La langue française

Accusatif

Sommaire

  • Définitions du mot accusatif
  • Étymologie de « accusatif »
  • Phonétique de « accusatif »
  • Évolution historique de l’usage du mot « accusatif »
  • Citations contenant le mot « accusatif »
  • Traductions du mot « accusatif »
  • Synonymes de « accusatif »

Définitions du mot « accusatif »

Trésor de la Langue Française informatisé

ACCUSATIF, subst. masc. et adj.

I.− Emploi subst., GRAMM. (gr. et lat.). Cas de la déclinaison auquel se mettent généralement les compléments d'objet, de direction, de but, de durée, etc., et certains compléments prépositionnels :
1. Accusatif. Cas, dans les langues où les noms se déclinent, qui sert principalement à indiquer le régime direct des verbes actifs ou transitifs, et celui de certaines prépositions. C'est par abus de terme qu'on a nommé en français accusatif le complément direct d'un verbe actif. Littré.
2. Accusatif. Cas considéré par les grammairiens grecs de l'antiquité comme indiquant l'aboutissement ou l'effet de l'action (le dérivé aitiakos du participe grec aitiatos, qui signifie proprement : causé, déterminé, a été traduit en latin, par suite d'un rapprochement avec le verbe aitiaomai = accuser, par accusativus). Les différentes valeurs de l'accusatif se laissent difficilement ramener à l'unité; on peut dire qu'il est essentiellement le cas de l'objet touché directement par l'action verbale. Mar. Lex.1951.
Accusatif absolu. Constr. analogue à l'ablatif absolu* dans laquelle un syntagme nom. (nom + part. apposé) en position détachée joue le rôle d'une prop. sub. :
3. Les exemples d'accusatif absolu sont particulièrement fréquents chez Grégoire de Tours et Jordanès. Ainsi, Jord., Rom. 350 : regina... neminem scientem subterfugit « sans que personne le sût »;... Ern.-Th.1959, § 32.
Accusatif de l'objet externe. Compl. d'obj. d'un verbe trans., p. oppos. à accusatif de l'objet interne, nom ou syntagme nom. en position d'obj. apr. un verbe intrans. :
4. La syntaxe reconnaît quelquefois, par opposition à l'accusatif ordinaire ou accusatif de l'objet externe (...) qui convient au complément d'un verbe transitif (dans le type de phrase : chercher son chemin), un accusatif de l'objet interne (...) qui s'emploie quelquefois avec un verbe habituellement intransitif, lorsque la notion exprimée par l'objet peut être en quelque manière considérée comme incluse dans le concept verbal (type de phrase : aller son chemin, l'idée de chemin étant prédéterminée par l'idée d'aller). Mar. Lex.1951.
Accusatif de relation. Construction pronominale partic. qui permet de préciser de manière plus ou moins restrictive la part. du propos subséquent ou précédent :
5. L'accusatif de relation ou de détermination (...), dit aussi accusativus graecus du fait qu'il apparaissait aux Latins comme une particularité de la syntaxe grecque, répond à l'emploi du tour français quant à, pour ce qui est de, par, dans les expressions du type : grand par le cœur. Mar. Lex.1951.
Double accusatif. Construction présentant 2 compléments à l'accusatif, après des verbes comme docere (« enseigner »), numerare (« compter... qqn comme » + subst.), etc. Dans ce type de construction entre aussi l'accusatif prédicatif, cas de l'attribut de l'objet :
6. L'accusatif prédicatif ou adjoint (...) est le cas de l'attribut dépendant d'un verbe prédicatif transitif : lat. facere aliquem beatum. Certains verbes se construisent avec un double accusatif, ainsi en latin docere = enseigner, qui demande l'accusatif à la fois pour le nom de la chose enseignée et pour celui de la personne à qui on l'enseigne : docere pueros grammaticam. Mar. Lex.1951.
Autres expr. : accusatif adverbial (Ern.-Th. 1959, § 37), accusatif de degré (Ern.-Th. 1959, § 41), accusatif de durée (Ern.-Th. 1959, § 40), accusatif d'étendue (Ern.-Th. 1959, § 39), accusatif exclamatif (Ern.-Th. 1959, § 30), accusatif de mesure (Ern.-Th. 1959, § 41), accusatif de mouvement (Ern.-Th. 1959, § 42), accusatif prépositionnel (Ern.-Th. 1959, § 43), accusatif de qualification (Ern.-Th. 1959, § 33)... ...
Rem. En fr., le terme est rare. Certains grammairiens l'emploient cependant pour désigner la fonction compl. d'obj. dir., à propos de formes spécifiques de cette fonction, notamment du pron. rel. que, ou pour caractériser certains constr. inf. plus ou moins archaïsantes (apr. des verbes d'assertion ou de jugement) :
7. Le type de phrase, auquel certains grammairiens donnent le nom d'accusatif avec infinitif (expression empruntée à la grammaire latine), est rare en français. On ne le rencontre que dans deux cas : a) lorsque le sujet de l'infinitif est le pronom relatif que : j'ai soutenu l'opinion que je crois être la bonne (...) b) exceptionnellement, quand le sujet de l'infinitif est un pronom personnel ou un nom : (...) il ne céda pas, tant il jugeait cette démarche devoir lui être profitable. Wartb.-Zumthor1958, § 119.
II.− Emploi adj., rare
GRAMMAIRE
Cas accusatif, synon. de accusatif, subst. masc.
Forme accusative. Forme que prennent les mots à l'accusatif.
DR., vx. Mémoire accusatif :
8. Le Prince a fait un mémoire (...) « accusatif » contre la Nation... Journal d'une Bourgeoise pendant la Révolution,[1791-1793], Paris, Calmann-Lévy,1881, p. 29 (Brunot t. 10 1939, p. 124).
Prononc. : [akyzatif]. Enq. : /akyzatif/.
Étymol. ET HIST. − 1. Subst. xiies. terme de gramm. (Vie d'Edouard le Conf., 1-6, éd. Ö. Södergard, cité par A. Goose ds Fr. Mod. 1953, t. 21, p. 217 : Si joe l'ordre des cascas ne gart Ne ne juigne part a sa part, Certes n'en dei estre reprise, Ki nel puis faire en nule guise. Qu'en latin est nominatif, Ço frai romanz acusatif); 2. adj. xives., (Aalma, 98 ds M. Roques, Rec. gén. Lex. fr., t. 2 : accusativus, va, vum : accusatiz). Empr. au lat. accusativus, terme de gramm. attesté comme adj., toujours dans le syntagme accusativus casus dep. Varron (De lingua latina, 8, 67 ds TLL), de même en lat. médiév. (Mittellat. W. s.v., 105, 55-64); − comme subst. masc. dep. Quintilien (Inst. 7, 9, 10 ds TLL); cf. xiies., Hugues de St Victor, Bibl. nat., Fonds St Victor, 757, fol. 221 ds Thurot Prononc. 1881-1883, 84 : genitivo et accusativo hec [sociantur] : memini, obliviscor... L'emploi adj. ne semble pas avoir vécu en fr.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 13.
BBG. − Dem. 1802. − Gramm. t. 1 1789. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Springh. 1962.

