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Philosophe

Définitions du mot « philosophe »

Trésor de la Langue Française informatisé

PHILOSOPHE, subst.

I.
A. − [Corresp. à philosophie1I A]
1. HIST. ou vieilli
a) ANTIQ. et jusqu'au xixes. Personne qui étudie rationnellement la nature; personne qui cherche la vérité et cultive la sagesse. Synon. sage, savant.Les anciens philosophes ayant observé le pouvoir de la chaleur, avoient remarqué l'extrême fécondité que les différentes parties de la surface du globe en reçoivent de toutes parts, à mesure qu'elle y est plus abondamment répandue (Lamarck, Philos. zool.,t.2, 1809, p.62).Si l'on se souvient que Thalès, le premier physicien et le premier philosophe, disait que tout est né de l'humide, et, en même temps, que tout est plein de dieux, on comprendra (...) la vénération avec laquelle le Grec devinait les forces infinies de la nature vivante sous les images de ses dieux (Taine, Philos. art,t.2, 1865, p.208):
1. Certes, le philosophe fut pendant longtemps celui qui possédait la science universelle; et aujourd'hui même que la multiplicité des sciences particulières, la diversité et la complexité des méthodes, la masse énorme des faits recueillis rendent impossible l'accumulation de toutes les connaissances humaines dans un seul esprit, le philosophe reste l'homme de la science universelle, en ce sens que, s'il ne peut plus tout savoir, il n'y a rien qu'il ne doive s'être mis en état d'apprendre. Bergson, La Pensée et le mouvant,Paris, P.U.F., 1963 [1934], p.1359.
b) En partic.
α) Gén. au plur. Synon. de alchimiste.Émeraude, mercure, pierre, plomb, soufre des philosophes. Les Philosophes parlent souvent de la chambre nuptiale [symbole de l'oeuf philosophal] dans laquelle le Roi et la Reine sont enfermés pour leurs noces (F. Bardeau, Les Clefs secrètes de la chim. des Anciens,Paris, R. Laffont, 1975, p.184).
Rare. Philosophe chimique, hermétique. Les philosophes hermétiques ont découvert (...) que les métaux sont des corps composés et que leur composition est identique. Ils varient donc simplement entre eux, suivant les différentes proportions des éléments qui les combinent; on peut, dès lors, à l'aide d'un agent qui déplacerait ces proportions, changer les corps, les uns en les autres, transmuer, par exemple, le mercure en argent et le plomb en or (Huysmans, Là-bas,t.1, 1891, p.126).L'or de nos Philosophes chymistes est bien le Vulgaire, mais amendé par la bonne nature (...). Les métaux philosophiques sont, en effet, des métaux purs et non plus vulgaires (E. D'Hoogvorst, Réflexions sur l'or des alchimistesds Question de, janv. 1983, p.102).
β) Personne qui se dirige d'après la seule raison et adopte une attitude irréligieuse. Qu'est-ce qu'un philosophe? C'est un homme qui oppose la nature à la loi, la raison à l'usage, sa conscience à l'opinion, et son jugement à l'erreur (Chamfort, Max. et pens.,1794, p.22).De l'homme qui doute à celui qui renie, il n'y a guère de distance. Tout philosophe est cousin d'un athée (Musset, Confess. enf. s.,1836, p.274):
2. Sans être le moins du monde ce qu'on appelle voltairien, ou philosophe, ou incrédule, respectueux au contraire, par instinct, pour l'Église établie, il ne la connaissait que comme un fragment auguste de l'ensemble social... Hugo, Misér.,t.2, 1862, p.583.
Gén. au plur. Personne qui, au xviiies., pratiquait le libre examen (v. examen B 1 b) à l'égard notamment des dogmes de la religion catholique, qui refusait la révélation et assimilait parfois la religion à une superstition. Synon. libertin, libre-penseur.Le philosophe sait que la multiplicité des religions prouve qu'il n'y a pas eu de révélation, que la religion n'est qu'une passion humaine, fille de l'admiration, de la crainte et de l'espérance (Adam, Le Mouvement philos. dans la première moit. du XVIIIes.,Paris, S.E.D.E.S., 1967, p.244).V. autorité ex. 20, inspiré II A 1 ex. de Guéhenno:
3. ... s'il faut, pour être philosophe, applaudir aux progrès des lumières, honorer les sciences, aimer les lettres et les arts, désirer le bonheur des hommes, idolâtrer la patrie, je suis philosophe. Chateaubr., Martyrs,t.1, 1810, p.115.
En appos. Grimm, ce courtier de tous les souverains philosophes du dix-huitième siècle (L. Blanc, Organ. trav.,1845, p.193).Ceux qui, sous le XVIIIesiècle «philosophe», maintiennent la chaîne secrète d'initiés, par où l'irrationalisme mystique rejoint le romantisme naissant (Béguin, Âme romant.,1939, p.10).
2. Courant
a) Personne qui recherche les raisons des choses et en particulier leurs raisons dernières, personne qui réfléchit sur le sens de la vie humaine; en partic., penseur qui édifie une théorie philosophique originale. J'estime «philosophe» tout homme, de quelque degré qu'il soit, qui essaie de temps à autre de se donner une vue d'ensemble, une vision ordonnée de tout ce qu'il sait, et surtout de ce qu'il sait par expérience directe, intérieure ou extérieure (Valéry, Entret.[avec F. Lefèvre], 1926, p.78).C'est seulement à travers la raison, dans la raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l'humanité pour nous montrer l'éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect (Bergson, Deux sources,1932, p.28).Les philosophes «professionnels» apprendront sans doute à évaluer la portée de l'oeuvre de Châtelet, qui n'a jamais été un «maître penseur» mais a enseigné à des générations d'étudiants à penser (Libération,27 déc. 1985, p.20, col. 5).V. abstraction ex. 3, concept B 1 ex. de Bergson:
4. C'est proprement le travail du philosophe de rechercher des lois de cette sorte [loi commune qui gouverne tous les cas], et d'élaborer des formules de cette espèce. À les poursuivre, son imagination entre en branle. Cette formule, en effet, vous paraît morte à vous, qui ne vous remuez point parmi les abstractions comme parmi des êtres. Pour le philosophe, elle est vivante. Bourget, Essais psychol.,1883, p.156.
[Avec adj. ou compl. déterminatif]
[indiquant l'école, l'époque, le pays, la culture à laquelle ou auquel appartient un philosophe] Philosophe chrétien, classique, cynique, postkantien, pyrrhonien, stoïcien. V. clairvoyant ex., ésotérisme A ex. de Miomandre, existentiel ex., idéaliste I A ex. de Proust.En partic., le plus souvent au plur. Nouveaux philosophes. Jeunes philosophes antimarxistes (v. nouvelle philosophie, s.v. philosophie1I A 2 b α). Les «nouveaux philosophes» ont agacé beaucoup de monde à la fois par l'allégresse avec laquelle ils envoient valser les vieilles potiches idéologiques et par leur art d'utiliser les mass media (Le Point,18 juill. 1977, p.85, col. 2):
5. Les «nouveaux philosophes», puisque c'est ainsi qu'on les appelle, ont été mal entendus, mal reçus et mal lus: comment en irait-il autrement dans cette gauche somnambule et vaguement hébétée, qui en est encore à ressasser d'obscurs débats sur la réforme et la révolution, −et dont l'horizon théorique ne dépasse pas les polémiques rances de Lénine et Hilferding. B.-H. Lévy, La Barbarie à visage humain,Paris, Grasset, 1977, p.210.
