Monsieur : définition de monsieur


Monsieur : définition du Wiktionnaire

Nom commun

monsieur \mə.sjø\ masculin (pour une femme on dit : madame)

  1. Appellation permettant de s’adresser de façon polie à un homme (un client, un professeur, un passant, etc.).
    • Bonjour, monsieur !
    • On s'est habitué, de notre temps, à mettre monseigneur devant un nom propre, à dire monseigneur Dupanloup, monseigneur Affre. C'est là une faute de français ; le mot « monseigneur » ne doit s'employer qu'au vocatif ou devant un nom de dignité. En s'adressant à M. Dupanloup, à M. Affre, on devrait dire : monseigneur. En parlant d'eux, on devrait dire : monsieur Dupanloup, monsieur Affre, monsieur ou monseigneur l'archevêque de Paris, monsieur ou monseigneur l'archevêque d'Orléans. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 154.)
    • Autant pour moi monsieur le directeur, autant pour moi. Si ça continue, c'est moi qui vais finir par pleurer ! Mais rassurez-vous, juste des larmes d’expert-comptable, monsieur le directeur. — (Emmanuelle Ménard, Deux jours comme l'hiver, page 41, L'Harmattan, 2012)
  2. Homme dont on ne connaît pas le nom (par opposition à dame, madame).
    • Un monsieur et une dame passent devant moi, interrompant leur conversation pour que je ne les entende pas, comme s’ils me refusaient l’aumône de ce qu’ils pensent. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Un monsieur, courant, une serviette sous le bras, le heurta sans ménagements et l’arracha à son hébétude. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 21)
    • Il n’y a plus rien
      Que les pères et les mères
      Que ceux qui t’ont fait
      Que ceux qui ont fait tous les autres
      Que les « monsieur »
      Que les « madame »
      — (Léo Ferré, « Il n’y a plus rien »)
  3. Terme courtois pour un homme (par opposition à dame et demoiselle).
    • Mais super, super catholique pratiquante : les scouts, les rallyes, les premières communions, les jupes bleu marine, les cols Claudine, les talons plats, les madeleines confectionnées pour les vendre à la kermesse de monsieur le curé. — (William Rejault, Tous ces jours sans toi, Plon, 2010)
  4. Le chef, le maître de maison, dans le langage des domestiques.
    • Vous demandez monsieur, il est sorti.
  5. Homme qui a les dehors d’un bourgeois, dont le langage et les manières annoncent quelque éducation.
    • Il est venu un monsieur vous demander.
  6. Personnage d’un rang important (→ voir grand monsieur).
    • Leur père, le Granger, gros cultivateur, mi-paysan, moitié monsieur ayant, comme on dit, du foin dans ses bottes, était bien avec toutes les grosses légumes du canton […] — (Louis Pergaud, Deux Veinards, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Pourtant, ils étaient tous accourus pour contempler ce spectacle insolite : une robuste Ford transportant dans la petite bourgade des « messieurs de Paris », puis fonçant en pleine lande en broyant au passage les cades et les genévriers. — (Pierre Rousseau, La Terre, ma Patrie, collection "Savoir', librairie Arthème Fayard, 1947, page 145)
    • Oui, c’est le maître. Il faut que ce soit queuque gros, gros Monsieur, car il a du dor à son habit tout depis le haut jusqu’en bas ; et ceux qui le servont sont des Monsieux eux-mesmes ; et stapandant, tout gros Monsieur qu’il est, il serait, par ma fique, nayé, si je n’aviomme esté là. — (Molière Dom Juan ou Le Festin de pierre acte 2, scène première)
  7. (Ancien patois normand) Nom donné, par antiphrase, au cochon.
  8. Dans le Bas-Maine, nom donné autrefois au vin.
    • Au XVIe siècle encore, chez nos voisins la bière était la boisson du peuple et des domestiques « comme moins chère et plus commune » (Traité du Sidre, par Paulmier, 1573), et le cidre la boisson de luxe réservée aux maîtres. Nous avons vu qu'il en était tout différemment dans le Bas-Maine, à cette époque où le vin était appelé « Monsieur », et le cidre « Gilles du Pommain, breuvage de maczons ». — (A. Angot, Le cidre, son introduction dans le pays de Laval, 1889.)
  9. (Péjoratif) (Mépris ironique) Un homme quelconque.
    • Jusqu’aux cravates, au petit nœud suavement bloqué par une épingle dans l’échancrure du col, jusqu’au feu d’un vrai diam’ et au cuir mat du bracelet-montre, on sentait ces messieurs soucieux de leur mise. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • La Condamine avait exigé aussitôt de Hugo un quart-de-cercle tout semblable pour Bouguer et lui-même, et Godin n’avait pu s’y opposer, mais depuis monsieur faisait bande à part et ne communiquait plus ses résultats comme il en avait été connu. — (Patrick Drevet, Le Corps du monde, Seuil, 1997, page 173, ISBN 2020323117)
    • On aurait pu se demander si Joseph n’avait pas seulement parlé pour lui seul, pour s’entendre dire ce qu’il venait de découvrir: le mot de la fin en matière des monsieurs Jo. — (Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, 1950, Folioplus classiques, page 77, ISBN 207030728X)
  10. (Absolument) (Histoire) (France) Aîné des frères du roi dans l’Ancien Régime.
    • La maison de Monsieur.
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Monsieur : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MONSIEUR. (ON se prononce E et R ne se prononce pas.) n. m.
Pluriel : MESSIEURS. Qualité, titre que l'on donne à celui ou à ceux à qui on parle ou à qui on écrit, par déférence, par civilité. Monsieur, soyez le bienvenu. Présentez-moi à ces messieurs. On en fait aussi précéder, par politesse, le nom d'un homme vivant. On écrit alors, le plus souvent, par abréviation, au singulier M. et au pluriel MM.

