Mentir : définition de mentir


Mentir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

MENTIR, verbe intrans.

A. − Affirmer, dire pour vrai ce qu'on sait être faux, nier quelque chose de vrai. Synon. tromper, raconter des histoires* (fam.), monter un bateau (fam.; v. bateau2).Il prétendit qu'elle était blessée au pied, ce qui n'était pas vrai. Il mentait pour mentir, avec une mauvaise foi étalée, dans l'espoir de fâcher et d'étourdir la vendeuse (Zola,Terre,1887, p. 174).Elle comprit qu'il fallait parler et me conta son histoire, ou plutôt une histoire, car elle dut mentir d'un bout à l'autre, comme mentent tous les arabes, toujours, avec ou sans motifs (Maupass.,Contes et nouv.,t. 1, Allouma, 1889, p. 1313):
1. Germaine avait le génie du mensonge. Le mensonge lui servait de rêve et de revanche. Elle mentait à tout propos, pour se vanter, pour se disculper, pour rabaisser une autre femme; elle mentait surtout pour le plaisir de mentir. D'instinct, Gilbert haïssait le mensonge; entre son amie et lui, des scènes violentes éclatèrent. S'il la surprenait à mentir, si, après une discussion acharnée, il lui prouvait qu'elle avait menti, elle riait, le regardait d'un œil amusé... Arland,Ordre,1929, p. 176.
SYNT. Mentir efficacement, effrontément, gauchement, impudemment; mentir à plaisir, avec bonne foi, avec aplomb, par héroïsme; bien, mal mentir; mentir le mieux possible, le moins mal possible.
Mentir sur qqc. Mentir sur un point précis. Mentir sur des détails. Renée était alors enceinte de quatre mois; son mari allait l'envoyer à la campagne, comptant mentir ensuite sur l'âge de l'enfant (Zola,Curée,1872, p. 386).
Locutions
Mentir comme on respire (fam.). Mentir continuellement. Ils [les Blancs] mentent pour rien. Ils mentent avec méthode et mémoire, comme on respire. De là leur supériorité sur nous (Maran,Batouala,1921, p. 75).
Mentir comme un arracheur* de dents.
Sans mentir. À dire vrai, à la vérité:
2. Il mangeait et dormait beaucoup, dans un demi accablement. Le reste de sa vie se passait comme en songe. Sans mentir, il n'était plus lui, mais une sorte de démon que tenait une seule idée, noire et confuse. Pourrat,Gaspard,1925, p. 144.
En avoir menti par la gorge (vx). Avoir menti de façon éhontée. V.gorge I B 2 b β:
3. ... cette bonne institutrice Adeline s'est complètement trompée en croyant m'apercevoir sur le carrousel. Probablement que je lui remplis l'imagination. Cela me flatte, mais elle en a menti par la gorge (manière proverbiale de parler car la susdite en a peu, de gorge). Flaub.,Corresp.,1854, p. 14.
Absol. En avoir menti:
4. Vous ne reverrez plus votre grand'mère, me dit-elle, puisque vous la détestez. Elle vous abandonne; dans trois jours vous partirez pour Paris. − Vous en avez menti, lui répondis-je, menti avec méchanceté, je ne déteste pas ma grand'mère, je l'aime, mais j'aime mieux ma mère... Sand,Hist. vie,t. 3, 1855, p. 62.
Proverbes
Bon sang, bonne race, nature ne peut mentir. Celui qui est de race noble ne dégénère pas. Le premier point s'établissait, «1 sur ce que les rois ne sont appelés rois que pour faire justice, et non pour autre chose; 2 sur l'amour fraternel, car nature ne peut mentir;... etc.» (Barante,Hist. ducs Bourg.,t. 3, 1821-24, p. 63).Ayant une fille mariée et son gendre étant venu se plaindre à lui qu'elle buvait, − bon sang ne peut mentir, − il la fouetta (Goncourt,Journal,1862, p. 1134).Et ils sont Français et Lorrains. Fils de bonne race et de bonne maison. Or bonne race ne peut mentir. Fils de bonne mère (Péguy,Porche Myst.,1911, p.181).
A beau mentir qui vient de loin. Celui qui vient d'ailleurs a beau jeu de raconter des histoires que personne ne peut vérifier. A beau mentir...; il n'est pas vrai que tous les voyageurs mentent; mais il est profondément vrai que nous croyons aisément ce qui n'est pas à portée de notre expérience (Alain,Propos,1933, p. 1161).
[Avec un compl. second.]
Mentir à qqn.Dans toutes mes lettres, je vais mentir à mes amis et leur dire que je travaille − mais cela n'est pas vrai (Mallarmé,Corresp.,1864, p. 144).Je ne veux pas vous tromper. Je suis lasse de mentir aux autres et à moi-même, à vous, je dirai la vérité (Gobineau,Pléiades,1874, p. 272).
Mentir à qqc.Se mettre en contradiction avec, renier. Mentir à sa parole, à ses instincts. Il est impossible d'avoir moins compris les sites et plus menti aux moeurs qu'il ne l'a fait (Lamart.,Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 8).Il causa deux minutes, et, comme il avait promis de ne pas s'arrêter, voulant ne pas trop longtemps mentir à sa promesse, il embrassa de nouveau la jeune fille ardemment (...) et s'échappa (R. Bazin,Blé,1907, p.88).