[indiquant l'ordre de la connaissance qu'il étudie] Philosophe des sciences; philosophe politique. Pour le philosophe de l'histoire et à condition de tenir un compte suffisant de la durée, le totalitarisme fasciste ou raciste, dans ses divers types apparaît comme une fatalité historique attirant en réalité le communisme ou des infortunes historiques de mêmes dimensions (Maritain, Human. intégr.,1936, p.299).V. homogène A ex. de Ruyer.
[indiquant la perspective ou le fondement de sa recherche] Philosophe de l'action, de l'engagement. Il est une tentation contre laquelle peu de philosophes de la volonté se sont gardés: celle de tirer une théorie de la connaissance d'une réflexion sur l'action, de dériver le voir du faire (Ricoeur, Philos. volonté,1949, p.313).V. charnel ex. 3:
6. À tort ou à raison, les philosophes de l'analyse ne considèrent pas seulement qu'il [le langage] est un objet philosophique important, on les voit soutenir qu'il a par sa logique −celle de la langue commune comme celle des langues artificielles −une incidence déterminante sur tous les problèmes philosophiques. Fr. Jacques, Av.-pr.ds R. de Métaphys. et de Mor., 1979, no2 (La Philos. analytique), p.150.
Au fém., rare. Au culte de Reid elle associait celui de Kant, qui pour elle avait fait découler la liberté, l'homme-dieu, du beau principe désintéressé qui est pour lui comme l'honneur de l'humanité et la clef de voûte de sa philosophie: le devoir. Madame Gervaisais était donc une philosophe; mais une philosophe qui était restée tout entière une femme (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p.45).
Empl. adj.
[En parlant d'une pers.] Les penseurs du Moyen Âge ont été si philosophes qu'ils en ont compromis l'essence du christianisme (Gilson, Espr. philos. médiév.,1932, p.213).
[En parlant d'une chose] L'art de la scène appartient trop à l'action pour ne pas troubler le recueillement du poëte; outre cela, c'est l'art le plus étroit qui existe; déjà trop borné pour les développements philosophes à cause de l'impatience d'une assemblée et du temps qu'elle ne veut pas dépasser, il est encore resserré par des entraves de tout genre (Vigny, Lettre Lord***,1829, p.265).
En appos. [Séparé ou non par un tiret] Cournot, ce mathématicien philosophe, ce grand théoricien du hasard, cet investigateur des probabilités (L. Febvre, Esprit européen et philos.,[1948] ds Combats, 1953, p.294).
Romancier, poète philosophe. Romancier, poète dont l'oeuvre contient une vision du monde. Il a été lié d'amitié avec le poète-philosophe Coleridge qui vient de mourir (Michelet, Chemins Europe,1874, p.6).Les grands romanciers sont des romanciers philosophes, c'est-à-dire le contraire d'écrivains à thèse. Ainsi Balzac, Sade, Melville, Stendhal, Dostoïevsky, Proust, Malraux, Kafka, pour n'en citer que quelques-uns (Camus, Sisyphe,1942, p.138).
Péj. Écrivain-penseur plus imaginatif que raisonneur. Mes jeunes amis, méfiez-vous des poëtes, et des philosophes qui, comme eux, raisonnent d'après leur imagination, et non d'après les faits (Destutt de Tr., Idéol. 1,1801, 307):
7. Lorsqu'on a exclu de ses conditions d'existence la solitude et le commerce humain, le respect et la révolte, la colère et l'acceptation, le conformisme et l'indignation, la ruse et la franchise, alors seulement on peut croire qu'un philosophe est une tête sans corps, un être aussi pur, aussi éloigné du remue-ménage terrestre que le moulage blanc de son masque mortuaire. Nizan, Chiens garde,1932, p.34.
P. méton. Lire les philosophes. Ce mot que j'ai lu dans je ne sais plus quel philosophe: «Le diabolique, c'est le soudain.» (Gracq, Beau tén.,1945, p.126).
b) Élève d'une classe terminale de philosophie ou (vieilli) de la classe suivant celle de rhétorique, ou étudiant(e) en philosophie. Cette prière était à l'usage d'écoliers (dont plusieurs cependant étaient des rhétoriciens et des «philosophes») (Verlaine, OEuvres compl.,t.5, Confess., 1895, p.48).Au lycée, (...) dans la cour des grands, où circulaient, isolés et prestigieux, les philosophes (Malègue, Augustin,t.1, 1933, p.107).Il y a longtemps, on parlait de nous marier ensemble si je réussissais à l'X. Mais il me semble qu'il ne doit pas être drôle tous les jours d'être marié à une philosophe, ajoutai-je en riant (Abellio, Pacifiques,1946, p.62).
En appos. La misère disparaît devant les idées de la misère. La vie devant les idées de la vie. Ce n'est pas vainement que le jury d'agrégation ne pose aux candidats philosophes que des questions sur des idées (Nizan, Chiens garde,1932p.124).J'avais lu dans une revue un article sur une femme philosophe qui s'appelait Mademoiselle Zanta: elle avait passé son doctorat (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p.160).
c) Professeur de philosophie de l'enseignement secondaire ou supérieur. À son cours de Sorbonne, dans l'amphithéâtre Gerson, le philosophe R... étudiait l'expérience religieuse (Malègue, Augustin,t.1, 1933p.270).
B. − [Corresp. à philosophie1I B]
1. Personne qui, connaissant la vie et les choses à leur juste valeur, acquiert une attitude de sérénité, le goût de la simplicité, ce qui peut parfois être perçu défavorablement par autrui qui n'y voit que résignation, manque d'ambition ou insouciance. Synon. sage.En voyant son parc entouré de murs infranchissables, elle ne craignit point d'être troublée dans ses jouissances immédiates, et ne souhaitait pas autre chose que la paix, en vraie philosophe qu'elle fut (Balzac, Paysans,1844, p.107).L'âge était venu, cette neige du coeur qui avait éteint sa flamme et calmé sa voix. L'expérience d'un sage, la modération du philosophe se lisaient sur son front (Flaub., Champs et grèves,1848, p.259).J'ai toujours été un solitaire, un rêveur, une sorte de philosophe isolé, bienveillant, content de peu, sans aigreur contre les hommes et sans rancune contre le ciel (Maupass., Contes et nouv.,t.2, Qui sait? 1890, p.1186):
8. D'où vient que cette vision [épicurienne de la vie], certes désaliénante, mais finalement dépourvue de toute espérance, se soit dégradée en cette apologie souriante qu'on connaît, de ce qu'il est convenu d'appeler la bonne vie? −Pour la même raison, sans doute que le philosophe a fini par signifier père tranquille... L. Jerphagnon, Dict. des grandes philos.,Toulouse, Privat, 1973, p.103, s.v. épicurisme.
Empl. adj., cour. [En parlant d'une pers., de son expression, de son tempérament] Synon. résigné, serein.Toutes ces suppositions flatteuses, qui auraient agité profondément une âme moins philosophe que la mienne, ne troublaient pas ma sérénité (About, Roi mont.,1857, p.174).Les griots sont les gens du monde les plus philosophes et les plus paresseux; ils mènent la vie errante et ne se soucient jamais du lendemain (Loti, Spahi,1881, p.156).Après tout, dit Fanny sur un ton philosophe, c'est un peu ça dans toutes les familles, on n'en est pas responsable (...) moi, j'ai mon père Legrand; toi, tu as ton oncle Césaire (A. Daudet, Sapho,1884, p.119):
