La langue française

Étonnement

Sommaire

  • Définitions du mot étonnement
  • Étymologie de « étonnement »
  • Phonétique de « étonnement »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étonnement »
  • Citations contenant le mot « étonnement »
  • Traductions du mot « étonnement »
  • Synonymes de « étonnement »
  • Antonymes de « étonnement »

Définitions du mot étonnement

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTONNEMENT, subst. masc.

A.− Forte surprise provoquée par quelque chose d'inattendu ou d'extraordinaire. L'inconstance des Parisiens, leurs bizarreries, leur goût exclusif, sont toujours pour moi un objet d'étonnement (Jouy, Hermite,t. 1, 1811, p. 42).À propos de dame, finit par lui dire Madame Hugon, j'ai une nouvelle voisine que vous devez connaître. Et elle nomma Nana. Vandeuvres affecta le plus vif étonnement (Zola, Nana,1880, p. 1240):
1. Simone Weil. Je la connaissais mal et la lis aujourd'hui avec étonnement. Elle touche à tous les sujets qui m'émeuvent le plus, qui cherchent en nous ce qu'il y a de plus profond. Green, Journal,1949, p. 325.
Rem. Comme le prouvent les connotations de étonnement, cette surprise peut être faite aussi soit a) de frayeur. Fernand demeura stupide d'étonnement et d'épouvante (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 227). J'étais pétrifié d'étonnement, de peur aussi sans doute (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 156). Soit b) d'admiration. Dans l'immobilité de l'étonnement et de l'admiration (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 180). Ce pouvoir d'étonnement et d'émerveillement (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 404). Il s'agit d'une survivance de 2 accept. de la lang. class. où étonnement signifiait α) Frayeur semblable à celle que provoque un coup de tonnerre. β) Stupéfaction mêlée d'admiration.
B.− Emplois techn.
1. ARCHIT. Ébranlement ou lézarde dans une maçonnerie provoquée par un choc (cf. Vogüé-Neufville 1971). L'explosion n'a heureusement pas produit l'étonnement des voûtes (Lar. 19e).
2. ART VÉTÉR. ,,Contusion du sabot par un choc violent avec hémorragie sous-ongulée`` (Villemin 1975). Étonnement du sabot (Besch.1845).
3. JOAILL. ,,Félure d'un diamant occasionnée par un choc`` (Plais.-Caill. 1958).
4. MINÉR. Technique d'éclatement de certaines pierres par le feu :
2. En expérimentant l'action du feu sur le silex, on reconnaît qu'il le fait habituellement fendre et éclater (...). C'est ce qu'on appelle l'étonnement par le feu. Mortillet, Préhist.,1882, p. 79.
Rem. Comme pour la rem. précédente, il s'agit encore ici d'une survivance de la lang. class. où étonnement signifiait « commotion, violente secousse physique ». Cf. l'expr. actuelle « être frappé d'étonnement ». La fille de Démodocus demeure frappée d'étonnement et de crainte (Chateaubr., Martyrs, t. 3, 1810, p. 208).
Prononc. et Orth. : [etɔnmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1220 faire estonement « provoquer un choc, une secousse » (Gui de Cambrai, Barlaam et Josaphat, éd. C. Appel, Halle, 1907, 10521); 2. 1478-80 estournement « épouvante, effroi » (G. Coquillart, Droits Nouveaux, 1226 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 192 [var. estonement]); 3. 1676 « stupéfaction, état de l'homme abasourdi en présence d'un spectacle extraordinaire, merveilleux » (Mmede Sévigné ds Cayrou). Dér. du rad. de étonner*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 3 198. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 063, b) 4 866; xxes. : a) 4 615, b) 3 896.

