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Hospitalier

Sommaire

  • Définitions du mot hospitalier
  • Étymologie de « hospitalier »
  • Phonétique de « hospitalier »
  • Citations contenant le mot « hospitalier »
  • Traductions du mot « hospitalier »
  • Synonymes de « hospitalier »
  • Antonymes de « hospitalier »

Définitions du mot hospitalier

Trésor de la Langue Française informatisé

HOSPITALIER1, -IÈRE, subst. et adj.

I. − Subst. et adj.
A. − Vieilli. (Personne) qui appartenait à certains ordres militaires, astreints aux trois vœux monacaux, qui prenaient soin des pèlerins en Terre Sainte. Frères hospitaliers de saint Jean de Jérusalem. C'est précisément l'époque des croisades qui donnèrent naissance aux hospitaliers, aux templiers et à l'ordre teutonique (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 473) :
1. Dupuy prend le titre de grand-maître, divise les hospitaliers en chevaliers, pour assurer les chemins aux pélerins et pour combattre les infidèles, en chapelains (...) et en frères servans, qui devoient aussi prendre les armes. Chateaubr., Génie, t. 2, 1803p. 475.
En partic.
1. Les chevaliers de Malte sont religieux hospitaliers. On dit subst. en ce sens les hospitaliers (Ac.).Il m'appelait alors son frère hospitalier, le chevalier de Malte de Sainte-Hélène (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 2, 1823, p. 225).
2. Grand hospitalier (de l'Ordre de Malte). ,,Le troisième en dignité après le grand maître, et dont l'office est de présider à l'hôpital de l'île`` (Littré). Le Grand Hospitalier est toujours le Pilier de l'Auberge de France et il jouit des plus grands privilèges (C.-E. Engel, L'Ordre de Malte en Méditerranée, Monaco, éd. du Rocher, 1957, p. 157).
B. − (Personne) appartenant à certains ordres religieux qui soignent les malades dans les hôpitaux. Sœurs hospitalières. Auguste Villiers de l'Isle-Adam est mort le 18 août 1886 (...) chez les frères hospitaliers de Saint-Jean de Dieu (A. France, Vie littér.,1891, p. 120).
P. ext. (Personne) qui prend soin des malades dans les hôpitaux, à l'occasion d'un pèlerinage. La jeune madame Désagneaux (...) laissait depuis trois ans son mari à Trouville (...) pour accompagner le pèlerinage national, en qualité de dame hospitalière (Zola, Lourdes,1894, p. 55).
II. − Adj. Qui a rapport aux hôpitaux, aux hospices. Équipement, établissement, personnel, service, tarif hospitalier; gestion, législation, réforme hospitalière; blocs, médecins hospitaliers; centre hospitalier (et) universitaire (C.H.U.). La clientèle hospitalière, constituée de plus en plus par des assurés sociaux (Organ. hospit. Fr.,1957, p. 12).Les soins médicaux et hospitaliers représentent 5 pour cent du revenu national des États-Unis en 1949 (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 350) :
2. ... la triple fonction des centres hospitaliers et universitaires : il s'agit de centres de soins où sont organisés les enseignements publics médical et post-universitaire, ainsi que la recherche médicale et les enseignements paramédicaux... Réforme hospit.,1959, p. 12.
Emploi subst. masc. Personne employée dans les services des hôpitaux. L'enseigneur et l'hospitalier sont presque partout englobés dans un système de fonctionnariat plus ou moins avoué (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 792).
REM.
Hospitalo-universitaire, adj.Relatif à un centre hospitalier et universitaire. La France vient de franchir un pas décisif dans ce sens en procédant à une réforme profonde de ses structures et de ses institutions hospitalo-universitaires (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 792).
Prononc. et Orth. : [ɔspitalje], fém. [-ljε:ʀ]. Att. ds Ac. au sens I dep. 1694, au sens II seulement 1878 et 1935. Étymol. et Hist. A. 1174-78 subst. « religieux de l'Ordre de St Jean de Jérusalem » (E. de Fougères, Manières, 1215 ds T.-L.); 1690 religieux hospitaliers [de St Jean de J.] (Fur.). B. 1. xiiies. subst. hospitalières, nom de plusieurs Ordres de femmes ayant pour tâche le soin des malades (ds FEW t. 4, p. 496a); 1680 (Rich.); 2. 1401 a. vaud. espitaley « directeur, administrateur d'hôpital » (ds FEW, loc. cit.); 1532 fém. hospitaliere (Rabelais, Pantagruel, éd. V.L. Saulnier, XXX); 1671 adj. hospitalier « qui a soin des hôpitaux » (Pomey); 3. 1861 administrations hospitalières (Goncourt, Sœur Philom., p. 152). A est empr. au lat. médiév. hospitalarius (dér. de hospitale, v. hôpital) « religieux de l'Ordre de St Jean de Jérusalem » (1109, 7 mai hospitalarius de Campanolis [diocèse de Béziers], Cartul. gén. des Hospitaliers, éd. J. Delaville-Le-Roulx, t. 1, p. 19, no17). B 1 est dér. de hôpital* d'apr. le rad. du lat.; B 2 est empr. au b. lat. des gl. hospitalarius « custos hospitalis vel qui est de hospitali » (TLL, s.v., 3033, 39) en lat. médiév. « gardien de l'hôpital d'un monastère » (av. 826 Adalhart de Corbie ds Nierm.).

