La langue française

Assassin, assassine

Sommaire

  • Définitions du mot assassin, assassine
  • Étymologie de « assassin »
  • Phonétique de « assassin »
  • Évolution historique de l’usage du mot « assassin »
  • Citations contenant le mot « assassin »
  • Images d'illustration du mot « assassin »
  • Traductions du mot « assassin »
  • Synonymes de « assassin »
  • Antonymes de « assassin »

Définitions du mot assassin, assassine

Trésor de la Langue Française informatisé

ASSASSIN, INE, subst. et adj.

I.− Substantif
A.− Celui qui tue, qui commet un homicide avec préméditation ou guet-apens :
1. La nuit vient. Le hibou s'envole. C'est l'instant Où l'on songe aux récits des aïeules naïves... Sous un fourré, là-bas, des sources vives Font un bruit d'assassins postés se concertant. Verlaine, Poèmes saturniens,1866, p. 84.
2. « Vous êtes-vous essayée d'avance avant de porter le coup à Marat? » − « Ah! le monstre! s'est-elle écriée. Il me prend pour un assassin! » Et les yeux fixes, en fermant le livre, Marie-Jeanne dit : − « C'était la vérité. Elle n'était pas un assassin. » P. Bourget, Nos actes nous suivent,1926, p. 123.
Rem. Le fém. est rare et littéraire :
3. ... il a fallu qu'il se rencontrât un Octave Feuillet pour rendre le thème ridicule à force d'être caricatural et outré, en faisant tout bêtement de cette jeune fille une empoisonneuse et une assassine de M. Dennery! E. et J. de Goncourt, Journal,1886, p. 532.
P. métaph. :
4. Du sommet où est cette maison, on aperçoit au sud-ouest, à un mille de la côte, l'écueil des Hanois. Cet écueil est célèbre. Il a fait toutes les mauvaises actions que peut faire un rocher. C'était un des plus redoutables assassins de la mer. Il attendait en traître les navires dans la nuit. Hugo, Les Travailleurs de la mer,1866, p. 153.
P. ext., néol. Les assassins du dimanche. ,,Les automobilistes novices ou imprudents qui causent des accidents mortels`` (Dub.).
B.− P. hyperb. Personne (parfois chose) qui cause de grandes souffrances, de graves préjudices :
5. En voilà assez, je te dirai ce qui m'étouffe, ce qui me tue, depuis que je te connais... Ah! cette peinture, oui! Ta peinture, c'est elle, l'assassine, qui a empoisonné ma vie. Je l'avais pressenti, le premier jour; j'en avais eu peur comme d'un monstre, je la trouvais abominable, exécrable; et puis, on est lâche, je t'aimais trop pour ne pas l'aimer, j'ai fini par m'y faire, à cette criminelle... Mais, plus tard, que j'en ai souffert, comme elle m'a torturée! Zola, L'œuvre,1886, p. 376.
6. ... les « frappeurs, » les « puncheurs, » les « assassins » et autres « terreurs » du ring apporteront toujours à leurs supporters satisfactions et désappointements en parts égales. (Match du 30.10.34). A.-O. Grubb, French sports neologisms,1937, p. 16.
C.− HIST. Les assassins (cf. étymol.) :
7. − Sachez-le donc. L'ordre du temple fut affilié à la secte des assassins, des haschischins, à la ligue des manichéens et des ismaïliens, ces schismatiques musulmans qui niaient le caractère admis de Mahomet. Adam, L'Enfant d'Austerlitz,1902, p. 204.
Rem. Pop., vx. Synon. de assassinat :
8. Il faut d'abord cacher feu M. Colar. Ça ne peut pas le chagriner et ça nous rendra grand service. − Mais, dit Nicolo, ce n'est pas nous qui l'avons tué, après tout... Et la Rousse ne peut pas nous accuser de cet assassin. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 1, L'Héritage mystérieux,1859, p. 624.
II.− Adj., vieilli, littér. Qui commet ou a commis un assassinat :
