La langue française

Épouser

Définitions du mot « épouser »

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉPOUSER, verbe trans.

A.−
1. Prendre pour époux, pour épouse (cf. époux I A). Épouser une jeune fille, une veuve. Il vit Mlle Fontanelle et en devint amoureux (...). Il fit sa cour, la demanda en mariage et l'épousa (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, MmeBaptiste, 1882, p. 357).Bientôt vous épouserez l'homme qui vous aime et que vous aimez (Claudel, Violaine,1892, I, p. 573):
1. Fanny, c'est la femme de Marius. Il ne l'a pas épousée devant M. le Maire, mais ça, ce n'est qu'une formalité et nous la ferons quand il reviendra. Pagnol, Fanny,1932, II, 7, p. 144.
SYNT. a) Épouser le fils, la fille de (qqn); épouser une jeunesse; épouser sa maîtresse; épouser un garçon d'avenir, une fille de bonne maison, une fille sans dot, sans fortune; épouser un beau, un gros parti; épouser une héritière. b) Épouser (qqn) bourgeoisement, civilement, légitimement, publiquement, secrètement, solennellement. c) Épouser (qqn) à l'église, à la mairie; épouser (qqn) avec (sans) le consentement de; épouser (qqn) en premières, en secondes noces; épouser (qqn) par amour, par calcul, par devoir, par intérêt, par pitié; épouser (qqn) par procuration; épouser (qqn) pour son argent, pour sa fortune. d) Consentir, s'engager à épouser (qqn); promettre, refuser d'épouser (qqn); être contraint, forcé, obligé d'épouser (qqn); finir par épouser (qqn); faire épouser (qqn) à (qqn), par (qqn); se faire épouser.
Emploi pronom. réciproque. Georges achevait son service militaire à Épinal. Dès qu'il serait démobilisé, il entrerait dans une banque, et les fiancés s'épouseraient (Arland, Ordre,1929, p. 345).
Emploi abs. Contracter mariage. Je lui dis : − Restez, achetez, épousez parmi nous. Nulle part, vous ne serez mieux (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 209):
2. J'épousai (...) un homme fort riche. Je l'épousai par ignorance, par crainte, par obéissance, par nonchalance, comme épousent les jeunes filles. Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Attente, 1883, p. 407.
P. métaph. Le frappement sauvage martèle le chœur virginal. Et le grave épouse l'aigu et ils sont un comme dans une couche (Montherl., Olymp.,1924, p. 334).Loin au-dessus de la foule et des harangues, les branches de chênes échangeaient des signes et leurs murmures épousaient le silence (Mauriac, Journal 3,1940, p. 238).
Emploi pronom. réciproque. Sons, parfums, couleurs, profusément en moi s'épousaient (Gide, Si le grain,1924, p. 570).
P. anal. (cf. époux, épouse I B). Épouser Dieu, l'Église. Se consacrer à Dieu, entrer dans les ordres. Elle, la fille [Marguerite, en religion Sœur Eulalie], toute pénétrée de la vertu qui l'avait baignée en cette famille austère, avait épousé Dieu, par dégoût des hommes (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Veillée, 1882, p. 795).
2. P. méton. de l'obj. Recevoir en partage par le mariage. Elle épousait la fortune, la beauté, la puissance, au delà de tout espoir (Zola, Rêve,1888, p. 203).Pour que le bénéfice du mariage de Charles VIII ne fût pas perdu, Louis XII se hâta d'épouser à son tour la Bretagne avec la veuve de son cousin (Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 139).
B.− Au fig.