MESSIEURS se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. L'avis de messieurs. Il se dit encore des Membres de nos cours et tribunaux. Messieurs de la Cour.

MONSIEUR se dit, par les domestiques d'une maison, du Chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti.

MONSIEUR sert aussi à désigner Tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander. C'est un monsieur se dit de Quelqu'un qui a les dehors d'un bourgeois. Pop., Il fait le monsieur, Il fait l'homme de conséquence. Il est devenu un gros monsieur, Il a fait fortune, il a acquis une situation importante. C'est un beau monsieur, Il est élégamment vêtu. Fam., C'est un vilain monsieur, se dit d'un Homme peu estimable. Fam., Mon petit monsieur se dit à quelqu'un qu'on traite de haut. Que veut donc ce petit monsieur?

MONSIEUR se joint quelquefois à un terme de reproche. Monsieur l'insolent.

MONSIEUR, employé absolument, s'est dit de l'Aîné des frères du roi. La maison de Monsieur. Prune de Monsieur, Sorte de prune ronde, d'un beau violet. Monsieur de Paris, Le bourreau.

Monsieur : définition du Littré (1872-1877)

MONSIEUR (mo-sieu, ou souvent aussi me-sieu ; l'r ne se lie jamais : mo-sieu et ami ; monsieur rime avec les mots en eur, mais c'est une rime qui n'est que pour les yeux et qui doit être bannie ; car on prononce toujours mosieu) ; au pluriel, MESSIEURS, (mè-sieû ; l's se lie : mè-sieu-z et amis) s. m.
  • 1Titre qui, avant la Révolution, ne se donnait qu'à certaines classes de la société. Exercez-la, monsieur, et gouvernez le prince, Corneille, Cid, I, 6. Monsieur, on tient conseil, et le roi vous demande, Rotrou, Antig. I, 5. Il me déplaît par trop d'être le rat de cave de mon frère et de le voir monsieur, Dancourt, Retr. des off. SC. 2. Ils l'appelèrent monsieur dans la conversation ; le bonhomme, à ce terme, se retourna, s'imaginant qu'ils parlaient à quelqu'un qui venait et qu'il ne voyait pas, Marivaux, Pays. parv. 1re part. Il [le duc d'Orléans] ne s'opposa point à l'habitude que le parlement avait prise de l'appeler toujours monsieur, tandis qu'il écrivait au chancelier monseigneur, et tandis que tous les corps de la noblesse des états provinciaux donnaient le titre de monseigneur au régent, Voltaire, Hist. parl. ch. LIX.

