La langue française

Coq

Définitions du mot « coq »

Trésor de la Langue Française informatisé

COQ1, subst. masc.

A.− Oiseau de la famille des Gallinacés.
1. Oiseau de basse-cour, mâle de la poule, se distinguant d'elle par une taille plus élevée, une queue garnie de grandes plumes brillantes relevées en faucille et une crête d'un rouge vif. Beau, jeune, vieux coq; petit, grand coq; crête, ergots de coq; chant, cri du coq. Chapeau en feutre (...) enjolivé de côté par un bouquet de plumes de coq (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 815):
1. ... dans la cour, les vaches broutaient l'herbe ou ruminaient couchées à l'ombre, assises sur leurs flancs puissants; les poules gloussaient se cachant la tête sous l'aile; sur le fumier, un coq chantait! Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 119.
2. Un seul mot sur les coqs et les poules : petites personnes courtes, dodues, quoique alertes, toutes noires de pied en cap, hormis la crête pourpre, qui ressemblent à des Sénégalais sous la chéchia : on ne saurait trop les conserver pures. À tout croisement, elles perdent en rusticité et en sobriété. Pesquidoux, Le Livre de raison,1925, p. 152.
Coq de combat. Coq élevé spécialement pour le combat. Les combats de coqs, passe-temps puéril et barbare, si peu digne d'hommes raisonnables (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 333).
ART CULIN. Coq vierge. Chapon. On servit (...) un énorme coq vierge de Barbezieux, truffé à tout rompre (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 169).
Préparation faite à partir d'un coq, d'un poulet ou d'une autre volaille. Elle avait préparé (...) un coq au vin qu'elle réussissait très bien (Pourrat, Gaspard,1925, p. 29).Coq en pâte. Poularde, coq ou chapon farci.
Littér. Au chant du coq. À l'aube. Se lever avec les coqs (fam.). Se lever de très bonne heure. Robert Cozal regagna ses pénates, s'étant levé avec les coqs (Courteline, Linottes,1912, p. 5).
a) Comparaisons ou expr. fam. appliquées à une pers. (gén. à un homme) en relation avec α) Une particularité physique du coq. (Avoir) une voix de coq. (Avoir) une voix au timbre aigu. Une voix de jeune coq en train de muer (Zola, Nana,1880, p. 1107).(Avoir) des jambes, des mollets de coq. (Avoir) des jambes, des mollets grêles. Ses jambes de coq ballottaient comme des flûtes dans leur étui (Gautier, Fracasse,1863, pp. 30-31).Avoir des cheveux en crête de coq. Avoir les cheveux dressés sur la tête (cf. Mauriac, Galigaï, 1952, p. 83). Rem. À rapprocher du canadianisme coq. Mèche de cheveux relevée sur le dessus du crâne. Les cheveux proprement peignés avec un petit coq à la Papineau (L. Groulx, Les Rapaillages (vieilles choses, vieilles gens),Montréal, Le Devoir,1916, p. 72).Comparaisons ou expr. fam. appliquées à une pers. (gén. à un homme) en relation avec β) Ses attributs habituels [sa fierté, son habitude de se pavaner au milieu des poules de la bassecour] Fier, hardi, orgueilleux comme un coq. La bienveillance de Madame Vieuxnoir (...) le rendait hardi comme un coq (Duranty, Malh. H. Gérard,1860, p. 268).Des coquetteries de jeune coq qui parade devant la poulette favorite (Courteline, Ronds-de-cuir,1893, 4etabl., 2, p. 138).[Son tempérament combatif] Ne donne pas à mes gens un cœur de coq, l'esprit de la guerre civile, la colère contre les gens de sa race (Claudel, Euménides,1920, III, p. 976).Rouge comme un coq (en colère). Lucien était rouge comme un coq et tremblant de colère (Stendhal, L. Leuwen,t. 1,1836, p. 111).Comparaisons ou expr. fam. appliquées à une pers. (gén. à un homme) en relation avec γ) [la manière dont on engraissait autrefois les coqs en les enfermant sous un panier et en les gavant de pâtée] Être comme un coq en pâte. Se gaver de nourriture sans prendre aucun exercice. P. ext. Se trouver dans une situation de confort douillet, avoir tout à satiété. Synon. vieilli coq en panier :
3. Songe à la vie que tu vas avoir là-bas! (...) Tu seras soigné, dorloté, un vrai coq en pâte! ... Ah! La jalousie de tes amis, quand ils vont apprendre ça! Bourdet, Le Sexe faible,1931, III, p. 448.
Rem. À partir de cette expr., A. Gide (Journal, 1909, p. 273) a forgé p. plaisant. (avec un calembour interne) l'adj. coqempâté (appliqué à un homme) : J'ai trouvé un Jammes très épaissi, très coqempâté par le mariage.
b) [Avec une valeur de symbole]
MYTH. Attribut de certaines divinités. Sacrifier un coq à Esculape. [P. allus. aux paroles prononcées par Socrate avant sa mort] Faire fi de certains préjugés, même s'il doit en coûter :
4. ... car le sage tôt ou tard finit par sacrifier aux préjugés des sots. Socrate voue, en mourant, un coq à Esculape, pour se disculper du reproche d'athéisme, et Buffon se confesse à un capucin; il voulait être enterré pompeusement; c'est le talon d'Achille pour les plus grands-hommes. Dupuis, Abr. de l'orig. de tous les cultes,1796, p. 481.
ARCHIT. REL. Coq de clocher. Coq stylisé placé sur le clocher des églises, faisant office de girouette et symbolisant la lumière et la résurrection du Christ :
5. L'église massive et muette Est sur la place du marché, Le vent de l'hiver a penché Le beau coq de sa girouette. A. de Noailles, L'Ombre des jours,1902, p. 128.
[P. réf. aux récits de la passion dans les quatre Évangiles] Le chant du coq. Symbole du reniement de saint Pierre. Le coq a chanté et saint Pierre a renié Notre-Seigneur (Bertrand, Gaspard,1841, p. 154).P. ext. [S'appliquant à toute pers. coupable de trahison] Avant que le coq ait chanté trois fois, (...) cet homme aura trahi la cause du travail pour celle de la paresse et des vices de Paris (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 249).
Coq gaulois. Emblème de la nation française. Le coq gaulois, le lion britannique, l'aigle allemand, toutes ces bêtes nationales (Guéhenno, Journal homme 40 ans,1934, p. 188).
P. ext.
HÉRALD. Figure représentant un coq de profil, la queue redressée. C'est un gros maroquin rouge, avec des coqs pour armoiries (Goncourt, Journal,1862, p. 1056).
NUMISM., pop. et vieilli. Louis d'or à l'effigie du coq, ancienne pièce de vingt francs. [Le client sort,] délesté de vingt-cinq « coqs » (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!1935, p. 62).
Rem. Pour un complément d'information sur la valeur symbolique du coq, consulter Grandm. 1852, Pol. 1868, Viollet 1875, Bach.-Dez. 1882, Bible 1912, Archéol. chrét. 1914, Lavedan 1964, Symboles 1969.
2. P. ext. Mâle de certains Gallinacés et de quelques oiseaux. Coq(-)faisan, coq de perdrix. Un coq faisan partit avec fracas, essora son vol en fusée vers les cimes (Genevoix, Raboliot,1925, p. 206):
6. C'était un coq de perdrix rouge magnifique, haut en couleur, le bec et les pieds rouges et durs comme du corail, avec des ergots comme un coq et large de poitrail presque autant qu'un poulet bien nourri. Fromentin, Dominique,1863, p. 6.
Coq de bruyère. Nom de deux variétés de Gallinacés.
a) Le grand coq ou grand tetras. Gros oiseau au plumage rouge éclatant, à la queue garnie de longues plumes lui permettant de faire la roue.
b) Petit coq, petit tetras, tetras lyre, coq de bouleau. Oiseau de petite taille, au plumage bleu nuit brillant, à la queue fourchue. Le coq de bruyère, qui niche sur les sombres sapins, échappe aux ruses du renard (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 328).
Coq(-)d'Inde. Dindon. Depuis la caille jusqu'au coq-d'Inde, partout où on rencontre un individu de cette nombreuse famille, on est sûr de trouver un aliment léger, savoureux (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 77).
Rem. En raison du caractère agressif du dindon et de sa couleur, on rencontre des comparaisons du type : rouge, colère comme un coq d'Inde. Bouffi de colère, comme un coq d'Inde (Pourrat, Gaspard, 1922, p. 192).
