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Agaric

Sommaire

  • Définitions du mot agaric
  • Étymologie de « agaric »
  • Phonétique de « agaric »
  • Évolution historique de l’usage du mot « agaric »
  • Citations contenant le mot « agaric »
  • Images d'illustration du mot « agaric »
  • Traductions du mot « agaric »
  • Synonymes de « agaric »

Définitions du mot « agaric »

Trésor de la Langue Française informatisé

AGARIC, subst. masc.

BOT. Genre de champignon (famille des Basidiomycètes) comportant de nombreuses espèces comestibles ou vénéneuses, répandu dans les lieux humides, caractérisé par un pédicule distinct, parfois pourvu d'un anneau, et par un chapeau portant à sa face inférieure de multiples feuillets sporifères, simples, rayonnants, généralement libres :
1. On pourrait rapporter même à l'océan végétal les plantes parasites, qui tirent leur substance de la sève des végétaux, comme les guis, les scolopendres, les lichens, les agarics, les mousses... J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 181.
2. ... un agaric, un joli champignon Dont le chapeau, rempli de lames convergentes, Formait comme une roue aux délicates jantes. A. Pommier, Océanides et fantaisies,1839, p. 231.
3. Jamais un rayon de soleil ne descendait dans cette cour (...) et ses murs sur lesquels croissaient des agarics vénéneux [étaient verdâtres]. F. Vidocq, Les Vrais mystères de Paris,1844, t. 3, p. 274.
4. ... le réceptacle offre la forme d'un parasol ou chapeau au-dessous duquel sont des lames rayonnantes (comme dans les Agarics), ou des veines (comme dans les Chanterelles), ou des tubes (comme dans les Bolets)... A. de Jussieu, Cours élémentaire d'histoire naturelle, Botanique, Paris, Masson, 5eéd., 1852, p. 415.
5. L'Agaric est un Champignon qui se reproduit uniquement par spores. La partie de ce Champignon qui sort de terre (...) se compose d'une sorte de chapeau c porté par un pied p. Le chapeau porte en dessous des lames rayonnantes l; c'est sur ces lames que se produisent les spores. G. Bonnier, Éléments de botanique,Anatomie et physiologie végétales, Paris, Paul Dupont, 1889, p. 258.
Rem. 1. Syntagmes fréq.
a) l'agaric champêtre ou agaric comestible, Le plus connu des agarics; dit encore champignon de couche, champignon de Paris, champignon rosé, pratelle, psalliote, etc. :
6. Dans les villes, les marchands de denrées alimentaires livrent sous le nom de Champignon de couche, ou encore de Champignon de Paris, un végétal que les mycologues appellent un Agaric, un Psalliote, une Pratelle, et plus précisément l'Agaricus campester, ou encore le Psalliota campestris et aussi le Pratella campestris (...) s'il est un peu âgé, il revêt l'aspect d'un parapluie ouvert : un organe trapu, massif, dressé, haut de quelques centimètres, constitue un pied, qui supporte à son sommet une sorte de coupole charnue, de quelques centimètres de diamètre, le chapeau; le tout est de couleur blanchâtre, blanc grisâtre ou blanc ivoire. Botanique,1960, pp. 261-263 (encyclopédie de la Pléiade).
b) Variétés d'agarics les plus souvent citées :
Agaric annulaire, dit encore tête de méduse,vénéneux (cf. Bouillet 1859, Littré-Robin 1865, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.).
Agaric brûlant, de couleur jaune sale, dangereux (cf. Besch. 1845, Bouillet 1859).
Agaric bulbeux, dit encore amanite phalloïde, oronge ciguë verte,caractérisé par sa couleur gén. verdâtre, par son pied charnu, bulbeux, s'amincissant de bas en haut, son anneau rabattu, par son chapeau campanulé, croissant dans les bois en automne, vénéneux, mortel (cf. Gde Encyclop., Ac. Gastr. 1962, Mont. 1967).
Agaric caustique, rouge-jaune terreux, croissant dans les bois, vénéneux, dangereux (cf. Bouillet 1859, Dumas 1873).