9. ... c'est d'un hochement de tête philosophe, sans haine, que, prêt à repartir pour la guerre, il disait en voyant se bousculer les embusqués retenant leurs tables: «On ne dirait pas que c'est la guerre ici.» Proust, Temps retr.,1922, p.735.
P. anal. [En parlant d'un animal] Plus haut, dans les lieux secs, s'étendent des greniers où le rat philosophe, sur un bon tas de blé, prend la saison en patience (Michelet, Oiseau,1856, p.172).
2. Personne qui sait garder son calme en toute circonstance:
10. −C'est un temps à couper un morutier en deux ou à se casser le nez sur un iceberg. Son voisin le plus proche lui avait répondu: −Il faut s'attendre à ça plutôt qu'à gagner le million. Puis, philosophe, il avait ajouté: −Bah! On passera bien à travers, cette fois-ci encore. Peisson, Parti Liverpool,1932, p.186.
II. − Seulement au masc., arg., vx
A. −
1. Misérable, vagabond, clochard; voleur. Lorsqu'un de ces philosophes a fait un bon coup, il enlève ses loques, prend un bain pour tuer sa vermine, s'habille au Temple et devient souteneur, camelot, vendeur de programmes, de contremarques, et quelquefois l'aide d'un petit bookmaker (Macé, Joli monde,1887, p.181).
2. Chiffonnier. Cet assommoir est un rendez-vous de philosophes (Bruant1901, p.106).
B. − Tricheur (généralement aux cartes et dans le grand monde). Il se trouva que le colonel était un «philosophe», cartonnant dans les salons aristocratiques (Hogier-Grison, Monde où l'on triche,1resérie, 1886, p.141).Imaginez qu'il nous a crevé dessus tout un nuage de croupiers, de philosophes, d'aigrefins. Tous les portiers du paradis (Toulet, J. fille verte,1918, p.123).
C. −
1. Souliers; souliers d'occasion, bon marché. J'ai mis les philosophes du Messière pour avoir les attaches (Ansiaume, Arg. bagne Brest,1821, f. 12 vo, § 320).Plus d'une ci-devant beauté, aujourd'hui réduite (...) aux sabots, si elle ne préfère les philosophes (Vidocq, Mém.,t.3, 1828-29, p.175).
2. Savates. J'aime mieux (...) avoir des philosophes aux arpions (Sue, Myst. Paris,t.1, 1842, p.35).
3. Philosophes de neuf jours. Savates ou souliers percés. [Vous avez toujours] aux arpions des philosophes de neufs [lire neuf] jours (Vidocq, Vrais myst. Paris,t.3, 1844, p.285).
REM. 1.
Philosophastre, subst. masc.,péj., vx. [Corresp. à philosophe I A 1 b β] Écrivain, philosophe dont les oeuvres développent des thèses immorales et/ou irréligieuses. Les babioles pédantesques de quelques méchants philosophastres brevetés, patentés et appointés (Nodier, Fée Miettes,1831, p.190).Ce siècle (...) ne croit plus en Dieu, grâce aux philosophastres (Pommier, Colères,1844, p.15).
2.
Philosophé, -ée, adj.[En parlant d'un groupe d'écrivains] Acquis aux idées des philosophes (supra I A 1 b β). Je les définis [les écrivains genevois], au dix-huitième siècle, toute une tribu intellectuelle, née de Calvin, restée très-morigénée en s'émancipant, très-philosophée d'ailleurs et sécularisée, où Bayle est entré, où Fontenelle a passé (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t.15, 1861, p.135).
Prononc. et Orth.: [filɔzɔf]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.I. Subst. masc. 1. ca 1165 li philosophe «les Auctores dont les écrits sont la source du savoir et de l'enseignement philosophiques» (B. de Ste-Maure, Troie, 9 ds T.-L.); 2. a) ca 1223 philosophe «savant qui cultive, sous leur aspect spéculatif, les sciences divines, naturelles et humaines» (G. de Coinci, Miracles N. D., éd. V. F. Koenig, II Mir 11, 38); b) 1637 «celui qui s'applique à la recherche des principes et des causes» (Descartes, Discours de la méthode, seconde partie ds OEuvres, éd. F. Alquié, t.1, p.583); c) 1588 «celui qui pratique l'étude de la morale, de la logique, de la physique et de la métaphysique, en tant que disciplines de l'École et selon la tradition de celle-ci» (Montaigne, Essais, II, 12, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, t.1, p.508); 1690 «dans un collège, élève qui étudie la logique, la morale, la physique et la métaphysique» (Fur.); d) ca 1660 «celui qui s'applique à l'étude de l'homme et, particulièrement à la science des moeurs» (Pascal, Epict. et Mont. ds DG); e) 1694 «homme qui, par libertinage d'esprit, se met au-dessus des devoirs et des obligations de la vie sociale et brave les lois religieuses» (Ac.); 3. a) xiiies. «celui qui cultive à la fois la plus haute science et la sagesse» (Trad. de la Disciplina Clericalis de Petrus Alfonsus, éd. A. Hilka et W. Söderhjelm, B, 2862); b) 1637 «celui qui pratique la sagesse, conforme sa vie à ses principes» (Descartes, Discours de la méthode, troisième partie, éd. citée, t.1, p.596); c) 1694 «homme sage, qui mène une vie tranquille et retirée, hors de l'embarras des affaires» (Ac.); d) 1920 subst. et adj. «(celui) qui est d'esprit calme, prend la vie du bon côté, ne se fait jamais de souci» (Bauche); 4. xves. «alchimiste» (Petit traité d'alchimie, éd. Méon, p.211). II. Adj. 1535 «qui témoigne de dispositions naturelles pour les spéculations philosophiques» (Rabelais, Gargantua, Prol., éd. R. Calder, M. A. Screech et V. L. Saulnier, p.13); 1584 «participant à la dignité d'une réunion de philosophes» (Mém. de la Sté de l'histoire de Paris, t.2, p.383); 1655 «qui pratique la philosophie, est formé par elle» (Racine ds Livet Molière, p.273); 1663 «propre aux philosophes» (Loret, Muze histor., 31 mars, ibid.). Empr. au lat. philosophus, lui-même empr. au gr. φ ι λ ο ́ σ ο φ ο ς «ami de la sagesse». FEW t.8, pp.387b-389. Fréq. abs. littér.: 5268. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 9373, b) 6620; xxes.: a) 5774, b) 7385.
DÉR.
Philosophard, -arde, adj. et subst.,péj. a) Adj. Qui a des prétentions philosophiques, intellectuelles, élevées. Écrivain détestable dont on vante le style. (Jerphanion a horreur du peu qu'il connaît de sa prose prétentieuse, philosopharde, tuméfiée.) (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p.159).Le débat (...) de nature philosopharde, qui oppose les partisans de l'origine psychique des maladies mentales aux tenants de l'origine organique (H. Bazin, Fin asiles,1959, p.29).b) Subst. Synon. de philosophe (supra I A 2 a).25 juillet −Lu Le Fantôme de Rémy de Gourmont. Peu de chose. Autant d'esprit ou de talent qu'on en peut avoir. Mais, obsession des philosophards allemands, imitation sensible de Villiers (Bloy, Journal,1893, p.86).À l'âge de vingt ans (...) je demandais aux uns et aux autres, à quoi ils pensaient le plus fréquemment (...). Les philosophards étaient à Lachelier, ou à Cournot, ou à Ravaisson (L. Daudet, Rêve éveillé,1926, p.90).[filɔzɔfa:ʀ], fém. [-aʀd]. 1reattest. 1893 (Bloy, loc. cit.); de philosophe, suff. péj. -ard*.
BBG.Gohin 1903, p.299. - Sain. Arg. 1972 [1907], p.58. _Zumthor (P.). Note sur les ch. sem. ds le vocab. des idées. Neophilologus. 1955, t.39, pp.178-179.