Coq(-)de(-)roche. Passereau au plumage brillant jaune-orangé. Synon. savant rupicole.[En emploi d'appos. à valeur adj. (invar.)] Couleur coq-de-roche. D'un beau jaune-orangé. Son grand chapeau blanc garni de plumes coq de roche (Jouhandeau, M. Godeau, 1926, p. 117); des cravates coq-de-roche (Cendrars, Moravagine,1926, p. 216).
B.− Au fig., fam. et souv. péj. [Appliqué à un homme ou à un jeune homme]
1. [P. réf. à l'instinct de domination du coq] Faire le coq, jouer au coq. Faire le fanfaron; avoir une attitude hardie et arrogante, souvent pour masquer une faiblesse de caractère. Voyez-moi ce petit coq! (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Vue de la Terre promise, 1934, p. 112).Si tu m'avais laissé faire, au lieu de jouer les jeunes coqs (Vialar, Débucher,1953, p. 117).
SYNT. et EXPR. Coq de combat. Homme agressif et vindicatif. Ces politiciens appartiennent tous à la même espèce de coqs de combat (Mauriac, Bloc-notes, 1958, p. 107). Coq d'Inde. α) Même sens. β) Victime, dupe. L'Empereur, pour n'avoir pas voulu être le coq de la coalition, en sera le coq d'Inde (J. de Maistre, Corresp., 1786-1805, p. 73). Coq de village. Homme jouissant d'une certaine notoriété dans une ville ou un village par le fait de sa profession, de sa fortune ou de son pouvoir de domination sur les autres. Bien plus que le coq du village, Roger fut le lion de sa province (La Varende, Nez-de-Cuir, 1936, p. 16). Plus spéc. Homme exerçant une certaine fascination sur les jeunes filles. Il reprit ses habitudes de coq de village, adoré de toutes les filles de Vorges et de Landouzy (Champfleury, Bourgeois Molinch., 1855, p. 95). P. anal. Coq de collège, coq de la classe. Meneur, chef. Dargelos, chef de bande, coq du collège, cancre impuni (Cocteau, Portr.-souv., 1935, p. 111). À nous le coq. À nous l'autorité, le pouvoir. C'est vrai, (...) à lui le coq, (...) pour inventer des emblèmes et embêter le conscrit (Vidocq, Mém., t. 2, 1828-29, p. 46).
2. [P. réf. au coq, symbole de la puissance virile] Les bons coqs sont maigres :
7. Jadis, paraît-il, on se mariait (...) après avoir assuré sur d'autres le prestige du coq; on ne parlait de sa femme qu'en termes feutrés, d'une voix de chapon. H. Bazin, La Mort du petit cheval,1949, p. 206.
3. [Sans-nuance péj., avec une valeur de tendresse ou d'admiration] Le pauvre petit coq! (La Varende, Homme aux gants,1943, p. 282):
8. − Coq! dit-elle. Oh! grand coq! Et elle lui a déjà écrit cette lettre que Le Figaro cite, un chef-d'œuvre sur parchemin de crocodile : « Je ne puis te dire ma joie pour ton − notre − triomphe d'hier et de ce soir. Quel bonheur, mon coq! Quel bonheur! » Renard, Journal,1897, p. 453.
C.− P. anal., emplois spéc.
1. Domaine de la connaissance
a) BOT. POP. Coq-franc, coq des jardins, herbe au coq, menthe de coq. Synon. vulg. de la balsamite, et plus spéc. de la tanaisie balsamite, plante aromatique des régions méditerranéennes.Ces herbes qu'on met avec les morts (...) le romarin et le coq-franc, l'hysope, le baume (Claudel, Violaine,1892, III, p. 537).
Rem. Pour la déf. de crête-de-coq, v. crête.
b) ICHTYOL. POP.
Coq de mer
[P. anal. de couleur] Synon. vulg. de la daurade ou du rouget (cf. Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 189).
[P. anal. de forme] Coquille fossile de la famille des Térébratules :
9. Le détroit de Magellan, qui est à l'entrée de cette mer, nous a montré une petite coquille vivante, que l'on ne connaissait que fossile dans les vignes du Lyonnais. On l'a nommée le coq et la poule, parce qu'elle ressemble à un coq qui coche une poule. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 168.
2. Domaine de la techn. artis.
a) HORLOG., vx. Platine gravée servant à recouvrir et protéger le balancier de certaines montres. Cf. ex. sous coqueret2.
b) ARTS MÉN., vieilli. Boule en forme d'œuf placé sur une tige de fer qui servait à repasser les fronces et les bouillonnés :
10. Aussi s'appliquait-elle, muette, soigneuse, repassant les bouillonés et les entre-deux au coq, un œuf de fer fiché par une tige dans un pied de bois. Zola, L'Assommoir,1877, p. 510.
3. SP. Poids coq. Catégorie de boxeurs légers dont le poids ne peut excéder 53 kg 500. Fred Balon rencontrerait Arthur Maning à la limite des poids coq (Arnoux, Paris,1939, p. 241).
Prononc. et Orth. : [kɔk]. Barbeau-Rodhe 1930 transcrit, à côté de [kɔk] et comme vieillie, l'anc. prononc. [ko]. Littré insiste : ,,le q se fait toujours entendre``. Cette rem. fait allus. à la prononc. du xviies. dans laquelle le [k] final est muet. Rétabli d'abord au sing. et à la pause dans la prononc. affective, [k] se fait ensuite entendre même au plur. ou devant une consonne. À ce sujet cf. Buben 1935, § 210 qui note qu'on rencontre l'anc. prononc. [ko] pour le plur. dans certaines provinces mais que ,,un vieux professeur qui enseignait [de ko] (des coqs) en 1886 à Auxerre paraissait déjà ridicule``. Noter que Littré prononce coq d'Inde [kɔdε ̃:d], prononc. reprise ds Barbeau-Rodhe 1930 et comme var. de [kɔkdε ̃:d] ds Passy 1914. Enq. : /kɔk/. Le mot est admis ds Ac. 1694:1932. Homon. coke, coque. Étymol. et Hist. 1. a) 1121-35 « mâle de la poule » (Ph. de Thaon, Bestiaire, 223 ds T.-L.); b) 1467 « personnage important ou se donnant des airs d'importance » coq de paroisse (Archives JJ 194, p. 275 ds La Curne); 1549 coq de village (Est.); 2. 1317 désigne le mâle d'autres gallinacés que la poule de basse-cour, ici wallon cocq bruerece, kok bruereche (Doc. d'apr. Grandg. ds Gdf., s.v. bruerece, v. Thomas (A.) Nouv. Essais, p. 74); 3. 1393 bot. nom d'une plante aromatique (Ménagier de Paris, II, 150 ds T.-L.); 4. 1641 horlog. (Comptes Fontainebleau, éd. G. Guiffrey, 104 ds IGLF); 5. 1936 terme de boxe poids coq (Écho des sports). Terme de formation onomatopéique attesté dès le vies. en b. lat. sous la forme coccus (Loi Salique ds TLL s.v., 1395, 70) et qui a supplanté l'a. fr. jal représentant le lat. gallus. L'onomatopée imitant le cri du coq est elle-même attestée en lat. impérial (cocococo, Pétrone ds TLL s.v., 1401, 34). La comparaison avec différents attributs du coq (formes, couleurs, comportement, etc.) est à l'orig. des divers emplois du mot. Le terme de bot. désignant une plante aromatique est sans doute dû à une attraction par coq de l'a. fr. cost désignant cette plante (v. costus; v. Bertoldi ds Z. rom. Philol., t. 54, pp. 228-229); 5 a remplacé le plus ancien poids bantam (v. bantam).
DÉR. 1.
Coqueleur, subst. masc.,région. (Nord, Flandre et Belgique). Éleveur de coqs de combat. ... deux hommes qui portaient des sacs blancs. Des coqueleurs, que l'atmosphère du cabaret surexcitait. Ils tirèrent leurs coqs (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 86).Attesté ds les dict. sous la forme coqueleux. [kɔklœ:ʀ], fém. [-ø:z]. 1resattest. 1876, 30 sept. coqueleux (Journal des débats ds Littré); 1935 coqueleur, supra; de coq1, suff. -(el)eur2* et -(el)eux*. Fréq. abs. littér. : 2.
2.
Coqueliner, verbe intrans.[En parlant du coq] Chanter. Et, d'ailleurs, quand je dors, c'est de la barbarie Que de coqueliner cent fois (E. Rostand, Chantecler,1910, IV, 2, p. 205).[kɔkline], (il) coqueline [kɔklin]. 1resattest. 1611 « cajoler » (Cotgr.); 1752 « chanter (en parlant du coq) » (Trév.); de coq1, suff. (el)in* et dés. -er. Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Dupuy (A.). Vie Lang. 1965, pp. 87-93. − Giraud (J.). Pt hist. du néol. Vie Lang. 1974, p. 205. − Gohin 1903, p. 349. − Gottsch. Redens. 1930, pp. 101-103. − Goug. Mots t. 1 1962, pp. 76-79. − Quem. Fichier. − Rey-Debove (J.). La Sémiotique de l'empr. lex. In : [Mél. Imbs (P.)]. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1973, t. 11, pp. 122-123. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 19, 81, 174, 254.