1. [Le suj. et l'obj. désignent des choses concr.] S'adapter parfaitement à. Épouser une courbe, un contour, un modelé. Un traversin mou qui épousait sa nuque (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 463).
Emploi pronom. réciproque. Tandis que les tons se juxtaposent, les lignes s'épousent (Claudel, Connaissance Est,1907, p. 87).
2. [Le suj. désigne une pers., l'obj. désigne une chose abstr.] Adopter (cf. ce mot II B 1), faire sien(ne) (cf. embrasser II A 1 a). Épouser une cause; épouser les idées, les intérêts de qqn. Il revêtait ses idées de mille nuances fines et n'épousait jamais une opinion qu'avec toutes sortes de réserves (France, Bonnard,1881, p. 394).Je consens à épouser ton point de vue (Camus, Caligula,1944, I, 8, p. 23).Grandeur et misère de la politique. De Gaulle ne consent à en épouser que la grandeur. C'est ce qui assure le règne des Commis (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 27):
3. Elle était femme. Elle était une onde sans forme. Toutes les âmes qu'elle rencontrait lui étaient comme des vases, dont, par curiosité, par besoin, sur-le-champ, elle épousait les formes. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 733.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Le part. passé adj. épousé, ée. Toute fleur en avril devient une cellule Où la vie épousée et féconde pullule (Hugo, Âne, 1880, p. 324). C'est par toi que je vis Elsa de ma jeunesse Ô saisons de mon cœur ô lueurs épousées Elsa ma soif et ma rosée (Aragon, Rom. inach., 1956, p. 236). b) L'adj. épousable. Susceptible d'être épousé(e) (supra A 1). Une fille qui (...) danserait avec un ou plusieurs garçons traditionnellement non épousables serait perdue de réputation (Menon, Lecotte, Vill. Fr., t. 2, 1954, p. 18). c) Le subst. masc. épousage, rare. Le fait, l'action d'épouser (supra A 1). L'intrigue, admirablement menée, non ébruitée, allait aboutir à l'épousage de la femme par le roi (Goncourt, Journal, 1861, p. 930). d) Le subst. masc. épousement, rare. Le fait de s'identifier avec quelqu'un, de faire sien le comportement de quelqu'un (supra B 2). Cette compassion qui, dans le cœur de tant de nobles femmes, de tant d'éducateurs et de tant de missionnaires, est devenue une passion, ce besoin d'ordre, de sens, de pureté et de réponse autour de nous, cette espèce d'épousement étroit du pécheur pour le transformer, ce désir de connaissance et de lumière (...) tout cela fait partie de cette soif sacrée du Sauveur qu'Il a communiquée à Son église (Claudel, Poète regarde Croix, 1938, p. 126).
Prononc. et Orth. : [epuze], (j')épouse [epu:z]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. 1. Ca 1050 (Alexis, éd. C. Storey, 48); 1266 fig. le ventre ... ki gloutenie a espousee (Vers de la mort, 43, 12 ds T.-L.); 2. 1886 « s'adapter parfaitement à une forme » (Lapparent, Abr. géol., p. 9). II. 1130-40 part. passé fém. subst. espousee « fiancée du Christ » (Wace, Vie de Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 672); ca 1225 « celle qu'un homme va ou vient d'épouser » (Comte Poitiers ds FEW t. 12, p. 210b). Du b. lat. sponsare « promettre en mariage, fiancer », itér. de spondere, formé sur le part. passé sponsus, v. époux. Fréq. abs. littér. Épouser : 4 421. Épousé : 890. Fréq. rel. littér. Épouser : xixes. : a) 6 702, b) 7 000; xxes. : a) 6 042, b) 5 696. Épousé : xixes. : a) 1 046, b) 1 301; xxes. : a) 1 576, b) 1 246.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉPOUSER, verbe trans.

