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Noeud

Définitions du mot « noeud »

Trésor de la Langue Française informatisé

NOEUD, subst. masc.

A. −
1. Enlacement d'un objet flexible, entrelacement de deux ou plusieurs extrémités d'objets flexibles (cordes ou fils) destiné à les réunir. Couper, faire, défaire, dénouer, desserrer un noeud; noeud d'une maille, d'un tissu; noeud double, fixe, lâche, simple, serré:
1. Son arc est détendu; quand Érath, tout joyeux, Et déjà sur le bord, se présente à ses yeux. Mon fils le reconnaît, le renverse, l'entraîne, De cent noeuds redoublés le lie au tronc d'un chêne... Baour-Lormian,Ossian,1827, p.123.
Noeud fatal (vieilli). Corde destinée à étrangler quelqu'un. Dans l'air le noeud fatal étouffa mes victimes; L'acier les déchira dans un puits meurtrier (Delavigne,Louis XI,1832, iv, 6, p.176).Corde* à noeuds.
Loc. verb. fam. Faire un noeud à son mouchoir. Nouer un coin de son mouchoir pour se souvenir de quelque chose. Un monsieur qui fait tout le long de son voyage des noeuds à son mouchoir pour se rappeler les sites (Goncourt,Journal,1852, p.52).
Spécialement
a) MAR., TECHNOL. Noeuds de marin; noeud d'ajus*; noeud d'agui*; noeud d'anguille*; noeud de bouline*; noeud de chaise*; noeud coulant*; noeud de pêcheur; noeud de vache*.
Noeud de capelage. Noeud qui sert à maintenir les boucles des manoeuvres ou des haubans. Pour refaire un haubannage, vous utiliserez le noeud de capelage (Barber.1969).
Noeud de drisse. Noeud qui ,,sert dans les embarcations à arrêter la drisse d'une voile en prenant un tour mort et en faisant mordre le double de la drisse au-dessus`` (Gruss 1952).
Noeud droit. Noeud fait de deux boucles dont chacune enserre l'autre, de telle sorte que les deux brins de chaque boucle passent du même côté. Depuis treize jours je vis sur la mer. J'ai appris à gouverner une barque à voiles, à faire des noeuds droits (Hugo,Corresp.,1839, p.567).
Noeud d'étrésillon, de trésillon. Ligature qui sert à réunir deux cordages à l'étrésillon. On se sert [pour rapprocher fortement l'un de l'autre deux cordages tendus que l'on veut réunir par un amarrage] d'un filin (...) dont les bouts (...) reviennent se fixer au trésillon au moyen d'un noeud de trésillon (Gruss1952).
Noeud plat. ,,Noeud dans lequel les deux bouts d'un cordage s'entrelacent deux fois et qui est d'autant plus solide qu'il est plus serré`` (Bonn.-Paris 1859).
Noeud de tisserand. ,,Noeud pour réunir deux filins de diamètre différent`` (Barber. 1969).
Noeud de la ligne de loch (v. loch1) et p. méton. noeud. Unité de vitesse correspondant à un mille marin, soit 1852 mètres à l'heure. Faire, filer n noeuds (à l'heure). Cette baie est très-ouverte, le courant y est presque insensible; je ne l'ai jamais vu filer un demi-noeud (Voy. La Pérouse,t.2, 1797, p.248).Nous filons avec une rapidité qui tient du prodige. Nous devons faire au moins un million de noeuds à l'heure (Jarry,Ubu,1895, v, 4, p.90).Loc. fig. pop., vieilli. Filer son noeud. S'en aller, partir. C'est-à-dire que M. Edmond voulait éventrer M. Danglars; mais le comptable a filé son noeud (Dumas père, Monte-Cristo, Drame, 1848, ii, 4, p.47).Bien! Va-t'en! File ton noeud! (Flaub.,Éduc. sent., t.1, 1869, . 228).En partic. Mourir. (Dict. xixeet xxes.).
b) MÉD., CHIR. Noeud chirurgical; noeud du chirurgien. ,,Noeud composé d'un double demi-noeud qui ne se desserre pas ou peu pendant que l'on effectue le deuxième demi-noeud de blocage`` (Lar. Méd. t.2 1972).
2. [En tant que parure ou ornement (vestimentaire)] Noeud de soie, de velours; noeud de chapeau. Ajoutez à cela une gorgerette plissée, des noeuds de rubans sur les souliers(...) et mille autres énormités dont s'indignait le bon goût (Hugo,N.-D. Paris,1832, p.242).N'était la longue natte de cheveux tressés ramenée sur l'épaule et serrée d'un prétentieux noeud de satin, cette figure extraordinaire eût paru sans sexe et sans âge (Bernanos,Crime,1935, p.813).
Noeud d'épée.*.
P. anal. Noeud de perles, de diamants. Ornement en forme de noeud. Mes yeux s'arrêtaient maladroitement sur un noeud de diamants qui flamboyait à son corsage (Fromentin,Dominique,1863, p.175):
2. Le système de la décoration [du boudoir] est poursuivi dans les plus petits détails et jusque dans ce plafond en soie bleue, étoilé de cachemire blanc dont les longues bandes plissées retombent à d'égales distances sur la tenture, agrafées par des noeuds de perles. Balzac,Fille Ève,1839, p.68.
En partic.
Noeud de cravate. Enlacement d'une bande d'étoffe nouée de façon décorative sur la fermeture du col de la chemise. Dehors il faisait jour. Georges déboutonna son col de chemise, relâcha le noeud de sa cravate. Il avait besoin d'air (M. Déon,Un Parfum de jasmin, Paris, Gallimard, 1967, p.128).
Noeud papillon*.
Noeud d'épaule. ,,Ornement qui tenait la place de l'aiguillette d'uniforme`` (Leloir 1961).
3. P. anal.
a) Enroulement (d'un reptile). Vois la race de l'aigle privée du père qui est mort dans les replis et les noeuds de l'affreuse vipère (Claudel,Choéphores,1920, p.922).
En partic. Noeud (de vipères). Enroulement de vipères enchevêtrées les unes dans les autres. Cette boule [de poison] imposait le silence. Elle fascinait et répugnait à la manière d'un noeud de serpents qu'on croit formé d'un seul reptile et où l'on découvre plusieurs têtes (Cocteau,Enfants,1929, p.170).
b) Arg. vieilli. Noeud d'épée. ,,Petit paquet de couenne de lard`` (France 1907). Un noeud d'épée entouré pompeusement de six pommes de terre (P. Cuisin,Les Cabarets de Paris, Paris, Delongchamps, 1821, p.76).
4. P. anal. ou au fig.
a) Contraction (de la poitrine, de la gorge) sous l'effet d'une violente émotion. Il avait envie de crier encore pour dénouer enfin le noeud violent qui lui broyait le coeur (Camus,Peste,1947, p.1395).
Loc. verb. Avoir un noeud dans la gorge, dans la poitrine. Avoir la gorge serrée, la poitrine serrée, contractée. Par moments, j'ai un noeud dans la poitrine (Beauvoir,Mandarins,1954, p.537).
b) Lien (social) très étroit (entre deux personnes). Briser, former, rompre un noeud. Tout ce qui multiplie les noeuds qui attachent l'homme à l'homme, le rend meilleur et plus heureux (Joubert,Pensées, t.1, 1824, p.189).
Noeud + compl. déterminatif.C'est (...) lorsque déjà, dans le feu de la jeunesse, nous nous communiquions nos passions, nos enthousiasmes, que se serrèrent les noeuds de notre amitié (Michelet,Mémor.,1822, p.201).
Noeud + adj. déterminatif.La sainteté du noeud conjugal est assez respectée en Grèce. La raison en est fort simple. L'amour est un luxe, surtout l'amour illégitime (About,Grèce,1854, p.206):
3. Je ne puis descendre avec tranquillité dans la tombe, qu'en unissant pour jamais, par des noeuds indissolubles, les seuls objets qui m'attachoient à la vie. Genlis,Chev. Cygne, t.3, 1795, p.370.
B. − P. anal ou au fig. Point de rencontre, de jonction d'éléments dans une affaire délicate et complexe. Le noeud de l'affaire, du débat, de la question. Les clairvoyants remarqueront que c'est ici le noeud du problème, que toute la lutte a lieu en ce moment entre les vieilles et les nouvelles idées de théisme et de morale (Renan,Avenir sc.,1890, p.32).
Noeud gordien*. Sac* de noeuds.
1. Point de rencontre, de jonction.
Spécialement
ASTRON. ,,Point où l'orbite d'une planète, d'une comète ou de la lune coupe le cercle de l'écliptique sur la sphère céleste des fixes`` (Astron. 1973).
