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Cirque

Sommaire

  • Définitions du mot cirque
  • Étymologie de « cirque »
  • Phonétique de « cirque »
  • Évolution historique de l’usage du mot « cirque »
  • Citations contenant le mot « cirque »
  • Images d'illustration du mot « cirque »
  • Traductions du mot « cirque »
  • Synonymes de « cirque »

Définitions du mot cirque

Trésor de la Langue Française informatisé

CIRQUE, subst. masc.

I.− ANTIQ. ROMAINE. Vaste enceinte à ciel ouvert ou tendue d'un velarium, au sol couvert de sable, entourée de gradins, dans laquelle on donnait des jeux publics (courses de chars, combats de fauves, de gladiateurs, etc.) :
1. Les Anciens avaient le plaisir grand, leurs distractions étaient le cirque, les combats des animaux, la vraie mort des hommes, les exécutions des martyrs sur une large échelle. Les lampions de leurs illuminations étaient des chrétiens résineux. E. et J. de Goncourt, Journal,1855, p. 201.
II.− Moderne
A.− Usuel, JEUX
1. Piste entourée de gradins abritée dans un bâtiment en maçonnerie ou sous une toile de tente en forme de chapiteau où se donnent des spectacles variés :
2. Cirques fixes et cirques voyageurs. Peu d'années après sa création, le cirque fermé et couvert trouva le moyen de devenir nomade. La tente de toile ou « chapiteau » soutenue par un mât central, les gradins démontables, une enceinte formée de matériaux légers, ont permis au cirque de transporter son spectacle de ville en ville. Dès le premier tiers du xixesiècle, des troupes équestres se formèrent pour couvrir la France et tout le continent européen, tandis qu'en Angleterre et aux États-Unis grandissait la vogue du cirque-ménagerie aux proportions colossales... Arts et litt. dans la société contemp.,1935, p. 7616.
SYNT. Cirque stable, forain, ambulant; cirque équestre; numéro. attraction de cirque; spectacle, bête de cirque.
P. métaph. :
3. Chaque cerveau est comme un cirque, où tourne éternellement un pauvre cheval enfermé. Quels que soient nos efforts, nos détours, nos crochets, la limite est proche et arrondie d'une façon continue, sans saillies imprévues et sans porte sur l'inconnu. Il faut tourner, tourner toujours, par les mêmes idées, les mêmes joies, les mêmes plaisanteries, les mêmes habitudes, les mêmes croyances, les mêmes écœurements. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Suicides, 1883, p. 825.
2. P. méton. Entreprise qui organise ces spectacles. Cirque Pinder.
Spéc. Cirque espagnol. Arènes où se déroulent les corridas. Les taureaux du cirque espagnol sont toujours tués par les matadors (Vigny, Le Journal d'un poète,1853, p. 1308).
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. masc. cirqueux. Personne appartenant au monde du cirque. Mounnezergues demandait à tout cirqueux qu'il rencontrait si celui-ci ne saurait lui dire où il aurait des chances, lui Mounnezergues, de rencontrer Psermis (Queneau, Pierrot mon ami, 1942, p. 144).
3. Au fig. Agitation désordonnée, tumultueuse; attitude outrancière. Quel cirque!, faire le cirque, arrête ton cirque!
En partic. [Empl. comme déterminant d'un subst. désignant une pers.] De cirque. Dont l'attitude est si outrancière que sa sincérité est douteuse. L'empressement à la servitude de quelques patriotes de cirque (Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 257).
B.− [P. anal. de forme] GÉOGR. Plaine de forme plus ou moins circulaire creusée dans les flancs d'un massif montagneux. Glacier de cirque; cirque d'érosion, de collines, de rochers; cirque de Gavarnie :
4. Le Marborée, c'est quelque chose d'indescriptible. Une muraille de glaces, de neiges, de rochers incommensurables entourant un cirque où l'on est mouillé par la chute de cascades de douze cents pieds perpendiculaires. Des ponts de neige sur lesquels passent des caravanes de pâtres et de troupeaux... G. Sand, Histoire de ma vie,t. 4, 1855, p. 16.
P. ext. Cirque lunaire. Dépression circulaire creusée à la surface de certains astres ou planètes.
Prononc. et Orth. : [siʀk]. Seule transcr. de circus ds Land. 1834 : cir-kuce. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. xives. [date du ms.] antiq. rom. (Bers., Tit. Liv., B.N. 20312ter, fo2eds Gdf. Compl.); 2. 1812, 10 janv. spectacles (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin, t. 1, p. 25); 1946 fig., fam. « agitation désordonnée » (P. Vialar, La Mort est un commencement, Le Bal des sauvages, p. 84); 3. 1778-1821 (L. de Fontanes, Œuvres complètes, t. 1, p. 76 : La nature [...] voulut [...] Bâtir un cirque [Gavarnie] immense et digne de ses mains). Empr. au lat. class. circus « cercle » puis p. anal. de forme « enceinte circulaire où l'on célébrait les jeux ». Fréq. abs. littér. : 770. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 553, b) 1 857; xxes. : a) 1 109, b) 1 140. Bbg. Goug. Mots. t. 2 1966, pp. 80-81. − Grimaud (F.). Petit gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, p. 112.