COQ2, subst. masc.

MAR. Cuisinier à bord d'un bateau. Maître coq. Synon. maître-queux.Je suis coq sur un bateau. Si tu veux, je te ferai notre plat de haricots noirs (Camus, L'Exil et Roy.,1957, p. 1668):
Les produits de la garenne, ceux de l'huîtrière, quelques tortues qui furent prises, une nouvelle pêche de ces excellents saumons qui vinrent encore s'engouffrer dans les eaux de la Mercy, les légumes du plateau de Grande-Vue, les fruits naturels de la forêt, c'étaient richesses sur richesses, et Nab, le maître-coq, suffisait à peine à les emmagasiner. Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 543.
Prononc. et Orth. : [kɔk]. Ds Ac. 1835-1932. Land. 1834 souligne que certains écrivent coque, orth. que condamne Besch. 1845. Étymol. et Hist. 1671 (Arnoul, Traité in Colbert, Lettres et instructions, t. 3, v. 2, 677 ds Fr. mod., t. 25, 1957, p. 309). Empr. au néerl. kok « cuisinier » (lat. vulg. cocus, class. coquus « id. ») au moment où dominait la navigation hollandaise.
STAT. − Coq1 et 2. Fréq. abs. littér. : 1 155. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 986, b) 1 722; xxes. : a) 2 169, b) 1 842.
DÉR.
Coquerie, subst. fém.,mar. Cuisine aménagée dans un port pour permettre aux coqs de préparer la nourriture nécessaire à l'équipage. P. ext. Cuisine à bord d'un navire. Attesté uniquement ds les dict. [kɔkʀi]. Homon. cokerie. 1reattest. 1831 (Willaumez, Dict., 176 d'apr. Arveiller ds Fr. mod., t. 25, p. 309); de coq2peut-être d'apr. l'angl. cookery « lieu où l'on cuisine » (xvies. ds NED), suff. -erie*.
BBG. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 70.

Wiktionnaire

Nom commun 1

coq \kɔk\ masculin

  1. (Zoologie) Genre d’oiseau de l’ordre des galliformes et de la famille des phasianidés, comprenant quatre espèces habitant les forêts humides du sud de l'Asie, de l'Inde jusqu'à l’Indonésie, au dimorphisme sexuel extrêmement prononcé, et dont une espèce, le coq doré (Gallus gallus) est l'ancêtre universel du coq domestique de basse-cour.
  2. (Absolument) Mâle de la poule.
    • Des familles de poules se promenaient devant leurs maisons, et, de place en place, un coq noir au cou luisant levait sa tête coiffée de pourpre, battait des ailes, et jetait au vent son chant de cuivre que répétaient les autres coqs. — (Guy de Maupassant, La maison Tellier, 1881, collection Le Livre de Poche, page 34.)
    • Le chant des coqs, l’aboiement des chiens, les appels des oiseaux l’éveillèrent. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 99 de l’éd. de 1921)
    • Les cris des coqs, les sabots des ânes poussés par l’encouragement sonore et monotone des paysans, réveillèrent Elhamy le lendemain. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Nous nous précipitons tous trois vers la grange pour trouver l’œuf d’une poule qui chante, ayant trouvé le moyen de pondre entre les deux premier cris du coq. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • D’une lucarne, dans le haut du mur, je voyais la nuit s’éclaircir. J’entendis un coq chanter […] — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • « Singulière affaire, assurément », se disait-elle. Elle en fut si bouleversée qu'elle ne devait même pas s’apercevoir que le coq avait déjà annoncé l'aube et que l'Orient peu à peu s'éclairait. — (Belle de Candeur : Roman érotique de la dynastie Ming, traduit du chinois par Christine Barbier-Kontler, Arles : Éditions Philippe Picquier, 1990, 1994, page 27)
  3. (Par extension) (Cuisine) Ce même animal cuisiné.
    • Commune à ces divers récits, la résurrection par Jésus d'un coq rôti, placé sur la table lors du dernier repas : revenu à la vie, le coq annonce la Passion du Seigneur. — (François Bovon, L’Évangile selon saint Luc: texte imprimé; vol. 4, page 225, Labor et Fides, 2009)
    • Parce qu'en hiver, l'on y sert des petits plats mijotés façon grand-mère et servis... en cocotte, tels le sauté de veau, le bœuf bourguignon, le coq au vin. — (Petit Futé Rouen 2010, p.50)
  4. (Par extension) Mâle de la perdrix et de quelques autres oiseaux.
    • Comme, parmi les perdrix, il naît un tiers plus de mâles que de femelles, il arrive, dans le temps de la pariade, que plusieurs coqs se disputent la même poule qui, à force d'être tourmentée, déserte souvent le canton; […]. — (Dictionnaire des forêts et des chasses publié par le Journal des Chasseurs, sous la direction de Léon Bertrand, Paris, 1846, page 346)
    • C’est un vieux coq très malin et encore alerte, quoiqu’il ait le fer à cheval déjà marqué sur la poitrine et quelques plumes blanches par-ci par- là. — (Alphonse Daudet, Les émotions d’un perdreau rouge, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 219.)
    • La nuit, la libre et merveilleuse nuit des bois s'épand sur la Nature. Le coq et la faisane vaquent à leurs amours. — (Ernest La Jeunesse, « Théâtre de la Porte-Saint-Martin : Chanteclerc, six actes en vers de M. Edmond Rostand », dans Des soirs, des gens, des choses...(1909-1911), Paris : chez Maurice de Brunoff, 1913, p. 135)
    • C’est comme pour appeauter un tétras, rien de plus simple. Tu tends une feuille de chiendent entre tes deux pouces et tu souffles dans l’intervalle. Tu vois arriver le coq, la crête droite, écarlate et le collet ébouriffé. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  5. (Figuré) Personne dont le comportement se veut séducteur par de la suffisance.
    • Mais tout de même, procréer à son âge lui paraissait louche et, bien qu’un tel résultat flattât sa vanité de vieux coq, la crainte d’avoir été aidé dans cette œuvre par des collaborateurs bénévoles autant qu’inconnus le retenait hésitant au bord du fossé conjugal. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • En général, le jeune coq habite une achélème, circule en moto (en 4x4 dans Urgence), porte tee-shirt, santiags et perfecto. — (Cahiers du cinéma , n° 367-378, p.112)
    • « Comme on dit dans mon village : le coq est lâché, gardez vos poules. » — (Francis Veber, Le Dîner de cons, 1998)
  6. (Par extension) Figure de coq située sur la pointe des clochers des églises, et servant de girouette.
    • Les coqs des clochers s’amusent à pencher le plus possible sans ouvrir les ailes. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Une anecdote locale plutôt symbolique raconte que le coq du clocher de l'église de Saint-Vincent, dont la construction fut commencée en 1934, aurait disparu dans de bien mystérieuses circonstances, qu'on attribue à l’archevêque O’Leary. — (Juliette Marthe Champagne, De la Bretagne aux plaines de l'Ouest canadien: lettres d'un défricheur franco-albertain, Alexandre Mahé (1880-1968), CELAT/Presses de l'Université Laval, 2003, page 201)
  7. (Argot) (Désuet) Pièce d'un louis.
    • Il convient de savoir qu'un « coq », dans l'argot d’avant guerre, signifiait un louis, car mon récit repose sur cette explication, ou plutôt sur les vingt coqs, laborieusement économisés par une marchande des quatre saisons […]. — (Francis Carco, Histoire sans titre, dans Pages choisies, Albin Michel, 1935, p.37)
  8. (Désuet) Sorte d'ustensile ovoïde qui servait au repassage des fronces et des bouillonnés.
    • Si le corsage est garni de bouillonnés, on emploiera le coq pour repasser ceux-ci. — (Blanchissage et repassage dans l’Album de la Minerve : journal de la famille, Montréal, 25 mai 1873, vol.2, n°21, page 342)
    • C’était un bonnet dont la passe, très ornée, se composait d’étroits bouillonnés alternant avec des entre-deux brodés. Aussi s’appliquait-elle, muette, soigneuse, repassant les bouillonnés et les entre-deux au coq, un œuf de fer fiché par une tige dans un pied de bois. — (Émile Zola, L'Assommoir, éd. Charpentier, 1879, chap. 5, p. 184)
  9. (Ichtyologie) Synonyme d'apogon, genre de poisson.
    • Liste illustrée des espèces de la zone :
      Apogon imberbis (Linnaeus, 1758) An - Cardinal fish; Es - Salmonete real; Fr - Coq
      Longueur maximum: 15 cm. Vit sur fonds vaseux ou rocheux jusqu'à 200 m de profondeur.
      — (W. Fischer, M. Schneider & M.-L. Bauchot, Fiches FAO d'identification des espèces pour les besoins de la pêche: Méditerranée et Mer Noire (zone de pêche 37), FAO, 1987, page 960)
  10. (Horlogerie) (Désuet) Petite platine vidée et gravée qui couvrait le balancier dans les montres ; sorte de pièce de laiton fixée à la platine de derrière, pour suspendre le pendule des horloges.
    • On opère alors la levée d'un côté, le balancier étant gêné par un papier léger. Quand le dégagement a lieu, on fait une marque avec du rouge au balancier, juste au-dessous du trait du milieu du coq. — (Claudius Saunier, Traité d'horlogerie moderne: théorique et pratique, 1869, page 85)