Wiktionnaire

Nom commun

étonnement \e.tɔn.mɑ̃\ masculin

  1. Vive surprise.
    • Il remarqua l'étonnement ironique du caporal... Le tirailleur était impassible. — (Isabelle Eberhardt, Le Major,1903)
    • Sylvia le regarda un peu surprise, un rien fâchée. L’étonnement était, des deux émotions, la plus forte. C'est pourquoi elle laissa Bertrand poursuivre. — (Thierry Guimonneau, Six voyageurs chez les Petits Peuples, Éditions Cathier/Lulu.com, 2018, page 10)
  2. Surprise mêlée d’admiration.
    • En longeant l'atoll, j'étais rempli d'admiration et d’étonnement pour l'extraordinaire travail des madrépores. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Invariablement les fonctionnaires, arrivés récemment ici des autres parties de la France, éprouvent de l'étonnement en voyant ces classes drues, ces hordes de galopins qui déambulent par les routes. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Quand le monde apprend que les Soviétiques ont lancé, le 4 octobre 1957, un satellite artificiel de la Terre, c'est l’étonnement et l’admiration chez beaucoup, qui prennent conscience que l’ère spatiale commence vraiment, et c’est la panique chez les Américains. — (Jean C. Baudet, Les plus grandes inventions: Essai historique, Paris : La boîte à Pandore, 2015)
    • Pour mon regard neuf, chaque détail de mon univers était source d’étonnements, de l'intensité du bleu du ciel aux herbes de notre courette deux fois plus hautes que moi. — (Monique Cluzeau, Paysanne dans une autre vie, Editions des Souvenirs d'antan, 2011, p. 51)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTONNEMENT. n. m.
Vive surprise. Causer, donner de l'étonnement. Jeter dans l'étonnement. Remplir d'étonnement. Donner des marques d'étonnement. Cela m'a frappé d'étonnement. J'ai été saisi d'étonnement. Je ne reviens pas de mon étonnement. L'étonnement était peint sur tous les visages. Il nous a fait passer d'étonnement en étonnement. C'est un de mes étonnements, qu'il ait pu réussir par ce moyen-là. Au grand étonnement de tout le monde. Il signifie aussi Surprise mêlée d'admiration. Cette action fera l'étonnement des siècles futurs. La grandeur et la magnificence de ce palais me frappèrent d'étonnement. Quel fut notre étonnement devant ce spectacle grandiose!

Littré (1872-1877)

ÉTONNEMENT (é-to-ne-man) s. m.
  • 1Ébranlement, commotion. Depuis sa chute, il lui est resté un étonnement du cerveau.

    Terme de vétérinaire. Étonnement du sabot, ébranlement occasionné, dans le pied du cheval, par un choc violent contre un corps dur.

    Terme de joaillier. Fêlure d'un diamant occasionnée par un contre-coup.

  • 2 Fig. Ébranlement moral. Aucun étonnement n'a leur gloire flétrie, Corneille, Hor. III, 5. Sans regret, sans murmure et sans étonnement, Corneille, Poly. III, 1. Ces promesses [de la reine et du cardinal] rassuraient M. le prince et ses amis ; elles confirmaient le monde dans l'opinion qu'on avait conçue de l'étonnement du cardinal, La Rochefoucauld, Mém. 92. L'effroi de nos aïeux et leurs étonnements De leur postérité se font les châtiments, Brébeuf, Pharsale, VII. La colère de Dieu le tenait dans un profond étonnement, Bossuet, Hist. II, 8. D'aucun étonnement il ne paraît touché, Racine, Brit. v, 5.
  • 3Sensation morale causée par quelque chose d'extraordinaire, de singulier, d'inattendu. Je comprends l'étonnement où vous avez été, Sévigné, 12. De voir cela… me donna un extrême étonnement, Sévigné, 437. Je sens croître ma joie et mon étonnement, Racine, Iphig. II, 2. De quel étonnement, ô ciel ! suis-je frappée ! Racine, Bajaz. III, 6. Je ne sors pas d'admiration et d'étonnement à la vue de certains personnages que je ne nomme point, La Bruyère, III. Enfin nous aimions à voir en lui [Napoléon] le compagnon de nos travaux, le chef qui nous avait conduits à la renommée ; l'étonnement, l'admiration qu'il inspirait, flattaient notre amour-propre ; car tout nous était commun avec lui, Ségur, Hist. de Napol. III, 3.

