Affaire : définition de affaire


Affaire : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

AFFAIRE, subst. fém.

I.− Action en projet ou en cours, à laquelle une ou plusieurs personnes (agents) sont directement ou indirectement intéressées.
A.− L'action est un projet ou se trouve à son stade initial.
1. Avec une idée d'obligation, de responsabilité : ce que l'on a à faire. [L'agent est exprimé]
a) [Par le suj. du verbe] J'ai affaire :
1. ... « Il le faut, monsieur. Je vais rejoindre mon mari à Paris; nos places sont retenues pour mardi prochain. − Je suis mortifié que votre départ soit aussi prompt! J'ai affaire où vous allez; je vous aurais accompagnée. » N.-E. Restif de La Bretonne, Monsieur Nicolas,1796, p. 111.
2. Aussitôt madame Servigné s'écria : « Mais, ma nièce, nous irons tous! ... » − Non pas moi, dit Charles avec un embarras visible, car j'ai précisément affaire à cette heure-ci. H. de Balzac, Annette et le criminel,t. 1, 1824, p. 138.
b) [Par un adj. poss.] C'est votre affaire :
3. Toutes les choses qui sont aisées à bien dire ont été parfaitement dites; le reste est notre affaire ou notre tâche : tâche pénible! J. Joubert, Pensées,t. 1, 1824, p. 433.
4. ... la politique! C'était son affaire, après tout. E. Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 194.
Rem. On trouve au xixes. dans la lang. fam. c'est affaire à + pron. pers. :
5. Ce Godefroid était un malin compère, il les savait toutes, monsieur. Ah! c'était affaire à lui pour découvrir un voleur. F. Vidocq, Mémoires de Vidocq, Chef de la Police de sûreté jusqu'en 1827,t. 4, 1828-1829, p. 17.
[Avec un compl. prép. (de) marquant l'obj. de l'obligation ou de la responsabilité] Je fais mon affaire de qqc. ou qqn :
6. − Votre mari? ... Oh! Lui, j'en fais mon affaire! G. Feydeau, La Dame de chez Maxim's,1914, I, 10, p. 17.
c) [Par un compl.] :
7. L'art n'a point pour objet de vaincre les passions, ce qui est l'affaire de la morale, mais bien de les ordonner, par un besoin profond de notre esprit de conquête qui constitue précisément une passion. É. Faure, L'Esprit des formes,1927, p. 277.
2. Avec une idée de simple (pré)occupation ou d'intérêt : ce à quoi on s'intéresse.
[L'agent est exprimé]
a) [Par le suj. et un adj. poss.] Il est à son affaire :
8. Aussi le comte avait-il toujours fort ménagé ses sujets. Pour ne les point mécontenter, il ne s'était pas jeté dans les guerres qui l'environnaient; mais il était très-adonné à ses plaisirs, et en faisait sa seule affaire. P. de Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 1, 1824, p. 153.
Loc. Être à son affaire :
9. petypon. − Évidemment, parce qu'alors ce ne serait plus un duel; cela reviendrait à une opération chirurgicale : tu serais à ton affaire! ... G. Feydeau, La Dame de chez Maxim's,1914, III, 6, pp. 60-61.
10. Il semblait n'être pas à son affaire tant qu'il n'avait pas trouvé un prétexte pour rire, et tout lui était prétexte; ... H. de Montherlant, Les Jeunes filles,1936, p. 994.
b) [Par le poss. seul] :
11. [beauchêne. −] Les blondes, pourtant, ne sont guère mon affaire. Mais, celle-ci, je suis curieux de la voir au lit. É. Zola, Fécondité,1899, p. 64.
c) [Par le suj. seul] Avoir affaire à qqn/qqc :
12. Il avait avec lui deux hommes et se mit à l'œuvre sans beaucoup de précautions, croyant n'avoir affaire qu'à des femmes. Mais il se trompait. Le frère de Carmen, don Juan, était arrivé le soir. A. de Gobineau, Les Pléiades,1874, p. 219.
13. Mais par un scrupule (dont je ne me fais pas gloire) je cherche à ne leur rien demander. Aussi ai-je affaire continuellement à ces petites taquineries de la médiocrité qui sont énervantes. Il faut que nous soyons riches. J. Rivière, Alain-Fournier, Correspondance,lettre de J. R. à A.-F., nov. 1906, p. 309.
14. Il vaut mieux avoir affaire au bon Dieu qu'à ses saints. Ch. Péguy, Le Porche du mystère de la 2evertu,1911, p. 202.
15. C'était le capitaine de Hauteclocque. Il arrivait de France, par l'Espagne, la tête bandée sur une blessure qu'il avait reçue en Champagne et passablement fatigué. Il vint se présenter à moi qui, voyant à qui j'avais affaire, réglai sa destination sur-le-champ. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,L'Appel, 1954, p. 93.
Rem. Ce dernier tour est facilement péj.
3. Avec l'accent sur le temps nécessaire pour accomplir une action. C'est l'affaire d'une seconde :
16. En considérant monsieur de Lœwenstein, je ne pouvais concevoir qu'il allait acquérir sur moi un empire, en quelque sorte absolu; que ce ne serait plus de mon père, de ma mère, dont la domination est si douce, que je dépendrais; que tout cela serait l'affaire d'une minute, qu'il n'y aurait qu'un mot à prononcer, et que ce mot ferait le destin de ma vie. G. de Sénac de Meilhan, L'Émigré,1797, p. 1563.
Rem. Dans cette constr., l'agent peut être exprimé par un compl. prép. (pour).
B.− [L'agent est exprimé (adj. poss., suj. de la prop.) ou implicite] L'action est en cours.
1. Lang. commune, légèrement fam. Il a pris l'affaire en main, etc. :
17. Je crois vous avoir guérie pour toujours du désir de vous immiscer dans les affaires de votre mari, n'est-ce pas? L. Gozlan, Le Notaire de Chantilly,1836, p. 42.