Nom commun 2

coq \kɔk\ masculin

  1. (Marine) Cuisinier sur un bateau.
    • Ils nous enlevèrent de la sorte une poêle à frire, des casseroles, des couteaux, la hache du coq, etc. — (Dillon, Voyage dans la mer du sud, Revue des Deux Mondes, 1830, tome 1)
    • Le coq , ses aides et les hommes affectés au service des cuisines, porteront constamment la vareuse et le pantalon de fatigue ; […]. — (Joseph Grégoire Casy, Organisation du personnel d'un vaisseau, Paris : Carilian-Goeury & Vr Dalmont, 1840, p.227)
    • Le fourneau se trouvait dans le rouf situé au milieu du navire. La porte coulissante était ouverte. Le coq, un homme blême et sinistre, la salua d'un hochement de tête. — (Robin Hobb, Les Aventuriers de la mer, tome 8 : Ombres et flammes, traduit de l'anglais par Véronique David-Maresco, Pygmalion, 2012)
    • Elles accomplissaient des tâches qui leur étaient a priori familières : elles nettoyaient le riz, pilaient l'igname et moulaient le maïs. Elles travaillaient aussi comme cuisinières, à la place ou, parfois, en compagnie du coq, et préparaient des repas pour les centaines d'habitants du navire. — (Marcus Rediker, À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, traduit de l'anglais par Aurélien Blanchard, éditions du Seuil, 2013)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COQ. (Dans ce mot et dans les deux suivants, on prononce le Q.) n. m.
Oiseau de la famille des Gallinacés, le mâle de la poule. Un jeune coq. Faire battre, faire jouter des coqs. Un combat de coqs. Le chant du coq. Au premier chant du coq. Crête de coq. Plumes de coq. Coq de bruyère. Voyez BRUYÈRE. Coq d'Inde, Le dindon, le mâle de la dinde. Coq faisan, Le faisan mâle. On appelle également Coq Le mâle de la perdrix. Il ne faut tuer que les coqs. Fam., Être fier comme un coq, Être très fier. Fam., Être rouge comme un coq, se dit d'une Personne à qui une émotion subite fait monter le sang au visage. Prov., Être comme un coq en pâte, Être dans une situation très agréable, par suite des soins dont on est entouré. Il se dit aussi de la Figure de coq qu'on met sur la pointe des clochers des églises, et qui sert de girouette. Le coq de telle église. Le coq du clocher. Il faut voir où est tourné le coq pour savoir de quel côté vient le vent. Fig. et fam., Le coq du village. Celui qui est le plus en vue dans un village. En termes de Zoologie et de Botanique, il désigne de même Certains animaux, certaines plantes. Coq de mer. Coq de jardin.

Littré (1872-1877)

COQ (kok ; le q se fait toujours entendre, excepté dans coq d'Inde qui se prononce : ko-din-d' ; dans plusieurs provinces, au pluriel, on prononce non pas des kok, mais des kô, qui est une prononciation ancienne) s. m.
  • 1Le mâle de la poule. Combats de coqs. Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint ; Et voilà la guerre allumée, La Fontaine, Fabl. VII, 13. Un misérable coq à point nommé chantait, La Fontaine, ib. V, 6. Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois, La Fontaine, ib. II, 15. La ville de Sybaris sera décriée à jamais par la mollesse de ses habitants, qui avaient banni les coqs de peur d'en être réveillés, Fontenelle, Dial. 2e, Morts anciens. Au milieu d'eux le coq, d'un air de majesté, Marche, sûr de sa force et fier de sa beauté, Delille, Par. perdu, VII.

    Par extension, le mâle de plusieurs gallinacés. Coq d'Inde. Coq faisan. Le coq de la perdrix. Si mes paons de leur beau plumage Me font admirer les couleurs, Je crois voir nos jeunes seigneurs Avec leur brillant étalage ; Et mes coqs d'Inde sont l'image De leurs pesants imitateurs, Voltaire, Ép. CVII.

    Fier comme un coq, très fier.

    Familièrement. Être rouge comme un coq, être extrêmement rouge. Se dit souvent d'un homme en colère.

    C'est un bon coq, se dit d'un homme vigoureux en amour.

    Être comme un coq en pâte, avoir toutes ses aises (voy. PÂTE).

    Populairement. À nous le coq, à nous la supériorité, à nous le bouquet.

  • 2Figure de coq qui se met au plus haut d'un clocher pour servir de girouette. Je sais que l'honneur vous est cher, Que vous avez l'âme insensible, Que vous êtes moins accessible Que n'est le coq d'un haut clocher, Scarron, Stances pour un gentilhomme qui était à Bourbon. Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher, Béranger, Bohém.

    Coq gaulois, un des insignes de la nation française. Son aigle est resté dans la poudre, Fatigué de lointains exploits ; Rendons-lui le coq des Gaulois, Il sut aussi lancer la foudre, Béranger, Vieux drap. Le choix de cet oiseau comme symbole de la nation française est de date récente (la première révolution et surtout celle de 1830) ; il ne paraît guère fondé que sur l'homonymie latine de gallus qui signifie à la fois coq et Gaulois.

