Hérétique : définition de hérétique


Hérétique : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

HÉRÉTIQUE, adj. et subst.

A. − [Correspond à hérésie A]
1. Qui constitue une hérésie. Anton. orthodoxe.Doctrine hérétique. L'imminente désorganisation du catholicisme était indiquée (...) par l'intensité croissante des tendances hérétiques (Comte, Philos. posit., t. 5, 1839-42, p. 408).Les cinq propositions, pensait Nicole, sont hérétiques et l'Église les a justement condamnées (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 426).
2. Qui appartient à un hérétique. Et d'abord, quel nom avez-vous? Il me semble que vous avez un nom luthérien ou hérétique (Mérimée, Lettres à une inconnue,1860, t. 2, p. 83).
3. (Ce, celui, celle) qui professe, défend l'hérésie. Secte hérétique. Le secret, souvent nécessaire en pays hérétique, ne s'accordait pas toujours avec ces formalités (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 321).Un moine fanatique (...) monta en chaire et déclara brutalement aux Grecs qu'ils avaient un roi schismatique, une reine hérétique et un gouvernement damné (About, Grèce,1854, p. 262).
P. ext., domaine non catholique.On distingue, en Islam, 2 branches principales de musulmans hérétiques (G.-H. Bousquet, Prat. rit. Islam,1949, p. 6).
P. métaph. :
1. ... je ne voudrais pas blasphémer les Dieux de la Jeunesse, dit-il (...). Je ne voudrais pas être damné comme hérétique et relaps dans la chapelle mallarméenne, où notre nouvel ami, comme tous ceux de son âge, a dû servir la messe ésotérique, au moins comme enfant de chœur... Proust, Sodome,1922, p. 956.
B. − [Correspond à hérésie B]
1. Contraire à ce qui est couramment admis. L'imagination, quoique non servie par la pratique et la connaissance des termes techniques, ne peut pas proférer de sottises hérétiques en une matière qui est (...) de son ressort [la peinture] (Baudel., Salon,1859, p. 228).
2. (Ce, celui, celle) qui soutient une proposition, une doctrine contraire à ce qui est couramment admis. Il [saint Anselme] s'élève contre ces dialecticiens, hérétiques, même en dialectique (Cousin, Fragm. philos.,1840, p. 122) :
2. ... on ne dirige pas la littérature, on la supprime tout au plus. La Russie ne l'a pas supprimée. Elle a cru pouvoir se servir de ses écrivains. Mais ces écrivains, même de bonne volonté, seront toujours des hérétiques par leur fonction même. Camus, Actuelles I,1948, p. 230.
REM. 1.
Héréticité, subst. fém.Qualité, caractère de ce qui est hérétique. Anton. orthodoxie. (Dict. xixeet xxes.).Il faut être théologien pour apercevoir l'héréticité de cette proposition (Ac.).
2.
Hérético-schismatique, adj.Les anathèmes du clergé qui, pour le coup, me déclarerait hérético-schismatique, ne m'arrêteraient peut-être pas (Renan, Lettres,1845, p. 246).
Prononc. et Orth. : [eʀetik]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. xives. subst. hereticque « celui qui professe ou soutient une hérésie » (Récits d'un bourg. de Valenciennes, dans Delb. Rec. d'apr. DG); 2. 1647 « celui qui professe ou soutient une doctrine, une opinion contraire aux idées reçues » (Poussin, Lett. 3 juin ds Littré). Empr. au lat. eccl.haereticus de même sens, gr. α ι ̔ ρ ε τ ι κ ο ́ ς « apte à choisir, qui choisit », dér. de α ι ̔ ρ ε τ ο ́ ς « qui peut être pris; choisi », dér. de α ι ̔ ρ ε ́ ω « prendre ». Fréq. abs. littér. : 426. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 732, b) 444; xxes. : a) 565, b) 608. Bbg. Richard (W.) 1959, pp. 33-34; p. 36.

