La langue française

Barbier

Sommaire

  • Définitions du mot barbier
  • Étymologie de « barbier »
  • Phonétique de « barbier »
  • Évolution historique de l’usage du mot « barbier »
  • Citations contenant le mot « barbier »
  • Images d'illustration du mot « barbier »
  • Traductions du mot « barbier »
  • Synonymes de « barbier »

Définitions du mot barbier

Trésor de la Langue Française informatisé

BARBIER, subst. masc.

A.− Celui dont le métier est de faire la barbe :
1. Ceux qui étaient nés dans les villes se rappelaient des rues toutes retentissantes, des tavernes, des théâtres, des bains, et les boutiques des barbiers où l'on écoute des histoires. Flaubert, Salammbô,t. 2, 1863, p. 127.
2. Amédée ne songeait plus qu'on l'attendait; (...) C'est alors qu'un Sicilien à voix forte entra dans la boutique, crevant cette tranquillité; que le barbier, tout causant aussitôt, ne rasa plus que d'une main distraite et, d'un franc coup de lame, vlan! écornifla le bouton. Gide, Les Caves du Vatican,1914, p. 798.
3. Il [Lormont] était du reste très soigné de sa personne; le matin, après la visite du barbier, il se passait la main sur les joues afin de vérifier si elles étaient bien rasées... Loti, Quelques aspects du vertige mondial,1917, p. 40.
P. ext., vx ou région. Coiffeur :
4. Les magasins sont remplis de marchandises de toutes sortes, et surtout d'étoffes des Indes, qui affluent à Damas par les caravanes de Bagdhad. Des barbiers invitent les passants à se faire couper les cheveux. Lamartine, Voyage en Orient,t. 2, 1835, p. 223.
5. Le barbier livournais se mit à la besogne sans observation. Lorsque l'opération fut terminée, lorsque Edmond sentit son menton entièrement rasé, lorsque ses cheveux furent réduits à la longueur ordinaire, il demanda un miroir et se regarda. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 269.
Pop., vx
1. Importun :
6. Quel barbier! Il m'a tenu la jambe un quart d'heure sous la pluie. A. Bruant, L'Arg. au XXes.,dict. fr.-arg., 1905, p. 260.
2. Proverbe :
7. On dit prov. et fig. qu'un barbier rase l'autre, pour dire que les gens d'un même ordre, d'une même compagnie ou d'une même profession, se servent et se favorisent mutuellement. J.-F. Rolland, Dict. du mauvais lang.,1813, p. 18.
Rem. On rencontre dans la docum. le fém. barbière « femme du barbier » (1292, H. Géraud, Paris sous Philippe-le-Bel, 1837). ,,... il se faisait raser tous les jours par un barbier qui avait été fou, et qui le détestait, étant jaloux de M. Gillenormand à cause de sa femme, jolie barbière coquette`` (Hugo, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 713).
B.− Vieux
1. Celui qui autrefois exerçait simultanément la profession de chirurgien et celle de barbier :
8. Il [Marcasse] prit sur lui d'envoyer chercher au village le plus voisin un barbier qui me saigna dès le matin, et quelques instants après je repris ma raison. Sand, Mauprat,1837, p. 302.
Rem. On disait alors souvent chirurgien-barbier.
2. Barbier du roi. ,,Officier chargé de soigner la barbe du roi et ayant bouche à la cour`` (Lar. 19e).
C.− ICHTYOL. Poisson dont la nageoire est en forme d'épine tranchante. Synon. porte-écuelle.
PRONONC. : [baʀbje]. Littré signale : ,,l'r ne se lie jamais``.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1221 « chirurgien, barbier » (Lai Ombre, éd. J. Bédier, 160 dans T.-L. : vilains cui barbiers sache des dens ne fu si angoisseus); ca 1230 « celui qui fait la barbe » (Eustache le Moine, éd. W. Foerster, 1968, ibid.); 2. 1580-92 ichtyol. (Montaigne, II, 12 dans Hug. : Les barbiers quand l'un de leurs compagnons est engagé, mettent la ligne contre leur dos, dressans une espine qu'ils ont dentelee comme une scie, à tout laquelle ils la scient et coupent). 1 dér. de barbe1*; suff. -ier*; 2 de barbier pris au sens de « chirurgien », le métier de barbier allant dans le passé souvent de pair avec celui de chirurgien, ce nom a été donné à cette sorte de poisson à cause de son épine dorsale tranchante comme une lancette de chirurgien (v. Barbier dans R. Lang. rom., t. 58, p. 283).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 231. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 333, b) 460; xxes. : a) 523, b) 136.
BBG. − Barb. jr. Poissons 7 1915, pp. 282-283. − Barb. Misc. 2 1925-28, pp. 96-98. − Duch. 1967, p. 62. − Gottsch. Redens. 1930, p. 273. − Lew. 1960, pp. 209-210. − Mellot (J.). Qu'est-ce qu'un coiffeur? Vie Lang. 1970, pp. 571-581.

