Apothéose : définition de apothéose


Apothéose : définition du Wiktionnaire

Nom commun

apothéose \a.pɔ.te.oz\ féminin

  1. (Antiquité) Action de mettre au rang des dieux.
    • L’apothéose d’Auguste.
  2. (En particulier) Réception fabuleuse des anciens héros parmi les dieux.
    • L’apothéose d’Hercule.
    • L’apothéose d’Énée.
  3. (Par hyperbole) Honneurs extraordinaires rendus à un homme mort ou vivant, que l’opinion générale et l’enthousiasme public élèvent au-dessus de l’humanité.
    • En vérité, je vous le jure, […], quoique je détestasse ce meurtre, je n’aurais su dire si ce que je voyais était une apothéose ou un supplice. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Les funérailles religieuses du maréchal de Mac-Mahon ont eu le caractère d'une imposante et solennelle manifestation. Elles offraient un consolant contraste avec les apothéoses purement laïques dont Paris a été déshonoré, durant ces dernières années. — (A. de Montbrillant, Le Maréchal de Mac Mahon, Paris : éditions Saint-Raphaël/Neuville-sous-Montreuil : imprimerie Notre-Dame des Prés, 1894)
    • Après chaque procès suivi d’exécutions, après chaque calamité publique réduite à coups d’impitoyables sacrifices et de mensonges de propagande, il lui faut des apothéoses. Nous avons décrit ces ovations des congrès, prolongées un quart d’heure entier. — (Victor Serge, Portrait de Staline, 1940)
    • Hideux dans leur apothéose,
      Les rois de la mine et du rail
      Ont-ils jamais fait autre chose
      Que dévaliser le travail ?

      — (Eugène Pottier, L’Internationale, 1871)
  4. (Par extension) Dernière partie grandiose d’une œuvre, d’un spectacle, d’un film.
    • Je connaissais l’appartement de mon camarade et, là, sous la pluie, je voyais, dans une apothéose sanglante, le petit meuble en bois de chêne, près de la cheminée, […]. — (Octave Mirbeau, La tête coupée)
    • Afin de clore cette aventure en apothéose, les studios Warner ont choisi de produire deux films. — (Voilà People, « Harry Potter : bientôt la fin d’une aventure », octobre 2010)

Forme de verbe

apothéose \a.pɔ.te.oz\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe apothéoser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe apothéoser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe apothéoser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe apothéoser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe apothéoser.
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Apothéose : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

APOTHÉOSE. n. f.
Action de mettre au rang des dieux. L'apothéose d'Auguste. Les médailles qui représentent des apothéoses. Il se dit aussi de la Réception fabuleuse des anciens héros parmi les dieux. L'apothéose d'Hercule. L'apothéose d'Énée. Il se dit quelquefois, par exagération, des Honneurs extraordinaires rendus à un homme mort ou vivant, que l'opinion générale et l'enthousiasme public élèvent au-dessus de l'humanité. Le public lui a fait une apothéose. Il a eu le malheur de survivre à son apothéose.

Apothéose : définition du Littré (1872-1877)

APOTHÉOSE (a-po-té-ô-z') s. f.
  • 1Mise au rang des dieux ; réception parmi les dieux. On lui décerna l'apothéose. L'apothéose des empereurs romains. Mais à parler sans fard de tant d'apothéoses, Corneille, Poly. IV, 6.
  • 2 Par extension. J'ai vu que le fils de Pépin, Redoutant son apothéose [la mort], Disait à l'évêque Turpin, Béranger, Mort de Charlemagne.
  • 3Honneurs, éloges extraordinaires dispensés par l'opinion publique. Les sages feront votre apothéose de votre vivant, Voltaire, Lett. à Cath. 10.

SYNONYME

APOTHÉOSE, DÉIFICATION. Donner l'apothéose, c'est mettre au rang des dieux ; déifier, c'est transformer en dieu. On donnait l'apothéose aux héros et aux rois, aux empereurs, en les agrégeant aux êtres célestes ; c'était une divinité de plus. On déifie en attribuant un pouvoir divin, une nature divine à ce qui n'a rien de tel. Quand la crainte ou l'espérance déifiaient les objets naturels, elles n'en faisaient pas l'apothéose.

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Apothéose : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

APOTHÉOSE, s. f. (Hist. anc.) ou consécration ; du Grec ἀποθειν, diviniser ; elle est plus ancienne chez les Romains qu’Auguste, à qui l’on en attribue communément l’origine. M. l’Abbé Mongault a démontré que du tems de la République, on avoit institué en Grece & dans l’Asie mineure des fêtes & des jeux en l’honneur des Proconsuls Romains ; qu’on avoit même établi des sacrificateurs & des sacrifices, érigé des autels & bâti des temples, où on les honoroit comme des divinités. Ainsi les habitans de Catane en Sicile avoient consacré leur Gymnase à Marcellus ; & ceux de Chalcide associerent Titus Flaminius avec Hercule & Apollon dans la dédicace des deux principaux édifices de leur ville. Cet usage qui avoit commencé par la reconnoissance, dégénéra bien-tôt en flatterie, & les Romains l’adopterent pour leurs Empereurs. On éleva des temples à Auguste de son vivant, non dans Rome ni dans l’Italie, mais dans les provinces. Les honneurs de l’apothéose lui furent déferés après sa mort, & cela passa en coûtume pour ses successeurs. Voici les principales cérémonies qu’on y observoit.