Emploi factitif. Faire mentir qqn.Jean Racine persévère dans la piété; le foyer qu'il fonde fait mentir Pascal écrivant à sa soeur Périer que le mariage est la plus basse des conditions du christianisme (Mauriac,Vie Racine,1928, p. 158):
5. S'il était possible de l'enfouir [mon argent] dans ma fosse, de revenir à la terre, serrant dans mes bras cet or, ces billets, ces titres? Si je pouvais faire mentir ceux qui prêchent que les biens de ce monde ne nous suivent pas dans la mort! Mauriac,Noeud vip.,1932, p. 233.
En partic. Dissimuler, taire la vérité. À partir de cette heure, j'ai menti, j'ai menti par mon silence... la honte ne m'étouffait pas. J'aurais gardé ce secret à jamais (Zola,M. Férat,1868, p. 150).Vous m'aurez menti en vous taisant (Estaunié,Ascension M. Baslèvre,1919, p. 27).J'ai déjà trop tardé à prendre parti. Je prendrai parti aujourd'hui même, j'en ai assez de mentir par omission (Bernanos,Joie,1929, p. 691).
B. − Contenir, exprimer des choses fausses. Ils [ces diables du Père-Lachaise] n'étaient pas sans qualités. Et l'épitaphe ment peut-être autant par celles de leurs vertus qu'elle omet que par celles qu'elle leur décerne (Toepffer,Nouv. genev.,1839, p. 446):
6. Rien que de traverser rapidement un intérieur parisien, je savais en juger les habitudes, les moeurs, et, bien que les meubles mentent autant que les visages, il était rare que je me trompasse... Mirbeau,Journal femme ch.,1900, p. 227.
Emploi factitif
Faire mentir qqc.Mettre en défaut, désavouer, démentir quelque chose. Je reçus tout à coup de M. de Villèle ce billet inattendu qui faisait mentir mes prévisions et mettait fin à mes incertitudes (Chateaubr.,Mém., t. 3, 1848, p. 125).Ils ont une grandeur qui n'est pas seulement spirituelle, mais intellectuelle, et fait mentir le lieu commun vulgaire sur l'abêtissement que causerait la foi (Green,Journal,1945, p. 275).La fête de Vanessa ne faisait pas mentir sa réputation de prodigalité somptueuse. On avait ouvert toutes grandes les baies à arcades qui donnaient directement sur la lagune (Gracq,Syrtes,1951, p. 94).
Faire mentir le proverbe. Apporter un démenti à un proverbe, démontrer que ce qu'il exprime est faux:
7. − Ah! monsieur le colonel! Qui a bu l'eau de Béicos revient tôt ou tard au Bosphore. Je n'ai jamais quitté Stamboul sans pleurer. − Je le quitte douloureusement, monsieur le maréchal. Mais je ferai mentir le proverbe. J'ai bu l'eau de Béicos, et je ne reviendrai pas. − Jamais. Farrère,Homme qui assass.,1907, p. 352.
C. − Emplois partic.
1. Vx, emploi trans. Tromper. Tremble que je ne tire le voile, et que je ne montre aux yeux de mon rival la hideuse, l'horrible vérité!... tu as menti l'amour, je m'en doutais (Restif de La Bret.,M. Nicolas,1796, p. 171).
2. Emploi pronom. réfl. Refuser de s'avouer la vérité à soi-même. Elle se mentait quand elle feignait de croire à la résurrection d'un passé mort et enterré (Beauvoir,Mandarins,1954, p. 79).
3. Part. passé empl. adj. S'enflammer contre l'humiliation de notre politique extérieure et contre la foi mentie de la royauté nouvelle (Chateaubr.,Mém.,t. 4, 1848, p. 76).Tu les aimes tout de même. De quelle amour. Comment peux-tu les aimer. D'une amour mentie, d'une amour trahie et qui se trahit soi-même, qui se trahit perpétuellement soi-même, d'une amour faussée (Péguy,Myst. charité,1910, p. 60).
Prononc. et Orth.: [mɑ ̃ti:ʀ], (il) ment [mɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Fin xes. li bons qui non mentid épithète de Jésus-Christ (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 297); b) ca 1160 «manquer à sa parole envers quelqu'un» (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 1309); 2. ca 1100 «affirmer comme vrai ce qu'on sait être faux» (Roland, éd. J. Bédier, 1253); 3. ca 1170 fig. (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 1120: et, se mi oel ne m'ont manti); 4.1229 (Gerbert de Montreuil, Violette, 1579 ds T.-L.: se li estoire ne ment). Du lat. pop. mentire, class. mentiri «ne pas dire la vérité, se tromper; promettre faussement; décevoir; imiter, contrefaire». Fréq. abs. littér.: 3 722. Fréq. rel. littér.: xixes.: a)3272, b)4817; xxes.: a) 6387, b) 6614. Bbg. Quem. DDL t.10. _ Zauner (A.). Mentir. Z. rom. Philol. 1922, t. 42, p. 79.