HOSPITALIER2, -IÈRE, adj.

A. − Qui pratique volontiers l'hospitalité. Peuple hospitalier; famille hospitalière. Le prince hospitalier, qui est alors dans un festin, s'approche de lui... « Étranger, viens t'asseoir à ma table... » (Chénier, Amérique,1794, p. 118) :
1. ... mon frère Abel, en sa qualité de Lorrain et de Hugo, était très hospitalier. Son bonheur était de tenir table ouverte. Goncourt, Journal,1873, p. 940.
En partic.
MYTHOL. Les dieux hospitaliers. J'invoque le grand Zeus hospitalier! (Claudel, Agamemnon,1896, p. 873).
LITT. La Légende de Saint Julien l'Hospitalier. Je m'en retournerais à Paris au mois d'octobre avec le Saint Antoine fini et Saint Julien l'Hospitalier écrit (Flaub., Corresp.,1856, p. 105).
Au fig. Ouvert, accueillant. Un esprit hospitalier. Sa tâche d'accueillir les faits nouveaux, qu'il n'aurait pu trouver tout seul, dans l'ambiance et le cadre hospitalier d'une philosophie de l'homme (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 353).
Emploi subst., rare. Les gants sont commandés! (...) Ne vous dois-je pas des gants, ma chère hospitalière de Pétersbourg? (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1850, p. 345).
B. − Où l'on trouve l'hospitalité; où l'on est bien reçu, hébergé. Château hospitalier; ville hospitalière. Entre, dit-il, entre sans crainte, la demeure est hospitalière (Gautier, Rom. momie,1858, p. 245) :
2. ... ce toit hospitalier, sous lequel l'étranger, le voyageur et le pauvre furent toujours également accueillis!... Genlis, Chev. Cygne, t. 1, 1795, p. 195.
P. anal. Qui est accueillant, qui procure l'agrément de l'hospitalité. L'été hospitalier; arbres, ombrages hospitaliers. Enfin je l'atteignis, la mer hospitalière. L'eau calme, fraîche, maternelle, accueillante (Mille, Barnavaux,1908, p. 120).
REM.
Hospitalièrement, adv.D'une manière hospitalière. J'aime l'hôtel du Bon-lapin. Vous le trouverez, (...) adossé à un moulin et hospitalièrement situé entre une cour et un jardin (Janin, Âne mort,1829, p. 32).
Prononc. et Orth. : [ɔspitalje], fém. [-ljε:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1488 Jupiter l'ospitalier (Mer des Histoires, H, 40b, éd. 1491 ds Rom. Forsch. t. 32, 1912, p. 118); 2. 1586 « qui pratique l'hospitalité » (La Pomme de Grenade mystique, 194b, Vaganay ds R. Philol. fr., 1933, 142). Dér. de hospitalité*; suff. -ier*. Cf. avec 1 lat. class. hospitalis Jupiter.
STAT. − Hospitalier1 et 2. Fréq. abs. littér. : 411. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 887, b) 762; xxes. : a) 459, b) 306.