A.−
1. Prendre pour époux, pour épouse (cf. époux I A). Épouser une jeune fille, une veuve. Il vit Mlle Fontanelle et en devint amoureux (...). Il fit sa cour, la demanda en mariage et l'épousa (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, MmeBaptiste, 1882, p. 357).Bientôt vous épouserez l'homme qui vous aime et que vous aimez (Claudel, Violaine,1892, I, p. 573):
1. Fanny, c'est la femme de Marius. Il ne l'a pas épousée devant M. le Maire, mais ça, ce n'est qu'une formalité et nous la ferons quand il reviendra. Pagnol, Fanny,1932, II, 7, p. 144.
SYNT. a) Épouser le fils, la fille de (qqn); épouser une jeunesse; épouser sa maîtresse; épouser un garçon d'avenir, une fille de bonne maison, une fille sans dot, sans fortune; épouser un beau, un gros parti; épouser une héritière. b) Épouser (qqn) bourgeoisement, civilement, légitimement, publiquement, secrètement, solennellement. c) Épouser (qqn) à l'église, à la mairie; épouser (qqn) avec (sans) le consentement de; épouser (qqn) en premières, en secondes noces; épouser (qqn) par amour, par calcul, par devoir, par intérêt, par pitié; épouser (qqn) par procuration; épouser (qqn) pour son argent, pour sa fortune. d) Consentir, s'engager à épouser (qqn); promettre, refuser d'épouser (qqn); être contraint, forcé, obligé d'épouser (qqn); finir par épouser (qqn); faire épouser (qqn) à (qqn), par (qqn); se faire épouser.
Emploi pronom. réciproque. Georges achevait son service militaire à Épinal. Dès qu'il serait démobilisé, il entrerait dans une banque, et les fiancés s'épouseraient (Arland, Ordre,1929, p. 345).
Emploi abs. Contracter mariage. Je lui dis : − Restez, achetez, épousez parmi nous. Nulle part, vous ne serez mieux (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 209):
2. J'épousai (...) un homme fort riche. Je l'épousai par ignorance, par crainte, par obéissance, par nonchalance, comme épousent les jeunes filles. Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Attente, 1883, p. 407.
P. métaph. Le frappement sauvage martèle le chœur virginal. Et le grave épouse l'aigu et ils sont un comme dans une couche (Montherl., Olymp.,1924, p. 334).Loin au-dessus de la foule et des harangues, les branches de chênes échangeaient des signes et leurs murmures épousaient le silence (Mauriac, Journal 3,1940, p. 238).
Emploi pronom. réciproque. Sons, parfums, couleurs, profusément en moi s'épousaient (Gide, Si le grain,1924, p. 570).
P. anal. (cf. époux, épouse I B). Épouser Dieu, l'Église. Se consacrer à Dieu, entrer dans les ordres. Elle, la fille [Marguerite, en religion Sœur Eulalie], toute pénétrée de la vertu qui l'avait baignée en cette famille austère, avait épousé Dieu, par dégoût des hommes (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Veillée, 1882, p. 795).
2. P. méton. de l'obj. Recevoir en partage par le mariage. Elle épousait la fortune, la beauté, la puissance, au delà de tout espoir (Zola, Rêve,1888, p. 203).Pour que le bénéfice du mariage de Charles VIII ne fût pas perdu, Louis XII se hâta d'épouser à son tour la Bretagne avec la veuve de son cousin (Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 139).
B.− Au fig.
1. [Le suj. et l'obj. désignent des choses concr.] S'adapter parfaitement à. Épouser une courbe, un contour, un modelé. Un traversin mou qui épousait sa nuque (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 463).
Emploi pronom. réciproque. Tandis que les tons se juxtaposent, les lignes s'épousent (Claudel, Connaissance Est,1907, p. 87).
2. [Le suj. désigne une pers., l'obj. désigne une chose abstr.] Adopter (cf. ce mot II B 1), faire sien(ne) (cf. embrasser II A 1 a). Épouser une cause; épouser les idées, les intérêts de qqn. Il revêtait ses idées de mille nuances fines et n'épousait jamais une opinion qu'avec toutes sortes de réserves (France, Bonnard,1881, p. 394).Je consens à épouser ton point de vue (Camus, Caligula,1944, I, 8, p. 23).Grandeur et misère de la politique. De Gaulle ne consent à en épouser que la grandeur. C'est ce qui assure le règne des Commis (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 27):
3. Elle était femme. Elle était une onde sans forme. Toutes les âmes qu'elle rencontrait lui étaient comme des vases, dont, par curiosité, par besoin, sur-le-champ, elle épousait les formes. Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 733.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Le part. passé adj. épousé, ée. Toute fleur en avril devient une cellule Où la vie épousée et féconde pullule (Hugo, Âne, 1880, p. 324). C'est par toi que je vis Elsa de ma jeunesse Ô saisons de mon cœur ô lueurs épousées Elsa ma soif et ma rosée (Aragon, Rom. inach., 1956, p. 236). b) L'adj. épousable. Susceptible d'être épousé(e) (supra A 1). Une fille qui (...) danserait avec un ou plusieurs garçons traditionnellement non épousables serait perdue de réputation (Menon, Lecotte, Vill. Fr., t. 2, 1954, p. 18). c) Le subst. masc. épousage, rare. Le fait, l'action d'épouser (supra A 1). L'intrigue, admirablement menée, non ébruitée, allait aboutir à l'épousage de la femme par le roi (Goncourt, Journal, 1861, p. 930). d) Le subst. masc. épousement, rare. Le fait de s'identifier avec quelqu'un, de faire sien le comportement de quelqu'un (supra B 2). Cette compassion qui, dans le cœur de tant de nobles femmes, de tant d'éducateurs et de tant de missionnaires, est devenue une passion, ce besoin d'ordre, de sens, de pureté et de réponse autour de nous, cette espèce d'épousement étroit du pécheur pour le transformer, ce désir de connaissance et de lumière (...) tout cela fait partie de cette soif sacrée du Sauveur qu'Il a communiquée à Son église (Claudel, Poète regarde Croix, 1938, p. 126).
Prononc. et Orth. : [epuze], (j')épouse [epu:z]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. 1. Ca 1050 (Alexis, éd. C. Storey, 48); 1266 fig. le ventre ... ki gloutenie a espousee (Vers de la mort, 43, 12 ds T.-L.); 2. 1886 « s'adapter parfaitement à une forme » (Lapparent, Abr. géol., p. 9). II. 1130-40 part. passé fém. subst. espousee « fiancée du Christ » (Wace, Vie de Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 672); ca 1225 « celle qu'un homme va ou vient d'épouser » (Comte Poitiers ds FEW t. 12, p. 210b). Du b. lat. sponsare « promettre en mariage, fiancer », itér. de spondere, formé sur le part. passé sponsus, v. époux. Fréq. abs. littér. Épouser : 4 421. Épousé : 890. Fréq. rel. littér. Épouser : xixes. : a) 6 702, b) 7 000; xxes. : a) 6 042, b) 5 696. Épousé : xixes. : a) 1 046, b) 1 301; xxes. : a) 1 576, b) 1 246.

