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Exister

Définitions de « exister »

Trésor de la Langue Française informatisé

EXISTER, verbe intrans.

A.− Posséder une réalité. Synon. être au sens fort.
1. PHILOS. Surgir du néant ou avoir une cause (par exemple Dieu) :
1. Parfois on fait signifier au mot exister la même chose qu'au mot être, et parfois au mot être la même chose qu'au mot exister. Le mot exister signifie par lui-même qu'une chose a une consistance à partir de, c'est-à-dire à partir d'autre chose. Il s'agira de savoir à partir de quoi ce qui existe a son existence : à partir du néant, comme le pense Heidegger, à partir de causes, comme le pensaient les scolastiques. J. Wahl, Traité de métaphysique,Paris, Payot, 1968, pp. 547-548.
En partic., PHÉNOMÉNOLOGIE et EXISTENTIALISME. Être, sur le mode de la conscience individuelle et particulière, libre et situé dans le monde :
2. ... l'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie. Sartre, Existent.,1946, p. 55.
Rare, constr. trans. Exister qqc.Faire, être quelque chose en en prenant conscience. J'existe mon corps : telle est sa première dimension d'être (Sartre, Être et Néant,1943, p. 418).
2. Cour. [Assorti de coordonnées (espace, temps) et de modalités précises] Être dans la réalité, au monde. L'absolu, le bonheur existent-ils ici-bas? Exister en imagination. L'intolérance des tolérants existe, de même que la rage des modérés (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 118).Ils [les positivistes] décrètent que le satanisme n'existe point (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 234):
3. L'amour absolu n'existe pas plus que le parfait gouvernement, et l'opportunisme du cœur est la seule sagesse sentimentale. Maurois, Climats,1928, p. 268.
Expr. fam. Cela, ça ne devrait pas exister :
4. − « Ces choses-là, Monsieur Antoine, ça ne devrait pas exister. » − « Quoi? » fit Antoine, qui décachetait une autre enveloppe. − « Quoi? » répéta l'autre, en écho. − « Qu'est-ce qui ne devrait pas exister? » fit Antoine, qui s'énervait. − « La mort. » Martin du G., Thib.,Mort père, 1929, p. 1311.
[L'accent est mis sur la composante « temps, présence, actualité »] Commencer à/d'exister. Apparaître. Continuer à/d'exister. Durer. Qqc. existe encore, toujours, n'existe plus. Persister, durer, être en vigueur, avoir cours. Cesser d'exister. Disparaître. Telle chose, telle qu'elle existe aujourd'hui, actuellement; exister depuis telle année :
5. ... la théorie de la cristallisation laisse peu à peu le premier rang à la cristallographie géométrique; sous l'Empire elle cessa d'exister, et fut considérée comme un pur bavardage philosophique à négliger. Metzger, Genèse sc. cristaux,1918, p. 184.
Spéc., DR. COMM. Avoir une réalité dûment constatée en un lieu et à une époque donnés. Marchandises existant en magasin (cf. existant II A 2 a). Il s'empara de tous les effets de la succession qui existaient à cette époque (Ac.):
6. Si le mobilier existant lors du mariage, ou échu depuis, n'a pas été constaté par inventaire ou état en bonne forme, il est réputé acquêt. Code civil,1804, art. 1499, p. 276.
[L'accent est mis sur la composante « lieu, espace »] Se trouver, se rencontrer. Au cas où telle chose n'existerait pas à tel endroit. La vessie natatoire n'existe pas dans tous les poissons (Cuvier, Anat. comp.,t. 5, 1805, p. 271).La liberté est égalité, parce que la liberté n'existe que dans l'état social, et que hors de l'égalité il n'y a pas de société (Proudhon, Propriété,1840, p. 343):
