La langue française

Stade

Sommaire

  • Définitions du mot stade
  • Étymologie de « stade »
  • Phonétique de « stade »
  • Citations contenant le mot « stade »
  • Images d'illustration du mot « stade »
  • Traductions du mot « stade »
  • Synonymes de « stade »

Définitions du mot stade

Trésor de la Langue Française informatisé

STADE1, subst. masc.

A. − ANTIQ. GR.
1. MÉTROL. Ancienne mesure de longueur, variant selon les lieux, de 600 pieds grecs en moyenne, soit environ 185 mètres. Dans un voyage de nuit, il s'endormit en marchant, parcourut environ l'espace d'un stade, plongé dans le plus profond sommeil, et ne s'éveilla qu'en heurtant contre un caillou (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 379):
Entre la côte orientale de l'île de Salamine et le rivage occidental de l'Attique, se forme un détroit en spirale, d'environ 40 stades de long, et de 8 de large. Chateaubr., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 31.
2. SPORTS. Espace long et étroit, de la longueur d'un stade à l'origine, puis construit en arc de cercle entouré parfois de gradins, où se disputaient d'abord la course à pied, puis diverses épreuves sportives telles que l'athlétisme et le pentathlon. Synon. amphithéâtre, cirque (v. ce mot I).Stade d'Épidaure, d'Olympie. La vie est d'un jour sous le ciel antique; C'est un char qui roule au stade olympique (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1874, p. 165).J'ai dormi dans le sable des dunes, dans le foin des granges, sur la mousse, sur des aiguilles de pin, sous des tentes, dans le stade de Delphes et dans le théâtre d'Épidaure avec le ciel pour toit (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 577).
P. méton. Ensemble des sports pratiqués dans un stade antique. Ainsi, par le truchement des demi-dieux du stade, un jeu d'enfant devint un jeu de dieux (Jeux et sports, 1967, p. 1279).
B. − SPORTS, mod.
1. Terrain aménagé pour la pratique de certains sports, notamment l'athlétisme (course, gymnastique, lancer, saut) et les grands jeux de ballon, entouré généralement de gradins et de tribunes destinés aux spectateurs. Stade couvert, municipal; stade de banlieue, de compétition; un stade de 10 000 places. Elle, la fille forte, avec ses épaules droites, le casque de sa chevelure, ses mains héroïques qui lançaient le javelot dans le stade (Montherl., Songe, 1922, p. 15).Cette éducation sanitaire se doublait d'une éducation sportive. Au stade, on apprenait à former des hommes sains (Cacérès, Hist. éduc. pop., 1964, p. 158).
En partic.
Terrain où se joue un sport particulier. Stade de football, de tennis. Maintenant encore, les matches du dimanche, dans un stade plein à craquer, et le théâtre, que j'ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits du monde où je me sente innocent (Camus, Peste, 1947, p. 1518).En 1958, au stade Roland Garros, lors des championnats internationaux de France, le Français Robert Haillet bat l'Américain Patty (Jeux et sports, 1967, p. 1377).
Stade olympique. Stade répondant aux conditions définies par le règlement des Jeux Olympiques. Le stade olympique et la maison de la culture et de la jeunesse conçus par Le Corbusier s'emparent du site et complètent l'ensemble (Gds ensembles habit., 1963, p. 34).
Stade de ski. Pente naturelle d'une montagne aménagée pour permettre des sauts grâce à des tremplins, munie d'une piste de slalom et d'une piste de descente. Construction d'un stade de ski (La R. du ski, no8, nov. 1937, XXIX ds Quem. DDL t. 36).
En compos. Stade-vélodrome. Stade dont la piste pédestre se double d'une piste cycliste. Humiliation suprême, pour le dernier match de la saison l'O-M [l'Olympique de Marseille], avant-dernier, reçoit le dernier, Brest au stade-vélodrome (Le Nouvel Observateur, 28 avr. 1981, p. 60, col. 1).
2. P. méton.
a) Ensemble des sports qui se pratiquent dans un stade. Les rois du stade. Dieu du stade. V. dieu 1reSection III A.
b) Ensemble des spectateurs présents dans le stade. Le stade entier faisait ah! le souffle coupé (Gracq, Beau tén., 1945, p. 41).
Prononc. et Orth.: [stad]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1284 estade subst. fém. « mesure de longueur valant à peu près 180 mètres, chez les Grecs » (Jean de Meun, L'Art de chevalerie, éd. L. Löfstedt, livre I, chap. 9, p. 77); 1370-72 estade subst. fém. (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 160); fin xives. estade (Aalma, 11745 ds Roques t. 2, p. 393); 1530 stade (Kunze, p. 125); b) 1509 estade « carrière, enceinte de la longueur d'un stade et où les Grecs s'exerçaient à la course » (Lemaire de Belges, Illustrations, I, 37 ds Hug.); 1545 stade subst. fém. (J. Bouchet, Épîtres morales et familières, 65, ibid.); 1547 stade subst. masc. (J. Martin, trad. de Vitruve, Architecture, 83 vods Cah. Lexicol. t. 19, p. 105); c) 1896 « terrain aménagé pour la pratique des sports athlétiques » (J.O. du 8 avr., p. 1962, col. 2 et 3); 2. a) 1806 « chaque période ou degré d'une maladie intermittente » (Capuron, Nouv. dict. de méd.); b) 1878 « chaque degré d'un développement » (Lar. 19eSuppl.). Empr. au lat.stadium, gr. σ τ α ́ δ ι ο ν. Cf. au sens 1 a, les var. estage (ca 1268, Brunet Latin, Trésor, éd. F. J. Carmody, I, 123, 9 et 17), estat (xiiies. ds Gdf.). Le mot est fém. jusqu'au xviies. (cf. Fur. 1690). Cf. au sens 2, l'angl. stadium att. dès 1669 (NED). Bbg. Archit. 1972, p. 152.

