La langue française

Musette

Sommaire

  • Définitions du mot musette
  • Étymologie de « musette »
  • Phonétique de « musette »
  • Citations contenant le mot « musette »
  • Traductions du mot « musette »
  • Synonymes de « musette »

Définitions du mot musette

Trésor de la Langue Française informatisé

MUSETTE1, subst. fém.

I. − Vx, fam. Synon. de amusette.Avec Louis-Philippe s'en est allé quelque chose qui ne reviendra pas. Il faut maintenant d'autres musettes (Flaub., Corresp., 1850, p.257).
II. − Domaine de la mus.
A. −
1. Ancien instrument à vent analogue à la cornemuse et comportant un sac en peau de mouton ou de chèvre, une anche, un ou plusieurs tuyaux, et un soufflet que le joueur tient sous le bras gauche. Synon. région. cabrette.Chalumeaux, sac, soufflet d'une musette; air, bourdon, chant de musette; gémissement, ronflement de musette; joueur de musette; musette d'un ménétrier; jouer de la musette; danser au son de la musette; sonner la musette (vx). Jouez, hautbois, résonnez, musettes (cantique de Noël). On entend un aveugle qui passe dans la rue en chantant la bourrée sur la musette (A. France, Com. femme muette, 1912, i, 2).Les hautbois nasillaient en sourdine, (...) les musettes rendaient une mélodie aigrelette (Arnoux, Juif Errant, 1931, p.181):
1. Cette forte vibration de la musette, quoique rauque et nasillarde, ce grincement aigu et ce staccato nerveux de la vielle sont faits l'un pour l'autre et se corrigent mutuellement. Sand, Meunier d'Angib., 1845, p.259.
P. méton. Air fait pour la musette ou dont le caractère s'accorde à la musette. Jouer, chanter, composer, danser une musette (Ac.).
2. Petit hautbois champêtre au son aigu et criard. Synon. chalumeau, flûte pastorale.Musette des pâtres; musette pastorale. Un berger passa en jouant une marche sur sa musette (A. France, Île ping., 1908, p.10).
Pop. Couper la musette à qqn (v. couper I A 1 e). Synon. couper la chique à qqn (v. chique1), couper* le sifflet à qqn.
3. P. méton. Danse pastorale en vogue au xviiiesiècle, assez lente, à rythme binaire ou ternaire, de caractère naïf et doux; pièce instrumentale de caractère pastoral dérivée de cette danse, comportant une basse persistante, faisant partie ou non d'une suite instrumentale. Bourrée, gavotte, musette; musettes pour clavecin de Couperin, de Rameau. La Musette, dont la basse forme une pédale simple ou double, mais constante, à la façon de l'instrument dont elle tire son nom (Lavignac, Mus. et musiciens, 1895, p.416).V. menuet C ex. de Samuel.
4. Jeu d'anche d'un orgue imitant le son de la musette (au sens II A 1). À la série des J[eux] à anche battante [de l'orgue] appartiennent les J[eux] de basson, bombarde, clairon, cromorne, hautbois, musette, trombone, trompette, dont les timbres imitent plus ou moins (...) celui des instruments d'orchestre dont ils portent les noms (Brenet, Dict. prat. et hist. mus., 1926, p.216).
P. anal. Jeu d'harmonium. Musette. − Demi-jeu [de l'harmonium] de 16 pieds (...) rappelant le cor anglais d'orchestre (Cellier, Orgue mod., 1913, p.118).
B. − En appos.
1. Accordéon musette et, p. ell., musette subst. masc. Accordéon qui a un timbre spécial caractéristique, qui a été spécialement désaccordé pour rappeler le son de la musette. (Dict. xxes.).
2. Bal(-)musette et, p. ell., musette subst. masc. (v. bal A). Synon. bastringue, guinguette.Fréquenter les musettes. Ils allèrent dans un musette boire un dernier verre (Queneau, Pierrot, 1942, p.133).
3. Orchestre(-)musette. Orchestre de bal musette qui comprend notamment un accordéon. Le numéro des 4 Médinger, petit orchestre-musette, est plein de gaîté et de fantaisie (L'Œuvre, 13 mars 1941).
