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Pervertir

Définitions du mot « pervertir »

Trésor de la Langue Française informatisé

PERVERTIR, verbe trans.

A. − [Le compl. d'obj. désigne une pers. ou un ensemble de pers.] Faire changer en mal, pousser au mal, corrompre (v. ce mot II B). Synon. débaucher, dépraver, dévoyer, gâter.Pervertir la jeunesse. La souffrance et le malheur peuvent pervertir la plus belle âme; elle, douce, bonne, fervente, aimante, religieuse, n'avait plus que du fiel dans la poitrine et du venin à la bouche (Borel, Champavert, 1833, p.29).C'est par malice qu'ils [les démons] poursuivent les hommes, les pervertissent et les portent au mal par de fausses manoeuvres très variées (Théol. cath.t.4, 11920, p.343).V. déconsidération ex.:
1. À dix ans, je n'étais plus chaste. Initiée par le triste exemple de maman à ce que c'est que l'amour, pervertie par toutes les polissonneries auxquelles je me livrais avec les petits garçons, je m'étais développée physiquement très vite... Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p.100.
Empl. pronom. Ce jeune homme s'est promptement perverti (Ac.).Elle crevait de fureur. Elle ne s'amendait pas, s'aigrissait, se pervertissait plutôt, tâchait de faire quelque mal (Michelet, Journal, 1861, p.577).
B. − [Le compl. d'obj. désigne le plus souvent une manifestation de l'esprit humain] Détourner quelque chose de sa vraie nature, de la normalité. Synon. corrompre, dénaturer, fausser.Pervertir le goût, une idée, le jugement, une notion, un principe, le sens d'un mot, d'un texte. Pervertir l'ordre des choses (Ac.).La civilisation, en s'universalisant, pervertit les besoins de l'âme populaire dont les manifestations s'abâtardissent peu à peu (Faure, Hist. art, 1912, p.227).Langage visant toujours à l'inattendu et à l'extrême de l'expression, surchargé d'adjectifs pervertis et employés hors d'eux-mêmes (Valéry, Variété II, 1929, p.220).V. conjoindre ex. de Chateaubriand:
2. ... Walter Scott (...) me semble avoir créé un genre faux; il a perverti le roman et l'histoire; le romancier s'est mis à faire des romans historiques, et l'historien des histoires romanesques. Chateaubr., Mém., t.1, 1848, p.507.
Empl. pronom. Le goût public se pervertit; jamais, au sein d'une plus fastueuse abondance de livres, le domaine intellectuel ne fut plus stérile (L. Blanc, Organ. trav., 1845, p.187).L'oreille moderne s'est pervertie jusqu'à tolérer, aimer, exiger du vitriol (Arts et litt., 1935, p.34-11).
Prononc. et Orth.: [pε ʀvε ʀti:ʀ], (il) pervertit [pε ʀvε ʀti]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. 1remoitié xiies. purvertir «faire changer en mal» (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, XVII, 26); fin xiies. pervertir (Sermons St Grégoire sur Ezechiel, 85, 9 ds T.-L.); 1846 part. passé subst. (Balzac, Cous. Bette, p.295); 2. ca 1170 purvertir «détourner de sa destination normale» (Rois, éd. E. R. Curtius, III, XI, 3, p.137); spéc. fin xiies. pervertir «dénaturer un texte» (Sermons St Bernard, éd. W. Foerster, XLII, 2, 15, p.62). Empr. au lat. pervertere «mettre sens dessus dessous» et «faire mal tourner», att. en lat. chrét. au sens de «corrompre, fausser (les esprits)» (déb. ves. ds Blaise Lat. chrét.) et «falsifier (un texte)» (déb. iiies., ibid.), dér. de vertere «tourner». Fréq. abs. littér.: 108.
DÉR. 1.
Pervertissement, subst. masc.Action de pousser au mal, de corrompre (v. ce mot II B); résultat de cette action. Le pervertissement de la jeunesse. Le pervertissement des moeurs (Ac.1878-1935).La puissance du mal sera centuplée; (...) nous aurons tous les fléaux à la fois: pervertissement des esprits et des coeurs, par l'inondation des livres dangereux; appauvrissement des grands écrivains (L. Blanc, Organ. trav., 1845, p.210). [pε ʀvε ʀtismɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1878. 1reattest. 1453 (ds Ordonnances des rois de France, t.14, p.311); de pervertir, suff. -(isse)ment1*.
2.
Pervertisseur, -euse, subst.Personne qui pousse au mal, qui corrompt (v. ce mot II B). Malédiction sur ce Verlaine, (...) malédiction sur ce grand pervertisseur qui, par son talent, a fait école, dans la jeunesse lettrée, de tous les mauvais appétits, de tous les goûts antinaturels, de tout ce qui est dégoût et horreur! (Goncourt, Journal, 1893, p.423).C'était, pendant douze années, tout ce que la jouisseuse, la pervertisseuse, avec son fond de cruauté innée, avait goûté là de rare et d'exquis, satisfaisant ses appétits démesurés, apaisant la rancune noire amassée dès l'enfance (Zola, Travail, t.2, 1901, p.83).Empl. adj. [En parlant d'une manifestation de l'esprit humain] Qui est le fait d'une telle personne. Je parvins à recruter un nombre respectable d'abonnés (...). J'écartais de ces lecteurs d'élite (...) les livres médiocres ou pervertisseurs, que mon jury se gardait, il va sans dire, de mentionner (Gide, Robert, 1930, p.1321). [pε ʀvε ʀtisoe:ʀ], fém. [-ø:z]. 1resattest. 1552 (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, XLVI, 78, p.194), 1902 adj. (Zola, Vérité, 193); de pervertir, suff. -(iss)eur2*, cf. l'a. fr. pervertor «id.» (fin xiies. Sermons St Grégoire sur Ezechiel 85, 17 ds T.-L.).
BBG.De Gorog (R.). The Concept to destroy in Old Fr. and the question of synonymy. Linguistics. La Haye. 1972, no93, p.39. _Dub. Pol. 1962, p.371.