STADE2, subst. masc.

I. − [Dans un phénomène évolutif]
A. −
1. Chacune des phases d'une évolution, qui se succèdent selon un ordre généralement connu et immuable et qui sont caractérisées par des phénomènes notoires. Stade évolutif, final, initial, intermédiaire, préliminaire, terminal, ultime; stades successifs. [Carus] insiste (et sa psychologie en tirera un grand parti) sur le fait que tout stade supérieur, au lieu d'exclure les précédents, les intègre en soi-même (Béguin, Âme romant., 1939, p. 130).
2. Spéc. Chaque étape du développement d'une espèce (animale, humaine, minérale, végétale) ou de l'évolution d'une maladie, possédant ses caractères propres.
a) BIOL., EMBRYOL. Chacune des étapes de la division cellulaire et du développement fœtal. Stade de 2, 4, 8, 16 cellules; stade embryonnaire; stade blastula, morula. L'ovule joue le rôle principal dans les premiers stades du développement en fournissant à l'embryon les matériaux nutritifs qu'il réclame (J. Rostand, La Vie et ses probl., 1939, p. 28).Les chromosomes-fils se séparent mais restent proches l'un de l'autre car il n'y a pas de migration des chromosomes, c'est le stade des chromosomes « en paire de skis » (Husson, Graf, Biol. gén., 1965, p. 103).
b) BOT. Étape du cycle de développement d'un végétal. Stade de floraison, de germination. La maturité de floraison (ou stade adulte qui succède au stade juvénile) étant supposée atteinte, l'initiation florale (...) est soumise à l'influence de deux groupes de facteurs (Boulay, Arboric. et prod. fruit., 1961, p. 65).
c) GÉOLOGIE
α) Chacun des états successifs d'un sol ou d'une roche. Un véritable plan de clivage ne doit pas être confondu avec les plans de séparation de position définie que peut déterminer parfois l'existence de matières interposées, par exemple de poussières déposées sur les faces à certains stades de la cristallisation, ou de produits d'altération (Friedel, Cristallogr., 1926, p. 413).Le stade actuel de l'érosion permettra donc d'assigner à l'état présent de la topographie un rang très net dans la série nécessaire des états successifs (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p. 4).
β) Stade glaciaire. ,,Moment principal de stationnement du front glaciaire durant la phase de retrait (...). Les principaux stades de retrait du domaine alpin sont ceux de Bühl et de Gschnitz`` (George 1984).
d) MÉD., PATHOL.
α) Chaque phase ou période d'une fièvre intermittente. Stade amphibole. V. ce mot A.
β) Période donnée au cours de l'évolution d'une maladie et caractérisée par l'apparition de symptômes et de signes cliniques précis; degré de gravité d'un mal. Stade d'éruption, d'incubation; stade initial, avancé; premier, dernier stade de la maladie. Par cette méthode, de nombreux cancers de l'estomac ont déjà été diagnostiqués à un stade si précoce qu'ils étaient encore strictement localisés à la muqueuse (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 157):
1. Au début de la peste, ils se souvenaient très bien de l'être qu'ils avaient perdu et ils le regrettaient (...). En somme, à ce moment-là ils avaient de la mémoire, mais une imagination insuffisante. Au deuxième stade de la peste, ils perdirent aussi la mémoire. Non qu'ils eussent oublié ce visage, mais ce qui revient au même, il avait perdu sa chair, ils ne l'apercevaient plus à l'intérieur d'eux-mêmes. Camus, Peste, 1947, p. 1364.
Stade O. Stade initial définissant le début d'un cancer, lorsque les cellules malades n'ont pas encore essaimé. (Ds Lar. Méd. t. 3 1972).
e) PSYCHOL., PSYCHANAL. Stade du développement de l'enfant. Chacune des périodes plus ou moins longues dans le développement de l'enfant où celui-ci acquiert des structures propres et des connaissances nouvelles, chaque structure intégrant une partie des structures antérieures.
α) [Chez Piaget] Chacune des trois périodes du développement intellectuel de l'enfant: le stade de l'intelligence sensori-motrice (0 à 2 ans), le stade des opérations concrètes (2 à 7-8 ans) et le stade des opérations formelles (11-12 ans). Chaque stade de développement est beaucoup moins caractérisé par un contenu fixe de pensée que par un certain pouvoir, une certaine activité potentielle, susceptible d'aboutir à tel ou tel résultat suivant le milieu dans lequel vit l'enfant (Piaget, Psychol. et pédag., Paris, Denoël-Gonthier, 1969, p. 251):
2. ... [Piaget] distingue trois paliers de l'évolution intellectuelle, celui où dominent les fonctions sensori-motrices, celui où domine la pensée représentative, celui enfin où dominent les opérations mentales (...); enfin, le stade intermédiaire, qu'il appelle « égocentrique » est celui de la fonction symbolique, oscillant entre le symbole individuel et le symbole collectif... Traité sociol., 1967, p. 74.
β) [Chez Freud] Chacune des phases de l'évolution libidinale de l'enfant vers la maturité sexuelle se divisant en plusieurs étapes selon des tranches d'âge bien définies.
Stade prégénital. Une partie de la libido du stade pré-génital peut persister dans la vie de l'adulte et le résultat est alors un plaisir infantile à tout ce qui concerne les fèces et les sensations anales (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 157).Stade oral (jusqu'à un an). V. oral B 3.Stade de la succion. Étape du stade oral. Abraham a opposé deux sortes de caractère oral, l'un réceptif, résultat d'une sublimation du stade de la succion (...), l'autre agressif, résultat de la sublimation du stade de la destruction (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 158).Stade anal ou sadique-anal (de 1 à 3 ans). V. anal I C 1.
Stade génital. V. ce mot B 2 a.Stade phallique (de 4 à 6 ans). V. phallique B.Stade de latence. ,,Période qui va de cinq ou six ans à la puberté et qui correspondait à un arrêt dans le développement de la sexualité`` (Carr.-Dess. Psych. 1976). Synon. période de latence*.Stade de la puberté et de l'organisation génitale (de 11 ans à l'âge adulte). Dans un dernier stade, la sexualité infantile trouve son objet normal et devient hétérosexuelle (Mounier, Traité caract., 1946, p. 145).
γ) Stade du miroir. V. ce mot A 2.
f) ZOOL. Phase particulière dans le développement animal, par exemple la mue des insectes. Stade de l'œuf, de la chenille; stade d'une mue. Chez les grenouilles, il existe également un stade larvaire, de type pisciforme (têtard), et, là encore, la métamorphose (...) dépend de l'action des hormones (J. Rostand, La Vie et ses probl., 1939, p. 47).En observant les plus proches [esquifs], je vis que la surface inférieure de chaque disque était tapissée de fins tentacules, semblables à ceux des étoiles de mer. Je doutais si ce n'était là qu'un stade de zoophyte; mais crois plutôt avoir affaire à un animal adulte (Gide, Journal, 1941, p. 75).
B. − Étape distincte d'une évolution (collective ou personnelle, sociale ou économique) dont le caractère n'est ni obligatoire ni immuable dans l'ordre de son déroulement.
1. Étape d'une évolution collective dans une organisation sociale, économique, philosophique, politique, etc. Stade actuel, artisanal, commercial, empirique, expérimental, industriel, préliminaire; stade de la conception, de la construction, de l'exploitation, de l'élaboration, de (la) fabrication, de production; au cours des stades (de). Les travaux des usines de produits alimentaires peuvent se classer en trois groupes: les travaux du stade préparatoire, les travaux du stade principal et les travaux du stade final (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 174).Tous les peuples qui ont dépassé le stade primitif de la collecte, c'est-à-dire non seulement des civilisations avancées comme celles de l'ancien Pérou ou de l'ancien Mexique, mais aussi notre néolithique, dérivent suivant cette théorie du premier âge des métaux en Égypte (Hist. sc., 1957, p. 1508).
2. Étape d'une évolution personnelle. Ceux qui suivent ma pensée ont le droit de me demander compte des stades par où elle est passée (Barrès, Cahiers, t. 2, 1899, p. 146).Tu parles comme un anarcho. Au fond, tu en es encore au stade de la révolte individuelle (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 182).
3. Phase particulière d'un travail, d'une recherche. Comme je n'en étais encore qu'au stade préparatoire et qu'aucune partie de mon livre n'était écrite, je n'eus pas de réel sacrifice à faire en détruisant mes notes et les feuillets, encore peu nombreux (Martin du G., Devenir, 1909, p. lv).À ce stade de notre enquête, nous n'invoquerons la variété que lorsqu'elle ne sera point excessive (Gds cour. pensée math., 1948, p. 441).
II. − P. ext. [L'idée d'évolution n'est pas dominante]
A. − Moment, point précis localisé dans le temps. La douleur, à ce stade, ne paraît acceptable qu'à la condition qu'elle soit sans remède (Camus, Homme rév., 1951, p. 71).Arrivé à ce stade, le vieil homme incline à se détourner d'un monde où tout n'est plus que confusion, que violence aveugle (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1960, p. 375).
Cour. Au stade où (nous en sommes); en être au même stade. Au stade où nous en sommes, l'homme ignore que ce donné est Dieu lui-même (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 906).
B. − Degré, niveau atteint dans quelque chose. Arriver, être, parvenir au stade (de); dépasser le stade (de). Grasset (...) a sans doute raison de dire que l'Allemagne en est à un stade de vie depuis longtemps dépassé par la France (Gide, Journal, 1931, p. 1024).C'est le stade atteint par tous les élèves qui mettent au service de leur art une application persévérante (Bourgat, Techn. danse, 1959, p. 80).
Prononc. et Orth.: [stad]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. V. stade1.
STAT.Stade1 et 2. Fréq. abs. littér.: 434. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 74, b) 95; xxes.: a) 169, b) 1 629.