7. Sur le limon roux qui les [les plates-formes du Valois et du Soissonnais] recouvre, le blé et aujourd'hui la betterave trouvent un sol à souhait. Mais l'eau n'existe qu'à une grande profondeur; et les villages, dont les noms s'accompagnent parfois d'épithètes significatives, ont-ils dû presque exclusivement choisir leur site au bord des vallées, sur les corniches entaillées dans l'épaisseur des plateaux. Vidal de La Bl., Tabl. géogr.Fr., 1908, p. 102.
[L'accent est mis sur la composante « manière »] Sons, couleurs, parfums, n'existent que dans leur relation avec l'homme (Gide, Nouv. Nourr.,1935, p. 274).Le progrès économique n'existe donc que par rapport à des consommations de type secondaire ou primaire (Fourastié, Gd espoir du XXes.,1969, p. 23).
P. ext. (sens atténué). Être, se trouver; en partic. tournure impers. il existe « il y a ». Avoir un aperçu de ce qui existe; aucun espoir n'existe de voir telle ou telle chose changer, évoluer; la différence qui existe entre telle et telle chose. Il n'existe aucune méthode pour connaître l'amour que nous inspirons (Mauriac, Journal 2,1937, p. 121):
8. En Europe, la proportion des hommes restant célibataires est moins élevée que celle des femmes, à l'inverse de ce qui a lieu hors d'Europe; cette différence n'est pas sans rapport avec celle existant dans la proportion des veuves non remariées. Tiers monde,1956, p. 162.
B.− P. ext. Vivre (avec tous les éléments nécessaires à la vie).
1. [Envisagé du point de vue de la durée de l'existence] Commencer à/d'exister. Naître. Cesser d'exister. Mourir. Elle n'existait plus. Elle était morte. Tant que j'existerai; depuis que j'existe; exister de toute éternité. Un enfant d'abord existe longtemps dans un état de faiblesse (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 291):
9. ... tant que sa mère existera, toutes les familles trembleront de confier à ce petit Restaud l'avenir et la fortune d'une jeune fille. Balzac, Gobseck,1830, p. 380.
2. [Envisagé du point de vue du contenu qualitatif de la vie, de la manière de vivre, de la qualité de l'existence] Avoir une raison d'exister; la joie, le plaisir d'exister; la lassitude d'exister; le besoin d'exister; se sentir exister; exister paisiblement. Je n'existe qu'en état d'émotion; sec, je n'existe plus du tout (Du Bos, Journal,1927, p. 266):
10. Nous occupions avec nos parents, nos frères et sœurs, la demi-douzaine, petite tribu turbulente, criarde et avide d'exister... Arnoux, Roy. ombres,1954, p. 91.
Emploi abs. Existe!
11. ... « Existe!... Sois enfin toi-même! dit l'Aurore Ô grande âme, il est temps que tu formes un corps! Hâte-toi de choisir un jour digne d'éclore, Parmi tant d'autres feux, tes immortels trésors! Valéry, Charmes,1922, p. 91. »
Péj. Avoir une vie végétative, durer :
12. ... le plus lourd fardeau c'est d'exister sans vivre. Tout ce qui doit être voulu, seulement pour moi-même, m'assomme. Amiel, Journal,1866, p. 332.
Exister par qqn ou qqc. :
13. Il [le bourreau] n'a de place que dans les malédictions des hommes, il ne sert qu'à leurs vengeances, il n'existe que par leurs crimes. Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 141.
P. anal. C'est le propre de la musique de ne pouvoir exister que par des admirateurs exercés (Alain, Beaux-arts,1920, p. 112).
Exister pour qqn ou qqc. :