COMMUN. Noeud (de communication). Point de rencontre de routes, de lignes ferroviaires. La gare de Creil est un véritable noeud du réseau du Nord, où s'opère une quadrifurcation des lignes ferrées (L. Daudet, Av.-guerre,1913, p.238).On peut, à la rigueur, malgré (...) les noeuds inextricables des carrefours, descendre avec le flot (Saint-Exup.,Pilote guerre,1942, p.321).Le village bâti sur un noeud assez important de tout petits chemins campagnards semblait sain et bien tenu (Giono,Hussard,1951, p. 265).
INFORM. ,,Dispositif permettant une ramification et une concentration des lignes`` (Delam. Télém. 1979). Noeud de communication. ,,Dispositif permettant la communication entre les composants logiques et physiques d'un réseau`` (Delam. Télém. 1979). Noeud de commutation. ,,Dispositif de ramification et de concentration de lignes de transmission, assurant une fonction d'aiguillage des données`` (Delam. Télém. 1979). Noeud de transit. ,,Dispositif intermédiaire de raccordement de lignes assurant la réception des données et leur retransmission ultérieure`` (Delam. Télém. 1979).
PHYS., ACOUST. ,,Point, lignes, surfaces d'un système d'ondes stationnaires où une grandeur donnée a une amplitude nulle`` (Pir. 1964). Noeuds de vibration.
LING. Noeud d'un arbre. ,,Tout point de ramification de l'arbre à chacun des niveaux de la dérivation`` (Greimas-Courtés 1979). Sous chaque noeud, les «branches» qui se développent déterminent une suite de symboles correspondant à la «réécriture» (...) de la règle (L. Picabia, Élém. de gramm. générative, Paris, A. Colin, 1975, p.23).[Chez Tesnière] Nous définirons donc le noeud comme l'ensemble constitué par le régissant et par tous les subordonnés qui, à un degré quelconque, directement ou indirectement dépendent de lui, et qu'il noue ainsi en quelque sorte en un seul faisceau (Tesn.1959, p.14).
MATH. Noeud d'un graphe. ,,Sommet qui admet plus de deux arcs incidents`` (Bouvier-George Math. 1979).
2. CRIT. LITTÉR. Péripétie ou suite de péripéties qui, dans une oeuvre littéraire, notamment une pièce de théâtre, mène l'action à son point culminant. Le noeud de l'action. Dans le roman classique l'action comporte un noeud: c'est l'assassinat du père Karamazov, c'est la rencontre d'Édouard et de Bernard dans Les Faux Monnayeurs (Sartre,Sit. I,1947, p.70).
C. − P. anal. Renflement. Synon. nodosité:
4. Ces nus [de Botticelli] n'ont pas par hasard retenu les peintres septentrionaux; d'ineffaçables noeuds de lignes cernent leur émail, comme d'ineffaçables noeuds de muscles bossellent telle figure de Michel-Ange apparemment ébauchée. Malraux,Voix sil.,1951, p.403.
1. BOT. ,,Renflement naturel d'une tige à l'endroit où l'on peut observer le point d'attache d'une feuille ou d'un rameau`` (Bén.-Vaesk. Jard. 1981). ,,Bois d'une branche latérale englobée dans le bois du tronc`` (Agric. 1977).
2.
a) PATHOL. Renflement et saillies à la jointure des doigts de la main. Une expression d'une sérénité attentive éclairait ce masque quasi décharné. Les doigts qui tenaient le volume avaient des noeuds aux phalanges (Bourget,Conflits int.,1925, p.252).
b) ANATOMIE
Vx. Noeud de la gorge. Synon. de larynx.
Noeud vital. ,,Point situé sur le plancher du 4eventricule, au niveau du centre respiratoire`` (Garnier-Del. 1972).
3. GÉOGR. Point où se croisent deux chaînes de montagnes. Une grande vallée plus large et moins encaissée se détache à Chambéry du noeud des Alpes et se creuse son lit de verdure (Lamart.,Raphaël,1849, p.134).
4. TECHNOL. ,,Renflement que produit la soudure employée à réunir deux tuyaux de métal`` (Chabat 1881).
5. Argot
a) Membre viril. La jolie fille (...) dès qu'elle eut senti la tête du noeud qui la pénétrait, donna un coup de cul qui fit pénétrer complètement l'engin (G. Apollinaire,Les Onze mille verges,1906, p.11 ds Cellard-Rey 1980).
Loc. fig. À la mords-moi-le-noeud. V. mordre.
b) Imbécile. Espèce de noeud. Espèce d'noeud, bon Dieu d'acrobate (Barbusse,Feu,1916, p.336).Tête de noeud. Il ne faudrait tout de même pas nous prendre pour des poires, hé, tête de noeud (Cendrars,Main coupée,1946, p.193).
Prononc. et Orth.: [nø]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. 1119 «enlacement serré de fils» (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1771); 1690 noeud de tisserand (Fur.); 1721 noeud de chirurgien (Trév.); 1812 faire un noeud à son mouchoir (Jouy, Hermite, t.2, p.147); d'où a) fig. 1672, 2 juin avoir un noeud à la gorge «avoir quelque chose qui déplaît» (Mmede Sévigné, Lettres, éd. La Pléiade, 1, 528); b) spéc. 1721 mar. noeud de la ligne de Lok (Trév.); 1797 filer trois noeuds (Voy. La Pérouse, t.2, p.238); d'où p. anal. et fam. 1828-29 filer son noeud (Vidocq, Mém., t.3, p.123); 2. 1171-90 «ornement vestimentaire» (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. W. Roach, 3724); 1688 noeud d'épaule (Rich.); 1690 noeud de cravate (Fur.); 3. fig. a) ca 1175 «attachement, liaison entre des personnes» (Benoit, Ducs de Normandie, éd. C. Fahlin, 8560); 1588 sainct noeuf (Ollenix du Mont-Sacré, Sec. Liv. des berg. de Julliette, fo446 vods Gdf. Compl.); b) ca 1470 «point essentiel où réside la difficulté d'une affaire» (Georges Chastellain, Chronique, éd. K. de Lettenhove, 3, p.312); 1638 le noeud des pièces de théâtre (Sentiments de l'Académie sur le Cid ds Littré); 4. techn. a) 1690 astron. (Fur.); b) 1765 math. (Encyclop. t.11); c) 1768 acoust. (Rousseau, p.8); d) 1824 commun. (Ségur, Hist. de Nap., iv, 6 ds Littré); 5. p. anal. 1779 «chacun des replis du serpent» (Jean Roucher, Les Mois Poèmes en 12 chants, t.2, p.124). II. 1. 1213 anat. neu de l'eschine «première des vertèbres» (Li Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, 500, 34); 1314 neu de la gorge «pomme d'Adam» (Henri de Mondeville, Chirurgie, 257 ds T.-L.); 1552 «articulation des doigts» (Est.); 2. fin xiiies. bot. «protubérance sur un tronc» (Vie Sainte Eulaire Virge, BN 423, fo25c ds Gdf. Compl.); ca 1475 «partie renflée d'une tige» (Les Evangiles des Quenouilles, Bibl. Elzevirienne, p.87); 3. 1684 technol. «endroit par lequel on joint ensemble avec de la soudure des tuyaux de plomb» (Comptes des bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV, 2, 444 d'apr. FEW t.7, p.173b); 4. 1840 géogr. «point où des chaînes de montagnes se réunissent en un système» (Ac. Compl. 1842); 5. 1953 ling. (L. Tesnière, Esquisse d'une synt. struct., p.4). Du lat. nōdus «noeud»; fig. «lien; difficulté, obstacle; intrigue d'une pièce de théâtre». Fréq. abs. littér.: 1722. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2616, b) 3230; xxes.: a) 1717, b) 2327. Bbg. Gir. t.2 Nouv. Rem. 1834, p.65. _Quem. DDL t.5, 8, 13, 15, 16, 19.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NŒUD. (On ne prononce pas le D.) n. m.
Enlacement, entrecroisement serré de quelque chose de flexible, ruban, soie, fil, corde, etc. que l'on fait soit à un bout pour l'arrêter, soit avec deux bouts pour les unir. Nœud simple. Double nœud. Gros nœud. Faire, défaire un nœud. Un nœud qui n'est pas assez serré, qui se défait. Ce nœud est trop lâche. Corde à nœuds. Nœud coulant, Nœud formant une boucle qui se rétrécit quand on tire sur l'un des bouts et qui est facile à dénouer. Fig., Nœud gordien, Difficulté qu'on ne peut résoudre, par allusion au nœud qui fut tranché par Alexandre. Il y a dans cette affaire un nœud gordien qu'il faut trancher. Nœud de ruban, Ornement en forme de nœud fait avec des rubans enlacés. Nœud d'épée, Rosette de ruban dont on ornait la poignée d'une épée.