4. Valse(-)musette. Valse de bal musette composée et dansée dans un style particulier; air, musique d'accordéon qui l'accompagne. La musique change pour faire place à une valse-musette assez vulgaire (Sartre, Jeux sont faits,1947, p.131).
5. Le style musette et, p. ell., fam., le musette.
a) Le genre de musique que jouent les orchestres musettes; la manière de jouer de l'accordéon qui leur est propre. (Dict. xxes.).
b) Le style propre à certaines danses (java, valse, fox-trot) des bals musettes. Radio-Luxembourg (...) 12h30, Swing contre musette (Le Monde, 19 janv. 1952, p.8, col.5).
III. − P. anal. (de forme avec le sac de la musette, supra II A 1).
A. − Sac de toile souvent porté en bandoulière, servant à divers usages, notamment au transport des provisions. Musette de toile; musette de fantassin, de soldat, d'ouvrier, d'écolier; fouiller, mettre son repas dans sa musette; boucler sa musette. [Les soldats] s'accrochaient aux wagons, des grappes de musettes et de bidons pendues autour d'eux (Chardonne, Dest. sent. III, 1936, p.22):
2. Il entre le premier dans la hutte et d'un coup de reins se débarrasse de sa musette qui fait par terre un bruit mou. Elle est pleine de lapins à peine raidis encore, au poil gluant d'eau et de sang. Bernanos, Mouchette, 1937, p.1274.
Loc. fig. pop. Qui n'est pas dans une musette. Important, remarquable en son genre. Loc. synon. fam. Qui n'est pas piqué(e) des vers.Un frère soldat (...) rapporte des manoeuvres une colique qui n'est pas dans une musette (Renard, Nos frères farouches., 1910, p.75).Un petit pinard qui n'est pas dans une musette (Car.Argot1977).
Arg. (des coureurs cyclistes). C'est dans la musette. C'est gagné d'avance, c'est une victoire certaine. Synon. fam. c'est dans la poche*.V. Gloss. du sport cycliste ds Vie Lang. 1966 no173, p.452.
B. − Sac de toile qu'on attache au museau des chevaux, des bêtes de somme et qu'on remplit d'avoine pour les nourrir lorsqu'ils ne sont pas à l'écurie. Bob s'arrêta en plein bois, débrida son cheval et lui passa au cou une musette pleine d'avoine (Malot, Sans fam., 1878, p.410).
REM.
Muse de blé, subst. fém.,vx, synon. (supra II A 2).Il avait lui-même un joli talent sur la muse de blé, une petite flûte de ce temps-là (Hugo, Homme qui rit, t.2, 1869, p.75).
Prononc. et Orth.: [myzεt]. Att. ds Ac. dep. 1694 (sens de danse); att. ds Ac. 1935 (sens de sac). Étymol. et Hist. A. 1. a) Av. 1259 «sorte de cornemuse rustique» (Jean Erart ds Bartsch, III, 24, 21); 1remoitié xives. [ms.] (Chansonnier de Montpellier H 196 ds Motets fr. des XII et XIIIes., éd. G. Raynaud, t.1, p.100, LXXIV, 17); b) 1765 «air fait pour cet instrument» (Encyclop.: sorte d'air convenable à l'instrument de ce nom, dont la mesure est à deux ou trois temps); 2. 1893 employé comme adj. bal musette (Queneau, loc. cit.). B. 1812 p.anal. milit. «espèce de havresac» (Mozin-Biber). Dér., à l'aide du suff. -ette*, de l'a. fr. muse «sorte de cornemuse rustique» (ca 1170, Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 1999), déverbal du verbe a. fr. muser «jouer de la musette» (ca 1120 fig. [en parlant d'un flatteur] Trad. des Formulae honestae vitae de Martin de Braga, 699 ds T.-L.; ca 1223 au propre, Gautier de Coinci, v. cornemuser), lui-même dér. de *mus (museau*), parce que celui qui joue de la musette doit fortement gonfler les joues. Fréq. abs. littér.: 291. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 254, b) 182; xxes.: a) 466, b) 642. Bbg. Brücker (F.). Die Blasinstrumente in der altfranzösischen Literatur. Giessen, 1926, p.52. _ Leppert (R. D.). Arcadia at Versailles: noble amateur musicians and their musettes and hurdy-gurdies at the French court. Amsterdam, 1978, p.66 _ Quem. DDL t.10.