    Au plur. Dans ces étonnements dont mon âme est frappée De rencontrer en vous le vengeur de Pompée, Corneille, Pomp. III, 2. Je m'étonnerais qu'il y eût un seul homme dans Gênes capable des sentiments que vous venez d'entendre, si mes étonnements n'étaient épuisés par la considération de ce que souffre la république, Retz, Conjur. de Fiesque. Vous avez tous les étonnements que doit donner un malheur comme celui de M. de Lauzun, Sévigné, 106. Un de mes étonnements est qu'elle s'y connaisse si peu, Dancourt, Folle enchère, sc. 3.

    Au grand étonnement de tout le monde, tout le monde étant étonné.

    On dit aussi quelquefois, simplement, à l'étonnement. Le païen, à l'étonnement de l'univers, L'Abbé Houteville, dans DESFONTAINES.

  • 4Admiration. Être ravi d'étonnement. Cette action fera l'étonnement des siècles futurs.

SYNONYME

ÉTONNEMENT, SURPRISE. La surprise est ce qui saisit à l'improviste ; l'étonnement est ce qui étourdit, cause un ébranlement moral. Par conséquent, la surprise est plus faible que l'étonnement ; on peut être surpris sans être étonné. La surprise est aussi autre chose que l'étonnement ; être surpris, c'est voir ce à quoi on ne s'attendait pas ; être étonné, c'est en recevoir un certain coup qui arrête et ébranle.

HISTORIQUE

XVIe s. Strepitus ou estonnement [genre de bruit d'oreilles], fait d'une grande commotion, esbranlement, ou escousse du cerveau, Paré, XVI, 40. À l'instant sont arrivez quatre cens chevaulx armez de toutes pieces qui ont donné jusqu'à la grande place de la dicte ville, dont les dicts habitans ont prins un tel estonnement qu'ils ne se sont jamais mis en aucune deffense, Henri IV, Lettres, t. IV, p. 696.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉTONNEMENT. Ajoutez : - REM. L'étonnement d'une chose, l'étonnement que cause une chose. Dans le pays, tout le monde est d'un étonnement sans égal de cette belle expédition, Rousseau, Lettre à Moultou, 7 fév. 1765.

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Étymologie de « étonnement »

 Dérivé de étonner avec le suffixe -ment.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étonner.

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Phonétique du mot « étonnement »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étonnement etɔnœmɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « étonnement »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étonnement »

  • Tout est sauvé si l'on demeure capable d'étonnement. Marcel, dit Jean Guéhenno, La Foi difficile, Grasset
  • Le commencement de toutes les sciences, c'est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont. Aristote, Métaphysique, I, 2 (traduction J. Tricot)
  • La poésie n'est qu'un certain étonnement, Et les moyens de cet étonnement. De André du Bouchet
  • Etre amoureux, c’est être étonné. Quand l’étonnement disparaît, c’est la fin. De Frédéric Beigbeder / L’égoïste romantique
  • L'étonnement, voilà le secret. De l'étonnement naît la volonté de comprendre qui ouvre la voie au progrès de l'humanité. De Emmanuel Moses / Les Tabor
  • La vie est le meilleur remède contre l'étonnement. De Jules Petit-Senn
  • David Garcia, le fondateur du festival qui aurait dû ouvrir ses portes aujourd'hui, se rappelle encore avec étonnement la venue du groupe : "À cette époque c'était les petits protégés de David Bowie. Ils sont mondialement connus et tout le monde les veut. Se dire qu'ils veulent faire notre festival, c'est assez dingue, surtout que c'est une demande de leur part !" Franceinfo, Le jour où Arcade Fire a bravé le déluge
  • Dans la métropole toulonnaise, sur les territoires de La Valette, La Crau ou encore du Revest, mais aussi sur la Côte d'Azur ce redoutable chasseur d’insectes en vol a suscité l'étonnement de dizaines de riverains sur les réseaux sociaux. Nice-Matin, Mais quel est ce mystérieux insecte aperçu sur la Côte d'Azur depuis le début de l'été? - Nice-Matin

Traductions du mot « étonnement »

Langue Traduction
Anglais astonishment
Espagnol asombro
Italien stupore
Allemand erstaunen
Chinois 吃惊
Arabe دهشة
Portugais espanto
Russe удивление
Japonais 驚き
Basque berako
Corse meraviglia
Source : Google Translate API

Synonymes de « étonnement »

Source : synonymes de étonnement sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « étonnement »

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