Si-tôt que l’Empereur étoit mort, toute la ville prenoit le deuil. On ensevelissoit le corps du Prince à la maniere ordinaire, cependant avec beaucoup de pompe ; & l’on mettoit dans le vestibule du palais sur un lit d’ivoire couvert d’étoffes d’or, une figure de cire, qui représentoit parfaitement le défunt, avec un air pâle, comme s’il étoit encore malade. Le Sénat en robe de deuil restoit rangé au côté gauche du lit, pendant une grande partie du jour ; & au côté droit étoient les femmes & les filles de qualité avec de grandes robes blanches, sans colliers ni bracelets. On gardoit le même ordre sept jours de suite, pendant lesquels les Medecins s’approchoient du lit de tems en tems, & trouvoient toûjours que le malade baissoit, jusqu’à ce qu’enfin ils prononçoient qu’il étoit mort. Alors les Chevaliers Romains les plus distingués avec les plus jeunes Sénateurs le portoient sur leurs épaules par la rue qu’on nommoit sacrée jusqu’à l’ancien marché, où se trouvoit une estrade de bois peint. Sur cette estrade étoit construit un péristyle enrichi d’ivoire & d’or, sons lequel on avoit préparé un lit d’étoffes fort riches, où l’on plaçoit la figure de cire. Le nouvel Empereur, les Magistrats s’asseyoient dans la place, & les Dames sous des portiques, tandis que deux chœurs de musique chantoient les loüanges du mort ; & après que son successeur en avoit prononcé l’éloge, on transportoit le corps hors de la ville dans le champ de Mars, où se trouvoit un bucher tout dressé. C’étoit une charpente quarrée en forme de pavillon, de quatre ou cinq étages, qui alloient toûjours en diminuant comme une pyramide. Le dedans étoit rempli de matieres combustibles, & le dehors revêtu de draps d’or, de compartimens d’ivoire, & de riches peintures. Chaque étage formoit un portique soûtenu par des colonnes ; & sur le faîte de l’édifice on plaçoit assez ordinairement une représentation du char doré, dont se servoit l’Empereur défunt. Ceux qui portoient le lit de parade le remettoient entre les mains des Pontifes, & ceux-ci le plaçoient sur le second étage du bucher. On faisoit ensuite des courses de chevaux & de chars. Le nouvel Empereur une torche à la main, alloit mettre le feu au bucher, & les principaux Magistrats l’y mettant aussi de tous côtés, la flamme pénétroit promptement jusqu’au sommet, & en chassoit un aigle où un paon, qui s’envolant dans les airs, alloit selon le peuple porter au ciel l’ame du feu Empereur ou de la feue Impératrice, qui dès-lors avoient leur culte & leurs autels comme les autres dieux.

On accorda aussi l’apothéose aux favoris des Princes, à leurs maîtresses, &c. mais en général on ne déféroit cet honneur en Grece, que sur la réponse d’un oracle ; & à Rome, que par un decret du Sénat.

Les anciens Grecs déifierent ainsi les Princes, les Héros, les inventeurs des arts ; & nous lisons dans Eusebe, Tertullien & S. Chrysostome, que sur le bruit des miracles de Jesus-Christ, Tibere proposa au Sénat de Rome de le mettre au nombre des dieux ; mais que cette proposition fut rejettée, parce qu’il étoit contraire aux lois d’introduire dans Rome le culte des dieux étrangers : c’est ainsi qu’ils nommoient les divinités de tous les peuples, à l’exception de celles des Grecs, qu’ils ne traitoient point de barbares.

Le grand nombre de personnes auxquelles on accordoit les honneurs de l’apothéose avilit cette cérémonie, & même d’assez bonne-heure. Dans Juvenal, Atlas fatigué de tant de nouveaux dieux, dont on grossissoit le nombre des anciens, gémit & déclare qu’il est prêt d’être écrasé sous le poids des cieux : & l’empereur Vespasien naturellement railleur, quoiqu’à l’extrémité, dit en plaisantant à ceux qui l’environnoient, je sens que je commence à devenir dieu, faisant allusion à l’apothéose qu’on alloit bien-tôt lui décerner. (G)

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Apothéose : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « apothéose » les plus populaires.

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Étymologie de « apothéose »

Étymologie de apothéose - Littré

Ἀποθώσις, de ἀπὸ, et θεὸς, Dieu (voy. DIEU).