Wiktionnaire

Nom commun

philosophe \fi.lɔ.zɔf\ masculin et féminin identiques

  1. Personne qui pratique la philosophie.
    • Il faut dire, cette femme eſt Poëte, eſt Philoſophe, eſt Medecin, eſt Auteur, eſt Peintre ; & non Poëteſſe, Philoſopheſſe, Medecine, Autrice, Peintreſſe, &c. — (Nicolas Andry de Boisregard, Reflexions ſur l’uſage préſent de la Langue Françoiſe ou Remarques Nouvelles & Critiques touchant la politeſſe du Langage, Laurent d'Houry, 1692 (1re éd. 1689), page 163-164)
      Il faut dire, cette femme est poète, est philosophe, est médecin, est auteur, est peintre ; et non poétesse, philosophesse, médecine, autrice, peintresse, etc.
    • Les philosophes, les théologiens et la plupart des héros d'arguments ont le génie de la nation française : ils attaquent vigoureusement, mais sont perdus s'ils sont réduits à la guerre défensive. — (Frédéric II & Voltaire, L'anti-Machiavel - 1739 - (édition de 1947))
    • Je suis sûr que j'ai rencontré depuis deux jours dans les rues les philosophes les plus illustres et les fonctionnaires les plus influents. C'est mon désespoir de ne pas les connaître. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896)
    • Ces personnes ont craint, en pénétrant trop avant dans le système de l'homme, de voir disparaître ses plus brillantes attributions; et, si elles ont été portées à applaudir à la sagacité du philosophe, elles ont été sur le point de condamner la philosophie. — (Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc, V.35, 1816, p.376)
    • […], et c'est seulement après 1967 que le philosophe laïque syrien Sadiq Jalal al-Azm refusa hautement de voir dans la religion une voie d'avenir efficace. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p.108-109)
    • La fonction du philosophe consiste exclusivement dans la profanation des idées. Aucune violence n'égale par ses effets la violence théorique. Plus tard, l'action vient... — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.44)
  2. (En particulier) Écrivain du dix-huitième siècle épris d’idées de réforme en matière religieuse, politique, sociale et morale.
    • Les philosophes ont favorisé la publication de l’Encyclopédie.
    • (Par apposition)Frédéric II de Prusse se montra un roi philosophe
  3. (Par extension) Celui qui cultive sa raison, qui conforme sa conduite à des principes et travaille à fortifier son âme contre les coups du sort ; personne qui a un comportement inspiré par la sagesse.
    • Il a pris cette mauvaise nouvelle en philosophe.
    • Il vécut et mourut en philosophe.
    • Un vrai philosophe sait résister à ses passions et se vaincre lui- même.
  4. Homme qui mène une vie tranquille et retirée, hors de l’embarras des affaires.
    • Il s’est retiré pour toujours à la campagne; c’est un philosophe, un vrai philosophe.
  5. (Parfois) Étudiant qui étudie la philosophie.
  6. (Péjoratif) Personnage rêveur, qui manque du sens des réalités.
    • Les jurisconsultes civils donnèrent aussi leur avis et Valin dans son Commentaire sur l'Ordonnance de la Marine déclara « que les philosophes (sic) qui désapprouvaient la guerre de course étaient de mauvais citoyens. » — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, page 50)

Adjectif

philosophe \fi.lɔ.zɔf\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est résigné, qui supporte avec sagesse et force d’âme les épreuves.
    • Il s’est montré très philosophe en cette circonstance.

Forme de verbe

philosophe \fi.lɔ.zɔf\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de philosopher.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de philosopher.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de philosopher.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de philosopher.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de philosopher.
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Littré (1872-1877)

PHILOSOPHE (fi-lo-zo-f') s. m.
  • 1Dans l'ancienne Grèce, ami de la sagesse. Il [Pythagore] est le premier qui se soit fait appeler philosophe ; avant lui, les hommes qui se livraient à la contemplation de la nature portaient le nom de sages ; il prit celui de philosophe par modestie, Bailly, Hist. astr. anc. p. 209.
  • 2Celui qui s'applique à la recherche des principes et des causes. Nulle religion que la nôtre n'a enseigné que l'homme naît en péché, nulle secte de philosophes ne l'a dit ; nulle n'a donc dit vrai, Pascal, Pens. XI, 4 ter, édit. HAVET. La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes mêmes en veulent, Pascal, ib. II, 3. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut ! Bossuet, Mar.-Thér. En fait de découvertes nouvelles, il ne se faut pas trop presser de raisonner, quoiqu'on en ait toujours assez d'envie, et les vrais philosophes sont comme les éléphants, qui, en marchant, ne posent jamais le second pied à terre que le premier n'y soit bien affermi, Fontenelle, Mondes, 6e soir. Il y a eu des philosophes de cabinet en France ; et tous, excepté Montaigne, ont été persécutés, Voltaire, Dict. phil. Philosophe 1. Ce sentiment [que les bêtes ont de l'intelligence] est celui du vulgaire : il n'est combattu que par des philosophes, c'est-à-dire par des hommes qui d'ordinaire aiment mieux une absurdité qu'ils imaginent, qu'une vérité que tout le monde adopte, Condillac, Traité des anim. part. 2.

    Fig. Je crois qu'il faut un peu modérer notre enthousiasme pour le Nord ; il produit d'étranges philosophes [à propos de l'assassinat d'Ivan], Voltaire, Lettres, d'Alembert, 7 septembre 1764.

    Absolument. Au moyen âge, le philosophe, Aristote.

    Au féminin. À propos, monsieur le conseiller, vous saurez que cette philosophe [Mme du Chatelet] a gagné un préliminaire de son procès, fort important et qui paraissait désespéré, Voltaire, Lett. en vers et en prose, 72.

