La langue française

Pic

Sommaire

  • Définitions du mot pic
  • Étymologie de « pic »
  • Phonétique de « pic »
  • Citations contenant le mot « pic »
  • Images d'illustration du mot « pic »
  • Traductions du mot « pic »
  • Synonymes de « pic »
  • Antonymes de « pic »

Définitions du mot pic

Trésor de la Langue Française informatisé

PIC1, subst. masc.

Oiseau grimpeur au plumage très varié, qui niche dans des trous creusés dans les arbres et se nourrit principalement de larves et de vers qu'il va chercher dans l'écorce en la frappant et la creusant par des coups de bec répétés. L'arbre éprouvé mûrement, le pic se l'adjuge, s'y établit; là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes y habite (Michelet, Oiseau, 1856, p.187):
. Si mystérieux, si invisible que soit souvent le pic tout de vert vêtu, dans la feuillée, il nous devient familier. Le pic n'est pas un habitant silencieux (...). Tout le long du tronc d'arbre, son bec, en des coups retentissants, frappe le bois. Bachelard, Poét. espace, 1957, p.98.
ORNITH. Genre d'oiseaux de la famille des Picidés, de l'ordre des Piciformes (infra rem.).
Pic épeiche* ou pic rouge.
Pic noir ou pic de montagne. Pic de la taille d'une corneille. Les Pics noirs (...) grandes espèces qui recherchent spécialement les conifères, sont répandus en Amérique, en Europe, en Asie et en Indo-Malaisie (Zool., t.4, 1974, p.574 [Encyclop. de la Pléiade]).
Pic-vert. V. pivert.
REM. 1.
Pic-bois, subst. masc.,région. (Canada), synon.Un tronc d'arbre déchiqueté par les coups de bec tenaces des pics-bois qui le laisseront à moitié mort (V.-L. Beaulieu, La Nuitte, Montréal, éd. du Jour, 1969, p.139).
2.
Picidés, subst. masc. plur.,ornith. Famille d'oiseaux comprenant les pics et les torcols. Les Picidés sont un groupe très important de quelque 210 espèces, dont 179 sont très spécialisées et ont évolué vers une morphologie de vrais grimpeurs d'arbres (Zool., t.4, 1974, p.571[Encyclop. de la Pléiade]).
3.
Piciformes, subst. masc. plur.,ornith. Ordre d'oiseaux comprenant plusieurs familles auxquelles appartiennent les barbus, les indicateurs, les jacamars, les toucans et les picidés. L'ordre des Piciformes comprend plusieurs familles, certaines très spécialisées, dont la plupart habitent les zones tropicales. Ils ont tous deux doigts dirigés en avant et deux en arrière, ce qui permet à beaucoup de grimper aisément le long des arbres (Zool., t.4, 1974, p.567[Encyclop. de la Pléiade]).
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. L'anc. prononc. [pi] conservée, grâce à la graph., dans le composé pivert encore qqf. écrit pic-vert ou picvert (v. Buben 1935, § 194). Étymol. et Hist. Fin du xives. (Le Livre des secrez de nature, 322 d'apr. R. Arveiller ds Mél. J. Horrent, 1980, p.10). Du lat. pop. *piccus «id.» (que l'on suppose d'après les formes ibéro-romanes et gallo-rom.; cf. p.ex. le piémontais, lomb., frioulan pik, le cat. picot, l'esp. pico ainsi que l'a. prov. pic (2emoitié du xiies. ds Rayn.); issu, par redoublement expr. du c, du lat. class. picus, masc. de pica, v. pie. Bbg. Callebaut (B.). Index hist. et explicatif des n. des oiseaux en fr. Trav. Ling. Gand. 1980, no7, p.163. _Poirier (C.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. Ling. québécoise. 2. Québec, 1978, pp.66-67 (s.v. pic-bois).

PIC2, subst. masc.

A. − Outil constitué par un fer légèrement courbé à une ou deux pointes, fixé à un manche de bois et utilisé notamment pour creuser un sol dur, détacher ou fendre des blocs de roche, démolir un mur. Pic de carrier, de maçon, de mineur, de terrassier; pic de démolisseur. Les maçons donnèrent les coups de pic qui firent gémir la maison et Constance (Balzac, C. Birotteau, 1837, p.160).Nous étions tous les deux occupés à rentrer des outils du jardin, des pics et des pelles qui avaient servi à creuser des trous (Alain-Fournier, Meaulnes, 1913, p.53).Il fallut tailler dans le roc et en désagréger les blocs en introduisant dans leurs fissures la dent du pic (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p.129).
ARCHÉOL. Silex allongé taillé à larges éclats, présentant à l'une de ses extrémités ou aux deux, une pointe grossière, ayant pu servir à fouir la terre ou attaquer des roches tendres. Le pic en silex qui pouvait servir à creuser la terre ou le roc (S. Blanc, Init. préhist., 1932, p.69).
B. − P. anal.
1. Barre de fer pointue avec laquelle on attise le feu. (Dict.xxes.). Synon. tisonnier.
2. Ce qui comporte une extrémité pointue et, p.méton., cette extrémité. Le coq du clocher se raidit sur son pic de fer (Renard, Journal, 1900, p.620).Des nichées de corbeaux qui défendaient énergiquement, du pic solide de leur bec, leurs jeunes couvées (Pergaud, De Goupil, 1910, p.105):
. ... le hanneton (...), enfermé sous terre, se trouve tout à coup ce jour-là un parfait mécanicien. De lui-même, de tout son corps, il fait un levier. Son extrémité postérieure se trouve justement être un pic, une forte pointe. Il l'enfonce solidement, s'ancre, s'affermit. Michelet, Insecte, 1857, p.81.
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1160-74 pis plur. «outil» (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3264). Prob. empl. fig. de pic1*, avec infl. du verbe piquer* (v. FEW t.8, p.433a-b; 436 a-b et 438a, note 43). Bbg. Quem. DDL t.6. _ Sculpt. 1978, p.594.

PIC3, subst. masc.;À PIC, loc. adv. et loc. adj. inv.;À-PIC, subst. masc. inv.