Hérétique : définition du Wiktionnaire

Adjectif

hérétique \e.ʁe.tik\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est relatif à l’hérésie.
    • En Angleterre, quel est l’ouvrage le plus remarquable du moyen-âge? C’est le très jovial et passablement hérétique recueil de contes de Cantorbéry. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
  2. Qui soutient quelque hérésie, qui est engagé dans une hérésie.
    • Mais quand il s’aperçut de la vanité de ses efforts et que, d’autre part, il vit l’Église menacée dans son existence par le développement prodigieux pris par les sectes hérétiques, il changea brusquement d’attitude. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)

Nom commun

hérétique \e.ʁe.tik\ masculin et féminin identiques

  1. Celui qui soutient une hérésie.
    • On laisse à ces chiens pourris une vie qu’ils ne méritent pas ; au lieu de bénir leurs juges, ils en profitent pour insulter aussitôt et l’Église et le roi. Les Templiers sont des hérétiques — (Maurice Druon, Les Rois maudits, tome 1, « Le Roi de fer »)
    • […] des hérétiques de la secte de Lao-Tseu ont trouvé leur doctrine écrite dans les phrases où Confucius avait reconnu la sienne. — (Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d'Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)
    • […] car il court le bruit, assez fondé, que le très saint Ordre du Temple de Sion nourrit bon nombre d’hérétiques dans son sein, et que Brian de Bois-Guilbert en fait partie. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Plus la lutte contre les schismatiques s’aggrave, plus l’Église s’acharne contre les juifs, qu’elle soupçonne d’être de connivence avec les hérétiques. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • […] on ne peut pas honnêtement ignorer un conflit […] entre hérétiques alaouites et musulmans strictement orthodoxes ou sunnites, en Syrie, sous le régime du président Hafiz al-Asad. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 128)
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Hérétique : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HÉRÉTIQUE. adj. des deux genres
. Qui a rapport à l'hérésie. Proposition hérétique. Doctrine hérétique. Il se dit aussi de Celui qui soutient quelque hérésie, qui est engagé dans quelque hérésie. Un prince hérétique. Substantivement, Un hérétique. Une hérétique. Convertir les hérétiques.

Hérétique : définition du Littré (1872-1877)

HÉRÉTIQUE (é-ré-ti-k') adj.
  • 1Qui appartient à l'hérésie. Une proposition hérétique.

    Fig. Et, sans distinction, dans tout sein hérétique, Pleins de joie enfoncer un poignard catholique, Boileau, Sat. XI.

  • 2Qui professe, qui soutient quelque hérésie. C'est un grand mal d'être hérétique ; mais est-ce un grand bien de soutenir l'orthodoxie par des soldats et par des bourreaux ? Voltaire, Dict. phil. Hérésie, I.

    Fig. [Le faux honneur] Lui dit [à Claude, ministre protestant de Charenton] : si tu te rends, sais-tu ce qu'on va dire ? Dans son heureux retour lui montre un faux malheur, Lui peint de Charenton l'hérétique douleur, Boileau, Épît. III.

    Substantivement. Un hérétique. Cette jeune hérétique. Tertullien avait dit : Les hérétiques varient dans leurs règles, c'est-à-dire dans leurs confessions de foi ; chacun parmi eux se croit en droit de changer et de modifier par son propre esprit ce qu'il a reçu, comme c'est par son propre esprit que l'auteur de la secte l'a composé, Bossuet, Var. Préface. Théodose, seul empereur, fut la joie et l'admiration de tout l'univers ; il appuya la religion, il fit taire les hérétiques, il abolit les sacrifices impurs des païens, Bossuet, Hist. I, II. Ceux qui vous ont précédés… racontent qu'avant qu'il y eût eu des empereurs dont les lois eussent ôté les assemblées aux hérétiques, les sectes demeuraient unies, et s'entretenaient longtemps ; mais, poursuit Sozomène, depuis que Dieu suscita des princes chrétiens et qu'ils eurent défendu ces conventicules, la loi ne permettait pas aux hérétiques de s'assembler en public, Bossuet, le Tellier. Personne ne doute, dit Pegna, scolie 47, qu'il ne faille faire mourir les hérétiques ; mais on peut demander quel genre de supplice il convient d'employer, le supplice du feu est la peine due à l'hérésie, Voltaire, Dict. phil. Inquisition, I.