MUSETTE2, subst. fém.

ZOOL. Synon. vulg. de musaraigne.Musette des sables, des champs. Il trouve une Clémence balbutiante, qui lui parle d'une «musette» presque morte (Genevoix dsLar. Lang. fr.).
Prononc.: [myzεt]. Étymol. et Hist. 1529 (Hervé, Trad. Cité de Dieu, II, 80, éd. 1529 ds Gdf.). Fém. de l'a. fr. muset «musaraigne» (ca 1180, Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, LXXIII, 2, var. ms. F [xiiie-xives.]; CI, 3, [id.]), prob. formé sur le lat. mus araneus (musaraigne*) par substitution du suff. -et* à araneus.

Wiktionnaire

Nom commun 1


musette \my.zɛt\ féminin

  1. (Musique) Instrument de musique à vent dont le soufflet est actionné par le mouvement du bras, genre de cornemuse champêtre ; cabrette
    • Jouer de la musette, danser au son de la musette.
    • Tu vois, Tiennet, que toutes ces affaires-là sont bien innocentes ; mais c’est à présent qu’il faut nous expliquer tous les trois, mes amis ; car voilà Joset qui se met dans la volonté d’employer son premier gage (ayant jusqu’à cette heure tout donné en garde à sa mère) à faire achat d’une musette, et comme il dit qu’il est mince ouvrier, et que son cœur voudrait retirer la Mariton de ses fatigues, il prétendrait se faire cornemuseux de son état, parce que, de vrai, on y gagne gros. — (George Sand, Les Maîtres sonneurs, George Bell and sons, 1908, page 46)
  2. (Musique) (Par métonymie) Air fait pour cet instrument, ou dont le caractère lui convient.
    • Jouer, chanter, composer, danser une musette.
  3. (Danse) Danse française des XVIIe et XVIIIe siècles, fréquente dans les suites de danses de Couperin, Rameau, Bach, etc.
  4. (Musique) Musique d’accompagnement de ces types de danses.
  5. (Par ellipse) Bal musette.
    • Le milieu dans lequel j’ai vécu à Montmartre, avant la guerre, m’a inspiré Jésus-la-Caille. On ne disait déjà plus des « tatas », des « gâcheuses ». Ces jeunes gens s’appelaient entre eux « mon Jésus ! » et bien qu’ils fussent assez discrets, les patrons de musette accrochaient dans leurs bals des pancartes mentionnant en grosses lettres : « Les messieurs sont priés de ne pas danser ensemble. » — (Francis Carco, Jésus-la-Caille : Le vrai visage de Jésus-la-Caille, Le Mercure de France, Paris, 1914)
    • Je ne sais pourquoi j'allais danser à Saint-Jean, aux musettes, mais il m'a suffit d'un seul baiser pour que mon cœur soit prisonnier… — (Léon Agel, « Mon amant de Saint-Jean », 1942)
  6. (Musique) Hautbois piccolo.
  7. (Par analogie) L'un des jeux d'anche de l'orgue et de l'harmonium.
  8. Sac, généralement porté en bandoulière, dans lequel les soldats, les touristes, les écoliers, etc., enferment des provisions ou des objets divers.
    • La tente dressée, je m’occupai de panser mes pieds écorchés, avec de la chandelle que je gardais en réserve dans ma musette. — (Octave Mirbeau, Le Calvaire , 1886)
    • Deux musettes croisaient leurs bretelles sur sa poitrine, et il portait sur son épaule le cou d’un sac qui pendait dans son dos. — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 80)
    • C'est dans la musette ! : c'est gagné, c'est dans la poche !
  9. (Équitation) Sac qu'on attache au cou des chevaux et dans lequel ils mangent l'avoine.
  10. (Zoologie) Variante de musaraigne musette (mammifère insectivore).

Nom commun 2

musette \my.zɛt\ masculin

  1. (Musique) (Au singulier) Style musical inspiré du bal musette, façon de jouer de l'accordéon.
    • Faisant preuve d'une maturité certaine, il colore ses titres de rap ou de musette. — (Journal 20 minutes édition Paris, n° 919 du 3 mars 2006)
  2. Cet accordéon lui-même.
  3. (Par ellipse) Bal musette.
    • Nous nous connaissions de longue date. Nous avions fréquenté jadis les musettes de Montreuil, […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
Notes[modifier le wikicode]
Il y a très peu de noms masculins de la langue française terminant par -ette. D’autres exemples de tels mots sont les suivants : cornette (épicène), coupe-ciboulette, cytosquelette, exosquelette, gambette (épicène), gripette (épicène), lette (épicène), magnétocassette, octette, quartette, quintette, ristrette, septette, sextette, squelette, tagette, transpalette et trompette (épicène).

Nom commun 3

musette \my.zɛt\ féminin

  1. (Zoologie) (Familier) Musaraigne.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MUSETTE. n. f.
Instrument de musique champêtre auquel on donne le vent avec un soufflet qui se hausse et se baisse par le mouvement du bras. Jouer de la musette. Danser au son de la musette. Il désigne aussi un Air fait pour la musette, ou dont le caractère convient à cet instrument. Jouer, chanter, composer, danser une musette.

MUSETTE désigne par analogie un Sac, généralement porté en bandoulière, dans lequel les soldats, les touristes, les écoliers, etc., enferment des provisions ou des objets divers.