  • 3 Familièrement, personnage le plus riche ou le plus important d'un lieu. Il est le coq de son village. Viens, parais, jeune prince, et qu'on te reconnoisse Pour le coq de notre paroisse, Voltaire, Fête de Bellebat. Il est le coq du bourg, connu pour un Crésus, Et possède du moins cinquante mille écus, Hauteroche, Deuil, sc. 4.
  • 4 Terme d'histoire naturelle. Coq de bruyère ou des bois, espèce de coq sauvage, du genre tétras, gallinacés.

    Coq de marais, un des noms vulgaires du tétras bonasie, dit aussi gelinotte.

  • 5 Terme de botanique. Coq des jardins, menthe de coq, ou herbe au coq, plante corymbifère d'une odeur agréable.
  • 6 Terme de pêche. Coq de mer, dorade.
  • 7 Terme d'horloger. Espèce de platine enjolivée de gravures ou autres ornements dont on couvre le balancier.

    Terme de serrurerie. Espèce de crampon qui sert à assurer diverses pièces.

PROVERBES

Chétive est la maison où le coq se tait et la poule chante, c'est-à-dire où la femme est maîtresse.

La poule ne doit pas chanter avant le coq, il faut que l'autorité appartienne au mari. … Mon congé cent fois me fût-il hoc, La poule ne doit pas chanter devant le coq, Molière, F. sav. V, 3.

HISTORIQUE

XIIIe s. Quant sire chantecler li cos Estoit alé…, Ren. 1325. De tant li cos est plus viex, de tant vaut il miex, Alebrand, f° 47. Chars de cok, Alebrand, ib. Si cum vers la mie nuit vint, Onques de rien conte ne tint, Mais à la lei de mendiant S'en est alez el coc chantant, Grégoire le Grand, p. 84. La vile seoit en un bos, Moult i ot gelines et cos, Anes [canards], malarz et jars et oes [oies], Ren 1272.

XVe s. Un coq d'Inde sa gorge a toi semblable porte ; Combien de riches gens n'ont pas si riche nez ! …, Basselin, VI.

XVIe s. Ils coqueliquent comme les coqs, ils cloussent comme les poules, Paré, Animaux, 25. La corne de cerf, le cerfueil, targon, coq, et autres menues herbes, De Serres, 536. Qui sçait si c'est quelque sens particulier qui descouvre aux coqs l'heure de minuit et du matin ? Charron, Sagesse, I, 11. Coc chante ou non, viendra le jour, Baïf, dans LEROUX DE LINCY, t. I, p. 172. Ils lui envoyoient mille presens, comme gibiers ou flaccons de vin, et ses femmes lui faisoyent des maucadons et des camises ; il estoit traitté comme un petit coq au panier, Despériers, Contes, LXI. Il n'y feroit non plus que le coq sur les œufs, Cotgrave Jà ne chante le coq, si viendra le jour, Cotgrave

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

COQ, ad med. consumpt. (Medec.) abbréviation dont se servent les Medecins pour dire qu’une chose doit être bouillie jusqu’à ce qu’elle soit à demi-consumée ; ad med. consumpt. signifie ad mediam consumptionem. Coq. in S. Q. Aq. signifie qu’une chose doit être bouillie dans une quantité suffisante d’eau.

Coq, s. m. (Hist. nat. Ornithol.) gallus gallinaceus, oiseau domestique qui est si commun presque par-tout, que la plûpart des Naturalistes ont négligé de le décrire. Willughby le distingue des autres oiseaux de son genre, en ce que les plumes de la queue sont posées verticalement, qu’il a une crête charnue & dentelée sur la tête, des pendans sous le menton, & de longs éperons aux pattes. Le même auteur remarque que le coq & le rossignol sont de tous les oiseaux de jour les seuls qui chantent pendant la nuit. On a compté jusqu’à vingt-sept grandes plumes dans chacune des ailes, & quatorze dans la queue. Les deux plumes du milieu sont beaucoup plus longues que les autres, & recourbées dans la plus grande partie de leur longueur. Le coq qui a servi de sujet pour la description suivante, avoit deux piés cinq pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité des plus longues plumes de la queue, & seulement un pié huit pouces jusqu’au bout des pattes. L’envergure étoit de deux piés huit pouces. Sa crête étoit charnue, dentelée, d’une belle couleur rouge, droite, ferme, & s’étendoit tout le long du sommet de la tête & sur le bec, jusqu’à environ quatre lignes de distance de cette extrémité : elle avoit trois pouces de hauteur depuis le dessus de la dent la plus élevée jusqu’aux coins de la bouche, trois pouces de longueur, & sept à huit lignes d’épaisseur à la racine ; cette épaisseur diminuoit peu-à-peu, & se réduisoit à une ligne ou deux au sommet. Les dents du milieu de la crête avoient six lignes de hauteur ; celles des deux bouts étoient beaucoup moins longues. Il y avoit sous le bec deux appendices de même substance que la crête, & d’une couleur aussi rouge, & de figure ovale ; ils avoient un pouce & demi de longueur, un pouce deux lignes de largeur, sur environ une ligne d’épaisseur : ils étoient situés dans la même direction que le bec. Il y avoit sur le côté extérieur de chacun de ces appendices une sorte de tubercule de quatre lignes de hauteur. La peau qui entoure les yeux étoit d’une couleur rouge moins foncée que la crête : cette peau se prolongeoit, & formoit encore deux appendices de couleur blanchâtre mêlée de rouge, un de chaque côté au-delà de l’œil, & un peu plus bas ; ils avoient près d’un pouce de longueur, & neuf lignes de largeur. L’espace qui se trouve entre ces appendices étoit dégarni de plumes, & de couleur rouge-pâle. Il y avoit au-delà des coins de la bouche une petite tubérosité charnue de même couleur que la crête. L’ouverture des oreilles étoit petite, & recouverte en partie par un bouquet de plumes très-fines. Les grandes plumes de la queue avoient un pié quatre pouces de longueur ; les jambes, cinq pouces & demi depuis le genou jusqu’au bout des ongles. Le doigt du milieu étoit le plus long, & avoit deux pouces trois lignes de longueur, & l’ongle six lignes ; celle de l’éperon étoit d’un pouce six lignes.

La couleur du plumage du coq est fort variée : on en trouve de tout noirs, de tout blancs, de rougeâtres, de gris-cendrés, &c. & d’autres dont les plumes sont parsemées de toutes ces couleurs. Cet oiseau porte la queue presque verticalement, & de façon que les deux grandes plumes se recourbent en-devant, & s’étendent jusqu’auprès de la tête. Voyez Oiseau.

Albin a fait graver dans son histoire naturelle des oiseaux le coq & la poule noire des montagnes de Moscovie, qui sont des oiseaux aussi gros que des dindons : ils ont au-dessus des yeux une peau rouge ; le devant des jambes est garni de plumes jusqu’à la naissance des doigts ; & le plumage est mêlé de noir, de blanc, de gris, de brun, & de verd, & varie dans différens individus. Il y a de ces oiseaux dans les montagnes de Moscovie, sur les Alpes, &c.

On trouve dans le livre que nous venons de citer le coq de Wendhover, qui est un oiseau de proie, le coq de Hambour, & le coq de Bantam ; le premier de ceux-ci ne paroît pas différer beaucoup de nos coqs ; le second porte sa queue en quelque façon comme les coqs-d’Inde. Tome II. n°. 29. & 30. & tome III. n°. 5. 31. & 32. (I)

* Coq, (Œconom. rustiq.) Un bon coq doit être de moyenne taille, cependant plus grande que petite, avoir le plumage ou noir ou rouge obscur ; la patte grosse, & bien garnie d’ongles & d’ergots ; la cuisse longue, grosse, & bien enplumée ; la poitrine large ; le cou élevé & bien fourni de plumes ; le bec court & gros ; les yeux noirs ou bleus ; l’oreille blanche, large, & grande ; les barbes rouges, pendantes, & longues ; les plumes de la tête & du cou étendues jusque sur les épaules, & dorées ; la queue grande ; l’aile forte, &c. Il faut qu’il soit fier, éveillé, ardent, courageux, amoureux, beau chanteur, attentif à défendre & à nourrir ses femmes, &c. Un coq peut suffire à douze à quinze poules. Quand on veut leur en donner un nouveau, il faut accoûtumer les poules à l’accueillir, & les autres coqs à le souffrir ; ce qu’on fera en l’attachant par la patte pendant quelques jours, en rassemblant la basse-cour autour de lui, & en le défendant contre ses rivaux.