  • 3 Par extension et familièrement, il se dit de ceux qui ne sont pas d'accord avec le plus grand nombre sur certaines théories. Voilà [l'arrêt au septième vers dans les stances de dix] la plus grande contestation qu'il [Racan] a eue contre M. de Malherbe et ses écoliers, et pourquoi on a été près de le déclarer hérétique en poésie, Pellisson, Hist. de l'Acad. IV, Maynard. Contre ce docteur authentique, Si du jeûne [Bourdaloue] il prend l'intérêt, Bacchus le déclare hérétique, Et janséniste qui pis est, Boileau, Poés. div. IV.

    Substantivement. Vous verrez bientôt à Paris un de vos affectionnés qui va quitter cette ville ; il est de ces hérétiques qui croient que votre serviteur Poussin a, dans la peinture, quelque talent qui n'est pas commun, Poussin, Lett. 3 juin 1647.

    Il se dit quelquefois, dans le langage familier, pour incrédule, esprit fort.

    Hérétique en amour, se dit de celui qui a des habitudes honteuses, d'un pédéraste.

SYNONYME

1. HÉRÉTIQUE, HÉTÉRODOXE., L'hérétique est celui qui, différent dogmatiquement d'opinion avec une Église, s'en sépare et n'en reconnaît plus l'autorité. L'hétérodoxe est celui qui a, sur un point, une opinion différente de l'opinion de l'Église, sans pour cela vouloir ne plus y appartenir. L'hérétique est nécessairement hétérodoxe ; mais l'hétérodoxe n'est pas nécessairement hérétique.

2. HÉRÉTIQUE, SCHISMATIQUE., L'hérétique est nécessairement schismatique, mais le schismatique n'est pas nécessairement hérétique ; il suffit qu'il se sépare de la communion d'une Église. Ainsi, par rapport à l'Église romaine, les Grecs sont schismatiques, les protestants sont schismatiques et hérétiques.

HISTORIQUE

XIe s. Cel Sarazins me semble mout herite, Ch. de Rol. CXII.

XIIIe s. Il n'a en tout cest mont [ce monde] ne bougre ne herite, Ne fort popelican, vaudois ne sodomite, Se il vestoit l'abit où papelars s'abite, Qu'on ne le tenist jà à saint ou à ermite, Rutebeuf, 178. …Li herite cuident que Diex fist le bien, et li deables le mal, Latini, Trés. p. 16. Et lors fu la crestienne loi confermée, et fu dampnée la creance des hereges, Latini, ib. p. 83. Vous, noble roi [Philippe le Bel] sur tous autres princes, povez et devez et estes tenu requerre et procurer que ledit Boniface soit jugiez pour herege, Requeste, dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 233.

XVe s. Le dit frere Thomas fut mené devers notre saint pere le pape, lequel chargea pour l'examiner les cardinaux de Rouen et de Navarre, lesquels enfin le trouverent herese et coupable, Monstrelet, II, 127.

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Hérétique : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

HÉRÉTIQUE, adj. s. m. (Morale.) Un hérétique, dans le sens propre du mot, est un homme quï fait choix d’une opinion, d’une secte, bonne ou mauvaise. Dans le sens ordinaire, ce terme désigne toute personne qui croit ou soutient opiniâtrement un sentiment erroné sur un ou plusieurs dogmes de la religion chrétienne. Voyez Hérésie.

Nous n’avons pas dessein de démontrer ici combien est détestable le principe qui permet de manquer de foi aux hérétiques ; ceux qui adopteroient cette maxime odieuse, s’il s’en trouve encore dans le monde, seroient incapables de toute lumiere & de toute instruction.

Nous ne nous arrêterons pas non-plus à prouver l’injustice de la haine que certaines gens portent aux hérétiques ; nous aimons mieux tâcher de rectifier leur façon de penser par celle des gens éclairés & respectables dans l’Eglise, & nous ne leur citerons pour directeurs que Salvien & saint Augustin. Voici comme s’exprime sur les sectateurs d’une des premieres hérésies, je veux dire sur les Ariens mêmes, le digne & célebre prêtre de Marseille, qu’on surnomma le maître des évêques, & qui déploroit avec tant de douleur les déréglemens de son tems, qu’on l’appella le Jérémie du v. siecle.