I. − Subst. masc. Montagne dont le sommet, vu à distance, semble former une pointe. Le pic du Ténériffe. L'île ne gardait point son âpre aspect d'autrefois (...). Son pic neigeux s'était affaissé et il n'en subsistait plus qu'une colline (A. France, Île ping., 1908, p.75).Regardez cet hôtel qui brille là-haut, sur le pic, comme un diamant dans un écrin blanc... Et les couleurs sur la neige (Maurois, Climats, 1928, p.201):
1. ... je suis parti à midi pour aller tenter à cheval une excursion dans les montagnes. On m'avait beaucoup parlé du pic de Bergon, d'où l'on voit, comme si l'on était sur les lieux, la cascade de Gavarnie, le pic du Midi et jusqu'aux plaines d'Espagne, Saragosse, etc. Maine de Biran, Journal, 1816, p.168.
P. méton. Le sommet lui-même. Pics enneigés des Alpes. Elle se trouvait en montagne avec un groupe de jeunes gens et faisait avec eux l'ascension de je ne sais plus quel pic de La Chartreuse (Green, Journal, 1948, p.137).
P. anal. Partie d'une courbe, d'un diagramme correspondant à un maximum. Dès 1964, les docteurs Alain Reinberg et Edwin Sidi démontraient que chez l'homme adulte sain existe un «pic», une réponse maximale à l'injection intradermique d'une quantité fixe d'histamine vers 23 heures, et un «creux» vers 11 heures du matin (Le Monde, 19 juill. 1978, p.11, col. 3).
II. − Loc. À pic
A. − Loc. adv.
1. Selon une pente proche de la verticale; en pente très raide. La rue (...), escarpée comme une échelle, ressemble, trait pour trait, à ces ruelles de Gênes qui tombent à pic dans la via Balbi (Farrère, Homme qui assass., 1907, p.20).Les chemins qui ramenaient, un peu trop à pic à mon gré, vers Balbec (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p.915):
2. Je venais de Fécamp en suivant la côte, la haute côte droite comme une muraille, avec ses saillies de rochers crayeux tombant à pic dans la mer. J'avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l'abîme sous le vent salé du large. Maupass., Contes et nouv., t.2, Miss Harriet, 1883, p.863.
Couler à pic. V. couler2A.
MAR. [À propos d'une ancre ou de sa chaîne] Dans une position verticale au cours de la remontée, au moment où l'ancre touche encore le fond (d'apr. Gruss. 1978). −(...) Le brick appareille! −L'ancre est à pic!... s'écria Pencroff. −Oui, et elle dérape déjà (Verne, Île myst., 1874, p.446).
2. Au fig., fam. Au moment opportun. Conseil qui arrive, qui tombe à pic. Rachel vous a tapé (...). Vous venez à pic pour la tirer d'une sale angoisse. C'est encore Alexandre, mon cochon de frère, qui a fait des dettes dans les colonies (Gide, Faux-monn., 1925, p.1127).Tu tombes à pic, Lucie (...). Tous les copains sont présents (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p.181):
3. irène: (...) Mais ils ont l'air de t'avoir déguisé, mon pauvre amour!... georget, vexé: Ça tombe à pic tes plaisanteries! H. Bataille, Maman Colibri, 1904, III, 2, p.21.
B. − Loc. adj. inv.
1. Dont la pente est proche de la verticale ou très raide. Côte, montagne à pic. Bâle (...) un air de Germanie du Moyen Âge, des rues à pic où il est impossible de monter deux de front (Villiers de L'I.-A., Corresp., 1869, p.130).Une quinzaine de coupoles bordées au sud par la falaise à pic du Mokattam qui est l'extrémité de la chaîne arabique (Barrès, Cahiers, t.6, 1907, p.172):
4. Depuis cet endroit jusqu'au district d'Afareahitu (...), le pays n'est plus qu'une étroite bande de terrain, longue et sinueuse, resserrée entre la mer et les mornes à pic, −au flanc desquels sont accrochées d'impénétrables forêts. Loti, Mariage, 1882, p.237.
2. Région. (Canada). Irritable, de mauvaise humeur. Tu es bien à pic ce matin (Canada1930).
C. − Subst. masc. inv. À pic. Endroit très escarpé; versant d'une montagne, d'un terrain dont la pente est très forte. Après trois jours de recherche (...), on découvrait au bas d'un à-pic le corps d'Ulrich Gunther affreusement broyé (Barrès, Cahiers, t.10, 1913, p.91).La roche sableuse fait un à-pic d'une centaine de mètres (T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p.92).
Prononc. et Orth. V. pic2. Étymol. et Hist.1. 1690 pic de Teneriffe (Fur.); 2. 1749 «cime d'une montagne faisant partie d'une chaîne» (Buffon, Hist. nat., t.1, p.255); 2. a) α) 1611 coste à pic ou en pic (Cotgr., cité comme mot norm.); 1740 (Ac.: cette montagne est coupée à pic, est à pic); β) 1868 sombrer à pic (Verne, Enf. cap. Grant, t.3, p.39); b) 1846 tomber, arriver à pic (Besch.). Surtout en usage dans les parlers méridionaux (ca 1350 d'apr. FEW t.8, 449b, aussi xives. ds Rayn.) ainsi qu'en esp. et port. où l'on a pico, pic est att. d'abord sous la forme esp. pico dans un texte fr. de 1674 (Thévenot, Suite du voyage de Levant, éd. 1674, p.354) et semble être empr. à l'esp. pico «id.» (att. dans des topon. à partir de la fin du xies., v. Cor.-Pasc.), lui-même issu d'un préroman *pikk, de formation analogue à celle des dér. de *pikkare, v. piquer. V. FEW, loc. cit. Bbg. Quem. DDL t.17, 27.

PIC4, subst. masc.

A. − JEU DE PIQUET. Coup qui permet au joueur, parvenu à trente points sans que son adversaire ait rien marqué, de doubler son avantage et de marquer soixante points. Faire pic. Une suite traîtresse De pics, de repics, de capots (Béranger, Chans., t.2 1829, p.198).
B. − MAR. Partie de la corne d'artimon qui se trouve en dehors de la brigantine ou de l'artimon et, p.ext., corne d'artimon (d'apr. Gruss 1978).
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist.1. a) 1501 picq «jeu de piquet» (Doc. ds Gdf. Compl.); b) jeu de piquet 1585 empl. comme n. de personnage (J. Perrache, Le Triomphe du berlan, 19 ro[Guillemot] ds Quem. DDL t.21); 1656 [éd.] (Quinault, L'Amant indiscret, I, 4, p.13: Il me fera vingt fois pic, repic et capot); 2. 1831 mar. «corne d'artimon» (Will.). Déverbal de piquer*.
STAT.Pic1 à 4. Fréq. abs. littér.: 1149. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2367, b) 2373; xxes.: a) 848, b) 1084.