    Un petit monsieur, un enfant d'une classe où se porte le titre de monsieur. Enfermez un petit monsieur et un petit paysan dans une chambre…, Rousseau, Ém. II.

    Familièrement. Il fait le monsieur, il fait bien le monsieur, il fait l'homme de conséquence. Bientôt les devoirs, les affaires, un bagage à porter m'ont forcé de faire le monsieur et de prendre des voitures, Rousseau, Confess. II.

    Monsieur de, avec un nom de ville, se disait de l'évêque du diocèse dont cette ville est la capitale. Monsieur de Condom, monsieur de Meaux, noms successifs de Bossuet (au lieu de monsieur, on dit aujourd'hui monseigneur). Ce que je sais en général du clergé, c'est qu'ils ont beaucoup paru cette année ; et ils ont traité le pape, comme monsieur de Rome, fort familièrement, Sévigné, 453. Pourquoi monsieur de Meaux ne dit-il mot ? Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 10 mars 1702. Il sera libre aux archevêques et évêques d'ajouter à leur nom le titre de citoyen ou celui de monsieur ; toutes autres qualifications sont interdites, Art. XII des articles organiques (Concordat)

  • 2Le pluriel est messieurs. Je vous respecte trop, vous et messieurs vos parents, pour être amoureux de vous, Molière, G. D. I, 6.

    Des messieurs, des hommes d'une classe où se porte le titre de monsieur. On ne souffre pas qu'ils deviennent des messieurs, Rousseau, Hél. VI, 10. Nous ne prétendons pas être traités en messieurs, Rousseau, Ém. III.

    Messieurs se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. Il [le roi de Prusse] appelle M. de Morival [condamné dans l'affaire d'Abbeville] auprès de lui… cela vaut mieux, ce me semble, que d'aller se mettre à genoux à Paris devant messieurs, et de leur avouer qu'on est un impie qui vient faire entériner sa grâce, Voltaire, Lett. d'Alembert, 7 juill. 1775. De sorte qu'encore aujourd'hui l'émétique demeure proscrit par un arrêt [du parlement], et que M. Silva [célèbre médecin d'alors] ne laisse pas d'en ordonner à messieurs, quand ils sont tombés en apoplexie, Voltaire, Lett. la Condamine, 22 juin 1734. Voilà nos messieurs du parlement qui recommencent leur train, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 23 févr. 1776.

    On dit aussi messieurs d'autres compagnies que les anciennes cours souveraines de France. Je ne pouvais espérer que messieurs de Berne reconnussent ouvertement l'injustice qu'ils m'avaient faite, Rousseau, Confess. XI. Je fus condamné dès l'heure dans l'esprit de messieurs, dès que l'homme du roi m'eut appelé pamphlétaire, Courier, Pamphlet des pamphlets.

    Au XVIIe siècle, messieurs de la religion réformée, les ministres protestants. Après plus d'un siècle de contestations avec messieurs de la religion prétendue réformée, Bossuet, Expos. doctr. cath. 1.

    Ces messieurs, au XVIIe siècle, en parlant des solitaires de Port-Royal. Elle [la mère Angélique] demande qu'est-ce qu'on a servi aux capucins, quel pain et quel vin on leur a donnés ? la tourière lui répond qu'on leur a donné du pain blanc et du vin des messieurs, Racine, Lett. à l'auteur des Hérésies imaginaires.

  • 3Titre de simple civilité qu'on donne depuis longtemps par bienséance à un homme à qui l'on parle ou de qui l'on parle. Oui, monsieur. Cette lettre, monsieur et cher confrère, est pour… Cher monsieur, Mon cher monsieur, se met en tête de lettres adressées à des personnes avec qui on a une liaison assez intime. Je vous prie, messieurs… Messieurs les membres du Corps législatif. On ne donne point le nom de monsieur aux auteurs qui sont morts il y a déjà quelque temps ; ainsi on dit Amyot, du Bartas, Ronsard, et non pas monsieur Amyot, monsieur du Bartas, monsieur Ronsard, Vaugelas, Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 268, dans POUGENS. Au lieu de dire rustiquement, mon père, comme le menu peuple, on dit monsieur, cela a plus de dignité, Marivaux, Pays. parv. 1re part. Je dis toujours le grand Corneille, qui a pour nous le mérite de l'antiquité, et je dis monsieur Racine et monsieur Despréaux, parce qu'ils sont presque mes contemporains, Voltaire, Aux aut. nouv. Parnasse. C'était un ordre de monsieur son père de faire venir monsieur son fils à Paris, Voltaire, Jeannot et Colin. Après ma mort, toutes ces inepties deviendront autant de faits incontestables, parce que monsieur l'un et monsieur l'autre, et madame celle-ci et mademoiselle celle-là, tous gens de la plus haute probité, les auront attestées, Rousseau, Lett. à M. de St Germain, 26 févr. 1770.