Wiktionnaire

Verbe

épouser \e.pu.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Prendre en mariage.
    • Je me repentis fort, ainsi que vous devez penser, d’avoir épousé cette pastoure… — (Octave Mirbeau, Le colporteur,)
    • […] le gros Léon, qui avait épousé une femme riche, ne faisait rien, ses trois mille francs de rente lui permettant l’oisiveté. — (Louis Pergaud, « Un renseignement précis », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Tout son être se révoltait à la pensée d’épouser un de ces fellahs qu’elle voyait peiner et suer dans les champs, et plus encore ces petits boutiquiers contents d’eux, ces intendants soupçonneux et méprisants qui venaient parfois rendre visite à son grand-père et la soupesaient des yeux, comme si elle eût été un animal à vendre. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • Peu après, Doa et Vaï, des filles de la Louve, s’épousèrent même et ne voulurent plus de ce jour revoir les hommes. — (Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928)
    • Si Dimitri ne voulait pas épouser Phoebe, il aurait au moins dû avoir le courage de l’avouer et de rompre formellement sa promesse. Au lieu de cela, il avait opté pour le silence et l'hypocrisie, […]. — (Lucy Monroe , Pour l'honneur des Pétronides, traduit de l'anglais, dans le volume Séducteurs, éd. Harlequin, coll. Coup de Cœur, 2012)
    • Alice, dis-moi que tu ne vas pas épouser ce rabat-joie. Tu ne t’amuseras jamais avec un homme comme lui. Il ne te fera jamais rire. — (Amanda Bayle, Tout ce qui brille, éd. CyPLoG, 2017, chapitre 19)
  2. S’adapter exactement à une forme donnée.
    • Il excelle à cintrer ses boudets pour qu’ils épousent bien la fesse du tendeur et ne viennent point lui baller sans cesse entre les cuisses. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Ce vêtement épouse les formes du corps. — Ce chemin épouse les accidents du terrain.
  3. (Figuré) Choisir de propos délibéré une chose et s’y attacher.
    • Appartenir à une école, c’est en épouser nécessairement les préjugés et les partis pris. — (Gustave Le Bon, Psychologie des foules, Alcan, 1895, préface)
    • Épouser les intérêts, les passions, la querelle de quelqu’un.
  4. (Figuré) Suivre, imiter.
    • De plus, de nombreuses études ont montré que la chute de la pratique, du recrutement ecclésiastique et même des croyances religieuses a commencé bien avant 1960. Encore là, le Québec épousait la marche de l'Occident. — (Gérard Bouchard, Les nations savent-elles encore rêver?, Boréal, 2019, p. 283)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉPOUSER. v. tr.
Prendre en mariage. Ils s'aimaient depuis longtemps, enfin ils se sont épousés. Par extension, Qui épouse la femme épouse les dettes. Épouser une grosse dot. Il signifie, au figuré, Choisir de propos délibéré une chose et s'y attacher. Épouser les intérêts, les passions, la querelle de quelqu'un. En termes d'Arts, il signifie S'adapter exactement à une forme donnée. Ce vêtement épouse les formes du corps. Ce chemin épouse les accidents du terrain.