Trésor de la Langue Française informatisé

PIC1, subst. masc.

Oiseau grimpeur au plumage très varié, qui niche dans des trous creusés dans les arbres et se nourrit principalement de larves et de vers qu'il va chercher dans l'écorce en la frappant et la creusant par des coups de bec répétés. L'arbre éprouvé mûrement, le pic se l'adjuge, s'y établit; là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes y habite (Michelet, Oiseau, 1856, p.187):
. Si mystérieux, si invisible que soit souvent le pic tout de vert vêtu, dans la feuillée, il nous devient familier. Le pic n'est pas un habitant silencieux (...). Tout le long du tronc d'arbre, son bec, en des coups retentissants, frappe le bois. Bachelard, Poét. espace, 1957, p.98.
ORNITH. Genre d'oiseaux de la famille des Picidés, de l'ordre des Piciformes (infra rem.).
Pic épeiche* ou pic rouge.
Pic noir ou pic de montagne. Pic de la taille d'une corneille. Les Pics noirs (...) grandes espèces qui recherchent spécialement les conifères, sont répandus en Amérique, en Europe, en Asie et en Indo-Malaisie (Zool., t.4, 1974, p.574 [Encyclop. de la Pléiade]).
Pic-vert. V. pivert.
REM. 1.
Pic-bois, subst. masc.,région. (Canada), synon.Un tronc d'arbre déchiqueté par les coups de bec tenaces des pics-bois qui le laisseront à moitié mort (V.-L. Beaulieu, La Nuitte, Montréal, éd. du Jour, 1969, p.139).
2.
Picidés, subst. masc. plur.,ornith. Famille d'oiseaux comprenant les pics et les torcols. Les Picidés sont un groupe très important de quelque 210 espèces, dont 179 sont très spécialisées et ont évolué vers une morphologie de vrais grimpeurs d'arbres (Zool., t.4, 1974, p.571[Encyclop. de la Pléiade]).
3.
Piciformes, subst. masc. plur.,ornith. Ordre d'oiseaux comprenant plusieurs familles auxquelles appartiennent les barbus, les indicateurs, les jacamars, les toucans et les picidés. L'ordre des Piciformes comprend plusieurs familles, certaines très spécialisées, dont la plupart habitent les zones tropicales. Ils ont tous deux doigts dirigés en avant et deux en arrière, ce qui permet à beaucoup de grimper aisément le long des arbres (Zool., t.4, 1974, p.567[Encyclop. de la Pléiade]).
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. L'anc. prononc. [pi] conservée, grâce à la graph., dans le composé pivert encore qqf. écrit pic-vert ou picvert (v. Buben 1935, § 194). Étymol. et Hist. Fin du xives. (Le Livre des secrez de nature, 322 d'apr. R. Arveiller ds Mél. J. Horrent, 1980, p.10). Du lat. pop. *piccus «id.» (que l'on suppose d'après les formes ibéro-romanes et gallo-rom.; cf. p.ex. le piémontais, lomb., frioulan pik, le cat. picot, l'esp. pico ainsi que l'a. prov. pic (2emoitié du xiies. ds Rayn.); issu, par redoublement expr. du c, du lat. class. picus, masc. de pica, v. pie. Bbg. Callebaut (B.). Index hist. et explicatif des n. des oiseaux en fr. Trav. Ling. Gand. 1980, no7, p.163. _Poirier (C.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. Ling. québécoise. 2. Québec, 1978, pp.66-67 (s.v. pic-bois).

PIC2, subst. masc.

A. − Outil constitué par un fer légèrement courbé à une ou deux pointes, fixé à un manche de bois et utilisé notamment pour creuser un sol dur, détacher ou fendre des blocs de roche, démolir un mur. Pic de carrier, de maçon, de mineur, de terrassier; pic de démolisseur. Les maçons donnèrent les coups de pic qui firent gémir la maison et Constance (Balzac, C. Birotteau, 1837, p.160).Nous étions tous les deux occupés à rentrer des outils du jardin, des pics et des pelles qui avaient servi à creuser des trous (Alain-Fournier, Meaulnes, 1913, p.53).Il fallut tailler dans le roc et en désagréger les blocs en introduisant dans leurs fissures la dent du pic (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p.129).
ARCHÉOL. Silex allongé taillé à larges éclats, présentant à l'une de ses extrémités ou aux deux, une pointe grossière, ayant pu servir à fouir la terre ou attaquer des roches tendres. Le pic en silex qui pouvait servir à creuser la terre ou le roc (S. Blanc, Init. préhist., 1932, p.69).
B. − P. anal.
1. Barre de fer pointue avec laquelle on attise le feu. (Dict.xxes.). Synon. tisonnier.
2. Ce qui comporte une extrémité pointue et, p.méton., cette extrémité. Le coq du clocher se raidit sur son pic de fer (Renard, Journal, 1900, p.620).Des nichées de corbeaux qui défendaient énergiquement, du pic solide de leur bec, leurs jeunes couvées (Pergaud, De Goupil, 1910, p.105):
. ... le hanneton (...), enfermé sous terre, se trouve tout à coup ce jour-là un parfait mécanicien. De lui-même, de tout son corps, il fait un levier. Son extrémité postérieure se trouve justement être un pic, une forte pointe. Il l'enfonce solidement, s'ancre, s'affermit. Michelet, Insecte, 1857, p.81.
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1160-74 pis plur. «outil» (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3264). Prob. empl. fig. de pic1*, avec infl. du verbe piquer* (v. FEW t.8, p.433a-b; 436 a-b et 438a, note 43). Bbg. Quem. DDL t.6. _ Sculpt. 1978, p.594.

PIC3, subst. masc.;À PIC, loc. adv. et loc. adj. inv.;À-PIC, subst. masc. inv.