Trésor de la Langue Française informatisé

STADE1, subst. masc.

A. − ANTIQ. GR.
1. MÉTROL. Ancienne mesure de longueur, variant selon les lieux, de 600 pieds grecs en moyenne, soit environ 185 mètres. Dans un voyage de nuit, il s'endormit en marchant, parcourut environ l'espace d'un stade, plongé dans le plus profond sommeil, et ne s'éveilla qu'en heurtant contre un caillou (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 379):
Entre la côte orientale de l'île de Salamine et le rivage occidental de l'Attique, se forme un détroit en spirale, d'environ 40 stades de long, et de 8 de large. Chateaubr., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 31.
2. SPORTS. Espace long et étroit, de la longueur d'un stade à l'origine, puis construit en arc de cercle entouré parfois de gradins, où se disputaient d'abord la course à pied, puis diverses épreuves sportives telles que l'athlétisme et le pentathlon. Synon. amphithéâtre, cirque (v. ce mot I).Stade d'Épidaure, d'Olympie. La vie est d'un jour sous le ciel antique; C'est un char qui roule au stade olympique (Leconte de Lisle, Poèmes ant., 1874, p. 165).J'ai dormi dans le sable des dunes, dans le foin des granges, sur la mousse, sur des aiguilles de pin, sous des tentes, dans le stade de Delphes et dans le théâtre d'Épidaure avec le ciel pour toit (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 577).
P. méton. Ensemble des sports pratiqués dans un stade antique. Ainsi, par le truchement des demi-dieux du stade, un jeu d'enfant devint un jeu de dieux (Jeux et sports, 1967, p. 1279).
B. − SPORTS, mod.
1. Terrain aménagé pour la pratique de certains sports, notamment l'athlétisme (course, gymnastique, lancer, saut) et les grands jeux de ballon, entouré généralement de gradins et de tribunes destinés aux spectateurs. Stade couvert, municipal; stade de banlieue, de compétition; un stade de 10 000 places. Elle, la fille forte, avec ses épaules droites, le casque de sa chevelure, ses mains héroïques qui lançaient le javelot dans le stade (Montherl., Songe, 1922, p. 15).Cette éducation sanitaire se doublait d'une éducation sportive. Au stade, on apprenait à former des hommes sains (Cacérès, Hist. éduc. pop., 1964, p. 158).
En partic.
Terrain où se joue un sport particulier. Stade de football, de tennis. Maintenant encore, les matches du dimanche, dans un stade plein à craquer, et le théâtre, que j'ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits du monde où je me sente innocent (Camus, Peste, 1947, p. 1518).En 1958, au stade Roland Garros, lors des championnats internationaux de France, le Français Robert Haillet bat l'Américain Patty (Jeux et sports, 1967, p. 1377).
Stade olympique. Stade répondant aux conditions définies par le règlement des Jeux Olympiques. Le stade olympique et la maison de la culture et de la jeunesse conçus par Le Corbusier s'emparent du site et complètent l'ensemble (Gds ensembles habit., 1963, p. 34).
Stade de ski. Pente naturelle d'une montagne aménagée pour permettre des sauts grâce à des tremplins, munie d'une piste de slalom et d'une piste de descente. Construction d'un stade de ski (La R. du ski, no8, nov. 1937, XXIX ds Quem. DDL t. 36).
En compos. Stade-vélodrome. Stade dont la piste pédestre se double d'une piste cycliste. Humiliation suprême, pour le dernier match de la saison l'O-M [l'Olympique de Marseille], avant-dernier, reçoit le dernier, Brest au stade-vélodrome (Le Nouvel Observateur, 28 avr. 1981, p. 60, col. 1).
2. P. méton.
a) Ensemble des sports qui se pratiquent dans un stade. Les rois du stade. Dieu du stade. V. dieu 1reSection III A.
b) Ensemble des spectateurs présents dans le stade. Le stade entier faisait ah! le souffle coupé (Gracq, Beau tén., 1945, p. 41).
Prononc. et Orth.: [stad]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1284 estade subst. fém. « mesure de longueur valant à peu près 180 mètres, chez les Grecs » (Jean de Meun, L'Art de chevalerie, éd. L. Löfstedt, livre I, chap. 9, p. 77); 1370-72 estade subst. fém. (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 160); fin xives. estade (Aalma, 11745 ds Roques t. 2, p. 393); 1530 stade (Kunze, p. 125); b) 1509 estade « carrière, enceinte de la longueur d'un stade et où les Grecs s'exerçaient à la course » (Lemaire de Belges, Illustrations, I, 37 ds Hug.); 1545 stade subst. fém. (J. Bouchet, Épîtres morales et familières, 65, ibid.); 1547 stade subst. masc. (J. Martin, trad. de Vitruve, Architecture, 83 vods Cah. Lexicol. t. 19, p. 105); c) 1896 « terrain aménagé pour la pratique des sports athlétiques » (J.O. du 8 avr., p. 1962, col. 2 et 3); 2. a) 1806 « chaque période ou degré d'une maladie intermittente » (Capuron, Nouv. dict. de méd.); b) 1878 « chaque degré d'un développement » (Lar. 19eSuppl.). Empr. au lat.stadium, gr. σ τ α ́ δ ι ο ν. Cf. au sens 1 a, les var. estage (ca 1268, Brunet Latin, Trésor, éd. F. J. Carmody, I, 123, 9 et 17), estat (xiiies. ds Gdf.). Le mot est fém. jusqu'au xviies. (cf. Fur. 1690). Cf. au sens 2, l'angl. stadium att. dès 1669 (NED). Bbg. Archit. 1972, p. 152.

STADE2, subst. masc.