    Ces messieurs, les gens dont on parle. Je priai qu'on fît venir un chirurgien : il y a de ces messieurs-là dans tous les quartiers, Marivaux, Pays. parv. 5e part. Voltaire… écrivait : Ô sagesse du ciel, je te crois très profonde ; Mais à quels plats tyrans as-tu livré le monde ? et dans une prose non moins édifiante : " Les fidèles sujets qui combattent pour ces messieurs-là [les rois], sont de terribles imbéciles ", J. de Maistre, Corresp. St-Pétersbourg, 1811. Tandis que tout Paris [dans les journées de juillet] se jonchait de merveilles, Ces messieurs tremblaient dans leur peau, Barbier, Iambes, Curée.

    Donner le monsieur à quelqu'un, le traiter de monsieur, ne pas le nommer tout court sans faire précéder son nom de monsieur. Il [Langleviel] parle de messieurs de Maurepas, Chauvelin, Machault, Berrier en les nommant par leurs noms sans y mettre le monsieur, et il en parle avec un ton d'autorité qui fait rire, Voltaire, Dict. phil. Quisquis, Langleviel.

    Mon bon monsieur, se dit à quelqu'un avec un ton de flatterie, mais familier. Mon bon monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute, La Fontaine, Fabl. I, 2.

  • 4Monsieur sert encore à désigner tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander. Faites entrer ce monsieur. Je la vis hier dans le bois de Vincennes, en grande conversation avec un monsieur que je ne connais point, Hauteroche, le Coch. 2. J'ai trouvé, en arrivant ici, un petit jeune monsieur que j'ai vu quelquefois avec vous, Dancourt, Maison de camp. SC. 24.

    On le dit aussi au pluriel en cet emploi. Les deux messieurs Thomas. Que cette lettre soit commune aux deux messieurs qui ont eu la bonté…, Rousseau, Lett. à Meuron, 23 mars 1765. À propos de la bibliothèque, ne sachant le nom des messieurs qui en sont chargés…, Rousseau, Lett. à Moultou, 25 avr. 1762.

    C'est un beau monsieur, il est élégamment vêtu.

    Par antiphrase, un beau monsieur, un homme qui déplaît, qui est insupportable. Et que nous ne puissions à rien nous divertir, Si ce beau monsieur-là n'y daigne consentir, Molière, Tart. I, 1.

    Familièrement. C'est un vilain monsieur, c'est un homme difficile à vivre, d'humeur maussade, ou qui fait quelque chose de répréhensible.

    Un gros monsieur, un homme fort à son aise. Femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin, Allait, comme autrefois demander son destin, La Fontaine, Fabl. VII, 15. Ceux [les parents] du loup, gros messieurs, l'ont fait apprendre à lire, La Fontaine, ib. XII, 17. Mon fermier du Buron, qui est un gros monsieur, qui a part dans les fermes, Sévigné, 598. Tous les plus gros messieurs me parlaient chapeau bas, Racine, Plaid. I, 1.

  • 5Monsieur se dit, par les domestiques d'une maison, du chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti. Ah ! remets-toi promptement en la même posture, c'est encore notre monsieur, Hauteroche, Crisp. médec. II, 4. Notre monsieur va toujours mal vêtu ; cela fait mal juger de ses affaires, Brueys, Avoc. Patel. I, 2. Prie monsieur, de ma part, de passer un moment ici, Beaumarchais, Mère coupable, IV, 10.