Littré (1872-1877)

MUSETTE (mu-zè-t') s. f.
  • 1Synonyme poétique de cornemuse (voy. ce mot). On y vit des lambeaux, L'habit d'un gardeur de troupeaux… Et, je pense, aussi sa musette, La Fontaine, Fabl. X, 10. Le bal et la grand bande, à savoir deux musettes, Molière, Tart. II, 3.
  • 2Air fait pour la musette. Jouer, chanter, danser une musette. Des musettes, parce que Mlle Sallé et M. Dumoulin les dansaient avec autant de grâce que de volupté, Noverre, Lett. sur la danse, p. 164, dans POUGENS.
  • 3 Par extension, musette se prend pour tout instrument joyeux. Unissez vos joyeux sons, Musettes Et chansons, Béranger, Louis X.

    Par une autre extension, la poésie champêtre et joyeuse. Je ne célèbre point d'héroïques exploits ; Je vais chanter sur ma musette Les naïfs amours de nos bois, Étienne, Joconde, I, 3.

  • 4 Terme militaire. Petit sac en toile forte, qui sert au cavalier pour renfermer ses effets de pansage ; ainsi dit par assimilation de forme.
  • 5Petit sac, dit aussi sachet, rempli d'avoine qu'on attache au cou des chevaux, et dans lequel ils mangent l'avoine en route ou en travaillant.
  • 6Défaut du papier, produit par une bulle d'air comprimée entre la feuille et le feutre, dans la fabrication.
  • 7Sorte de poire, ainsi dite de sa forme.

HISTORIQUE

XIIIe s. Volez oïr muse musette ; En mai fut faite un matinet, Poésies avant 1300, t. II, p. 709, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MUSETTE. Ajoutez :
8Espèce de portefeuille où les écoliers serrent leurs papiers. Trousses, musettes d'écoliers, courroies pour couvertures, Alm. Didot-Bottin, 1871-72, p. 1146, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MUSETTE, s. f. instrument de musique, à vent & à anches, composé de plusieurs parties. La partie ABC, Pl. VI de Lutherie, fig. 1, 2, 3, 4, 5, 6, & 7, s’appelle le corps ou plus ordinairement la peau. C’est une espece de poche de peau de mouton, de la forme à-peu-près d’une vessie, laquelle a un gouleau dans lequel s’ajustent les chalumeaux DE, de. Cette poche est encore percée de deux trous FG. Au premier de ces trous s’ajuste le bourdon FH, Voyez Bourdon de musette. Le second G reçoit le bord verd IG qui a une soupape g à l’extrémité de la boîte (qui est la virolle d’ivoire Gg) qui entre dans le corps de la musette. A l’autre extrémité du porte-vent est une portion de tuyau d’ivoire I que l’on fait entrer dans le trou K du soufflet, afin que l’air contenu dans le soufflet puisse passer lorsqu’on le comprime dans le corps de l’instrument, où il est arrêté par la soupape g qui le laisse entrer, mais non pas ressortir. Le soufflet a une piece de bois ceintrée KL, laquelle est collée sur le dessous du soufflet. Elle sert à faire poser fermement le soufflet sur la hanche droite de celui qui joue de cet instrument. Les deux courroies OO, PD servent de ceinture, & par conséquent à attacher le soufflet sur le côté. Au-dessus du soufflet sont deux autres courroies QR, RI, desquels on ceint le bras droit. L’anneau dormant S sert à accrocher le crochet T de la seconde courroie qui se trouve ainsi plutôt ceinte au-tour du bras, que s’il falloit à chaque fois faire usage de la boucle R. Le côté des têtieres M du soufflet doit regarder le coude du bras droit, & le côté N qui est la pointe des éclisses, doit être tourné vers le poignet.

Au reste, la peau ou le corps de cet instrument n’est arrondi, comme on voit dans la figure, que lorsqu’il est rempli de vent ; on l’habille toujours, & pareillement le porte-vent, d’une espece de robe que l’on nomme couverture ; on couvre de même le soufflet, & ce qui en dépend. Le velours ou le damas sont ce qui convient le mieux pour faire ces couvertures ; parce que ces étoffes sont moins glissantes que les autres étoffes de soie, d’or ou d’argent, & par conséquent que la musette en est bien plus ferme sous le bras & la ceinture autour du corps. On peut enrichir cette couverture, autant que l’on veut, soit de galons ou point d’Espagne, ou de broderie, &c. car la parure convient fort à cet instrument. On peut mettre aussi une espece de chemise entre la peau & la couverture, ce qui entretient la propreté de celle-ci.