Mentir : définition du Wiktionnaire

Verbe

mentir \mɑ̃.tiʁ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se mentir)

  1. Ne pas dire la vérité ; dire quelque chose de contraire à la vérité ; cacher la vérité ; induire volontairement en erreur.
    • Le colonel éprouvait, tandis que les mots sortaient de ses lèvres, qu’il mentait de moins en moins, ou si l’on préfère, que ce qui était mensonge durant les premiers mots était en train de devenir vérité pure, sans aucun alliage suspect. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, collection Folio, page 140.)
    • La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932, éd. 1942, p. 156)
    • Delcassé ne mentait pas, mais il lui arrivait de tromper sur ses intentions, sur ses projets. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • Puisqu'il ne faut jamais mentir, alors il faut mentir de temps en temps : l'obligation d'être véridique à tout prix contraint à mentir quand la vérité elle-même est plus fallacieuse que le mensonge. — (Raphaël Enthoven, Le Mensonge, Philosophie magazine n° 20, novembre 2009)
  2. (Par extension) Déguiser ou cacher le caractère, en parlant du visage, de la physionomie d'une personne.
  3. (Intransitif) (Vieilli) Donner un démenti par ses actes.
    • Mentir à son passé, à sa réputation.
  4. (Pronominal) (réfléchi) Se persuader à soi-même une chose qu'on sait être fausse.
  5. (Pronominal) (réciproque) Se dire des mensonges les uns aux autres.
    • Elles se sont toujours menti.
  6. (Transitif) (Désuet) Dire, répondre, manifester quelque chose de mensonger, d’insincère.
    • Je m'assis cependant: je mentis l'allégresse
      Pour ne pas nous trahir, dévorant ma tristesse,
      J'ai souri, quand pleurer m'aurait été si doux !
      — (Édouard Thierry, Les enfants et les anges, Déception ; A. Belin imprimeur-libraire, Delaunay libraire, Mesnier libraire, 1833, page 170)
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Mentir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MENTIR. v. intr.
Dire, affirmer pour vrai ce qu'on sait être faux. La loi de Dieu défend de mentir. Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que mentir. Il ment impudemment, effrontément. Ne pas mentir d'un mot, d'un seul mot. Mentir à sa conscience. Par extension, Sa physionomie ment, ne ment pas, se dit d'une Personne dont le visage déguise ou annonce le caractère. Il en a menti, Il a menti sur la chose dont il s'agit. Pour rendre cette expression plus forte, on disait Il en a menti par sa gorge, par la gorge. Mentir à son passé, Donner un démenti à sa conduite passée. Sans mentir, à ne point mentir, En vérité, à dire vrai. Sans mentir, c'est un méchant homme. Faire mentir le proverbe, Faire une chose qui est contraire à l'opinion établie par quelque adage très répandu. Prov., À beau mentir qui vient de loin, Un homme qui vient d'un pays éloigné peut facilement en imposer. Prov. et fig., Bon sang ne peut mentir, Les personnes nées d'honnêtes parents ne dégénèrent point.