Trésor de la Langue Française informatisé

PERVERTIR, verbe trans.

A. − [Le compl. d'obj. désigne une pers. ou un ensemble de pers.] Faire changer en mal, pousser au mal, corrompre (v. ce mot II B). Synon. débaucher, dépraver, dévoyer, gâter.Pervertir la jeunesse. La souffrance et le malheur peuvent pervertir la plus belle âme; elle, douce, bonne, fervente, aimante, religieuse, n'avait plus que du fiel dans la poitrine et du venin à la bouche (Borel, Champavert, 1833, p.29).C'est par malice qu'ils [les démons] poursuivent les hommes, les pervertissent et les portent au mal par de fausses manoeuvres très variées (Théol. cath.t.4, 11920, p.343).V. déconsidération ex.:
1. À dix ans, je n'étais plus chaste. Initiée par le triste exemple de maman à ce que c'est que l'amour, pervertie par toutes les polissonneries auxquelles je me livrais avec les petits garçons, je m'étais développée physiquement très vite... Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p.100.
Empl. pronom. Ce jeune homme s'est promptement perverti (Ac.).Elle crevait de fureur. Elle ne s'amendait pas, s'aigrissait, se pervertissait plutôt, tâchait de faire quelque mal (Michelet, Journal, 1861, p.577).
B. − [Le compl. d'obj. désigne le plus souvent une manifestation de l'esprit humain] Détourner quelque chose de sa vraie nature, de la normalité. Synon. corrompre, dénaturer, fausser.Pervertir le goût, une idée, le jugement, une notion, un principe, le sens d'un mot, d'un texte. Pervertir l'ordre des choses (Ac.).La civilisation, en s'universalisant, pervertit les besoins de l'âme populaire dont les manifestations s'abâtardissent peu à peu (Faure, Hist. art, 1912, p.227).Langage visant toujours à l'inattendu et à l'extrême de l'expression, surchargé d'adjectifs pervertis et employés hors d'eux-mêmes (Valéry, Variété II, 1929, p.220).V. conjoindre ex. de Chateaubriand:
2. ... Walter Scott (...) me semble avoir créé un genre faux; il a perverti le roman et l'histoire; le romancier s'est mis à faire des romans historiques, et l'historien des histoires romanesques. Chateaubr., Mém., t.1, 1848, p.507.
Empl. pronom. Le goût public se pervertit; jamais, au sein d'une plus fastueuse abondance de livres, le domaine intellectuel ne fut plus stérile (L. Blanc, Organ. trav., 1845, p.187).L'oreille moderne s'est pervertie jusqu'à tolérer, aimer, exiger du vitriol (Arts et litt., 1935, p.34-11).
Prononc. et Orth.: [pε ʀvε ʀti:ʀ], (il) pervertit [pε ʀvε ʀti]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. 1remoitié xiies. purvertir «faire changer en mal» (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, XVII, 26); fin xiies. pervertir (Sermons St Grégoire sur Ezechiel, 85, 9 ds T.-L.); 1846 part. passé subst. (Balzac, Cous. Bette, p.295); 2. ca 1170 purvertir «détourner de sa destination normale» (Rois, éd. E. R. Curtius, III, XI, 3, p.137); spéc. fin xiies. pervertir «dénaturer un texte» (Sermons St Bernard, éd. W. Foerster, XLII, 2, 15, p.62). Empr. au lat. pervertere «mettre sens dessus dessous» et «faire mal tourner», att. en lat. chrét. au sens de «corrompre, fausser (les esprits)» (déb. ves. ds Blaise Lat. chrét.) et «falsifier (un texte)» (déb. iiies., ibid.), dér. de vertere «tourner». Fréq. abs. littér.: 108.
