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Marasme

Sommaire

  • Définitions du mot marasme
  • Étymologie de « marasme »
  • Phonétique de « marasme »
  • Citations contenant le mot « marasme »
  • Traductions du mot « marasme »
  • Synonymes de « marasme »
  • Antonymes de « marasme »

Définitions du mot marasme

Trésor de la Langue Française informatisé

MARASME1, subst. masc.

A. − MÉDECINE
1. Vieilli. État pathologique caractérisé par une atrophie progressive des organes, un amaigrissement extrême, consécutif à une longue maladie ou à la vieillesse. Synon. cachexie.Une bien affreuse maladie, causée par ses chagrins, [l'] avait réduite à cet état effrayant de maigreur et de marasme (Sue,Atar-Gull,1831, p. 30).
2. Marasme nutritionnel, p. ell. marasme. ,,État de déficience nutritionnelle particulièrement grave chez l'enfant`` (Clém. Alim. 1978). Le marasme, devenu hélas de plus en plus fréquent chez les enfants des pays en voie de développement, où les mères abandonnent l'alimentation au sein (Le Monde,20 mai 1981, p. 17).
B. − État psychologique d'apathie, de découragement. Synon. langueur.Marasme de l'âme, du coeur (vieilli). Ces malaises, ces marasmes qui me dévoraient tout vivant, m'ont laissé plein d'énervements et plus débile qu'un nouveau-né (Du Camp,Mém. suic.,1853, p. 305).Je ne suis pas dans le marasme, et la dépression que tu pus entrevoir était toute sentimentale, et toute à ton endroit (Gide,Corresp.[avec Valéry], 1900, p. 375).V. gémir I B 2 ex. de Artaud.
MÉD. Marasme neurasthénique. (Ds Méd. Biol. t. 2 1971, Carr.-Dess. Psych. 1976).
P. anal. C'est la déception de 48 qui a plongé la France dans le marasme: après de tels espoirs, on était en pleine désillusion (Barrès,Cahiers,t. 14, 1923, p. 225).C'est pourtant moche, ce marasme, dit Dubreuilh. La gauche complètement dispersée, le parti communiste isolé: il faudrait bien tâcher de se regrouper (Beauvoir,Mandarins,1954, p. 545).
C. − Au fig., usuel. Marasme des affaires, marasme économique, p. ell. marasme. État stagnant de l'activité économique. Synon. ralentissement, stagnation.Le marasme d'avant 1914 avait fait place à un besoin d'activité, une formidable demande de céréales (Van der Meersch,Invas. 14,1935, p. 451).La période de 1930 à 1939 est marquée un peu partout dans le monde par des expériences tentées pour sortir du marasme économique dû à la crise (Lesourd, Gérard,Hist. écon.,1966, p. 429).
[Constr. avec un compl. prép. de ou un adj. spécifiant un secteur de l'activité écon.] Synon. de crise.Période de marasme immobilier (E. Schneider,Charbon,1945, p. 236):
.Déclin relatif du charbon, marasme du textile, prospérité de la construction électrique et automobile: ce sont des faits communs à tous les grands pays industriels, et qui bouleversent les champs de force de l'action ouvrière. Traité sociol.,1967, p. 489.
Prononc. et Orth.: [maʀasm̭]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1538 «consomption» (J. Canappe, Le guidon en françoys, p. 63 ds Fr. mod. t. 19, p. 20); 1793-94 fig. marasme du modérantisme (C. Desmoulins ds Vx Cord., p. 166); 1797 marasme de l'âme (Chateaubr., Essai Révol., t. 2, p. 227). Empr. au gr. μ α ρ α σ μ ο ́ ς «consomption, épuisement». Fréq. abs. littér.: 76.

MARASME2, subst. masc.

BOT. Champignon (de la famille des Agaricinées) de petite taille, à pied coriace, dont l'espèce commune, le mousseron, peut être consommée fraîche ou séchée. Voir Bot., 1960, p. 303 [Encyclop. de la Pléiade] et M. Locquin, B. Cortin, Champignons comestibles et vénéneux, Paris, Nathan, 1959, p. 121.
Prononc.: [maʀasm̭]. Étymol. et Hist. 1891 (Baillon t. 3). Emploi spécialisé, pour une raison non élucidée de marasme1*.

