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Poésie

Variantes Singulier Pluriel
Féminin poésie poésies

Définitions de « poésie »

Trésor de la Langue Française informatisé

POÉSIE, subst. fém.

I. − LITTÉRATURE
A. −
1. La poésie. Genre littéraire associé à la versification et soumis à des règles prosodiques particulières, variables selon les cultures et les époques, mais tendant toujours à mettre en valeur le rythme, l'harmonie et les images. Comment la poésie touche à la musique par une prosodie dont les racines plongent plus avant dans l'âme humaine que ne l'indique aucune théorie classique (Baudel.,Fl. du Mal, 1867, notes, p.376).−Voici de la prose sur l'avenir de la poésie: −Toute poésie antique aboutit à la poésie grecque, Vie harmonieuse. −De la Grèce au mouvement romantique, −moyen âge −il y a des lettrés, des versificateurs. D'Ennius à Théroldus, de Théroldus à Casimir Delavigne, tout est prose rimée, un jeu, un avachissement et gloire d'innombrables générations idiotes: Racine est le pur, le fort, le grand (Rimbaud,OEuvres, Lettre à Demeny, 1969 [1871], p.345):
1. La poésie n'est pas le seul domaine où le symbolisme des sons fasse sentir ses effets, mais c'est une province où le lien entre son et sens, de latent, devient patent, et se manifeste de la manière la plus palpable et la plus intense, comme l'a noté Hymes dans sa stimulante communication. Une accumulation, supérieure à la fréquence moyenne, d'une certaine classe de phonèmes, ou l'assemblage contrastant de deux classes opposées, dans la texture phonique d'un vers, d'une strophe, d'un poème, joue le rôle d'un ,,courant sous-jacent de signification``... R. Jakobson,Essais de ling. gén., trad. par Ruwet, t.1, 1963, p.241.
[Dont l'ambition est souvent d'ordre ontologique] La poésie, à sa plus haute puissance, est une intuition de l'infini: c'est Dieu aperçu dans la création, l'immuable destination de l'homme présentée au milieu des vicissitudes de l'histoire (Ozanam,Philos. Dante, 1838, p.78).La poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence: elle doue ainsi d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle (Mallarmé, Corresp., 1884, p.266):
2. La poésie se voulut expression d'une souffrance enfermée dans un cercle sans issue: dans le verbe, elle n'espère plus trouver le salut, mais seulement la possibilité de la nuance. Elle s'affirma comme la manifestation la plus haute et la plus pure de la création littéraire: elle entra pour sa part en opposition avec le reste de la littérature et, sans tenir compte d'aucune réserve, d'aucune limite, s'arrogea la liberté de dire tout ce que lui inspiraient une imagination impérieuse, une intériorité élargie aux mesures de l'inconscient et enfin un jeu dans une transcendance qui ne se réfère plus à rien. H. Friedrich,Struct. de la poés. mod., Paris, Denoël-Gonthier, 1976, p.17.
2. Chacune des espèces du genre traditionnellement distinguées d'après le sujet, le ton, le style. Ma pensée se reporta vers ce qu'il y a de brutal et de sanglant dans la poésie des anciens. Les Grecs ne répugnaient pas à évoquer les scènes les plus atroces (...). La mythologie, la poésie épique, la tragédie sont pleines de sang (Valéry,Variété III, 1936, p.238).La vie mondaine des salons portait à la perfection la poésie légère (Lefebvre,Révol. fr., 1963, p.83):
3. ... les dernières stances Sur la mort ressemblent fort à celles qui terminent les Destins; le ton seul diffère. Ainsi (et c'est sans doute ce qui rend sa poésie lyrique si substantielle), nous voyons M. Sully-Prudhomme tendre de plus en plus vers la poésie philosophique. Lemaitre,Contemp., 1885, p.59.