DÉR. 1.
Pervertissement, subst. masc.Action de pousser au mal, de corrompre (v. ce mot II B); résultat de cette action. Le pervertissement de la jeunesse. Le pervertissement des moeurs (Ac.1878-1935).La puissance du mal sera centuplée; (...) nous aurons tous les fléaux à la fois: pervertissement des esprits et des coeurs, par l'inondation des livres dangereux; appauvrissement des grands écrivains (L. Blanc, Organ. trav., 1845, p.210). [pε ʀvε ʀtismɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1878. 1reattest. 1453 (ds Ordonnances des rois de France, t.14, p.311); de pervertir, suff. -(isse)ment1*.
2.
Pervertisseur, -euse, subst.Personne qui pousse au mal, qui corrompt (v. ce mot II B). Malédiction sur ce Verlaine, (...) malédiction sur ce grand pervertisseur qui, par son talent, a fait école, dans la jeunesse lettrée, de tous les mauvais appétits, de tous les goûts antinaturels, de tout ce qui est dégoût et horreur! (Goncourt, Journal, 1893, p.423).C'était, pendant douze années, tout ce que la jouisseuse, la pervertisseuse, avec son fond de cruauté innée, avait goûté là de rare et d'exquis, satisfaisant ses appétits démesurés, apaisant la rancune noire amassée dès l'enfance (Zola, Travail, t.2, 1901, p.83).Empl. adj. [En parlant d'une manifestation de l'esprit humain] Qui est le fait d'une telle personne. Je parvins à recruter un nombre respectable d'abonnés (...). J'écartais de ces lecteurs d'élite (...) les livres médiocres ou pervertisseurs, que mon jury se gardait, il va sans dire, de mentionner (Gide, Robert, 1930, p.1321). [pε ʀvε ʀtisoe:ʀ], fém. [-ø:z]. 1resattest. 1552 (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, XLVI, 78, p.194), 1902 adj. (Zola, Vérité, 193); de pervertir, suff. -(iss)eur2*, cf. l'a. fr. pervertor «id.» (fin xiies. Sermons St Grégoire sur Ezechiel 85, 17 ds T.-L.).
BBG.De Gorog (R.). The Concept to destroy in Old Fr. and the question of synonymy. Linguistics. La Haye. 1972, no93, p.39. _Dub. Pol. 1962, p.371.

Wiktionnaire

Verbe

pervertir \pɛʁ.vɛʁ.tiʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se pervertir)

  1. Faire changer de bien en mal, corrompre avec intention.
    • Les mauvaises compagnies le pervertiront.
    • Pervertir la jeunesse.
    • Pervertir l’ordre des choses, troubler un ordre établi.
  2. Dénaturer, altérer, changer.
    • Pervertir le sens d’un passage.
  3. (Pronominal) (réfléchi) Devenir pervers.
    • Ce jeune homme s’est promptement perverti.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

PERVERTIR (pèr-vèr-tir) v. a.
  • 1Faire changer de bien en mal, en matière de morale. Les mauvaises compagnies ont perverti ce jeune homme. Ce furent les femmes étrangères qui pervertirent Salomon, Fleury, Mœurs des Israél. tit. XXII, 2e part. p. 291, dans POUGENS.
  • 2Déranger, troubler. Je dis que c'est pervertir l'ordre des choses ; pourquoi ? parce que, dans l'ordre des choses, le repos n'est pas pour lui-même, mais pour le travail, Bourdaloue, Dim. de la Septuag. Dominic. t. I, p. 376. Les honneurs sont institués pour récompenser le mérite… mais l'esprit du monde en a perverti le véritable usage, Fléchier, Mme de Montausier.

