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Éteint

Définitions du mot « éteint »

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTEINT, EINTE, part. passé et adj.

I.− Part. passé de éteindre*.
II.− Emploi adj.
A.− Qui n'est plus en combustion, qui n'éclaire plus. Bougie éteinte, astres éteints. Notre globe (...) tombera enseveli dans les langes d'une nuit profonde que le soleil éteint ne réveillera pas (Flammarion, Astron. pop.,1880, p. 205).Son cigare éteint aux lèvres (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 691).
Volcan éteint. Volcan qui n'est plus en activité. Volcan actif ou éteint (T'Serstevens, Itinér. espagnol,1963, p. 62):
1. Le petit prince fit l'ascension d'une haute montagne. Les seules montagnes qu'il eût jamais connues étaient les trois volcans qui lui arrivaient au genou. Et il se servait du volcan éteint comme d'un tabouret. Saint Exup., Pt Prince,1943, p. 465.
B.− Qui a perdu son intensité.
1. [En parlant de qqc.] Qui a perdu son éclat, son intensité; qui est adouci, atténué. Parfois, (...) à l'horizon de mon oreille, l'aboiement éteint d'une meute (Goncourt, Journal,1855, p. 225).Le vert éteint des plantes vieillies (Hamp, Champagne,1909, p. 134):
2. Drapé dans une ancienne perse rose, à bouquets de bruyères, si pâlie qu'elle était devenue d'un rose éteint, (...) l'énorme lit surtout gardait la majesté de son grand âge. Zola, Rêve,1888, p. 55.
2. [En parlant d'un individu] Qui a perdu sa vitalité, son ardeur; qui est (devenu) morne, terne. Les regards éteints du malade (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 289):
3. Mais ferai-je jamais ma tragédie, mon triste cerveau est incapable de toute application, et ressemble aux ruisseaux balayés par les portières. Je suis un lâche, ou peut-être un malheureux abruti et éteint qui retrouve parfois une lueur, mais ne sait resplendir pendant huit cents vers. Mallarmé, Corresp.,1865, p. 154.
C.− Qui n'existe plus; qui est disparu.
1. [En parlant d'un individu, d'une famille, d'un nom, d'une race] Qui est mort (cf. avouable, ex. 1). Des regards aujourd'hui éteints (Mauriac, Journal 2,1937, p. 105).
P. anal. Période éteinte du lias (Loti, Mariage,1882, p. 124).
− Domaine abstr.Passions éteintes. Dans l'espoir d'exciter sa jalousie, elle lui avait parlé de ses amours éteintes (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 263).
2. [En parlant d'animaux, d'espèces] Qui est disparu :
4. ... couche fossilifère, où des restes de marsupiaux éteints ont été trouvés mêlés à ceux d'espèces encore existantes. Haddon, Races hum.,1930, p. 233.
Prononc. et Orth. : [etε ̃], fém. [etε ̃:t]. Fréq. abs. littér. : 3 095. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 028, b) 5 088; xxes. : a) 4 530, b) 3 420.

Wiktionnaire

Adjectif

éteint \e.tɛ̃\

  1. Qui ne se consume plus, en parlant d’un feu.
    • Un feu éteint.
  2. (Par extension) En situation de non-fonctionnement, en parlant d’un appareil mécanique ou électrique (en particulier une lampe).
    • L’ordinateur est éteint, mais il est toujours sous tension.
    • Le bateau ne partira pas tout de suite, son moteur est encore éteint.
  3. (Figuré) Très fatigué.
    • Albert parlait, parlait, mais le regard d’Édouard était si éteint qu’il était impossible de savoir s’il comprenait ce qu’on lui disait. — (Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 86)
  4. (Biologie) Qui est mort, qui a disparu, totalement et irrémédiablement.
    • Hors période de crise bio-géologique, une espèce s’éteint en 5 à 10 millions d'années.
  5. (Géologie) Qui n'a plus d'activité éruptive.