Littré (1872-1877)

ÉPOUSER (é-pou-zé) v. a.
  • 1Prendre pour époux ou pour épouse. Cette veuve a épousé un jeune homme. Il épousera sa cousine. Près d'épouser la sœur, il faut tuer le frère, Corneille, Hor. II, 3. Il [Claude] n'osait épouser la fille de son frère, Racine, Brit. IV, 2. Il était défendu à un homme qui avait soixante ans d'épouser une femme qui en avait cinquante, Montesquieu, Esp. XXIII, 21.

    Absolument. Je prends loi de Cassandre, épousons dès ce soir, Rotrou, Vencesl. III, 2. L'hymen détruit la tendresse ; Il rend l'amour sans attraits ; Voulez-vous aimer sans cesse, Amants, n'épousez jamais, Quinault, Alceste, v, 3. C'est, dans son caractère, une espèce parfaite ; Un ambigu nouveau de prude et de coquette, Qui croit mettre les cœurs à contribution, Et qui veut épouser, c'est là sa passion, Regnard, Joueur, I, 6.

    Il s'est laissé épouser, se dit, avec quelque ironie, d'un homme à qui on a fait les avances d'un mariage, et qui s'est laissé faire.

    Épouser la mer, se disait, dans la république de Venise, d'une cérémonie annuelle où figurait le doge, et qui était la célébration d'un droit de souveraineté sur l'Adriatique conféré au doge en 1277 par le pape Alexandre III.

  • 2Il se dit des choses qu'on reçoit en épousant une femme. Épouser une grosse dot.

    Il épouse la misère, se dit en parlant d'une personne qui se marie à une autre très pauvre.

  • 3Marier, rendre époux ; sens archaïque, aujourd'hui inusité. Aucun des curés ne voulut les épouser, Scarron, Rom. com. III, 14.
  • 4 Fig. S'attacher par choix à, prendre parti pour. Dieux seuls que je réclame, épousez ma défense, Mairet, Mort d'Asdrubal, III, 2. Il fallut épouser les passions du frère, Corneille, Perth. I, 1. On ne montera point au rang dont je dévale, Qu'en épousant ma haine au lieu de ma rivale, Corneille, Rodog. II, 2. Le mien [mon maître] me fait ici épouser ses inquiétudes, Molière, Sicil. 1. Et sur les questions qu'on pourra proposer, Faire entrer chaque secte et n'en point épouser, Molière, F. sav. III, 2. Dois-je épouser ses droits contre un père irrité ? Racine, Phèdre, I, 1. Tu épouseras mes intérêts, Lesage, Gil Blas, X, 11. Quelques vengeurs pourtant, armés d'un noble zèle, Ont de ces morts fameux épousé la querelle, Gilbert, Le 18e siècle.
  • 5On dit quelquefois dans le langage familier, épouser une étude, un instrument, s'y appliquer.
  • 6S'épouser, v. réfl. S'unir par mariage. Ils s'aimaient depuis longtemps, enfin ils se sont épousés. Tu vois que c'en est fait, ils se vont épouser, Racine, Baj. III, 3. On s'épouse de tout temps, on s'épousera toujours ; on n'a que cette honnête ressource quand on aime, Marivaux, le Legs, sc. 2.

PROVERBES

Tel fiance qui n'épouse pas, se dit pour exprimer que les affaires manquent qu'on tenait pour les plus assurées ; on n'achève pas tout ce qu'on commence.

Qui épouse la femme épouse les dettes.

HISTORIQUE

XIIe s. Du meillor homme serez vous esposée, Ronc. p. 161.

XIIIe s. Espousa rois Pepins Berte la belle et gente, Berte, X. Dont vont entre els no barons devisant là où on espouseroit [marierait] la demoiselle, et quant, H. de Valenciennes, XI. Il me mena à un prestre en secrè liu qui m'espousa, et je ne l'ozai veer [refuser], [de peur] qu'il ne m'ocesist, Beaumanoir, XXX, 98.