  • 3 Particulièrement. Celui qui s'applique à l'étude de l'homme et de la société, à l'effet de rendre ses semblables meilleurs et plus heureux. Le philosophe consume sa vie à observer les hommes, et il use ses esprits à en démêler les vices et le ridicule, La Bruyère, I. Il est bon d'être philosophe, il n'est guère utile de passer pour tel, La Bruyère, XII. Je n'accorde le titre de philosophe qu'à celui qui s'exerce constamment à la recherche de la vérité et à la pratique de la vertu, Diderot, Claude et Nér. II, 6.
  • 4Celui qui cultive sa raison, conforme sa conduite aux règles de la saine morale, et affermit son âme contre les coups du sort. Pour détromper ma sœur, et lui faire connaître Ce que son philosophe à l'essai pouvait être, Molière, Femm. sav. v, 5. Voilà tout ce que les hommes ont pu inventer pour se rendre heureux [les divertissements] ; et ceux qui font sur cela les philosophes… ne connaissent guère notre nature, Pascal, Pens. IV, 1. Écoutez à ce propos [la vanité des choses humaines] le profond raisonnement non d'un philosophe qui dispute dans une école, ou d'un religieux qui médite dans un cloître…, Bossuet, Duch. d'Orl. Qu'il y a de différence entre être philosophe et parler de philosophie ! Voltaire, Lett. Mme Denis, 24 août 1751.

    Au féminin. …à votre fille aînée On voit quelque dégoût pour les nœuds d'hyménée ; C'est une philosophe enfin ; je n'en dis rien, Molière, F. sav. II, 8. J'apprends que l'on vient d'imprimer deux nouveaux mémoires sur la vie de cette philosophe [Ninon], Voltaire, Mél. litt sur Mlle de Lenclos. J'imagine que votre grand'maman [la duchesse de Choiseul] est une vraie philosophe, Voltaire, Lett. à Mme du Deffant, 25 mai 1770.

  • 5Celui qui mène une vie tranquille et retirée, hors de l'embarras des affaires. Il n'y a rien qui coûte moins à acquérir aujourd'hui que le nom de philosophe : une vie obscure et retirée, quelques dehors de sagesse, avec un peu de lecture, suffisent pour attirer ce nom à des personnes qui s'en honorent, Dumarsais, Œuv. t. VI, p. 25.
  • 6En un sens particulier, celui qui ne reconnaît pas la révélation. Ce royaume autrefois le soutien de la foi, et la plus pure portion de son Église, devenu par la licence des discours et l'impiété des sentiments, le théâtre d'honneur des philosophes et des incrédules, Massillon, Carême, Mot. de conv. Troisvilles fréquenta les toilettes ; le pied lui glissa ; de dévot il devint philosophe, Saint-Simon, 133, 222.

    Nom donné, en particulier dans le XVIIIe siècle, à des hommes qui cultivaient la philosophie et la faisaient servir au renversement des anciennes opinions. On avait assuré le roi de Danemark que les philosophes étaient mauvaise compagnie, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 19 déc. 1768. Je suis quelquefois tenté de dire du titre de philosophe ce que Jacques Rosbif dit de celui de Monsieur, dans la comédie du Français à Londres : Je ne veux point de ce titre-là, il y a trop de faquins qui le portent, D'Alembert, ib. 8 juin 1770. Il y avait à l'Académie quatre hommes désignés sous le nom de philosophes, étiquette odieuse dans ce temps-là, Marmontel, Mém. VII.

  • 7Dans les colléges et lycées, étudiant en philosophie.
  • 8Alchimiste. Les principes des philosophes sont le sel, le soufre et le mercure.

    Huile des philosophes, huile d'olive dont on imbibe des briques rougies au feu.

    Poudre des philosophes, la poudre de projection.

  • 9 Adj. Qui est philosophe. La religion seule fait quelquefois des conversions surprenantes et des changements miraculeux, mais elle ne fait guère toute une vie égale et uniforme, si elle n'est entée sur un naturel philosophe, Fontenelle, Des Billettes. La plupart des femmes et des courtisans n'observèrent autre chose dans cette reine philosophe [Christine], sinon qu'elle n'était pas coiffée à la française, et qu'elle dansait mal, Voltaire, Louis XIV, 6. Je désirerais de voir cette question proposée à tous les philosophes de l'Europe par le plus philosophe des souverains, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 27 nov. 1777. Le grand défaut de ce siècle philosophe est de ne l'être pas encore assez, D'Alembert, Lett. à J. J. Rouss. Et sur le même plan l'amour nous voit rangés ; C'est un dieu philosophe, il est sans préjugés, De Bièvre, Séducteur, I, 5.
  • 10Il se dit quelquefois pour philosophique, mais en ce sens il vieillit. Et je crois qu'à la cour, de même qu'à la ville Mon flegme est philosophe autant que votre bile, Molière, Mis. I, 1. Qu'il a bien découvert son âme mercenaire ! Et que peu philosophe est ce qu'il vient de faire ! Molière, F. sav. V, 5. Quand ils [Platon et Aristote] se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l'ont fait en se jouant ; c'était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie ; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement, Pascal, Pens. VI, 52. Il [Mazarin] mourut au bois de Vincennes avec une fermeté beaucoup plus philosophe que chrétienne, La Fayette, Hist. de Mme Henriette, 1re part. Il me semble que la mort du roi d'Angleterre [Charles Il] devient plus philosophe et anglaise que chrétienne et catholique, Sévigné, 7 mars 1685. D'un œil philosophe et tranquille Tu vois les intrigues des cours, Bernis, Ép. 2, Mœurs.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et si a en ceste cité moult de philosophes et moult de mires [médecins], Marc Pol, p. 489.

XIVe s. Le philosophe [Aristote] dist ou [au] premier des Elenches, H. de Mondeville, f° 7.

XVe s. Jà tant ne montera la niceté du peuple, que nom de philosophe très honorable et très saint ne demeure, Christine de Pisan, Hist. de Ch. V, III, 64. Ce bon mareschal se peut bien appeler philosophe d'armes, c'est à dire amateur de la science d'icelle, Hist. de Bouciq. IV, 6.

XVIe s. Veistes vous oncques chien rencontrant quelque os medulaire ? c'est, comme dict Platon, la beste du monde plus philosophe, Rabelais, Garg. Prol. Les femmes philosophes qui se mesloient à leur secte [des cyniques], Montaigne, II, 352. Vous verrez au long aller ce beau nom de poete venir au nonchaloir du peuple, ainsi que celuy de philosophe que l'on adapte maintenant à ces tireurs de quint-essence, Pasquier, Lett. t. I, p. 26.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PHILOSOPHE. Ajoutez :
11Un des noms de l'argilah ou cicogne à sac (voy. ARGILAH au Supplément). Le public, frappé de la gravité de sa démarche et de l'air penseur de son crâne dénudé, lui a donné le nom plus pittoresque de philosophe ou d'adjudant, Journ. offic. 18 mars 1874, p. 2094, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PHILOSOPHE, s. m. Il n’y a rien qui coute moins à acquérir aujourd’hui que le nom de philosophe ; une vie obscure & retirée, quelques dehors de sagesse, avec un peu de lecture, suffisent pour attirer ce nom à des personnes qui s’en honorent sans le mériter.