    Pervertir le sens d'un passage, l'altérer, le dénaturer.

  • 3Se pervertir, v. réfl. Devenir perverti. Ce jeune homme s'est promptement perverti.

REMARQUE

Saint-Simon a, suivant les idées intolérantes de son temps, dit se pervertir au lieu de se convertir, en parlant d'une religion qu'il regardait comme fausse : Riperda avait été catholique, mais il s'était perverti pour entrer dans les charges de son pays, Saint-Simon, 473, 48.

HISTORIQUE

XIIe s. Cil qui se poinent de pervertir les saintes Escriptures, Saint Bernard, p. 573.

XIIIe s. Tu es riches et sires ; mes en seignorissant… Vas ton ordre et les autres auques parvertissant, J. de Meung, Test. 676.

XIVe s. Trop est li siecles perviertis, Et li biens en maus conviertis, Jean de Condé, t. II, p. 91. Ce que tu feras de bien, tes anciens ennemis le pervertiront ou amenuiseront, Ménagier, I, 9.

XVe s. Vous qui voulez du jour faire la nuict, Pervertissans par dormir la clarté Du beau soleil, qui pour besongner luit, Deschamps, Vie dissipée.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « pervertir »

(Date à préciser) Du latin pervertere (« renverser, mettre sens dessus dessous »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. et esp. pervertir ; port. perverter ; ital. pervertere ; du lat. pervertere, de per, et vertere, tourner.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « pervertir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pervertir pɛrvɛrtir

Citations contenant le mot « pervertir »

  • D’autant que parmi ce groupement se trouvent des sociétés internationales et que cette institution ne devrait trancher sur ce sujet que le 21 juillet courant lors d’une séance plénière. Une image qui ne sert pas le Maroc en ces moments de crise économique aiguë où l’on doit encourager l’investissement en respectant la loi et non pas laisser l’esprit partisan, tordu, pervertir l’économie. Le360.ma, Affaire des carburants ou quand la politique pervertit l’économie | www.le360.ma
  • L’animateur et prêcheur de l’émission se demande quelles sont les réelles motivations de ces scénaristes qui ont décidé, à travers leur fiction, de pervertir la société, surtout la jeunesse. Il soupçonne des intérêts cachés derrière la production de ces nouvelles séries en vogue. Senego.com - Actualité au Sénégal, toute actualité du jour, Le clash de Oustaz Makhtar Sarr sur la nouvelle série "Infidèles : "Lou bonn la" - Senego.com
  • Mardi 21 juillet 2020. Voilà qu’on m’annonce la disparition d’un concitoyen exemplaire dans ce qu’il faisait pour servir son pays, le Sénégal, le faire découvrir et le faire rayonner. Non, il n’était pas un politique au sens où l’on entend ce mot, sous nos cieux. Non, il n’était pas non plus un de ces bonshommes pleins aux as que les griots chantent et qui tapissent de billets de banque les scènes de spectacles devant lesquelles les femmes vont pervertir leur âme et la jeunesse désœuvrée dilapider son énergie. Était-il d’ailleurs connu et véritablement reconnu dans ce pays où un éminent professeur d’histoire affirmait, en substance, que c’était un crime d’être compétent et probe ? SenePlus, CE QUE NOUS DEVONS A JEAN-PIERRE LEURS | SenePlus
  • Cela renseigne sur l’origine, les sources de financement de ces prétendus mouvements activistes qui ne visent qu’à pervertir nos mœurs. C’est ça d’ailleurs qui les motive. Car derrière eux, se cachent des ONG, Georges Soros à travers OSIWA, deux grandes ambassades européennes, à l’origine de tous leurs financements. Xibaaru, Qui finance Guy Marius Sagna et les activistes ?...La vérité

Images d'illustration du mot « pervertir »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « pervertir »

Langue Traduction
Anglais pervert
Espagnol pervertido
Italien pervertito
Allemand pervers
Chinois 变态
Arabe المنحرف
Portugais perverter
Russe извращенец
Japonais 変態
Basque pervert
Corse perverti
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Synonymes de « pervertir »

Source : synonymes de pervertir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pervertir »

Pervertir

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