Coq, (Mat. med. & Diete.) le vieux coq, gallus annosus. Le bouillon de vieux coq est fort recommandé en Medecine, sur-tout dans les maladies chroniques, comme l’asthme, l’affection hypocondriaque, les obstructions invétérées, & certaines coliques, &c. mais comme on ne l’a presque jamais ordonné seul dans aucun de ces cas, & que la façon de le préparer la’plus ordinaire est de le faire cuire avec différentes semences, racines, fleurs, feuilles, &c. appropriées à chaque espece de maladie, nous ne sommes pas assez sûrs des vertus réelles de ce medicament alimenteux.

Le jus ou décoction de coq passe en général pour un bon incisif chaud, & même un peu purgatif. On trouve dans différens auteurs de Medecine des descriptions de deux especes de bouillons de coq, l’une altérante, & l’autre purgative.

C’étoit une sorte d’usage assez répandu dans le tems que ce remede étoit plus en vogue, de fatiguer le coq qu’on y destinoit jusqu’à le faire mourir de lassitude ; apparemment dans la vûe d’attendrir sa chair, ou plûtôt, comme quelques auteurs de ce tems-là s’en sont expliqué, dans celle d’exalter ses sucs déjà disposés à cette altération par sa salacité singuliere ; & cette exaltation par laquelle ces théoriciens exprimoient les changemens arrivés par l’augmentation du mouvement dans les humeurs d’un animal, présente, pour le dire en passant, une idée pour le moins aussi lumineuse, que la vergence à l’alkali des modernes.

La chair de vieux coq est extrèmement dure ; on réussit à peine à l’attendrir par la plus longue décoction : mais on l’employe assez communément dans les consommés dont on nourrit les malades foibles, languissans, certains convalescens, & quelques vieillards qui ont besoin d’une nourriture abondante, & que leur estomac puisse digérer sans fatigue. Voyez Consommé.

Le sang de coq, sa crête, son fiel, sa fiente, ses testicules, ont été célebrés à différens titres, par différens auteurs ; mais on ne sauroit compter sur les prétendues vertus de ces remedes, qui ne sont plus aujourd’hui en usage en Medecine. Solenander a célebré, par exemple, comme un grand secret contre l’incontinence d’urine, le jabot du coq brûlé & donné en poudre dans du vin : il prétend même que la vertu de ce remede s’étend jusqu’à celle qui est la suite d’un accouchement difficile.

Esculape lui-même ordonnoit le sang de coq en collyre, comme on peut le voir par une anecdote rapportée par Jérôme Mercurialis. Cet auteur raconte, à propos d’un tableau appartenant à la maison de Maffei, qu’un soldat aveugle nommé Valerius Aper s’étant adressé à ce dieu pour en obtenir sa guérison, le dieu lui répondit, qu’il allât, qu’il prît le sang d’un coq blanc, qu’il en fît un collyre avec du miel, qu’il s’en frottât les yeux pendant trois jours. Le soldat obéit à l’oracle, guérit, & rendit grace publiquement au dieu ; & c’est peut-être pour cela, ajoûte Mercurialis, que quelques anciens ont représenté Esculape avec un coq sur le poing. (b)

* Coq, (Myth.) cet animal est le symbole de la vigilance ; c’est pour cette raison qu’on le trouve souvent dans les antiques, entre les attributs de Minerve & de Mercure. On l’immoloit aux dieux Lares & à Priape. C’étoit aussi la victime du sacrifice que l’on faisoit à Esculape lorsqu’on guérissoit d’une maladie. Et quand Socrate dit en mourant à Criton son disciple, Criton, immole le coq à Esculape, c’est comme s’il eût dit, enfin je guéris d’une longue maladie. En effet, un homme si sage & si malheureux, à qui il ne manquoit que de croire en J. C. & qui périssoit pour avoir admis l’existence d’un seul Dieu, & conséquemment des peines & des récompenses à venir, devoit regarder le dernier instant de sa vie, comme le premier de son bonheur.

Coq de Bois, vrogallus tetrao major, (Hist. nat. Ornithol.) oiseau qui ressemble au coq-d’inde pour la grosseur & pour la figure du corps. Le mâle a, depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, environ deux piés cinq pouces & demi, & la femelle seulement deux piés. L’envergure du mâle est de trois piés & demi, & celle de la femelle seulement de trois piés deux pouces. Le bec a un pouce & demi de longueur depuis la pointe jusqu’aux coins de la bouche : les côtés sont tranchans & forts. La langue est pointue, & le palais en porte l’empreinte. L’iris des yeux est de couleur de noisette. Il y a au-dessus de l’œil une peau dégarnie de plumes, & de couleur rouge, comme dans tous les autres oiseaux de ce genre. Les jambes sont revêtues de plumes par-devant jusqu’à la naissance des doigts, & n’en ont point par-derriere. Les doigts sont unis ensemble par une membrane seulement jusqu’à la premiere articulation, & sont garnis de chaque côté d’appendices courtes & dentelées. Cet oiseau a la poitrine de couleur rousse pâle, avec des lignes noires transversales. L’extrémité de chaque plume est blanchâtre. Le bas de la gorge est d’un rouge plus foncé, & le ventre presque cendré. Toute la face supérieure est mêlée de noir, de roux, & de couleur cendrée : la pointe des plumes est mouchetée, excepté sur la tête où il y a du pourpre. Le mâle a le menton noir, & la femelle l’a de couleur rousse, sans aucun mêlange de noir. La queue est d’un roux plus ardent, a des bandes transversales noires, & la pointe des plumes est blanchâtre. Le mâle a les plumes de la queue noire, dont la pointe est blanchâtre, & les bords marquetés de petites taches de couleur rousse cendrée : les deux plumes du milieu, & même les deux suivantes, ont des taches blanches ; les plumes qui recouvrent la queue ont la pointe blanchâtre ; quelquefois elles sont noires, parsemées de petites bandes de couleur cendrée roussâtre. Il y a sur le dos des lignes noires & blanches posées alternativement. Les plumes du dessous de la queue sont noires, & ont l’extrémité & les bords extérieurs blanchâtres. La tête est de même couleur que le dos. Les pointes des plumes de la poitrine sont blanches. Il y a vingt-six grandes plumes dans chaque aile : toutes celles qui suivent la dixieme ont la pointe blanche. Les grandes plumes des épaules ont des taches irrégulieres de couleur noire, & mêlées d’un peu de roux. Le mâle a les plumes du cou d’un bleu luisant. Les cuisses, les côtés, le cou, le croupion, & le ventre, sont marqués de lignes blanches & noires. La couleur des plumes de la tête est d’un noir plus foncé, & celles qui entourent l’anus sont cendrées.

Cet oiseau est bien reconnoissable par sa grosseur, sans qu’il soit nécessaire d’observer en détail toutes les couleurs, qui varient par l’âge, le climat, & d’autres accidens : il est excellent à manger. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau. (I)

