Prout : définition de prout

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Prout : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PROUT, onomat., subst. masc. et interj.

I.− Onomat. [Bruit qui accompagne l'émission des gaz intestinaux; p. anal., bruit similaire] Elle chantonnait : à dada, sur mon bidet, prout, prout, prout cadet! (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 169).
II.− Subst. masc. fam.
A.− Bruit qui accompagne l'émission des gaz intestinaux; p. méton., gaz intestinal. Synon. fam. pet, vent.Lâcher un prout. On a entendu un prout sonore (Lar. Lang. fr.). M. Rudesco, il a également fait campagne pour une pilule qui désodorise (...) les pets mais ça n'a pas encore pris étant donné que les médecins n'ont pas encore fini leurs expériences sur les souris et qu'on ne sait toujours pas si la pilule à désodoriser les prouts donne le cancer ou pas (J. Lanzmann, Rue des Mamours,Paris, Le Livre de poche, 1982 [1981], p. 25).
B.− P. anal. Bruit similaire. Dis-moi un peu ce qui te passait par la tête, Monsieur Bineau, de siffler comme un chien en colère, et de faire des boumm, des proutt, à renverser une maison? (Champfl., Souffr. profess. Delteil,1853, p. 203).
III.− Interj., vieilli. [Pour exprimer l'indifférence, la résignation ou l'impatience] Cela m'est bien égal. Synon. baste1.Marie : Et la petite? St-Germain : Bah! les enfants, ça dort dur... Marie, se décidant [à aller à Mabille] : Ah! bast! prout!... allons-y! (Labiche, Fille bien gardée,1850, 2, p. 277).
REM.
Prouter, verbe intrans.,fam. a) Lâcher bruyamment un gaz. Synon. fam. péter (Ds Rob. Suppl. 1970, Lar. Lang. fr.).b) P. anal. Émettre un bruit similaire au bruit qui accompagne l'émission d'un gaz. Il fait prouter ses lèvres (Feydeau, Dame Maxim's,1914, III, 17, p. 70).
Prononc. et Orth. : [pʀut]. Gén. s'accorde empl. comme subst. (v. II A), mais des proutt avec gémination expressive et sans accord (v. II B). Étymol. et Hist. 1. 1176-77 (dire) tprot interj. qui fait fi d'une opinion et exprime dédain et désinvolture (Richeut, éd. I. C. Lecompte, 968); ca 1180 tproupt (Proverbe au vilain, éd. A. Tobler, 201; var. ms. F. γ tropt; v. les rem. de A. Tobler concernant cette interj. ds Arch. St. n. Spr. t. 86, p. 442 et t. 87, p. 277); ca 1223 tprout (Gautier de Coinci, Miracles N.D., éd. V.F. Koenig, I Mir 32, t. 3, p. 29, 158, var. mss ptrout, prout, tprouth, trout; I Mir 42, t. 3, p. 184, 492, var. mss rout, ptrout, trout, prout; II Ch 7, t. 3, p. 298, 35); 2. 1837 proute subst. fém. « plainte » (Vidocq, Voleurs, t. 2, p. 38); 1872 proute subst. fém. « pet » (Larch.). 1 interj. selon A. Henry dans son éd. du Jeu St Nicolas de Jehan Bodel (Glossaire, s.v. tproupt); 2 onomatopée.

Prout : définition du Wiktionnaire

Nom commun

prout \pʁut\ masculin

  1. (Familier) ou (Langage enfantin) Pet, bruit produit par l’évacuation de gaz du corps humain.
    • À dada sur mon bidet
      quand il trotte, il fait des pets
      quand il passe il les ramasse
      prout, prout, prout cadet.
      — (Comptines)
    1. (Figuré) Chose insignifiante.
      • L’ambassadeur de l’empire a gagné la cause du gibet auprès de lord Palmerston ; mais le représentant de la république a gagné devant l’Europe la cause de l’avenir. Quand pour un prout on le tue, la corde autoure de sa langue car il parla trop. N’est-ce pas là la preuve d’une débilité de sa part ? — (Victor Hugo, Notes dans Pendant l’exil dans Actes et paroles, 1875)
  2. (Langage enfantin) Son du pet.
    • En effet, lorsque la sœur levait le martinet, Charlotte tendait le cul et lâchait un pet. On n’entendait que le cri de la sœur : « Voulez-vous avancer, insubordonnée », le flic, flac sur les grosses chairs des fesses et les prout, prout, courts, longs ou tonitruants qui partaient du postérieur molesté. — (Hugues Rebell [sous le pseudonyme de Madame de Morency], Journal d’une enfant vicieuse, l’enfance de Rose Livre I, 1903)
    1. (Par extension) Son similaire à celui du pet.
      • Après un charmant « prout », on recueillait une crotte de brillantine dans la paume de sa main et se l’appliquait soigneusement sur les cheveux. — (Marcel Gotlib, J’existe, je me suis rencontré, 1994, page 244)
    2. (Par extension) (Canada) Bruit insolite.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « prout »

Étymologie de prout - Wiktionnaire

(1782)[1] D’une onomatopée[2][3]. La forme actuelle n’est pas la première recensée. En effet, Alain Rey mentionne l’onomatopée dès le XIIe siècle[2][3][4]. À cette époque, une interjection aux graphies variées exprime le doute et le mépris : tprot, tproupt, tprout[4], etc. Au XIIe siècle, apparaît l’expression dire tprot[4]. Godefroy recense la graphie prout en ancien français uniquement pour l’expression de mépris[5]. Le sens de pet, écrit prou tou apparaît en 1665[1]. Le mot s'est simplifié en prou en 1732 et a pris la graphie actuelle[1]. Il entre dans l’argot au XIXe siècle en signifiant la sodomie[1]. Ce sens demeure dans les expressions prout-prout et prout, ma chère[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « prout »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prout pru play_arrow

Citations contenant le mot « prout »

  • Avis de rappel de la pâte à prout 'Gloup Noise putty' distribuée par les magasins La Foirfouille. DGCCRF. 1er juillet 2020 ( accessible en ligne). Doctissimo, Seau de plage, sucettes, balle d’activité… Plusieurs produits pour enfant et bébé rappelés - Doctissimo
  • Terrorisme, missile ou pollution sont des plus gros mots que caca, merde ou prout. De Philippe Geluck / Le chat

Traductions du mot « prout »

Langue Traduction
Corse fart
Basque fart
Japonais おなら
Russe пердеть
Portugais peidar
Arabe ضرطة
Chinois
Allemand furz
Italien scoreggia
Espagnol pedo
Anglais fart
Source : Google Translate API

Synonymes de « prout »

Source : synonymes de prout sur lebonsynonyme.fr


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