Wiktionnaire

Nom commun

marasme \ma.ʁasm\ masculin

  1. Affaiblissement des forces morales ou physiques.
    • L’auscultation révèle à gauche des râles crépitants nombreux au centre, muqueux en dessous, gros et gargouillants au bas. À droite des râles crépitants fins dans la moitié inférieure. Jusqu’ici les mouvements respiratoires ont été normaux. Je diagnostique avec assurance une bronchite double sans miliaires et sans hépatisation ; l’expectoration abondante est visqueuse et muqueuse. — Le 14, la malade crache toujours plus ; mais le bas du poumon gauche devient mat, et ses râles consonnants avec résonnance de la voix. Le soir un second frisson. Le 15, la bronchorrhée est purulente et les crachats gros et nummulaires. Abondante transpiration. Dès ce moment, la bronchite entre dans une période de résolution apparente et il se fait un temps d’arrêt. Vers le 26, la fièvre se relève plus vive encore, et la colliquation commence avec les sueurs, la diarrhée et le marasme rapide. — (« Société vaudoise de médecine : Séance du 4 novembre 1869 », in Bulletin de la Société médicale de la Suisse romande, troisième année, Librairie Rouge et Dubois, Éditeurs, Lausanne, 1869)
    • Tomber dans le marasme.
    • Secouer le marasme.
    • Scrupuleusement je recopiai la chaîne et l’adressai à trois personnes différentes, non que je crusse beaucoup à l’efficacité du rite, mais parce que j’étais content qu’une amie perdue de vue eût pensé à me l’envoyer, surtout en un moment tel qu’il pouvait presque sembler que, devinant mon marasme, elle avait voulu m’aider. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 170.)
    • Le président sera aux États-Unis lundi et mardi pour un voyage officiel, où il rencontrera Barack Obama. Un séjour attendu depuis des mois, qui tombe bien après la défaite des régionales et en plein marasme sondagier. — (« Opération « Maison Blanche » pour Sarkozy », dans Libération du 29 mars 2010)
  2. (Par analogie) Arrêt d’activité, malaise plus ou moins durable dans les affaires.
    • Le marasme des affaires. Une industrie tombée dans le marasme.
    • Les temps sont durs, le pain est cher, les créanciers ne payent pas, les loyers qu’il faut payer, le commerce dans le marasme, etc., etc., toutes les hypocrites litanies des boutiquiers. — (Henry Murger, Scènes de la vie de bohème, 1848)
    • Le marasme économique, fait de crises successives d’ajustement, s’installe. — (Roger Jaffray, Les Transports maritimes aux Antilles et en Guyane françaises depuis 1930, 2009)
  3. (Botanique) Petit champignon se desséchant facilement.
    • Le marasme des Oréades est également appelé mousseron des prés.
  4. (Médecine) Maladie impliquant des carences alimentaires, notamment un défaut en apport calorique.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARASME. n. m.
T. de Médecine. Maigreur extrême produite par quelque maladie. Il signifie plus ordinairement Affaiblissement des forces morales. Tomber dans le marasme. Secouer le marasme. Il se dit, par analogie, d'un Arrêt d'activité, d'un malaise plus ou moins durable dans les affaires. Le marasme des affaires. Une industrie tombée dans le marasme.

Littré (1872-1877)

MARASME (ma-ra-sm') s. m.
  • Terme de médecine. Maigreur excessive, consomption de tout le corps, suite ordinaire des maladies chroniques. Tomber dans le marasme.

    Fig. Le ministère anglais pourrait espérer, en favorisant la discorde, en laissant de l'espoir aux mécontents, de nous voir peu à peu tomber dans un dégoût égal du despotisme et de la liberté, désespérer de nous-mêmes, nous consumer lentement dans un marasme politique, Mirabeau, dans LAVEAUX.