Wiktionnaire

Nom commun

cirque \siʁk\ masculin

  1. (Antiquité) Lieu destiné, chez les Romains, à accueillir les jeux publics, et particulièrement les diverses formes de lutte et les courses de chevaux et de chars.
    • Comment concilier la passion immodérée des Romains pour les combats du cirque, et l'infamie dont ils couvraient les instrumens de ces cruels spectacles, les arénaires, bestiaires, gladiateurs ? — (« Arène », dans le Dictionnaire universel de droit français par Jean-Baptiste-Joseph Pailliet, vol. 5, Paris : chez Tournachon-Molin, 1827, p. 516)
    • Les cirques étaient ordinairement de forme ovale.
  2. (Cirque) Entreprise de spectacle qui organise des jeux et exercices de ce genre.
    • Le maître du cirque de la barrière du Combat profitait des vacances de Pâques pour envoyer ses ours et ses dogues donner quelques représentations à Meaux. Toute cette ménagerie voyageait à pied. — (Victor Hugo, Lettre Vingtième : De Lorch à Binden, dans Oeuvres complètes : Le Rhin, Tome II, Henri-Louis Delloye éditeur, Paris, 1842, p. 70)
    • Peu d'années après sa création, le cirque fermé et couvert trouva le moyen de devenir nomade. La tente de toile ou « chapiteau » soutenue par un mât central, les gradins démontables, une enceinte formée de matériaux légers, ont permis au cirque de transporter son spectacle de ville en ville. — (Gustave Fréjaville, « Cirques fixes et cirques voyageurs », dans Encyclopédie française, Tome XVI : Arts et littératures dans la société contemporaine, Paris, 1935, p. 16.76-16)
    • Il avait appartenu, en qualité de porteur, à une troupe d'acrobates de cirque, puis s'était entraîné au tapis, en vue d'un numéro de « flic-flac » avec rattrape sur les épaules. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • À Rochechouard, « Médrano », a rajeuni le cirque Fernando, et dans le souvenir du clown Boum-Boum, a trouvé un heureux déroulement de spectacle. — (Jean Valmy-Baysse, La curieuse aventure des boulevards extérieurs, Éditions Albin-Michel, 1950, p.239)
    • […] les trompettes et les tambours du cirque couvraient les valses des chevaux de bois, et le crépitement des tirs scandait d'un pointillé sonore ce vacarme étourdissant et faux. — (Pierre-Henri Simon, Celle qui est née un dimanche, 1952)
  3. (Géographie) Bassin de montagnes disposé circulairement.
    • A nos pieds, dans un vaste cirque encadré de crêtes noires et déjà tout envahi par les ombres crépusculaires, apparaît une énorme agglomération de tentes grises, […]: la m’halla! — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 55)
    • Les montagnes s'élevant à des hauteurs majestueuses formaient une espèce de cirque, d'immense amphithéâtre naturel autour du bassin qu'était la rade […]. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti’', 1929)
  4. (Figuré) (Familier)
    1. Situation chaotique ; désordre.
      • D'autres expressions sont moins flatteuses et l'on n'hésite pas, face à un désordre, à s'exclamer "Quel cirque !" alors que les dictionnaires les moins laxistes mettent à notre disposition des mots comme bazar, bordel ou merdier. — (Hugues Hotier, Le cirque, impératifs de sécurité et imaginaire du risque, Quaderni, N°44 : Les industries de l'évasion, p. 102, Paris, Printemps 2001.)
      • Quelques alcoolos faisaient un cirque vaseux. Les alcoolos m’emmerdent, ils ne sont jamais drôles. — (Claude Courchay, Les Américains sont de grands enfants, Flammarion, 1979, p. 136)
    2. Comportement outrancier ; exagération.
      • […] D’ailleurs, il arrive aujourd’hui que le mot « cirque » soit remplacé par « psychodrame ». Autrement dit : arrête de faire des histoires, cesse d’amplifier les choses ! Qui fait un « cirque » ou un « psychodrame » est … un emmerdeur. — (Corinne Gal, Le Psychodrame, une expérience aussi forte que la vie, Odile Jacob, Paris, 2016)
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Littré (1872-1877)