Mentir : définition du Littré (1872-1877)

MENTIR (man-tir), je mens, tu mens, il ment, nous mentons, vous mentez, ils mentent ; je mentais ; je mentis ; je mentirai ; je mentirais ; mens, qu'il mente, mentons, mentez, qu'ils mentent ; que je mente, que nous mentions ; que je mentisse ; mentant, menti v. n.
  • 1Dire un mensonge. Il faut bonne mémoire après qu'on a menti, Corneille, le Ment. IV, 5. La première [mère devant Salomon] répliquait : vous mentez ; car c'est mon fils qui est vivant, et le vôtre est mort, Sacy, Bible, Rois, III, III, 22. Quoique les personnes n'aient point d'intérêt à ce qu'elles disent, il ne faut pas conclure de là absolument qu'elles ne mentent point ; car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir, Pascal, Pens. VI, 29, édit. HAVET. Ce tombeau s'ouvrirait, ces ossements se rejoindraient et se ranimeraient pour me dire : pourquoi viens-tu mentir pour moi qui ne mentis jamais pour personne ? Fléchier, Duc de Mont. C'est alors qu'on trouva, pour sortir d'embarras, L'art de mentir tout haut en disant vrai tout bas, Boileau, Sat. XI. Cela ressemble à Arlequin qui se dit curé de Domfront ; et, quand le juge lui fait voir qu'il a menti : monsieur, dit-il, je croyais l'être, Voltaire, Philos. Bible expl. Machab. VIII. D'un bout du monde à l'autre on ment et l'on mentit ; Nos neveux mentiront comme ont fait nos ancêtres, Voltaire, Filles de Minée. Ne sais-tu pas que ceux qui mentent sans esprit, ainsi que ceux qui mentent avec esprit, n'entreront jamais dans le royaume des cieux ? Voltaire, Lett. Albergati, 23 déc. 1760. La satire ment sur les gens de lettres pendant leur vie, et l'éloge ment après leur mort, Voltaire, Lett. Bordes, 10 janv. 1769.

    Il n'enrage pas pour mentir, se dit d'un homme qui ment habituellement.

    Sans mentir, à ne point mentir, il ne faut point mentir, en vérité, à dire vrai. Et sans mentir, pour voir encore un homme pareil à vous, il est besoin que toute la nature travaille, Guez de Balzac, liv. I, lett. 5. Sans mentir, vous auriez tort de vous faire turc ; car je vous assure que vous avez beaucoup d'amis dans la chrétienté, Voiture, Lett. 124. Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois, La Fontaine, Fabl. I, 2. …La persécution qui se prépare non-seulement contre les personnes (ce serait peu), mais contre la vérité ; sans mentir, Dieu est bien abandonné, Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 5. Non ; mais je viens tremblante, à ne vous point mentir…, Racine, Phèdre, IV, 6. Il ne faut point mentir, ma juste impatience Vous accusait déjà de quelque négligence, Racine, Bérén. I, 4.

  • 2Mentir à Dieu, mentir au Saint-Esprit, phrases tirées de l'Écriture. J'avoue qu'il est rare de trouver de ces âmes noires et maudites de Dieu, qui, de propos délibéré, viennent mentir au Saint-Esprit, Massillon, Carême, Confess. Je ne mentirai point au Dieu de vérité, Chénier M. J. Fénelon, I, 2.
  • 3Il en a menti, c'est-à-dire il a menti sur la chose dont il s'agit. Ils se servent comme ils doivent du mentiris impudentissime, c'est-à-dire que vous en avez menti, mon révérend père, Pascal, Lett. de Nicole au père Annat. … Vous en avez menti, Reprend le campagnard, et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage, Boileau, Sat. III. Ceux qui vous l'ont dit en ont menti, Hamilton, Gramm. 4.

    Pour rendre le démenti plus offensant, on disait : Il en a menti par la gorge. Charles-Quint et François Ier se défièrent, s'envoyèrent des cartels, se dirent qu'ils avaient menti par la gorge, et ne se battirent point, Voltaire, Mœurs, 99.

    À n'en point mentir, pour n'en point mentir, pour dire la vérité. Mais, à n'en point mentir, il serait des moments Où je pourrais entrer en d'autres sentiments, Molière, D. Garc. I, 5. Et, pour n'en point mentir, n'êtes-vous pas méchante De vous plaire à me dire une chose affligeante ? Molière, Tart. II, 4.

    Cet en ne se met qu'avec les temps composés et avec l'infinitif ; encore avec l'infinitif il tombe en désuétude.