9. Ces crimes inouis ont été commis par cette bande assassine aux environs d'Orléans... C'est à cette troupe homicide que nous devons les affreux assassinats... P. Leclair, Hist. des brigands chauffeurs et assassins d'Orgères,1800, p. 23.
P. ext. Qui tue. Arme assassine :
10. Ton amour! ... Ton amour qui n'a fait de moi qu'un ami parjure et faussaire! ... Ton amour damné qui poignarde ton mari! ... Ton amour fatal qui mène ces malheureux au bûcher et tout un peuple à sa ruine! ... Ton amour infernal, assassin et mortel! ... Je le maudis! Je l'exècre! ... Et je l'abhorre! ... Sardou, Patrie,1869, V, 2, p. 181.
P. plaisant., vx. La gent assassine. Les médecins.
Au fig. Qui cause une grande souffrance, un grand préjudice. Mots assassins :
11. Ce sont, à tout moment, des interrogations, des demandes d'explications, des airs de ne pas comprendre, une sollicitation continue, près de la méchanceté de sa grand-mère, près de la méchanceté de sa mère, à se faire plus claire, plus accusée, plus mordante, plus assassine. E. et J. de Goncourt, Journal,1873, p. 946.
[Dans la lang. galante] Qui trouble, qui excite les sens :
12. ... ma beauté à moi, mes yeux violettes des bois riant dans la rosée, avec leur fameuse robe bleue, couleur du temps, et une assassine nudité d'épaules et toutes les tentations d'un corset à moitié ouvert. Barbey d'Aurevilly, 2eMemorandum,1839, p. 396.
Mouche assassine, ou, p. ell., assassine (v. mouche*).
PRONONC. : [asasε ̃], fém. [-sin].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1560 assassin « individu gagé pour un meurtre » (R. Belleau, Les Amours de Ronsard, 1. 2, f. 73b d'apr. Vaganay ds Rom. Forsch., t. 32, p. 14 : Busire et Cacus, tous deux cruels assassins et alterez du sang humain). Empr. à l'ital. assassino, assessino (Lok., § 839; Kohlm., p. 29; Tracc., p. 106; Sar., p. 58; Sain. Lang. Rab., p. 145; Brunot, t. 6, p. 1104; Wind, pp. 54-55) attesté en ce sens dep. le début du xvies. (Dante, Enfer [apr. 1300-ca 1313] 19-50 ds Batt.), cf. Buti [1324-1406], Commento sopra la Divina Commedia, 499 [Enfer, 19-50], ibid. : Assassino è colui che uccide altrui per dinari. L'ital. assassino, assessino est empr. à l'ar. hašiš « Cannabis indica » par l'intermédiaire d'un plur. ar. non attesté *Hashīshiyyīn (sing. Hashīshiyya « fumeur de haschich », Devoto), nom donné par leurs ennemis aux Ismaëliens de Syrie, coupables de multiples assassinats à l'égard des Chrétiens et des Musulmans. À cet ar. a été empr. un premier sens de l'ital. « membre d'une secte de fanatiques musulmans de l'Asie occidentale, qui, au temps des croisades, tuaient souvent des chefs chrétiens » attesté dep. le xiiies. (Guido delle Colonne [début xiiie-1290], La poesia lirica del Duecento, 163 et 166, ibid.), le corresp. fr., de même sens, est attesté dep. 1195 (harsasis Ambroise, Guerre sainte, éd. G. Paris, 8795 ds T.-L. : ome al Harsasis) jusqu'à 1309, Gdf. En ital. les formes du type assas(s)ino sont le résultat d'une assimilation progressive.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 983. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 815, b) 2 230; xxes. : a) 4 933, b) 1 871.
BBG. − Bruant 1901. − Chambers (F. M.). More about the word assassin in Provençal Mod. Lang. Notes. 1950, t. 65, pp. 343-344. − Darm. Vie 1932, p. 95. − Dub. Pol. 1962, p. 33, 94. − Duch. 1967, § 8. − Éd. 1967. − France 1907. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 138. − Lacr. 1963. − Lammens 1890, p. XXI, 28. − Le Breton Suppl. 1960. − Le Roux 1752. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 303. − Noter-Léc. 1912. − Pierreh. Suppl. 1926. − Sar. 1920, p. 58. − St-Edme t. 1 1824. − Wind 1928, p. 54, 151, 201.