Agaric délicieux, caractérisé par son chapeau entonnoir, par sa chair blanche devenant vert-de-gris, donnant un lait orangé, comestible (cf. Lar. 19e) :
7. Il fallait avoir le pied sûr pour grimper aux talus glissants, et puis ne pas se perdre, dans l'épaisseur des bois (...). Il y avait l'ombre, par les jours très chauds. Il y avait l'humidité, sous les pieds, de la terre noire, et les beaux champignons poussant autour des troncs (l'oronge, le bolet et l'agaric délicieux) ... Ch.-F. Ramuz, Aimé Pache, peintre vaudois,1911, p. 27.
Agaric élevé, dit encore champignon parasol, coulemelle, couleuvrée,caractérisé par son pédicule mince, très élevé, fibreux, grisâtre, par son anneau supérieur blanchâtre et pelucheux, par sa chair molle, blanche, devenant rosée après la cueillette, comestible, croissant en abondance dans les terrains sablonneux et les bois, en été (cf. Besch. 1845, Bouillet 1859, Lar. 19e, Privat-Foc. 1870, Dumas 1873, Gde Encyclop., Nouv. Lar. ill., Mont. 1967).
Agaricus eryngii, dit encore oreille de chardon,comestible (cf. Lar. 19e, Gde Encyclop.).
Agaric faux mousseron, dit encore collybie d'Oréade ou marasme d'Oréade, marasme montagnard, mousseron d'automne,caractérisé par son pédicule allongé, très grêle, légèrement ondulé, par son chapeau de couleur ocracée, par sa chair blanche, à odeur agréable, comestible, croissant dans les prés et aux bords des chemins en traînées circulaires (cf. Lar. 19e, Dumas 1873, Gde Encyclop.).
Agaric du houx, comestible, croissant en été sous les buissons de houx (cf. Besch. 1845, Dumas 1873).
Agaric meurtrier, dit encore morton,vénéneux, caractérisé par son suc laiteux, âcre et caustique (cf. Besch. 1845, Lar. 19e, Dumas 1873, Nouv. Lar. ill.).
Agaric de miel, dit encore armillaire de miel,comestible (cf. Lar. 20e, Ac. Gastr. 1962).
Agaric moucheté, dit encore amanite aux mouches, ou amanite tue-mouche, fausse oronge,caractérisé par son pédicule blanc, haut, épais, par son chapeau écarlate ou orange, parsemé de fragments blancs, par sa volve en débris réguliers, croissant dans tous les bois à l'automne, très vénéneux, dangereux, différent de l'amanite des Césars, ou oronge vraie, oronge comestible, dont le signe distinctif est une volve complète (cf. Littré, Privat-Foc. 1870, Dumas 1873, Gde Encyclop., DG, Ac. Gastr. 1962).
Agaric mousseron, dit encore agaric odorain, agaric odorant,caractérisé par un pédicule blanc, robuste, par un chapeau très charnu, de couleur blanche ou légèrement ocracée, par ses feuillets serrés, par sa chair blanche, comestible, très recherchée, croissant au printemps dans les prés secs, les friches, les bois découverts (cf. Ac. 1835, Besch. 1845, Bouillet 1859, Littré, Littré-Robin 1865, Lar. 19e, Privat-Foc. 1870, Dumas 1873, Ac. 1878, DG, Ac. t. 1, 1932, Ac. Gastr. 1962, Mont. 1967).
Agaric de l'olivier, phosphorescent, croissant au pied des oliviers :
8. L'Agaric de l'Olivier, magnifique champignon d'un orangé vif, fréquent en Provence au pied des Oliviers, est, sous le rapport de la phosphorescence, l'espèce la plus remarquable de l'Europe, et rivalise pour l'éclat avec les Champignons les plus renommés des régions tropicales. Comme dans tous les agarics, la face inférieure du chapeau est couverte de minces lames rayonnantes sur lesquelles se développent les corpuscules propagateurs du champignon, c'est-à-dire les semences ou spores. J.-H. Fabre, Cours complet d'instruction élémentaire, Botanique, Paris, Delagrave, 1874, pp. 210-211.
9. L'Agaric de l'olivier (...) qui croît en Provence, dans les mois d'octobre et de novembre, au pied des oliviers, répand une lumière vive et reste doué de cette remarquable faculté tant qu'il demeure frais. Le siège de la phosphorescence est le plus souvent la surface de l'hyménium. L'Agaric de l'olivier ne luit que pendant la vie; avec la mort, le phénomène cesse immédiatement. Les lueurs sont blanches, tranquilles, uniformes, semblables à celles du phosphore dissous dans l'huile. Gde Encyclop.,1885-1902.