D’autres en qui la liberté de penser tient lieu de raisonnement, se regardent comme les seuls véritables philosophes, parce qu’ils ont osé renverser les bornes sacrées posées par la religion, & qu’ils ont brisé les entraves où la foi mettoit leur raison. Fiers de s’être défaits des préjugés de l’éducation, en matiere de religion, ils regardent avec mépris les autres comme des ames foibles, des génies serviles, des esprits pusillanimes qui se laissent effrayer par les conséquences où conduit l’irréligion, & qui n’osant sortir un instant du cercle des vérités établies, ni marcher dans des routes nouvelles, s’endorment sous le joug de la superstition.

Mais on doit avoir une idée plus juste du philosophe, & voici le caractere que nous lui donnons.

Les autres hommes sont déterminés à agir sans sentir, ni connoître les causes qui les font mouvoir, sans même songer qu’il y en ait. Le philosophe au contraire demêle les causes autant qu’il est en lui, & souvent même les prévient, & se livre à elles avec connoissance : c’est une horloge qui se monte, pour ainsi dire, quelquefois elle-même. Ainsi il évite les objets qui peuvent lui causer des sentimens qui ne conviennent ni au bien-être, ni à l’être raisonnable, & cherche ceux qui peuvent exciter en lui des affections convenables à l’état où il se trouve. La raison est à l’égard du philosophe, ce que la grace est à l’égard du chretien. La grace détermine le chrétien à agir ; la raison détermine le philosophe.

Les autres hommes sont emportés par leurs passions, sans que les actions qu’ils font soient précédées de la réflexion : ce sont des hommes qui marchent dans les ténebres ; au lieu que le philosophe dans ses passions mêmes, n’agit qu’après la réflexion ; il marche la nuit, mais il est précédé d’un flambeau.

Le philosophe forme ses principes sur une infinité d’observations particulieres. Le peuple adopte le principe sans penser aux observations qui l’ont produit : il croit que la maxime existe pour ainsi dire par elle-même ; mais le philosophe prend la maxime dès sa source ; il en examine l’origine ; il en connoît la propre valeur, & n’en fait que l’usage qui lui convient.

La vérité n’est pas pour le philosophe une maîtresse qui corrompe son imagination, & qu’il croie trouver par-tout ; il se contente de la pouvoir démêler où il peut l’appercevoir, Il ne la confond point avec la vraissemblance ; il prend pour vrai ce qui est vrai, pour faux ce qui est faux, pour douteux ce qui est douteux, & pour vraissemblable ce qui n’est que vraissemblable. Il fait plus, & c’est ici une grande perfection du philosophe, c’est que lorsqu’il n’a point de motif propre pour juger, il fait demeurer indéterminé.

Le monde est plein de personnes d’esprit & de beaucoup d’esprit, qui jugent toujours ; toujours ils devinent, car c’est deviner que de juger sans sentir quand on a le motif propre du jugement. Ils ignorent la portée de l’esprit humain ; ils croient qu’il peut tout connoître : ainsi ils trouvent de la honte à ne point prononcer de jugement, & s’imaginent que l’esprit consiste à juger. Le philosophe croit qu’il consiste à bien juger : il est plus content de lui-même quand il a suspendu la faculté de se déterminer que s’il s’étoit déterminé avant d’avoir senti le motif propre à la décision. Ainsi il juge & parle moins, mais il juge plus surement & parle mieux ; il n’évite point les traits vifs qui se présentent naturellement à l’esprit par un prompt assemblage d’idées qu’on est souvent étonné de voir unies. C’est dans cette prompte liaison que consiste ce que communément on appelle esprit ; mais aussi c’est ce qu’il recherche le moins, & il préfere à ce brillant le soin de bien distinguer ses idées, d’en connoître la juste étendue & la liaison précise, & d’éviter de prendre le change en portant trop loin quelque rapport particulier que les idées ont entr’elles. C’est dans ce discernement que consiste ce qu’on appelle jugement & justesse d’esprit : à cette justesse se joignent encore la souplesse & la netteté. Le philosophe n’est pas tellement attaché à un système, qu’il ne sente toute la force des objections. La plûpart des hommes sont si fort livrés à leurs opinions, qu’ils ne prennent pas seulement la peine de pénétrer celles des autres. Le philosophe comprend le sentiment qu’il rejette, avec la même étendue & la même netteté qu’il entend celui qu’il adopte.

L’esprit philosophique est donc un esprit d’observation & de justesse, qui rapporte tout à ses véritables principes ; mais ce n’est pas l’esprit seul que le philosophe cultive, il porte plus loin son attention & ses soins.

L’homme n’est point un monstre qui ne doive vivre que dans les abîmes de la mer, ou dans le fond d’une forêt : les seules nécessités de la vie lui rendent le commerce des autres nécessaire ; & dans quelqu’état où il puisse se trouver, ses besoins & le bien être l’engagent à vivre en société. Ainsi la raison exige de lui qu’il connoisse, qu’il étudie, & qu’il travaille à acquérir les qualités sociables.

Notre philosophe ne se croit pas en exil dans ce monde ; il ne croit point être en pays ennemi ; il veut jouir en sage économe des biens que la nature lui offre ; il veut trouver du plaisir avec les autres : & pour en trouver, il en faut faire : ainsi il cherche à convenir à ceux avec qui le hasard ou son choix le font vivre ; & il trouve en même tems ce qui lui convient : c’est un honnête homme qui veut plaire & se rendre utile.

La plûpart des grands à qui les dissipations ne laissent pas assez de tems pour méditer, sont féroces envers ceux qu’ils ne croient pas leurs égaux. Les philosophes ordinaires qui méditent trop, ou plûtôt qui méditent mal, le sont envers tout le monde ; ils fuient les hommes, & les hommes les évitent. Mais notre philosophe qui sait se partager entre la retraite & le commerce des hommes, est plein d’humanité. C’est le Chrémès de Térence qui sent qu’il est homme, & que la seule humanité intéresse à la mauvaise ou à la bonne fortune de son voisin. Homo sum, humani à me nihil alienum puto.

