Mander : définition de mander


Mander : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

MANDER, verbe trans.

Littéraire
A.− Mander qqc. à qqn
1.
a) Faire savoir, faire connaître quelque chose à quelqu'un par lettre ou par message. «Pétain résiste», nous mandait en langage convenu la femme d'un de nos camarades, rédactrice dans un ministère (Ambrière,Gdes vac., 1946, p. 132).Quand j'eus pris connaissance de la communication qui lui avait été faite, je lui mandai aussitôt: «Je vous réitère les ordres que je vous ai donnés (...)» (De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p. 194):
1. Libre à vous de renoncer à ce que vous appeliez une passion bien heureuse: vous m'avez trop blessée pour que je puisse vous mander autre chose que mon étonnement d'une conduite qui n'est pas digne du prince charmant que j'ai cru plus noble encore de coeur que de race. Péladan,Vice supr., 1884, p. 163.
Mander + inf.Je viens enfin de recevoir des nouvelles de mon agent de Londres. Il me mande avoir fait honneur à tous mes billets (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 626).
[L'obj. dir. est une prop. introd. par que dont le verbe est à l'ind.] Faire savoir à quelqu'un que. Dépêche de Daudet, qui me mande qu'on a crié hier soir: «À bas Vitu!» (Goncourt,Journal, 1888, p. 882).Je reçus une invitation d'un paysan poète, qui me mandait qu'il venait de construire une petite isba pour y écrire (Du Bos,Journal, 1925, p. 285):
2. Enfin l'agence Associated Press mande de Tokyo que la décision de M. Yoshida d'ignorer la Chine communiste soulève de vives critiques. Le Monde, 19 janv. 1952, p. 3, col. 3.
b) Faire parvenir, envoyer quelque chose à quelqu'un. Je n'ai pu vous mander par la poste ce que vous avez dû deviner (Staël,Lettres L. de Narbonne, 1794, p. 281).
2. Mander à qqn de + inf.Faire dire à quelqu'un de (faire quelque chose). Il envoya à sa mère de magnifiques présents, mais il lui manda de ne pas se mêler du gouvernement (Bern. de St-P.,Harm. nat., 1814, p. 286).Je lui enjoignis de me tenir au courant de tout et de ne pas manquer de me mander de revenir, en cas qu'il eût affaire de moi (Chateaubr.,Mém., t. 2, 1848, p. 211):
3. ... elle alla trouver le maître d'école qui la fit asseoir et lut: «Ma chère fille, la présente est pour te dire que je suis bien bas; notre voisin, maître Dentu, a pris la plume pour te mander de venir si tu peux (...)». Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Hist. fille de ferme, 1881, p. 29.
3. Mander que + subj.Ordonner que. Monseigneur, dit-il, le Roi vous mande que vous veniez devers lui sans délai (Barante,Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 418).Apollon: Et je mande qu'ici même il se présente pour recevoir purification (Claudel,Euménides, 1920, i, p. 956).
B. − Mander qqn.Faire venir quelqu'un, lui donner avis ou ordre de venir. Synon. appeler, convoquer.Mander le médecin. M. de Ruyasan requit le président de mander deux chimistes et deux naturalistes, et de soumettre les épingles à leur analyse (Balzac,Annette, t. 4, 1824, p. 68).J'adopte l'attitude du malade qui, en désespoir de cause, mande un charlatan sous prétexte qu'on ne risque rien à essayer (G. Marcel,Journal, 1923, p. 287):
4. Il eut une crise de rhumatismes et il en fut d'abord heureux. Il manda son fils, qui pêchait en Sologne, et se réjouissait de se montrer à lui amoindri. Giraudoux,Bella, 1926, p. 117.
REM.
Mandeur, subst. masc.,hist. Le corps municipal [de Valence] se composa de Syndics et Conseillers, communément appelés Consuls, d'un secrétaire et d'un Mandeur, officier chargé de faire les commandements de service pour la garde urbaine (Thierry,Tiers État, 1853, p. 354).
Prononc. et Orth.: [mɑ ̃de], (il) mande [mɑ ̃:d]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin xes. «demander, commander» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 124); 2emoitié xes. «faire tenir une instruction (un ordre à quelqu'un)» (St Léger, éd. J. Linskill, 87); 2. 2emoitié xes. «faire venir» (ibid., 43); ca 1100 «faire venir quelqu'un par un ordre écrit, ou oral» (Roland, éd. J. Bédier, 2614 et 3699); 3. ca 1100 «faire savoir par un messager» (Roland, 28). Du lat. mandare «donner en mission», bien que ce terme soit surtout de la lang. écrite, également att. en lat. tardif aux sens de «envoyer demander, faire demander» (492-496 ds Nierm.), «faire savoir par message» (643, ibid.); cf. dès le xiies. au sens de «commander, donner l'ordre» l'esp. mandar (ds Al.), l'ital. mandare (ds Batt.), l'a. prov. mandar ds Rayn. et l'emploi usuel de ce terme au sens de «envoyer» dans la vallée du Rhône (v. FEW t. 6, 1, p. 148b et Mistral), également att. en a. prov. mandar (fin xiies. ds Levy Prov.), a. fr. mander dans le domaine méd. (1314 Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 457; v. aussi Gdf.), m. fr. (1534 Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, p. 42), ital. mandare (1574 ds Batt.), esp. mandar (xvies. ds Al.), sens que connaît déjà le lat.: mandare «envoyer» ca 840 ds Nov. Gloss., v. aussi Blaise Latin. Med. Aev. et Nierm. Fréq. abs. littér.: 848. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2740, b) 959; xxes.: a) 642, b) 365.