Wiktionnaire

Adjectif

accusatif \a.ky.za.tif\

  1. (Grammaire) Relatif au cas qui, dans certaines langues où les noms se déclinent, sert principalement à indiquer le complément d’objet direct.

Nom commun

accusatif \a.ky.za.tif\ masculin

  1. (Grammaire) Cas qui, dans certaines langues où les noms se déclinent, sert principalement à indiquer le complément d’objet direct.
    • La désinence de l’accusatif.
    • Accusatif singulier.
    • Accusatif pluriel.
    • Ce verbe régit l’accusatif.
    • Il y a des prépositions qui se construisent avec l’accusatif.
    • L’accusatif est au contraire le cas le plus employé avec des prépositions en latin. — (Édouard Audouin, De la déclinaison dans les langues indo-européennes et particulièrement en sanscrit, grec, latin & vieux slave, 1898)
    • Les confusions les plus fréquentes sont justement les plus graves, à savoir celle du nominatif et de l’accusatif et celle du singulier et du pluriel ; ce sont précisément celles qu’une langue artificielle qui se respecte a bien soin de rendre impossibles. — (Louis Couturat, Histoire de la langue universelle, 1903 (p. 533))
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ACCUSATIF. n. m.
T. de Grammaire. Cas qui, dans certaines langues où les noms se déclinent, sert principalement à indiquer le complément d'objet direct. La désinence de l'accusatif. Accusatif singulier. Accusatif pluriel. Ce verbe régit l'accusatif. Il y a des prépositions qui se construisent avec l'accusatif.