18. − Mais, reprit Amélie, diplomate ou forçat, l'abbé Carlos te désignera quelqu'un pour te tirer d'affaire. H. de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1848, p. 394.
19. − C'est pour cela, dit Rocambole, que vous avez été léger en vous mettant une nouvelle affaire sur les bras. P.-A. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 2, Le Club des valets de cœur, 1859, p. 502.
20. Il ne faut pourtant pas croire que c'était facile de venir à bout de mon idée en 89, non! Et ce matin même, vers sept heures, au moment où Marguerite passait devant la forge avec son grand panier, pour aller vendre ses brochures, Valentin me rappela lui-même que ce n'était pas une petite affaire. Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan,t. 1, 1870, p. 157.
21. − Les sections de l'Institut, voilà leur patrie, leur foyer, leur drapeau. La France ne compte pas, mais ce fut une grande question de savoir si M. Séaille ou Séailles serait ou ne serait pas de l'Académie des sciences morales. Ça c'était une affaire, et une affaire d'État. Ch. Péguy, L'Argent,1913, p. 1211.
22. Et je la nomme ici une hérésie spirituelle et volontiers je la nommerais simplement une hérésie intellectuelle. Pour ne pas me faire d'affaire. Et pour fuir à mon tour les responsabilités. Ch. Péguy, L'Argent,1913p. 1289.
23. ... eh monsieur si c'est une affaire que vous me cherchez ayez donc l'obligeance de prendre mon livret militaire dans ma poche gauche. G. Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias,1918, I, 5, p. 891.
24. J'avais envie d'y dire : « c'est Mathieu Bomier, çui-là, et y connaît son affaire. » J. Giono, Le Grand troupeau,1931, p. 102.
25. − Dudule vous dira que quand je prends une affaire en main, on peut être tranquille. S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 288.
Rem. 1. Des adj. ou d'autres déterminants peuvent mettre en relief l'importance (ou l'insignifiance) d'une affaire : c'est toute une affaire; ce n'est pas une affaire; c'est une grosse, une petite affaire, une affaire d'État. Ou encore sa complexité (ou sa simplicité) : c'est une affaire délicate, compliquée, complexe, embrouillée, très simple, difficile, facile. 2. Avec des expr. comme être tiré + compl. sans art., il apparaît une idée de danger : il est tiré d'affaire (ex. 18).
2. Fréq. au plur. Action ou ensemble d'actions ayant une certaine publicité ou notoriété. (Le sens se particularise suivant le domaine ou le cont.).
COMM. INDUSTR. Toute activité d'achat, d'échange, de vente, ... :
26. Nous avons maintenant un marché par semaine, il s'y conclut des affaires assez considérables en bestiaux et en blé. H. de Balzac, Le Médecin de campagne,1833, p. 52.
27. Ce lendemain était un dimanche, jour où il n'y avait ni Bourse ni affaire; les deux époux passèrent alors la journée ensemble, se mettant plus avant au cœur l'un de l'autre qu'ils n'y avaient jamais été... H. de Balzac, Ferragus,1833, p. 77.
28. − Allons, mon cher, on ne refuse pas comme cela... et ce que je t'offre! Je te dis, c'est une grosse affaire : il y a deux cent vrais mille francs derrière... Je te ferai un traité d'un an, si tu veux... une position, songe donc! ... E. et J. de Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 109.
29. Au point de vue purement industriel, il est logique, dans l'appréciation des bénéfices, de tenir compte de ce que les commerçants appellent le chiffre d'affaires et de traduire en argent l'importance du trafic; ... Bricka, Cours du chemin de fer,1894, p. 481.
30. ... l'emploi du pigeon comme pigeon-messager tomba en désuétude dans les deux derniers siècles; il ne fut repris qu'au commencement de ce siècle et cela au service des hommes d'affaires. A. Ledieu, E. Cadiat, Le Nouveau matériel naval,t. 2, 1899, p. 445.
31. Les affaires, étant les affaires, sont traitées fort pratiquement. Ch. Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. 101.
32. − Il est retraité? − Oui, maintenant il est retiré des affaires. − Comment, des affaires? P. Drieu La Rochelle, Rêveuse bourgeoisie,1939, p. 12.
33. Je crois qu'elle nous méprisait un peu, mon père et moi, pour notre parti pris d'amusements, de futilités, comme elle méprisait tout excès. Seuls nous réunissaient des dîners d'affaires − elle s'occupait de couture et mon père de publicité −, le souvenir de ma mère et mes efforts, car, si elle m'intimidait, je l'admirais beaucoup. F. Sagan, Bonjour tristesse,1956, p. 19.
JUST. Procès. Le juge va instruire l'affaire; l'affaire Dreyfus :
34. Cette pièce fut aussitôt transmise aux amis du dehors, qui la firent imprimer. Les religieuses signèrent de plus une procuration en règle qui fut mise aux mains d'un procureur pour agir en leur nom. Le procès, sur l'appel comme d'abus, fut près de s'entamer au Parlement; mais un arrêt du Conseil, comme on devait s'y attendre, évoqua l'affaire et coupa court aux procédures. Ch.-A. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 4, 1859, p. 112.
35. ... l'agression a eu lieu tout près d'un bec de gaz. On interroge le gendarme qui a aidé à instruire l'affaire; on interroge d'autres témoins : l'un place le bec de gaz à cinq mètres; l'autre à vingt-cinq. Un dernier va jusqu'à soutenir qu'il n'y a pas de bec de gaz du tout à cette partie de la rue. A. Gide, Souvenirs de la Cour d'assises,1913, p. 645.