CIRQUE (sir-k') s. m.
  • 1Vaste enceinte où les anciens se réunissaient pour la célébration des jeux publics. Du pain, les jeux du cirque, un sacrifice aux dieux, Chénier M. J. Tibère, III, 4.
  • 2 Par extension. Paris, triste cité ! détourne tes regards Vers le cirque, où l'on voit aux accords de la lyre S'unir les prestiges des arts, Hugo, Odes, I, 7.
  • 3Cirque olympique, nom donné par les frères Franconi vers la fin de la première Révolution à une enceinte circulaire et couverte où l'on exécutait divers exercices d'équitation.

    Absolument. Un cirque, une telle enceinte. Le cirque Napoléon. Le cirque de l'Impératrice.

  • 4 Terme de géologie. Vallée de montagnes qui s'élargit et prend une forme arrondie. Le cirque de Gavarnie dans les Pyrénées.

    Bassin de montagnes disposé circulairement.

HISTORIQUE

XIVe s. Cirque estoit un lieux à Rome dedié au commun pour fere chose publique, si comme estoient jeuz, solempnitez, Bercheure, f° 2.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CIRQUE, s. m. (Hist. anc.) grand bâtiment toûjours plus long que large, où l’on donnoit différens spectacles : un des bouts, le plus étroit, étoit terminé en ligne droite ; l’autre étoit arrondi en demi-cercle ; les deux côtés qui partoient des extrémités de la face droite, & qui alloient rencontrer les deux extrémités de la face circulaire, étoient les plus longs ; ils servoient de base à des siéges ou gradins placés en amphithéatre pour les spectateurs ; la face droite & la plus étroite étoit composée de douze portiques pour les chevaux & pour les chars ; on les appelloit carceres ; là il y avoit une ligne blanche d’où les chevaux commençoient leurs courses. Aux quatre angles du cirque, sur le pourtour des faces, il y avoit ordinairement quatre corps de bâtimens quarrés, dont le haut étoit chargé de trophées ; quelquefois il y en avoit trois autres dans le milieu de ce pourtour, qu’on appelloit meniana. Le milieu de l’espace renfermé entre les quatre façades dont nous venons de parler, étoit occupé par un massif d’une maçonnerie très-forte, de douze piés d’épaisseur sur six de haut ; on l’appelloit spina circi. Il y avoit sur la spina des autels, des obélisques, des pyramides, des statues, & des tours coniques : quelquefois les tours coniques étoient élevées aux deux extrémités sur des massifs de pierre quarrés, & séparés par un petit intervalle de la spina, en sorte qu’elles partageoient chacun des espaces des extrémités de la spina aux façades intérieures du cirque en deux parties, dont la plus grande de beaucoup étoit entre la façade & les tours. Au-dessous des gradins en amphithéatre placés sur les façades du cirque, on avoit creusé un large fossé rempli d’eau, & destiné à empêcher les bêtes de s’élancer sur les spectateurs ; ce fossé s’appelloit euripe. Les jeux, les combats, les courses, &c. se faisoient dans l’espace compris de tout côté entre l’euripe & la spina circi ; cet espace s’appelloit area. A l’extérieur le cirque étoit environné de colonnades, de galeries, d’édifices, de boutiques de toutes sortes de marchands, & de lieux publics.