NŒUD se dit aussi de Certaines choses qui sont disposées en forme de nœuds de ruban et qui servent à la parure des femmes. Des nœuds de perle. Des nœuds de diamant. Il signifie encore, figurément, Attachement, lien étroit entre des personnes. Le nœud sacré du mariage. Les nœuds les plus forts, les plus étroits, les plus sacrés. Former, contracter de nouveaux nœuds. Les nœuds de l'amitié. Il désigne aussi, au figuré, la Difficulté, le point essentiel d'une affaire, d'une question. Voilà le nœud de l'affaire. Vous avez trouvé le nœud. Trancher le nœud de la question, de la difficulté. Il se dit particulièrement, dans le langage du Théâtre, de l'Incident qui détermine la marche de la pièce, d'où dépend l'intrigue d'une action dramatique. Ce revirement fait le nœud de cette comédie. Il se dit en outre des Protubérances qui viennent à l'extérieur d'un arbre, d'un arbrisseau. Le bois d'épine, le bois de cornouiller est plein de nœuds. Le tilleul est un bois où il y a peu de nœuds. Il désigne encore Certaine partie, fort serrée et fort dure, qui se trouve quelquefois dans l'intérieur de l'arbre. Ce bois ne saurait se fendre droit, il a trop de nœuds. Cette poutre s'est rompue à cet endroit, parce qu'il y avait un nœud. Il se dit aussi des Renflements de la tige de certaines plantes, au point où naît une feuille. Il faut tailler la vigne au troisième nœud. Il désigne pareillement l'Articulation, la jointure des doigts de la main. Le nœud du petit doigt, du doigt du milieu. Il se dit également des vertèbres qui forment la queue du cheval, du chien, du chat etc. On a coupé à ce cheval deux nœuds de la queue. Il se dit aussi des Replis d'un serpent. Le serpent déploie ses nœuds. En termes d'Acoustique, il se dit du Point ou des Points qui restent fixes dans un corps qui vibre. En termes de Médecine, il se dit des Protubérances qu'on nomme autrement Nodus. Nœud vital se dit, en termes de Physiologie, du Point du bulbe rachidien qui gouverne tous les mouvements respiratoires de l'animal et dont la lésion suffit pour le tuer instantanément. Il se dit, en termes de Botanique, de la Ligne médiane qui existe au collet de la plante, entre la racine et la tige.

NŒUD, en termes d'Astronomie, se dit de Chacun des deux points opposés où le plan de l'écliptique est coupé par l'orbite d'un corps céleste. En termes de Géologie, il se dit du Point où des chaînes de montagnes se réunissent en un système. En termes de Marine, il se dit des Nœuds de la ligne de loch formés à la distance de quinze mètres et demi environ les uns des autres, de telle sorte que le nombre des nœuds passant en trente secondes dans la main de l'opérateur soit égal au nombre de milles marins de 1852 mètres parcourus en une heure par le navire. Ce vaisseau file dix nœuds à l'heure, Il fait dix milles à l'heure.

Littré (1872-1877)

NOEUD (neu ; le d ne se prononce et ne se lie jamais : un neu indissoluble ; au pluriel, l's se lie des neû-z indissolubles) s. m.

Résumé

  • 1° Enlacement d'une corde.
  • 2° Il se dit des nœuds de la ligne du loch.
  • 3° Entrelacement de cordes avec lequel on fermait les portes.
  • 4° Divisions des charnières.
  • 5° Ornement qui représente un nœud.
  • 6° Liens qui attachent les membres de quelqu'un.
  • 7° Enlacement d'un serpent.
  • Fig. Le point essentiel d'une affaire, d'une question.
  • 9° Lien moral entre des personnes.
  • 10° Ce qui unit, rapproche.
  • 11° Ce qui forme l'intrigue d'une pièce de théâtre, d'un roman, etc.
  • 12° Point où une courbe, une orbite revient sur elle-même et se coupe.
  • 13° Point fixe où une corde vibrante reste immobile et se divise en parties aliquotes.
  • 14° Assemblage de quatre notes d'agrément.
  • 15° Point où des chaînes de montagnes se réunissent en un système.
  • 16° En botanique et en anatomie, nœud vital.
  • 17° Nœud de l'anthère ; le fruit au moment où il noue.
  • 18° Protubérance plus ou moins saillante produite à l'extérieur d'un végétal.
  • 19° Jointures des doigts.
  • 20° Le nœud de la gorge.
  • 21° Nœud de l'encéphale.
  • 22° Partie dure dans la substance du bois, du marbre, de la pierre qu'on travaille.
  • 23° Morceaux de chair qui se lèvent aux quatre flancs du cerf.
  • 24° Terme de construction.
  • 25° Nœud de soudure.
  • 26° Ancien terme de verrerie.
  • 1Enlacement d'une corde ou de quelque chose de semblable, dont on passe les bouts l'un dans l'autre en les serrant. Nœud de ruban. Corde à nœuds. Faire, défaire un nœud. Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux ? Racine, Phèd. I, 3. Les Péruviens transmettaient les principaux faits à la postérité par des nœuds qu'ils faisaient à des cordes, Voltaire, Mœurs, 148. En refaisant des nœuds à ses lanières, Il [Grippeminaud] me poursuit encor d'un œil sournois, Béranger, Gohier.

    Corde nouée de manière à étrangler. Son amante en furie Avait au nœud fatal abandonné sa vie [de Bajazet], Racine, Baj. V, 11.

    Avoir un nœud à la gorge, avoir une corde autour du cou pour la pendaison ; et fig. avoir quelque chose qui déplaît, qu'on ne peut avaler. Mais que faire, quand on a un nœud à la gorge ? Sévigné, 144. Il me semble que la mort du roi d'Angleterre [Charles II] devient plus philosophe et anglaise que chrétienne et catholique : " adieu, roi, " me fait quasi un nœud à la gorge, Sévigné, 7 mars 1685.

    Nœud coulant, nœud qui glisse et serre d'autant plus qu'on tire davantage.

    Nœud gordien, nœud qui attachait le joug du char de Gordius, roi de Phrygie, consacré par Midas son fils dans le temple de Jupiter à Gordium ; l'oracle avait promis l'empire de l'Asie à celui qui déferait ce nœud ; Alexandre, n'en pouvant venir à bout, le trancha avec son épée. Ayant pris sa ville, il [Alexandre] eut envie de voir le fameux chariot où était attaché le nœud gordien ; ce nœud, qui attachait le joug au timon, était fait si adroitement, et le lien faisait tant de tours et de détours, qu'on ne pouvait découvrir ni où il commençait, ni où il finissait, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 213, dans POUGENS.