Littré (1872-1877)

ACCUSATIF (a-ku-za-tif) s. m.
  • Terme de grammaire. Cas, dans les langues où les noms se déclinent, qui sert principalement à indiquer le régime direct des verbes actifs ou transitifs, et celui de certaines prépositions. C'est par abus de terme qu'on a nommé en français accusatif le complément direct d'un verbe actif. En français, le régime appelle aussitôt un accusatif qui ne peut se déplacer, Fénelon, XXI, 192.

HISTORIQUE

XVe s. Quant rencontré a un accusatif, Orléans, Rond. 68.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ACCUSATIF, s. m. terme de Grammaire ; c’est ainsi qu’on appelle le 4e cas des noms dans les Langues qui ont des déclinaisons, c’est-à-dire, dans les Langues dont les noms ont des terminaisons particulieres destinées à marquer différens rapports, ou vûes particulieres sous lesquelles l’esprit considere le même objet. « Les cas ont été inventés, dit Varron, afin que celui qui parle puisse faire connoître, ou qu’il appelle, ou qu’il donne, ou qu’il accuse. Sunt destinati casus ut qui de altero diceret, distinguere posset, quùm vocaret, quùm daret, quùm accusaret ; sic alia quædam discrimina quæ nos & Groecos ad declinandum duxerunt. Varro, lib. I. de Anal.

Au reste les noms que l’on a donnés aux différens cas ne sont tirés que de quelqu’un de leurs usages, & sur-tout de l’usage le plus fréquent, ce qui n’empêche pas qu’ils n’en aient encore plusieurs autres, & même de tout contraires ; car on dit également donner à quelqu’un, & ôter à quelqu’un, défendre & accuser quelqu’un ; ce qui a porté quelques Grammairiens (tel est Scaliger) à rejetter ces dénominations, & à ne donner à chaque cas d’autre nom que celui de premier, second, & ainsi de suite jusqu’à l’ablatif, qu’ils appellent le sixieme cas.

Mais il suffit d’observer que l’usage des cas n’est pas restraint à celui que leur dénomination énonce. Tel est un Seigneur qu’on appelle Duc ou Marquis d’un tel endroit ; il n’en est pas moins Comte ou Baron d’un autre. Ainsi nous croyons que l’on doit conserver ces anciennes dénominations, pourvû que l’on explique les différens usages particuliers de chaque cas.

L’accusatif fut donc ainsi appellé, parce qu’il servoit à accuser, accusare aliquem : mais donnons à accuser la signification de déclarer, signification qu’il a même souvent en François, comme quand les Négocians disent accuser la réception d’une Lettre ; & les joüeurs de Piquet, accuser le point. En déterminant ensuite les divers usages de ces cas, j’en trouve trois qu’il faut bien remarquer.

1. La terminaison de l’accusatif sert à faire connoître le mot qui marque le terme ou l’objet de l’action que le verbe signifie. Augustus vicit Antonium, Auguste vainquit Antoine. Antonium est le terme de l’action de vaincre ; ainsi Antonium est à l’accusatif, & détermine l’action de vaincre. Vocem proecludit metus, dit Phedre en parlant des grenouilles épouvantées du bruit que fit le soliveau que Jupiter jetta dans leur marais ; la peur leur étouffa la voix, vocem est donc l’action de proecludit. Ovide parlant du palais du Soleil, dit que materiem superabat opus ; materiem ayant la terminaison de l’accusatif, me fait entendre que le travail surpassoit la matiere. Il en est de même de tous les verbes actifs transitifs, sans qu’il puisse y avoir d’exception, tant que ces verbes sont présentés sous la forme d’actifs transitifs.

Le second service de l’accusatif c’est de terminer une de ces prépositions qu’un usage arbitraire de la Langue Latine détermine par l’accusatif. Une préposition n’a par elle-même qu’un sens appellatif ; elle ne marque qu’une sorte, une espece de rapport particulier : mais ce rapport est ensuite appliqué, & pour ainsi dire individualisé par le nom qui est le complément de la préposition : par exemple, il s’est levé avant, cette préposition avant marque une priorité. Voilà l’espece de rapport : mais ce rapport doit être déterminé. Mon esprit est en suspens jusqu’à ce que vous me disiez avant qui ou avant quoi. Il s’est levé avant le jour, ante diem ; cet accusatif diem détermine, fixe la signification de ante. J’ai dit qu’en ces occasions ce n’étoit que par un usage arbitraire que l’on donnoit au nom déterminant la terminaison de l’accusatif ; car au fond ce n’est que la valeur du nom qui détermine la préposition : & comme les noms Latins & les noms Grecs ont différentes terminaisons, il falloit bien qu’alors ils en eussent une ; or l’usage a consacré la terminaison de l’accusatif après certaines prépositions, & celle de l’ablatif après d’autres ; & en Grec il y a des prépositions qui se construisent aussi avec le génitif.