    Absolument Le maître de la maison, dans la bouche d'autres personnes que les domestiques de la maison. Monsieur est-il chez lui ? je voudrais lui parler.

    Il se dit aussi par une femme qui parle de son mari à un domestique. Avertissez monsieur que le déjeuner est servi.

    Souvent, aujourd'hui, dans la bourgeoisie, une femme dit monsieur en parlant de son mari à d'autres qu'à des domestiques ; c'est mal dit et désagréable.

  • 6Monsieur se dit par mauvaise humeur ou par reproche en parlant de quelqu'un. Je fais ce que je peux et monsieur se fâche. Monsieur ne songe à rien, monsieur dépense tout, Monsieur court, monsieur se repose… Elle en dit tant, que monsieur à la fin Vous la renvoie à la campagne, La Fontaine, Fabl. VII, 2. De le frapper je suis las ; Mais dans ses dents monsieur gronde…, Béranger, Maître d'école.

    Il se dit aussi, dans des reproches, dans la colère, à quelqu'un de la famille qu'on n'a pas l'habitude d'appeler monsieur. Monsieur mon fils, par quelle aventure est-il mention de vous dans tout ceci ? Regnard, Sérénade, 8.

  • 7 Par mépris, mon petit monsieur. Que veut donc ce petit monsieur ? Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut. - Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut, Molière, Mis. I, 2. Ma foi, j'aurais joué ce petit monsieur l'auteur, qui se mêle d'écrire contre les gens qui ne songent pas à lui, Molière, l'Impromptu, 3. Ils [les séducteurs] courent de conquête en conquête ; ces petits messieurs ne se croient de mérite qu'à proportion de leur perfidie, Lamotte, Magnifique, II, 2. Je suis persuadée que ce petit monsieur-là ne vous convient point, Marivaux, Fauss. confid. II, 11. Dame ! vous l'avez appelé petit monsieur ; et un petit monsieur c'est justement et à point un freluquet, Marivaux, le Préj. vaincu, sc. 8.
  • 8Monsieur se joint quelquefois à un terme d'injure. Ce n'est pas ce que je vous dis, monsieur le sot.
  • 9Monsieur employé absolument, l'aîné des frères du roi (avec une majuscule). Mon rang et ma beauté [le frère de Louis XIV encore enfant] partout se font connaître ; Et, petit que je suis, je ne laisse pas d'être Tout le plus grand Monsieur qui soit, Benserade, Ballet de la nuit, 1re part. 7e entrée. Que dites-vous du mariage de Monsieur ?… vous comprenez bien la joie qu'aura Monsieur d'avoir à se marier en cérémonie, Sévigné, 76. Je loue madame de Chaulnes d'avoir appris l'amitié à Monsieur ; c'est une science que les personnes de l'élévation de Monsieur n'ont pas le bonheur de connaître, Sévigné, 3 févr. 1695.
  • 10 Terme de verrerie. Nom donné, comme par excellence, aux gentilshommes de race verrière, qui avaient seuls le privilége de travailler au verre, sans déroger.
  • 11Titre qu'on donnait aux saints dans le moyen âge. Où l'oraison de monsieur saint Julien à Renaud d'Ast produisit un grand bien, La Fontaine, Orais.
  • 12Prune de Monsieur (avec une majuscule), sorte de prune ronde d'un beau violet.

    Nom d'une nuance de la couleur violette. Des robes prune de Monsieur.

    On dit aussi monsieur, par abréviation, pour la prune et l'arbre qui la produit ; alors il fait au pluriel des monsieurs et non des messieurs. Ce monsieur produit beaucoup de fruit. Ces monsieurs sont excellents.

    PROVERBE

    Monsieur vaut bien madame, ou madame vaut bien monsieur, se dit pour exprimer que le mari et la femme se valent, ordinairement en un sens ironique, signifiant que l'un ne vaut pas mieux que l'autre ; et fig. quand on soutient que deux personnes sont d'un mérite égal, ou même que l'on compare deux choses.
    Il ne faut point douter qu'on ne dise de lui et d'elle, que madame vaut bien monsieur, Scarron, Lett. Œuvr. t. I, p. 164. Donc, à votre calcul, Ô ma très digne femme, Monsieur, tout bien compté, ne vaut pas bien madame, Molière, Sgan. 6.