Les bâtimens qu’on appelloit cirques à Rome, s’appelloient en Grece hippodromes. V. Hippodrome. On en attribue l’institution à Rome à Romulus, qui les appella consualia, nom pris de Consus, dieu des conseils, que quelques-uns confondent avec Neptune l’équestre. Les jeux qui se célébroient dans les cirques se faisoient auparavant en plaine campagne, ensuite dans de grands enclos de bois, puis dans ces superbes bâtimens dont nous allons parler.

On célébroit dans les cirques des courses de chars, aurigatio (Voyez Char & Courses) ; des combats de gladiateurs à pié, pugna pedestris (Voyez Gladiateurs) ; des combats de gladiateurs à cheval, pugna equestris (Voyez Gladiateurs) ; la lutte, lucta (Voyez Lutte) ; les combats contres les bêtes, venatio (Voyez Bêtes) ; les exercices du manege par de jeunes gens ; ludus Troja, jeux de Troye ; les combats navals, naumachia. Voyez Naumachies.

On comptoit à Rome jusqu’à quinze cirques ; mais ils n’étoient pas tous ni de la même grandeur, ni de la même magnificence. Il y avoit

Le cirque d’Adrien. Il étoit dans la quatorzieme région, près de l’endroit où est aujourd’hui le château Saint-Ange. Il fut ainsi appellé de l’empereur Adrien qui le fit construire. Il n’étoit pas magnifique : les uns prétendent que ce ne fut qu’un enclos de bois ; d’autres, qu’il étoit de pierre noire. On croit encore en remarquer des vestiges.

Le cirque d’Alexandre. Il étoit dans la neuvieme région, où est aujourd’hui la place Navonne. On en voit la figure sur quelques monnoies d’Alexandre Sévere. On l’appelloit aussi le cirque agonal, parce qu’on y avoit célébré les jeux de Janus Agonius. On prétend que c’est par corruption d’Agonius qu’on a fait le nom Navonne. On dit qu’on découvrit des restes de ce cirque en creusant les fondemens de l’église de sainte Agnès.

Le cirque d’Antonin Caracalla, ou peut-être de Galien. Il étoit dans la premiere région, à l’endroit où est aujourd’hui la porte S. Sébastien, anciennement appellée la porte Capene. On croit en voir des restes entre l’église S. Sébastien & le capo di Bove. Le pape Innocent X. fit ériger son obélisque sur la magnifique fontaine de la place Navonne. L’aire en est actuellement une prairie de 223 cannes de long, sur 33 1/2 de large.

Le cirque d’Aurélien. Il étoit dans la cinquieme région ; mais il faut plûtôt l’appeller cirque d’Eliogabale, parce qu’Aurélien ne fit que le réparer. Voyez plus bas le cirque d’Eliogabale.

Le cirque Castrensis. Il étoit devant la porte Lubicana ou de Preneste, aujourd’hui la porta Maggiore, non loin de l’amphithéatre Castrensis, derriere sainte-Croix en Jérusalem. On prétend qu’il n’étoit qu’à l’usage des soldats, & que c’est aussi le même que celui d’Eliogabale.

Le cirque de Domitia. Il étoit dans la quatorzieme région. Il y a lieu de conjecturer que c’étoit le même que celui d’Adrien.

Le cirque d’Eliogabale. Il étoit dans la quinzieme région. Son obélisque est regretté des savans ; il étoit chargé d’hiéroglyphes ; on en voit les morceaux dans la cour du cardinal François Barberin. Il restoit encore, il n’y a pas long-tems, des vestiges du cirque.