Wiktionnaire

Nom commun

barbier \baʁ.bje\ masculin (pour une femme, on peut dire barbière, mais ce mot est rare)

  1. (Barbe) (Coiffure) Personne dont le métier est de couper la barbe ou les cheveux.
    • C'était le mercredi 15 novembre de l'an de grâce 1665. Ce soir-là, il y avait petit souper et grande compagnie, rue Vieille-du-Temple, chez La Vienne, le baigneur à la mode, l'étuviste en renom, le barbier du monde élégant. — (Émile Gaboriau, Les Amours d'une Empoisonneuse, Paris : E. Dentu, 1881, p.1)
    • Ce sont les plaies faites maladroitement, par les barbiers d’occasion, à l'aide de mauvais rasoirs, voire même de couteaux, plus ou moins bien affilés, qui créent des portes d'entrée à la contamination. — (Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, vol. 20, Éditions Masson et Cie, 1909, p. 155)
    • Toilette du bataillon. Le barbier passe pour particulièrement francophile. Tout le monde va se raser chez lui. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • On sait fort bien que beaucoup de barbiers avaient ajouté à leurs multiples activités médicales ou dentaires la pratique de l’orchidectomie (la castration), avec des instruments plus que primitifs et dans des conditions d’hygiène que l'on peut imaginer. — (Patrick Barbier, Histoire des Castrats, Grasset , 1989, page 18)
  2. (Québec) (Coiffure) Coiffeur pour homme, sans nécessairement qu'il coupe les barbes.
    • Ainsi, divers mots et expressions, courants au Québec au début du siècle, ont pratiquement disparu aujourd'hui. En voici ... un barbier (un coiffeur) ; une bombe (une bouilloire) ; un haim (un hameçon) ; une pelle-à-feu (une sage-femme) ; etc. — (Mario Bélanger, Petit guide du parler québécois, Éd. Stanké, 1997)
  3. (Ichtyologie) Synonyme de barbier commun (poisson).
  4. (Ichtyologie) Synonyme de gobiésocidé ou porte-écuelle (poisson).
  5. (Vieilli) Chirurgien.
    • (...) bien te blesseras quelque hutte, dont tu languiras toute ta vie entre les mains des barbiers. — (Rabelais, Pantagruel roy des disposdes, chapitre XIV)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BARBIER. n. m.
Celui dont le métier est de faire la barbe. Une boutique de barbier. Prov. et fig., Un barbier rase l'autre, se dit lorsque des gens d'une même profession, ou ayant un intérêt commun, se soutiennent, se louent réciproquement.

Littré (1872-1877)

BARBIER (bar-bié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des barbiers adroits, dites : des barbié-z adroits) s. m.
  • Celui dont le métier est de faire la barbe.

    Il y avait autrefois des chirurgiens barbiers (voy. l'HIST.).

    PROVERBE

    Un barbier rase l'autre, les gens de même état se rendent de mutuels services.