« Les Ariens (dit-il) sont hérétiques, mais ils ne le savent pas ; ils sont hérétiques chez nous, mais ils ne le sont pas chez eux ; car ils se croient si bien catholiques, qu’ils nous traitent nous-mêmes d’hérétiques. Nous sommes persuadés qu’ils ont une pensée injurieuse à la génération divine, en ce qu’ils disent que le fils est moindre que le pere. Ils croient eux, que nous avons une opinion injurieuse pour le pere, parce que nous faisons le pere & le fils égaux : la vérité est de notre côté, mais ils croient l’avoir en leur faveur. Nous rendons à Dieu l’honneur qui lui est dû, mais ils prétendent aussi le lui rendre dans leur maniere de penser. Ils ne s’acquittent pas de leur devoir, mais dans le point même où ils manquent, ils font consister le plus grand devoir de la religion. Ils sont impies, mais dans cela même ils croient suivre la véritable piété. Ils se trompent donc ; mais par un principe d’amour envers Dieu, & quoiqu’ils n’ayent pas la vraie foi, ils regardent celle qu’ils ont embrassée comme le parfait amour de Dieu. Il n’y a que le souverain juge de l’univers qui sache comment ils seront punis de leurs erreurs au jour du jugement. Cependant il les supporte patiemment, parce qu’il voit que s’ils sont dans l’erreur, ils errent par un mouvement de piété ». Salvianus de Gubernat. Dei, lib. V. pag. 150 & 151 de l’édit. de Paris 1645, publiée par M. Baluze.

Ecoutons maintenant saint Augustin sur les hérétiques Manichéens, son discours n’est pas moins beau. « Nous n’avons garde (leur dit-il) de vous traiter avec rigueur ; nous laissons cette conduite à ceux qui ne savent pas quelle peine il faut pour trouver la vérité, & combien il est difficile de se garantir des erreurs. Nous laissons cette conduite à ceux qui ne savent pas combien il est rare & pénible de s’élever au-dessus des fantômes d’une imagination grossiere par le calme d’une pieuse intelligence. Nous laissons cette conduite à ceux qui ne savent pas quelle difficulté il y a à guérir l’œil de l’homme intérieur, pour le mettre en état de voir son soleil…… Nous laissons cette conduite à ceux qui ne savent pas quels soupirs & quels gémissemens il faut pour acquérir quelque petite connoissance de la nature divine… Pour moi, je dois vous supporter comme on m’a supporté autrefois, & user envers vous de la même tolérance dont on usoit envers moi lorsque j’étois dans l’égarement… »

Le latin est d’une grande pureté. Illi in vos soeviant, qui nesciunt, cum quo labore verum inveniatur, & quàm difficile caveantur errores… Illi in vos soeviant, qui nesciunt.... Illi in vos soeviant C’est dans l’épître contra Epist. Manichœi, cap. II. & III, pag. 78 & 79, tom. VI, édit. Basil. 1528. Si saint Augustin s’est quelquefois écarté de sa morale, ce n’est pas ce que j’examine, il suffit que j’expose ses sentimens d’après lui-même.

Enfin, je renvoie tous ceux qui seroient portés à haïr ou à approuver les violences contre les hérétiques, à l’école du philosophe de la Grece, qui remercioit les dieux de ce qu’il étoit né du tems de Socrate. Platon disoit « que la seule peine dûe à un homme qui erre, est d’être instruit ».

En effet, ce qui prouve invinciblement combien l’on doit supporter les errans en matiere de religion, c’est que leur erreur peut avoir pour principe une louable inclination de s’éclairer, qui malheureusement ne se trouve pas soutenue de toute la capacité, de toute l’attention & de toute l’étendue d’esprit nécessaire.