    Fig. Nœud gordien, difficulté qu'on ne peut résoudre. Faire ce qui est bon et honnête, ne s'accabler pas de nœuds gordiens de prévoyance et de prudence indissolubles par leur nature, laisser dire, faire et agir en s'abandonnant à la Providence, c'est un axiome qui m'a toujours paru d'un grand usage à la cour, Saint-Simon, 254, 165.

    Couper le nœud gordien, trancher une difficulté, non pas la résoudre.

    Nœud de chirurgien, ou du chirurgien, nœud fait en passant deux fois le bout du fil ou de la ligature dans la même anse. Ce nœud ayant l'inconvénient de ne pas serrer suffisamment ou de se relâcher, on y a renoncé.

    Nœud d'emballeur, nom donné à un bandage dont on se sert principalement pour comprimer l'artère temporale après l'artériotomie.

    Nœud de tisserand, le plus solide des nœuds ; c'est un nœud qui ne peut lâcher.

    Nœud de charrue, espèce de nœud coulant à plusieurs circonvolutions, que l'on fait autour d'une pièce de bois pour la tirer ou la soulever.

    Les nœuds ou les côtés des nœuds, se dit, à la paume, du revers de la raquette.

    Nœud d'artificier, suite de trois ou quatre boucles de ficelles croisées lâche, pour fixer la ficelle principale, pendant qu'on lie les bouts de celle-ci.

  • 2 Terme de marine. Se dit des nœuds de la ligne du loch, par le moyen desquels on estime la marche du bâtiment. Le nœud est en longueur la 120e partie du mille nautique (soit 15 mètres environ), et en temps la 102e partie de l'heure, c'est-à-dire 30 secondes ; de là autant de nœuds filés en 30 secondes, autant de milles parcourus en une heure ; c'est pour cela que les marins disent : nous filions six nœuds à l'heure, au lieu de dire nous filions six milles.

    Fig. et populairement. Filer son nœud, partir. Viens-tu ? ou je file mon nœud.

  • 3 Terme d'archéologie. Sorte d'entrelacement de cordes, avec lequel on fermait les portes, avant que les serrures fussent en usage.
  • 4Se dit, chez les ouvriers en métal, de diverses divisions qui se font dans les charnières des compas, fiches ou couples des portes ou fenêtres par où passe le clou de la rivure.
  • 5Ornement qui représente un nœud. Un nœud de diamants. Elle aime à dépenser en habits, linge et nœuds, Molière, Éc. des maris, I, 2. Cinq fort gros diamants en nœud proprement mis, Dont le chef se parait comme d'un rare ouvrage, Molière, Amphit. I, 2. Son nœud d'épaule et son parement d'or ne le font plus respecter, Rousseau, Ém. II. Faire ses nœuds de manche, son fichu…, Rousseau, ib. v. L'or autour de tes bras n'a point serré de nœuds, Chénier, Élég. la jeune Tarentine.

    Faire des nœuds, former au moyen d'une navette, sur un cordon de fil ou de soie, des nœuds serrés les uns contre les autres. Faire des nœuds c'est ne rien faire, et il faut tout autant de soin pour amuser une femme qui fait des nœuds que celle qui tient les bras croisés, Rousseau, Confess. V.

    Nœud d'épée, rosette de ruban dont on orne la poignée d'une épée.

    Ornement qu'on voit entre le corps et le pied d'une aiguière ou autre ouvrage de cette nature.

    Chez les charcutiers, nœud d'épée, petit paquet de couennes de lard qu'ils vendent cru ou grillé.

  • 6Liens qui attachent les membres de quelqu'un. Il détacha vos nœuds, vous remit en mes mains, Chénier M. J. Œdipe roi, IV, 3.

    Fig. M. Jurieu fait un dernier effort pour se tirer de cet embarras [la nouveauté de l'Église réformée] ; mais vous avez vu que tous ses efforts ne servent qu'à l'embarrasser et à serrer de plus près le nœud où il est pris, Bossuet, 3e avert. 32.

    Fig. Piége. [Cela ne saurait être] Que quelque invention du valet que je di, Que quelque nœud subtil qu'il doit avoir ourdi, Molière, l'Et. V, 6.

  • 7Enlacement d'un serpent. Aussitôt d'un serpent il revêt la figure, Il siffle, il s'enfle, il roule, il déroule ses nœuds, Et de ses vastes plis bat ses bords sablonneux, Delille, Hom. des ch. II. Si nul reptile impur, sur vos chastes guirlandes, N'eût traîné ses nœuds flétrissants, Hugo, Odes, II, 1.
  • 8 Fig. Le point essentiel d'une affaire, d'une question. Ayant succinctement accordé les choses qu'il a jugées être suffisamment démontrées, il est venu au nœud de la difficulté, qui est de savoir ce qu'il faut ici entendre par le nom d'idée, Descartes, Rép. aux 1res obj. 2. Dieu, pour se réserver à lui seul le droit de nous instruire, et pour nous rendre la difficulté de notre être inintelligible, nous en a caché le nœud si haut…, Pascal, Pens. XXIV, 15 ter, éd. HAVET. Le nœud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abîme [le péché originel], Pascal, ib. VIII, 1. Bien glorieux de savoir le nœud de l'affaire, Pascal, Prov. I. Qu'on démêle ce nœud [de la grâce], et qu'on cesse d'excuser les luthériens [du semi-pélagianisme], Bossuet, 2e avert. 12. De là dépend le nœud de leur salut éternel, Massillon, Carême, Voc. Voici le nœud secret de cet événement, Voltaire, Charles XII, 3. Ne puis-je pas m'appliquer ce que disait Cicéron, ayant proposé aux antiquaires de son temps quelque nœud qu'ils ne pouvaient résoudre ? Courier, Lett. I, 34.
  • 9 Fig. Lien moral entre des personnes. Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours, Que la seule mort soit le terme Qui puisse en arrêter le cours, Malherbe, II, 4. Moi, sans considérer aucun nœud domestique, J'ai fait ce choix comme eux, mais dans la république, Corneille, Othon, III, 3. L'argent seul aujourd'hui forme les plus beaux nœuds, La Fontaine, Contr. Et que, si vous voulez satisfaire mes vœux, Un saint nœud dès demain nous unira tous deux, Molière, Éc. des mar. III, 9. Vous me paraissez accablée de vos madames de Montélimar… ce sont des nœuds mal assortis que ceux d'une telle société, Sévigné, 15, août 1677. Il [Jésus sur la croix] lui donne [à la sainte Vierge] un autre fils, comme si désormais il cessait de l'être, et comme s'il rompait le nœud d'une si sainte alliance, Bossuet, 1er sermon, Assompt. 3. Déjà se formaient dans le ciel ces nœuds sacrés qui devaient unir éternellement son cœur [de M. de Montausier] à celui de l'incomparable Julie d'Angennes, Fléchier, Mme de Mont. Mme la Dauphine ménagea ce qui lui restait de moments précieux pour délier les nœuds qui l'attachaient encore au monde, Fléchier, Dauphine. [Agrippine] Atteste les saints droits d'un nœud [mariage] qu'elle a formé, Racine, Brit. II, 2. L'amour serra les nœuds par le sang commencés, Racine, Bajaz. I, 4. Et je romps tous les nœuds qui m'attachent à vous, Racine, Iphig. IV, 6. Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colère, Racine, ib. Des hommes auxquels aucun nœud commun de culte ou d'espérance ne nous lie, Massillon, Carême, Avenir. Par les nœuds des serments as-tu lié son cœur ? Voltaire, Fanat. III, 5. Notre liaison s'est fortifiée, et la disgrâce en a resserré les nœuds, Duclos, Œuv. t. X, p. 53. Que de goguettes ! Que d'amourettes ! Jamais de dettes : Point de nœuds constants, Béranger, Cocag.
  • 10 Fig. Ce qui unit, rapproche. C'est celui [le fils de Dieu] qui réconcilie toutes choses en sa personne, il est le nœud des affections du ciel et de la terre, Bossuet, 2e serm. Compass. de la Ste Vierge, 1. Le caractère particulier de la princesse Anne était de concilier les intérêts opposés, et, en s'élevant au-dessus, de trouver le secret endroit et comme le nœud par où on les peut réunir, Bossuet, Anne de Gonz. Cet esprit de paix sera le nœud de votre concorde, Bossuet, 2e serm. Pentec. 2. Tel est le nœud de presque toutes les alliances ; c'est l'argent qui les forme, Bourdaloue, 2e dim. après l'Épiphan. Dominic. t. I, p. 68. Votre hymen est le nœud qui joindra les deux mondes, Voltaire, Alzire, I, 1. La cour pensa que la crainte serait le seul nœud qui le retiendrait [le duc de Savoie], Voltaire, Louis XIV, 18.
  • 11Fig. Terme de littérature. Ce qui forme l'intrigue d'une pièce de théâtre, d'un roman, etc. J'ai rendu la réponse de Laïus évoqué par Tirésie assez obscure dans sa clarté pour faire un nouveau nœud, et qui peut-être n'est pas moins beau que celui de nos anciens, Corneille, Œdipe, Préf. Le nœud des pièces de théâtre étant un accident inopiné qui arrête le cours de l'action représentée, et le dénoûment un autre accident imprévu qui en facilite l'accomplissement, nous trouvons que ces deux parties du poëme dramatique sont manifestes en celui du Cid, Acad. Sentim. Cid. Il faut que ses acteurs [de la comédie]' badinent noblement, Que son nœud bien formé se dénoue aisément, Boileau, Art p. III. Il n'y a qu'un seul nœud dans le Dépit amoureux, Voltaire, Vie de Molière.
  • 12 Terme de géométrie. Se dit du point où une courbe revient sur elle-même et se coupe en formant une espèce de boucle.