SYNT. Poésie didactique, dramatique, épique; poésie chrétienne (ou sacrée); poésie érotique, lyrique, morale, noble, orphique, profane; poésie badine, burlesque, familière, gnomique, intimiste, macaronique, pastorale.
3. Poésie + épithète postposée[déterminant une école, une époque, une nationalité ou une appartenance à tel poète, en particulier] Émile Verhaeren cherchait à prolonger les résonances de la poésie hugolienne en choisissant comme thème de ses oeuvres l'évolution sociale (Arts et litt., 1936, p.40-1):
4. Les formes de poésie médiévales qui ont (...) pénétré jusque dans le petit peuple n'ont pas continué d'être cultivées; ce qui tout récemment encore représentait la littérature était une poésie où le raffinement de la technique comptait davantage que l'élan personnel... Arts et litt., 1936, p.56-5.
SYNT. Poésie classique, moderne, parnassienne, romantique, surréaliste, symboliste; poésie allemande, anglaise, française, grecque, latine; poésie lamartinienne, shakespearienne.
Poésie pure. [Sentiment de la poésie issue de Mallarmé et de Valéry, d'une poésie pure, dénuée de tout élément discursif ou narratif, dans laquelle la fonction poétique serait exclusive de toutes fonctions autres que poétique] Théorie de la poésie pure. J'avoue éprouver un certain plaisir à ce que M. Artaud cherche à me faire passer aussi gratuitement pour un malhonnête homme et à ce que M. Soupault ait le front de me donner pour un voleur. C'est enfin M. Vitrac, véritable souillon des idées −abandonnons-leur la «poésie pure», à lui et à cet autre cancrelat l'abbé Bremond − (Breton,Manif. Surréal., 2eManif., 1930, p.107):
5. Je dis pure au sens où le physicien parle d'eau pure. Je veux dire que la question se pose de savoir si l'on peut arriver à constituer une de ces oeuvres qui soit pure d'éléments non poétiques. J'ai toujours considéré, et je considère encore, que c'est là un objet impossible à atteindre, et que la poésie est toujours un effort pour se rapprocher de cet état purement idéal. En somme, ce qu'on appelle un poème se compose pratiquement de fragments de poésie pure enchâssés dans la matière d'un discours. Un très beau vers est un élément très pur de poésie. Valéry,OEuvres, t.1, Poés. pure, 1959 [1933], p.1457.
SYNT. Poésie authentique, harmonieuse, sobre; mauvaise poésie; le charme de la poésie; beauté, grandeur, noblesse de la poésie; les richesses de la poésie; avoir du génie pour la poésie; l'enthousiasme, le feu de la poésie; exceller dans la poésie; (amateur) féru de poésie; concours, prix de poésie; renoncer à la poésie; aimer la poésie; mélodie, musicalité des mots, des paroles dans la poésie; exprimer qqc. par la poésie; but de la poésie; la lyre est le symbole de la poésie; scander de la poésie; le domaine de la poésie (est illimité); faire de la poésie; le rythme, le vers, la rime dans la poésie; musique et poésie; poésie et imagination; rêve et poésie.
4. P. méton. Pièce de vers relativement courte. Vers, strophes d'une poésie; dire, réciter une poésie; choix d'une poésie; apprendre par coeur une poésie; recueil de poésies; des poésies fugitives; les poésies inédites d'André Chénier; les poésies de Musset, de Verlaine. Le grand homme du dîner serait Charles Morice, qui de critique est passé poète et lit au dessert des poésies qui, passant par sa voix caverneuse, font tout à fait l'effet de borborygmes (Goncourt,Journal, 1894, p.605).Me souvenant des poésies de Lautréamont, j'inventais d'inverser les termes du pater (G. Bataille,Exp. int., 1943, p.201).
B. − P. méton.