ART. MILIT., vx. Engagement au front, combat :
36. Entre la Moskowa et Moscou, Murat engagea une affaire devant Mojaïsk. On entra dans la ville : on y trouva dix mille morts et mourants; on jeta les morts par les fenêtres pour loger les vivants. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 433.
37. ... il se fit jour, après avoir laissé défiler la masse de traînards et de blessés au pied de la côte que nous gardions. C'est la dernière affaire du bataillon avant le siège. Erckmann-Chatrian, Histoire d'un paysan,t. 2, 1870, p. 104.
POLITOL. Scandale. L'affaire du collier. Questions du ressort d'un gouvernement, d'un département ministériel, de l'administration publique,... Les affaires étrangères :
38. Que dit M. Cottu de la marche des affaires publiques? Il me semble qu'elles s'embrouillent terriblement. F.-R. de Lamennais, Lettres inédites... à la baronne Cottu,1827, p. 183.
39. M. le duc de Rauzan, nommé directeur des affaires politiques, pour tenir lieu d'un de ces sous-secrétaires d'État qui devraient exister dans les départements ministériels, seconda mes travaux et montra ce jugement rassis, qualité essentielle du diplomate. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 233.
40. S'il avait tenu un emploi dans une administration privée, on s'en serait tout de suite aperçu; mais il est beaucoup plus difficile de reconnaître la démence ou le délire dans l'administration des affaires de l'État. À ce moment, les employés du Gouvernement formaient des associations et des fédérations, au milieu d'une effervescence dont s'effrayaient le Parlement et l'opinion; ... A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 370.
41. Quant à nos alliés, à Djibouti comme en Syrie, ils ont, au moins localement, des arrière-pensées et désirent toutes les combinaisons qui les introduiraient dans les affaires françaises. Ch. de Gaulle, Mémoires de guerre,L'Appel, 1954, p. 465.
3. [Sans idée de publicité]
a) Affaire (d'honneur). Duel :
42. Il [M. de Charlus] n'avait jamais eu d'affaire sans se croire aussitôt valeureux, et identifié à l'illustre connétable de Guermantes, alors que pour tout autre ce même acte d'aller sur le terrain lui paraissait de la dernière insignifiance. M. Proust, À la recherche du temps perdu,Sodome et Gomorrhe, 1922, p. 1070.
b) Dans le lang. de l'amour.Relations intimes :
43. « Eh quoi! lui dit-elle, ne savez-vous pas que je suis en affaire avec M? − Belle raison, dit-il! Ne m'avez-vous pas laissé mes droits quand vous aviez L, S, N, B, T? − Oh! quelle différence! était-ce de l'amour que j'avais pour eux! Rien, pures fantaisies; mais avec M c'est un sentiment : ... Chamfort, Caractères et anecdotes,1794, p. 150.
c) Arg. (Dans l'arg. des malfaiteurs.)Vol. L'affaire peut être majeure (considérable), exbrouffée (manquée), chouette (bien faite) [J.-J. Clémens, Écrits composés au bagne de Rochefort, t. 2, 1876, p. 441], filée (coup prémédité) [Dict. complet de l'argot, 1844, p. 24], mûre [L. Larchey, Dict. historique d'argot, 1878, p. 4], affaire d'Espagne (vol par correspondance) [Bruant 1901, p. 446], affaire à la manque [Nouguier, Notes manuscrites interfoliées au dict. de Delesalle, 10 janv. 1900, p. 4]. On peut faire ou nourrir une affaire :
44. [Elle] me demanda si j'avais quelque affaire en vue (un projet de vol). F. Vidocq, Mémoires de Vidocq, chef de la Police de sûreté jusqu'en 1827,t. 2, 1828-1829, p. 381.
4. Au fig. [En fonction d'attribut du suj., avec ou sans art. indéf., avec un compl. prép. (de) sans art. indiquant une valeur ou une catégorie] Ce qui est dans un rapport de dépendance causale par rapport à cette valeur (a) ou de classification par rapport à cette catégorie (b); ce qui regarde, ce qui relève de, ce qui intéresse. C'est une affaire : a) de goût, d'honneur, d'argent, d'intérêt, de temps; b) d'amour, de galanterie, de courtoisie, de plaisir :
45. ... mais le lecteur intelligent voit d'un seul regard que ma proposition transporterait dans les mariages la précision, la facilité, le bon sens, la bonne logique qui se rencontrent dans les affaires de bourse, et qui, par une bévue inexplicable, n'ont pas encore été introduits dans les affaires de cœur. H. Taine, Notes sur Paris,Vie et opinions de Monsieur Frédéric-Thomas Graindorge, 1867, p. 172.
46. Ce jour-là, malgré l'importance exceptionnelle de la séance, le conseil fut d'ailleurs mené aussi rondement que les autres jours. C'était devenu une affaire d'habitude; ... É. Zola, L'Argent,1891, p. 266.
47. Mais, alors, pourquoi tous les humains, fils d'Adam, n'ont-ils pas des vers dans les intestins? Est-ce affaire de tempérament, de climat, de régime, de genre de vie? Certaines humeurs, plus que d'autres, sont-elles propres au développement des vers? Enfin, pourquoi le créateur, dans sa bonté infinie, aurait-il délibérément, au départ, infligé ce désagrément à l'espèce humaine? J. Rostand, La Genèse de la vie,1943, p. 28.
Rem. 1. Si le temps est assimilé à une valeur, la constr. c'est une affaire de temps est en oppos. avec c'est l'affaire d'une seconde (cf. supra A 3) :