    Terme d'astronomie. Les points opposés où le plan de l'écliptique est coupé par l'orbite d'un corps céleste. Il [M. Halley] nous met sous les yeux, dans une table d'une seule page, les nœuds, les périhélies, les distances et les mouvements de vingt-quatre comètes des plus considérables, Mairan, Éloge de Halley. Elle [la lune] a ses nœuds, c'est-à-dire les points où l'orbite qu'elle parcourt rencontre précisément l'orbite de la terre, Voltaire, Phil. Newt. III, 6. Hipparque vérifia ce qu'Eudoxe avait avancé, savoir que les nœuds sont mobiles et répondent successivement à différents points de l'écliptique, Bailly, Hist. astron. mod. t. I, p. 94.

    Nœud ascendant ou boréal, le point où le plan de l'écliptique est rencontré par l'orbite d'une planète dans son passage du sud au nord ; nœud descendant ou austral, le point où l'orbite de cette même planète rencontre le plan de l'écliptique, en allant du nord au sud.

  • 13 Terme de physique et d'acoustique. Point fixe où une corde vibrante reste immobile et se divise en aliquotes qui rendent un son en relation harmonique avec celui de la corde entière.
  • 14 Terme de musique. Assemblage de quatre notes d'agrément que l'on appelle plus souvent groupe ou grupetto.
  • 15 Terme de géologie. Point où des chaînes de montagnes se réunissent en un système, où des cours d'eau prennent des directions différentes. L'étroit intervalle que laissent entre eux ces deux fleuves [la Düna et le Borysthène], avant de prendre une direction si opposée, semble être l'entrée et comme la porte de la Moscovie ; c'est le nœud des routes qui conduisent aux deux capitales de cet empire, Ségur, Hist. de Nap. IV, 6.
  • 16 Terme de botanique. Nœud vital, la ligne médiane qui se trouve au collet de la plante entre la racine et la tige.

    Terme d'anatomie. Nœud vital, point qui gouverne tous les mouvements respiratoires et dont la simple division les anéantit tous.

  • 17 Terme de botanique. Le connectif est appelé par Mirbel nœud de l'anthère.

    Le fruit au moment où il noue. Dieu voit le fruit commencé dans le nœud, et la prière dans l'intention de prier, Bossuet, Ét. d'orais. V, 24.

    Renflement d'une tige d'où naît une feuille. Il faut tailler la vigne au second nœud, au troisième nœud.

    L'intervalle compris entre deux nœuds est appelé entre-nœud.

  • 18Nom donné aux protubérances plus ou moins saillantes, produites à l'extérieur et à l'intérieur d'un végétal par l'entre-croisement des fibres et la tuméfaction du tissu cellulaire ; ce qui rend les nœuds plus solides que le reste de la tige. On sait qu'un nœud est une espèce de cheville adhérente à l'intérieur du bois ; on peut même connaître à peu près, par le nombre des cercles annuels qu'il contient, la profondeur à laquelle il pénètre, Buffon, Hist. nat. part. exp. Œuvr. t. VIII, p. 182, dans POUGENS. J'ai reconnu par là combien les nœuds ôtent de force au bois, ce qui est beaucoup au delà de ce qu'on pourrait imaginer, Buffon, ib. Son sommet revêtu d'un plus rare feuillage, Et sa mousse et ses nœuds décèlent son grand âge, Delille, Imagin. III.
  • 19Jointures des doigts de la main. Le nœud du petit doigt, du doigt du milieu.

    Os de la queue du cheval, du chien, du chat, etc. On a coupé à ce cheval deux nœuds de la queue.

  • 20Le nœud de la gorge, la partie de la gorge qui fait saillie à la partie antérieure du cou.

    C'est un rire qui ne passe pas le nœud de la gorge, se dit d'un rire forcé. Je ne me réjouis pas bien sans vous ; et si je ris, cela ne passe pas le nœud de la gorge, Sévigné, à Bussy, 19 déc. 1670.

  • 21 Terme d'anatomie. Nœud de l'encéphale, nom donné par quelques anatomistes au pont de Varole, en raison de sa forme.

    Terme de chirurgie. Tumeur dure qu'on nomme aussi nodosité, nodus.

  • 22Il se dit des parties dures dans la substance du bois, du marbre, de la pierre, que l'on travaille ; on dit aussi clou. J'ai vu, dans plusieurs blocs d'un grès très blanc, de ces petits nœuds ou clous ferrugineux, qui sont d'une si grande dureté qu'ils résistaient à la lime, Buffon, Min. t. I, p. 211.

    Fig. J'ai ici à ma disposition une bonne bibliothèque, et ce m'est un grand secours pour la petite bagatelle que je vous destine ; cependant il me manque encore des outils pour enlever certains nœuds, Courier, Lettre à M. de Sainte-Croix, 27 nov. 1807.

  • 23 Terme de chasse. Se dit de certains morceaux de chair qui se lèvent aux quatre flancs du cerf.
  • 24 Terme de construction. Se dit des parties saillantes entre lesquelles passe la branche ou l'axe de l'espèce de charnière qui porte le nom de fiche à nœuds.
  • 25Nœud de soudure, renflement que forme la soudure employée à réunir deux tuyaux de métal.

    Se dit des endroits où les branches d'une trompette sont soudées.

  • 26Dans l'ancienne verrerie, gros bouton qui demeurait au milieu des plats de verre soufflé ; dit aussi nombril, boudine ou œil-de-bœuf.

SYNONYME

NŒUD, ARTICULATION (en parlant des végétaux). Dans l'articulation, il y a naturellement une solution de continuité, une séparation des fibres qui ne sont qu'apposées ; dans le nœud, les éléments organiques sont confondus et se font continuité.

HISTORIQUE

XIIe s. Por seul itant que m'en voux aïrier, Me feri il d'un baston de poumier ; Tous sui sanglans des qu'al neu del braier, Raoul de C. 73.

XIIIe s. Et se il i a un nuef fust [bois neuf] où Il i ait neu fort, il i puet ferir une cheville sanz meffet, Liv. des mét. 107. Et vos vos estes par trois nous Loiez as cordes par la gole, Ren. 21634.