Il reste à parler des chalumeaux, du bourdon & des anches. Les chalumeaux sont des tuyaux d’ivoire DE, de, voyez les fig. Pl. de Lutherie, perforés d’un trou cylindrique dans toute leur longueur, & percés de plusieurs trous comme les flûtes, qui communiquent à celui qui regne dans toute la longueur du chalumeau. L’extrémité inférieure appellée la patte, est ornée de différentes moulures, ce qui est assez indifférent. On ménage en tournant le chalumeau par-dehors des éminences dont on forme les tenons SSSS, que l’on fend en deux SS avec un entailloir droit ou courbe, qui sont de petites écoines représentées en CD, voyez les fig. C’est entre deux de ces tenons qu’on ajuste les clés d’argent ou de cuivre qui ferment les trous des feintes ou demi-tons, lesquelles sont au nombre de sept au grand chalumeau, & au nombre de six au petit. Les clés sont retenues dans leur place par une goupille qui les traverse & les deux tenons entre lesquels elles sont placées. Le petit chalumeau qui n’a environ qu’un pouce de longueur, a une patte GE ge, sur le collet Gg de laquelle sont montées les six clés, trois de chaque côté, qui ouvrent & ferment tous les trous. Voyez les figures.

Les chalumeaux entrent par leurs parties supérieures ee dans les boîtes DB, db qui leur distribuent le vent. Les deux boîtes DB, db communiquent l’une à l’autre par le canal e qui se trouve dans les grosseurs BB, pour que le vent qui vient par C puisse se distribuer aux deux anches ff qui sont entées à la partie supérieure ee des chalumeaux. Ces parties ee des chalumeaux, & qu’on appelle tenons, & qui entrent dans les boîtes, sont garnies de filasse pour bien étancher le vent. Les anches fe sont composées de deux petites lames de roseau liées l’une contre l’autre sur une petite verge de fer cylindrique, ensorte qu’elles font un petit tuyau par le côté de la ligature, lequel aboutit au tuyau du chalumeau ; & de l’autre côté f elles sont applaties, comme on peut voir dans les figures. L’anche du grand chalumeau est vue en face ou sur le plat, & celle du petit sur le côté ou le profil. Voyez l’explication de la formation du son dans les tuyaux à anches, à l’article Trompette, jeu d’orgue. La partie C entre, comme les tenons e, dans la boîte DB, dans une autre boîte, au-tour de laquelle la peau de la musette est liée avec un gros fil ciré. Cette ligature entre dans une gravure qui entoure cette seconde boîte, ensorte que le vent dont on remplit la peau, ne peut trouver à s’échapper que par l’ouverture de cette boîte. Il y en a trois attachées ainsi au corps de la musette : une pour les chalumeaux, laquelle est attachée à l’extrémité du gouleau BD, voyez les fig. une autre F pour recevoir le bourdon, & une troisieme Gg, voyez les fig. qui est aussi attachée au porte-vent, & par le moyen de laquelle il communique au corps de la musette. Cette derniere boîte a une soupape g qui laisse passer le vent du soufflet par le porte-vent IG dans le corps de l’instrument, & ne l’en laisse point ressortir.

Le bourdon dont il reste maintenant à expliquer la construction, est un cylindre d’ivoire, de 5 ou 6 pouces de long sur environ 1 pouce ou 15 lignes de diametre, percé de plusieurs trous dans toute sa longueur lesquels sont paralleles à son axe, ensorte que le bourdon ne differe de plusieurs tuyaux mis à côté les uns des autres, qu’en ce qu’ils tiennent tous ensemble & sont percés dans la même piece ; comme la longueur de 5 ou 6 pouces du bourdon n’est pas suffisante pour faire rendre aux anches un son assez grave, on fait communiquer un tuyau avec un autre du côté D qu’on appelle le dôme du bourdon, & on bouche les trous du tuyau

que l’on fait communiquer, ensorte que deux ou trois ne font qu’un seul tuyau, qui est recourbé en cette maniere,
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& autant de fois qu’il est nécessaire pour lui faire rendre le son desiré. La circonférence des bourdons est occupée par plusieurs rainures qui sont paralleles à l’axe du bourdon, lesquelles on appelle coulisses ; ces coulisses sont plus larges dans le fond qu’à la partie extérieure, & cela afin de pouvoir retenir les layettes qui sont de petits verroux d’ivoire ab, qui ont une tête AB par laquelle on les peut pousser & tirer de côté & d’autre pour accorder. Les layettes ont leur palette en queue d’arronde, dont les biseaux se logent sous les parties dd qu’on appelle guides, & qu’on a épargnées lorsqu’on a creusé les coulisses. On creuse les coulisses avec les coulissoirs, qui sont de petites équoines représentées dans nos Planc. on en a de droites & de gauches, c’est-à-dire dont les onglets sont tournés à droite ou à gauche pour travailler les différens côtés des coulisses : on fait ensuite communiquer les tuyaux par leur extrémité opposée à celle où est l’anche avec une coulisse, en laissant une fente eebd dans le milieu de la coulisse, laquelle pénetre dans le tuyau qui correspond derriere ; les layettes régissent le son de ces tuyaux en fermant ou en ouvrant plus ou moins l’ouverture par où il sort ; on peut rapporter leur fonction à celle du tourniquet avec lequel on accorde les pédales de flûte des orgues. Voyez Tourniquet.