HISTORIQUE

XIIIe s. La maisun pere Amic lo barbeor, Bibl. des chartes, 3e série, t. V, p. 89. Onques vilains cui barbiers sache Les denz, ne fu si angoisseus, Lai de l'ombre. Si se font fere corones les uns as autres, ou à un barbier auquel il font entendant qu'il sont clerc, Beaumanoir, XI, 45. Il venoit tant de char morte es gencives à nostre gent, que il convenoit que barbiers ostassent la char morte, pource que il peussent la viande mascher et avaler aval, Joinville, 237.

XIVe s. Une espée Tranchant com rasoer que porte barbieur, Guesclin. 16213.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BARBIER, s. m. artisan qui fait la barbe. Il y a à Paris deux communautés, qui suivant leurs statuts, ont droit de tenir boutique ouverte pour faire la barbe, & d’y mettre des bassins pour enseigne.

La premiere est celle des maîtres Chirurgiens, dont les bassins de l’enseigne doivent être jaunes : la seconde est celle des Perruquiers, dont les bassins sont blancs. Voyez Chirurgie.

BARBIER, s. m. (Hist. nat. Zoolog.) poisson de mer du genre appellé anthias, selon Rondelet. Voy. Anthias. Voici comme il décrit ce poisson. Le corps est de couleur rougeâtre, la tête est ronde & de différentes couleurs, le bec est mousse, les dents sont petites ; il a sur le dos, assez près de la tête, une nageoire qui s’étend jusqu’à la queue, & dont le premier aiguillon est long, fort & tranchant : on l’a comparé à un rasoir ; & c’est pourquoi on a donné à ce poisson le nom de barbier. Il a deux nageoires auprès des oüies ; deux autres sous le ventre, longues & menues ; & enfin une autre au-delà de l’anus. Toutes ces nageoires sont de couleur rousse. La queue est de la même couleur ; elle est terminée par deux nageoires. On a cru que lorsque le barbier étoit pris à la ligne, il la coupoit avec son aiguillon tranchant. Cela peut être : mais on a pretendu de plus que les autres poissons de cette espece venoient au secours de celui qui étoit pris, & le délivroient en coupant la ligne. Des poissons si intelligens pourroient bien aussi arracher l’hameçon du corps de celui qui l’auroit avalé. Leur aiguillon seroit aussi propre à cette opération qu’à la premiere. Si un de ces poissons a jamais coupé une ligne par hasard, je ne serois pas surpris qu’on leur attribuât des actions qui supposent un dessein prémedité, tant le commun des hommes est porté à croire des choses dénuées de toute vraissemblance. Voyez Poisson. (I)

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Étymologie de « barbier »

De barbe et du suffixe -ier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

 Dérivé de barba avec le suffixe -ier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Barbe ; provenç. barbier ; espagn. barbero ; portug. barbiero ; ital. barbiere. Dans l'ancien français, à côté de barbier, on disait barbere au nominatif, barbeor au régime, d'où barbieur dans le XIVe siècle.

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Phonétique du mot « barbier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
barbier barbje

Évolution historique de l’usage du mot « barbier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « barbier »

  • Un barbier rase l’autre. De Proverbe français
  • Fils d’un barbier du New Jersey et barbier lui même Francesco Casteluccio alias Frankie Valli a constellé de tubes les charts et les hits parades de la deuxième moitié du XXème siècle. France Bleu, Un barbier bien inspiré
  • Chez Hugo Redbeard Barbershop, coiffeur et barbier de son état, l’agenda est bien rempli. Hugo Bonnard, qui a ouvert son salon en 2016, accueille à nouveau la clientèle dans le plus strict respect des gestes barrières. petitbleu.fr, Barbier vintage "Hugo Redbeard" - petitbleu.fr
  • Pour couper la barbe qui est sous le masque, il faut enlever le masque. Les barbiers ont rouvert en même temps que l'ensemble des salons de coiffure et protègent leurs employés autant que possible. France Bleu, Chez le barbier, on porte des visières pour entretenir le dessous des masques

Images d'illustration du mot « barbier »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « barbier »

Langue Traduction
Anglais barber
Espagnol barbero
Italien barbiere
Allemand barbier
Portugais barbeiro
Source : Google Translate API

Synonymes de « barbier »

Source : synonymes de barbier sur lebonsynonyme.fr
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