REMARQUE

1. Monsieur et cher cousin, etc. en tête d'une lettre ne vaut rien ; il faut dire monsieur mon cher cousin ou bien monsieur tout court, De Caillières, 1690. Aujourd'hui on dit : Monsieur et cher cousin, et formules analogues.

2. On écrit souvent par abréviation Mr ou M. pour monsieur, et Mrs ou MM. pour messieurs.

HISTORIQUE

XIVe s. Si com Avicence la mist [l'anatomie], et si com el pot [peut] mix [mieux] estre estraite de lui par moi et par aucuns messiours, H. de Mondeville, f° 4.

XVe s. Estes vous point, à cause de vos vaillances et que l'on vous dit monsieur et de nouvel chevalier, changié ? Petit J. de Saintré, p. 509, dans LACURNE. Plus grands monsieurs qu'ils ne sont, Les 15 joyes du mariage, p. 97, dans LACURNE.

XVIe s. Le roy François l'aimoit fort, et estoit de ses grands favoris ; si que, voulant un jour un peu abuser de cette faveur, il se mit à appeler le roy monsieur, ainsi que faisoit M. de Vendosme ; mais le roy luy dit que c'estoit tout ce qu'il pouvoit permettre à M. de Vendosme son aisné, et qu'il ne le vouloit pas permettre au puisné…, Brantôme, Cap. franç. t. I, p. 370. Il faut noter de lui [M. de Brissac], qu'en Piedmont, parmy sa grandeur et ses grands respects, jamais par tout il ne se fit appeler monsieur sans queue, comme nous avons veu plusieurs en France qui, abusans un peu de leurs grandeurs, permettoient fort bien, voire le commandoient, qu'ils ne fussent appelez que monsieur simplement en leurs gouvernements, Brantôme, ib. t. II, p. 301. Il n'y a presque gentilhomme de la France, qui ne pensast avoir fait tort à sa noblesse, s'il n'estoit appelé par ses enfans monsieur, au lieu de ce doux nom de pere, Pasquier, Rech. livre VIII, p. 670, dans LACURNE. Encore mettons-nous en usage ce mot de monsieur pour les princes d'une façon particuliere, car jamais nous n'appelons un prince monsieur, cela est pour le commun des gens de remarque ; mais, si nous les appelons par leurs propres noms, nous en usons en ceste façon : François monsieur duc d'Alençon ; Henry monsieur prince de Condé, Pasquier, ib. VIII, p. 670. Ainsi s'en va Ledict valet… Et vous laissa monsieur dormir son saoul, Qui au resveil n'eut sceu finer d'un soul : Ce monsieur-là, sire, c'estoit moi-mesme, Marot, Épître au roi. Monsieur de trois au boisseau ou de trois à une espée, Cotgrave Aujourd'hui monsieur, demain mouscheur, Cotgrave À la journée de Serisolles, monsieur d'Anguien essaya deux fois de se donner de l'espée dans la gorge, desesperé de la fortune du combat qui se porta mal à l'endroict où il estoit, Montaigne, II, 31.

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Monsieur : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

MONSIEUR, au pluriel MESSIEURS, (Hist. mod.) terme ou titre de civilité qu’on donne à celui à qui on parle, ou de qui on parle, quand il est de condition égale, ou peu inférieure. Voyez Sieur. Ce mot est composé de mon & de sieur. Borel dérive ce mot du grec χυριος, qui signifie seigneur ou sire, comme si on écrivoit moncyeur.