Coq de Bruiere, tetrao seu vrogallus minor, (Hist. nat. Ornith.) espece d’oiseau. Le mâle qui a servi à la description suivante pesoit trois livres, & avoit un pié neuf pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’au bout des doigts, & la femelle seulement un pié & demi. L’envergure du mâle étoit de deux piés sept pouces, & celle de la femelle de deux piés trois pouces. Le mâle est noir, à l’exception du bord des plumes, sur-tout du cou & du dos qui sont d’un bleu luisant, & des cuisses dont la couleur est blanchâtre. La femelle est de couleur rousse comme la bécasse ou la perdrix, avec des taches noires posées transversalement. Le ventre & la poitrine sont blanchâtres ; les grandes plumes des ailes & toutes leur face inférieure sont blanches, comme dans le mâle. La couleur des plumes du milieu du dos est d’un roux ardent ; les plumes du croupion & du dessous de la queue, & le bord de celles de la gorge, sont blanchâtres. Il y a environ vingt-six grandes plumes dans chaque aile ; dans le mâle la cinquieme n’est blanche qu’à la racine ; la huitieme & toutes celles qui suivent jusqu’à la vingt-sixieme, sont blanches depuis la racine jusqu’à la moitié de leur longueur ; la onzieme & les suivantes jusqu’à la vingt-deuxieme, n’ont que la pointe blanche. Dans la femelle, les dix premieres plumes de l’aile sont brunes, & ont un peu de blanc sur les bords extérieurs, & les autres sont de la même couleur que le corps, à l’exception de la pointe qui est blanchâtre. La racine de toutes les grandes plumes est aussi blanchâtre, à l’exception des cinq premieres. Les dix premieres plumes de celles qui recouvrent les grandes plumes de l’aile & celles de la fausse aile, sont blanches à l’extrémité. La face inférieure des grandes plumes est de cette même couleur dans le mâle & dans la femelle ; ce qui forme, lorsque les ailes sont pliées, une tache blanche fort apparente sur la face supérieure de chaque aile. La queue est composée de seize plumes qui sont de même couleur que le corps, & dont la pointe est blanche. Dans le mâle, les plumes extérieures ont près de sept pouces de longueur, tandis que celles du milieu n’en ont que quatre. Dans les femelles, les plumes qui sont à l’extérieur n’ont que quatre pouces & demi de longueur. Les trois premieres de la queue du mâle sont les plus longues de toutes, & se recourbent en-dessous. La quatrieme de chaque côté est plus courte, & moins recourbée. Les plumes extérieures de la queue de la femelle sont plus longues que les autres, comme dans le mâle, mais elles ne sont point recourbées par-dessous. Le bec est noir & crochu ; la piece supérieure est convexe & élevée dans le milieu. La langue est molle & hérissée. Son empreinte est marquée sur le palais. Il y a au-dessus des yeux une peau dégarnie de plumes & de couleur rouge. L’ouverture des oreilles est fort grande dans le mâle & dans la femelle : les pattes, à l’exception des doigts, sont hérissées de petites plumes dirigées en-haut, seulement sur la partie antérieure. Il y a une membrane qui tient les doigts unis ensemble jusqu’à la premiere articulation, ensuite elle forme de chaque côté des doigts une sorte d’appendice, ou de bord dentelé. L’ongle du doigt du milieu est tranchant seulement du côté intérieur ; il n’y a point d’éperon. Willughby, Orn. &c. Voyez Oiseau. (I)

Coq d’Inde, gallopavo sive meleagris & numidica avis, (Hist. nat. Ornithol.) oiseau de la grosseur du paon ; la tête & le cou sont entierement dégarnis de plumes, & recouverts par une peau de couleur de pourpre dans la plus grande partie de son étendue : cette peau qui est ordinairement lâche & flasque, devient fort tendue & gonflée quand l’oiseau crie, & le cou se renfle pour lors de la grosseur du bras. Le sommet de la tête est de trois couleurs fort distinctes, qui sont le blanc, le bleu, & le pourpre. Cet oiseau n’a point de hupe : on voit cependant un appendice charnu & rouge qui tombe du dessus du bec qui le couvre, & qui descend d’un pouce plus bas ; de sorte qu’on n’apperçoit le bec qu’en regardant l’oiseau de profil. Lorsqu’il mange, cet appendice se raccourcit au point qu’il ne se trouve plus aussi long que le bec. Le coq d’inde a les jambes fort hautes, & les ongles crochus & semblables à ceux des coqs ordinaires. Celui sur lequel on a fait cette description, étoit plus haut qu’un paon, & avoit le corps arrondi ; l’iris des yeux étoit de couleur de pourpre mêlée de bleu ; lorsqu’on approchoit de sa femelle qui étoit blanche, & qui ressembloit à un paon à qui on auroit ôté les plumes de la queue, il hérissoit aussi-tôt toutes ses plumes & sembloit prendre une démarche grave. Cet oiseau n’a point d’éperon aux jambes. Quand les mâles sont un peu âgés, on les distingue des femelles par un petit bouquet de crin qui se trouve sous la gorge. Les femelles ont dans le même endroit un petit morceau de chair sans crin. Il y a dix-huit grandes plumes dans chaque aile, & autant dans la queue. Les œufs sont blancs & parsemés de beaucoup de petites marques rougeâtres mêlées de jaune. Ces oiseaux cherchent les lieux chauds ; cependant ils supportent très-bien le froid, lorsqu’ils y sont accoûtumés avec l’âge. Les petits sont fort délicats & si foibles, qu’il faut beaucoup de soin pour les élever & les préserver des injures de l’air. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau. (I)

Coq d’inde, (Œcon. rustiq.) cet animal est d’une grande ressource dans la basse-cour ; il multiplie beaucoup & souvent, & la chair en est délicate quand il est jeune. Il faut que celui qu’on donne aux femelles soit éveillé, fort, & hardi. Il peut suffire à cinq poules. Voyez les artic. Poule d’Inde, Dindon, Dindonneau

Coq Indien, gallus Indicus, (Hist. nat. Ornit.) oiseau fort différent du coq d’inde. Quoique ces noms paroissent synonymes, on auroit mieux fait d’en donner un autre au premier pour le distinguer du second, & de l’appeller avec Jouston coq de Perse. Je ne conserve ici celui de coq Indien que pour me conformer à ce qui est écrit dans les mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux par M. Perrault. On lui dit que cet oiseau portoit en Afrique le nom d’ano ; il se trouve aussi dans les Indes occidentales, où il est appellé mitu-poranga. M. Perrault rapporte la description de trois oiseaux de cette espece, qui furent disséqués. L’un différoit des deux autres par le bec ; ils étoient grands comme un poulet d’inde de médiocre grandeur ; ils avoient la tête & le cou noir, & le reste du corps mêlé de teintes verdâtres & de noir, excepté le dos où on voyoit du gris de couleur de bois de noyer ; & le bas-ventre, le haut des cuisses par-derriere, & le dessous de la queue où il y avoit des plumes blanches, & aussi au-dessus de la queue, dans l’un de ces trois oiseaux. La tête étoit surmontée par un panache qui s’étendoit depuis le bec jusqu’au commencement du derriere du cou, & qui étoit composé de plumes noires longues de deux pouces & demi, larges de deux lignes, posées un peu obliquement en arriere, & recourbées en avant par l’extrémité. Les plumes du haut du cou étoient petites, & elles devenoient plus grandes à mesure qu’elles approchoient de la poitrine. Les dernieres avoient deux pouces de longueur, & un pouce de largeur. Les cuisses & les jambes étoient garnies de plumes blanches & noires jusqu’au talon. Il y avoit aussi dans l’un de ces oiseaux des plumes blanches depuis le haut du sternum jusqu’au bas. La longueur du cou étoit de neuf pouces ; depuis le dessous du ventre jusqu’à l’extrémité des doigts, il y avoit quatorze pouces. Il se trouvoit sur le devant & sur le derriere des jambes des écailles quarrées, & sur les côtés des écailles plus petites de figure hexagone. Les piés étoient gros, les ongles noirs, longs, & crochus ; mais on n’y a point vû d’éperon. Le bec avoit neuf lignes de largeur à sa naissance, & deux pouces de longueur ; sa couleur étoit noire à l’extrémité, & jaune dans le reste. Il y avoit une membrane qui étoit renflée dans l’un des trois oiseaux, de façon qu’elle formoit une tumeur de la grosseur d’une petite noix ; dans un autre, l’extrémité du bec paroissoit divisée en trois parties. Mém. de l’acad. roy. des Sciences, tome III. part. I. p. 223. & suiv. Voyez Oiseau. Voyez aussi la Plan, XI. & la fig. 2. de nos Pl. d’Hist. naturelle. (I)

Coq de marais, voyez Francolin.

* Coq (l’ordre du). Hist. mod. Claude Polier gentilhomme Languedocien, délivra le dauphin d’un grand danger dans une bataille contre les Anglois, où Louis XI. comte de Toulouse commandoit. En reconnoissance de ce service, le dauphin institua l’ordre qu’il appella du coq, oiseau que Polier avoit dans ses armes, & l’en fit premier chevalier. On place la date de cette institution sous le regne de Philippe le Hardi.