14. Je n'ai existé pleinement que pour le public. Il a eu tout de moi; il n'aura après ma mort aucune surprise : je n'ai rien réservé pour personne. Renan, Souv. enf.,1883, p. 365.
Expr. Qui (n') a jamais existé. Il [Laurent Franconi] fut, dit-on, le plus extraordinaire écuyer de cirque qui ait jamais existé (Hist. spect.,1965, p. 1524).
3. Vivre, au sens matériel du terme. Moyens d'exister. Synon. subsister :
15. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler. Recueils textes hist.,1793, p. 68.
Vieilli. Avec cette fortune on peut exister honorablement (Ac.1835, 1878) :
16. Je ne vis que du produit de mes ouvrages, à la vérité assez considérable pour me faire exister honnêtement, mais non pas pour me donner rien qui ressemble à une fortune. Chateaubr., Corresp.,t. 1, 1789-1824, p. 71.
P. anal. [Le suj. désigne une chose] Remarquons (...) qu'il y a une industrie qui ne peut exister qu'aux environs immédiats d'un port (M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p. 214).
C.− [Avec valeur intensive; le suj. désigne une pers. ou une chose] Se manifester dans la vie de manière éminente; avoir de l'importance, compter pour quelqu'un. Cesser d'exister pour qqn. La sécheresse de ceux pour qui rien n'a jamais existé que leur ambition de parvenir (Martin du G., Vieille Fr.,1933, p. 1064):
17. Je me sentais capable d'un dévouement total et même d'un esclavage. Rien au monde n'existait pour moi que toi. Une catastrophe aurait pu anéantir autour de nous tous les hommes que nous connaissions, si tu étais resté, elle ne m'aurait pas semblé grave. Tu étais mon univers. Maurois, Climats,1928, p. 247.
C'est comme s'il (qqc. ou qqn) n'existait pas :
18. octave. − Je te dis que tu l'aimes encore. edgard. − Ça n'est pas vrai! Je ne m'en souviens plus du tout... C'est absolument comme si elle n'avait jamais existé... Barrière, Capendu, Faux bonsh.,1856, IV, 1, p. 141.
19. ... il [Christophe] ne parlait plus qu'à Judith, et pour Judith; des deux autres, il ne s'occupait pas plus que s'ils n'avaient pas existé. Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 424.
Fam. (Telle chose) ça existe! Cela a de l'importance. Bon ou médiocre, ça existe tout de même l'esprit français (Renard, Journal,1896, p. 353).« On a beau dire, la famille ça existe! » Et il pensa avec orgueil à la santé morale des Fleurier (Sartre, Mur,1939, p. 187).
Emploi négatif. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Comme homme d'affaires, il n'existe pas. Il nous a soumis son travail, cela n'existe pas (Ac.1932).Ah! tu es bien le premier. Je ne te mens pas : les autres, ça n'existe pas (...) mon professeur, et, naturellement, celui-là ne compte pas (France, Hist. comique,1903, p. 105).
Prononc. et Orth. : [εgziste], (j')existe [εgzist]. Cf. é-1. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. xves. « être actuellement » (P. Cochon, Chronique, éd. Vallet de Viriville, p. 345); 2emoitié xvies. (Théologie naturelle de Raym. Sebond, ch. CCXCIII, fo419 vods Gdf. Compl. : le corps de Jésus Christ, existant la meme au lieu de la substance du pain); 1760 « vivre » (Voltaire, Lettre Tressan, 12 nov. ds Littré). Empr. au lat. class. ex(s)istere « sortir de, se manifester, se montrer ». Fréq. abs. littér. Exister : 12 755. Existé : 699. Fréq. rel. littér. Exister : xixes. : a) 21 443, b) 12 884; xxes. : a) 14 390, b) 20 931. Existé : xixes. : a) 1 430, b) 785 : xxes. : a) 812, b) 842. Bbg. Wagner (R. L.). Il y a. Fr. Monde. 1964, no29, pp. 9-15.