1. [Dans le domaine littér. en gén., compte tenu de ce qui définit essentiellement la poésie] Caractère poétique (de). La poésie du style; la poésie d'un roman. Imaginez un homme qui revient de la chasse et qui répond à un autre qui l'interroge: «J'ai tant tué de petits lapins blancs −que mes souliers sont pleins de sang. −... etc.» Quelle poésie sombre en ces lignes qui sont à peine des vers! (Nerval,Filles feu, Chans. et lég. du Valois, 1854, p.633).Ce document est un roman, un petit poème. −Un poème qui se déroule dans les couloirs de la chambre, sur les banquettes? −Un poème, parfaitement ! c'est une autre question de savoir si ce livre est un vrai poème; mais je vous assure que s'il manque de poésie, c'est que je suis un maladroit (Barrès,Cahiers, t.10, 1914, p.289).
2. [Dans le domaine de l'art, autre que littér., où s'impose l'idée essentielle de création] Poésie du coloris, de la couleur; poésie sonore; quelle poésie dans ce paysage! exécuter (qqc.), rendre avec poésie. Ce mot de poésie qu'il faut bien employer quand il est question de peinture, révèle une indigence de la langue qui a amené une confusion dans les attributions, dans les privilèges de chacun des beaux-arts (Delacroix,Journal, 1863, p.134).L'atmosphère sonore pénétrante et chaude, la poésie et l'ardeur expressive de toute la partie intermédiaire en mi majeur ne sont pas sans quelque liberté de diction (Cortot,Ét. piano Chopin, 1917, p.33).Leurs échecs mettent en relief les exceptionnelles difficultés des traductions visuelles et les persévérants efforts qu'il faut fournir pour révéler des danses empreintes d'intelligence, de poésie et de couleur (Bourgat,Techn. danse, 1959, p.36).
[Avec un partitif] Trouver de la poésie à (qqc.); dépourvu de (toute) poésie. Aujourd'hui que la poésie est morte et qu'elle n'est plus dans les livres, la mode veut qu'on voie de la poésie partout. Il y a de la poésie! ... est une phrase devenue comme neutre. Elle s'applique à tout (Mode, 1830, ii, p.102).
II. − [Dans une accept. métaph.]
A. − [À propos de l'aspect d'une réalité quelconque qui peut avoir un pouvoir supérieur de rayonnement ou éveiller le sentiment poétique] Tout changea lorsque Hitler s'étant retourné contre les alliés communistes, la Résistance se trouva brusquement nimbée de poésie révolutionnaire (Aymé,Confort, 1949, p.82).
(La) poésie de + déterminant + subst.Synon. charme, émotion.Grande poésie des choses banales: faits divers; voyages; (...) ô splendeurs de la vie commune et du train-train ordinaire, à vous cette âme perdue (Larbaud,Barnabooth, 1913, p.55).Comme elles étaient supérieures à nous, ces filles du peuple (...) voyant plus loin et mieux que nous, et pleines de toute la poésie du vrai, devant quoi nous faisions les dégoûtés (Larbaud,Barnabooth, 1913, p.240):
6. Je peux loyalement affirmer que, dans cette amitié, la chose qui comptait était le goût profond et naturel que Katherine Mansfield partageait avec moi pour la poésie de la nuit, de la pluie... Carco,De Montmartre au Quartier latin, 1927, p.195.
[D'une manière hypocor.] Souvent nous allions nous promener au cimetière, pour la vue particulièrement belle qu'on y avait; la poésie de cette petite terrasse lui plaisait très fort (Jouve,Scène capit., 1935, p.226).
Au plur., rare. Cependant cet appartement si misérable lui apparut dénué des poësies de l'amour qui embellit tout: il le vit sale et flétri (Balzac,Bourse, 1832, p.420).
SYNT. Poésie du ciel étoilé, du soir; poésie (intime, paisible, etc.) des champs; poésie des objets (vulgaires); poésie de la mer, de la nature, de la tempête, de la vie, des cimes; s'inspirer de la poésie des choses, des rues (de Paris), des ruines; la poésie de la science moderne, des idées (chez telle personne); paysage (sans mystère et) sans poésie.
B. − [Avec une connotation péj.] Lorsqu'on traite de sujets philosophiques, on doit éviter soigneusement toute espèce de poésie, et ne voir dans les choses que les choses mêmes (J. de Maistre,Soirées St-Pétersb., t.1, 1821, p.302).