Le cirque de Flaminius. Il étoit en la neuvieme région, dans des prés appellés alors prata Flaminia. Il fut bâti l’an 530 par Cneius Flaminius censeur, le même qui fut défait par Annibal près du lac Trasimene. Il avoit une double galerie de colonnes corinthiennes. Il étoit hors de la ville. C’étoit là que commençoit la marche des triomphes. On y donnoit la paye aux soldats. On y célébroit les jeux Appollinaires & les nundines. Quand il étoit inondé du Tibre, la célébration des jeux se transféroit au mont Quirinal. On croit qu’il fut ruiné dans la guerre des Goths & de l’empereur Justinien ; & l’on prétend qu’en 1500 on en voyoit encore des vestiges, à l’endroit où est aujourd’hui l’église de S. Nicolo alle Calcare.

Le cirque de Flore. Il étoit dans la sixieme région, en un enfoncement, entre le Quirinal & le Pintius. C’étoit-là qu’on célébroit les jeux Floraux. On prétend que ce fut un théatre. Il s’appelle aujourd’hui la piazza Grimana.

Le circus intimus. Il étoit dans la vallée Murcia ; mais comme le grand cirque s’y trouvoit aussi, on les confond.

Le cirque de Jules César. On prétend qu’il s’étendoit depuis le mausolée d’Auguste jusqu’à la montagne voisine ; mais il y a du doute même sur son existence.

Le grand cirque. Il étoit dans l’onzieme région. On l’appelloit le grand, parce qu’on y célébroit les grands jeux, ou jeux consacrés diis magnis, ou parce qu’il étoit le plus grand des cirques. Il étoit dans la vallée Murcia, entre les monts Palatin & Aventin. Il fut commencé sous Tarquin le vieux. Les sénateurs & chevaliers s’y faisoient porter des banquettes de bois appellées fori, qu’on remportoit à la fin des jeux. Il fut dans la suite orné, embelli, & renouvellé sous plusieurs empereurs, mais sur-tout sous Jules César. Sa longueur étoit de trois stades & demie, ou de 2180 piés ou environ, & sa largeur de quatre arpens, ou de 960 piés. Il pouvoit contenir 150000 hommes, selon quelques-uns, 260000 ou même 380000, selon d’autres. Sa façade de dehors avoit deux rangs d’architecture à colonnes, au dessus desquels il y avoit un plus petit ordre. A son extrémité circulaire il y avoit trois tours quarrées, & deux à l’autre extrémité. Dans les derniers tems ces tours appartenoient à des sénateurs, & passoient à leurs enfans. Le bas de ce cirque en-dehors étoit un rang de boutiques ménagées dans les arcades les plus basses. Son euripe avoit dix piés de largeur, sur autant de profondeur. La premiere rangée des siéges étoit de pierre, les autres de bois. L’empereur Claude fit mettre en marbre les carceres ou endroits d’où partoient les chevaux & les chars, & dorer les bornes, & désigna une place sur la spina pour les sénateurs. Les carceres étoient à la petite façade du côté du Tybre, au nombre de douze. La premiere chose qu’on trouvoit en s’approchant de la spina par ce côté, étoit le petit temple appellé ades Murcia, ou autel dédié à Venus. Vers ce temple étoit celui du dieu Consus ; il touchoit presque les trois pyramides rangées en ligne droite qu’on appelloit meta, les bornes. Il y en avoit trois autres à l’autre bout, ce qui ne faisoit que six, quoique le roi Théodoric en ait compté sept. La spina étoit contenue entre ces trois bornes d’un côté, & les trois autres bornes de l’autre. Il y avoit d’abord sur la spina l’autel des Lares, puis l’ara potentium, l’autel des dieux puissans ; deux colonnes avec un fronton formant comme l’entrée d’un temple ; un autre morceau semblable dédié à Tuteline avec un autel ; une colonne portant la statue de la Victoire ; quatre colonnes dont l’architrave, la frise, la corniche, étoient ornés & surmontés de dauphins : elles formoient une espece de temple à Neptune ; la statue de Cybele assise sur un lion ; au pié du grand obélisque, vers le centre du cirque, un temple du Soleil ; un trepié à la porte de ce temple ; une statue de la Fortune sur une colonne ; un bâtiment à colonnes couronné de pierres rondes, oblongues, & dorées, qu’on appelloit les œufs des courses, ova curriculorum, & qu’on ôtoit pour compter le nombre des courses ; des temples, des colonnes, des statues, &c. une statue de la Victoire sur une colonne ; l’autel des grands dieux ; un obélisque plus petit que le précédent, consacré à la Lune ; enfin les trois autres bornes, meta. Auguste fit substituer un obélisque à un grand mât qui étoit dressé au milieu du cirque, & qui lui donnoit l’air d’un vaisseau. L’empereur Constance y en éleva un second plus haut que le premier : celui-ci est maintenant à la porta del Popolo ; l’autre est devant l’église Latéranne. Aux façades du cirque en-dedans, il y avoit comme aux amphithéatres (V. Amphithéatre) le podium ou places des sénateurs ; au-dessus les siéges des chevaliers Romains ; plus haut une grande galerie régnant tout-autour du cirque ; au-dessus de cette galerie de nouveaux gradins continués les uns par ordre au-dessus des autres jusqu’au haut de la façade, où les derniers gradins étoient adossés contre l’extrémité du petit ordre d’architecture dont nous avons parlé. Dans les jours de jeux on jonchoit l’arene de sable blanc. Caligula & d’autres empereurs y firent répandre par plus de magnificence du cinnabre, du succin, & du bleu. On y avoit pratiqué un grand nombre de portes. Il fut brûlé sous Néron, & il s’écroula sous Antonin le pieux ; mais on le releva toûjours, jusqu’à ce qu’il fut rasé entierement sans qu’on sache à quelle occasion. Il n’en reste plus que des vestiges, à l’endroit appellé valle di cerchi.