Le troisieme usage de l’accusatif est d’être le suppôt de l’infinitif, comme le nominatif l’est avec les modes finis ; ainsi comme on dit à l’indicatif Petrus legit, Pierre lit, on dit à l’infinitif Petrum legere, Pierre lire, ou Petrum legisse, Pierre avoir lû. Ainsi la construction de l’infinitif se trouve distinguée de la construction d’un nom avec quelqu’un des autres modes ; car avec ces modes le nom se met au nominatif.

Que si l’on trouve quelquefois au nominatif un nom construit avec un infinitif, comme quand Horace a dit patiens vocari Cæsaris ultor, au lieu de patiens te vocari ultorem ; c’est ou par imitation des Grecs qui construisent indifféremment l’infinitif, ou avec un nominatif, ou avec un accusatif, ou bien c’est par attraction ; car dans ce passage d’Horace, ultor est attiré par patiens, qui est au même cas que filius Maiæ : tout cela se fait par le rapport d’identité. Voyez Construction.

Pour épargner bien des peines, & pour abreger bien des regles de la méthode ordinaire au sujet de l’accusatif, observez :

1°. Que lorsqu’un accusatif est construit avec un infinitif, ces deux mots forment un sens particulier équivalent à un nom, c’est-à-dire, que ce sens seroit exprimé en un seul mot par un nom, si un tel nom avoit été introduit & autorisé par l’usage. Par exemple, pour dire Herum esse semper lenem, mon maître est toûjours doux, Terence a dit heri semper lenitas.

2°. D’où il suit que comme un nom peut être le sujet d’une proposition, de même ce sens total exprimé par un accusatif avec un infinitif, peut aussi être, & est souvent le sujet d’une proposition.

En second lieu, comme un nom est souvent le terme de l’action qu’un verbe actif transitif signifie, de même le sens total énoncé par un nom avec un infinitif est aussi le terme ou objet de l’action que ces sortes de verbes expriment. Voici des exemples de l’un & de l’autre, & premierement du sens total qui est le sujet de la proposition, ce qui, ce me semble, n’est pas assez remarqué. Humanam rationem proecipitationi & præjudicio esse obnoxiam satis compertum est. Cailly, Phil. Mot à mot, l’entendement humain être sujet à la précipitation & au préjugé est une chose assez connue. Ainsi la construction est : hoc, nempe humanam rationem esse obnoxiam proecipitationi & præjudicio, est χρήμα seu negotium satis compertum. Humanam rationem esse obnoxiam proecipitationi & præjudicio, voilà le sens total qui est le sujet de la proposition ; est satis compertum en est l’attribut.

Caton dans Lucain, Liv. II. v. 288. dit que s’il est coupable de prendre le parti de la République, ce sera la faute des Dieux. Crimen erit Superis & me fecisse nocentem. Hoc, nempe Deos fecisse me nocentem, de m’avoir fait coupable, voilà le sujet dont l’attribut est erit crimen Superis. Plaute, Miles gl. act. III. scen. j. v. 109. dit que c’est une conduite loüable pour un homme de condition qui est riche, de prendre soin lui-même de l’éducation de ses enfans ; que c’est élever un monument à sa maison & à lui-même. Laus est magno in genere & in divitiis maximis liberos, hominem educare, generi monumentum & sibi. Construisez, hominem constitutum magno in genere & divitiis maximis educare liberos, monumentum generi & sibi, hoc, inquam, est laus ; ainsi est laus est l’attribut, & les mots qui précédent font un sens total, qui est le sujet de la proposition.

Il y a en François & dans toutes les langues un grand nombre d’exemples pareils ; on en doit faire la construction suivant le même procédé. Il est doux de trouver dans un amant qu’on aime, un époux que l’on doit aimer, Quinault. Il, illud, à savoir l’avantage, le bonheur de trouver dans un amant qu’on aime un époux que l’on doit aimer. Voilà un sens total, qui est le sujet de la proposition ; on dit de ce sens total, de ce bonheur, de ce il, qu’il est doux ; ainsi est doux, c’est l’attribut.