Loc. verb. C'est de la poésie. C'est du rêve, c'est un idéal malheureusement inaccessible; ce sont de fausses imaginations. Et ce n'est pas là ce que tu rêvais (...) tu voulais un gentilhomme dominant l'art, à la tête des sculpteurs (...). Mais c'est de la poésie, vois-tu (Balzac,Cous. Bette, 1846, p.195).Hélas! C'est de la poésie, cela, bonne mère. Les morts n'existent plus que dans notre mémoire, et nous avons raison de les pleurer (Ménard,Rêv. païen, 1876, p.199).
REM.
Peinture-poésie, subst. fém.Peinture qui s'impose à l'esprit par sa force créatrice. «Joan Miro: peinture-poésie», par Margit Roweit. Le style est un peu pédant, les hypothèses parfois discutables, mais la tentative curieuse: introduire le lecteur à l'intérieur de l'univers mental de Miro (Le Point, 30 mai 1977, p.31, col. 1).
Prononc. et Orth.: [pɔezi]. Littré: ,,Dans la prononciation ordinaire, de deux syllabes``: [pwezi]. V. poème. Ac. 1694-1740: poesie, en vedette, poësie dans le texte; 1762: poësie; dep. 1798: poésie. Étymol. et Hist.A. OEuvre. 1. ca 1370 «pièce de vers» (J. Le Fevre, Leesce, éd. A. G. van Hamel, 2697: Leurs fables et leurs poësies); 2. 1666 spéc. poésie en prose (A. Furetière, Roman bourgeois, l. 1 ds Romanciers du XVIIes., éd. A. Adam, p.903: un roman n'est rien qu'une poésie en prose); 3. [xviies. poésie fugitive (s. réf. ds Lar. 19e, t.12, p.1237d)] 1769 (Delisle de Sales, De la philos. de la nature, t.3, p.373). B. Inspiration. 1. a) déb. xvies. [et non ca 1350] «ce qui, dans une oeuvre littéraire, suscite une émotion poétique» (Prol. du correcteur, 55 ds G. de Digulleville, Le romant des trois Pelerinages, cité par E. Faral ds Mél. Roques (M.) 1946, p.99: Comme se le Methamorphose L'en mettoit en langue rural, Ou poesie est toute enclose (cf. Gdf. Compl.]); b) av. 1699 p.ext. «ce qui, dans une oeuvre d'art, suscite une émotion poétique» (Racine, Annotations du Platon ds OEuvres complètes, éd. R. Picard, t.2, p.899: Tous les arts sont poésies); c) 1803 p.ext. «ce qui, dans un être, une chose, une situation, suscite une émotion poétique» (Chateaubr., Génie, t.1, p.232: la poésie de la nature); 2. 1694 «puissance créatrice de l'écrivain» (Ac.); 3. 1810 «aptitude d'une personne à ressentir une émotion poétique» (Staël, Allemagne, t.2, p.114: il y a pourtant de la poésie dans tous les êtres capables d'affections vives). C. Art.1. a) 1372-74 «art de faire des vers» (N. Oresme, Politiques, éd. A. D. Menut, VIII, 13, p.357a: la poësie manifeste ceste chose); b) 1787 haute poésie (Marmontel, Elemens de litt., t.IV, p.507, s.v. Noblesse); c) 1857 poésie pure (Baudelaire, Notes nouv. sur E. Poe, chap.IV in fine ds E. Poe, OEuvres, trad. par Ch. Baudelaire, Bruxelles, 1944, p.46); 2. 1532 «manière propre à un poète, une école, une époque, un pays de pratiquer cet art» (Cl. Marot, Préf. des poésies de Villon ds OEuvres, éd. P. Jannet, t.4, p.191: les vrayes reigles de françoyse poesie). Empr. au lat. poesis «la poésie; oeuvre poétique, ouvrage en vers», et celui-ci au gr. π ο ι ́ η σ ι ς «création, fabrication; action de composer des oeuvres poétiques; faculté de composer des oeuvres poétiques, art de la poésie, la poésie; oeuvre poétique, poème, poésie; genre poétique», dér. de π ο ι ε ́ ω (v. poème). Fréq. abs. littér.: 7388. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 13415, b) 8184; xxes.: a) 8092, b) 10720. Bbg. Bonnefoy Y.). La Poésie fr. et le principe d'identité. R. d'esthét. 1965, t.18, no3/4, pp.335-354. _ Butor (M.). Le Roman et la poésie. Lettres nouv. 1961, no2, pp.53-65. _ Ceysson (P.), Imbert (J.). La Poésie comme un lang. Paris, Larousse, 1978, 176 p._ Croce (B.). La Poésie. Paris, P.U.F., 1951, 248 p._ Lalou (E.). Hist. de la poésie fr. Paris, P.U.F., 1961, 126 p.