48. De nos jours, un voyage en Russie, en Allemagne, en Italie, en France, en Angleterre, que dis-je? Autour du globe, n'est qu'une affaire de quelques semaines, de quelques mois, de quelques années calculées à une minute près. F.-R. de Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 2, 1797, p. 55.
49. Son trépas est une affaire d'heures, au pauvre cher homme. Avant mon départ je ne manquerai pas de le lui dire, de façon à ce qu'il se prépare convenablement à faire le grand voyage et qu'il demande pardon au Seigneur d'avoir eu la main un peu lourde avec ces pauvres gens de Presnia... G. Leroux, Rouletabille chez le tsar,1912, p. 47.
Rem. 2. En raison de sa constr. en attribut et de sa valeur gén. classificatrice, affaire de est, dans une certaine mesure, assimilable à une forme d'adj. à laquelle le compl. prép. donne un contenu sém.
Rem. 3. Dans une affaire de goût on sent encore l'allégorie sous-jacente : c'est au goût à décider; peut-être cet emploi est-il apparenté à l'emploi judiciaire du mot affaire.
II.− Chose abstraite ou concrète à laquelle une ou plusieurs personnes sont intéressées.
A.− Chose abstraite
1. [Avec un art. indéf.] Affirmation précédemment exprimée :
50. Un soir, il annonça qu'il voulait me parler d'homme à homme, les femmes se retirèrent, il me prit sur ses genoux et m'entretint gravement. J'écrirais, c'était une affaire entendue; je devais le connaître assez pour ne pas redouter qu'il contrariât mes désirs. J.-P. Sartre, Les Mots,1964, p. 129.
2. [Avec un art. déf.] L'objet dont il est question dans un litige, une discussion, etc. :
51. Je l'ai faite en vingt-deux jours, dans l'intervalle de longs travaux de poésie. On peut n'être pas de l'avis du Misanthrope, qui pense que le temps ne fait rien à l'affaire. N. Lemercier, Pinto,avertissement, 1800, p. 3.
52. Que j'aie copié, selon ce qu'il dit, tout le supplément sous sa dictée, ou que je lui aie déchiffré et expliqué les endroits qu'il n'avait pu lire, faute d'entendre le sens, comme le prouve cette copie même; tout cela ne fait rien à l'affaire. P.-L. Courier, Lettre à Monsieur Renouard,1810, p. 258.
3. [Avec un adj. poss. ou l'art. déf. qui en tient lieu] Ce qu'une personne trouve conforme à son intérêt, ce qui répond à son besoin. Son échec fait mon affaire, cela fera l'affaire :
53. C'est égal, deux ou trois douzaines de chemises feraient bien mieux notre affaire. A. Daudet, Le Petit Chose,1868, p. 182.
54. J'ai là une belle rouelle de veau, ça fait mon affaire. M. Barrès, Mes cahiers,t. 3, janv.-août 1904, p. 195.
Arch. Avoir affaire de.Avoir besoin de :
55. ... mais le duc de Bourbon, le duc d'Alençon et les jeunes seigneurs ne voulaient point des gens des communes, et disaient que ceux qui n'étaient point de leur avis avaient peur. « Qu'avons-nous affaire de ces gens de boutique? disaient-ils; nous sommes déjà trois fois plus nombreux que les Anglais. » P. de Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 4, 1824, p. 64.
Rem. La lang. class. employait dans le même sens c'est son affaire :
56. Quand un gouvernement nous prodigue de grands spectacles, et de l'héroïsme, et des créations, et des destructions sans nombre, on serait tenté de lui répondre : « le moindre grain de mil serait mieux notre affaire », et les plus éclatants prodiges, et leurs pompeuses célébrations, ne sont que des cérémonies funéraires où l'on forme des danses sur des tombeaux. [Citation incomplète, modifiée de La Fontaine, I, 20 : « Mais le moindre grain de mil/ Serait bien mieux mon affaire. »] B. Constant, De l'Esprit de conquête et de l'usurpation,1813, p. 166.
4. Faire son affaire à quelqu'un, lui régler son affaire. Lui infliger un châtiment :
57. Alors, la bataille faillit s'engager. Des imprécations montaient, une voix cria qu'il fallait faire son affaire à ce cochon de paysan, qui, comme tous les autres, aurait noyé son pain, plutôt que d'en donner une bouchée au soldat. É. Zola, La Débâcle,1892, p. 158.
58. Il [Ragu] hurlait : − Tu oses me dire ça, bougre de saleté! ... Et le nom de l'homme, dis-moi le nom de l'homme, pour que j'aille lui régler son affaire? É. Zola, Travail,1901, p. 19.
Rem. Arg. Avoir son affaire. Être ivre :
59. Je propose l'absinthe... Après quoi j'avais mon affaire, là, dans le solide. (Monselet.) Larch.1861.
B.− Objet concret
1. COMM. Objet correspondant à un désir. (Le vendeur au client) : j'ai votre affaire.
2. Lang. fam.; gén. au plur.
a) Objet d'un usage habituel. Je n'aime pas qu'on fouille dans mes affaires :
60. ... dans le placard on ne voyait plus rien de toutes les affaires de Virginie! G. Flaubert, Trois contes,Un Cœur simple, 1877, p. 65.
b) Objets dont l'identité ou le nom précis n'est pas connu ou n'importe pas :
61. Il [le révolver] a deux crans de sûreté, six coups, une baguette, un tas d'affaires. Colette, Claudine s'en va,1903, p. 300.
Rem. Affaires est dans ce dernier cas un synon. noble de mots comme truc, machin, etc.
3. Par euphémisme. Pour désigner des états passagers que la pudeur empêche de désigner par le mot propre :
a) [En parlant d'une femme] Règles :