Wiktionnaire

Verbe - français

exister \ɛɡ.zis.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Être actuellement, ne pas être imaginé mais avoir une réalité.
    • Il y a donc eu certainement une époque où ce que nous voyons maintenant autour de nous n’existait pas. Qui l'a donc fait ? Qui ? si ce n'est l’Être Suprême. — (Chanoine Kir, Le problème religieux à la portée de tout le monde, Paris : imp. des Orphelins d'Auteuil, 1923, réédition 1950, page 47)
    • Tous les objets avaient la force et la volonté de s’affirmer qu’on remarque dans le trompe-l’œil de certaines chromos. Ils disaient à la mer : Nous existons. Je ne suis qu’une carafe de série, semblable à tant d’autres, mais, même au milieu de la mer, au-dessus du gouffre de Romanche, j’existe, j’existe, j’existe. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, réédition Folio, page 149)
    • […] : l’Atlantide. Que cette contrée ait existé, cela est hors de doute. Mais il paraît certain qu'elle avait déjà disparu, bien avant l'apparition de l’homme sur la terre, […]. — (René Thévenin & Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., page 15)
    • Sartre a raison : exister, c’est d’abord être de trop, absolument pas nécessaire, gratuit et absurde… — (Antoine Blondin, Monsieur Jadis ou l'École du soir, 1970, réédition Folio, 1972, page 98)
  2. Être, se trouver ou avoir lieu actuellement.
    • Des communications fréquentes, sinon continues, existaient à l’Éocène entre les contrées du Sud de l’Europe et le continent africain. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 55)
    • Pour accuser avec une telle assurance, il fallait qu’existât la preuve indéniable de la félonie de François. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
    • Dans les vallées de la Meuse et de la Chiers, il existe également de belles prairies qui sont souvent d'une étendue immense. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 100)
    • Il existe en France huit stations de radiosondage, dont la plus importante est celle de l'Observatoire Teisserenc de Bort, à Trappes, à 30 kilomètres de Paris. — (Pierre Rousseau, La Terre, ma Patrie, collection "Savoir', librairie Arthème Fayard, 1947, page 341)
  3. Vivre.
    • Vous n’existiez pas encore à cette époque.
    • Quand j’aurai cessé d’exister.
  4. (Figuré) (Avec la négation : ne pas exister, au sens figuré) Ne pas avoir l’importance qu’on pense.
    • Sans les peaux des agneaux tués chaque été, les ganteries de Millau n’existeraient pas. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  5. (Philosophie) Être au monde sous une forme neutre et matérielle.
    • Exister, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire être dehors, sistere ex. Ce qui est l’extérieur existe. Ce qui est à l’intérieur n’existe pas. […] C’est comme une force centrifuge qui pousserait vers le dehors tout ce qui remue en moi, images, rêveries, projets, fantasmes, désirs, obsessions. Ce qui n’ex-siste pas in-siste. Insiste pour exister. — (Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, 1967)
    • Elle [la douleur] n'existe pas, puisqu'elle n'a rien de trop : c'est tout le reste qui est de trop par rapport à elle. Elle est. — (Jean-Paul Sartre, La Nausée, 1938)
    • Exister, c'est devenir dans l'espace et dans le temps. — (Etienne Klein, D'où vient l'efficacité des mathématiques en physique?, 2016 → lire en ligne)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EXISTER. v. intr.
Être actuellement, avoir l'être. Toutes les créatures qui existent. Il signifie encore simplement Être, se trouver ou avoir lieu actuellement. Ce monument n'existe plus depuis longtemps. Il en existe encore des traces, des vestiges. Il s'empara de tous les effets de la succession qui existaient à cette époque. Cette dette n'existe plus. Il existait un complot. Tant que cette loi existera. Il signifie particulièrement Vivre. Vous n'existiez pas encore à cette époque. Quand j'aurai cessé d'exister. Avec la négation, il se dit figurément de Quelqu'un ou de quelque chose dont on prétend réduire ou nier l'importance. Comme homme d'affaires, il n'existe pas. Il nous a soumis son travail, cela n'existe pas.

Littré (1872-1877)

EXISTER (è-gzi-sté) v. n.
  • 1Avoir l'être. Le plus simple raisonnement prouve qu'il y a un être éternel, quoique nous ne puissions concevoir ni un être qui a toujours été ni un être qui commence à exister, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770. Pour eux, cesser de vivre, c'était cesser d'exister ; et la mort n'était pas plus une peine qu'une récompense, Condillac, Hist. anc. XI, 5. Rien n'existe que par celui qui est ; c'est lui qui donne un but à la justice, une base à la vertu, Rousseau, Hél. III, 18.
  • 2Simplement, être, se trouver, avoir lieu actuellement. Tant que cette loi existera. Ce monument n'existe plus depuis longtemps. S'il n'y avait pas quelque point dans lequel tous les intérêts s'accordent, nulle société ne saurait exister, Rousseau, Contrat, II, 1. Se tenir constamment recluse comme vous, C'est exister sans vivre et n'être point pour nous, Boissy, Dehors trompeurs, I, 3.

    Impersonnellement. Il existe une loi qui défend cela. Il a existé autrefois un usage… Il existe des arrêtés qui…

  • 3Vivre. Quand j'aurai cessé d'exister. Figurez-vous que je n'ai pas un moment à moi, et je ne croirais pas vivre si je vivais autrement ; ce n'est qu'en s'occupant qu'on existe, Voltaire, Lett. Tressan, 12 nov. 1760.