Le cirque de Néron. Il étoit dans la quatorzieme région de la ville, entre le Janicule & le Vatican, où est aujourd’hui l’église de S. Pierre de Rome, devant laquelle Sixte-quint fit placer son obélisque.

Le cirque de Saluste. Il étoit dans la sixieme région, près de la porte Colline, vers le Quirinal & le Pintius. Il en reste des vestiges, quoique la plus grande partie en soit comprise dans les jardins Ludovisiens, où l’on en voit l’obélisque.

Le cirque Vatican. C’est le même que celui de Néron.

Quoiqu’il y eût six prisons, carceres, à chacun des côtés du cirque, les courses ne pouvoient commencer que de l’un des côtés. De ces six prisons il n’y en avoit que quatre dont on ouvrît les portes, pour les quatre factions, jusqu’à ce que Domitien ajoûta deux nouvelles factions, afin qu’il en pût sortir six à la fois, & qu’il ne restât pas deux portes fermées. Ceux qui concouroient à la course avoient toûjours à gauche la spina en partant.

Les factions étoient distinguées par la couleur de leur habit : il n’y avoit dans le commencement que la blanche & la rouge ; on y ajoûta la verte & la bleue, ensuite la dorée & la pourprée, qui ne durerent pas long-tems. Les factionnaires étoient ou des esclaves, ou des affranchis, ou des étrangers : cependant quelques enfans de famille, des sénateurs, & même des empereurs, ne rougirent pas dans la suite de faire la fonction vile d’aurige. Ces factions divisoient le peuple ; les uns étoient pour une couleur, les autres pour une autre ; ce qui causa souvent des émeutes. Voyez Hippodromes, Courses, Lutte, &c. Voy. Antiq. exp. Hed. lex.

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Étymologie de « cirque »

Du latin circus (« cercle, cirque ») issu d'une racine indo-européenne *kwel, qui comme pour le grec ancien κύκλος kyklos, est redoublé. source.
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Le latin circus, grec ϰίρϰος ou ϰρίϰος, cercle, anneau.