Wiktionnaire

Nom commun - français

poésie \pɔ.e.zi\ féminin

  1. Art de faire des ouvrages en vers.
    • La poésie de la renaissance ne peut pas se contenter de cette simplicité biblique, et, pour célébrer cette nuit de réparation, elle appelle la Joie, personnage allégorique… — (Saint-Marc Girardin, L'Épopée chrétienne, dans la Revue des deux mondes, V.6, 1850, page 156)
    • Ce cabinet était la demeure favorite du roi; c’était là qu’il prenait ses leçons d’escrime avec Pompée, et ses leçons de poésie avec Ronsard. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre III)
    • Mais il était poète aussi et la poésie, à cette époque d’absolutisme et de barbarie, était chose dangereuse lorsqu’on avait l’esprit aussi caustique que Thierrat; […]. — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895)
    1. Différents genres de poèmes. (suivi alors d’une épithète)
      • La poésie du Divan et la poésie populaire, issues de classes sociales différentes, ont su parfois puiser aux mêmes sources d’inspiration : mais ce qui forme entre elles cloison étanche, c’est la forme de la langue : la poésie du Divan emploie le vers métrique, la poésie populaire le vers syllabique. — (Nimet Arzık, Anthologie des poètes turcs contemporains, Gallimard (NRF), 1953, page 10)
    2. (Spécialement) Différentes matières que l’on traite en vers et des différents styles qu’on y emploie.
      • Poésie sacrée.
      • Mais le seul nom qui ait été sauvé de l’oubli, dans la poésie profane, est celui de ce médiocre rimeur de Mathieu-le-Juif, d’Arras, qui vivait au XIIIe siècle […]. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
      • Poésie noble, élevée, poésie burlesque.
      • Poésie familière.
  2. Art et manière de faire des vers, de la simple versification.
    • Il a choisi un genre de poésie convenable à son sujet.
  3. Qualités essentielles au genre poétique.
    • La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue, est enfermée dans sa typographie n’est pas finie, elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. — (Léo Férré)
  4. Ouvrage en prose qui tient de l’élévation et du sentiment poétiques.
    • Il y a de la poésie dans Pascal, dans Bossuet.
    • Les écrits de Platon sont pleins de poésie.
  5. Liberté, richesse particulière aux pensées, aux expressions, aux tours que l’on emploie dans la poésie.
    • La poésie du style
    • C’est la poésie du style qui a fait le succès de l’œuvre de Chateaubriand.
  6. Ce qu’il y a d’élevé, de touchant dans une œuvre, dans le caractère ou la beauté d’une personne, dans les aspects de la nature ou dans une situation.
    • Il y a de la poésie dans ses regards, dans sa manière de s’exprimer.
    • La poésie d’un paysage.
    • La poésie d’un tableau.
    • Un peu de poésie est introduite par le biais du soleil couchant. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, p. 100)
  7. Ensemble des ouvrages en vers composés dans une langue, ou selon leurs caractères communs les plus généraux, ou des traits auxquels se reconnaît la manière d’un poète.