10. ... ici, il faut encore parler d'un phénomène étrange, celui de la phosphorescence. Certaines espèces sont lumineuses. Elles brillent dans l'obscurité comme des feux fixes, sans que nul souffle les amoindrisse. « L'agaric de l'olivier », qui pousse sur des détritus, émet des flammes bleues, assez vives pour éclairer les sentiers, et le « rhizomorphe », dont la pullulation est sans limites dans certaines mines, resplendit de tels éclats que les voûtes en sont illuminées. Les chimistes diront que ce ne sont que transformations ou que mélanges : que le fluide nourricier, en passant à travers les tissus, s'y combine avec d'autres gaz absorbés et s'y charge de lueurs jaillies ensuite à l'air libre; que tout cela fonctionne à la manière des lampes. Je préfère penser que, se sachant éphémères, pour oublier la fuite des heures, les champignons se donnent les uns aux autres une fête dans les ténèbres, comme le font au ciel les étoiles ou bien que, parvenus à la saison d'aimer, ils brûlent silencieusement d'amour, et se caressent de lumières ferventes. J. de Pesquidoux, Chez nous,t. 1, 1921, p. 163.
Agaric oronge, caractérisé par son pédicule cylindrique, jaune, par son chapeau orangé-rougeâtre, par sa chair ferme, comestible, croissant dans les bois en été et en automne (cf. Ac. 1835, Bouillet 1859, Littré, Privat-Foc. 1870, Dumas 1873, Ac. 1878, DG, Ac. t. 1 1932, Ac. Gastr. 1962, Mont. 1967).
Agaric palomet, dit encore russule craquelée,caractérisé par son pédicule épais, ferme puis spongieux et pruineux, par son chapeau globuleux, charnu, comestible, croissant dans les bois et les friches en été, en automne (cf. Lar. 19e, Gde Encyclop.).
Agaric sanguin, caractérisé par son chapeau hémisphérique, de couleur rouge, croissant à l'automne notamment aux environs de Paris, vénéneux, très dangereux (cf. Lar. 19e, Privat-Foc. 1870, Gde Encyclop.).
Agaric soufré, vénéneux (cf. Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.).
Agaric styptique, caractérisé par son chapeau hémisphérique ressemblant à une oreille d'homme, de couleur jaune, vénéneux et dangereux (cf. Bouillet 1859, Lar. 19e, Dumas 1873).
c) Deux polypores se trouvent souvent rattachés, abusivement (cf. Ac. 1835-1932), au genre des Agarics :
Agaric blanc ou agaric/bolet/polypore du mélèze, dit encore agaric des boutiques, agaric des pharmaciens, agaric des pharmacies, agaricon,parasite du mélèze :
11. L'agaric du mélèze est officinal. J.-J. Baudrillart, Nouveau manuel forestier,trad. de Burgsdorf, 1808, p. 393.
12. Les sommets les plus âpres de ces montagnes ont des végétaux et des animaux qui leur sont propres. C'est sur leurs crètes raboteuses, qui abondent pour l'ordinaire en fer, que s'élève le mélèze aimé des forges, dont il accélère les fontes avec son tronc et ses rameaux couverts d'agarics et de mousses inflammables. J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 228.
13. L'agaric blanc (...) n'est plus guère employé aujourd'hui comme drastique. On le prescrit encore quelquefois pour combattre les sueurs nocturnes... A. et G. Bouchardat, Nouveau formulaire magistral,1894, p. 221.
Faux agaric ou agaric/bolet/polypore du chêne, dit encore agaric des chirurgiens, agaric astringent, amadou, amadouvier,parasite des vieux chênes, utilisé dans le domaine méd. comme hémostatique et dans la vie domestique comme combustible (cf. amadou) :
