette qu'il a quitté cette religieuse adoration, Sévigné, 14 juill. 1680.

    Dans l'Apocalypse, Babylone la grande prostituée, Rome païenne.

    La prostituée de Babylone, nom de dénigrement donné par les protestants à Rome catholique. Ce dernier [le presbytérien] affecte une démarche grave… prêche du nez, et donne le nom de prostituée de Babylone à toutes les Églises où quelques ecclésiastiques sont assez heureux pour avoir cinquante mille livres de rente, Voltaire, Dict. phil. Presbytér.

  • 2 Fig. Livré à quelque déshonneur auquel on s'abandonne comme par prostitution. Ces âmes prostituées à l'ambition, Bossuet, le Tellier.

    Homme prostitué à la faveur, homme dévoué aux volontés des gens puissants.

    Une plume prostituée, auteur vendu aux intérêts de ceux qui le font écrire.

    Il se dit des choses dans un sens analogue. Non, non, il n'est point d'âme un peu bien située Qui veuille d'une estime ainsi prostituée, Molière, Misanth. I, 1.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « prostitué »

Participe passé adjectivé et substantivé de prostituer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « prostitué »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prostitué prɔstitye

Citations contenant le mot « prostitué »

  • Un jeune proxénète a été condamné à quatre ans de prison ferme et deux autres prévenus à un an ferme pour avoir séquestré et prostitué une adolescente de 14 ans dans le Loiret, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Montargis (Loiret). leparisien.fr, Loiret : quatre ans de prison pour avoir prostitué une adolescente de 14 ans - Le Parisien
  • Les prostituées sont souvent, après les religieuses, nos meilleures patriotes. Paul Morand, Bouddha vivant, Grasset
  • Le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves on peut l'acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué. De Louis-Ferdinand Céline / Voyage au bout de la nuit
  • Après avoir observé avec l'écrivain Arno Bertina le quotidien de jeunes femmes prostituées du Congo, on s'intéresse aux travailleurs du sexe en France qui ont dû cesser leur activité pendant le confinement... Quels impacts de la pandémie sur cette population particulièrement vulnérable ? France Culture, Regards croisés sur la prostitution
  • Ces quatre hommes auraient été les gardes du corps des prostituées. Le présumé proxénète, lui, a été placé en détention provisoire. Il sera jugé le 7 août. www.lechorepublicain.fr, Un réseau de prostitution démantelé à Chartres - Chartres (28000)
  • S'agissant de la prostitution, il confirme en avoir «entendu parler». «Mais c'est invérifiable. Et comment l'empêcher ? Je ne vais pas interdire à une femme seule de louer mon bien, en soupçonnant d'emblée qu'elle est une prostituée !» Mais, il l'assure : «Si cela continue ainsi, je stoppe les locations !» leparisien.fr, Drogue, prostitution et fiestas : à Tremblay, les voisins de l’appart loué sur Airbnb vivent un enfer - Le Parisien
  • Selon elle, de nombreuses prostituées ont donc décidé d’aller exercer leur profession dans des pays voisins de l’Allemagne comme la Suisse, la Belgique, l’Autriche, la République tchèque ou les Pays-Bas « où la prostitution est de nouveau autorisée » sous certaines conditions d’hygiène. , Coronavirus en Allemagne : Des prostituées manifestent pour la réouverture des maisons closes
  • L'enquête allait ainsi recueillir le récit d'une jeune femme expliquant avoir débuté seule une activité d'escort avant de rencontrer l'accusée dans une boîte de nuit d'Enghien au printemps 2015. Elle s'était alors liée d'amitié avec Carol-Ann et s'était installée chez elle, notamment rue Danton, à Cormeilles-en-Parisis. Puis s'était prostituée chez son amie, au bois de Boulogne et à Vincennes, dans plusieurs hôtels de la région, en particulier le Première Classe de Cergy-Préfecture (aujourdhui F 1). leparisien.fr, Val-d’Oise : jugés pour avoir prostitué et violé une jeune femme vulnérable - Le Parisien
  • « Les réalités sont très différentes selon les territoires, indique de son côté Claire Quidet, la porte-parole du Mouvement du Nid, qui accompagne les personnes prostituées dans 27 départements. Pour les femmes en situation de grande précarité, on nous rapporte notamment des difficultés concernant l’accès aux distributions alimentaires, qui sont perturbées, et pour être mises à l’abri si elles ne disposent pas d’un logement ». Le Monde.fr, Face au coronavirus, la précarité aggravée des prostituées
  • Les prostituées sont souvent, après les religieuses, nos meilleures patriotes. Paul Morand, Bouddha vivant, Grasset

Traductions du mot « prostitué »

Langue Traduction
Anglais prostitute
Espagnol prostituta
Italien prostituta
Allemand prostituierte
Chinois 妓女
Arabe بائعة هوى
Portugais prostituta
Russe девушка легкого поведения
Japonais 売春婦
Basque prostituta
Corse prostituta
Source : Google Translate API

Prostitué

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