Forme de verbe

éteint \e.tɛ̃\

  1. Participe passé masculin singulier de éteindre.
  2. Troisième personne du singulier du présent de éteindre.
    • Autant avec mes sœurs il bombe le torse, frétille, batifole, flirtaille, autant avec moi il s’éteint. — (Christine de Rivoyre, Racontez-moi les flamboyants, 1995)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTEINDRE. (Il se conjugue comme TEINDRE.) v. tr.
Faire cesser une chose d'être en combustion. Éteignez ce feu. Éteindre un cierge, un flambeau. Éteindre la lumière. Éteindre un incendie. Le feu était à cette maison, mais on l'a éteint. Le feu s'éteint. Ma torche s'éteignit. Des volcans éteints. N'oubliez pas d'éteindre l'électricité quand vous sortirez. Il signifie par extension Amortir, tempérer. Éteindre de la chaux. Éteindre l'ardeur de la fièvre. L'âge éteint le feu des passions. Une ardeur qui s'éteint. Il parvint à éteindre une guerre qui menaçait d'embraser toute l'Europe. Éteindre une rébellion, une sédition. La sédition va s'éteindre d'elle-même. Éteindre le feu de l'ennemi, Faire cesser le tir de l'ennemi par un tir supérieur. Il signifie, figurément, Faire oublier complètement, abolir. Rien ne semblait capable d'éteindre son ressentiment. On veut en éteindre la mémoire. On a dit de même, en termes de Chancellerie, Éteindre et abolir un crime. Éteindre une rente, La faire cesser par le remboursement du principal. On dit de même Éteindre une dette. En termes de Peinture, il signifie Adoucir, affaiblir. Éteindre les lumières trop fortes, les couleurs trop éclatantes dans un tableau. Des couleurs éteintes. On dit dans un sens analogue Éteindre son style. Il prend quelquefois une acception analogue dans le langage ordinaire. La souffrance, la tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux, la vivacité de ses regards. Des regards éteints. Par extension, Un homme éteint. Un génie éteint.

S'ÉTEINDRE se dit, dans un sens particulier, d'une Personne qui s'affaiblit très sensiblement et qui touche à sa fin, ou d'une Personne qui meurt lentement et presque sans s'en apercevoir. Ce vieillard s'éteint. Elle s'éteignit doucement entre les bras de ses enfants. Il se dit encore particulièrement des Maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. Cette maison, cette famille est près de s'éteindre. Cette pairie s'éteignit par la mort du dernier titulaire. Une famille éteinte.

Littré (1872-1877)

ÉTEINT (é-tin, tin-t') part. passé d'éteindre
  • 1Qui a cessé de brûler. Un feu éteint très promptement. La bougie est éteinte.

    À chandelle éteinte, ou, substantivement, à éteinte de chandelle, s'est dit d'une adjudication qui reste ouverte tant qu'une petite chandelle qui brûle n'est pas consumée. On dit aujourd'hui : à l'extinction des bougies ou des feux.

    Fig. Et de David éteint rallumer le flambeau, Racine, Athal. I, 2. Même au sein du sénat traînant Rome à son char, Germanicus éteint triomphe de César, Chénier M. J. Tibère, I, 4.

  • 2Volcans éteints, volcans qui ont cessé de brûler et d'être en activité.
  • 3Qui a perdu son éclat. Il [M. de Monaco] avait deux gros yeux d'aveugle, éteints, et qui en effet ne distinguaient rien à deux pieds d'eux, Saint-Simon, 44, 2. L'air morne, l'œil éteint, pourtant dans leur tristesse Se laissait entrevoir un rayon d'allégresse, Delille, Paradis perdu, I.
  • 4Détruit, qui n'existe plus. La vérité était donc éteinte avant que la réforme parût ? Bossuet, Avert. 3. La tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte, Bossuet, Hist. I, 8. Leur haine pour Hector n'est pas encore éteinte, Racine, Andr. I, 4. L'esprit de pénitence est presque éteint parmi les fidèles, Massillon, Car. Jeûne. Des lois ou négligées par le relâchement, ou éteintes par la coutume, Massillon, Or. fun. Villars. Grand prince [le prince Eugène], qui, dans cette cour [de Louis XIV] Où la justice était éteinte, Sûtes inspirer de l'amour, Même en nous donnant de la crainte, Voltaire, Ép. VIII. N'avoue-t-il pas lui-même qu'il serait ridicule de fonder la constitution de l'État sur des maximes éteintes ? Rousseau, Polysynodie, jugement. L'amitié même éteinte avait encore des droits qu'il aurait dû respecter, Rousseau, Conf. IX. Hélas ! des rois bientôt la mémoire est éteinte, Ducis, Hamlet, II, 5.