14. D'un œil plus curieux et plus avide encor Du règne végétal je cherche le trésor. Là, sont en cent tableaux, avec art mariées, Du varec, fils des mers, les teintes variées; Le lichen parasite, aux chênes attaché; Le puissant agaric, qui du sang épanché Arrête les ruisseaux, et dont le sein fidèle Du caillou pétillant recueille l'étincelle; J. Delille, L'Homme des champs,1800, p. 118.
15. Les pailles des graminées et les troncs des chênes morts de vieillesse se décomposent alors en autant de temps qu'ils ont végété : les premières, en une demi-année; les autres pendant des siècles. L'arbre desséché reste longtemps debout; mais la nature, qui voile partout la mort sur le théâtre de la vie, couvre encore ses branches arides des guirlandes parfumées du chèvrefeuille ou du lierre toujours vert. Si l'arbre est renversé par les tempêtes, des agarics et des mousses de toutes couleurs dévorent et décorent à la fois son vaste squelette. J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, pp. 146-147.
16. À ces vêtements sont mêlés un berceau de jonc, un morceau d'agaric, des pierres à fusil pour allumer le feu, la chaudière pour faire bouillir les viandes ... F.-R. de Chateaubriand, Voyage en Amérique, en France et en Italie,1827, p. 152.
17. On rencontre souvent sur le bord des routes de pauvres gens qui préparent de l'amadou avec les agarics qu'ils ont ramassés près de là. Il y a vingt-cinq ans, lors des grandes guerres, on en importait jusqu'à 20 000 kilogrammes, et l'on en exportait pour 35 000 francs. C'est un nommé Brossard qui a renouvelé cet usage de l'amadou, il y a environ soixante ans; les anciens connaissaient sa propriété d'arrêter le sang, et puis on l'avait oubliée. Brard1838.
Rem. 2. Noter, pour l'emploi p. compar. ou métaph., 2 ex. qui évoquent plus particulièrement les polypores rattachés abusivement au genre Agaric :
18. [les critiques jaloux] (...) cœurs puans et haineux, Du fumier des journaux champignons vénéneux Parasites lichens, agarics, orobanches A. Pommier, Crâneries et dettes de cœur,1842, p. 172.
19. Chèvredent, depuis trois ans vous exercez les hautes fonctions de secrétaire particulière. Depuis trois ans, il ne s'est point écoulé de matin et d'après-midi où la perspective de vous trouver dans mon bureau ne m'ait donné la nausée. Ce n'est point seulement que la maussaderie pousse sur votre peau comme l'agaric sur l'écorce, infiniment plus douce au toucher d'ailleurs, du châtaignier. J. Giraudoux, L'Apollon de Bellac,1942, 7, p. 73.
Rem. 3. MINÉR. Agaric minéral (cf. agarice).
Prononc. − 1. Forme phon. : [agaʀik]. 2. Dér. et composés : agaricacée, agaricales, agarice, agaricé, agaricicole, agaricie, agariciforme, agaricin(e), agariciné, agaricique (cf. Quillet 1965), agaricoïde.
Étymol. ET HIST. − 1256 bot. agaric, nom de divers champignons (Aldebrant de Sienne, Régime du Corps, Landouzy-Pépin, d'apr. Quem. t. 1 1959); 1359 agaric, id. (Journ. des dép. du R. Jean, Compt. de l'argent., p. 212 ds Gdf. Compl. : Une livre d'agarics). Empr. au lat. agaricum « espèce de champignon arboricole et phosphorescent, ce qui en Europe ne correspond qu'à Armillaria mellea Vahl et Cantharellus olearius Fr. » (d'apr. André Bot. 1956 s.v.), attesté dep. Pline (Nat., 25, 103 ds TLL, 1268, 48 : agaricum ut fungus nascitur in arboribus circa Bosporum colore candido... id quod in Gallia nascitur, infirmius habetur. Praeterea mas spissior amariorque..., femina solutior initio gustus dulcis, mox in amaritudinem transit).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 8.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Alex. 1768. − Bél. 1957. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Brard 1838. − Comm. t. 1 1837. − Dumas 1965 [1873]. − Lar. méd. 1970. − Littré-Robin 1865. − Mont. 1967. − Mots rares 1965. − Nysten 1814-20. − Plais.-Caill. 1958. − Prév. 1755. − Privat-Foc. 1870.