Les bourdons n’ont pour l’ordinaire que cinq layettes & quatre anches ; de ces cinq layettes il y en a deux qui forment les basses d’ut & de sol, une des trois autres forme un sol qui est la quinte de la basse d’ut, & l’octave de celle de sol, on l’appelle taille par un ancien usage ; une autre forme ut qui est à l’octave du premier : on peut aussi l’accorder en re, on la nomme haute-contre ; la troisieme forme un sol, qui est à l’octave du premier & à la douzieme de la basse d’ut, on la nomme dessus, ou le petit sol.

Les basses sont pour l’ordinaire contiguës à un espace un peu large où il n’y a point de coulisses ; on remarquera que cet espace doit toujours être tourné en-dedans du côté du corps, ensorte que lorsque l’on pose la main droite sur le bourdon pour l’accorder, les layettes des basses se trouvent directement sous le pouce.

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Accord en c sol ut & en g re sol. Pour accorder en c sol ut, il faut tenir fermés avec les doigts de la main gauche les quatre premiers trous du grand chalumeau pour former l’ut, la peau de la musette doit être remplie de vent que l’on entretient le plus égal qu’il est possible, on ouvre ensuite la layette de la basse d’ut, laquelle est ordinairement dans la premiere coulisse, on la tire vers le dôme D ou H, voyez les fig. jusqu’à ce que cette basse sonne la double octave au-dessous de l’ut du grand chalumeau, on la tient cependant un peu plus basse, parce que cet ut n’est juste que lorsqu’il n’y a que le cinquieme ton de débouché, c’est pourquoi pour juger plus sûrement de l’accord, on rebouche le sixieme & le septieme tons. Après avoir accordé juste la basse d’ut, on accorde sa quinte sol à l’octave en-dessous du sol d’en-bas du grand chalumeau, & on vérifie l’accord ; après ces deux basses on accorde la layette d’ut à l’octave au-dessous de l’ut du grand chalumeau, & la layette du second sol à l’octave du premier & à l’unisson du sol d’en-bas du grand chalumeau ; ces quatre tons ut, sol, ut, sol, forment l’accord en c sol ut, lequel a une douzieme d’étendue. Pour accorder en g re sol on ouvre d’abord la layette de la basse que l’on accorde à la double octave en-dessous du sol, tout en bas du grand chalumeau, on ouvre & on accorde ensuite son octaye par le moyen de la layette appellée taille qui doit sonner l’octave au-dessous du sol d’en-bas du grand chalumeau & l’octave au-dessus de la basse ; on ouvre ensuite la layette qui se nomme haute-contre, on la tire jusqu’à ce qu’on découvre une seconde ouverture ou lumiere qui est dessous & qui sert à former le re qui est la quinte de l’octave de la basse sol, on l’accorde à l’octave au-dessous du re d’en-bas du grand chalumeau, observant à chaque fois de vérifier l’accord ; enfin on ouvre le sol qui a déjà servi pour accorder en c sol ut que l’on appelle dessus, on l’accorde à l’unisson du sol d’en-bas du grand chalumeau. Ces quatre sons sol, sol, re, sol, forment l’accord que l’on appelle de g re sol. On observera que cet accord-ci ne differe de celui de c sol ut que dans la basse & la haute-contre, ces deux tons sont les seuls sur lesquels on accorde aujourd’hui les musettes, autrefois on les accordoit sur tous les tons de la gamme, ce qui exigeoit des bourdons qui eussent plus de layettes & plus d’anches que ceux qui sont à-présent en usage.

La musette qui a une treizieme d’étendue sonne l’unisson du dessus de haut-bois, mais elle ne commence qu’au fa qui précede immédiatement la clé de g re sol, au-lieu que le haut-bois descend jusqu’à l’ut de la clé de c sol ut, & elle monte comme lui jusqu’en d la re double octave. Voyez la table du rapport de l’étendue des instrumens, Pl. de Lutherie.