I. − [Dans un phénomène évolutif]
A. −
1. Chacune des phases d'une évolution, qui se succèdent selon un ordre généralement connu et immuable et qui sont caractérisées par des phénomènes notoires. Stade évolutif, final, initial, intermédiaire, préliminaire, terminal, ultime; stades successifs. [Carus] insiste (et sa psychologie en tirera un grand parti) sur le fait que tout stade supérieur, au lieu d'exclure les précédents, les intègre en soi-même (Béguin, Âme romant., 1939, p. 130).
2. Spéc. Chaque étape du développement d'une espèce (animale, humaine, minérale, végétale) ou de l'évolution d'une maladie, possédant ses caractères propres.
a) BIOL., EMBRYOL. Chacune des étapes de la division cellulaire et du développement fœtal. Stade de 2, 4, 8, 16 cellules; stade embryonnaire; stade blastula, morula. L'ovule joue le rôle principal dans les premiers stades du développement en fournissant à l'embryon les matériaux nutritifs qu'il réclame (J. Rostand, La Vie et ses probl., 1939, p. 28).Les chromosomes-fils se séparent mais restent proches l'un de l'autre car il n'y a pas de migration des chromosomes, c'est le stade des chromosomes « en paire de skis » (Husson, Graf, Biol. gén., 1965, p. 103).
b) BOT. Étape du cycle de développement d'un végétal. Stade de floraison, de germination. La maturité de floraison (ou stade adulte qui succède au stade juvénile) étant supposée atteinte, l'initiation florale (...) est soumise à l'influence de deux groupes de facteurs (Boulay, Arboric. et prod. fruit., 1961, p. 65).
c) GÉOLOGIE
α) Chacun des états successifs d'un sol ou d'une roche. Un véritable plan de clivage ne doit pas être confondu avec les plans de séparation de position définie que peut déterminer parfois l'existence de matières interposées, par exemple de poussières déposées sur les faces à certains stades de la cristallisation, ou de produits d'altération (Friedel, Cristallogr., 1926, p. 413).Le stade actuel de l'érosion permettra donc d'assigner à l'état présent de la topographie un rang très net dans la série nécessaire des états successifs (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p. 4).
β) Stade glaciaire. ,,Moment principal de stationnement du front glaciaire durant la phase de retrait (...). Les principaux stades de retrait du domaine alpin sont ceux de Bühl et de Gschnitz`` (George 1984).
d) MÉD., PATHOL.
α) Chaque phase ou période d'une fièvre intermittente. Stade amphibole. V. ce mot A.
β) Période donnée au cours de l'évolution d'une maladie et caractérisée par l'apparition de symptômes et de signes cliniques précis; degré de gravité d'un mal. Stade d'éruption, d'incubation; stade initial, avancé; premier, dernier stade de la maladie. Par cette méthode, de nombreux cancers de l'estomac ont déjà été diagnostiqués à un stade si précoce qu'ils étaient encore strictement localisés à la muqueuse (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 157):
1. Au début de la peste, ils se souvenaient très bien de l'être qu'ils avaient perdu et ils le regrettaient (...). En somme, à ce moment-là ils avaient de la mémoire, mais une imagination insuffisante. Au deuxième stade de la peste, ils perdirent aussi la mémoire. Non qu'ils eussent oublié ce visage, mais ce qui revient au même, il avait perdu sa chair, ils ne l'apercevaient plus à l'intérieur d'eux-mêmes. Camus, Peste, 1947, p. 1364.
Stade O. Stade initial définissant le début d'un cancer, lorsque les cellules malades n'ont pas encore essaimé. (Ds Lar. Méd. t. 3 1972).
e) PSYCHOL., PSYCHANAL. Stade du développement de l'enfant. Chacune des périodes plus ou moins longues dans le développement de l'enfant où celui-ci acquiert des structures propres et des connaissances nouvelles, chaque structure intégrant une partie des structures antérieures.
α) [Chez Piaget] Chacune des trois périodes du développement intellectuel de l'enfant: le stade de l'intelligence sensori-motrice (0 à 2 ans), le stade des opérations concrètes (2 à 7-8 ans) et le stade des opérations formelles (11-12 ans). Chaque stade de développement est beaucoup moins caractérisé par un contenu fixe de pensée que par un certain pouvoir, une certaine activité potentielle, susceptible d'aboutir à tel ou tel résultat suivant le milieu dans lequel vit l'enfant (Piaget, Psychol. et pédag., Paris, Denoël-Gonthier, 1969, p. 251):
2. ... [Piaget] distingue trois paliers de l'évolution intellectuelle, celui où dominent les fonctions sensori-motrices, celui où domine la pensée représentative, celui enfin où dominent les opérations mentales (...); enfin, le stade intermédiaire, qu'il appelle « égocentrique » est celui de la fonction symbolique, oscillant entre le symbole individuel et le symbole collectif... Traité sociol., 1967, p. 74.
β) [Chez Freud] Chacune des phases de l'évolution libidinale de l'enfant vers la maturité sexuelle se divisant en plusieurs étapes selon des tranches d'âge bien définies.