Quàm bonum est correptum manifestare pœnitentiam ! est negotium quàm bonum. Eccli, c. xx. v. 4. construisez : Hoc, nempe hominem correptum manifestare pœnitentiam, est negotium quàm bonum ! Il est beau pour celui qu’on reprend de quelque faute, de faire connoître son repentir. Il vaut mieux pour un esclave d’être instruit que de parler, plus scire satius est quàm loqui hominem servum. Plaute, act. I. scen. j. v. 57. construisez : Hoc, nempe hominem servum plus scire, est satius quam hominem servum loqui. Homines esse amicos Dei, quanta est dignitas ! Qu’il est glorieux pour les hommes, dit Saint Grégoire le Grand, d’être les amis de Dieu ! où vous voyez que le sujet de la proposition est ce sens total, homines esse amicos Dei. Le même procédé peut faire la construction en François, & dans quelqu’autre Langue que ce puisse être. Il, illud, à savoir d’être les amis de Dieu, est combien glorieux pour les hommes ! Mihi semper placuit non Rege solum, sed regno liherari Rempublicam. Lett. VII. de Brutus à Ciceron. Hoc, scilicet Rempublicam liberari non solum, à Rege, sed regno, placuit mihi. J’ai toûjours souhaité que la République fût délivrée non-seulement du Roi, mais même de l’autorité royale.

Je pourrois rapporter un bien plus grand nombre d’exemples pareils d’accusatifs qui forment avec un infinitif un sens qui est le sujet d’une proposition : passons à quelques exemples où le sens formé par un accusatif & un infinitif, est le terme de l’action d’un verbe actif transitif.

A l’égard du sens total, qui est le terme de l’action d’un verbe actif, les exemples en sont plus communs. Puto te esse doctum ; mot à mot, je crois toi être sçavant ; & selon notre construction usuelle, je crois que vous êtes savant. Sperat se palmam esse relaturum, il espere soi être celui qui doit remporter la victoire, il espere qu’il remportera la victoire.

La raison de ces accusatifs Latins est donc qu’ils forment un sens qui est le terme de l’action d’un verbe actif ; c’est donc par l’idiotisme de l’une & de l’autre Langue qu’il faut expliquer ces façons de parler, & non par les regles ridicules du que retranché.

A l’égard du François, nous n’avons ni déclinaison ni cas ; nous ne faisons usage que de la simple dénomination des noms, qui ne varient leur terminaison que pour distinguer le pluriel du singulier. Les rapports ou vûes de l’esprit que les Latins font connoître par la différence de la terminaison d’un même nom, nous les marquons, ou par la place du mot, ou par le secours des prépositions. C’est ainsi que nous marquons le rapport de l’accusatif en plaçant le nom après le verbe. Auguste vainquit Antoine, le travail surpassoit la matiere. Il n’y a sur ce point que quelques observations à faire par rapport aux pronoms. Voyez Article, Cas, Construction. (F)

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Étymologie de « accusatif »

Du latin accusativus, dérivé de accusare (« faire paraître »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Accusativus, de accusare, accuser ; provenç. acusatiu ; espagn. acusativo ; ital. accusativo.

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Phonétique du mot « accusatif »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
accusatif akyzatif

Évolution historique de l’usage du mot « accusatif »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « accusatif »