    • Si les pièces qu’on y insère n’ont pas toutes le même mérite, au moins est-on sûr de n’y jamais rencontrer de ces fades et plattes rimailles qui, tant de fois on servi de prétexte à calomnier la Poésie. — (Journal de Paris, no 1, 1er janvier 1777, p.1)
    • La poésie française.
    • La poésie anglaise.
    • La poésie de Victor Hugo, de Lamartine.
    • La poésie grecque nous charme par son naturel.
    • Tableau de la poésie française au XVIe siècle, par Sainte-Beuve.
    • Une histoire de la poésie anglaise.
  8. Ouvrage en vers ; il ne se dit guère que des Ouvrages de peu d’étendue et s’emploie surtout en parlant des modernes.
    • Les poésies de Malherbe, de Racan.
    • Recueil de poésies satiriques, de poésies morales, de poésies fugitives.
  9. (Éducation) (Belgique) (Plus rare) Classe de cinquième secondaire, équivalente à la première française, où l’on enseigne la poésie.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POÉSIE. n. f.
L'art de faire des ouvrages en vers. La poésie est appelée le langage des dieux. La grandeur, la beauté, la noblesse de la poésie. Cultiver la poésie. Renoncer à la poésie. La poésie vit de fictions. Il se dit, dans un sens particulier, déterminé par quelque épithète, des Différents genres de poèmes. Poésie lyrique. Poésie dramatique. Poésie épique. Poésie didactique. Poésie élégiaque, érotique, pastorale, bucolique, satirique. Il se dit aussi des Différentes matières que l'on traite en vers et des différents styles qu'on y emploie. Poésie chrétienne ou sacrée. Poésie profane. Poésie noble, élevée, Poésie burlesque. Poésie familière. Il se dit aussi simplement de l'Art, de la manière de faire des vers, de la simple versification. Il a choisi un genre de poésie convenable à son sujet. Il se dit encore, absolument, des Qualités essentielles au genre poétique. Des vers, de bons vers ne sont pas toujours de la poésie. Cette tirade manque de poésie. Il se dit quelquefois, dans ce sens, en parlant d'un Ouvrage en prose qui tient de l'élévation et du sentiment poétiques. Il y a de la poésie dans Pascal, dans Bossuet. Les écrtis de Platon sont pleins de poésie. La poésie du style, Une liberté, une richesse particulière aux pensées, aux expressions, aux tours que l'on emploie dans la poésie. C'est la poésie du sigle qui a fait le succès de l'œuvre de Chateaubriand.

POÉSIE se dit quelquefois de Ce qu'il y a d'élevé, de touchant dans une œuvre d'art, dans le caractère ou la beauté d'une personne, dans les aspects de la nature. Il y a de la poésie dans ses regards, dans sa manière de s'exprimer. La poésie d'un paysage. La poésie d'un tableau. Il se dit encore de l'Ensemble des ouvrages en vers composés dans une langue, ou de leurs Caractères communs les plus généraux, ou des Traits auxquels se reconnaît la manière d'un poète. La poésie française. La poésie anglaise. La poésie de Victor Hugo, de Lamartine. La poésie grecque nous charme par son naturel. Tableau de la poésie française au XVIe siècle, par Sainte-Beuve. Une histoire de la poésie anglaise. Il signifie également Ouvrage en vers; il ne se dit guère que des Ouvrages de peu d'étendue et s'emploie surtout en parlant des modernes. Les poésies de Malherbe, de Racan. Recueil de poésies satiriques, de poésies morales, de poésies fugitives.