Wiktionnaire

Nom commun

agaric \a.ɡa.ʁik\ masculin

  1. (Mycologie) Champignon basidiomycète de la famille des agaricacées, à lamelles libres, d’abord roses puis brun foncé, à chapeau généralement charnu, blanc à brun, et à pied blanchâtre avec anneau.
    • La Nature qui partout ailleurs brille par sa jeunesse, paraît ici dans la décrépitude ; la terre surchargée par le poids, surmontée par les débris de ses productions, n'offre au lieu d'une verdure florissante, qu'un espace encombré, traversé de vieux arbres chargés de plantes parasites, de lichens, d'agarics, fruits impurs de la corruption […]. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, « De la Nature. Première vue », in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 990.)
    • Deux nonnes du monastère qui cueillaient des agarics verts dans la forêt nous ont indiqué le chemin. — (Nicolas Bouvier, Journal d’Aran et d’autres lieux, Petite Bibliothèque Payot, p. 130).

Nom commun

agaric \aɣaˈɾik\ (graphie normalisée)

  1. (Mycologie) Agaric.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AGARIC. n. m.
T. de Botanique. Genre de champignons qui comprend un grand nombre d'espèces, dont le caractère principal est d'avoir le dessous du chapeau garni de lames. Plusieurs espèces d'agarics sont comestibles, d'autres au contraire sont très nuisibles. Les champignons de couche, les oronges, les mousserons sont des agarics. On nomme abusivement Agaric de chêne une Espèce de bolet très coriace qui croît sur les vieilles souches et dont on fait l'amadou.

Littré (1872-1877)

AGARIC (a-ga-rik) s. m.
  • On donne ce nom à plusieurs champignons dont quelques-uns appartiennent au genre bolet, caractérisé par un grand nombre de trous sous le chapeau. On trouve parmi les agarics des champignons recherchés comme comestibles, tels que le champignon de couche, le mousseron, l'oronge, la morille, et de très vénéneux, tels que la fausse oronge. Deux agarics sont employés en médecine : 1° l'agaric blanc ou bolet du mélèze ; c'est un violent purgatif, il est émétique aussi ; on ne l'emploie plus guère qu'en médecine vétérinaire ; 2° l'agaric de chêne ou bolet amadouvier ; c'est l'agaric des chirurgiens, dont on sert pour arrêter les hémorragies ; il agit en s'adaptant exactement à l'orifice des vaisseaux et en favorisant ainsi la formation d'un caillot.