HISTORIQUE

XVIe s. Tousjours nouvelle sanie s'engendre et desgorge à la playe, ou ulcere, qui enfin conduit le malade en un marasme, le rendant sec, aride et etique, Paré, VIII, 33.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MARASME, s. m. (Medecine.) μαρασμὸς. L’étymologie de ce nom vient du grec μαραίνω, je flétris, je desseche, & cette maladie est en effet caractérisée par un desséchement géneral & un amaigrissement extrème de tout le corps ; c’est le dernier période de la maigreur, de l’atrophie & de la consomption. Lorsque le marasme est décidé, les os ne sont plus recouverts que d’une peau rude & desséchée ; le visage est hideux, décharné, représentant exactement la face qu’on appelle hypocratique, que cet illustre auteur a parfaitement peint dans ses coaques, cap. vj. n°. 2. Les yeux, dit-il, sont creux, enfoncés, le tour des paupieres est livide, les narines sont seches & pointues ; les tempes abatues ; les oreilles froides & resserrées ; les levres sont sans éclat, appliquées & comme collées aux gencives, dont elles laissent entrevoir la blancheur affreuse ; la peau est dure & raboteuse : ajoutez à cela une couleur pâle verdâtre ou tirant sur le noir ; mais le reste du corps répond à l’état effroyable de cette partie. La tête ainsi défigurée est portée sur un col grêle, tortueux, allongé ; le larynx avance en dehors, les clavicules forment sur la poitrine un arc bien marqué, & laissent à côté des creux profonds ; les côtes paroissent à nud, & se comptent facilement : leurs intervalles sont enfoncés ; leur articulation avec le sternum & les vertebres, sont très-apparens ; les apophyses épineuses des vertebres sont très-saillantes : on observe aux deux côtés une espece de sillon considérable ; les omoplates s’écartent, semblent se détacher du tronc & percer la peau ; les hypocondres paroissent vuides, attachés aux vertebres ; les os du bassin sont presqu’entierement découverts ; les extrémités sont diminuées ; la graisse & les muscles même qui environnent les os, semblent être fondus ; les ongles sont livides, crochus, & enfin toutes les parties concourent à présenter le spectacle le plus effrayant & le plus désagréable. On peut ajouter à ce portrait celui qu’Ovide fait fort élégamment à sa coutume de la faim qu’il personnifie. Métamorphoses, liv. VIII.

Hirtus erat crinis, cava lumina, pallor in ore,
Labra incana situ, scabri rubigine dentes ;
Dura cutis per quam spectari viscera possent ;
Ossa sub incurvis extabant avida lumbis ;
Ventris erat, pro ventre, locus ; pendere putares
Pectus, & à spinæ tantummodo crate teneri.
Auxerat articulos macies, genuumque tumebat
Orbis, & immodico prodibant tubere tali
.

Ces squelettes vivans sont languissans, fatigués, abattus au moindre mouvement ; leur respiration est gênée ; le pouls est quelquefois vite, précipité, mais toujours foible & petit ; l’appétit manque totalement, le dégoût survient, les forces sont épuisées, &c.

On peut compter deux especes de marasme ; l’un propre aux vieillards, censé froid, est une suite assez ordinaire de la vieillesse. Il est connu sous le nom de senium Philippi, medecin qui a le premier appellé de ce nom l’état de maigreur & de desséchement qu’on observe chez les personnes décrépites. L’autre est appellé marasme chaud ; il est ordinairement accompagné d’une fievre lente, hectique, avec des redoublemens sur le soir, sueurs excessives, cours de ventre colliquatif, chaleur âcre dans la paume de la main, &c.