I. − Subst. masc. Montagne dont le sommet, vu à distance, semble former une pointe. Le pic du Ténériffe. L'île ne gardait point son âpre aspect d'autrefois (...). Son pic neigeux s'était affaissé et il n'en subsistait plus qu'une colline (A. France, Île ping., 1908, p.75).Regardez cet hôtel qui brille là-haut, sur le pic, comme un diamant dans un écrin blanc... Et les couleurs sur la neige (Maurois, Climats, 1928, p.201):
1. ... je suis parti à midi pour aller tenter à cheval une excursion dans les montagnes. On m'avait beaucoup parlé du pic de Bergon, d'où l'on voit, comme si l'on était sur les lieux, la cascade de Gavarnie, le pic du Midi et jusqu'aux plaines d'Espagne, Saragosse, etc. Maine de Biran, Journal, 1816, p.168.
P. méton. Le sommet lui-même. Pics enneigés des Alpes. Elle se trouvait en montagne avec un groupe de jeunes gens et faisait avec eux l'ascension de je ne sais plus quel pic de La Chartreuse (Green, Journal, 1948, p.137).
P. anal. Partie d'une courbe, d'un diagramme correspondant à un maximum. Dès 1964, les docteurs Alain Reinberg et Edwin Sidi démontraient que chez l'homme adulte sain existe un «pic», une réponse maximale à l'injection intradermique d'une quantité fixe d'histamine vers 23 heures, et un «creux» vers 11 heures du matin (Le Monde, 19 juill. 1978, p.11, col. 3).
II. − Loc. À pic
A. − Loc. adv.
1. Selon une pente proche de la verticale; en pente très raide. La rue (...), escarpée comme une échelle, ressemble, trait pour trait, à ces ruelles de Gênes qui tombent à pic dans la via Balbi (Farrère, Homme qui assass., 1907, p.20).Les chemins qui ramenaient, un peu trop à pic à mon gré, vers Balbec (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p.915):
2. Je venais de Fécamp en suivant la côte, la haute côte droite comme une muraille, avec ses saillies de rochers crayeux tombant à pic dans la mer. J'avais marché depuis le matin sur ce gazon ras, fin et souple comme un tapis, qui pousse au bord de l'abîme sous le vent salé du large. Maupass., Contes et nouv., t.2, Miss Harriet, 1883, p.863.
Couler à pic. V. couler2A.
MAR. [À propos d'une ancre ou de sa chaîne] Dans une position verticale au cours de la remontée, au moment où l'ancre touche encore le fond (d'apr. Gruss. 1978). −(...) Le brick appareille! −L'ancre est à pic!... s'écria Pencroff. −Oui, et elle dérape déjà (Verne, Île myst., 1874, p.446).
2. Au fig., fam. Au moment opportun. Conseil qui arrive, qui tombe à pic. Rachel vous a tapé (...). Vous venez à pic pour la tirer d'une sale angoisse. C'est encore Alexandre, mon cochon de frère, qui a fait des dettes dans les colonies (Gide, Faux-monn., 1925, p.1127).Tu tombes à pic, Lucie (...). Tous les copains sont présents (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p.181):
3. irène: (...) Mais ils ont l'air de t'avoir déguisé, mon pauvre amour!... georget, vexé: Ça tombe à pic tes plaisanteries! H. Bataille, Maman Colibri, 1904, III, 2, p.21.
B. − Loc. adj. inv.
1. Dont la pente est proche de la verticale ou très raide. Côte, montagne à pic. Bâle (...) un air de Germanie du Moyen Âge, des rues à pic où il est impossible de monter deux de front (Villiers de L'I.-A., Corresp., 1869, p.130).Une quinzaine de coupoles bordées au sud par la falaise à pic du Mokattam qui est l'extrémité de la chaîne arabique (Barrès, Cahiers, t.6, 1907, p.172):
4. Depuis cet endroit jusqu'au district d'Afareahitu (...), le pays n'est plus qu'une étroite bande de terrain, longue et sinueuse, resserrée entre la mer et les mornes à pic, −au flanc desquels sont accrochées d'impénétrables forêts. Loti, Mariage, 1882, p.237.
2. Région. (Canada). Irritable, de mauvaise humeur. Tu es bien à pic ce matin (Canada1930).
C. − Subst. masc. inv. À pic. Endroit très escarpé; versant d'une montagne, d'un terrain dont la pente est très forte. Après trois jours de recherche (...), on découvrait au bas d'un à-pic le corps d'Ulrich Gunther affreusement broyé (Barrès, Cahiers, t.10, 1913, p.91).La roche sableuse fait un à-pic d'une centaine de mètres (T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p.92).
Prononc. et Orth. V. pic2. Étymol. et Hist.1. 1690 pic de Teneriffe (Fur.); 2. 1749 «cime d'une montagne faisant partie d'une chaîne» (Buffon, Hist. nat., t.1, p.255); 2. a) α) 1611 coste à pic ou en pic (Cotgr., cité comme mot norm.); 1740 (Ac.: cette montagne est coupée à pic, est à pic); β) 1868 sombrer à pic (Verne, Enf. cap. Grant, t.3, p.39); b) 1846 tomber, arriver à pic (Besch.). Surtout en usage dans les parlers méridionaux (ca 1350 d'apr. FEW t.8, 449b, aussi xives. ds Rayn.) ainsi qu'en esp. et port. où l'on a pico, pic est att. d'abord sous la forme esp. pico dans un texte fr. de 1674 (Thévenot, Suite du voyage de Levant, éd. 1674, p.354) et semble être empr. à l'esp. pico «id.» (att. dans des topon. à partir de la fin du xies., v. Cor.-Pasc.), lui-même issu d'un préroman *pikk, de formation analogue à celle des dér. de *pikkare, v. piquer. V. FEW, loc. cit. Bbg. Quem. DDL t.17, 27.

PIC4, subst. masc.