Wiktionnaire

Nom commun

assassin \a.sa.sɛ̃\ masculin (pour une femme on dit : assassine)

  1. Celui ou celle qui assassine.
    • Le chevalier d’industrie, la fille de joie, le voleur, le brigand, et l’assassin, le joueur, le bohème sont immoraux, et le brave bourgeois éprouve à l’égard de ces « gens sans mœurs » la plus vive répulsion. — (Max Stirner, cité dans Le Stirnérisme, Émile Armand, 1934)
    • Les foules annamites endureront-elles longtemps les assassins payés par la Démocratie ? — (Paul Nizan, Les chiens de garde, 1932)
    • Qu’il est joli garçon l’assassin de papa ! — (Georges Fourest, La Négresse blonde, 1909)
    • Il était question dans la complainte d’un assassin qui expose aux juges les raisons qui l’ont poussé à tuer sa maîtresse. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • L’assassin a été pris.
    • On a poursuivi les assassins.
    • Il est tombé sous les coups d’un assassin.
    • Il a été blessé par un assassin.
    • Crier à l’assassin.
  2. Nom donné à une mouche, un grain de beauté factice. Le Nouveau dictionnaire universel de Prosper Poitevin ( 1868 ) la définit comme placée sous l’œil ( voir assassine ).
    • On reconnaît encore dans l’empire des modes une autre sorte d’assassins. Ce sont, parmi les mouches dont les femmes se couvrent le sein, de petites bandes affectant la forme oblongue, comme pour cacher une blessure au cœur.— (Georges Touchard-Lafosse, Chroniques de l'oeil-de-boeuf)
    • Vous auriez beau être frisée
      Par anneaux tombants sur le sein,
      Sans un amoureux assassin
      Vous ne seriez guère prisée.
      — (cité par Louis Monmerqué, Les Historiettes de Tallemant des Reaux)

Adjectif

assassin \a.sa.sɛ̃\

  1. (Poétique) Qui va donner la mort.
    • Un fer assassin.
  2. (Familier) (Figuré) Qui a des intentions de meurtre.
    • Un regard assassin.
    • Des yeux assassins.

Forme d’adjectif

assassine \a.sa.sin\

  1. Féminin singulier de assassin.

Nom commun

assassine \a.sa.sin\ féminin (pour un homme on dit : assassin)

  1. Femme qui assassine.
    • Je ne crois pas non plus qu’assassine puisse être pris substantivement ; il n’est admissible que comme adjectif, encore y-a-t-il très peu d’occasion où l’on puisse l’employer. Il se peut, pourtant, que du temps de Corneille, il fût reçu en poésie, ou qu’il ait projeté d’en enrichir la langue française : ce qu’il y a de certain, c’est que l’Académie ne l’a point adopté comme substantif féminin, et peut-être a-t-elle eu tort ; car les crimes et les assassinats étant communs aux deux sexes, pourquoi dit-on : c’est un assassin, et pourquoi rejette-t-on : c’est une assassine ? — (Lekain, Mémoires de Lekain, précédés de réflexions sur cet acteur et sur l’art théâtral, Étienne Ledoux, Paris, 1825, page 79-80)
  2. Substantivement, par ellipse, pour une mouche assassine, un grain de beauté factice. Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière (1727) la définit comme taillée en pointe (voir assassin).
    • […] des mouches posées en assassines au coin de la bouche et près de la tempe […] — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Munie de ses armes de guerre, elle se mit à se peindre le visage et à poser ça et là une assassine, une engageante, en un mot deux ou trois mouches — (Alfred des Essarts, Contes pompadours, Édouard Dentu, Paris, 1862, page 257)
    • Mme Levraut, femme du libraire, ornait de mouches sa figure fine et un peu sèche, une assassine au coin de l'œil, une friponne auprès des lèvres — (Henry Bordeaux, Un amour au XVIIIe siècle, La Revue de famille, 1895)
    • En même temps le visage se constellait de mouches taillées en étoile, en lune, en croissant et en cœur ; chaque mouche avait son nom, suivant la place qu'elle occupait ; on ne pouvait mettre « l’assassine » à la place de la « majestueuse » ; personne ne confondait « l’enjouée » d’avec « l’équivoque » — (Henri Carré, La France sous Louis XV : 1723-1774, Nouveau Monde, Paris, 2012, page 40)