L’amaigrissement essentiel à cette maladie indique évidemment que la non-nutrition ἄ-τροφια, en est la cause immédiate. Personne n’ignore que pour reparer les pertes que le corps fait journellement, il faut prendre des alimens, les digérer ; que le chyle qui en est l’extrait passe par les vaisseaux lactés, qu’il parvienne dans les vaisseaux sanguins ; que les parties muqueuses, nutrifiées s’en séparent, s’appliquent & introsuscipiantur, aux différentes parties du corps qui leur sont analogues. Ainsi le moindre dérangement dans quelqu’une de ces actions, trouble, empêche la nutrition ; & s’il est constant il conduit au marasme. Ainsi, premierement, des abstinences trop longues, des indigestions continuelles, en sont des causes fréquentes ; le vice des sucs digestifs, & surtout de la salive, mérite souvent d’être accusé. Ruisch a deux observations remarquables à ce sujet ; l’une concernant un soldat à qui les conduits de Stenon qui portent la salive de la parotide à la bouche, avoient été coupés ; il tomboit invinciblement dans le marasme. On ne put en arrêter les progrès & le guérir, qu’en substituant des conduits salivaires artificiels. L’autre observation regarde une jeune dame qui ayant essayé toutes sortes de remedes inutilement pour guérir d’un maigreur affreuse, vint le consulter ; il s’apperçut pendant qu’elle parloit, qu’elle crachoit continuellement ; il soupçonna la cause de sa maladie, & ne lui conseilla autre chose que de s’abstenir de cracher, ce qu’elle fit avec succès. Le défaut de la bile, du feu gastrique, &c. peut aussi produire le même effet ; & en général dans les premieres voies toutes les causes qui empêcheront la digestion des alimens, le passage du chyle dans les vaisseaux destinés à le porter au sang. Sous ce point de vûe on peut ranger l’obstruction du pylore, la lienterie, le flux chimeux ou la passion cœliaque, le flux chyleux, l’obstruction des vaisseaux lactés, des glandes du mésentere, les blessures du canal thorachique, &c. L’application & l’intus-susception des parties muqueuses, nutritives, est détournée dans les maladies aiguës, inflammatoires, ce suc nourricier forme alors la matiere des scories ; dans les fievres lentes, hectiques suppuratoires, toute la graisse se fond, le tissu cellulaire est changé en son premier état de mucosité, & fournit la matiere des suppurations abondantes ; tout le suc muqueux se dissipe par-là, ce qui fait que le marasme accompagne & termine aussi souvent la phthisie : la même chose arrive dans le diabete, les cours de ventre colliquatifs, la sueur angloise, &c. mais il n’y a point d’évacuation qui devenant immodérée soit plus promptement suivie du marasme que celle de la semence : comme ce sont les mêmes parties qui constituent cette liqueur prolifique, & qui servent à la nutrition, il n’est pas étonnant que les personnes qui se livrent avec trop d’ardeur aux plaisirs de l’amour, & qui dépensent beaucoup de semence, maigrissent d’abord, se dessechent, tombent dans le marasme & dans cette espece de consomption, connue sous le nom de tabes dorsalis. Enfin il peut se faire que sans aucun vice de la part des fluides, sans que le suc nourricier manque, le marasme soit excité, les vaisseaux seuls péchans étant pour la plûpart trop rigides, desséchés & oblitérés, ou sans force & sans action, & c’est ce qui me semble le cas du marasme senile.