Il seroit inutile de remarquer ici combien le philosophe est jaloux de tout ce qui s’appelle honneur & probité. La société civile est, pour ainsi dire, une divinité pour lui sur la terre ; il l’encense, il l’honore par la probité, par une attention exacte à ses devoirs, & par un desir sincere de n’en être pas un membre inutile ou embarrassant. Les sentimens de probité entrent autant dans la constitution méchanique du philosophe, que les lumieres de l’esprit. Plus vous trouverez de raison dans un homme, plus vous trouverez en lui de probité. Au contraire où regne le fanatisme & la superstition, regnent les passions & l’emportement. Le tempérament du philosophe, c’est d’agir par esprit d’ordre ou par raison ; comme il aime extrèmement la société, il lui importe bien plus qu’au reste des hommes de disposer tous ses ressorts à ne produire que des effets conformes à l’idée d’honnête homme. Ne craignez pas que parce que personne n’a les yeux sur lui, il s’abandonne à une action contraire à la probité. Non. Cette action n’est point conforme à la disposition méchanique du sage ; il est paîtri, pour ainsi dire, avec le levain de l’ordre & de la regle ; il est rempli des idées du bien de la société civile ; il en connoît les principes bien mieux que les autres hommes. Le crime trouveroit en lui trop d’opposition, il auroit trop d’idées naturelles & trop d’idées acquises à détruire. Sa faculté d’agir est pour ainsi dire comme une corde d’instrument de musique montée sur un certain ton ; elle n’en sauroit produire un contraire. Il craint de se détonner, de se desacorder avec lui-même ; & ceci me fait ressouvenir de ce que Velleius dit de Caton d’Utique. « Il n’a jamais, dit-il, fait de bonnes actions pour paroître les avoir faites, mais parce qu’il n’étoit pas en lui de faire autrement ».

D’ailleurs dans toutes les actions que les hommes font, ils ne cherchent que leur propre satisfaction actuelle : c’est le bien ou plutôt l’attrait présent, suivant la disposition méchanique où ils se trouvent qui les fait agir. Or le philosophe est disposé plus que qui que ce soit par ses réflexions à trouver plus d’attrait & de plaisir à vivre avec vous, à s’attirer votre confiance & votre estime, à s’acquitter des devoirs de l’amitié & de la reconnoissance. Ces sentimens sont encore nourris dans le fond de son cœur par la religion, où l’on conduit les lumieres naturelles de sa raison. Encore un coup, l’idée de mal-honnête homme est autant opposée à l’idée de philosophe, que l’est l’idée de stupide ; & l’expérience fait voir tous les jours que plus on a de raison & de lumiere, plus on est sûr & propre pour le commerce de la vie. Un sot, dit la Rochefoucault, n’a pas assez d’étoffe pour être bon : on ne péche que parce que les lumieres sont moins fortes que les passions ; & c’est une maxime de théologie vraie en un certain sens, que tout pécheur est ignorant.

Cet amour de la société si essentiel au philosophe, fait voir combien est véritable la remarque de l’empereur Antonin : « Que les peuples seront heureux quand les rois seront philosophes, ou quand les philosophes seront rois » !

Le philosophe est donc un honnête homme qui agit en tout par raison, & qui joint à un esprit de réflexion & de justesse les mœurs & les qualités sociables. Entez un souverain sur un philosophe d’une telle trempe, & vous aurez un parfait souverain.

De cette idée il est aisé de conclure combien le sage insensible des stoïciens est éloigné de la perfection de notre philosophe : un tel philosophe est homme, & leur sage n’étoit qu’un phantôme. Ils rougissoient de l’humanité, & il en fait gloire ; ils vouloient follement anéantir les passions, & nous élever au-dessus de notre nature par une insensibilité chimérique : pour lui, il ne prétend pas au chimérique honneur de détruire les passions, parce que cela est impossible ; mais il travaille à n’en être pas tyrannisé, à les mettre à profit, & à en faire un usage raisonnable, parce que cela est possible, & que la raison le lui ordonne.

On voit encore par tout ce que nous venons de dire, combien s’éloignent de la juste idée du philosophe ces indolens, qui, livrés à une méditation paresseuse, négligent le soin de leurs affaires temporelles, & de tout ce qui s’appelle fortune. Le vrai philosophe n’est point tourmenté par l’ambition, mais il veut avoir les commodités de la vie ; il lui faut, outre le nécessaire précis, un honnête superflu nécessaire à un honnête homme, & par lequel seul on est heureux : c’est le fond des bienséances & des agrémens. Ce sont de faux philosophes qui ont fait naître ce préjugé, que le plus exact nécessaire lui suffit, par leur indolence & par des maximes éblouissantes.

Philosophes, (Alchimie & Chimie.) Ce mot dans le langage alchimique signifie la même chose qu’adepte ou possesseur de la pierre philosophale. Les Alchimistes n’ont pas manqué de se décorer de ce grand nom, & de celui de sage.

Il existe dans la Chimie ordinaire plusieurs préparations & opérations, la plûpart assez communes, & qui sont apparemment des présens de l’Alchimie qui sont spécifiées par le nom de leurs inventeurs, qualifiés du titre de philosophes. Ainsi il y a une huile des Philosophes, appellée autrement huile de brique, oleum laterinum, qui n’est autre chose que de l’huile d’olive dont on a imbibé des briques rougies au feu, & qu’on a ensuite distillée à feu nud ; une édulcoration philosophique, qui est une distillation des sels métalliques à la violence du feu (Voyez Distillation) ; une pulvérisation philosophique, une calcination philosophique. Voyez Pulvérisation & Calcination. (b)

Philosophes, huile des, (Pharmacie.) c’est l’huile de brique. Ce nom lui a été donné par les Alchimistes qui se disent les véritables philosophes, à cause qu’ils emploient souvent de la brique dans la construction de leurs fourneaux, dont ils se servent pour faire ce qu’ils appellent le grand-œuvre, ou la pierre philosophale. Voyez Brique.

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Étymologie de « philosophe »

Du grec ancien φιλόσοφος, philósophos (« celui qui aime la sagesse »).
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Prov. philosophe ; espagn. et ital. filosofo ; du lat. philosophus ; grec, φιλόσοφος, composé de φίλος, qui aime, et σοφία, sagesse, lequel est de même radical que le lat. sapus, habile, sapere, savoir.

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Phonétique du mot « philosophe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
philosophe filɔzɔf

Citations contenant le mot « philosophe »