Mander : définition du Wiktionnaire

Verbe

mander \mɑ̃.de\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Envoyer dire, faire savoir, par lettre ou par message.
    • Le vice-chancelier Maupeou manda Mme Calas et ses compagnons d'infortune; il leur annonça lui-même les dons du roi. — (Athanase Coquerel fils, Jean Calas et sa famille: étude historique d'après les documents originaux, Paris : chez Joël Cherbuliez, 1858, p. 280)
    • Brusquement, je suis mandé chez Delcassé, ministre des Affaires étrangères dans les cabinets Brisson et Charles Dupuy, […]. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires: (I) Ma jeunesse orgueilleuse., 1942)
  2. (Vieilli) Appeler, convoquer, inviter (quelqu’un) à venir, le demander, faire venir, demander à quelqu’un de venir.
    • « Ma chère fille, la présente est pour te dire que je suis bien bas ; notre voisin, maître Dentu, a pris la plume pour te mander de venir si tu peux. — (Guy de Maupassant , Histoire d’une fille de ferme, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 99)
    • Je vous ai mandé parce que j’aime bien connaître les adversaires avec lesquels je suis appelée à combattre. » — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 100)
  3. (En particulier) Donner l'avis ou l'ordre de venir.
    • Madame d’Albany ayant toujours partagé les profonds sentiments de haine qu’Alfieri fit si souvent éclater contre le nouvel ordre de choses en France, le gouvernement de ce pays ne manqua pas, dès qu’il devint maître de la Toscane (1807), d’inquiéter cette dame par une surveillance minutieuse, et finit par la mander à Paris. — (Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, vol. 1, chez Michaud frères, 1811, art. « Albany (Louise-Marie-Caroline-Aloïse, comtesse d’) », page 133)
    • La commission de permanence s’émut : elle décida de mander le ministre de la Guerre, le général d’HAUTPOUL qui minimisa l’affaire mais fit porter le chapeau si l'on peut dire au général CHANGARNlER qui de ce fait rompit toute relation avec le président, le 7 octobre 1850. — (Jean-Pierre Collignon, La médaille française et l'histoire de la Guerre de 1870-1871, Musées de Charleville-Mézières, 1995, page 21)
  4. (Poésie) (Figuré) Envoyer quelqu’un demander quelque chose.
    • Ils en mandent une bulle,
      Loin des jours et des années,
      Vers la surface où circule
      L’océane destinée.
      — (Jules Supervielle, Gravitations, page 181, © 1925, Gallimard, 1988)

Verbe

mander \Prononciation ?\

  1. Demander, faire une demande.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Mander : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MANDER. v. tr.
Envoyer dire, faire savoir, par lettre ou par message. Je lui ai mandé cette nouvelle. Je lui ai mandé par un de ses amis ce qui s'était passé. Je lui ai mandé qu'il vînt. Je lui ai mandé de venir. Mander quelqu'un, Lui donner avis ou ordre de venir. On a mandé tous les parents. On a mandé le notaire. Il fut mandé chez le percepteur. Il vieillit.

Mander : définition du Littré (1872-1877)

MANDER (man-dé) v. a.
  • 1Mander quelqu'un, lui donner avis ou ordre de venir. Seigneur, César vous mande, et Maxime avec vous, Corneille, Cinna, I, 4. Seigneur, Félix vous mande au temple, Corneille, Poly. II, 5. Il manda donc par députés Ses vassaux de toute nature, La Fontaine, Fabl. VII, 7. Celui-ci [le roi lion] parmi chaque espèce Manda des médecins, La Fontaine, ib. VIII, 3.

    Il a mandé ses équipages, ses carrosses, ses chevaux, etc. il a donné ordre qu'on les lui envoyât.