  • La vie ne se conjugue pas au présent de l’accusatif. Connectionivoirienne.net, Côte-d’Ivoire: Alpha Blondy montre les papiers d’un divorce en l'absence de sa femme - Connectionivoirienne.net
  • Maurice Kamto a choisi un substantif qui fonctionne juridiquement dans le lexique économique et commercial. Il convient de rappeler que le lexème «gré» vient du latin (nominatif singulier) «gratus» et plus précisément de l’accusatif singulier «gratum» (évolution phonétique populaire, contrairement à l’évolution savante qui a donné «gratifier», «gratification» etc.). Il signifie «ce qui est agréable», «ce qui fait plaisir», «ce qui est charmant». «mihi gratissimum feceris» (tu me feras un grand plaisir). Quant à l’archilexème «gré à gré», il se rapporte (consécutivement au champ sémantique précédent) à un acte contracté à l’amiable. Il fonctionne surtout dans le lexique économique et commercial. Dans le champ notionnel politique, il est sarcastique et connote un arrangement amical ; émotionnel voire dolosif (dans le génotexte ou texte caché, il renvoie à la «République des copains et des coquins», ce qui n’est pas le cas du Cameroun où le respect de la Constitution est sacré). En effet, notre Loi Fondamentale n’a pas prévu un quelconque «marché politique de gré à gré». camer.be, CAMEROUN :: « Succession de gré à gré » : Le gros mensonge de M. Kamto :: CAMEROON
  • Comment expliquer l’accusatif, le génitif à des élèves n’ayant aucune notion de complément d’objet direct, de complément de nom. AgoraVox, Le retour de la grammaire ? - AgoraVox le média citoyen
  • Souhaiter vos meilleurs vœux à autrui à l'occasion d'une fête nécessite le cas instrumental pour le mot désignant l’événement et l’accusatif pour celui précisant la personne à laquelle vous vous adressez. Par exemple, dans les phrases « С Новым Годом » (« Bonne année ») ou « C Днём Рождения » (« Joyeux anniversaire »), les noms de ces fêtes sont à l’instrumental avec la préposition « c » (« avec »). L'expression dérive de la phrase « Я поздравляю тебя с Новым Годом » (« Je te souhaite Bonne année »), mais bien sûr, pour gagner du temps, les Russes laissent tomber la plupart des mots. Ainsi, lorsque vous souhaitez féliciter quelqu'un en retour, utilisez le cas accusatif « И тебя » (littéralement « Et toi ») ou « И вас » (« Et vous »). Sinon, vous pouvez utiliser le même pronom avec le mot « тоже » (« aussi ») : « Тебя тоже/Вас тоже » (« Toi aussi/Vous aussi »). , Comment correctement répondre aux questions et vœux du quotidien en russe? - Russia Beyond FR
  • Pour mettre fin aux rumeurs et doutes suscités par les accusations de sa fille, Alpha Blondy a publié une grosse de divorce le vendredi 28 février sur Facebook. « Comme l’atteste la grosse du divorce, je suis bel et bien divorcé de Madame Hong Ran Young, je ne suis pas polygame et j’ai le droit de refaire ma vie sans me justifier (…) La vie ne se conjugue pas au présent de l’accusatif. Dieu est Amour, soyez bénis », a-t-il écrit. 100pour100culture, Accusé d’être toujours marié à son ex-épouse, Alpha Blondy publie la grosse de son divorce » Magazine 100%Culture
  • Scruton connaissait très bien, avec la langue française, toute la pensée philosophique française, qu'il savait admirablement relier à celle anglaise, de Burke par exemple mais surtout à la philosophie allemande traditionnelle bâtie sur le sujet et l'objet (accusatif, nominatif). Cette compréhension profonde de l'ensemble, sur plusieurs siècles, et en remontant à Platon, des pensées philosophiques occidentales dans leurs différences et rapports, lui avait permit de porter un jugement très négatif, mais fort bien étayé, sur les errements marxisants des derniers 160 ans, errements corrupteurs fondamentaux des piliers de la réflexion philosophique dont s'était nourrie toute la pensée occidentale créatrice de notre civilisation. Maniant avec aisance la dérision, il sut parfaitement renvoyer à leur néant peu glorieux les conclusions aberrantes des idées marxistes destructrices de philosophes enfin, depuis une génération, sur le chemin de l'oubli poli, mais responsables dans l'intervalle, de l'éclipse dramatique de l'intelligentsia occidentale égarée sur les chemins de traverse et ornières piégées, balisés par la drogue dure du marxisme de bazar proposé même à la découpe. Le Figaro.fr, Royaume - Uni : le philosophe Roger Scruton est mort
  • Enfin, d’un point de vue syntaxique (l’ordre des mots, parfois selon leur forme), certaines variétés au nord-est utilisent le cas nominatif au lieu de l’accusatif pour exprimer un object direct après un verbe à l’infinitif. Par exemple, pour exprimer la proposition « Nous devons acheter un bateau », ces variétés donneront nádo lódka(Nom) kupít’ au lieu de lódku(Acc) dans les variétés sud. The Conversation, Entre langue et dialecte, une distinction arbitraire ?

Traductions du mot « accusatif »

Langue Traduction
Anglais accusative
Espagnol acusativo
Italien accusativo
Allemand akkusativ
Source : Google Translate API

Synonymes de « accusatif »

Source : synonymes de accusatif sur lebonsynonyme.fr
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