  • 4Vous avez fait mentir le proverbe, le mot, se dit à celui qui a fait une chose improbable selon les opinions reçues. Celle-ci donc ne fit mentir le mot, La Fontaine, Fér.

    Faire mentir quelqu'un, prouver qu'il s'est trompé dans son jugement. Je me fais un honneur de faire mentir M. de la Trousse, et je crains quelquefois de ne pas y réussir, Sévigné, 395.

  • 5Se mentir à soi-même, se persuader à soi-même une chose qu'on sait être fausse.

    Se mentir réciproquement, se dire des mensonges les uns aux autres. Ils se sont menti réciproquement. Elles se sont toujours menti.

  • 6Activement, dans le style élevé, figurer faussement, représenter faussement. De même qu'avant lui une érudition servile avait mal interprété les vieux monuments de notre histoire pour leur faire mentir la servitude, ainsi souvent Mably leur fait mentir la liberté, Villemain, Tabl. de la littér. du XVIIIe s. 1re part. 17e leçon.

PROVERBES

On sait mentir sans parler, c'est-à-dire on peut vouloir induire en erreur par sa contenance, par ses gestes.

A beau mentir qui vient de loin, c'est-à-dire celui qui vient de loin, dît-il des mensonges, ne peut être convaincu de fausseté.

Peut-être garde les gens de mentir, c'est-à-dire dans le discours peut-être est un correctif qui diminue la portée des affirmations.

Amplifier n'est pas mentir.

Bon sang ne peut mentir, une personne bien née ne dégénère pas.

REMARQUE

Mens-je ? ne se dit pas ; on tourne par : est-ce que je mens ?

HISTORIQUE

XIe s. Cuivert [misérables] paien, vus i avez mentit, Ch. de Rol. XCIII.

XIIe s. Il menti de tot ce que il avoit promis, Machab. I, 11. La bele, des nompers la flour, Ne faites vostre pris mentir, Par trop merci contre-tenir, Chrestien de Troyes, poésies mss avant 1300, t. III, p. 1265, dans LACURNE. Dix mil paiens et plus, se je ne ment, Ronc. 95. De tout se ment [il ment en tout], bien le poez prover, ib. 186. Il boissa [trompa] le roi Charle et sa foi lui mentit, ib. 192. Et sachiez bien, se biaus servirs ne ment, Que touz les biens qu'on puet [peut] avoir d'amer, Aura mes cuers [mon cœur] qui adès [toujours] s'i atent, Couci, XII. Tant [elle] est belle à regarder, Que nulz n'en porroit mentir [exagérer], ib. p. 123.

XIIIe s. Que qu'il se plaint et il se blasme, Li cuers li ment, et il se pasme, Et la parole a jà perdue, Narcisse, ms. de St-Germain, f° 130, dans LACURNE. Ensi furent ilec par deux jors, et puis leur menti de quanque il lor avoit en covenant [en promesse], Villehardouin, CLIII. Mais dites verité, n'i ait de riens menti, Berte, CXVIII.

XIVe s. …Ce seroit Vices très grief et grans d'avoir dit janglerie ; Quar d'armes et d'amours mentir ne doit on mie, Girart de Ross. Prol.

XVe s. Il nous vaut trop mieux à mentir notre serment envers le duc d'Anjou que devers le roi d'Angleterre, Froissart, II, II, 8.

XVIe s. Premierement ils mentent de cela : car il n'est dit nulle part que nostre Seigneur ait commandé cela à ses disciples, Calvin, Instit. 189. Nous disons que vous avez menty par la gorge, et qu'autant que vous le dirés, vous mentirés, Gage de bat. de François 1er et de Charles Quint, f° 80, dans LACURNE.

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Étymologie de « mentir »

Étymologie de mentir - Littré

Provenç et esp. mentir ; ital. mentire ; du lat. mentiri, de mens, esprit, imagination, parce que mentir c'est imaginer. Si le verbe est irrégulier au présent, cela tient à la place de l'accent dans méntior ; ainsi accentué, mentior a donné je ments, et le reste s'en est suivi.