A. − JEU DE PIQUET. Coup qui permet au joueur, parvenu à trente points sans que son adversaire ait rien marqué, de doubler son avantage et de marquer soixante points. Faire pic. Une suite traîtresse De pics, de repics, de capots (Béranger, Chans., t.2 1829, p.198).
B. − MAR. Partie de la corne d'artimon qui se trouve en dehors de la brigantine ou de l'artimon et, p.ext., corne d'artimon (d'apr. Gruss 1978).
Prononc. et Orth.: [pik]. Homon. pique. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist.1. a) 1501 picq «jeu de piquet» (Doc. ds Gdf. Compl.); b) jeu de piquet 1585 empl. comme n. de personnage (J. Perrache, Le Triomphe du berlan, 19 ro[Guillemot] ds Quem. DDL t.21); 1656 [éd.] (Quinault, L'Amant indiscret, I, 4, p.13: Il me fera vingt fois pic, repic et capot); 2. 1831 mar. «corne d'artimon» (Will.). Déverbal de piquer*.
STAT.Pic1 à 4. Fréq. abs. littér.: 1149. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2367, b) 2373; xxes.: a) 848, b) 1084.

Wiktionnaire

Nom commun 1

pic \pik\ ou \pi\ masculin

  1. (Ornithologie) Oiseau grimpeur se nourrissant de larves qu’il va chercher dans l’écorce en la frappant par des coups de bec répétés pour tester la résonance du bois (martèlement) ; communiquant également avec ses congénères par ce moyen (tambourinage)[4] et creusant son nid dans un tronc d’arbre.
    • L'arbre éprouvé mûrement, le pic se l'adjuge, s'y établit; là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes y habite. — (Jules Michelet, Oiseau, 1856)
    1. Pivert.
      • Si mystérieux, si invisible que soit souvent le pic tout de vert vêtu, dans la feuillée, il nous devient familier. Le pic n'est pas un habitant silencieux […]. Tout le long du tronc d'arbre, son bec, en des coups retentissants, frappe le bois. — (Gaston Bachelard, Poétique de l’espace, 1957)
  2. (Ornithologie) (Spécifiquement) Nom normalisé donné à 26 genres comprenant 201 espèces d'oiseaux grimpeurs et insectivores de la famille des picidés (ordre des piciformes) caractérisés par leur aptitude à grimper le long du tronc des arbres à l'aide de leurs pattes zygodactyles, par leur bec droit et robuste avec lequel ils perforent l'écorce et le liber des arbres par tambourinage, en quête de larves d'insectes, de fourmis et autres insectes xylophages ou xylophiles, et par leur os hyoïde très long qui amarre leur très longue langue et qui aide à amortir les chocs répétitifs du bec contre l'arbre et protéger ainsi contre le stress crânien; les picidés sont distribués partout dans le monde sauf en Australasie, à Madagascar et en Antarctique (genres principaux: Picus, Melanerpes, Celeus, Veniliornis, Campephilus, etc.).
    • Le pic épeiche (Dendrocopos major), au plumage noir, blanc et rouge, est le pic le plus commun en Europe.

Nom commun 2

pic \pik\ masculin

  1. Instrument de fer courbé, pointu, à long manche, dont on se sert pour casser des fragments de rocher ou pour ouvrir la terre.
    • L’un des blocs situé à l’extrémité du mur… fut entaillé au pic pour permettre la mise en place d’un bloc transversal… — (Jean-Pierre Brun, Une parfumerie romaine sur le forum de Paestum, 2003)
    • Il fallut tailler dans le roc et en désagréger les blocs en introduisant dans leurs fissures la dent du pic. — (Charles Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne, 1926)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PIC. n. m.
Instrument de fer courbé et pointu vers le bout, qui a un manche de bois et dont on se sert pour détacher des morceaux de rocher et pour creuser la terre.

Littré (1872-1877)

PIC (pik) s. m.
  • 1Instrument de fer courbé, pointu, à long manche, dont on se sert pour casser des fragments de rocher ou pour ouvrir la terre. Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit, La Fontaine, Fabl. VI, 18.
  • 2Morceau de fer pointu avec lequel on attise le feu de charbon de terre.
  • 3 Terme de verrerie. Petit crochet de fer, pour diriger, par de petits coups donnés à propos, les cassures qui surviennent au bonnet du manchon.
  • 4 Terme de passementerie. Petit ouvrage de cartisane, en forme de carré dont les angles sont émoussés.
  • 5 Terme de marine. Extrémité de la vergue d'artimon.
  • 6 Terme de jardinage. Pic ou long bois, voy. PLEYON.

HISTORIQUE

XIIe s. Il fait creuser souz terre à pic et à martel, Sax. IX.

XIVe s. Et puis viennent au mur li bon mineur de pris, Qui pour les murs percer feroient [frappaient] de leurs pis, Guesclin. 11218.

XVIe s. … s'exerçoit à la hasche, laquelle tant bien croulloyt, tant verdement de tous picz [coups de pointe] resserroyt, que…, Rabelais, Garg. I, 23.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PIC, s. m. (Hist. nat. Ornitholog.) nom générique que l’on a donné à plusieurs oiseaux ; les caracteres de ce genre sont rapportés à l’article Oiseau. Voyez Oiseau.

Pic d’Auvergne. Voyez Pic de muraille.

Pic cendré. Voyez Torchepot.

Pic de muraille, Echelette, Ternier, Pitschat, Pic d’Auvergne, picus murarius Aldrovandi. Wil. oiseau qui est un peu plus gros que le moineau domestique ; il a le bec long, mince & noir ; la tête, le cou & le dos sont cendrés ; la poitrine a une couleur blanchâtre ; les aîles sont en partie cendrées & en partie rouges, sur-tout près du corps ; les plus longues plumes des aîles, la partie inférieure du dos, le ventre & les jambes sont noires, la queue est courte & a la même couleur que le dos ; les jambes sont courtes comme dans toutes les especes de pic. Cet oiseau a les doigts très-longs ; il y en a trois dirigés en avant & un en arriere ; les ongles sont crochus & pointus. Aldrovande dit que le pic de muraille a le vol semblable à celui de la huppe, parce qu’il remue presque continuellement les aîles ; on a donné à cet oiseau le nom de pic de muraille, parce qu’il se soutient & grimpe le long des murs pour chercher des vers entre les joints des pierres comme le pic verd en cherche sur le tronc des arbres : il a une voix très-agréable ; il vole ordinairement seul, quelquefois ou en voit deux ensemble, il niche dans des creux d’arbres. Willughby, Ornit. Voyez Oiseau.

Grand Pic noir. Voyez Pimar.