Pour jouer de cet instrument il faut en premier lieu attacher le soufflet sur le côté droit au moyen de la ceinture qui tient audit soufflet de laquelle on se ceint le corps, on prendra ensuite le brasselet qui tient au-dessus du soufflet duquel on s’entourera le bras droit, & dont on agraffera l’agraffe T à l’anneau dormant S ; on prendra ensuite la musette par le haut, autrement dit les boîtes des chalumeaux de la main droite, on la portera sous le bras gauche avec lequel on l’embrassera ; on ajustera ensuite avec la main gauche le bout du porte-vent dans le trou du soufflet ; on bouchera ensuite avec les doigts de la main gauche les quatre premiers trous du grand chalumeau, savoir le trou marqué 1 avec le pouce, & les trous 2, 3, 4, avec les doigts suivans, qui sont l’index, le doigt du milieu, & le doigt annulaire ; à l’égard du petit doigt de cette main il restera un peu élevé & arrondi, ensorte qu’il n’appuie point sur les clés du petit chalumeau non plus que les autres doigts de la même main.

La main gauche étant ainsi posée, on pourra commencer à donner le vent, ce qui se fait en ouvrant & en fermant le soufflet avec le bras droit, on soufflera jusqu’à ce que la peau soit pleine & ronde ; on l’enfoncera sous le bras gauche à mesure qu’elle s’emplit, en la poussant avec la main droite le plus avant que l’on pourra ; lorsqu’elle sera remplie, on ralentira le mouvement du soufflet, & on appesantira le bras gauche sur le corps de la musette, ensorte qu’il fasse comme un contre-poids, & qu’il entretienne le vent égal, pour cet effet on observera de baisser le soufflet un peu vîte, & de lâcher un peu le bras gauche, de rester un peu, & de le relever doucement ; pendant ces deux tems on doit appuyer de nouveau le bras gauche, ensorte que les deux bras doivent appuyer alternativement : on prendra garde aussi de ne point forcer le vent, ce qui étouffe les anches & les empêche de parler.

On bouchera ensuite les autres trous avec la main droite, on placera le pouce de cette main entre les deux clés de mi b, & de si b auxquelles on prendra garde de toucher, puis on bouchera avec le doigt index le cinquieme trou, ensuite le sixieme avec le doigt du milieu, le septieme avec le doigt annulaire ; à l’égard du huitieme, il se bouche rarement, c’est pourquoi on laissera le petit doigt en l’air jusqu’à ce qu’il y ait occasion de s’en servir, on aura attention de le tenir parallele aux autres, & en général tous les doigts ni trop alongés, ni trop arrondis, ni de travers, les mains seront en devant de la région hypogastrique, & les chalumeaux debout ou perpendiculaires à l’horison.

Les sept trous étant bouchés forment le sol grave de cet instrument, lequel est à l’unisson du sol de la clé de g ré sol des clavecins ; pour faire articuler cette note sol on bouchera le huitieme trou avec le petit doigt de la main droite, & on le relevera subitement : cette opération qui est ce qu’on appelle donner un coup de doigt, fera articuler la note sol, on la repete de cette maniere quand il est nécessaire, ainsi des autres.

Lorsque le huitieme trou est bouché, le son qui en résulte est le fa, qui est à l’octave de celui de la clé f ut fa des clavecins.

On fera ensuite le la en débouchant le septieme trou, on fera ensuite le si en débouchant le sixieme trou ; mais il faut avant reboucher le septieme, car on ne doit jamais déboucher aucun trou que tous les autres ne soient bouchés, excepté le huitieme, c’est ce qui opere l’articulation ; on rebouchera ensuite le sixieme trou, & on ouvrira le cinquieme pour faire l’ut, que l’on rebouchera avant d’ouvrir le quatrieme qui forme le .

On rebouchera le quarieme trou pour faire le mi en ouvrant le troisieme.

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Ensuite on rebouchera le troisieme trou & on débouchera le second pour faire le fa, qui est l’octave de la plus basse note de cet instrument ; on rebouchera ensuite le second trou & on ouvrira le premier en levant le pouce de la main gauche pour faire le sol qui est à l’octave de la clé de g ré sol des clavecins. Il y a plus haut que le premier trou une petite clé qui sert à former le la, ce la est à l’unisson de celui du petit chalumeau qui se forme en débouchant la clé 1 avec le pouce de la main droite que l’on glisse par-dessous le grand chalumeau avec la patte Ge, après avoir fait passer le petit doigt de la main droite par-dessous le grand à l’endroit marqué x dans les fig. où l’on voit quels tons forment les clés du grand & du petit chalumeau écrits à côté de chaque clé. On se sert du pouce de la main droite pour toucher les trois clés 1, 3, 5 du petit chalumeau, & du petit doigt de la main gauche pour toucher les trois autres clés 4, 2, 6 du même chalumeau. Toutes les clés du grand chalumeau, lesquelles forment des demi-tons, se touchent avec le pouce de la main droite qui reste levé en finissant.