Littré (1872-1877)

POÉSIE (po-é-zie ; dans la prononciation ordinaire, de deux syllabes : poé-zie) s. f.
  • 1Art de faire des ouvrages en vers. Il n'y a proprement que le peuple de Dieu où la poésie soit venue par enthousiasme, Bossuet, Hist. II, 3. Notre langue ne ressemble pas à quelques autres où la poésie et la prose sont, pour ainsi dire, deux langages différents, D'Olivet, Rem. Rac. p. 220, dans POUGENS. Ce père de la poésie [Homère] est depuis quelque temps un grand sujet de dispute en France ; Perrault commença la querelle contre Despréaux …, Voltaire, Éss. sur la poés. ép. II. Lucain fut d'abord le favori de Néron, jusqu'à ce qu'il eût la noble imprudence de disputer contre lui le prix de la poésie, et le dangereux honneur de le remporter, Voltaire, ib. On demande comment, la poésie étant si peu nécessaire au monde, elle occupe un si haut rang parmi les beaux-arts ; on peut faire la même question sur la musique ; la poésie est la musique de l'âme, et surtout des âmes grandes et sensibles, Voltaire, Dict. phil. Poëtes. La poésie est l'éloquence harmonieuse, Voltaire, Rem. Pens. Pascal, 56. Voyez cet arbre aux cieux monter avec audace ; Son feuillage est peuplé d'harmonieux oiseaux ; Ses fleurs parfument l'air, ses ondoyants rameaux Amusent les zéphirs ; mais sa base profonde Attache sa racine aux fondements du monde ; Telle est la poésie…, Delille, Imag. v. Enivrons-nous de poésie, Nos cœurs n'en aimeront que mieux, Béranger, les Sciences. La poésie enivrera le monde, Béranger, Ange exilé. La poésie en France et dans Voltaire, qui fut toute la poésie du XVIIIe siècle, était singulièrement l'expression d'une société élégante, brillante, Villemain, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon.
  • 2Il se dit des différents genres de poëmes, et des différentes matières traitées en vers. Poésie épique, lyrique, dramatique. Poésie morale, familière. Poésie profane, poésie sacrée. Poésie didactique. D'un air encor plus grand la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, Boileau, Art p. III. La grande poésie s'occupa toujours d'éterniser les malheurs des hommes, Voltaire, Frag. sur l'hist. X.
  • 3 Absolument. Qualités qui caractérisent les bons vers, et qui peuvent se trouver ailleurs que dans les vers. Cette tirade manque de poésie. Nous y avons trouvé [dans une lettre de du Plessis] même de la poésie ; car vous savez mieux que moi que le style figuré est une poésie, Sévigné, à du Plessis, 19 janv. 1691. Il [David] ne tait point les vertus d'un prédécesseur injuste, qui a fait tout ce qu'il a pu pour le perdre ; il les célèbre, il les immortalise par une poésie incomparable, Bossuet, Polit. V, IV, 2.

    Éclat et richesse poétiques même en prose. Platon est plein de poésie.

    Poésie du style, richesse, hardiesse, coloris, soit dans les vers, soit dans la prose. J'ai toujours soutenu que les pièces de M. de Campistron étaient pour le moins aussi régulièrement conduites que toutes celles de l'illustre Racine ; mais il n'y a que la poésie du style qui fasse la perfection des ouvrages en vers, Voltaire, Mél. litt. Aux auteurs du Nouvelliste.