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Étymologie de mentir - Wiktionnaire

Du latin populaire mentīre, en latin classique mentīri.
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Phonétique du mot « mentir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mentir mɑ̃tir play_arrow

Conjugaison du verbe « mentir »

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Citations contenant le mot « mentir »

  • On va pas se mentir...les plus gros salaires sont restés au club...cherchez l'erreur!!! Le Rugbynistère, Angleterre - On ne va pas se mentir, les Saracens vont rouler sur la deuxième division - Le Rugbynistère
  • “Ce n’est pas compliqué. Il s’agit d’arriver au départ des courses avant le Tour et de montrer que je suis en bonne forme. L’équipe a une grande expérience de la préparation pour gagner le Tour et elle saura dès les premières courses qui va le mieux. Ineos me paie pour courir avec eux. Si je dois travailler pour les autres, je le ferai, et ils feront de même. En cyclisme, tu ne peux pas mentir, et tu sauras qui va mieux”. Be Celt, Egan Bernal : "En cyclisme, tu ne peux pas mentir" - Be Celt
  • Le mensonge qui consiste à énoncer ce que l’on sait être faux. Comme tel, le mensonge est tout d’abord contraire à la dignité qui figure dans le serment prêté par l’avocat pour exercer. La dignité oblige ainsi l’avocat à éviter tout ce qui pourrait affaiblir le respect qu’il doit inspirer : auxiliaire de justice et, participant à ce titre à l’œuvre de justice, l’avocat ne peut pas user de moyens mauvais comme le mensonge, même pour une fin estimée bonne, à savoir la défense car la fin ne justifie pas les moyens. L’avocat ne peut donc pas mentir sciemment au juge. Comment les juges pourraient-ils continuer à croire un avocat en sachant qu’il a menti ? Par rapport aux juges, l’avocat n’a aucun intérêt à mentir. Le mensonge est également contraire à un autre grand principe qui guide l’avocat dans l’exercice de sa fonction : la loyauté. La loyauté qui concerne l’attitude des avocats entre eux oblige l’avocat à se comporter honnêtement envers son confrère et un avocat loyal ne peut donc pas mentir à son confrère. , Faits-divers - Justice | L’avocat peut-il mentir pour défendre son client ?
  • Pour le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, Olivier Véran et le gouvernement continuent de mentir sur la gratuité des masques. CNEWS, Eric Coquerel : «Olivier Véran continue de nous mentir sur les masques» | CNEWS
  • 29% des salariés sont prêts à mentir à leur supérieur pour réussir et 32% estiment que les menteurs sont les plus à même de progresser (Source : Tissot-OpinionWay. 2016). Capital.fr, Peut-on s’autoriser à mentir (un peu) à son chef ? - Capital.fr
  • Il y a des gens qui mentent simplement pour mentir. De Blaise Pascal / Pensées
  • Pas besoin d'intérêt pour mentir. Le plaisir suffit. De Amélie Nothomb / Péplum
  • On ne peut haïr sans mentir. De Albert Camus / Chroniques
  • Rêver, c'est se mentir un peu. De Hervé Godec
  • Nous pouvons nous mentir, mais jamais nous ne réussirons à mentir à un enfant. De André Pronovost / Les marins d'eau douce
  • Ecrire, c'est presque toujours mentir. De Jules Renard / Journal
  • A beau mentir qui vient de loin. De Tuet
  • Mieux vaut mentir que médire. De Proverbe indien
  • Bon sang ne peut mentir. De Proverbe français
  • Vivre signifie : croire et espérer, mentir et se mentir. De Emil Michel Cioran / Précis de décomposition
  • Ne mens pas pour le plaisir de parler. Hésiode, Les Travaux et les Jours, 709 (traduction E. Bergougnan)
  • Que ferais-je à Rome ? Je ne sais pas mentir. Juvénal en latin Decimus Junius Juvenalis, Satires, III, 41
  • Il faut bien mentir quelquefois quand on est évêque. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions
  • On a toujours l'air de mentir quand on parle à des gendarmes. Charles-Louis Philippe, Les Chroniques du Canard sauvage, Gallimard
  • S'expliquer c'est mentir. Jacques Perret, La Bête Mahousse, Enfantillages , Gallimard
  • Quiconque est capable de mentir est indigne d'être compté au nombre des hommes ; et quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner. François de Salignac de La Mothe-Fénelon, Les Aventures de Télémaque
  • Loin de la vérité, les mots mentent tout seuls. Fernand Crommelynck, Chaud et froid, Le Seuil
  • Il faut choisir, mourir ou mentir. Louis Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Gallimard

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Traductions du mot « mentir »

Langue Traduction
Corse minzogna
Basque gezur
Japonais 横たわる
Russe ложь
Portugais mentira
Arabe راحه
Chinois 谎言
Allemand lüge
Italien menzogna
Espagnol mentira
Anglais lie
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Synonymes de « mentir »

Source : synonymes de mentir sur lebonsynonyme.fr


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