Wiktionnaire

Adjectif

hospitalier \ɔs.pi.ta.lje\

  1. Relatif aux hôpitaux et aux hospices.
    • Services hospitaliers.
    • Établissements hospitaliers.
    1. (Religion) Qualifiait certains ordres et les religieux qui y sont attachés et qui administraient des hôpitaux.
      • Religieuses hospitalières.
      • Sœurs hospitalières.
    2. (Histoire) Qualifiait certains ordres monastiques institués pour administrer les hôpitaux destinés aux pèlerins vers la Terre sainte.
      • Située sur la commune de Saint-Martin-sur-Oreuse, la commanderie de Launay, la plus ancienne fondation de l'Ordre de l’Hôpital dans l'Yonne, administre, à partir du XVe siècle et jusqu'en 1789, la plupart des maisons hospitalières du Sénonais et du Jovignien. — (Jean-Pierre Fontaine, Les mystères de l'Yonne, Éditions de Borée, 2007, page 103)
  2. Qui pratique l’hospitalité, accueillant.
    • Cependant, généreux et hospitaliers entre eux, ils se secourent mutuellement, et ce serait en vain qu’on chercherait un mendiant dans le pays. — (René Caillié, Voyage à Temboctou et à Jenné, Revue des Deux Mondes, 1830, tome 1))
    • Les adieux furent faits. Chacun remercia le sergent Felton, qui s'était montré fort hospitalier dans cette circonstance. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • Le chîkh vient alors nous souhaiter la bienvenue. C'est un vieillard pauvrement vêtu mais à la figure sympathique encadrée d'une longue barbe blanche, un vrai croyant, fidèle observateur des préceptes hospitaliers de sa foi. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 29)
    1. Qualifie les lieux où l’on pratique volontiers l’hospitalité.
      • Il est impossible que, dans la noble Angleterre, dans ce pays hospitalier, généreux et libre, où tant de chevaliers sont disposés à risquer leur vie pour l’honneur, il ne se trouve pas un homme qui veuille combattre pour la justice. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
      • C’était la première demeure qui offrit l’invite hospitalière d’une porte ouverte. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 370 de l’éd. de 1921)
    2. Qui offre l'hospitalité et ses avantages.
      • Les clients […] s'installaient placidement, qui sur des banquettes de velours moelleux, qui dans le creux de fauteuils hospitaliers. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 78)
  3. (Toponymie)
    1. Relatif à Hôpital-Camfrout, commune du Finistère, en France.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
    2. Relatif à Lhôpital, commune de l’Ain, en France.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
    3. Relatif à L’Hôpital-le-Grand, commune de la Loire, en France.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)

Nom commun

hospitalier \ɔs.pi.ta.lje\ masculin (pour une femme on dit : hospitalière)

  1. (Religion) Religieux de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
    • C'est précisément l'époque des croisades qui donnèrent naissance aux hospitaliers, aux templiers et à l'ordre teutonique. — (François-René de Chateaubriand, Le Génie du christianisme, 1803)
    • Touchez le bouclier de Ralph de Vipont ! touchez le bouclier de l’hospitalier ! c’est lui qui est le moins solide sur sa selle. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  2. (Franc-maçonnerie) Officier qui, dans une loge, est chargé de la bienfaisance.
    • Que le tronc de l’hospitalier soit apporté sur le plateau du vénérable, il sera décompté après la tenue.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HOSPITALIER, IÈRE. adj.
Qui aime à pratiquer l'hospitalité. C'est un homme fort hospitalier. C'est un peuple doux et hospitalier. Figurément, il se dit des Lieux où l'on pratique volontiers l'hospitalité. Demeure hospitalière. Table hospitalière. Il s'est dit aussi de Certains ordres militaires, institués originairement pour recevoir les pèlerins. Les chevaliers de Malte sont religieux hospitaliers. Il s'emploie comme nom en ce sens, Les hospitaliers. Religieuses hospitalières, Religieuses des ordres charitables. On dit plus souvent aujourd'hui Sœurs hospitalières. On l'emploie aussi comme nom. Les hospitalières. Elles s'est faite hospitalière. Il signifie aussi Qui a rapport aux hôpitaux et aux hospices. Services hospitaliers. Établissements hospitaliers.

Littré (1872-1877)

HOSPITALIER (o-spi-ta-lié, liè-r') adj.
  • 1Qui a rapport aux soins des malades ou des infirmes dans un établissement, hôpital ou hospice, qui leur est ouvert (sens qui est le premier dans l'ancien usage français, hospitalier venant de hospitalarius et non de hospitalis). Les soins hospitaliers. Les maisons hospitalières.

    À titre hospitalier, comme digne d'être reçu dans un hôpital. Admis à titre hospitalier dans le dépôt de Villers-Cotterets.