Les observations anatomiques confirment & éclaircissent l’action des causes que nous avons exposées : elles font voir que les vices du foie & des glandes du mésentere ont la plus grande part dans la production de cette maladie. Fontanus (respons. & curat. lib. I.) trouva dans un enfant le foie prodigieusement gros & ulcéré, la rate naturelle, l’épiploon manquant tout-à-fait, &c. Gaspard Bauhin observa dans une jeune fille le foie beaucoup augmenté, les glandes du mésentere skirrheuses, &c. Le cadavre d’une femme que Fabrice Hildan ouvrit, lui présenta des tumeurs stéatomateuses répandues dans le mésentere, un skirrhe considérable sous la veine porte dans le pancréas, le foie dur & pâle, &c. centur. 1. observ. 89. Timée rapporte avoir trouvé le foie skirrheux, grossi, marqueté de taches noires, toutes les parties qui l’environnoient corrompues, &c. lib. VI. épist. 8. Dans le cadavre d’une femme, Simon Schultzius raconte qu’il vit le péritoine, le mésentere, l’épiploon, le pancréas presqu’entierement détruits, le foie dur, ulcéré, augmenté en masse au point qu’il pesoit cinq à six livres ; il n’y avoit aucun vice remarquable dans l’estomac & la ratte, miscell. curios. ann. 1674. p. 85. Dans d’autres le foie a aussi paru skirrheux, mais rapetissé, le pancréas obstrué, les glandes du mésentere durcies, Kerkringius, observ. anat. 65. Ayant fait ouvrir un malade mort dans le marasme, j’ai observé tout le mésentere obstrué, les glandes lymphatiques entièrerement skirrheuses. On a trouvé quelquefois dans le mésentere des glandes comme des œufs, des noix. Warthon dit avoir vu une tumeur qui occupoit presque tout le mésentere, qui avoit un pié de long & six pouces de large, adenograph. cap xj. & David Lagneau raconte qu’il y en avoit une dans le ventre d’une femme attachée au muscle lombaire, de la grosseur d’une tête de veau, de sanguin. mission. pag. 385. Dans plusieurs cadavres on n’a apperçu d’autre cause évidente que des vers nichés dans quelque intestin, & sur-tout le tænia ou ver solitaire. Il est certain que ceux qui en sont attaqués maigrissent considérablement, ont cependant très-bon appétit & mangent beaucoup : sans doute que ces vers se nourrissent eux-mêmes du chyle dont ils privent le malade. On trouva dans le cadavre d’une jeune fille de Montpellier morte de marasme, le foie couvert de verrues, les intestins & le mésentere même remplis de vers lombricaux assez longs, phil. salmuth. centur. 1. observ. 5. Il n’y a aucune de ces observations qui ne confirme la sentence d’Hypocrate, lib. de loc. in hom. ὅτε σπλὴν θάλλει, τὸ σῶμα φθίνει : lorsque la rate est en bon état & florissante, le corps décroit & maigrit.

La description que nous avons donnée de cette maladie en rend le diagnostic évident ; quant au prognostic, on peut assurer que lorsque le marasme est bien décidé, il est ordinairement incurable : la maigreur, l’atrophie peuvent se guérir, mais ces maladies sont encore plus dangereuses que l’obésité ; car il vaut mieux pécher en faisant une diete trop peu exacte qu’en la faisant trop sévere : les accidens qui suivent cette faute sont toujours beaucoup plus graves. Hypocr. aphor. 5 & 6. lib. I. Cette maladie est plus fréquente & beaucoup plus mortelle chez les enfans que chez les adultes, parce qu’ils ont besoin plus fréquemment de nourriture ; au lieu que les personnes d’un certain âge supportent beaucoup plus facilement l’abstinence, id. ibid. aphor. 13 & 14. La maladie touche à son terme & l’on peut juger la mort prochaine, lorsque les sueurs nocturnes sont abondantes, que les cheveux tombent, & que le cours de ventre survient. Id. lib. V. aphor. 12. On peut avoir quelqu’espérance si la foiblesse diminue, si la peau s’humecte, s’assouplit, &c. Le marasme senile demanderoit pour sa guérison les secrets de Medée, qui étant chimériques ne laissent aucun espoir dans cet état ; il n’y a que la mort qui puisse terminer cette maladie, après laquelle tout le monde soupire, & qu’on trouve cependant bien incommode.