XVe s. [Leur fille] ayant depuis peu de jours esté espousée avec le roy de Portugal, Commines, VIII, 17.

XVIe s. Les filles n'osent espouser [se marier] qu'elles n'ayent…, Montaigne, I, 113. Il ne fault pas seulement loger la science chez soy, il la fault espouser, Montaigne, I, 199. Il fault [pour la vérité d'un récit] un homme qui n'ayt rien espousé [sans parti pris], Montaigne, I, 233. C'est trahison de se marier sans s'espouser, Montaigne, III, 323. Qui espouse le corps espouse les dettes, Loysel, 110. Il permit à qui voudroit de prendre et espouser la querelle de celuy que l'on auroit oultragé, Amyot, Solon, 32. Il avoit tousjours continué à espouser leurs affaires, ne plus ne moins que si c'eussent esté ses alliez, Amyot, P. AEM. 62. Le fit prendre prisonnier avec monsieur de Montmorency au bois de Vincennes, et puis espouser [confiner] à la bastille pour seize ou dix sept mois, Brantôme, Cap. fr. t. II, p. 315, dans LACURNE.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « épouser »

(Date à préciser) Du latin spondere qui devient, en bas latin, sponsare « promettre en mariage, fiancer », par formation d’une forme itérative du premier groupe formée sur le radical du supin sponsum.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, sipozé ; provenç. espozar ; catal. esposar ; ital. sposare ; du latin sponsare, de sponsum (voy. ÉPOUX). Dans l'ancienne langue, espouser voulait dire aussi marier.

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Phonétique du mot « épouser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
épouser epuse

Évolution historique de l’usage du mot « épouser »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « épouser »

  • Epouser sa maîtresse, c’est à se demander s’il ne vaut pas mieux épouser celle des autres. De Alfred Capus
  • Epouser un pays, ses particularités, c'est épouser ce qu'il y a de petit. S'en tenir à sa tête, c'est ramper. De Eric-Emmanuel Schmitt / L'Evangile selon Pilate
  • Il y a deux sortes de femmes, c'est une folie d'épouser les unes, c'est un crime d'épouser les autres. De Le Clown Carlton
  • Il y a des femmes qu'on ne devrait jamais épouser soi-même. On devrait les laisser épouser par ses amis. De Alfred Capus
  • Moi l'épouser ! Je t'assure que non ; c'est bien assez qu'il m'épouse. De Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux / L'école des mères
  • Pour un artiste, il est aussi fatal d'épouser son modèle que pour un gourmet d'épouser sa cuisinière : le premier est privé des séances de pose et le second de dîner. De Oscar Wilde
  • A vingt ans, une femme ne veut épouser que l’homme avec lequel elle pense être heureuse ; à trente ans, elle pense être heureuse avec n’importe quel homme qui voudrait l’épouser. De Carmen Sylva
  • Instructeur ULM à Tocane-Saint-Apre, Hervé Boudry est le pilote qui a tracté mardi soir la banderole "Veux-tu m'épouser" au dessus de l'agglomération de Périgueux. Un message commandé par un pompier de Périgueux pour sa promise, à Notre-Dame-de-Sanilhac. Bonne nouvelle, l'histoire se finit bien! France Bleu, Dordogne : on a retrouvé le pilote de l'ULM qui tractait le message "Veux-tu m'épouser" au dessus de Périgueux
  • En effet, il y a quelque temps la célèbre présentatrice Fanny Agostini nourrissait l’ambition de se marier. Un vœu réalisé car elle a fini par épouser l’homme de sa vie, dans un mariage qu’elle avait toujours souhaité entourer de ses proches et collègues. amomama.fr, Fanny Agostini a 32 ans : retour à la cérémonie de mariage à La Bourboule et histoire d'amour avec son mari

Traductions du mot « épouser »

Langue Traduction
Anglais marry
Espagnol casar
Italien sposare
Allemand heiraten
Chinois 结婚
Arabe الزواج
Portugais casar
Russe выйти замуж
Japonais 結婚する
Basque ezkontzeko
Corse sposa
Source : Google Translate API

Synonymes de « épouser »

Source : synonymes de épouser sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « épouser »

Épouser

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