Stade prégénital. Une partie de la libido du stade pré-génital peut persister dans la vie de l'adulte et le résultat est alors un plaisir infantile à tout ce qui concerne les fèces et les sensations anales (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 157).Stade oral (jusqu'à un an). V. oral B 3.Stade de la succion. Étape du stade oral. Abraham a opposé deux sortes de caractère oral, l'un réceptif, résultat d'une sublimation du stade de la succion (...), l'autre agressif, résultat de la sublimation du stade de la destruction (Delay, Psychol. méd., 1953, p. 158).Stade anal ou sadique-anal (de 1 à 3 ans). V. anal I C 1.
Stade génital. V. ce mot B 2 a.Stade phallique (de 4 à 6 ans). V. phallique B.Stade de latence. ,,Période qui va de cinq ou six ans à la puberté et qui correspondait à un arrêt dans le développement de la sexualité`` (Carr.-Dess. Psych. 1976). Synon. période de latence*.Stade de la puberté et de l'organisation génitale (de 11 ans à l'âge adulte). Dans un dernier stade, la sexualité infantile trouve son objet normal et devient hétérosexuelle (Mounier, Traité caract., 1946, p. 145).
γ) Stade du miroir. V. ce mot A 2.
f) ZOOL. Phase particulière dans le développement animal, par exemple la mue des insectes. Stade de l'œuf, de la chenille; stade d'une mue. Chez les grenouilles, il existe également un stade larvaire, de type pisciforme (têtard), et, là encore, la métamorphose (...) dépend de l'action des hormones (J. Rostand, La Vie et ses probl., 1939, p. 47).En observant les plus proches [esquifs], je vis que la surface inférieure de chaque disque était tapissée de fins tentacules, semblables à ceux des étoiles de mer. Je doutais si ce n'était là qu'un stade de zoophyte; mais crois plutôt avoir affaire à un animal adulte (Gide, Journal, 1941, p. 75).
B. − Étape distincte d'une évolution (collective ou personnelle, sociale ou économique) dont le caractère n'est ni obligatoire ni immuable dans l'ordre de son déroulement.
1. Étape d'une évolution collective dans une organisation sociale, économique, philosophique, politique, etc. Stade actuel, artisanal, commercial, empirique, expérimental, industriel, préliminaire; stade de la conception, de la construction, de l'exploitation, de l'élaboration, de (la) fabrication, de production; au cours des stades (de). Les travaux des usines de produits alimentaires peuvent se classer en trois groupes: les travaux du stade préparatoire, les travaux du stade principal et les travaux du stade final (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 174).Tous les peuples qui ont dépassé le stade primitif de la collecte, c'est-à-dire non seulement des civilisations avancées comme celles de l'ancien Pérou ou de l'ancien Mexique, mais aussi notre néolithique, dérivent suivant cette théorie du premier âge des métaux en Égypte (Hist. sc., 1957, p. 1508).
2. Étape d'une évolution personnelle. Ceux qui suivent ma pensée ont le droit de me demander compte des stades par où elle est passée (Barrès, Cahiers, t. 2, 1899, p. 146).Tu parles comme un anarcho. Au fond, tu en es encore au stade de la révolte individuelle (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 182).
3. Phase particulière d'un travail, d'une recherche. Comme je n'en étais encore qu'au stade préparatoire et qu'aucune partie de mon livre n'était écrite, je n'eus pas de réel sacrifice à faire en détruisant mes notes et les feuillets, encore peu nombreux (Martin du G., Devenir, 1909, p. lv).À ce stade de notre enquête, nous n'invoquerons la variété que lorsqu'elle ne sera point excessive (Gds cour. pensée math., 1948, p. 441).
II. − P. ext. [L'idée d'évolution n'est pas dominante]
A. − Moment, point précis localisé dans le temps. La douleur, à ce stade, ne paraît acceptable qu'à la condition qu'elle soit sans remède (Camus, Homme rév., 1951, p. 71).Arrivé à ce stade, le vieil homme incline à se détourner d'un monde où tout n'est plus que confusion, que violence aveugle (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1960, p. 375).
Cour. Au stade où (nous en sommes); en être au même stade. Au stade où nous en sommes, l'homme ignore que ce donné est Dieu lui-même (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 906).
B. − Degré, niveau atteint dans quelque chose. Arriver, être, parvenir au stade (de); dépasser le stade (de). Grasset (...) a sans doute raison de dire que l'Allemagne en est à un stade de vie depuis longtemps dépassé par la France (Gide, Journal, 1931, p. 1024).C'est le stade atteint par tous les élèves qui mettent au service de leur art une application persévérante (Bourgat, Techn. danse, 1959, p. 80).
Prononc. et Orth.: [stad]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. V. stade1.
STAT.Stade1 et 2. Fréq. abs. littér.: 434. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 74, b) 95; xxes.: a) 169, b) 1 629.