XIVe s. Car combien que beau semblant moustre, Le ris ne doit point passer oultre Le neu de la gorge, à nul fuer [à aucun prix], J. Bruyant, dans Ménagier, t. II, p. 26.

XVe s. Le neu de ceste matiere ne luy fut jamais descouvert, Commines, I, 2.

XVIe s. Lorsque les nœuds ou nodosités sont aux jointures, ils ne se peuvent parfaitement curer, Paré, XXI, 12. Des cordes à gios nouds, Pour lui lier jambes, pieds et genoux, Marot, II, 285. Maulgré leurs dens le neu est desnoué, Marot, II, 475. Puis print en main son baston plein de neudz, Marot, IV, 96. Qu'eussé-je faict ? l'archer estoit si doux, Si doux son feu, si doux l'or de ses nouds, Ronsard, 2. … Frizant en autant de noeux Ses cheveux, Ronsard, 188. Il lui bailla de son fouet à travers les jambes, si rudement que les nouds y apparaissoyent, Rabelais, Garg. I, 25.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NŒUD. Ajoutez :
27Énumération des différentes espèces de nœuds. Nœud simple. nœud résultant d'une boucle dans laquelle on a fait entrer le brin qui passe sur l'autre, en le faisant tourner sous ce même brin.

Nœud droit : faire successivement, avec les mêmes brins, deux nœuds simples l'un sur l'autre, en faisant en sorte que les brins du même côté soient tous deux en dessus, ou tous deux en dessous du brin qui les croise.

Nœud allemand : faites une boucle, faites tourner en entier autour d'un des brins celui qui le croise, en le faisant croiser sur lui-même, et passez-le dans la boucle.

Nœud d'artificier : faire deux boucles l'une près de l'autre, mais en sens contraire, mettre ces boucles l'une sur l'autre, de façon que les brins soient placés intérieurement ; introduire dans les boucles l'objet que l'on veut serrer.

Nœud simple gansé : comme le nœud simple, seulement on fait une ganse avec le brin avant de le faire entrer dans la boucle.

Nœud droit gansé : comme le nœud droit ; mais on forme une ganse avec le brin qui doit passer dans la première ganse.

Nœud coulant ; il est de deux espèces : un petit nœud au bout de la ficelle, ensuite, tout près, le même nœud, c'est-à-dire les brins passés de façon à faire un O avant d'être serrés ; dans cet O se passe le second bout, on serre l'O, le nœud coulant se fait et ne se défait qu'avec efforts ; ou bien on fait une bouclette que l'on assujettit en faisant un nœud avec les deux extrémités de la bouclette, puis le second brin se passe dans la bouclette et serre l'objet, mais il se desserre si on ne l'assujettit pas par un autre nœud.

Nœud de la chaise, nœud employé dans la marine seulement et l'un des plus solides qui existent.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

NŒUD, s. m. (Géom.) courbe à nœud, est une courbe composée de branches, qui se coupent ou se croisent elles-mêmes en revenant sur leurs pas. La lemniscate, le folium, voyez ces mots & plusieurs autres courbes, sont des courbes à nœuds.

Dans la fig. 42. de l’analyse, les points A sont autant de nœuds, voyez Courbe. Ainsi un nœud n’est autre chose qu’un point double, voyez Double, Multiple & Point, formé non par deux branches différentes d’une même courbe, mais par deux parties d’une même branche qui formant un cours continu, revient sur elle-même & se coupe. (O)

Nœuds, c’est le nom qu’on donne en Astronomie aux deux points où l’orbite d’une planete coupe l’écliptique. Voyez l’Orbite & Ecliptique.

Tels sont les deux points C & D (Planche Astron. fig. 33.) le nœud C, d’où la planete part pour monter vers le nord au-dessus du plan de l’écliptique, est appellé nœud boreal, nœud ascendant, & autrefois tête du dragon, & se marque ainsi ☊. Voyez Ascendant & Dragon.

L’autre nœud D, d’où la planette descend vers le sud, est appellé nœud austral, nœud descendant, & autrefois queue du dragon ; on le marque ainsi ☋ ; la ligne droite DC, qui est la commune section des deux cercles, est appellée ligne des nœuds.

La ligne des nœuds de la lune se meut d’un mouvement retrograde, & acheve sa révolution en dix-neuf ans ; c’est-à-dire qu’elle met ce tems-là à revenir à un point de l’écliptique, d’où elle est partie. Voyez Lune.

Quand la lune est dans les nœuds, elle est aussi dans l’écliptique, ce qui arrive deux fois dans chaque période. Quand elle est à sa plus grande distance des nœuds ; savoir, aux points EF, on dit alors qu’elle est dans ses limites. Voyez Limite.

Quand il y a éclipse, soit de lune, soit de soleil, la lune doit être dans un des nœuds ou au moins en être fort proche. Voyez Eclipse, Planette, &c.

On observe que les nœuds de l’orbite de Saturne & de celle de Jupiter ont aussi un mouvement, & cela vient de l’action que ces planettes exercent l’une sur l’autre, & qui les empêche de se mouvoir dans des plans exacts ; cette même action mutuelle des planettes doit affecter plus ou moins sensiblement leurs nœuds, & même ceux des cometes. Voyez Probleme des trois corps.

Pour déterminer les nœuds des planetes, c’est-à-dire, la position de la ligne des nœuds ; on entend que la planette se trouve dans l’écliptique, ce qui arrive lorsque sa longitude observée est nulle, & par deux observations de cette sorte, on détermine aisément avec le secours de la trigonométrie, la position de la ligne des nœuds. Voyez Keill, introd. ad veram Astron. ch. xxvij. Chambers. (O)

Nœud, (en Chirurgie) nodus, callus, tophus ; c’est même chose que nodus, voyez Nodus ; ce terme se dit particulierement de ces tumeurs dures & gypseuses qui se forment aux jointures des vieux goutteux, & qui se nomment proprement en latin tophi. Voyez Tophus.

Nœud du Chirurgien ; c’est un nœud qu’on fait en passant deux fois le fil dans la même anse ; on se sert du nœud du Chirurgien pour la ligature des vaisseaux, & l’on assujettit ce nœud par un autre qui est simple. Le nœud double se fait le premier, afin qu’il ne puisse point se relâcher pendant qu’on fait l’anse pour le second nœud. (Y)

Nœuds de marbre, (Architect) ce sont des duretés par veines ou taches dans les marbres. On appelle émeril les nœuds de couleur de cendre dans le marbre blanc ; ils sont très-difficiles à travailler. Les ouvriers donnent le nom de cloux aux nœuds des autres marbres.

Nœuds de Serrurerie, ce sont les différentes divisions qui se font dans les charnieres de fiches ou couplets, de portes ou fenêtres, par où le clou ou la rivure passent. Il y a des fiches à deux, à trois & à quatre nœuds. (D. J.)

Nœud, (Jardinage.) signifie proprement la partie de l’arbre par où il pousse ses branches, ses racines, & même son fruit. Voyez Arbre, Branche, &c.

Le bois est plus dur & plus serré dans les nœuds, que dans le tronc ni dans les branches, mais aussi il est plus sujet à s’éclater. On taille la vigne & les arbres nains, au premier & au second nœud du nouveau jet.

Les nœuds des plantes servent à fortifier la tige, & sont comme des tamis qui filtrent, qui purifient & qui affinent le suc qui sert à les nourrir.

Nœuds, (Marine.) nœuds de la ligne de Lok, sont des nœuds espacés ordinairement les uns des autres de quarante-deux à cinquante piés, par le moyen desquels on estime le chemin du vaisseau, en mesurant la longueur de la partie de cette corde qu’on a dévidée pendant une demi-heure ; car le vaisseau fait autant de milles par heure qu’on a filé de nœuds, en supposant qu’il aille toujours également, & ayant égard aux courans & à la dérive, &c. Voyez Lok.