Pic rouge. Voyez Epeiche.

Pic verd, Pivert, Pic mars, picus viridis. Wil. oiseau qui a environ onze pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’au bout des doigts, & plus d’un pié jusqu’à l’extrémité de la queue : l’envergure est d’un pié sept pouces & plus ; le bec a près de deux pouces de longueur depuis sa pointe jusqu’aux coins de la bouche, il est noir, dur, épais, triangulaire & obtus par le bout. Cet oiseau a la langue très-longue & terminée par une sorte de pointe osseuse dont il perce les insectes en lançant sa langue sur eux comme un dard : sa tête est d’une belle couleur rouge parsemée de taches noires ; les yeux sont entourés de noir, & il y a de chaque côté sous la piece inférieure du bec un trait rouge de même couleur que la tête ; la gorge, la poitrine & le ventre sont d’un verd pâle ; le dos, le cou, & les petites plumes des aîles ont une couleur verte ; le croupion est d’un jaune couleur de paille ; les plumes du dessous de la queue ont de petites bandes brunes transversales. Il y a dix-neuf grandes plumes dans chaque aîle, sans compter la premiere qui est très-courte ; celles qui sont le plus près du corps ont les barbes extérieures vertes & les intérieures de couleur brune, parsemées de taches blanches en demi-cercle ; les autres ont les barbes intérieures de la même couleur que les premieres plumes, & les barbes extérieures sont brunes & ont des taches blanches ; la queue a quatre pouces & demi de longueur, elle est composée de dix plumes recourbées en-dessous, qui paroissent fourchues, parce que le tuyau ne s’étend pas jusqu’aux dernieres barbes de chaque plume ; les deux du milieu & les deux qui suivent de chaque côté ont sur la face supérieure des taches transversales d’un verd obscur, & sur la face inférieure des taches blanchâtres ; les deux extérieures de chaque côté ont la pointe plus obtuse que les autres ; la plus grande a sur toute sa surface des taches noires & des taches d’un verd obscur, la plus petite est verdâtre à la pointe, & noirâtre à la racine ; les piés sont d’un blanc verdâtre. Cet oiseau a deux doigts en avant & deux en arriere ; Il se nourrit d’insectes, & principalement de fourmis. La femelle pond cinq ou six œufs à chaque couvée. Le pic verd sur lequel on a fait cette description étoit mâle, il pesoit presque sept onces ; dans toutes les especes de pics, la pointe du tuyau des plumes de la queue paroît usée & rompue, parce que ces oiseaux se soutiennent, comme je l’ai déjà dit, sur ces plumes, en grimpant sur les arbres. Willughby, Ornit. Voyez Oiseau.

La langue de cet oiseau a arrêté les regards de plusieurs physiciens, & entr’autres de Mrs Borelli, Perrault, Derham, & Mery.

Elle est faite d’un petit os fort court, revêtu d’un cornet d’une substance écailleuse ; sa figure est pyramidale ; elle est articulée par sa base avec l’extrémité antérieure de l’os hyoïde, & l’oiseau peut tirer sa langue hors du bec, à l’étendue de trois à quatre pouces.

Cet os, & le filet antérieur des branches qui le composent, sont renfermés dans une gaîne formée de la membrane qui tapisse le dedans du bec inférieur : l’extrémité de cette gaîne s’unit à l’embouchure du cornet écailleux de la langue. Cette gaîne s’alonge quand la langue sort du bec, & s’accourcit quand elle y rentre.

Le cornet écailleux qui revêt le petit os de la langue, est convexe en-dessus, plat en-dessous, & cave en-dedans. Il est armé de chaque côté de six pointes très-fines, transparentes, & inflexibles ; leur extrémité est un peu tournée vers le gosier.

Il y a bien de l’apparence que ce cornet armé de petites pointes, est l’instrument dont le pic verd se sert pour enlever sa proie, ce qu’il fait avec d’autant plus de facilité, que cet instrument est toujours empâte d’une matiere gluante, qui est versée dans l’extrémité du bec inférieur par deux canaux excrétoires, qui partent de deux glandes pyramidales, situées aux côtes internes de cette partie.

Pour se servir de cet instrument, la nature a donné au pic verd plusieurs muscles, dont les uns appartiennent aux branches de l’os hyoïde ; ceux-ci tirent la langue hors du bec ; d’autres appartiennent à la gaîne qui renferme le corps de l’os hyoïde avec les filets antérieurs de ses branches, ceux-là retirent la langue dans le bec ; enfin la langue a ses muscles propres qui la tirent en haut, en bas, de l’un & de l’autre côté.

La langue de cet oiseau, l’os hyoïde, & ses branches jointes ensemble, ont environ huit pouces de longueur, & de cette longueur il en sort près de quatre pouces quand elle est tirée, d’où il résulte que la langue parcourant le même chemin en rentrant qu’elle fait en sortant, les muscles qui la lient & retirent doivent avoir en longueur plus de quatre pouces, parce qu’ils ne peuvent pas s’accourcir de leur longueur entiere. Voyez les détails avec figures dans les Mém. de l’acad. des Sciences, ann. 1709. (D. J.)

Pic-verd, petit, picus varius minor, oiseau qui ressemble beaucoup à l’épeiche par sa forme & par sa couleur, & qui n’en differe presque qu’en ce qu’il est beaucoup plus petit. Il pese à peine une once ; il a environ six pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, & dix pouces d’envergure. La queue a deux pouces de longueur ; elle est composée de dix plumes ; les deux du milieu sont les plus longues ; les autres diminuent successivement de longueur jusqu’à l’extérieure qui est la plus courte ; les quatre du milieu sont entierement noires & courbées en-dessous : l’oiseau se sert de ces plumes pour se soutenir en grimpant contre les arbres ; les trois extérieures de chaque côté sont moins pointues ; l’externe est noire à son origine, & blanche vers la pointe. Cette couleur blanche est interrompue par deux taches noires & transversales. Le noir de la seconde plume extérieure s’étend jusqu’à la seconde tache noire transversale seulement sur le côté intérieur du tuyau ; le blanc descend plus bas sur le côté extérieur, & il n’y a qu’une seule tache noire transversale près de la pointe. La troisieme plume est noire, à l’exception de la pointe qui a une couleur blanche. La gorge, la poitrine, & le ventre, sont d’un blanc pâle ; le dessus des narines est brun, & il se trouve une tache blanche plus haut sur le sommet de la tête ; le derriere de la tête est noir, & il y a deux lignes larges & blanches qui s’étendent de puis les yeux jusqu’au milieu du cou ; le devant du dos & une partie des petites plumes des aîles sont noires en entier ; les autres & les grandes ont des taches blanches en demi-cercle ; le milieu du dos est blanc & a des lignes transversales noires ; les jambes sont couvertes de plumes presque jusqu’aux doigts : cet oiseau se nourrit d’insectes ; le mâle differe de la femelle, en ce qu’il a une tache rouge sur la tête au lieu d’une tache blanche. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau.