62. [Margot] : − ... Sabordas m'a examinée sur ma demande, parce que l'époque de mes affaires était dépassée depuis deux mois et demi. Il n'y a plus de doute. Je suis chipée. L. Daudet, Phryné,1937, p. 21.
b) Besoins naturels :
63. ... des processions de bêtes... s'en allaient à leurs affaires. É. Zola, La Faute de l'abbé Mouret,1875, p. 1469.
c) Arg., pop. État de grossesse :
64. Elle [une fille] marchait avec peine, poussant devant elle un ventre énorme de femme enceinte... [m. gourd] − ... on ne s'introduit pas chez les gens, avec une affaire pareille cachée sous la peau. É. Zola, Pot-Bouille,1882, p. 254.
65. ... il fallait que les maîtres lui fissent un enfant [à une bonne]... La voix étranglée, elle répétait, entre deux crises : − Salauds! ... S'il est permis de vous coller une pareille affaire! É. Zola, Pot-Bouille,1882p. 369.
Prononc. ET ORTH. : [afε:ʀ]. Grev. 1964, § 916-917 fait la rem. suiv. : ,,Dans ces trois expressions [avoir affaire à; - avec; - de] l'usage est d'écrire affaire, en un mot, mais cette orthographe se fonde sur des habitudes prises plutôt que sur des raisons de sens. L'Office de la Langue française (cf. Figaro, 5 févr. 1938) acceptait avoir à faire à aussi bien que avoir affaire à. Pour Littré écrire avoir à faire de « ne peut être considéré comme une faute; car à faire ici convient mieux que affaire ». En fait, pour les trois expressions, il n'est pas rare de rencontrer l'orthographe à faire.`` Enq. : /afe2 ʀ/.
Étymol. ET HIST. − 1. Ca 1150 « ce que l'on a à faire » (Wace, Conception de Notre-Dame, éd. Ashford, 61 ds Keller, Voc. Wace, 148 b : Quant il ot bien fait son afaire, O sa gent se mist el repaire); 1160-1174 « ce que l'on fait, la situation » (Id., Rou, éd. Andresen, III, 10608, ibid. : Li reis, qui esteit a Wincestre, Oï del duc l'afaire e l'estre); 1155 « ensemble de choses, de faits concernant qqn, un groupe de personnes » (Id., Brut, éd. Arnold, 4558, ibid. : Lur covenant unt afermé E lur afaire purparlé); 1172-1174 « ensemble de faits, d'éléments liés entre eux » (G. de Pont-Ste-Maxence, Vie de saint Thomas, éd. Walberg, 2312 : Quant sout que cist afaires fu issi atornez, De nuit est a la curt priveement alez); d'où différents emplois spécialisés : a) 1508-09 « ce qui a pour objet les intérêts publics » (Compte de André Meliart, A. Mun. Nevers CC 84 ds Gdf. Compl. : A Gilbert Pinchard, apothicaire, 7 livres tournois pour plusieurs drogues et medicines par lui fournies pour la maladie de Louis Genest, concierge de la ville, a lui advenue sur les ponts de Loire en exerçant son office aux affaires de la ville); b) 1690 « ensemble de faits créant une situation compliquée » (Fur. : Affaire. Se dit aussi des querelles, des combats, des brouilleries d'amitié. Il y a une grande affaire à la Cour); c) 1690 dr. « procès » (Id. : Affaire. Se dit particulierement des proces. Celuy qui n'entend point les affaires, ne doit point se meler de plaider); d) 1690 « entreprise commerciale ou industrielle » (Id. : On appelle Gens d'affaires, les Financiers, les Traittans et Partisans qui prennent les Fermes du Roy, ou le soin du recouvrement des impositions qu'il fait sur les peuples); e) 1694 milit. (Ac. éd. 1695 s.v. faire : Affaire... Il se dit aussi des Occasions de guerre. C'est un homme qui a bien veu des affaires); 2. 1172-1174 avoir afaire de « avoir besoin de (qqc.) » (Ch. de Troyes, Chevalier à la Charrette, éd. Fœrster, 2816 : Et tu avras ancor a feire De m'äie); 3. 1215 « objets, effets personnels » (La Vie de Saint Grégoire le Grand, éd. P. Meyer ds Romania, XII, 1883, 180, 2113 : Livres, reliques, vestimenz Ovec meintes autres afaires Qui a lui furent necessaires). Dér. de faire*; préf. a-1*.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 21 678. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 34 151, b) 34 604; xxes. : a) 31 049, b) 25 836.
BBG. − Ac. Can.-Fr. 1968. − Bailly (R.) 1969 [1946]. − Bar 1960. − Baudhuin 1968. − Baudr. Chasses 1834. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Blanche 1857. − Boiss.8. − Bruant 1901. − Canada 1930. − Cap. 1936. − Daire 1759. − Dub. Pol. 1962, p. 88, 91, 121, 135, 187. − Dup. 1961. − Dupin-Lab. 1846. − Esn. 1965. − Esn. Poilu 1919. − Fér. 1768. − Gir. t. 2 Rem. 1834, pp. 3-5. − Gottsch. Redens. 1930, p. 328, 390, 392, 404, 438. − Grand'Combe (F. de). Businessman et homme d'affaires. Fr. mod. 1956, t. 24, p. 14. − Hanse 1949. − Kold. 1902. − Kuhn 1931, p. 127, 224. − Lacr. 1963. − Laf. 1878. − Laf. Suppl. 1878. − Larch. 1880. − Lar. comm. 1930. − La Rue 1954. − Lav. Diffic. 1846. − Lecnam. Quelques questions de grammaire. L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux. 1895, t. 32, col. 176. − Lep. 1948. − Le Roux 1752. − Marcel 1938. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 29, 231. − Michel 1856. − Pavot (T.). Quelques questions de grammaire. L'Intermédiaire des chercheurs et des curieux. 1895, t. 32, col. 218. − Pope 1961, § 777. − Prév. 1755. − Réau-Rond. 1951. − Romeuf t. 1 1956. − Sain. Lang. par. 1920, p. 366. − Sandry-Carr. Courses 1963. − Sardou 1877. − Thomas 1956. − Tilander (G.). Notes d'étymologie française. Romania. 1926, t. 52, p. 468. − Vinc. 1910.