HISTORIQUE

XVIe s. Apozemes aperitifs et relaxatifs de sené, agaric, rhuharbe, Paré, XX, 22.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

AGARIC, minéral (Hist. nat.) matiere de la nature des pierres à chaux, qui se trouve dans les carrieres de ces pierres. L’agaric minéral est mieux nommé moelle de pierre. Voyez Moelle de pierre. (I)

Agaric, s. m. (Hist. nat.) en latin Agaricus, herbe, dit M. Tournefort, dont on ne connoît ni les fleurs ni les graines, qui croît ordinairement contre le tronc des arbres, & qui ressemble en quelque façon au champignon. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Mais M. Micheli prétend avoir vû des fleurs dans l’agaric ; & conséquemment voici comment il décrit ce genre. « L’agaric est un genre de plante dont les caracteres dependent principalement de la forme de ses différentes feuilles ; elles sont composées de deux parties différentes : il y en a qui sont poreuses en dessous, d’autres sont dentelées en forme de peigne, d’autres sont en lames, d’autres enfin sont unies. Les fleurs sont sans petales, & n’ont qu’un seul filet ; elles sont stériles, elles n’ont ni calice, ni pistil, ni étamines. Elles naissent dans des enfoncemens, ou à l’orifice de certains petits trous. Les semences sont rondes ou arrondies ; elles sont placées dans différents endroits comme il est expliqué dans les soûdivisions de ce genre, & dans le détail des especes qu’a donné M. Micheli. Nova'plant. genera, pag. 117. & suivantes. Voyez Plante. (I).

* M. Boulduc, continuant l’histoire des purgatifs répandue dans les Mémoires de l’Académie, en est venu à l’agaric, & il lui paroît (Mém. 1714. p. 27.) que ce purgatif a été fort estimé des Anciens, quoiqu’il le soit peu aujourd’hui & avec raison ; car il est très-lent dans son opération, & par le long séjour qu’il fait dans l’estomac, il excite des vomissemens, ou tout au moins des nausées insupportables, suivies de sueurs, de syncopes, & de langueurs qui durent beaucoup ; il laisse aussi un long dégoût pour les alimens. Les Anciens qui n’avoient pas tant de purgatifs à choisir que nous, n’y étoient apparemment pas si délicats ; ou bien, auroit pû ajoûter M. Boulduc, l’agaric n’a plus les mêmes propriétés qu’il avoit.

C’est, dit cet Académicien, une espece de champignon qui vient sur le larix ou melese. Quelques-uns croyent que c’est une excroissance, une tumeur produite par une maladie de l’arbre : mais M. Tournefort le range sans difficulté parmi les plantes & avec les autres champignons. On croit que celui qui nous est apporté du Levant, vient de la Tartarie, & qu’il est le meilleur. Il en vient aussi des Alpes & des montagnes du Dauphiné & de Trentin. Il y a un mauvais agaric qui ne croît pas sur le larix, mais sur les vieux chênes, les hêtres, &c. dont l’usage seroit très-pernicieux.

On divise l’agaric en mâle & femelle ; le premier a la superficie rude & raboteuse, & la substance intérieure fibreuse, ligneuse, difficile à diviser, de diverses couleurs, hormis la blanche ; il est pesant. Le second au contraire à la superficie fine, lisse, brune ; il est intérieurement blanc, friable, & se met aisément en farine, & par conséquent il est léger : tous deux se font d’abord sentir au goût sur la langue, & ensuite ils sont amers & acres ; mais le mâle a plus d’amertume & d’acreté. Celui-ci ne s’emploie point en Medecine, & peut-être est-ce le même que celui qui ne croît pas sur le larix.

M. Boulduc a employé sur l’agaric les deux grandes especes de dissolvans, les sulphureux & les aqueux. Il a tiré par l’esprit de vin une teinture résineuse d’un goût & d’une odeur insupportable : une goutte mise sur la la langue faisoit vomir, & donnoit un dégout de tout pour la journée entiere. De deux onces d’agaric, il est venu six dragmes & demie de teinture : le marc qui ne pesoit plus que neuf dragmes, ne contenoit plus rien, & n’étoit qu’un mucilage ou une espece de boue.