Pasquier tire l’étymologie des mots sieur & monsieur du latin senior, qui signifie plus âgé ; les Italiens disent signor, & les Espagnols senor, avec l’n tildé, qui équivaut à ng dans le même sens, & d’après la même étymologie ; les adresses des lettres portent à monsieur, monsieur, &c. L’usage du mot monsieur s’étendoit autrefois plus loin qu’à présent. On le donnoit à des personnes qui avoient vécu plusieurs secles auparavant ; ainsi on disoit monsieur S. Augustin & monsieur S. Ambroise, & ainsi des autres saints, comme on le voit dans plusieurs actes imprimés & manuscrits, & dans des inscriptions du xv. & du xvj. siecles. Les Romains, du temps de la république, ne connoissoient point ce titre, qu’ils eussent regardé comme une flatterie, mais dont ils se servirent depuis, employant le nom de dominus d’abord pour l’empereur, ensuite pour les personnes constituées en dignité : dans la conversation ou dans un commerce de lettres, ils ne se donnoient que leur propre nom ; usage qui subsista même encore après que César eut réduit la république sous son autorité. Mais la puissance des empereurs s’étant ensuite affermie dans Rome, la flatterie des courtisans qui recherchoient & la faveur & les bienfaits des empereurs, inventa ces nouvelles marques d’honneur. Suétone rapporte qu’au théâtre un comédien ayant appellé Auguste seigneur, ou dominus, tous les spectateurs jetterent sur cet acteur des regards d’indignation, ensorte que l’empereur défendit qu’on lui donnât davantage cette qualité. Caligula est le premier qui ait expressément commandé qu’on l’appellât dominus. Martial, lâche adulateur d’un tyran, qualifia Domitien dominum deumque nostrum ; mais enfin, des empereurs ce nom passa aux particuliers. De dominus on fit dom, que les Espagnols ont conservé, & qu’on n’accorde en France qu’aux religieux de certains ordres.

Monsieur dit absolument, est la qualité qu’on donne au second fils de France, au frere du roi. Dans une lettre de Philippe de Valois, ce prince, parlant de son prédécesseur, l’appelle monsieur le roi. Aujourd’hui personne n’appelle le roi monsieur, excepté les enfans de France. Voyez Sire.

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Monsieur : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « monsieur » les plus populaires.

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Étymologie de « monsieur »

Étymologie de monsieur - Littré

Mon, et sieur. Sieur est une forme contracte de seigneur ; monsieur signifie donc proprement monseigneur ; c'est pour cela que, parlant des saints, des princes, on disait : Monsieur saint Julien, François monsieur [c'est-à-dire monseigneur] duc d'Alençon. Monsieur est le régime dont messire est le nominatif.

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Étymologie de monsieur - Wiktionnaire

(1314) Du mot Monsieur, lequel a perdu sa majuscule et est devenu nom commun malgré la présence du mon qui est lui-même un déterminant. Apparenté à seigneur et sire.
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Phonétique du mot « monsieur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
monsieur mœsjø play_arrow

Citations contenant le mot « monsieur »

  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/monsieur-eyraud-cest-le-houdini-des-fonds-propres-tacle-mourad-boudjellal-1376223 Capital.fr, "Monsieur Eyraud, c'est le Houdini des fonds propres", tacle Mourad Boudjellal - Capital.fr
  • L’intellectuel est un monsieur qui fait relier les livres qu’il n’a pas lus. De L. Langanesi
  • Un polyglotte est un monsieur qui parle plusieurs langues avec une seule. De Serge Mirjean
  • Un conteur est un monsieur qui, ne sachant pas écrire, débite prétentieusement des balivernes. De Joris-Karl Huysmans
  • Un orateur : un monsieur qui dit des choses vagues avec la dernière violence. De Maurice Donnay
  • L'Etat, c'est un monsieur prêteur et malgracieux assis derrière un guichet. De Anatole France / Monsieur Bergeret à Paris
  • Mais monsieur Ouille, pas avec votre poncho ! De Jean-Marie Poiré / Extrait des dialogues des Visiteurs (1993) Béatrice à Jacouille
  • Un piéton est un monsieur qui va chercher sa voiture. De Frédéric Dard / Les Pensées de San-Antonio
  • Dieu est un vieux monsieur qui adore se faire prier. De Alexandre Breffort
  • Si je pouvais seulement sortir de ma peau pendant une heure ou deux ! Si je pouvais être ce monsieur qui passe ! Alfred de Musset, Fantasio, I, 2, Fantasio

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Traductions du mot « monsieur »

Langue Traduction
Corse signore
Basque jauna
Japonais お客様
Russe сэр
Portugais senhor
Arabe سيدي
Chinois 先生
Allemand herr
Italien signore
Espagnol señor
Anglais sir
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Synonymes de « monsieur »

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Antonymes de « monsieur »


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