    Hygiène hospitalière, partie de l'hygiène qui traite de la construction, de l'aménagement et du service des hôpitaux et hospices.

  • 2Religieux hospitaliers, ou, substantivement, les hospitaliers, ordre militaire, de l'observance de saint Augustin, astreint aux trois vœux monacaux et en outre au soin des pèlerins en terre sainte, malades et infirmes ; ils prirent le nom de frères hospitaliers de saint Jean de Jérusalem ; c'étaient des chevaliers, et il fallait faire preuve de noblesse pour entrer dans leur ordre. L'Italie, la France, l'Espagne sont soutenues par les braves hospitaliers, Chateaubriand, Génie, IV, V, 1.

    Dans l'ordre de Malte, grand hospitalier, le troisième en dignité après le grand maître, et dont l'office est de présider à l'hôpital de l'île.

    À côté de ces religieux militaires, il se forma un ordre de religieuses hospitalières pour le service des pèlerins ; elles faisaient leurs preuves de noblesse comme les chevaliers.

    Aujourd'hui, sœurs hospitalières, ou, substantivement, les hospitalières, les filles de la Charité ou sœurs grises.

    Sœurs hospitalières se dit, en général, de toutes les religieuses des ordres charitables. Hospitalières de Saint-Joseph. Hospitalières de la Miséricorde de Jésus. Une telle s'est faite hospitalière, elle est entrée aux hospitalières. Ce malade est mort aux hospitalières.

    Au masculin et par plaisanterie. Celui qui donne des soins aux malades dans un hôpital. Les malades d'alors étant tels que les nôtres, Donnaient de l'exercice au pauvre hospitalier, La Fontaine, Fabl. XII, 27.

  • 3Qui exerce volontiers l'hospitalité (sens qui est moderne répondant non à hospitalarius, mais à hospitalis). … Où l'on vit sans luxe on est hospitalier, Chénier M. J. Gracques, II, 3.

    Se dit des choses dans le même sens. Ils virent à l'écart une étroite cabane, Demeure hospitalière, humble et chaste maison, La Fontaine, Phil. et Baucis. Dans ce beau lieu où de grands pins et de grands peupliers joignent amoureusement leur ombre hospitalière, Dacier, Trad. d'Horace, Odes, II, 3. Vous ne reverrez plus la tribu de mon père, Les fils de Samuel, la tente hospitalière, Ducis, Abufar, I, 5. Il n'a point oublié les services d'Évandre, Sa table hospitalière et son accueil si tendre, Delille, Én. X. Regarde un étranger qui meurt dans la poussière, Si tu ne tends vers lui ta main hospitalière, Chénier, Idylles, le Mendiant. La jeune enfant approche, il rit, lui tend la main : Car c'est toi, lui dit-il, c'est toi qui la première, Ma fille, m'as ouvert la porte hospitalière, Chénier, ib. La décoration soignée, les parures et la bonne intention des petites demeures ont quelque chose d'hospitalier, Staël, Allem. I, 1. Vous qui voulez prendre la place Des anciens maîtres de ces lieux, Imitez-les, faites comme eux : Si chacun ici les révère, C'est que leur porte hospitalière S'ouvrait toujours aux malheureux, Scribe, la Dame blanche, II, 4.

  • 4 Poétiquement. Protecteur de l'hospitalité. Ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ? Dit l'animal chassé du paternel logis, La Fontaine, Fabl. VII, 16.

REMARQUE

On a pris tout récemment hospitalière substantivement, au sens de celle qui donne l'hospitalité ; l'emploi est hardi et non encore autorisé. Compris dans les condamnations et proscriptions de 1848, il trouva, avec ses autres compagnons d'infortune, un asile à Turin, la grande hospitalière de ces glorieux réprouvés, Marc Monnier, Revue german. t. XXV, p. 121.

HISTORIQUE

XIIIe s. L'aumone que ma dome Teeline aveit feit à De [Dieu] e aus hospitaulers de la maisum de Launei…, Bibl. des chartes, 3e série, t. V, p. 87. Boban d'hospitaliers [orgueil des chevaliers de Jérusalem], Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 30.