Forme de verbe

assassine \a.sa.sin\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe assassiner.

Forme d’adjectif

assassine \a.sa.sin\

  1. Féminin singulier de assassin.

Nom commun

assassine \a.sa.sin\ féminin (pour un homme on dit : assassin)

  1. Femme qui assassine.
    • Je ne crois pas non plus qu’assassine puisse être pris substantivement ; il n’est admissible que comme adjectif, encore y-a-t-il très peu d’occasion où l’on puisse l’employer. Il se peut, pourtant, que du temps de Corneille, il fût reçu en poésie, ou qu’il ait projeté d’en enrichir la langue française : ce qu’il y a de certain, c’est que l’Académie ne l’a point adopté comme substantif féminin, et peut-être a-t-elle eu tort ; car les crimes et les assassinats étant communs aux deux sexes, pourquoi dit-on : c’est un assassin, et pourquoi rejette-t-on : c’est une assassine ? — (Lekain, Mémoires de Lekain, précédés de réflexions sur cet acteur et sur l’art théâtral, Étienne Ledoux, Paris, 1825, page 79-80)
  2. Substantivement, par ellipse, pour une mouche assassine, un grain de beauté factice. Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière (1727) la définit comme taillée en pointe (voir assassin).
    • […] des mouches posées en assassines au coin de la bouche et près de la tempe […] — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Munie de ses armes de guerre, elle se mit à se peindre le visage et à poser ça et là une assassine, une engageante, en un mot deux ou trois mouches — (Alfred des Essarts, Contes pompadours, Édouard Dentu, Paris, 1862, page 257)
    • Mme Levraut, femme du libraire, ornait de mouches sa figure fine et un peu sèche, une assassine au coin de l'œil, une friponne auprès des lèvres — (Henry Bordeaux, Un amour au XVIIIe siècle, La Revue de famille, 1895)
    • En même temps le visage se constellait de mouches taillées en étoile, en lune, en croissant et en cœur ; chaque mouche avait son nom, suivant la place qu'elle occupait ; on ne pouvait mettre « l’assassine » à la place de la « majestueuse » ; personne ne confondait « l’enjouée » d’avec « l’équivoque » — (Henri Carré, La France sous Louis XV : 1723-1774, Nouveau Monde, Paris, 2012, page 40)

Forme de verbe

assassine \a.sa.sin\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe assassiner.

Forme d’adjectif

assassine \a.sa.sin\

  1. Féminin singulier de assassin.

Nom commun

assassine \a.sa.sin\ féminin (pour un homme on dit : assassin)