    Il se dit quelquefois pour : suffire aux besoins de la vie. …Me laissant tout son bien, Neuf cents livres de rente à peu près, dont j'existe, Hugo, Marion de Lorme, I, 3.

HISTORIQUE

XVe s. Par ceste faulse information, le lundi ensuivant, moy existent en l'ostel de la Pierre, près la court, le dit sergeant me dit que je rendisse mon corps prisonnier, Viriville, Chron. de la pucelle, p. 345.

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Étymologie de « exister »

Du latin existere ou exsistere, « sortir de », « se manifester, se montrer », composé de ex et de sistere, forme dérivée de stare (« être debout », « être stable »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. existere ou exsistere, de ex, etsistere, forme dérivée de stare, être debout, être stable (voy. ESTER).

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Phonétique du mot « exister »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
exister ɛgziste

Fréquence d'apparition du mot « exister » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « exister »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « exister »

  • Comprendre, c’est presque l’inverse d’exister.
    Georges Poulet
  • Ce qui n'est pas, c'est ce qui ne pouvait pas être.
    André Gide — Journal, Gallimard
  • Exister s'exténue comme un hymne.
    Jean Grosjean — Apocalypse, Gallimard
  • Qui sait si la raison de l'existence de l'homme ne serait pas dans son existence même ?
    Julien Offray de La Mettrie — L'Homme machine
  • Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… Et, depuis que ce rideau s’est levé, elle sent qu’elle s’éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n’avons pas à mourir ce soir.Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l’heureuse Ismène, c’est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d’Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu’Antigone ; et puis un soir, un soir de bal où il n’avait dansé qu’avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d’être sa femme. Personne n’a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit « oui » avec un petit sourire triste… L’orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d’Antigone. Il ne savait pas qu’il ne devait jamais exister de mari d’Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches, et il a pris leur place.Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s’il n’est pas vain de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide qu’on doit laisser à d’autres, plus frustes… Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.La vieille dame qui tricote, à côté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c’est Eurydice, la femme de Créon. Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est d’aucun secours. Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve adossé au mur, solitaire, c’est le Messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. C’est pour cela qu’il n’a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà…Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leurs chapeaux sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l’heure. Ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d’eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu’à ce qu’un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l’arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon.Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment où les deux fils d’Œdipe, Étéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville, Étéocle l’aîné, au terme de la première année de pouvoir, ayant refusé de céder la place à son frère. Sept grands princes étrangers que Polynice avait gagnés à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Maintenant la ville est sauvée, les deux frères ennemis sont morts et Créon, le roi, a ordonné qu’à Étéocle, le bon frère, il serait fait d’imposantes funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et des chacals… Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort.Pendant que le Prologue parlait, les personnages sont sortis un à un. Le Prologue disparaît aussi. L’éclairage s’est modifié sur la scène. C’est maintenant une aube grise et livide dans une maison qui dort. Antigone entr’ouvre la porte et rentre de l’extérieur sur la pointe de ses pieds nus, ses souliers à la main. Elle reste un instant immobile à écouter. La nourrice surgit.
    Jean Anouilh —  Antigone
  • Pour se faire respecter, il faut exister, donc déranger.
    Anonyme
  • Ma devise est : exister, c'est insister !
    Johnny Hallyday
  • Dieu est ce vide dans lequel tout peut exister.
    Stéphane Jean
  • Celui qui se tue court après une image qu'il s'est formée de lui-même : on ne se tue jamais que pour exister.
    André Malraux — La Voie royale, Grasset
  • Ne pas croire qu'une chose existe parce qu'il serait trop horrible qu'elle n'existât pas. Il n'y a pas de preuve par l'horrible.
    Jean Rostand — Pensées d'un biologiste, Stock
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Traductions du mot « exister »

Langue Traduction
Anglais to exist
Espagnol existir
Italien esistere
Allemand existieren
Chinois 存在
Arabe أن تكون موجود
Portugais existir
Russe существовать
Japonais 存在する
Basque existitzeko
Corse esistiri
Source : Google Translate API

Synonymes de « exister »

Source : synonymes de exister sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « exister »

Combien de points fait le mot exister au Scrabble ?

Nombre de points du mot exister au scrabble : 14 points

Exister

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