XVIe s. N'est loisible à gens d'eglise, marguilliers, administrateurs d'eglises, hospitaliers de maladreries, d'acheter, prendre et tenir en leurs mains fief ou rentes sur iceux, Nouv. coust. génér. t. II, p. 686. Tout ce qui y estoit [dans ma maison, lors d'une peste] estoit sans garde et à l'abandon de qui en avoit envie ; moy, qui suis si hospitalier, feus en très penible queste de retraicte pour ma famille ; une famille esgarée faisant peur à ses amis et à soy mesme…, Montaigne, IV, 208.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

HOSPITALIER, s. m. (Myth.) surnom que les anciens Romains donnoient à Jupiter, le nommant Jupiter hospes, parce qu’ils le regardoient comme le dieu protecteur de l’hospitalité. Les Grecs l’appelloient par la même raison ξένιος, vengeur des injures faites à des hôtes ; Jupiter hospitibus nam te dare jura fatentur ; mais Jupiter n’étoit pas le seul des dieux qui eût le titre de protecteur de l’hospitalité. Voyez ce mot où on le prouve.

Ce n’étoit pas non plus, pour le dire en passant, à Jupiter hospitalier, que les Samaritains consacrerent leur temple de Garizim, comme le prétend M. Bossuet, mais c’étoit à Jupiter Olympien, sous l’invocation duquel il ne subsista pas même long-tems, si l’on adopte pour vrai, le récit que fait Josephe, Antiq. liv. XIII. ch. vj. de la dispute qui s’éleva en Egypte sous Ptolomée Philométor entre les Juifs & les Samaritains, au sujet de leur temple ; les Samaritains soutenant que le temple de Garizim étoit le seul vrai temple du Seigneur, & les Juifs prétendant au contraire, que c’étoit celui de Jérusalem. (D. J.)

Hospitaliers, s. m. plur. (Hist. ecclésiast.) religieux que le pape Innocent III. a établis pour retirer les pauvres pélerins, les voyageurs & les enfans trouvés ; ils sont habillés de noir comme les prêtres, & ont une croix blanche sur leur robe & sur leur manteau. Il y a à Paris des religieuses de l’ordre de S. Augustin, que l’on appelle hospitalieres de la charité de Notre-Dame ; elles portent l’habit de S. François, avec le scapulaire blanc à l’honneur de la Vierge, & le voile noir. Ces religieuses font vœu d’hospitalité, outre les trois vœux ordinaires, & ont, lorsqu’elles vont au chœur, un manteau gris-brun, semblable à leur habit. Il y en a d’autres qui sont aussi de l’ordre de S. Augustin, & qui font les mêmes vœux, on les appelle hospitalieres de la misericorde de Jesus. Pendant l’été, elles n’ont qu’une robe blanche, avec une guimpe & un rochet de fine toile de lin : l’hiver, lorsqu’elles sont au chœur, ou qu’on porte l’extrême-onction à quelque pauvre malade de l’hôpital, elles mettent un grand manteau noir par-dessus leur rochet. C’est l’archevêque de Paris qui est leur supérieur. Diction. de Moreri.

Hospitalieres sœurs, s. f. pl. (Hist. de Malthe.) c’est le nom primitif des religieuses de l’ordre de Malthe ; elles furent établies à Jérusalem au milieu de l’onzieme siecle par les mêmes marchands d’Amalphie, qui établirent les freres hospitaliers de S. Jean de Jérusalem, pour avoir soin des chrétiens d’Europe qui alloient visiter les saints lieux. Elles renoncerent au siecle quelque tems après comme les freres hospitaliers, & se consacrerent au service des pauvres & des pélerines. Elles prirent l’habit régulier qui consistoit dans une simple robe noire, sur laquelle étoit attachée du côté du cœur une croix de toile blanche à huit pointes ; elles firent aussi les trois vœux solemnels de religion qu’elles prononcerent au pié du saint sépulchre, & que le patriarche de Jerusalem reçut. Après la prise de cette ville par Saladin, les sœurs hospitalieres se retirerent en Europe, & y formerent depuis des établissemens considérables. Leur naissance devoit être noble, & l’on exigeoit à leur égard les mêmes preuves que pour les chevaliers. Leur habillement consistoit dans une robe de drap rouge, avec un manteau de drap noir, sur lequel on attachoit une croix de toile blanche à huit pointes : usage qui a varié en différentes provinces & en différens siecles. Vertot. (D. J.)