  1. Femme qui assassine.
    • Je ne crois pas non plus qu’assassine puisse être pris substantivement ; il n’est admissible que comme adjectif, encore y-a-t-il très peu d’occasion où l’on puisse l’employer. Il se peut, pourtant, que du temps de Corneille, il fût reçu en poésie, ou qu’il ait projeté d’en enrichir la langue française : ce qu’il y a de certain, c’est que l’Académie ne l’a point adopté comme substantif féminin, et peut-être a-t-elle eu tort ; car les crimes et les assassinats étant communs aux deux sexes, pourquoi dit-on : c’est un assassin, et pourquoi rejette-t-on : c’est une assassine ? — (Lekain, Mémoires de Lekain, précédés de réflexions sur cet acteur et sur l’art théâtral, Étienne Ledoux, Paris, 1825, page 79-80)
  2. Substantivement, par ellipse, pour une mouche assassine, un grain de beauté factice. Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière (1727) la définit comme taillée en pointe (voir assassin).
    • […] des mouches posées en assassines au coin de la bouche et près de la tempe […] — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Munie de ses armes de guerre, elle se mit à se peindre le visage et à poser ça et là une assassine, une engageante, en un mot deux ou trois mouches — (Alfred des Essarts, Contes pompadours, Édouard Dentu, Paris, 1862, page 257)
    • Mme Levraut, femme du libraire, ornait de mouches sa figure fine et un peu sèche, une assassine au coin de l'œil, une friponne auprès des lèvres — (Henry Bordeaux, Un amour au XVIIIe siècle, La Revue de famille, 1895)
    • En même temps le visage se constellait de mouches taillées en étoile, en lune, en croissant et en cœur ; chaque mouche avait son nom, suivant la place qu'elle occupait ; on ne pouvait mettre « l’assassine » à la place de la « majestueuse » ; personne ne confondait « l’enjouée » d’avec « l’équivoque » — (Henri Carré, La France sous Louis XV : 1723-1774, Nouveau Monde, Paris, 2012, page 40)

Forme de verbe

assassine \a.sa.sin\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe assassiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe assassiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe assassiner.
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Littré (1872-1877)

ASSASSIN (a-sa-sin) s. m.
  • Celui qui assassine. Un lâche assassin. L'assassin fut saisi, tenant encore son arme. Soyons des ennemis et non des assassins, Racine, Andr. IV, 3. Pour moi, mon ennemi, l'objet de ma colère, L'auteur de mes malheurs, l'assassin de mon père, Corneille, Cid, IV, 5.

    Par extension. Ce médecin est un assassin. Que dit-il quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse ? Boileau, Sat. VIII. Ton oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie ; La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie, Boileau, Épigr. Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin, Boileau, Art poét. IV. Vous êtes dans votre art [la cuisine] tous de francs assassins Produits par les en fers, payés des médecins, Regnard, Démoc. III, 7.

    Crier à l'assassin, appeler du secours ; crier pour qu'on coure sus à l'assassin.

    Au fém. Et vous en avez moins [de peine] à me croire assassine…, Corneille, Nicom. III, 8. Que dit-elle de moi, cette gente assassine ? Molière, l'Étour. I, 6.

    Autrefois et figurément, assassin, petite mouche noire que les femmes se mettaient au-dessous de l'œil.

REMARQUE

Le langage vulgaire se sert de assassineur et d'assassinateur ; ce sont des archaïsmes, il est vrai, mais que l'usage a tout à fait bannis ; et c'est une faute que de s'en servir.

SYNONYME

ASSASSIN, MEURTRIER, HOMICIDE. L'homicide est le terme le plus général ; il se dit de celui qui tue un homme, soit avec intention, soit par imprudence. L'assassin et le meurtrier ont l'intention de tuer, mais le premier dresse un guet-apens et attaque en trahison ; dans meurtrier l'idée de guet-apens, de trahison n'est pas impliquée.

HISTORIQUE

XIIIe s. Le Vieil de la montaigne savoit bien que, si il en feist un tuer [grand-maître des Templiers], l'en y remeist tantost un autre aussi bon ; et pour ce ne vouloit il pas perdre les assacis en lieu là où il ne peut riens gaainger, Joinville, p. 137, édition de MICHEL, 1858. Et pour ce ne font force li assacis d'eulx faire tuer, quand leur seigneur leur commande, pour ce que il croient que il seront assez plus aise quant il seront mors que il n'estoient devant, Joinville, ib. p. 139.