Coq du vaisseau, (Marine.) on donne ce nom au cuisinier qui est chargé de faire à manger pour l’équipage. (Z)

Coq, (Horlog.) c’est dans les montres une petite platine vuidée & gravée, qui couvre le balancier. Voyez la fig. 45. Pl. X. d’Horlogerie.

Les coqs à la françoise sont meilleurs que ceux à l’angloise, parce que les premiers ayant deux oreilles ou pattes P, P, ils sont plus solides ; & le pivot du balancier ne peut sortir de son trou par les secousses, comme cela arrive souvent dans les montres angloises.

On appelle petit coq dans les montres françoises, une petite piece de laiton ajustée sur le coq au moyen d’une vis & de deux piés : c’est dans le trou de ce petit coq que roule le pivot du balancier. Les Horlogers françois ont adopté cette pratique ; 1° afin que le régulateur se trouvât plus près du milieu de sa tige ; 2° afin que le pivot du balancier fût moins sujet à se rompre dans les différentes secousses ; 3° pour éviter la trop grande usure de ce pivot & du trou, dans lequel il roule ; 4° enfin pour y conserver une plus grande quantité d’huile.

Il y a encore une piece que dans les montres françoises on nomme petit coq d’acier ; c’est une espece de griffe de ce métal, qui tient une agathe ou un grenat sur le centre du petit coq de laiton, afin que l’extrémité du pivot du balancier s’y appuie quand la montre est sur le plat. Voyez Tigeron. Voyez la fig. q.

Coq, dans les pendules ; c’est une forte piece de laiton fixement attachée sur la platine de derriere. Son usage est de suspendre le pendule. (T)

* Coq, (Serrurerie.) c’est dans une serrure à pêle en bord, la partie dans laquelle le pêle ou la gâchette se ferme.

Il y a des coqs simples, des coqs doubles & triples. Le coq simple est une piece de fer oblongue de la hauteur de la serrure, qui a, à sa partie appliquée à la tête du palâtre, une entaille qui reçoit le pêle ou la gâchette, quand la serrure est fermée. Cette piece est attachée à la tête du palâtre par une patte avec une vis ; & au palâtre même, par un pié qui y entre du côté où le coq s’applique au palâtre. Son usage est de servir de guide ou conducteur au pêle ou à la gâchette, qui n’en sort jamais entierement.

Les coqs doubles & triples ont le même usage que le coq simple ; il n’y a de différence qu’en ce qu’ils forment une espece de boîte, dont les deux grandes surfaces sont deux coqs paralleles, simples, assemblés, entre lesquels entre l’aubron, dans lequel le pêle est reçu, soit simple, soit double, ou triple : il est posé sous l’ouverture de la tête du palâtre ; de sorte que simple il n’est qu’à fleur d’un côté de l’ouverture, & que double, son ouverture répond exactement à celle de la tête du palâtre. Voyez dans nos Planches de Serrurerie des coqs simples, doubles, & triples.

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Étymologie de « coq »

(Nom 1) Terme de formation onomatopéique attesté dès le VIe siècle en bas latin sous la forme coccus (Loi Salique) et qui a supplanté l’ancien français jal représentant le latin gallus. L’onomatopée imitant le cri du coq est elle-même attestée en latin impérial coco coco.
(Nom 2) Emprunté, au moment où dominait la navigation hollandaise, au néerlandais kok (« cuisinier »), dérivé du latin coquus. Voir maître queux pour l’équivalent français directement issu du latin.
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Picard, cou, co ; Berry, cô ; pays de Coire, cot ; anglo-sax. coco ; angl. cock ; bas-bret. kok. D'après Diez, c'est une onomatopée. Palsgrave écrit, au pluriel, quoqz, prononcé quoz. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cos ; au régime singulier, le coc ; au nominatif pluriel, li coc ; au régime pluriel, les cos.

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Phonétique du mot « coq »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
coq kɔk

Évolution historique de l’usage du mot « coq »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « coq »

  • Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, Et voilà la guerre allumée. Jean de La Fontaine, Fables, les Deux Coqs
  • Le coq ne sort pas de sa nature moins par incapacité, que par orgueil. Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont, Chants de Maldoror
  • Faites pondre le coq, la poule parlera. Henri Michaux, Tranches de savoir, Cercle des Arts
  • Le coq gratte puis la poule ramasse. De Proverbe québécois
  • Le coq est roi sur son fumier. De Sénèque / L'apocolokyntose
  • Mariée à un coq, on suit le coq, mariée à un chien, on suit le chien. De Proverbe chinois
  • On tue le coq pour effrayer le singe. De Proverbe chinois
  • La poule ne doit pas chanter avant le coq. De Proverbe français
  • Un coq qui chante, c'est un réveil biologique. De Jean Ménard
  • Que le coq chante ou non, le jour se lève. De Proverbe libanais
  • Même si le coq ne chantait pas, l’aurore viendrait. De Proverbe afghan
  • L'emblème de la France, c'était le coq. C'est aujourd'hui le coq au vin. De Gilbert Cesbron
  • Qu'est-ce que la France, je vous le demande ? Un coq sur un fumier. Otez le fumier, le coq meurt.
  • Le coq se lève tôt ; mais le voleur encore plus tôt. De Alexis Tolstoï / Kosma Proutkov
  • Pauvre maison que celle où les poules chantent et le coq se tait. De Proverbe italien
  • Laissez le coq passer le seuil, vous le verrez bientôt sur le buffet. De Proverbe français
  • Poule qui chante et coq qui pond, c’est le diable à la maison. De Proverbe français
  • Cheveux au vent, comme le coq matinal, le rassembleur chante sa victoire sur le fainéantisme. De Roland Delisle
  • Qu'est-ce que la France, je vous le demande ? Un coq sur un fumier. Otez le fumier, le coq meurt. Jean Cocteau, La Difficulté d'être, Éditions du Rocher
  • La maison est à l'envers lorsque la poule chante aussi haut que le coq. Noël Du Fail seigneur de La Hérissaye, Contes et discours d'Eutrapel
  • Il a été posé en fin de semaine dernière par le maire, Gilles Thorel. Un geste symbolique pour une église en plein travaux. Avant d’aller le poser, l’élu est allé montrer le coq aux enfants de l’école. La Voix du Nord, Un coq flambant neuf pour l’église Saint-Martin de Campagne-lès-Wardrecques
  • Maurice est mort. La nouvelle passerait inaperçue sauf qu’il s’agit de Maurice-le-coq, star internationale et symbole de la ruralité. Ce volatile-là avait l’habitude de chanter tôt le matin comme d’ailleurs beaucoup de ses confrères. Ce qui ne plaisait pas à tout le monde dans son île d’Oléron. Au point que des résidents, venus de la ville, saisirent la justice pour qu’il se taise. Qu’un coq gazouille ne correspondait pas à leurs critères de la campagne. Les juges leur donnèrent tort : Maurice put poursuivre ses cocoricos et devint l’emblème des bruits des zones rurales. Il fut même à l’origine de la notion de « patrimoine sensoriel » dans le droit ! Disparu, Maurice a été remplacé par Maurice II accompagné, lui, de deux nouvelles poulettes. Y en a qui ont de la chance. L'Opinion, Le chant du coq | Le billet de Michel Schifres | L'Opinion
  • Il y a une dizaine de jours, le refuge pédagogique située dans l’enceinte du cimetière de Baincthun a été vandalisé. Quatre poules et un coq ont disparu. La municipalité a déposé une plainte. La Voix du Nord, Quatre poules et un coq disparaissent… Qui en veut au refuge animalier de Baincthun?

Images d'illustration du mot « coq »

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Traductions du mot « coq »

Langue Traduction
Anglais cock
Espagnol polla
Italien cazzo
Allemand schwanz
Chinois 公鸡
Arabe الديك
Portugais galo
Russe петух
Japonais コック
Basque oilarra
Corse gallu
Source : Google Translate API

Synonymes de « coq »

Source : synonymes de coq sur lebonsynonyme.fr

Coq

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