Pic varié, voyez Epeiche.

Pic verd, petit, Petit pic varié, Cul rouge, voyez Epeiche.

Pic d’Adam, (Hist. mod. Géographie.) montagne très-élevée de l’île de Ceylan, que les Indiens nomment Hamalel, & qui est pour eux un objet de vénération, parce que, suivant quelques traditions orientales, Adam fut créé sur le sommet de cette montagne. Le dieu Buddon en montant au ciel, laissa sur le roc l’empreinte de son pié, qui est, dit-on, d’une grandeur double de celui d’un homme ordinaire. La superstition y attire tous les ans au mois de Mars des troupes innombrables de pélerins, qui vont y faire leurs dévotions.

Pic le, (Geog. mod.) autrement le Pic d’Adam, en hollandois Adams-Pic, montagne de l’île de Ceylan. M. de l’Isle dans son Atlas, donne à cette montagne 98 degrés, 25 à 30 minutes de longitude, sur 5 degrés 55 minutes de latitude nord. Elle est fort haute, fort roide, fort escarpée, & à 20 lieues de la mer ; mais les matelots la voyent encore de 10 à 15 lieues en mer. Ribero en a fait une description fort étendue, & mélée de récits fabuleux, qui ne méritent aucune créance.

Les Géographes ont donné le nom de pic à quelques montagnes fort élevées, & qui se terminent en une seule pointe. Tel est le pic d’Adam, le pic de Saint Georges, le pic de Teneriffe, &c. Ce nom vient de la ressemblance de ces montagnes à l’outil de fer nommé pic, dont on se sert pour fouir la terre, & qui n’a qu’une pointe.

Pic de Derby, (Géog. mod.) en anglois Peak of Derby-Shire, c’est-à-dire, la pointe ou le sommet du comté de Derby. C’est un endroit situé entre les montagnes dans le nord-ouest de ce comte. Il est remarquable 1°. par ses carrieres ; 2°. par son plomb ; 3°. par ses trois cavernes. On les connoît en Angleterre sous les noms de Devils-Arse, le cul du diable, Eldevis-Hole, & Pools’- Hole. Elles sont toutes trois larges & profondes. On dit qu’il sort de la premiere de l’eau qui a son flux & reflux quatre fois dans une heure. Elle se distingue par l’irrégularité des rochers qu’on trouve en-dedans. Celle qu’on appelle Eldens-Hole, a son entrée basse & étroite ; les eaux qui en découlent, se congelent en tombant, & forment des glaçons pendans à la caverne. On peut joindre ici les puits du Boxton, d’où dans l’espace de huit à dix-neuf verges d’Angleterre, il sort quelques sources d’eaux un peu minérales & chaudes, excepté une seule qui est froide.

Pic de Saint-George, (Géog. mod.) on trouve dans une des îles de l’ouest ou des Açores, auprès de l’île Fal, une montagne appellée le Pic de Saint-George, d’où l’île elle-même a pris le nom de Pico. On prétend qu’elle est aussi haute, ou peu s’en faut, que le pic de Téneriffe. Long. du Pic de Saint-George, selon Cassini, 349. 21 30. latit. 38. 35.

Pic de Ténériffe, (Géog. mod.) le pic de Ténériffe, que les habitans appellent pico de Terraira, est regardé comme la plus haute montagne du monde, & on en voit en mer le sommet à 50 milles de distance.

On ne peut y monter que dans les mois de Juillet & d’Août ; car dans les autres mois il est couvert de neige, quoiqu’on n’en voye jamais dans cette île, ni dans les îles Canaries qui en sont voisines. Son sommet paroît distinctement au-dessus des nues ; mais comme il est ordinairement couvert de neige, il n’est certainement pas au-dessus de la moyenne région de l’air. Il faut deux à trois jours pour arriver au haut de cette montagne ; son extrémité n’est pas faite en pointe, mais unie & plate : de-là on peut appercevoir distinctement par un tems serein le reste des îles Canaries, quoique quelques-unes en soient éloignées de plus de 16 lieues.

Scaliger écrit que cette montagne vomissoit autrefois des charbons enflammés, sans discontinuer : on ne sait où cet auteur a pris ce fait. Cependant il est vraissemblable que cette montagne a été autrefois brûlante : car il y a au sommet un entonnoir qui produit une sorte de terre sulphureuse, telle que, si on la roule, & qu’on en fasse une chandelle, elle brûle comme du souffre. Il y a plusieurs endroits sur les bords du Pic qui brûlent ou fument : dans d’autres, si on retourne les pierres, on y trouve attaché du soufre pur. Il y a aussi dans le fond des pierres qui sont luisantes & semblables au machefer ; ce qui vient sans doute de l’extrème chaleur du lieu d’où elles sortent. C’est ce que confirme M. Edens, qui y a fait un voyage en 1715. Voyez les Transact. philos. n°. 345. Long. du Pic de Ténériffe, selon Cassini, 2. 51. 30. latitude 28. 30. (D. J.)

Pic a pic, (Marine.) c’est-à-dire à plomb, ou perpendiculairement.

A pic sur une ancre, c’est-à-dire, que le vaisseau est perpendiculairement sur cette ancre, & qu’elle est dégagée du fond.

Des sauts à pic dans une riviere. C’est quand il se trouve un rocher escarpé ou sauts dans une riviere, où toute l’eau tombe de haut en-bas comme dans une cascade, ainsi qu’il s’en trouve dans de grandes rivieres de l’Amérique. Voyez Portage, faire portage ; le vent est à pic. Voyez Vent.