Affaire : définition du Wiktionnaire

Nom commun

affaire \a.fɛʁ\ féminin

  1. Chose dont on doit s’occuper, à faire
    • C’est mon affaire : Se dit à une personne qui s’immisce, et signifie « cela ne regarde que moi, je m’en occupe ».
    • J’en fais mon affaire : Je m’en charge, je réponds du succès.
    • Dites-moi la place que vous désirez, j’en fais mon affaire.
  2. Ce qui est le sujet de quelque occupation.
    • Le repas était, comme toujours en Polynésie, une affaire très sérieuse et tout le monde mangeait en silence. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Affaire agréable. — Affaire importante. — Il n’a d’autre affaire que de se divertir. — Il est fort occupé, il a bien des affaires. — Je suis accablé d’affaires.
    • Toutes affaires cessantes.
    • C’est une affaire faite : Il n’y a plus à y revenir.
  3. Ce qui est sujet de quelques préoccupations.
    • […] ; l’affaire Dreyfus nous a montré que l’immense majorité des officiers et des prêtres concevait toujours la justice à la manière de l’Ancien Régime […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.III, Les préjugés contre la violence, 1908, p. 143)
    • Le Carcan rentrait des champs ; il fut mis au courant de l’affaire et bientôt mêla son organe tonitruant aux glapissements de sa conjointe. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Je rentre de Craonne. Nous avons perdu trop d’hommes irremplaçables dans cette affaire. Et celle-ci fut la plus meurtrière que je sache. — (Pierre Audibert, Les Comédies de la Guerre, 1928, p.82)
    • Camille-Eugène-Marie Dieudonné. Il a vingt six ans, quand éclate l’affaire Bonnot. De métier, il est ouvrier ébéniste ; d’idées : anarchiste. — (Albert Londres, L’homme qui s’évada, Les Éditions de France, 1928, p. 9)
    • Il ne veut point d’affaire.
    • Il se fait une affaire de la moindre chose.
    • Si vous vous brouillez avec cet homme-là, vous vous ferez des affaires.
    • Assoupir, étouffer, arranger une affaire.
    • Que d’affaires pour si peu de chose !
    • C’est toute une affaire : Chose qu’on regarde comme malaisée.
    • Ce n’est pas une affaire : Chose facile.
    • Il s’est tiré d’affaire ; se bien tirer d’une affaire.
    • Voilà le nœud de l’affaire.
    • S’entremettre d’une affaire.
    • Ce malade est hors d’affaire : Il ne court plus aucun danger.
  4. …bref, toutes les choses qu’on a à discuter, à démêler avec quelqu’un dans le commerce de la vie.
    • C’est une affaire d’intérêt.
    • C’est une affaire d’honneur.
    • C’est une affaire de cœur.
    • Sortir d’une affaire avec honneur.
    • Se charger d’une affaire.
    • Je vous rendrai compte de votre affaire.
    • Entendre bien une affaire ; comprendre, concevoir une affaire.
    • Il débrouille bien, il démêle bien une affaire.
    • Affaire d’honneur : Signifie quelque fois « duel, combat singulier ». Dans ce sens on dit de même simplement Une affaire.
  5. (En particulier) Convention ; marché ; traité ; transaction commerciale ; entreprise d’industrie ; spéculation financière.
    • Eh bien, maître René ! dit-il, comment vont les affaires commerciales ? — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
    • Dans toutes les Bourses de la terre, ce fut une avalanche de titres que les porteurs voulaient vendre ; les banques suspendirent leurs paiements, les affaires furent paralysées et cessèrent ; […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 288 de l’éd. de 1921)
    • Il se plongeait dans l’aridité des études financières, le jargon des affaires, la jonglerie des chiffres et, lentement, ces choses, hier hermétiques, lui devenaient familières. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 116)
    • Il y a là une forme subtile de ce à quoi les militantes féministes ont donné le nom de « phallocratie », comme si le mâle avait acquis la créature qu’il exhibe dans une vente aux enchères et désirait qu’on le congratulât pour cette bonne affaire grâce à laquelle son existence va être tout embellie. — (Jean Dutourd, Portraits de femmes, éd. Flammarion, 1991, 2010)
  6. (Droit) Cas traité par la justice.
    • L'affaire O. J. Simpson fut une des plus médiatisées.
    • Il y a une grande affaire au Conseil d’état, à la Cour d’appel.
    • Cet avocat est chargé d’une belle affaire, d’une affaire qui fera du bruit.
    • C’est une affaire de grande discussion, de longue discussion.
    • Une affaire embrouillée, épineuse, embarrassée.
    • Les affaires criminelles.
    • Ce juge entend mal mon affaire.
    • Le point, le secret, le fin de l’affaire.
  7. Est aussi un terme général que l’on substitue souvent dans le langage ordinaire à des termes propres et particuliers. Il s’emploie ainsi dans des significations très diverses et quelquefois dans des sens opposés qu’il est impossible d’indiquer tous.
    • J’ai affaire au ministre : J’ai une question à traiter avec lui.
    • Vous aurez affaire à moi : Je vous châtierai.
    • Qu’ai-je affaire de toutes ces querelles ? : Ai-je à m’en occuper ?
    • Cette maison fera mon affaire : Elle me convient, elle m’accommode.
    • (Ironique) C’est une autre affaire.
    • Le bon de l’affaire c’est que…
    • – La belle affaire ! dit M. Ozu de la même manière, le croirez-vous, que Manuela, ce qui me fait rire.
      Il lève un sourcil interrogateur.
      – C’est l’expression favorite de ma meilleure amie, dis-je en guise d’explication.
      — (Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006, collection Folio, pages 284-285)
  8. Effets personnels.
    • Prends tes affaires et fiche le camp !
  9. (Québec) (Souvent péjoratif) Objet que l’on a du mal à définir ou à nommer ; patente, machin.
  10. (Québec) (Acadie) Une certaine quantité.
    • Mets-en juste une petite affaire !
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Affaire : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AFFAIRE. n. f.
Ce qui est le sujet de quelque occupation. Affaire agréable. Affaire importante. Il n'a d'autre affaire que de se divertir. Il est fort occupé, il a bien des affaires. Je suis accablé d'affaires. Avoir affaire. Il est en affaires. Toutes affaires cessantes. L'affaire du salut est la plus grande d'un chrétien. J'en fais mon affaire, Je m'en charge, je réponds du succès. Dites-moi la place que vous désirez, j'en fais mon affaire. C'est une affaire faite signifie L'affaire est terminée, conclue de façon définitive : il n'y a plus à y revenir. Fam., C'est mon affaire, se dit à une Personne qui veut nous détourner de quelque dessein, en nous faisant voir le danger, les inconvénients qui sont à craindre et signifie Cela ne regarde que moi, ne peut compromettre, léser ou exposer que moi seul. On dit dans un sens analogue C'est son affaire, c'est leur affaire.