Wiktionnaire

Nom commun

stade \stad\ masculin

  1. (Antiquité grecque) Mesure de longueur valant à peu près 180 mètres.
    • STADE, en allemand stadium, en hollandais stadie, en anglais stadium, stade, furlong, en espagnol et en portugais estadio, en italien stadio, en grec stadion, en latin stadium. Mesure itinéraire.
      Angleterre. Le furlong ou stade, 8e du mille, mesure légale de la Grande-Bretagne, = 40 poles ou perches = 110 fathoms ou toises = 132 paces ou pas = 220 yards = 660 pieds.
      Écosse. L’ancien furlong, 8e du mille = 40 falls = 240 ells ou aunes = 248 yards = 744 pieds.
      Égypte ancienne. Le stade philétérien ou d’Alexandrie, dont 7 ½ faisaient le mille, se divisait en 6 plèthres = 10 amma = 60 acènes = 100 orgyies = 300 coudées de 2 pieds = 400 coudées philétériennes = 600 pieds philétériens.
      L’asparez d’Arménie était égal au stade philétérien.
      Espagne L’estadio ou stade, 8e du mille = 125 pasos ou pas = 208 ⅓ varas = 625 pieds.
      Grèce ancienne. Le stade grec ou italique, stade primitif,
      stadion, dont 8 ⅓ formaient le mille, se divisait en 6 plèthres = 10 amma = 60 acènes = 100 orgyies = 120 bême-diploun ou pas doubles = 240 bême-aploun = 400 coudées naturelles = 600 pieds.
      Le stade olympique faisait 400 coudées olympiques = 600 pieds olympiques.
      Le stade pythique ou delphique de 1000 pieds delphiques était de même valeur que le stade olympique.
      Irlande. Le furlong ou stade, 8e du mille, = 40 poles ou perches = 280 yards.
      Portugal. L’estadio, 8e du mille de 54 au degré.
      Rome ancienne. Le stade, 8e du mille, = 125 pas = 250 gradus = 625 pieds. On l’estimait égal au stade olympique.
      — (Horace Doursther, Dictionnaire universel des poids et mesures, anciens et modernes, M. Hayez, Bruxelles, 1840)
    • Aristote, d’après certains savants de son époque, considérait le stade, ou coudée égyptienne au temps de Sésostris, comme formant la cent millième partie du pôle à l’équateur. — (Jules Verne, Aventures de trois Russes et de trois Anglais, 1872)
    • Or, depuis Abydos jusqu’à la côte opposée, il y a un trajet de sept stades. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, p. 2)
  2. (Par extension) Carrière, enceinte ayant cette longueur et où les Grecs s’exerçaient à la course.
    • Courir dans le stade.
    • Gagner le prix du stade.
  3. (Sport) (Par métonymie) Bâtiment qui entoure ce terrain de sport où se déroulent des compétitions sportives.
    • Le stade de France.
  4. (Médecine) Période ou degré d’une maladie intermittente.
    • Cette maladie est à un stade avancé.
  5. (Par extension) Degré ou palier dans une évolution.
    • L’efficacité parasitaire des adultes peut se trouver limitée par la rupture de la coïncidence spatio-temporelle entre le stade réceptif des hôtes (œufs en cours d’embryogenèse) et le stade agressif du parasitoïde (Nenon, 1974). — (Annales de zoologie, écologie animale, vol. 10, Institut national de la recherche agronomique, 1978, page 539)
    • Une partie des larves des deuxième et troisième stades et toutes celles du quatrième stade hivernèrent. — (Revue de pathologie végétale et d’entomologie agricole de France, vol. 29-30, 1950, page 113)
    • Le médecin traitant et le pneumologue en particulier ont donc un rôle important, en liaison avec le médecin du travail pour intervenir à tous les stades de la prévention primaire, secondaire et tertiaire vis-à-vis des risques respiratoires d’origine professionnelle. — (Dominique Choudat, « Risques professionnels et leur prévention », dans Pneumologie, sous la direction de Gérard Huchon, Éditions Masson, 2001, p. 37)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