Nœud. Ordre du Nœud, (Hist. mod.) nom d’un ordre militaire du royaume de Naples, institué en 1352 par la reine Jeanne I. à l’occasion de la paix conclue entre elle & le roi de Hongrie, au moyen de son mariage avec Louis, prince de Tarente.

Cet ordre étoit composé de soixante chevaliers. Clément VI. l’approuva & lui donna la regle de S. Basile ; il prit S. Nicolas pour protecteur, mais il ne dura qu’autant que ses instituteurs vécurent.

Nœud d’une question, (Logiq. raisonn. Métaphys.) Ce mot se dit des principes reconnus qui servent à décider une question qu’on trouve peut-être embarrassante. Il ne faut pas confondre ces principes avec les argumens superficiels qu’on tire des lieux communs, qui tendent plutôt à nous amuser qu’à découvrir la vérité, l’unique but d’un esprit inquisitif. Par exemple, supposé que l’on demande si le grand-seigneur a droit de prendre tout ce qu’il veut de son peuple ? on ne sauroit bien répondre à cette question sans examiner d’abord si les hommes sont naturellement égaux ; car c’est-là le nœud de la question. Cette vérité une fois prouvée, on n’a qu’a la retenir au milieu des disputes qui s’agitent sur les différens droits des hommes unis en société ; & l’on trouvera combien elle influe pour décider non-seulement la question du prétendu droit despotique d’un souverain à l’égard de ses sujets, mais plusieurs autres questions qui s’y rapportent indirectement, & dont la décision paroît difficile. Locke. (D. J.)

Nœud, (Poésie dramat. & épiq.) Le nœud est un événement inopiné qui surprend, qui embarrasse agréablement l’esprit, excite l’attention, & fait naitre une douce impatience d’en voir la fin. Le dénouement vient ensuite calmer l’agitation où on a été, & produit une certaine satisfaction de voir finir une aventure où l’on s’est vivement intéressé.

Le nœud & le dénouement, sont les deux principales parties du poëme épique & du poëme dramatique. L’unité, la continuité, la durée de l’action, les mœurs, les sentimens, les épisodes, & tout ce qui compose ces deux poëmes, ne touchent que les habiles dans l’art poétique dont ils connoissent les préceptes & les beautés ; mais le nœud & le dénouement bien ménagés, produisent leurs effets également sur tous les spectateurs & sur tous les lecteurs.

Le nœud est composé, selon Aristote, en partie de ce qui s’est passé hors du théatre avant le commencement de l’action qu’on y décrit, & en partie de ce qui s’y passe ; le reste appartient au dénouement. Le changement d’une fortune en l’autre, fait la séparation de ces deux parties. Tout ce qui le précede est de la premiere ; & ce changement avec ce qui le suit regarde l’autre.

Le nœud dépend entierement du choix & de l’imagination industrieuse du poëte, & l’on n’y peut donner de regle, sinon qu’il y doit ranger toutes choses selon la vraissemblance ou le nécessaire, sans s’embarrasser le moins du monde des choses arrivées avant l’action qui se présente.

Les narrations du passé importunent ordinairement, parce qu’elles gênent l’esprit de l’auditeur, qui est obligé de charger sa mémoire de ce qui est arrivé plusieurs années auparavant, pour comprendre ce qui s’offre à sa vûe. Mais les narrations qui se font des choses qui arrivent & se passent derriere le théatre depuis l’action commencée, produisent toûjours un bon effet, parce qu’elles sont attendues avec quelque curiosité, & font partie de cette action qui se présente. Une des raisons qui donne tant d’illustres suffrages à Cinna, c’est qu’il n’y a aucune narration du passé ; celle qu’il fait de sa conspiration à Emilie étant plutôt un ornement qui chatouille l’esprit des spectateurs, qu’une instruction nécessaire de particularités qu’ils doivent savoir pour l’intelligence de la suite. Emilie leur fait assez connoître dans les deux premieres scenes, que Cinna conspiroit contre Auguste en sa faveur ; & quand son amant lui diroit tout simplement que les conjurés sont prêts pour le lendemain, il avanceroit autant pour l’action que par les cent vers qu’il emploie à lui rendre compte & de ce qu’il leur a dit, & de la maniere dont ils l’ont reçu. Il y a des intrigues qui commencent dès la naissance du héros, comme celle d’Héraclius ; mais ces grands efforts d’imagination en demandent un extraordinaire à l’attention du spectateur, & l’empêchent souvent de prendre un plaisir entier aux premieres représentations, à cause de la fatigue qu’elles lui causent.

Au reste, le nœud doit être toûjours naturel & tiré du fond de l’action ; & c’est une regle qu’on doit observer indispensablement dans le poëme dramatique comme dans le poëme épique. Dans l’Odyssée, c’est Neptune qui forme le nœud ; dans l’Enéïde, c’est la colere de Junon ; dans Télémaque, c’est la haine de Vénus. Le nœud de l’Odyssée est naturel, parce que naturellement il n’y a point d’obstacle qui soit plus à craindre pour ceux qui vont sur mer, que la mer même. L’opposition de Junon dans l’Enéïde, comme ennemie des Troyens, est une belle & ingénieuse fiction. Enfin, la haine de Vénus contre un jeune prince qui méprise la volupté par amour de la vertu, & dompte ses passions par les secours de la sagesse, est une fable tirée de la nature, qui renferme en même tems une excellente morale. (D. J.)

Nœud, (Hydr.) On joint deux tuyaux de plomb par des nœuds de soudure ; ceux de bois & de grès par des nœuds de mastic. (K)

Nœud de chariot, (Artillerie.) c’est le nœud que font les conducteurs de charrois, quand ils passent des cordages dans les rouages pour relever des pieces renversées. (D. J.)

Nœud d’épaule, en terme d’Aiguilletier ; voyez Aiguillette.

Nœud de l’Artificier, c’est une suite de trois ou quatre boucles de ficelles croisées lâches, qu’on serre en tirant les deux extrémités, pour retenir par leur frottement le ressort de la ficelle d’un simple tour, qui le fait lâcher avant qu’on ait pû lier les bouts.

Nœud, (Bas au métier.) Voyez cet article.

Nœud, en terme de Chauderonnier ; c’est un ornement qui s’assied au milieu de la premiere branche d’une trompette, & dans laquelle la seconde branche passe.

Nœud, (Jardinage.) voyez Nouer, par rapport aux fruits. On dit un nœud en fait d’ornemens de parterre ; c’est ce qui lie plusieurs rainceaux ensemble, comme feroit une agraffe.

Nœud, (Maréchal.) se dit dans les animaux des jointures de quelques-uns de leurs os, & particulierement de la queue des chevaux, des chiens & des chats.

Nœud de collier, c’est chez les Metteurs-en-œuvre des especes de rosette de plusieurs feuilles en pierreries, dont les dames se servent quelquefois au lieu de collier. Il y en a qu’on appelle nœuds bouffans, parce qu’ils sont plus touffus & plus épanouis que les autres.

Nœud, terme de Marchand de modes ; se dit pareillement des choses qui servent à en attacher & à en nouer d’autres ensemble, ou du-moins qui semblent servir à cet usage, quoiqu’elles ne soient le plus souvent que de pur ornement. Tels sont les nœuds de chapeau, les nœuds d’épaule, les nœuds d’épée, & les nœuds de diamans, de rubis, de perles, ou autres pierreries. Les Lapidaires & Joailliers montent & vendent ceux-ci ; les autres sont du commerce des Tissutiers-Rubanniers, & des Marchands-Merciers qui font le commerce de la rubannerie. Savary, (D. J.)

Nœud à quatre, en terme de Marchand de modes ; est un ornement de ruban noué en deux feuilles de chaque côté. On fait aussi des nœuds à deux feuilles, mais plus rarement, parce qu’ils garnissent moins.

Nœud d’épaule, en terme de Marchand de modes, est une aiguillette de plusieurs doubles de rubans d’or ou d’argent, & même de soie, à chaque bout inférieur desquels on attache des pentes ; voyez Pentes. Les autres, assemblés l’un sur l’autre, se plissent le plus près qu’il est possible, se percent d’une boutonniere, ou se cousent à l’habit.