Le demi-ton fa ♯ se forme en ne bouchant qu’un des deux trous marqués 8 dans la figure. Le sol ♯ se forme aussi de même dans les musettes qui ont le septieme trou double, ou par le moyen d’une clé. La petite clé du la se touche avec le pouce de la main gauche sans déboucher cependant le premier trou ; Voyez ces figures & la tablature qui suit.

A l’égard des cadences, elles sont très-faciles à former. Il faut d’abord articuler la note d’où elle est empruntée, laquelle est toujours un ton ou un demi-ton au dessus, ce qui se fait en débouchant le trou de cette note, tous les autres étant fermés ; on débouche ensuite le trou de la note que l’on veut trembler, & on bat avec le doigt, autant que sa valeur l’exige, sur la note qui sert de port de voix ou de préparation à la cadence, laquelle doit rester fermée en finissant.

Ainsi pour cadencer le il faut d’abord déboucher le troisieme trou pour faire le mi qui sert de port de voix, ensuite le quatrieme, & battre sur le troisieme qui doit rester fermé en finissant, ainsi des autres, soit que le port de voix soit un ton naturel, on un dièse, ou un béinol. A l’égard des autres agrémens, on les fait sur la musette en exécutant les unes après les autres les notes qui les composent. Voyez l’explic. de ces agrémens à leur article particulier. (D)

Musette, s. f. (Musique.) est aussi une sorte d’air convenable à l’instrument de ce nom, dont la mesure est à deux ou à trois tems. Le caractere naïf & doux, & le mouvement presque toujours lent, avec une basse pour l’ordinaire en tenue ou point d’orgue, telle que la peut faire une musette, & qu’on appelle pour cela basse de musette. Sur ces airs on forme des danses d’un caractere convenable, & qui portent aussi le même nom de musettes.

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Étymologie de « musette »

Diminutif de l'anc. franç. muse. Il est vraisemblable que ce muse est le substantif de musare, faire de la musique, qui se trouve dans le bas-latin et qui vient de musa, muse, chanson.

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(Noms communs 1 et 2) Apparenté à museau (car il faut gonfler les joues pour en jouer), diminutif de muse au sens de « sorte de cornemuse rustique ».
(Nom commun 3) De l’ancien français muset (« musaraigne »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « musette »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
musette myzɛt

Citations contenant le mot « musette »

  • Ô ma tendre musette, Musette des amours. Jean François Delharpe ou Delaharpe, dit de La Harpe, Romance. Musique attribuée à Monsigny
  • Avec ce mot devoir, on fait danser le citoyen comme un ours avec une musette. De Rémy de Gourmont
  • Quand Yvette Horner rencontre The Clash ou The Ramones. Ce duo de Pontarlier reprend tous les classiques du punk des 80's à la sauce musette, java et tango. Composé de Bouth au chant (ex Original Disease, Final Blast) et Alexx (Alexx & MoOonshiners) à l'accordéon et aux chœurs. ils n'ont qu'un objectif : se faire plaisir, et communiquer ce plaisir au public qui est fortement convié à chanter, voire brailler, avec eux ! , Concert de The Dead Ritons duo Punk musette : Concert a Nommay
  • The Dead Ritons, est un duo de Pontarlier, qui reprend à la sauce musette, java, tango tout le gratin des standards de punk-rock. Composé de Bouth au chant (ex. Original Disease, Final Blast) et Alexx (Alexx & MoOonshiners) à l’accordéon et aux chœurs, ils n’ont qu’un objectif : se faire plaisir, et communiquer ce plaisir au public qui est fortement convié à chanter, voire brailler, avec eux. midilibre.fr, Gard rhodanien : du punk musette à l’arbousier du Tobany au Belvezet - midilibre.fr
  • Mais ce lundi 13 juillet d’une année très particulière sera gravé dans l’histoire. Seul le feu d’artifice a eu lieu, sans buvette ni bal musette. , À Mérélessart, ni flambeaux ni musette pour le 14 Juillet, mais un feu d'artifice tout de même | L'Éclaireur du Vimeu
  • Dimanche 19 juillet : « Dédé et son swing musette », avec six musiciens de jazz. Des arrangements originaux redonneront des couleurs aux valses musette, manouches, javas de Paname… « Phoenix 66 », qui s’attaque au répertoire de Johnny Hallyday. , Autres | Un dimanche près du kiosque : ça redémarre !

Traductions du mot « musette »

Langue Traduction
Anglais musette
Espagnol gaita
Italien musette
Allemand musette
Chinois 小号
Arabe ميوزيت
Portugais museta
Russe мюзет
Japonais ミュゼット
Basque musette
Corse musetta
Source : Google Translate API

Synonymes de « musette »

Source : synonymes de musette sur lebonsynonyme.fr
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