  • Savez-vous, Monsieur, […] ce qui fait que je vous trouve un grand philosophe ? C'est que vous êtes devenu riche ! Tous ceux qui disent qu'on peut être heureux et libre dans la pauvreté sont des menteurs, des fous et des sots. Marie de Vichy-Chamrond, marquise du Deffand, Lettre à Voltaire
  • Là où le prêtre manque, que le philosophe vienne. La tombe est le lieu de la philosophie. Le philosophe n'est autre que le prêtre en liberté. Victor Hugo, Philosophie, Commencement d'un livre
  • Qui vit en citoyen, peut écrire en philosophe - mais écrire en philosophe c'est enseigner le matérialisme ! Julien Offray de La Mettrie, Discours préliminaire
  • On pourrait s'étonner que les pensées profondes se trouvent dans les écrits des poètes plutôt que des philosophes. La raison en est que les poètes écrivent par les moyens de l'enthousiasme et de la force de l'imagination : il y a en nous des semences de science, comme dans le silex, que les philosophes extraient par les moyens de la raison, tandis que les poètes, par les moyens de l'imagination, les font jaillir et davantage étinceler. René Descartes, Cogitationes privatae
  • Une maladie est pour un philosophe une école de physique. Frédéric II, le Grand, Éloge de La Mettrie
  • Je voudrais que l'idée inspiratrice d'un philosophe soit parfois capable de descendre des neiges où elle est née et qu'elle vienne, comme une colombe, se poser sur la branche d'un arbre au milieu des hommes qui peinent. Jean Guitton, La Pensée moderne et le catholicisme, Éditions Provençales, Aix
  • Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer. Blaise Pascal, Pensées, 82 Pensées
  • Ce qui fait qu'on goûte médiocrement les philosophes, c'est qu'ils ne nous parlent pas assez des choses que nous savons. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • La clarté est la bonne foi des philosophes. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • Il faut appeler philosophes ceux qui s'attachent en tout à l'essence, et non amis de l'opinion. Platon, La République, 480a (traduction Chambry)
  • Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités ou que ceux que l'on appelle aujourd'hui rois et souverains ne seront pas vraiment philosophes […] il n'y aura de cesse aux maux des cités. Platon, La République, V, 473c (traduction Baecon) Lettres (VII, 326b)
  • Il est tout à fait d'un philosophe ce sentiment : s'étonner. Platon, Théétète, 155d (traduction A. Diès)
  • Le philosophe est le spécialiste des généralistes. De Auguste Comte
  • La barbe ne fait pas le philosophe. De Plutarque / Oeuvres morales
  • Si le philosophe n'est pas heureux, il n'est pas vraiment philosophe. De Roger Fournier / Journal d'un jeune marié
  • Le philosophe babille le bec en l’air. De Platon
  • Les systèmes sont les fictions du génie de chaque philosophe. De Sénèque
  • Le philosophe est le marchand de sommeil des élites. De Alain
  • On est philosophe dans la bataille d’autrui. De Proverbe géorgien
  • Craindre les sens, c'est devenir philosophe. De Francis Picabia / Ecrits
  • Qui se pose la question du pourquoi est un philosophe. De Benjamin Huynh
  • L’amour nous rend poète et la mort, philosophe. De George Santayana
  • Ce sont les questions qui font le philosophe. De Paul Valéry / Autres Rhumbs
  • Etant philosophe, j'ai un problème pour chaque solution. De Robert Zend
  • La femme nous rend poète ; l’enfant nous rend philosophe. De Malcolm de Chazal
  • Le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé. De Georges-Louis Leclerc de Buffon
  • Le vrai philosophe doit toujours s'étonner. De Berthelot Brunet / Les Hypocrites
  • Frontalier du département de la Gironde, le château de Montaigne, à Saint-Michel-de-Montaigne, est bel et bien Périgourdin. Dans cette partie de la Dordogne où le tourisme se fait plus discret, l’édifice rayonne. Le philosophe humaniste Michel de Montaigne a écrit dans la tour qui subsiste l’une des œuvres les plus importantes et influentes… SudOuest.fr, Saint-Michel-de-Montaigne (24) : un havre de philosophie
  • « Le système abrutit les gens en leur faisant croire à chaque scrutin qu’ils ont le choix entre Hitler et de Gaulle, poursuit-il, nous voulons restaurer la démocratie ». A cette modeste ambition, 35 000 abonnés ont adhéré. Et 85 000 numéros sont proposés à la vente, ainsi qu’une déclinaison Web du même nom. « Nous lançons un mouvement citoyen métapolitique », s’enthousiasme le producteur Stéphane Simon, avec lequel le philosophe s’est associé dans Les éditions du Plenïtre, « mot normand pour désigner le champ qui, n’étant à personne, appartient à tous ». Le logo fut vite trouvé, il reprend la forme rectangulaire des lunettes, faites sur mesure tant la tête du penseur est large, une astuce marketing un brin narcissique qui figure sur sa chaîne Internet et se retrouve même enchâssée dans la grille en fer forgé de sa maison. , Michel Onfray, le philosophe qui divise
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  • En Europe, le monde intellectuel est entré littéralement en ébullition. Les philosophes se sont engouffrés très rapidement dans la brèche du monde d'après. Au cœur du confinement, le coup de gueule d’André-Comte Sponville dans nos pages a laissé place à toute une série d’hypothèses et de réflexions. L'Echo, Quand les philosophes imaginent le monde d’après | L'Echo
  • La revue Front Populaire, lancée fin juin par le philosophe Michel Onfray, s'est écoulée à 50.000 exemplaires dès sa première semaine en kiosques et librairie et a été réimprimée à 50.000 exemplaires mi-juillet, a salué l'équipe du trimestriel. , La revue "Front Populaire", lancée fin juin par le philosophe Michel Onfray, s'est écoulée à 50.000 exemplaires dès sa première semaine en kiosques et librairie
  • Tout comme son grand-père Louis de Funès, la philosophe collectionne les succès, en publiant coup sur coup deux best-sellers aux éditions de l'Observatoire : Comédie in(humaine), vendu à près de quarante mille exemplaires, et, récemment, Développement (im)personnel, qui suit le même chemin (dix-huit mille exemplaires), dans lequel elle étrille les faux-semblants, les coachs et autres professeurs de « bonheur ». « Avec leurs recettes toutes faites, ils nous endoctrinent, nous enveloppent plus qu'ils ne nous aident à nous développer… La philosophie, au contraire, nous aide à nous libérer ! » C'est dans le domaine du travail qu'elle excelle. Titulaire d'un DESS de ressources humaines mené en même temps que son doctorat, elle dispense la bonne parole lors de conférences dans de grandes entreprises. « Ça n'est pas un hasard si mon agenda est rempli depuis cinq ans. Cela correspond au moment où, avec la mondialisation galopante, la souffrance s'est intensifiée dans le monde du travail. Du burn-out au bore-out, la perte de sens est devenue globale. » Pendant ses conférences, elle injecte de la philosophie dans l'entreprise. « Je cite Martin Heidegger, Hannah Arendt, qui ont travaillé sur la crise du sens. Je fais réfléchir les auditeurs à la notion de “groupe”, qui n'existe que lorsque l'on partage un danger commun, raison pour laquelle pendant le Covid-19, nous étions si liés. Hors Covid-19, le collectif s'édifie aussi quand on œuvre contre la concurrence, par exemple. Les gens sont demandeurs de sens, de culture des humanités », souligne Julia de Funès. Qui conclut : « La philosophie n'apporte pas le bonheur sur un plateau. Mais, en musclant nos neurones, elle augmente notre bien-être. » , Ces femmes philosophes qui dépoussièrent la discipline
  • Dans ce jeu de très mauvais goût, les participants rejouaient les dernières étapes de la vie du philosophe sur le chemin de l’exil et de la déportation, et jusqu’à cette pénible fuite à pied – il souffrait de myocardite – à travers les montagnes ; un périple raconté par la résistante et militante pacifiste Lisa Fittko dans son livre Le Chemin des Pyrénées, paru en 1985 [1987, Maren Sell & Cie, en traduction française]. Courrier international, Le philosophe Walter Benjamin otage de l’extrême droite à Perpignan  ?

Images d'illustration du mot « philosophe »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « philosophe »

Langue Traduction
Anglais philosopher
Espagnol filósofo
Italien filosofo
Allemand philosoph
Chinois 哲学家
Arabe فيلسوف
Portugais filósofo
Russe философ
Japonais 哲学者
Basque filosofo
Corse filosofo
Source : Google Translate API

Synonymes de « philosophe »

Source : synonymes de philosophe sur lebonsynonyme.fr

Philosophe

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