Il est donc honteux de décrier jusqu’au style & aux vertus mêmes des hérétiques. On a employé cette ruse odieuse, de peur que de l’estime de leurs personnes, on ne passât à celle de leurs ouvrages, & du goût de leur maniere d’écrire, à celui de leurs opinions. Mais n’y a-t-il pas de meilleures voies pour apprendre aux hommes à séparer le bon du mauvais ? Arius, a-t-on dit autrefois, avoit un fond d’orgueil incroyable qui le rongeoit, sous l’apparence de la plus grande modestie : eh d’où sçavoit-on qu’il avoit tant d’orgueil, s’il en montroit si peu ?

La défense de la vérité ne tire aucune gloire de tous ces sortes de moyens. Elle n’est pas plus heureuse en mettant en usage les noms injurieux d’hérétiques & d’hétérodoxes, qu’on se rend réciproquement ; outre que souvent l’homme du monde, qui est le plus dans l’erreur, en charge avec zèle celui qui pense le plus juste, & qui a le plus travaillé à s’éclairer.

Je ne déciderai point la question s’il faut permettre la lecture des livres hérétiques : je demanderai seulement, au cas qu’on défende cette lecture, si on renfermera dans la défense les livres des orthodoxes qui les réfutent. Si les orthodoxes, dans leurs réfutations, rapportent, comme ils le doivent, les argumens des hérétiques dans toute leur force, il paroît qu’il vaudroit tout autant laisser lire les ouvrages des hérétiques. Si les orthodoxes manquent à cette justice & à ce devoir en fait de critique, ils se deshonorent par leur peu de sincérité, & ils trahissent la bonne cause par leur défiance. (D. J.)

Hérétiques négatifs, (Théol.) dans le langage de l’inquisition, sont ceux qui étant convaincus d’hérésie par des preuves dont ils ne peuvent nier l’évidence, demeurent sur la négative, font profession ouverte de la religion catholique, & déclarent l’horreur qu’ils ont pour l’hérésie dont on les accuse. Voyez Inquisition. (G)

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Étymologie de « hérétique »

Étymologie de hérétique - Littré

Provenç. heretge ; esp. herege ; ital. eretico ; du lat. hæreticus, de hæresis (voy. HÉRÉSIE). L'ancienne forme est herite, herese ou herege, formé d'après l'accentuation latine hæréticus ; au contraire, hérétique a été calqué sur le latin.

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Étymologie de hérétique - Wiktionnaire

Du latin haereticus, du grec ancien αἱρετικός, hairetikós → voir hérésie.
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Phonétique du mot « hérétique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
hérétique eretik play_arrow

Citations contenant le mot « hérétique »