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Phonétique du mot « cirque »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cirque sirk

Évolution historique de l’usage du mot « cirque »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cirque »

  • On espère bien faire partie des chanceux qui pourront admirer le cirque depuis leur maison! Restez à l'affût, qui sait, peut-être verrez-vous le cirque débarquer dans votre quartier!? Nightlife, Le cirque déambulera dans les rues montréalaises au mois de juillet! | Nightlife
  • Le cirque, une piste pour renouveler le regard et les pratiques. , Ressources éduscol autour du cirque - Lettres - Éduscol
  • L’association "Brin de cirque" a été formée en 2013 par Cristelle de la Iglésia et par Frédo Lehaut dans le but de donner des cours de cirque dans le Fumélois. Installé à Soturac, le duo à une grande expérience du spectacle. ladepeche.fr, Fumel. Un "Brin de cirque" pour amuser les enfants - ladepeche.fr
  • Un artiste de cirque qui se laisse applaudir, c'est déjà un bourgeois. De Jean Genet
  • Le cirque, c’est un rond de paradis dans un monde dur et dément. De Annie Fratellini
  • Sur les planches, on est à poil, sans filet. C'est un peu les jeux du cirque ! De Catherine Jacob
  • Le cirque est un petit bout d'arène close, propre à l'oubli. De Henry Miller / Le Sourire au pied de l'échelle
  • La télévision est un spectacle. C'est une tribune, une scène, un journal du monde, un stade, un cirque. De Jean d'Ormesson / Merci Bernard Pivot - 18 Mars 2001
  • Les mots jaillissent en cascade, roulades et pirouettes de clowns meublant les intervalles dans un cirque. De Anita Nair / Les Neufs Visages du coeur
  • Le cirque est le nom d'un lieu et non d'un spectacle, c'est la piste de 13 mètres de diamètre. De Alexis Grüss / Le Figaro, 1er décembre 2015
  • Certains hommes attendent l'infidélité de leur femme avec la même tension qu'au cirque lorsqu'ils attendent la chute d'un danseur de corde. De Henry Miller
  • Jouer dans des films, c’est comme être dans un cirque. Il y a beaucoup de gens, des camions, de la nourriture gratuite, des représentations et parfois des applaudissements. De Tom Hanks / Studio Magazine - Mai 2004
  • Le cirque c'est un reflet de la société, avec ses trois personnages principaux: le clown, Auguste, et M. Loyal, soit le président, le peuple et la police. De Alexis Grüss / Le Figaro, 1er décembre 2015
  • Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque ! De Professeur Choron / Tout s’éclaire !
  • La joie n'a pas de nuances : ce n'est qu'une dilatation du coeur. L'auteur d'un chef-d’oeuvre applaudi et une petite femme qui fait de l'équilibre sur du fil de fer, dans un cirque, jouissent pareillement de leur gloire. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Elle prévoit également la création de deux fonds totalisant 20 millions de dollars américains (17,8 millions d’euros) pour offrir une aide supplémentaire aux employés touchés et aux entrepreneurs indépendants du cirque. SudOuest.fr, Le Cirque du Soleil se met à l’abri de ses créanciers pour essayer de se restructurer
  • L’école de cirque Kerozen & Gazoline a repris ses ateliers depuis le 8 juin. midilibre.fr, Cet été, des stages de cirque pour les enfants - midilibre.fr
  • Contrairement à la plupart des cirques, les animaux de la troupe d'Arlette Gruss ont droit à une retraite bien méritée. Ce sont leurs propriétaires qui l'ont décidé il y a 25 ans. Ils ont spécialement créé une ferme pour leurs anciennes stars à La Fontaine-Saint-Martin dans la Sarthe. Sur 17 hectares, une quarantaine d'animaux vivent à leur rythme. Anciennes gloires de la Piste aux étoiles, ces bêtes profitent aujourd'hui des jours tranquilles loin des projecteurs. Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 26/06/2020 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 26 juin 2020 des reportages sur l'actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français. LCI, À la découverte de la maison de retraite des animaux du cirque Gruss | LCI

Images d'illustration du mot « cirque »

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Traductions du mot « cirque »

Langue Traduction
Anglais circus
Espagnol circo
Italien circo
Allemand zirkus
Portugais circo
Source : Google Translate API

Synonymes de « cirque »

Source : synonymes de cirque sur lebonsynonyme.fr
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