AFFAIRE signifie aussi Soin, peine, embarras, difficulté, querelle, danger. Il a bien des affaires sur les bras. Il a une fâcheuse, une mauvaise affaire sur les bras. Il vous donnera bien des affaires. Il était bien embarrassé, mais il s'est tiré d'affaire. Susciter des affaires à quelqu'un. Il a si bien manœuvré qu'il s'est mis hors d'affaire. Il ne veut point d'affaire. Il se fait une affaire de la moindre chose. Si vous vous brouillez avec cet homme-là, vous vous ferez, vous vous attirerez des affaires. Vider une affaire. Assoupir, étouffer, arranger une affaire. Que d'affaires pour si peu de chose! C'est toute une affaire se dit d'une Chose qu'on regarde comme malaisée, et Ce n'est pas une affaire se dit d'une Chose facile. Il s'est tiré d'affaire, Il a su par son intelligence, par sa bonne conduite, se procurer une fortune honnête, une position honorable. Ce malade est hors d'affaire, Il ne court plus aucun danger. Il se dit de Toutes les choses qu'on a à discuter, à démêler avec quelqu'un dans le commerce de la vie. C'est une affaire d'intérêt. C'est une affaire d'honneur. Sortir d'une affaire avec honneur. Se bien tirer d'une affaire. Voilà le nœud de l'affaire. S'entremettre d'une affaire. Se charger d'une affaire. Je vous rendrai compte de votre affaire. Entendre bien une affaire. Comprendre, concevoir une affaire. Il débrouille bien, il démêle bien une affaire. Affaire d'honneur signifie quelque fois Duel, combat singulier. Dans ce sens on dit de même simplement Une affaire. Affaire de cœur, Commerce de galanterie. Fam. et ironiq., Votre affaire est faite, Elle est manquée, vous ne devez plus rien espérer, vous n'avez plus rien à prétendre. Son affaire est faite se dit aussi d'un Homme perdu au physique ou au moral et qui ne peut se relever de son état. Son affaire est bonne, Il ne peut éviter une punition, un malheur.

AFFAIRE se dit particulièrement des Procès et de tout ce qui se traite en quelque juridiction que ce soit, tant en matière civile qu'en matière criminelle. Il y a une grande affaire au Conseil d'État, à la Cour d'appel. Cet avocat est chargé d'une belle affaire, d'une affaire qui fera du bruit. C'est une affaire de grande discussion, de longue discussion. Une affaire embrouillée, épineuse, embarrassée. Les affaires civiles. Les affaires criminelles. Ce juge entend mal mon affaire. Le point, le secret, le fin de l'affaire. Poursuivre une affaire. Il se dit aussi des Actions de guerre. C'est un homme qui a vu bien des affaires. Il s'est toujours bien conduit dans toutes les affaires où il s'est rencontré. Il fit des merveilles dans la dernière affaire. L'affaire fut quelque temps disputée. L'affaire a été vive, a été chaude.

AFFAIRE signifie encore particulièrement Convention, marché, traité, transaction commerciale, entreprise d'industrie, spéculation financière. J'ai fait affaire avec lui. Nous avons fait affaire ensemble. Nous avons fait beaucoup d'affaires ensemble. Cette ville fait quelques affaires avec Londres. Il propose une affaire qui paraît bonne. C'est une affaire dans laquelle il y a beaucoup à gagner, beaucoup à perdre. Il entreprend trop d'affaires. Cette affaire peut réussir. Les faiseurs d'affaires. Les gens d'affaires. L'affaire est conclue. L'affaire est manquée. Fam., C'est un homme qui entend son affaire se dit d'un Homme habile dans sa profession ou attentif à son intérêt. Ironiquement, Il a fait une belle affaire se dit d'un Homme qui a fait quelque chose mal à propos.