  • Tout le monde connaît les portraits peints par Holbein d'Henri VIII, colosse à la barbe rousse, richement vêtu de soierie et de bijoux. Sa rupture avec le catholicisme en 1534 a orienté le destin religieux de la Grande-Bretagne. Mais cela suffit-il à faire de lui un "hérétique" ? France Culture, Henri VIII, roi hérétique ? - Ép. 2/4 - Une histoire des hérésies
  • Du coup j’en deviendrais presque hérétique dans le sens axiologique, comme les Albigeois, face au Bien et Mal L’hérétique que je suis devenu soit être combattu par le Dominicain que je suis aussi. Je suis mon plus puissant adversaire. La vérité ontologique contre la gnose axiologique dualiste. Ne pas condamner ce monde en perdition, ravagé par la science, les désirs mimétiques intempestifs, la rage de réussir, la fausse gloire des parvenus, les bureaucrates parasites et j’en passe… Je pense aux dernières heures de Stephan Zweig, lui qui écrivit le monde d’hier. Et mon monde d’hier, c’était celui de 1970, de l’espérance, l’amitié, la confiance, l’audace, la créativité, la musique, la joie de vivre. L’Histoire vient d’être secouée par une pandémie dont les effets sont aussi puissants que la Wehrmacht débarquant en 40, l’attaque de Pearl Harbor, Tchernobyl, le 11 septembre, Fukushima et le Bataclan réunis. AgoraVox, Lettre d'un hérétique au monde du Covid-19 - AgoraVox le média citoyen
  • Il se nommait Domenico Scandella (un nom prédestiné !) mais tout le monde l'appelait Menocchio. Né en 1532 dans le petit village de Montereale, dans le Frioul, il y vivait tranquillement en famille, entre ses vaches et son moulin. Mais ce paysan italien qui, curieusement, savait lire, savait aussi réfléchir par lui-même. Et s'était forgé une philosophie personnelle, ou plutôt une vision du monde qui, très vite, a fait scandale : pour lui, la toute puissante Eglise, qui, à l'époque, représentait le pouvoir, avait dévoyé l'enseignement du Christ. Elle ne pensait qu'à s'enrichir, au lieu d'aider les pauvres. A force d'expliquer tout ça autour de lui, il a attiré l'attention de l'Inquisition, instaurée en 1559 par le pape Paul III. Arrêté, jugé et condamné à la prison à perpétuité, pour avoir osé dire, notamment, qu'il était plus important d'aimer son prochain qu'aimer Dieu, Menocchio a fini par craquer et… abjurer. Libéré, mais assigné à résidence dans son village, il a vite enfreint la consigne, et recommencé à répandre son credo hérétique dans toute la région… pendant douze ans. A nouveau arrêté il fut, cette fois, condamné au bûcher. Où il est mort, brûlé vif, à 67 ans. Les Echos, « Menocchio » : un meunier hérétique | Les Echos
  • Un libanais né en 1959, Ali H., originaire du Hermel et résidant à Beyrouth, s’est suicidé aujourd’hui devant la branche de Hamra du café Dunkin Donuts, vers 9h ce matin. Il s’est tiré une balle dans la tête en criant le Liban est un pays Libre, Souverain et Indépendant. Ce sexagénaire, père de deux jeunes filles, n’arrivait plus à joindre les deux bouts en raison de la crise économique par laquelle passe le pays. A ses côtés, une pancarte avec une copie de sa carte d’identité, son casier judiciaire vierge, ainsi que le début d’une chanson de Ziad Rahbani manuscrite : ” Je ne suis pas un hérétique…” (et la suite sous-entend : “mais la faim est une hérésie”). , Crise économique : Un Libanais se suicide à Hamra
  • Les innovateurs sont presque toujours des persécutés ; en religion, ce sont des hérétiques ; en philosophie, des crânes fêlés ; en science, des gens qui parlent au diable ; en politique, généralement des imbéciles, parfois des idoles. De Ernest Ouellet / Multipliez-vous
  • L'hérésie est la vie de la religion. C'est la foi qui fait les hérétiques. Dans une religion morte, il n'y a plus d'hérésies. De André Suarès / Péguy
  • Dès lors qu'il n'y a pas d'accord unanime quant à la conception que l'on se fait de Dieu, on est toujours l'hérétique de quelqu'un. De Armand Pierhal / Le diable est un imbécile
  • Chacun n'est-il pas l'hérétique de l'autre ? De François Cavanna / La hache et la croix
  • Les intégristes sont toujours des hérétiques ! De Jacques Brillant / Le soleil se cherche tout l'été
  • Tous ceux qui veulent dire une vérité avant son heure risquent de se retrouver hérétiques. De Pierre Teilhard de Chardin
  • Ceux qui mettent au jour quelque proposition nouvelle sont d'abord appelés hérétiques. De Montesquieu / Lettres persanes
  • L'hérétique n'est pas celui que le bûcher brûle, mais celui qui l'allume. De Francis Bacon
  • Le meilleur dans la religion, c'est qu'elle engendre des hérétiques. De Ernst Bloch
  • L'hérétique est celui qui a une opinion. De Ferdinand Brunetière / Discours de combat
  • Le propre de l'hérétique, c'est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de s'attacher à ses propres pensées. Jacques Bénigne Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes

Traductions du mot « hérétique »

Langue Traduction
Corse ereticu
Basque heretic
Japonais 異端者
Russe еретик
Portugais herege
Arabe زنديق
Chinois 异教徒
Allemand ketzer
Italien eretico
Espagnol hereje
Anglais heretic
Source : Google Translate API

Synonymes de « hérétique »

Source : synonymes de hérétique sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « hérétique »



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