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Étymologie de « hospitalier »

(XIIe siècle) De l’ancien français hospitalier (« religieux en charge d’un hôpital »).
(XVIIe siècle)[1] Apparait avec le sens de « accueillant » et détrône progressivement l’adjectif hospital qui avait ce sens[2].
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Lat. hospitalarius (voy. QUICHERAT, Addenda), dérivé de hospitalis, lequel vient de hospes (voy. HÔTE). Au XVIe siècle on ne connaissait guère hospitalier, au sens de donnant l'hospitalité, propre à l'hospitalité (dans l'exemple de Montaigne le sens n'est pas très précis) ; on disait hospital : Auprès de l'hospitale ombre, Du Bellay, J. II, 57, verso.

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Phonétique du mot « hospitalier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
hospitalier ɔspitalje

Citations contenant le mot « hospitalier »

  • A quelques jours de la clôture du Ségur de la santé, les personnels hospitaliers manifestent dans des dizaines de villes, mardi 30 juin, pour obtenir plus que les 6,3 milliards d’euros déjà mis sur la table par le gouvernement. Après le succès de leur mobilisation du 16 juin (100 000 à 180 000 manifestants, selon les sources), les syndicats et les collectifs hospitaliers espèrent mobiliser à nouveau massivement les soignants et le grand public, un peu partout en France. Le Monde.fr, Nouvelles manifestations des personnels hospitaliers pour « peser » sur les conclusions du Ségur de la santé
  • En milieu hospitalier, on traite beaucoup mieux les moribonds que les nourrissons. En tant que père, ça énerve, mais en tant que futur mort, ça rassure. De Guy Bedos / L'An 2000
  • Les Français peuvent être considérés comme les gens les plus hospitaliers du monde, pourvu que l'on ne veuille pas entrer chez eux. De Pierre Daninos
  • Un accord majoritaire a été obtenu sur la hausse de 450 millions d’euros prévue pour les rémunérations des médecins hospitaliers, après le feu vert donné samedi 11 juillet par un troisième syndicat, qui permet de franchir le seuil des 50 % de représentativité. Le Monde.fr, Ségur de la santé : accord majoritaire des syndicats sur la rémunération des médecins hospitaliers
  • Au centre hospitalier d’Albertville, les hospitalisations liées à des cas de Covid-19 se poursuivent mais au vue de la situation sanitaire actuellement rassurante, l’établissement franchit les étapes de son déconfinement interne tout en maintenant un niveau de sécurité élevé. Le Messager, Centre hospitalier d’Albertville: «On est dans un fort niveau de sécurité par rapport à la prise en charge» - Le Messager
  • L’heure précise n’est pas encore connue mais la Patrouille de France survolera le centre hospitalier de Troyes ce jeudi, dans la matinée. L’annonce a été faite à l’occasion du 14 juillet dédié, en partie, aux soignants. La cité tricasse est une étape d’une tournée que la patrouille acrobatique officielle de l’Armée de l’Air effectue pour "manifester le soutien de la nation au monde de la santé". Les hôpitaux de 4 régions fortement touchées par la pandémie de Covid-19 vont être survolés. Troyes, Chaumont, Mulhouse, Colmar, Verdun, Reims... les structures du Grand Est seront donc remerciées symboliquement par les airs. La Patrouille de France précise que les horaires de passage seront communiqués sur les réseaux sociaux officiels  (Facebook et Twitter). L'horaire du vol n'est pas communiqué officiellement pour éviter tout attroupement de curieux autour de l'hôpital...  , La Patrouille de France va survoler le centre hospitalier de Troyes ce jeudi | Canal32
  • À l’instar des autres hôpitaux, celui de Graulhet n’a pas été en reste dans les marques de soutien reçues lors de la gestion de la pandémie qui a mobilisé tous les accompagnants des aînés au quotidien. "Nous souhaitions témoigner de cette formidable mobilisation aux côtés des professionnels hospitaliers durant cette période particulière", explique Zouhir Hammou-Kaddou, directeur adjoint de site. ladepeche.fr, Graulhet. Les mille "mercis" du personnel du centre hospitalier - ladepeche.fr

Traductions du mot « hospitalier »

Langue Traduction
Anglais hospital
Espagnol hospital
Italien ospedale
Allemand krankenhaus
Chinois 医院
Arabe مستشفى
Portugais hospital
Russe больница
Japonais 病院
Basque hospital
Corse spitali
Source : Google Translate API

Synonymes de « hospitalier »

Source : synonymes de hospitalier sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « hospitalier »

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