STADE. n. m.
T. d'Antiquité grecque. Mesure de longueur valant à peu près 180 mètres. Il courut vingt stades sans se lasser. Tel lieu est distant de telle ville de trente stades. Huit stades valent un mille romain. Il se disait, par extension, d'une Carrière, d'une enceinte ayant cette longueur et où les Grecs s'exerçaient à la course. Courir dans le stade. Gagner le prix du stade. En termes de Médecine, il désigne Chaque période ou degré d'une maladie intermittente. Il s'emploie dans un sens analogue en termes de Philosophie. Les différents stades de la connaissance.

Littré (1872-1877)

STADE (sta-d') s. m.
  • 1 Terme d'antiquité. Mesure itinéraire valant 180 mètres. Comme, outre ces ports, les trois murailles renferment encore une foule de maisons, de temples et de monuments de toute espèce, on peut dire que l'enceinte totale de la ville [Athènes] est de près de deux cents stades, Barthélemy, Anach. ch. 6.
  • 2Carrière où les Grecs s'exerçaient à la course, et qui avait un stade de longueur. On appelait en général stade chez les Grecs l'endroit où les athlètes s'exerçaient entre eux à la course, et celui où ils combattaient sérieusement pour le prix, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 76, dans POUGENS. Comme la lice ou la carrière destinée aux jeux athlétiques n'avait d'abord qu'un stade de longueur, elle prit le nom de sa propre mesure, et s'appela le stade, soit qu'elle eût précisément cette étendue, soit qu'elle fût beaucoup plus longue, Rollin, ib. Le stade est une chaussée de six cents pieds de long, et d'une largeur proportionnée ; c'est là que se font les courses à pied, et que se donnent la plupart des combats, Barthélemy, Anach. ch. 38.
  • 3 Terme de médecine. Chaque période d'une maladie intermittente. Il est dans le stade du froid, du chaud.

REMARQUE

Molière a fait ce mot féminin : Pour le prince, entre tous sans peine on le remarque, Et d'une stade loin il sent son grand monarque, Mélic. I, 3. C'est un archaïsme.

HISTORIQUE

XIIIe s. En toute la Secille n'est que trois mille estages [var. estades], et estages sont en grezois ce que nos appelons milliers, et que li François apelent lieue, mais il ne sont mie pareil, Latini, Trésor, p. 164.

XIVe s. Les hystoires dient que Milon mengeoit un beuf en un jour et que il le portoit tout le cours d'une estade sans arrester, Oresme, Éth. 44.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

STADE, s. m. (Mesure itinéraire des anciens.) mesure de longueur des Grecs ; leur stade, selon Pline, étoit de 125 piés romains, & chacun de ces piés romains étoit de 12 pouces : il falloit 5 piés romains pour faire un pas géométrique ; ainsi 625 piés romains faisoient 125 pas géométriques, par conséquent il falloit 8 stades pour faire un mille romain ; donc les 800 stades faisoient 100 milles romains.

Pour réduire maintenant 800 stades romains à nos lieues de France, les lieues communes de France sont de deux mille 400 pas géométriques ; donc 800 stades faisoient 41 de nos lieues de France & de lieue.

Je sais bien que M. de la Barre a établi un système tout différent de celui-ci ; il donne aux Grecs deux stades, un grand & un petit. Le grand stade, selon lui, étoit de 133 pas romains, deux tiers, & il y en avoit sept & demi au mille ; le petit stade étoit de 80 pas ou de 400 piés romains. On peut lire dans les Mémoires de l’académie des Inscriptions, tome XIX. les raisons sur lesquelles il appuie son hypothèse ; mais quoiqu’elle soit accompagnée de savantes recherches, je ne crois pas devoir abandonner l’opinion commune. (D. J.)

Stade d’Olympie, (Antiq. greq.) le stade d’Olympie étoit un espace de 600 pas qu’on avoit renfermé de murs près de la ville d’Elis & du fleuve Alphée, & qu’on avoit orné de tout ce qu’on avoit cru propre à l’embellir ; mais comme on avoit été contraint de s’assujettir au terrein qui étoit inégal, ce stade étoit fort irrégulier, ainsi qu’on peut le voir par le dessein qu’en a tracé sur la description de Pausanias, M. le chevalier Folard, & que M. l’abbé Gédoyn a fait graver pour l’insérer dans la traduction de cet auteur grec.

Ce stade étoit composé de deux parties : la premiere, dont la figure ressembloit assez à la proue d’un vaisseau, étoit nommée la barriere. C’étoit-là qu’étoient les écuries & les remises où se tenoient les chevaux & les chariots, & où ils s’apparioient. La seconde étoit nommée la lice, & c’étoit dans l’espace qu’elle contenoit que se faisoient les courses, soit à cheval, soit avec les chariots. Au bout de la lice étoit la borne, autour de laquelle il falloit tourner, & comme celui qui en approchoit le plus, formoit un cercle plus court, il étoit toutes choses égales, plutôt revenu au lieu d’où il étoit parti. C’étoit là principalement que consistoit l’adresse de ceux qui conduisoient les chars, & où au même tems ils couroient le plus grand danger. Car indépendamment de ce qu’ils pouvoient s’y rencontrer avec un autre char ; si on venoit à toucher cette borne, l’essieu se brisoit en mille pieces, ou recevoit du-moins quelque échec qui faisoit perdre tout l’avantage. Voilà ce qu’Horace exprime par ces mots, metaque fervidis evitata rotis.