Nœud d’épée, en terme de Marchand de modes ; est un ruban de telle ou telle grandeur, uni ou broché, &c. à un bout duquel on fait un nœud à quatre, & que l’on tourne par l’autre autour de la branche de l’épée. Quelquefois on attache une pente sous le nœud à quatre pour plus grand enjolivement. Voyez Nœud à quatre & Pente.

Nœud de manches, en terme de Marchand de modes ; sont des nœuds de rubans à quatre feuilles que l’on attache sur la manche de la robe d’une dame, juste au pli du bras en-dessus. Ces rubans doivent être de même couleur que le reste de la parure. Voyez Parure.

Nœud d’aiguiere ou autre ouvrage, en terme d’Orfevre en gros ; c’est un ornement qu’on voit entre le corps & le pié d’une aiguiere ou autre ouvrage. Il est enrichi de plusieurs moulures qui se succedent en s’avançant l’une sur l’autre jusqu’au milieu du nœud.

Nœud, terme de Plomberie ; c’est l’endroit par lequel on joint ensemble avec de la soudure deux ou plusieurs tuyaux de plomb. Un mémoire sur le prix des ouvrages de Plomberie, porte que les tuyaux de plomb pour les fontaines, soudés de long avec nœuds de soudure pour les joindre, se paient quatorze livres dix sols le cent pesant en œuvre, y compris les tranchées pour les mettre en place, & le remplissage des tranchées.

Nœuds, (Rubannier.) Lorsqu’on ajoute une piece au bout de celle qui finit, & que l’on veut que l’ouvrage soit d’un même morceau, voici comme il faut s’y prendre : on coupe une partie des fils de cette piece ajoutée d’inégale longueur à l’autre partie de la même piece, ensuite on en fait autant à la piece qui finit, observant que la partie courte de l’une doit s’unir avec la partie longue de l’autre ; & cela pour éviter que tous les nœuds de cette jonction ne se trouvent en un seul & même tas, ce qui causeroit une extrème difformité dans l’ouvrage, outre que le travail en deviendroit très-difficile par la confusion de cet assemblage de nœuds. Ces extrémités, ainsi coupées inégalement ; sont unies ensemble par le moyen d’un nœud à chaque brin de soie, avec celui qui lui doit succéder : on entend assez qu’un court doit être noué avec un long, ou un long avec un court ; par conséquent les nœuds se trouvent partagés en deux distances, ce qui fait moins d’effet dans l’ouvrage & y cause moins de difformité.

Nœuds des rames, terme de Rubannier : voici ce que c’est. Après l’entier passage des rames, comme il a été enseigné à son article, & supposant toujours, ainsi que nous avons fait jusqu’à présent, un dessein à six retours, il faut former les nœuds ; & voici comment : toutes les rames en général arrangées, comme il a été dit, sur les rouleaux & à-travers leurs differentes grilles, sont actuellement attachées à leur pierre, il faut les prendre six à six pour faire un nœud. Ces six rames seront prises sur le premier rouleau du porte-rames de devant, mais dans six grilles différentes, on les passera plusieurs fois entre les doigts pour leur donner une égale tension, ce qui veut dire qu’il n’y en ait point de plus lâche l’une que l’autre ; ensuite on les attache ensemble par un même nœud, c’est à-dire que les six rames forment ce nœud, & c’est à l’extrémité de ces six rames que l’on attache la lissette, ceci regarde également le glacis, comme la figure. Voyez Figure, Glacis, Rouleaux, Rames & Lissettes.

Nœud, s. m. terme de Sculpteurs & de Marbriers. On appelle de la sorte, en terme de sculpteurs & de marbriers, des endroits qui se trouvent dans le marbre à peu-près comme les nœuds qui sont dans le bois. Ils sont si durs que les meilleurs outils rebroussent contre. On se sert ordinairement de la marteline pour les enlever. Ces nœuds sont toujours un défaut dans les marbres, particulierement dans les marbres blancs. (D. J.)

Nœud, terme de Serrurerie, est en terme de serruriers & d’ouvriers sur métaux, qui montent des ouvrages à charnieres, ces divisions élevées, rondes, & percées dans le milieu, qui s’emboîtent les unes dans les autres, & qui sont toutes traversées & liées ensemble par une broche ou un clou rivé.

Il y a des fiches à plusieurs nœuds ; celles qu’on appelle fiches à chapelet, en ont quelquefois au-delà de vingt.

Nœud, terme de Tisserand, c’est un nœud très-ferme, & qui n’est point sujet à se lâcher, dont les Tisserands & les autres ouvriers qui travaillent de la navette, se servent pour rejoindre les fils de la chaîne ou de la trame de leurs ouvrages qui se rompent en travaillant.

On dit esnouer un drap, une étoffe de laine, pour dire, en ôter ces sortes de nœuds avec de petites pinces de fer.

Nœud, terme de Verrerie, est ce gros bouton ou épaisseur de verre qui reste au milieu de ce que les vitriers appellent un plat de verre. On nomme aussi ce nœud la boudine & l’œil de bœuf.

Nœuds, terme de Chasses, morceaux de chair qui se levent aux quatre flancs du cerf.

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Étymologie de « noeud »

Berry, noud ; picard, nou ; wallon, nouk ; namur. nuk ; prov. not, no ; cat. nu ; esp. nudo ; port. no, nodo ; ital. nodo et nocchio ; du lat. nodus pour gnodus, comme le montrent les formes germaniques : angl. knot ; all. Knoten ; anc. haut all. chnodo. Noiel, qui se trouve dans d'anciens textes, vient de nodellus, diminutif de nodus.

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Phonétique du mot « noeud »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
noeud nœy

Citations contenant le mot « noeud »

  • Au théâtre, la recette est le noeud du problème. De Alfred Capus
  • Le noeud papillon vit plus de vingt-quatre heures. De Michèle Bernier / Le Petit Livre de Michèle Bernier
  • On peut nouer un fil rompu, mais il y aura un noeud au milieu. De Proverbe persan
  • Je fais un noeud à mon mouchoir pour me rappeler que j'existe. De Alexandre Arnoux
  • La courtisane ne délie pas le noeud de sa ceinture pour l'amour du prophète. De Proverbe persan
  • Une corde rompue peut être renouée, mais le noeud se sentira. De Proverbe persan
  • Le bambou existe au-dessus et en dessous de son noeud. De Koan zen
  • Une centaine de citadins ne peuvent dénouer le noeud fait par un paysan. De Proverbe persan
  • Le noeud est à la cravate ce que le cerveau est à l'homme. De François de La Rochefoucauld
  • La vie n'est qu'un noeud de rancunes inextricables. De Gao Xingjian / La montagne de l'âme
  • La civilisation, la société et les moeurs sont comme un chapelet dont le noeud est la croyance à l'immortalité de l'âme ; ôtez le noeud, tout s'en va. De Louis Figuier
  • Même après ma mort Je ne t'oublierai pas Je ferai s'il le faut Un noeud à mon linceul. De Charles Simond
  • La publicité, c'est démêler une pelote pour en refaire un noeud sublimement présenté, qui provoquera l'émotion du public. De Dominique Issermann
  • Se marier à l'église et à la mairie, c'est ficeler un paquet avec un double noeud. On a tellement peur que ça ne tienne pas ! De André Birabeau
  • Le monde tout entier aspire à la liberté, et pourtant chaque créature est amoureuse de ses chaînes. Tel est le premier paradoxe et le noeud inextricable de notre nature. De Shrî Aurobindo / Aperçus et pensées

Traductions du mot « noeud »

Langue Traduction
Anglais node
Espagnol nodo
Italien nodo
Allemand knoten
Chinois 节点
Arabe العقدة
Portugais
Russe узел
Japonais ノード
Basque nodo
Corse nodu
Source : Google Translate API

Antonymes de « noeud »

Noeud

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