Sur cela, M. Boulduc soupçonna que ce mucilage inutile qui étoit en si grande quantité, pouvoit venir de la partie farineuse de l’agaric, détrempée & amollie ; & la teinture résineuse, de la seule partie superficielle ou corticale. Il s’en assûra par l’expérience ; car ayant séparé les deux parties, il ne tira de la teinture que de l’extérieur, & presque point de l’intérieur ; ce qui fait voir que la premiere est la seule purgative, & la seule à employer, si cependant on l’emploie ; car elle est toûjours très-desagréable, & cause beaucoup de nausées & de dégoût. Pour diminuer ses mauvais effets, il faudroit la mêler avec d’autres purgatifs.

Les dissolvants aqueux n’ont pas non plus trop bien réussi sur l’agaric ; l’eau seule n’en tire rien : on n’a par son moyen qu’un mucilage épais, une boue, & nul extrait. L’eau aidée du sel de tartre, parce que les sels alkalis des plantes dissolvent ordinairement les parties résineuses, donne encore un mucilage, dont, après quelques jours de repos, la partie supérieure est transparente, en forme de gelée, & fort différente du fond, qui est très-épais. De cette partie supérieure séparée de l’autre, M. Boulduc a tiré par évaporation à chaleur lente un extrait d’assez bonne consistance, qui devoit contenir la partie résineuse & la partie saline de l’agaric, l’une tirée par le sel de tartre, l’autre par l’eau. Deux onces d’agaric avec une demi-once de sel de tartre, avoient donné une once & demi-dragme de cet extrait : il purge très bien, sans nausées, & beaucoup plus doucement que la teinture résineuse tirée avec l’esprit de vin. Quant à la partie inférieure du mucilage, elle ne purge point du tout, ce n’est que la terre de l’agaric.

M. Boulduc ayant employé le vinaigre distillé au lieu de sel de tartre, & de la même maniere, il a eu un extrait tout pareil à l’autre, & de la même vertu, mais en moindre quantité.

La distillation de l’agaric a donné à M. Boulduc assez de sel volatil, & un peu de sel essentiel : il y a très peu de sel fixe dans la terre morte.

L’agaric mâle, que M. Boulduc appelle faux agaric, & qu’il n’a travaillé que pour ne rien oublier sur cette matiere, a peu de parties résineuses, & moins encore de sel volatil ou de sel essentiel. Aussi ne vient-il que sur de vieux arbres pourris, dans lesquels il s’est fait une résolution ou une dissipation des principes actifs. L’infusion de cet agaric faite dans l’eau, devient noire comme de l’encre, lorsqu’on la mêle avec la solution de vitriol : aussi l’agaric mâle est-il employé pour teindre en noir. On voit par-là qu’il a beaucoup de conformité avec la noix de galle, qui est une excroissance d’arbres.

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Étymologie de « agaric »

(1256) Du latin agaricum.
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Du latin agaricum.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Agaricus ; ἀγαριϰόν, d'Agaria, d'après Dioscoride, ville de Sarmatie, où ce champignon abondait.

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Phonétique du mot « agaric »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
agaric agarik

Évolution historique de l’usage du mot « agaric »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « agaric »

  • Li Xuying, jeune femme d'une vingtaine d'années diffusant des vidéos en direct (livestreaming) sur Internet vivant au comté de Zhashui, dans la province du Shaanxi (nord-ouest), n'aurait jamais imaginé qu'elle verrait 420 000 spectateurs venant des quatre coins du pays se précipiter sur sa chaîne et acheter tout son stock de champignons agaric en seulement une demi-journée. , Un champignon complimenté par Xi Jinping récolte 3 millions de yuans de ventes en ligne

Images d'illustration du mot « agaric »

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Traductions du mot « agaric »

Langue Traduction
Anglais agaric
Espagnol agárico
Italien agarico
Allemand agaric
Chinois 伞菌
Arabe غاريق
Portugais agárico
Russe пластинчатый гриб
Japonais ハラタケ
Basque agaric
Corse agaricu
Source : Google Translate API

Synonymes de « agaric »

Source : synonymes de agaric sur lebonsynonyme.fr
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