XVIe s. Ruynant les obscures forests, receptacles de briguans et meurtriers, taulpinieres d'assassinateurs, Rabelais, Pant. III, 2. Les hommes seront loupz es hommes, briguans, assassineurs, empoisonneurs, Rabelais, III, 3. Rompre sur la roue, comme trahistre et assassinateur, Carloix, VI, 17. Les faits d'armes des anciens et modernes assassins, autrement appellez Bedouins et Arsacides, qui ne craignoient d'aller tuer… ceux que leur prince imaginaire Aluadin, surnommé le vieil des six ou sept montagnes, leur commandoit, Sat. mén. p. 19. Meurtriers et assassinateurs, ib. p. 107.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ASSASSIN, s. m. (Jurisprudence.) homme qui en tue un autre avec avantage, soit par l’inégalité des armes, soit par la situation du lieu, ou en trahison. Voyez Meurtrier, Duel, &c.

Quelques-uns disent que le mot assassin vient du Levant, où il prit son origine d’un certain prince de la famille des Arsacides, appellés vulgairement assassins, habitant entre Antioche & Damas, dans un château où il élevoit un grand nombre de jeunes gens à obéir aveuglément à tous ses ordres : il les employoit à assassiner les princes ses ennemis. Le Juif Benjamin, dans son Itinéraire, place ces assassins vers le mont Liban, & les appelle en Hébreu imité de l’Arabe, el asisin ; ce qui fait voir que ce nom ne vient point d’Arsacide, mais de l’Arabe asis, insidiator, une personne qui se met en embuscade. Les assassins dont nous venons de parler, possédoient huit ou douze villes autour de Tyr : ils se choisissoient eux-mêmes un roi, qu’ils appelloient le vieux de la montagne. En 1213 ils assassinerent Louis de Baviere ; ils étoient Mahométans, mais ils payoient quelque tribut aux chevaliers du temple. Les protecteurs des assassins furent condamnés par le concile de Lyon, sous Innocent IV. en 1231. Ils furent vaincus par les Tartares, qui leur tuerent le vieux de la montagne en 1257 ; après quoi la faction des assassins s’éteignit.

Il y avoit un certain droit des gens, une opinion établie dans toutes les républiques de Grece & d’Italie, qui faisoit regarder comme un homme vertueux l’assassin de celui qui avoit usurpé la souveraine puissance. A Rome, sur-tout depuis l’expulsion des rois, la loi étoit précise & solennelle, & les exemples reçûs ; la république armoit le bras de chaque citoyen, le faisoit magistrat pour ce moment. Considerat. sur les caus. de la grand. des Rom. c. xj. p. 121. (H)

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Étymologie de « assassin »