Au delà de cette borne étoit encore une autre occasion de danger. C’étoit la figure du génie Tarascippas, qui étoit faite de maniere à effrayer les chevaux. On ne sait si on l’avoit mise là exprès pour augmenter le danger de la course, ou si par respect pour ce génie on l’y avoit laissée, supposé qu’elle y fût avant la construction du stade ; mais il est toujours vrai que c’étoit un endroit fort dangereux.

Des deux côtés de cette lice dans toute sa longueur étoient les places des spectateurs. Les principales étoient pour les juges & pour les personnes de considération ; le peuple qui y accouroit en foule se mettoit où il pouvoit : car rien n’est égal à la curiosité qu’on avoit pour ces sortes d’exercices.

J’ai dit que de la barriere les chars entroient dans la lice, & je dois ajouter que la séparation de ces deux lieux étoit fermée avec une corde qui se baissoit par une espece de méchanique, que décrit Pausanias ; & c’étoit le signal qui avertissoit d’entrer dans la lice. Banier. (D. J.)

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Étymologie de « stade »

Du latin stadium issu du grec ancien στάδιον stadion (« mesure de 600 pieds grecs ou 625 pieds romain, champ de course de cette longueur », étymologiquement, en grec « [mesure] fixée, déterminée »), forme neutre de στάδιος, stadios (« stable, ferme, qui tient debout ») qui explique le sens médical. La racine indoeuropéenne en est *sta (« être debout ») dont sont issus, entre autres, le latin stare, l’anglais stand, etc.
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Lat. stadium, de στάδιον, dont σπάδιον, suivant les étymologistes, est la forme primitive, lequel se rattache à spatium, espace.

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Phonétique du mot « stade »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
stade stad

Citations contenant le mot « stade »

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  • Nous sommes actuellement au stade d'évolution historique d'élimination de tout ce qui n'est pas technique. De Jacques Ellul / La Technique
  • Il n’y a pas d’endroit dans le monde où l’homme est plus heureux que dans un stade de football De Albert Camus
  • Bon nombre d’amateurs de football ne devraient payer que demi-tarif lorsqu’ils vont au stade. Durant tout le match, ils ne voient jouer que leur équipe. De Anonyme
  • La radio est déjà un vieux média. Comme la presse écrite, son aînée. Comme aussi, déjà, la télévision, passée aujourd'hui au stade industriel. De Jean-Marie Cavada / Les Dossiers de l’Audiovisuel
  • La montagne s'est transformée en stade, elle n'est plus le temple de la nature. L'exploit a pris un autre sens. De Maurice Herzog / Le Figaro, le 11 juin 1990
  • L'art de l'acteur doit faire accéder à un stade supérieur de la sensation et ce, en allant parfois au-delà du réalisme jusqu'à l'ascèse. De Jeanne Moreau / Petit dictionnaire du théâtre
  • Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c'est le dernier stade de l'histoire de la beauté. De Milan Kundera / L’insoutenable légèreté de l’être
  • Sur le champ de bataille, exactement comme sur le stade, les hommes qui se battent sont les joueurs de deux équipes rivales : ils ne sont pas des ennemis, ils sont des adversaires. De Roger Martin du Gard
  • Enfance. Période intermédiaire de la vie humaine entre l'idiotie de la prime enfance et la folie de la jeunesse, deux stades au-dessus de la faute originelle et trois stades en dessous des remords de la vieillesse. De Ambrose Bierce / Le Dictionnaire du diable
  • Si ce sont les choses qui, dans la société capitaliste à son stade avancé, symbolisent l'argent, qu'en conclure ? Que les mots qui représentent les choses ne représentent plus que de l'argent ? Impeccable syllogisme. Que la société médiatique a accompli. De Morgan Sportès / Solitudes
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  • Le stade Jean-Bouin, occupé par le club de football de l’AC Amiens, est inutilisable jusqu’à nouvel ordre, un affaissement ayant été constaté sur la pelouse. La faute à des cavités souterraines. Courrier picard, Le stade Jean-Bouin d’Amiens s’affaisse
  • Les Rennais affronteront le FC Lorient au stade du Moustoir mardi 4 août 2020  à 18 h. Le club Morbihannais, à domicile, a fait lui le choix d’ouvrir l’enceinte au public avec une jauge limitée. , Vannes : Le Stade Rennais l'emporte devant plus de mouettes que de spectateurs | Actu Morbihan
  • Le Ministère chargé des sports a confirmé que la jauge maximale au sein d’un stade restait à 5000 personnes. À partir du 15 août, les préfets pourront accorder des dérogations pour augmenter cette capacité, notamment dans les grands stades. Le TFC a déjà entamé des démarches pour accueillir plus de 5000 personnes dès la réception de Dunkerque le samedi 22 août. LesViolets.Com, Covid-19 : Le Stade Toulousain tente-t-il de jouer plus souvent au Stadium ? - LesViolets.Com

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Traductions du mot « stade »

Langue Traduction
Anglais stadium
Espagnol estadio
Italien stadio
Allemand stadion
Chinois 体育场
Arabe ملعب
Portugais estádio
Russe стадион
Japonais スタジアム
Basque stadium
Corse stadium
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Synonymes de « stade »

Source : synonymes de stade sur lebonsynonyme.fr
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