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Étymologie de apothéose - Wiktionnaire

Du latin apotheosis (« déification ») issu du grec ancien ἀποθέωσις, apotheosis (« id. »), dérivé de θεός, theós (« dieu »).
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Phonétique du mot « apothéose »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
apothéose apɔteɔs play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « apothéose »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « apothéose »

  • Mercredi dans l’auditorium de la Pointe du Raz, Armelle Huruguen, présidente du syndicat mixte, Nadine Kersaudy, Alain Donnart, respectivement maires de Cléden et de Primelin, Bernard Le Noac’h, directeur de Très Tôt Théâtre et Camille Perreau, plasticienne de la compagnie Entre Chien et Loup ont présenté le projet « L’Ecume des vents ». Ce projet centré sur le thème de la mer a été initié par Très Tôt Théâtre et le Réseau départemental jeune public du Finistère. Il a pour ambition d’impliquer quinze groupes d’enfants finistériens âgés de 7 à 11 ans, dont l’École du Bout du monde de Plogoff, dans la douzaine d’étapes-cadres de ce projet qui, hors contenu, seront les mêmes pour tous. La finalité étant pour les enfants, selon Nolwen Treussier, coordinatrice du Pôle Territoire Très Tôt Théâtre, « d’intégrer et comprendre l’environnement qui les entoure ». Associés à une quinzaine de partenaires institutionnels ou associatifs du Finistère, dont la communauté des communes et l’école de musique du Cap-Sizun, des musiciens, comédiens, metteur en scène, chorégraphe, écrivaine, ainsi que des scientifiques et des professionnels de la mer, seront les maîtres d’ouvrage de ce projet artistique pluridisciplinaire. Ce projet de longue haleine qui a débuté en mai 2019, se terminera en apothéose le 6 juin 2021 par une grande fête de clôture à la Pointe du Raz. Le Telegramme, « L’Écume des vents », le nouveau projet de Très Tôt Théâtre - Capsizun - Le Télégramme
  • La pandémie du coronavirus ne pouvait pas être seulement une épreuve historique pour la France. Comme si cela ne suffisait pas, il faut qu’elle soit aussi un désastre typiquement français. Telle est la thèse d’élitaire que soutient avec un grand succès un bataillon entier de déclinistes. Philosophes renommés, économistes réputés, polémistes brevetés, politologues estimés, sociologues engagés, et bien entendu hommes politiques radicalisés, tous veulent faire de la crise sanitaire qui s’éloigne, de la crise économique qui s’installe, de la crise sociale qui s’annonce, la démonstration du déclin français, la preuve finale du déclassement d’une ancienne et glorieuse nation. Un pays qui se souvient d’avoir été une grande puissance et ne se voit plus que comme un acteur international de second ordre. Un peuple qui avait inventé un modèle social enviable et qui enrage de vivre enserré par une bureaucratie mais abandonné par son Etat. Des citoyens qui n’accordent plus aucune confiance, aucune estime à leurs dirigeants, qui rejettent le pouvoir politique et détestent leurs élites. Une France profondément divisée, déchirée, démembrée, jadis objet de fierté, aujourd’hui sujet de dédain ou d’apitoiement. Une France en déshérence, en deuil d’elle-même : tel est le miroir funèbre que nous tendent nos déclinistes triomphants. Puisque tout va mal, puisque le coronavirus s’est abattu sur la France, puisque les crises s’empilent, puisque les bonnes répliques ont été introuvables (selon eux), voici donc l’apothéose des déclinistes. Jadis, il nous fallait des historiens ou des économistes, maintenant c’est l’heure des collapsologues. Libération.fr, L’apothéose des déclinistes - Libération
  • Le génie est fait pour éclater dans une apothéose fertile ou destructive, qui se nichera un jour dans un tome poussiéreux d'une encyclopédie quelconque. De Guy Maheux / Guillaume D.
  • La danse, n'est-elle pas la marche dans son apothéose ; marche noble, dépouillée d'un but utilitaire, et libre comme un jeu d'enfant ? De Anne Hébert / Le Torrent
  • La contemplation serait l'action à sa limite, l'apothéose de l'action. L'action par excellence. Tout le reste n'est qu'acheminement. De Claire de Lamirande / Le grand élixir
  • La lecture est l'apothéose de l'écriture. De Alberto Manguel / Une Histoire de la lecture
  • La vieillesse qui est une déchéance pour les êtres ordinaires est, pour les hommes de génie, une apothéose. De Anatole France / Vie en fleur
  • Le propre des apothéoses est, hélas, de déboucher sur le déclin. De Roger Martin / Patron de droit divin
  • Ce serait une erreur de croire que ces choses Finiront par des chants et des apothéoses […]. Victor Hugo, Les Châtiments, l'Expiation, VII, 10

Images d'illustration du mot « apothéose »

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Traductions du mot « apothéose »

Langue Traduction
Corse apoteosi
Basque apoteosia
Japonais 神格化
Russe апофеоз
Portugais apoteose
Arabe تأليه
Chinois 神化
Allemand apotheose
Italien apoteosi
Espagnol apoteosis
Anglais apotheosis
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Synonymes de « apothéose »

Source : synonymes de apothéose sur lebonsynonyme.fr

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