De l’italien assassino, emprunté à l’arabe حشاشين, hachachin[1] (pluriel de حشاش, hachech) : consommateurs de hachich, dérivé de حشيش (« hachich ») qui signifie en arabe « herbe » et « cannabis »[2]. Hachachin désignait initialement les membres d’une secte militante musulmane, également nommée Nizârites, particulièrement active au XIe siècle en Perse et qui assassinait publiquement ses opposants[3]. Leur chef, personnage charismatique, était Hassan ibn al-Sabbah. Selon la légende ayant fait la triste réputation des Hachachins, afin de mieux les endoctriner, ce chef faisait boire à ses partisans une décoction à base de chanvre, d’une part pour les euphoriser afin qu’ils puissent aller au bout d’eux-mêmes et accomplir des missions-suicides, d’autre part pour les maintenir à sa merci[4].
Diverses étymologies furent proposées par le passé, la plupart fantaisistes, en raison surtout des orthographes variant d’un auteur à l’autre et de l’ignorance de l’arabe. Ainsi Pierre de Cazeneuve et Antoine Court de Gébelin tiraient-ils le mot d’un terme teuton sahs, sachs, ou soehs, qui signifie (« coutelas ») pour le premier et (« roi des rois ») (shah) pour le second[5]. On a avancé aussi que le mot pourrait venir de « Djabal-Assikkin » : nom de la montagne qui servait de forteresse à la secte, et qui signifie (« Mont des couteaux »)[6]. Pour Thomas Hyde, suivi dans son opinion par Gilles Ménage et Étienne Maurice Falconet, le mot provient de hassas dérivé de hassa qui signifie (« exterminer »)[7]. Le philologue et orientaliste allemand Johann Jacob Reiske proposait hassassini, tiré de عسس حسن, assas Hassan (« sentinelles, gardiens, et par extension partisans de Hasan »)[8]. De nos jours encore, certains auteurs n’hésitent pas à remettre en cause non pas l’origine arabe du mot mais l’étymon hachich. Ainsi, Amin Maalouf donne-t-il dans son roman Samarcande (mettant en scène, entre autres, Hassan ibn al-Sabbah) une étymologie nouvelle : أساس, asâs qui veut dire « base », « fondement », un synonyme du mot dont Al-Qaïda tire son nom[9]. Mais il faut remarquer que pas une de ces hypothèses ne peut disputer la pertinence de l’étymon حشيش / حشاشين communément reconnu depuis le XIXe siècle[10][11][12][13][14].
Au XIIIe siècle, le mot passa en italien sous la forme assassino pour désigner un chef musulman combattant les chrétiens, et puis un tueur à gages. Au XVIe siècle, le mot passa en français avec ce sens pour désigner toute personne payée afin de commettre un meurtre[15].
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Provenç. assassin, ansessi ; anc. catal. assessi ; espagn. asesino ; ital. assassino ; bas-lat. assasini, assessini, assisini, assassi, hassatuti, heissesin ; de l'arabe haschisch, nom de la poudre de feuilles de chanvre, avec laquelle on prépare le haschisché. Le Prince des assassins ou Scheik ou Vieux de la montagne faisait prendre du haschisch à certains hommes qu'on nommait feidawi ; ces hommes avaient des visions qui les transportaient et qu'on leur représentait comme un avant-goût du Paradis. A ce point, ils se trouvaient déterminés à tout faire, et le prince les employait à tuer des personnages ennemis. C'est ainsi qu'une plante enivrante a fini par donner son nom à l'assassinat.

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Phonétique du mot « assassin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
assassin asasɛ̃

Évolution historique de l’usage du mot « assassin »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « assassin »