Pic, (Poids.) gros poids de la Chine dont on se sert particulierement du côté de Canton, pour passer les marchandises ; il se divise en cent catis ; quelques-uns disent en cent vingt-cinq ; le catis en seize taels ; chaque tael faisant une once deux gros de France ; en sorte que le pic de la Chine, revient à cent vingt-cinq livres, poids de marc. Savary.

Pic, (Instrument d’ouvriers.) instrument de fer un peu courbé, pointu, & acéré, avec un long manche de bois qui sert aux mâçons & terrassiers à ouvrir la terre, ou à démolir les vieux bâtimens. Les Carriers s’en servent aussi pour déraciner & découvrir les pierres dont ils veulent trouver le blanc. Cet outil ne differe de la pioche pointue, qu’en ce que le fer en est plus long, plus fort, & mieux acéré. (D. J.)

Pic, en terme de Boutonnier, petit ouvrage en cartisane qui sert d’ornemens dans différens ouvrages, soit dans les carrosses, soit dans les harnachemens des chevaux, dans les ameublemens ou habillemens d’hommes ou de femmes, &c. C’est un quarreau un peu arrondi sur ses angles ; pour faire une pic, la premiere chose nécessaire c’est de découper du vélin de la grandeur convenable avec l’emporte piece ; on le met alors en soie en tournant une bobine autour de la cannetille ou du milleray qui borde ce fond. Par-là on arrête le bord, & on couvre le vélin tout ensemble. Voyez Cannetille. Ensuite on recommence l’opération en or & en argent s’il le faut. Le principal usage du pic, c’est dans les graines d’épinards, ou dans les jasmins. Voyez Jasmins.

Pic, en terme de Rafineur, est un instrument de fer en forme de langue de bœuf, monté sur un manche de trois piés de long : on s’en sert à piquer les matieres quand elles sont trop mastiquées dans le bac à sucre. Voyez Bac à sucre.

Pic, (Jeu.) le pic a lieu dans le jeu de piquet, lorsqu’ayant compté un certain nombre de points sans que l’adversaire ait rien compté, l’on va en jouant jusqu’à trente ; auquel cas, au lieu de dire trente, l’on compte soixante, & l’on continue de compter les points que l’on fait de surplus. Il faut remarquer que pour faire pic, il faut être premier ; car si vous êtes dernier, le premier qui jette une carte qui marque, vous empêche d’aller à soixante, quand vous auriez compté dans votre jeu 29, & que vous leveriez la carte jettée.

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Étymologie de « pic »

Berry, pi ; prov. pic ; esp. pico ; ital. piccone. Le mot paraît d'origine celtique : bas-breton, pik ; gaél. pic ; kimry, pig, pointe.

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(Nom 1) (Fin du XIVe siècle)[1] Du latin picus (« pivert »)[2].
(Nom 2) (XIIe siècle) Apparenté[2] à pico en espagnol, à piccone en italien. Mot gaulois[2] apparenté au breton pik (« point, tache »), pig (« pic, pioche »), au gallois pig (« bec, pointe ») ; peut-être[1] un emploi figuré du sens précédent, par analogie avec l’usage que l’oiseau a de son bec.
Comme le français avec pioche, l’anglais a une variante « courte », pick et « longue », peak et diphtonguée pike[3].
(Nom 3) (1690) Par analogie de forme avec l’instrument pointu[2][1].
(Nom 4) (XVIe siècle) Déverbal de piquer[1].
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Phonétique du mot « pic »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pic pik

Citations contenant le mot « pic »

  • J'aimerais mieux être un opportuniste et flotter, que couler à pic, mes principes autour du cou. De Stanley Baldwin
  • De la vallée, on voit de grandes choses. Du sommet du pic, on n'en voit que de petites. De Gilbert Keith Chesterton
  • Savais-tu qu'un cactus avait une fleur ? Au milieu des pics se cache un coeur.
  • Dans la capitale économique Lagos, épicentre de la pandémie au Nigeria, va rapidement se poser un problème de place pour isoler les patients, a prévenu le responsable municipal de la santé, Akin Abayomi. Le Monde.fr, Coronavirus : en Afrique, le pic de la pandémie reste à venir
  • Depuis 2018, le pic Carlit ne possédait plus de croix, suite à un acte de vandalisme. La précédente croix avait été découpée à la meuleuse et jetée dans le vide par des inconnus, après plusieurs mois de polémique : des randonneurs se plaignaient de la multiplication de symboles religieux sur les sommets pyrénéens.  France Bleu, Une croix réapparaît mystérieusement au sommet du Pic Carlit, point culminant des Pyrénées-Orientales
  • Ce mardi, une perturbation descendant des îles britanniques et accompagnée d’air plus frais va se heurter à de l’air très chaud remontant du Maghreb vers le sud-est de la France. Cette situation sera propice au déclenchement d’averses et d’orages des Pyrénées aux Alpes, parfois forts sur le Centre-est, mais localisés. La Chaîne Météo, Météo du jeudi 30 juillet : pic de très forte chaleur au sud - Actualités La Chaîne Météo
  • Après un premier pic de chaleur lundi, suivi d’une masse d’air plus tempéré mardi, les températures grimpent à nouveau.  SudOuest.fr, Intense pic de chaleur en fin de semaine : plus de 40 degrés attendus dans le Sud-Ouest
  • Des pics de chaleur sont attendus d'ici la de la semaine. Tous les moyens sont bons pour se rafraichir y compris se baigner dans les endroits interdits.  France Bleu, Pic de chaleur : malgré l'interdiction, de nombreux baigneurs dans le canal de la Meurthe à Nancy
  • Nouvel épisode de fortes chaleurs en vue, un pic de 40 degrés est annoncé dans le Var jeudi et vendredi Var-Matin, Nouvel épisode de fortes chaleurs en vue, un pic de 40 degrés est annoncé dans le Var jeudi et vendredi - Var-Matin

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Traductions du mot « pic »

Langue Traduction
Anglais peak
Espagnol pico
Italien picco
Allemand gipfel
Chinois
Arabe قمة
Portugais pico
Russe вершина горы
Japonais ピーク
Basque gailurra
Corse piccu
Source : Google Translate API

Synonymes de « pic »

Source : synonymes de pic sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pic »

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