  • 4 Fig. Se dit de tout ce qu'il y a d'élevé, de touchant, dans une œuvre d'art, dans le caractère ou la beauté d'une personne, et même dans une production naturelle. Tous ces rares et divins insensés font de la poésie dans la vie, de là leur malheur, Diderot, Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 220, dans POUGENS. Vien dessine bien, peint bien ; mais il ne pense ni ne sent ; Doyen serait son écolier dans l'art, mais il serait son maître en poésie, Diderot, ib. t. IX, p. 55, édit. 1821. Telle est la poésie instinctive de l'esprit humain qu'il est porté à recevoir des faits une impression plus vive, plus grande que ne sont les faits mêmes, Guizot, Hist. de la civil. en France, 8e leçon.
  • 5Art de faire des vers, versification. Poésie harmonieuse. Les premières histoires, les premières lois furent en vers ; la poésie fut trouvée avant la prose, cela devait être, Rousseau, Ess. sur l'orig. des langues, chap. 12.

    La manière de faire des vers qui est particulière à un poëte, à une nation. La poésie de la Fontaine. La poésie grecque, latine, française.

  • 6 Au plur. Ouvrages en vers. Recueil de poésies satiriques. Les poésies de Malherbe.

HISTORIQUE

XVIe s. Racontez comme en lui la sainte poesie, Rare present du ciel… Se maintint pure et nette…, Desportes, Tombeau de Desportes. Il se presentoit tant de petits avortons de poesie, qu'il fut un temps que le peuple se voulant mocquer d'un homme, il l'appelloit poete, Pasquier, Rech. VII, p. 615, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

POÉSIE.

Fig. Ajoutez : Tous les arts sont poésies, Racine, Lexique, éd. P. Mesnard.

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Étymologie de « poésie »

Lat. poesis (voy. POËME).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin poesis (« poésie, art poétique, œuvre poétique »), lui-même issu du grec ancien ποίησις, poíêsis (« action de faire, création »).
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Phonétique du mot « poésie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
poésie pɔesi

Fréquence d'apparition du mot « poésie » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « poésie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « poésie »

  • La peinture est une poésie muette et la poésie une peinture parlante.
    Marie-Philippe Commetti
  • C'est à la poésie que tend l'homme ; il n'y a de poésie que du concret.
    Louis Aragon — Le paysan de Paris
  • La poésie est le miroir brouillé de notre société. Et chaque poète souffle sur ce miroir : son haleine différemment l'embue.
    Louis Aragon — Chronique du bel canto, Skira
  • Sans la justesse de l'expression, pas de poésie.
    Théodore de Banville — Petit Traité de poésie française
  • Les jugements sur la poésie ont plus de valeur que la poésie. Ils sont la philosophie de la poésie.
    Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont — Poésies, II
  • La poésie, notre poésie se lit comme le journal. Le journal du monde qui va venir.
    Louis Aragon — Chronique du bel canto, Skira
  • La poésie cesse à l'idée. Toute idée la tue.
    Jean Cocteau — La Difficulté d'être, Éditions du Rocher
  • Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire dans le progrès. Nous ne nous occupons, avec amusement, que de l’aujourd’hui. Nous voulons être des mystiques du détail, des taraudeurs et des clairvoyants, des anti-conceptionnistes et des râleurs littéraires. Nous voulons supprimer le désir pour toute forme de beauté, de culture, de poésie, pour tout raffinement intellectuel, toute forme de goût, socialisme, altruisme et synonymisme.
    Hugo Ball et Richard Huelsenbeck — Manifeste littéraire
  • Tous les grands poètes deviennent naturellement, fatalement, critiques.
    Charles Baudelaire — L'Art romantique
  • L'histoire, la révolution, l'amour ne vont à leurs hauts paroxysmes que par la folie de la poésie.
    André Pieyre de Mandiargues — Le Troisième Belvédère, Gallimard
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Traductions du mot « poésie »

Langue Traduction
Anglais poetry
Espagnol poesía
Italien poesia
Allemand poesie
Chinois 诗歌
Arabe الشعر
Portugais poesia
Russe поэзия
Japonais
Basque poesia
Corse puesia
Source : Google Translate API

Combien de points fait le mot poésie au Scrabble ?

Nombre de points du mot poésie au scrabble : 7 points

Poésie

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