  • Je suis tolérant pour ne pas être assassin. De Anonyme
  • Des millions d'hommes participent aux guerres actuelles ; bientôt l'Europe entière ne sera peuplée que d'assassins. Ivan Alekseïevitch Bounine, Un crime
  • La victime meurt face à un assassin. L'assassin, lui, meurt face au monde entier. De Victoria Thérame / La dame au bidule
  • Il faut plus de vertu à l'acteur furieux pour ne pas accomplir réellement un crime, qu'il ne faut de courage à l'assassin pour parvenir à réaliser le sien. Antonin Artaud, Lettre à André Rolland, 8 avril 1933 , Gallimard
  • Dieu ! soupire à part soi la plaintive Chimène, Qu'il est joli garçon, l'assassin de Papa ! Georges Fourest, La Négresse blonde, José Corti
  • Si l'on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que Messieurs les assassins commencent. Alphonse Karr, Les Guêpes
  • Voici le temps des Assassins. Arthur Rimbaud, Illuminations, Matinée d'ivresse
  • On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu. Jean Rostand, Pensées d'un biologiste, Stock
  • Jeudi 11 juin, Sea Shepherd metttait 10 000 euros sur la table en échanges d’informations sur l’assassinat de l’ours de l’Ariège. Une stratégie déjà adoptée par l’ONG, qui s’est avérée payante en 2019, lors de la découverte de deux phoques décapités dans le Finistère.  Outside | Le magazine des amoureux de sports et culture Outdoor, Ours tué en Ariège : la récompense pour retrouver l’assassin passe de 15 000 € à 30 000 € – Outside | Le magazine des amoureux de sports et culture Outdoor
  • Tout automobiliste ambitieux est un assassin avec préméditation. De Léon Bloy / Oeuvres
  • La bonne santé est l'assassin des génies... De François-Régis Bastide / Les Ficelles
  • Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants. De Renaud
  • Enseigner un méchant, c'est mettre le sabre à la main d'un assassin. De Proverbe oriental
  • Accordéon. Instrument en harmonie avec les sentiments d'un assassin. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • Les crimes deviennent vraiment abominables quand on en est réduit à plaindre l'assassin. De Jean Dutourd / Les horreurs de l'amour
  • Un assassin est un créateur qui n’a pas trouvé son emploi. De Daniel Pennac / La Petite Marchande de prose
  • Chaque assassin est probablement le vieil ami de quelqu'un. De Agatha Christie
  • Un jardinier qui sabote une pelouse est un assassin en herbe. De Raymond Devos / Les Chansons que je ne chante pas
  • On n’a pas le droit de tuer quelqu’un. Assassiner un assassin, c’est toujours assassiner. De François Morel / Les Habits du dimanche
  • La mère d'un homme assassiné dort ; mais non pas la mère d'un assassin. De Proverbe arabe
  • Tuez un homme, vous êtes un assassin ; tuez des milliers d'hommes, vous êtes un héros. De Beilby Porteus
  • Les têtes d'assassin, on ne les reconnaît qu'une fois dans le panier. Et encore pas toujours ! De Michel Audiard
  • L'autre accusé, âgé de 17 ans au moment des faits, a été reconnu coupable d'assassinat et de vol avec arme et condamné à une peine de 16 ans de réclusion criminelle. leparisien.fr, Essonne : 16 ans de réclusion pour le jeune assassin d’Etréchy - Le Parisien
  • Plus de trente ans après l’assassinat du Premier ministre Olof Palme, la justice a désigné mercredi le principal suspect dans cette affaire, aujourd’hui décédé, mettant un terme à son enquête. LA VDN, Suède : l’assassin présumé d’Olof Palme identifié 20 ans après sa mort
  • Notre récompense de 10 000 euros a permis de retrouver le décapiteur de phoques de Concarneau l’année dernière. Espérons que ça marchera pour retrouver l’assassin de l’ours en Ariège. Toutes les infos : https://t.co/RItLebL3wU pic.twitter.com/QguLv1P6nK SudOuest.fr, Retrouver "l’assassin" de l’ours tué en Ariège : Sea Shepherd promet 10 000 euros de récompense
  • On n’a pas le droit de tuer quelqu’un. Assassiner un assassin, c’est toujours assassiner. De François Morel / Les Habits du dimanche
  • Au début du XIXe siècle, Raspoutine est au service de la famille impériale russe. Il soulage les douleurs du prince Alexis, qui souffre d'hémophilie. Lorsque le tsar part sur le front pendant la Première Guerre mondiale, Raspoutine demeure seul aux côtés de l'impératrice. Ses détracteurs craignent alors qu'il ne s'arroge le pouvoir. Ils mettent au point un plan pour l'assassiner. , Podcast / C'est arrivé le. 30 décembre 1916 : Raspoutine est assassiné

Images d'illustration du mot « assassin »

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Traductions du mot « assassin »

Langue Traduction
Anglais assassin
Espagnol asesino
Italien assassino
Allemand attentäter
Chinois 刺客
Arabe قاتل
Portugais assassino
Russe убийца
Japonais 暗殺者
Basque hiltzaile
Corse assassinatu
Source : Google Translate API

Synonymes de « assassin »

Source : synonymes de assassin sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « assassin »

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