La langue française

Coqueter

Sommaire

  • Définitions du mot coqueter
  • Étymologie de « coqueter »
  • Phonétique de « coqueter »
  • Évolution historique de l’usage du mot « coqueter »
  • Citations contenant le mot « coqueter »
  • Images d'illustration du mot « coqueter »
  • Traductions du mot « coqueter »
  • Synonymes de « coqueter »

Définitions du mot « coqueter »

Trésor de la Langue Française informatisé

COQUETER1, verbe intrans.

A.− [Par confusion avec le verbe caqueter; le suj. désigne la poule] Glousser. Une poule étique grattait le sol en coquetant (Arène, Contes Paris,1887, p. 241):
Quand cette pauvre poule sortit paisiblement de son lit avec ses petits, les cris de joie de nos bons soldats l'accueillirent comme une ancienne amie, et ils se mirent à la caresser avec l'insouciance des enfants. Elle tournait en coquetant, rassemblant ses petits et portant toujours son aigrette rouge et son collier d'argent. Vigny, Servitude et grandeur militaires,1835, p. 120.
B.− [Par croisement avec coqueter2; appliqué à une pers.] Bavarder continuellement et souvent à tort et à travers pour se faire valoir. À la promenade, elle caquetait, coquetait et coquericotait, avec l'un, avec l'autre (R. Rolland, C. Breugnon,1919, p. 117).
Prononc. et Orth. : [kɔkte]. Conjug. cf. coqueter2. Étymol. et Hist. 1. 1507-1508 « bavarder » (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. Ch. F. Ward, 105 b ds IGLF); 2. 1611 « caqueter, glousser » (Cotgr.). Dér. de coq1*; suff. -eter*. Fréq. abs. littér. : 2.
DÉR.
Coquetage, subst. masc.Bavardage. Ce petit coquetage a été interrompu par l'arrivée du prince (Delécluze, Journal,1827, p. 425). 1reattest. 1827 id.; de coqueter1, suff. -age*.

COQUETER2, verbe intrans.

[Le suj. désigne une pers.] User de procédés coquets (toilette, manières, paroles) pour tenter de séduire ou d'attirer l'attention sur soi.
A.− Se pavaner, minauder, faire des grâces comme le coq au milieu de ses poules. Il a une façon de se tortiller sur sa chaise, de coqueter, de jouer de l'éventail (Huysmans, Oblat,t. 1, 1903, p. 276):
1. Les Tuileries sont un salon, un salon en plein air, où les petites filles apprennent les manèges, les gentillesses et les précautions du monde, l'art de coqueter, de minauder et de ne pas se compromettre. Taine, Notes sur Paris,Vie et opinions de M. F.-T. Graindorge, 1867, p. 70.
P. anal. Une porte de chambre fraîchement peinte qui coquette au milieu des moellons pilés (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 144).
B.− [Souvent constr. avec la prép. avec; le suj. désigne gén. une femme] Entretenir des relations frivoles, flirter avec une personne de l'autre sexe. Cette fois, c'est sérieux, il ne s'agit pas de coqueter, il s'agit d'épouser (Labiche, Point de mire,1864, II, 2, p. 389):
2. Lucien enfin était aimé absolument, et comme il est extrêmement rare que les femmes aiment un homme. Les femmes qui disent aimer, qui souvent croient aimer le plus, dansent, valsent, coquètent avec d'autres hommes, se parent pour le monde, y vont chercher leur moisson de regards convoiteurs; ... Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1844, p. 227.
P. ext. Entretenir des relations amicales avec quelqu'un. Cf. être en coquetterie avec qqn.Il coqueta avec Lord Durham et ses radicaux (Maurois, Disraëli,1927, p. 96).Au fig. Coqueter avec le populisme (Sartre, Sit. II,1948, p. 230).
Prononc. et Orth. : [kɔkte], (je) coquette [kɔkεt]. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. coquetter; ds Ac. 1740-1932 sous la forme mod., avec un seul t. Conjug. Ac. 1798 : je coquète; Ac. 1835-1932 : je coquette. Cf. aussi le reste des dict. gén. : Besch. 1845, Littré, Rob., etc. Étymol. et Hist. 1. 1611 « se pavaner comme le coq au milieu des poules » (Cotgr.); 2. 1638 « faire des coquetteries » (Chapelain, Correspondance ds Hunter 1967). Dér. de coquet, -ette; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 43.
DÉR.
Coquetage, subst. masc.Manège de coquette. Ce voyage, ce n'est pas autre chose que pour faire l'œil à quelque prince d'Orient (...) Chez elle, voyez-vous, c'est un coquetage à outrance (de Goncourt, Journal,1869, p. 535). 1reattest. 1869 id.; de coqueter2; suff. -age*. Fréq. abs. littér. : 3.