Il est rare qu’on puisse donner des remedes avec succès dans le marasme parfait : lorsqu’il dépend de quelqu’évacuation excessive, les secours les moins inutiles sont les mets succulens, restaurans, analeptiques ; lorsqu’on soupçonne qu’il dépend de l’obstruction des glandes mésentériques, on peut essayer quelque leger apéritif stomachique : les savoneux ont quelquefois réussi chez les enfans dans les premiers degrés de marasme, de même que la rhubarbe, les martiaux pour ceux qui sont sevrés, les frictions sur le bas-ventre. On a vu quelques bons effets des bains, sur-tout lorsque le marasme étoit causé par les crinons. Je pense que les eaux minérales sulphureuses, telles que les eaux de Barrege, de S. Laurens, &c. pourroient avoit quelques succès dans certains cas : l’usage de ces eaux est souvent suivi d’une souplesse & d’une humectation de la peau toujours favorable & d’un bon augure. Dans des maladies aussi desespérées, on peut sans crainte essayer toutes sortes de remedes : quelquefois la guérison est opérée par les plus singuliers, & ceux qui paroissent les plus opposés. Hippocrate raconte dans ses épidémies, liv. V. que n’ayant pu venir à bout d’arrêter par aucun remede les progrès du marasme dans un homme, il le fit saigner aux deux bras jusqu’au blanc, comme on dit ; ce secours en apparence déplacé fit lui seul en peu de tems ce que les autres n’avoient pu faire. Galien guérit aussi une malade par la même méthode ; il fit tirer en trois jours plus de trois livres de sang, épidem. liv. VI. sect. 3. Il arrive aussi quelquefois que les malades désirent vivement certains mets, il faut bien se garder de les leur refuser : l’estomac digere bien ce qu’il appete avec avidité. Il y a une foule d’observations par lesquelles il conste que les alimens les plus mauvais en apparence ont opéré des guérisons surprenantes.

Un homme, au rapport de Panarole, fut guéri du marasme en mangeant des citrons en abondance, observ. 36. pentecost. 2. Une femme qui étoit dans le même cas dut pareillement sa guérison à une grande quantité d’huîtres qu’elle avala, Tulpius medic. obs. lib. II. observ. 8. De pareils faits assez fréquens, au grand deshonneur de la Medecine, devroient faire ouvrir les yeux aux medecins routiniers, & les convaincre de l’insuffisance de leur routine. Zacutus Lusitanus recommande dans le marasme particulier la pication, c’est-à-dire de faire frapper la partie atrophiée avec des férules enduites de poix, prax. admir. lib. I. observ. 136.

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Étymologie de « marasme »

Μαρασμὸς, de μαραίνειν, dessécher.

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Du grec ancien μαρασμός, marasmos (« dessèchement »).
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Phonétique du mot « marasme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
marasme marasm

Citations contenant le mot « marasme »

  • Ce n'est ni le spleen, ni le marasme, ni le malheur. C'est quelque chose de plus âcre. C'est le désespoir. De François Hertel / Mondes chimériques
  • L’islamisme n’est pas l’islam mais cette maladie de l’islam qu’est la recherche effrénée d’un bouc émissaire au marasme dans lequel la relégation des femmes et l’échec de la sécularisation ont plongé le monde arabo-musulman. De Alain Finkielkraut / Figaro du 14 janvier 2015
  • "Oui mais le marasme, c’est pour maintenant, car l’économie a été sabotée pour rendre les salariés corvéables à merci", nuance Chrystel, qui vient d’apprendre que le temps de chômage partiel ne comptera pas pour sa retraite. L’unanimité se fait cependant sur l’intérêt d’une convergence des luttes face à un nouvel ordre mondial. "D’ailleurs, n’est-il pas temps de lancer un référendum d’initiative citoyenne à l’échelle nationale pour sortir de cette Europe économique dont nous ne voulons pas ?". ladepeche.fr, Villefranche-de-Rouergue. "Le marasme, c’est pour maintenant" - ladepeche.fr
  • Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a procédé mardi soir à un un remaniement ministériel partiel qui vise les finances et l'énergie, deux secteurs clés alors que l'Algérie, hyper dépendante de la rente pétrolière, fait face à un risque de marasme économique. La plupart des ministères régaliens -Affaires étrangères, Intérieur et Justice- conservent leur titulaires, à l'exception des portefeuilles stratégiques de l'Energie et des Finances. Le Figaro.fr, Algérie: remaniement ministériel pour faire face à la menace de marasme économique

Traductions du mot « marasme »

Langue Traduction
Anglais slump
Espagnol depresión
Italien crollo
Allemand einbruch
Chinois 暴跌
Arabe ركود
Portugais queda
Russe резкое падение
Japonais スランプ
Basque slump
Corse slump
Source : Google Translate API

Synonymes de « marasme »

Source : synonymes de marasme sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « marasme »

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