  • 2Envoyer dire, faire savoir par lettre ou par message. On mande que le roi d'Angleterre est arrivé en Irlande, où il a été reçu avec transport, Sévigné, 536. Mandez-moi ce qu'il faut pour la nourriture et les ustensiles de ces pauvres femmes, Bossuet, Anne de Gonz. Il mande à ses agents dans la conférence qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée davantage à sa considération, Bossuet, Louis de Bourbon. Je vous écris, monseigneur, dès que j'ai quelque chose à vous mander ; alors mon cœur et ma plume vont vite, Voltaire, Lett. Richelieu, 3 janv. 1757. On sait qu'il [Henri IV] mandait au duc de Sully que sa marmite était renversée, ses pourpoints percés par le coude, ses chemises trouées ; et c'était le plus grand roi de l'Europe qui écrivait ainsi ! Voltaire, Hist. parl. ch. 38.

    Je ne le lui ai point mandé, je le lui ai dit, phrase par laquelle on fait entendre qu'on n'a pas craint de dire en face à quelqu'un une chose fâcheuse.

  • 3Mander que, ordonner par une lettre (avec le subjonctif). Sur le point de partir, Rome, seigneur, me mande Que je vous fasse encor pour elle une demande, Corneille, Nicomède, II, 3.

    Mandons et ordonnons, premiers mots du mandement qui termine les actes publics faits ou rendus au nom du souverain.

  • 4Envoyer, en parlant d'une lettre, d'une nouvelle. J'ai vu Guitaut et sa femme ; ils vous aiment ; mandez-moi un petit mot pour eux, Sévigné, 16. Faites-moi mander simplement de vos nouvelles sans vous donner la peine d'écrire vous-même, Fénelon, t. III, p. 351.
  • 5Se mander, v. réfl. Être mandé, être transmis par lettre ou par message. Des choses qui ne se mandent pas par la poste.

HISTORIQUE

XIe s. Mandez [à] Carlon, al orguillus, al fier…, Ch. de Rol. III. Com faitement [de quelle façon] lui manderons nouvelles ? ib. CXXVI. Li reis vous mande que vous le secourez, ib. CXCV.

XIIe s. Marsille mande des Sarrazins la flor, Ronc. 39. Baron, dist Charles, je vous ai fait mander, ib. 157. Charles mande et commande que treü [nous] lui devon Sax. XXV. Quant Hurepois entendent que Charles au fier vis Leur a mandé tel mant, chascuns fu engramis [irrité], ib. XXVI. Li reis li a mandé qu'il seit prez l'endemain De respundre e de rendre sun acunte tut plain, Th. le mart. 33.

XIIIe s. Sire, li dus de Venise et li quens Looys de Blois, mes [mon] sires, et li autre baron qui sont dedens Constantinoble, vos mandent salut come à leur seigneur, Villehardouin, CXXIII. Ou païs ne remest maçon Ne pionnier qu'ele ne mant, la Rose, 3811. Lors li firent dire les deux mestre, que moult estoit hardi leur seigneur, quant il avoit osé mander au roy si dures paroles, Joinville, 259.

XIVe s. Aux reins est mandée une artere du cuer [cœur] passant par le milieu du foie, H. de Mondeville, f° 29, verso.

XVe s. Ore est li temps qu'on ne fait que mander [appeler les hommes au service militaire] ; Mais li mandez destruisent leur contrée, Prennent, pillent quan qu'ils peulent trouver, Deschamps, Poésies mss. 275. S'il est gentilhomme, et le prince face sa mandée et son armée, si la dame veult, il ira, Les 15 joyes de mariage, p. 105.

XVIe s. À rien mander il ne faut pas de messager, Cotgrave À toile ordie Dieu mande le fil, Cotgrave

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Étymologie de « mander »

Étymologie de mander - Littré

Provenç. mandar ; catal. manar ; espmandar ; ital. mandare ; du lat. mandare.

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Étymologie de mander - Wiktionnaire

Du latin mandare.
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Étymologie de mander - Wiktionnaire

Du latin mandare → voir commander, recommander et demander.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « mander »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mander mɑ̃de play_arrow

Conjugaison du verbe « mander »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe mander

Citations contenant le mot « mander »

  • « Donc tout ce que je dis, c’est que je demanderais simplement que la ligue de rugby les traite avec respect, communique clairement avec eux, leur fasse savoir à quel point ils sont appréciés. » Betanews.fr, L'ex-arbitre de la NRL Tim Mander met en garde les arbitres de la LNR - Betanews.fr
  • « Mais ce n’est qu’un tour; vous allez demander à des entraîneurs de l’étudier et de dire: » OK, comment pouvons-nous le contourner et y apporter notre petite touche? « . » Betanews.fr, Mander et Harrigan saluent les changements apportés aux règles de la LNR - Betanews.fr

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Traductions du mot « mander »

Langue Traduction
Corse dumandà
Basque galdetu, galdetzea, galdetzera
Japonais 聞く、質問する
Russe спрашивать
Portugais perguntar
Arabe يسأل
Chinois
Allemand fragen
Italien chiedere
Espagnol preguntar
Anglais to ask
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Synonymes de « mander »

Source : synonymes de mander sur lebonsynonyme.fr

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