Wiktionnaire

Verbe

coqueter \kɔ.kə.te\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Familier) User de coquetterie ou échanger des propos galants.
    • Le château, ranimé par un bain de soleil, se défublait de ses mines grognonnes, rajeunissait, s’affétait, coquettait, pour son départ. — (Joris-Karl Huysmans, En rade, Paris : Tresse & Stock, 1887, page 306)
    • Mais je vous aime de toutes mes forces, non pas pour coqueter pendant une saison et m’en aller aux vacances ensuite. — (Willy [Henry Gauthier-Villars] et Sidonie-Gabrielle Colette, Claudine à l’école, Le Livre de Poche, 1900, page 61)
    • Il reste en extase devant Aimée qui coquette avec lui, et joue de ses paupières aux cils frisé, tandis que mademoiselle Sergent le contemple avec des yeux attendris de belle-mère qui a casé sa fille. — (Willy et Colette, Claudine à l’école, 1900, Le Livre de Poche, page 76)
    • Les jeunes femmes ont un sens aigu de ce qu’il convient de faire et de ne pas faire quand on a cessé d’être jeune. « Je ne comprends pas, disent-elles, que passé quarante ans on se teigne en blond ; qu’on s’exhibe en bikini ; qu’on coquette avec les hommes. Moi, quand j'aurai cet âge-là... » — (Simone de Beauvoir, La Force des choses, Éditions Gallimard, 1963, chapitre 6)
    • (Figuré) Le souci qu’ils avaient de raconter ces destins individuels les a entraînés parfois à coqueter avec le populisme. — (Jean-Paul Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?, chapitre IV ; Éditions Gallimard, collection Idées, Paris, 1970, page 242)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COQUETER. (Je coquette ; nous coquetons.) v. intr.
User de coquetterie ou Échanger des propos galants. Ils n'ont fait que coqueter. Elle coquette tout le jour, avec tout le monde. Il est familier.

Littré (1872-1877)

COQUETER (ko-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je coquette ; je coquetterai) v. n.
  • Faire des coquetteries. J'aimerais mieux qu'elle coquetât avec M. de Vardes, Sévigné, 369. Je coquette fort peu, c'est mon moindre talent, Molière, Éc. des maris, I, 6. Car notre ami très cher aura Toujours vol pour la mijaurée, Collet très bien tiré, perruque bien poudrée, Et toujours il coquettera, Chaulieu, à M. Sonning. Ils ont en ce pays de quoi se contenter ; Car les femmes y sont faites à coqueter, Molière, Éc. des f. I, 6. Ève aima mieux, pour s'en faire conter, Prêter l'oreille aux fleurettes du diable Que d'être femme et ne pas coqueter, Sarrazin, Poésies, dans RICHELET. Si… Bien moins pour son plaisir que pour t'inquiéter, Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter, Boileau, Sat. X.

    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

COQUETER, v. neut. Voyez Coquetterie.

Coqueter, terme de Riviere : on se sert de ce mot pour exprimer l’action d’un homme, qui avec un aviron mene & fait aller un bateau au vent, en remuant son aviron par le derriere. (Z)

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Étymologie de « coqueter »

De coquet.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Coquet 1. Coqueter, dans le XVIe siècle, avait le sens de crier comme le coq. À cet instant il ouyt jetter une grande risée de cachin coquetant à gueule ouverte, d'ond estimant qu'il y eust là à l'entour quelque personne cachée qui, en riant ainsi, se moquast de sa cheute, Roman d'Alector, p. 93, dans LACURNE. Les poules coquetans ou, si vous voulez qu'ainsi je le die, caquetans ensemble, Pasquier, Lettres, t. I, p. 606, dans LACURNE. Coqueter des coqs et poulles qui est le langage dont ils nous rompent la teste, quand ils s'entrefont l'amour et dont nous avons formé par une belle métaphore caquetter, lorsque quelques babillards nous repaissent de parolles vaines, Pasquier, Recherches, t. VIII, p. 671, dans LACURNE.

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Phonétique du mot « coqueter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
coqueter kɔkœte

Évolution historique de l’usage du mot « coqueter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « coqueter »

  • Voyez-le coqueter en casquette, survêt et baskets : de prime abord, Myth Syzer possède tout l’attirail du rappeur lambda. Mais, très vite, le cliché de la petite frappe jouant les gros bras se dégonfle. S’il exhibe ses biscotos, c’est pour montrer le « cœur foudroyé » qu’il s’est tatoué, côté droit. « L’amour, faut que ça gronde, dit-il dans un murmure. Ce tatouage, je l’ai fait pour une fille très “strange”, intense. » Le Monde.fr, Myth Syzer, rappeur jupitérien
  • Il explique ensuite l’évolution du vocabulaire de la stratégie amoureuse. Au fil des siècles, elle a porté différents noms : de libertinage à flirt, des verbes alourder les femmes, galer, séduire, conter fleurette, coqueter, racoler et maintenant draguer… Chaque époque a donc inventé son vocabulaire. , La conquête amoureuse a une histoire !

Images d'illustration du mot « coqueter »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « coqueter »

Langue Traduction
Anglais coquettish
Espagnol jugado
Italien civettuolo
Allemand kokett
Chinois 娇媚
Arabe غنج
Portugais coquete
Russe кокетливый
Japonais コケティッシュな
Basque coquettish
Corse cohettu
Source : Google Translate API

Synonymes de « coqueter »

Source : synonymes de coqueter sur lebonsynonyme.fr
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