    Famille, race éteinte, celle dont il ne reste plus d'héritier. Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour, Voudrait que de David la maison fût éteinte, Racine, Athal. IV, 5.

  • 5Il se dit des facultés qui perdent leur activité. De ses sens presque éteints il a perdu l'usage, Lemercier, Fréd. et Br. v, 4.

    Dans un sens analogue. Et de mes jours éteints [il a] ranimé la chaleur, Chénier M. J. Fén. IV, 4.

    Homme éteint, homme dont les facultés sont amorties soit par les fatigues, soit par l'âge. Elle est d'une extrême délicatesse ; elle ne se promène quasi pas ; elle a toujours froid ; à neuf heures du soir elle est toute éteinte ; les jours sont trop longs pour elle, Sévigné, t. VII, lett. 705, p. 229, dans POUGENS.

  • 6Une voix éteinte, si faible qu'on peut à peine l'entendre. Non, lui dit-elle, d'une voix presque éteinte, je n'accepte point ces présents, je pars, Marmontel, Contes moraux, Soliman II.
  • 7 Terme de chimie. Mercure éteint, mercure tellement trituré avec d'autres substances qu'on n'aperçoit plus, dans le mélange, aucun globule métallique.
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Étymologie de « éteint »

(Date à préciser) Du verbe éteindre.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « éteint »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
éteint etɛ̃

Évolution historique de l’usage du mot « éteint »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « éteint »

  • Le malheur a habituellement deux effets : souvent il éteint toute affection envers les malheureux, et non moins souvent, il éteint chez les malheureux toute affection envers les autres. De Antonio Gramsci / Lettres de prison
  • La télé est toujours éteinte. De Roland Topor
  • Toutes les femmes sont une quand la chandelle est éteinte. De Proverbe français
  • Notre ombre n'éteint pas le feu. De Paul Eluard
  • Longueur de temps n’éteint noblesse ni franchise. De Proverbe français
  • Un peu de passion augmente l’esprit, beaucoup l’éteint. De Stendhal / Vie de Henry Brulard
  • La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le coeur de l'homme. De Nicolas Machiavel
  • Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre. De Pierre Corneille
  • Quand les bougies sont éteintes, toutes les femmes sont jolies. De Plutarque / Préceptes conjugaux
  • La réalité, c’est ce qui fait mal quand on éteint l’ordinateur. De John Warsen
  • Qui trop embrasse, mal éteint. De Jacques Pater / Le Petit Pater illustré
  • Ne demande que faire, que celui dont le désir s'éteint. De Jacques Lacan
  • La vérité est souvent éclipsée, mais jamais éteinte. De Tite-Live / Histoire de Rome
  • Les femmes pardonnent tout... sinon la race humaine serait éteinte depuis longtemps. De Robert Heinlein
  • L'individualisme est comme le vent qui anime un brasier, mais qui éteint une chandelle. De Étienne Parent
  • Six soldats du feu sont intervenus sur place. Le feu ne s’est pas propagé et a été éteint au moyen d’une lance. Journal L'Ardennais, Un feu de poubelle isolé éteint sur l’avenue Kennedy à Sedan
  • Il a soigné plusieurs générations de Dracénois: le Dr Pierre Girard s'est éteint Var-Matin, Il a soigné plusieurs générations de Dracénois: le Dr Pierre Girard s'est éteint - Var-Matin
  • A 19h30, le feu est éteint. lindependant.fr, Incendie aux portes de Perpignan : le feu est désormais éteint - lindependant.fr
  • Ennio Morricone «s'est éteint à l'aube avec le réconfort de la foi», indique un communiqué de l'avocat et ami de la famille Giorgio Assumma. La Croix, Le compositeur italien Ennio Morricone s'éteint à 91 ans

Traductions du mot « éteint »

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Synonymes de « éteint »

Source : synonymes de éteint sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « éteint »

Éteint

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