AFFAIRE est aussi un terme général que l'on substitue souvent dans le langage ordinaire à des termes propres et particuliers. Il s'emploie ainsi dans des significations très diverses et quelquefois dans des sens opposés qu'il est impossible d'indiquer tous et que l'usage apprendra. J'ai affaire au ministre, J'ai une question à traiter avec lui. Vous aurez affaire à moi, Je vous châtierai. Qu'ai-je affaire de toutes ces querelles? Ai-je à m'en occuper? Cette maison est mon affaire, Elle me convient, elle m'accommode. Ironiquement, C'est une autre affaire. Le bon de l'affaire c'est que...

AFFAIRES, au pluriel, se dit généralement de Toutes les choses qui concernent la fortune et les intérêts du public et des particuliers. Affaires publiques. Affaires d'État. Ce ministre est chargé de toute la conduite des affaires du royaume. Les affaires étrangères. Les affaires ecclésiastiques. Affaires temporelles. Affaires spirituelles. Le train, le courant des affaires. Pour les affaires urgentes. Les affaires d'une ville, d'une communauté. Les affaires particulières et privées. Les affaires d'une succession. Un homme dont les affaires sont en bon état, en mauvais état. Ses affaires vont bien, vont mal. Il est bien, il est mal dans ses affaires. Il est au-dessus de ses affaires. Il a bien fait ses affaires. Donner ordre, mettre ordre à ses affaires. Affaires domestiques. Chacun a ses affaires, doit savoir ses affaires. Il a soin de ses affaires. Il a donné la conduite, le maniement de ses affaires à un habile homme. Il est prudent en affaires. Il a le génie, l'esprit des affaires. Il entend bien les affaires. Il est propre aux affaires. Il a un homme d'affaires fort négligent. On est souvent trompé par ses gens d'affaires. Un tel est son homme d'affaires. Ce ne sont pas là mes affaires Pourquoi en parlez-vous? sont-ce là vos affaires? Mêlez-vous de vos affaires. Il se dit spécialement de la Profession de commerçant. Il s'est mis dans les affaires. Il a quitté les affaires. Il n'est plus dans les affaires. Il s'est retiré des affaires. Le monde des affaires. Il se disait particulièrement autrefois des Opérations des traitants, de ce qui concernait la levée des deniers publics. Il est intéressé dans les affaires, dans les affaires du roi. Il a commencé par une petite recette, et maintenant il est dans les grandes affaires. Fam., Cette femme a ses affaires, Elle a ses règles.

POINT D'AFFAIRE, loc. adv. Nullement, en aucune façon. Des conseils tant qu'il vous plaira, mais de l'argent point d'affaire. Il vieillit.

Affaire : définition du Littré (1872-1877)

AFFAIRE (a-fê-r') s. f.
  • 1Ce qui est l'objet de quelque travail ; occupation, soin, devoir, fonction. Une petite affaire. Une affaire importante. N'avoir pas d'affaire. C'était l'affaire d'un jour. Charger le fusil et tuer la bête fut l'affaire d'un instant. Je ne me suis mêlé d'aucune affaire. Être accablé d'affaires. C'est mon affaire ; vous n'avez rien à y voir. L'étude est son unique affaire. Ils ont pour unique affaire de toucher leurs rentes. C'est l'affaire d'un bon juge de… Il est tout à son affaire. Vie douce et paisible, sans bruit, sans embarras d'affaires, sans inquiétude, sans soin, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 348. Le czar en partant de Paris avait d'autres affaires qu'à vérifier des passages de saint Épiphane, Voltaire, Hist. de Russ. II, 9. Je suis en affaires avec l'abbé, Sévigné, 228. J'ai quelque affaire Là dedans avec certain frère, La Fontaine, Cord.

    Faire son affaire d'une chose, s'en charger, en répondre. J'avancerai les frais et j'en fais mon affaire. As-tu fait ton affaire principale de sa justice ? Bossuet, Nécess. I. C'est là que je mets toute mon affaire, Bossuet, 5, Vêtur. 1. Quelle ne sera pas la lenteur des progrès de la sagesse dont si peu d'hommes se font une affaire ? Diderot, Essai sur Claude. C'est mon affaire que la conversion, Pascal, Myst. 2. C'est l'affaire des dieux, ce n'est pas la nôtre, Diderot, Princ. de polit. 75. Qu'il brûle encor pour elle, ou la quitte pour moi, Ce n'est pas votre affaire, Corneille, Othon, II, 5. Ce qu'on y voit de plus pompeux n'est l'affaire que d'une scène, Massillon, Drap. Former des citoyens n'est pas l'affaire d'un jour, Rousseau, Écon. 2. Cliton n'a jamais eu, toute sa vie, que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir, La Bruyère, 11. Nous devons travailler à nous rendre très dignes de quelque emploi : le reste ne nous regarde point, c'est l'affaire des autres, La Bruyère, 2.

    Faire son affaire d'une chose, savoir la mettre à profit. Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or, Et j'en fais mon affaire, Béranger, Él. de la rich.

  • 2Tout ce qui est l'objet d'un intérêt. Abandonner un ami dans une affaire qui intéresse l'honneur. Il faut tenter l'affaire. On parle du salut comme d'une affaire souverainement importante, et on a raison d'en parler de la sorte ; mais c'est trop peu dire : il faut ajouter que c'est une affaire absolument nécessaire, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 9. Sire, j'en ai trop dit, mais l'affaire vous touche, Corneille, Hor. V, 3. Tantôt son père Au sortir du conseil doit proposer l'affaire, Corneille, Cid, I, 2. Tout le monde craint d'avoir quelque affaire avec lui, Fénelon, Tél. III.

    Affaire d'honneur, ou absolument, affaire, un duel, un combat singulier. Il a une affaire d'honneur. Une première affaire, un premier duel. J'ai appris qu'il avait eu quelques affaires en Italie et qu'il s'y était battu plusieurs fois, Rousseau, Hél. I, 45.

    Affaire d'amour, un commerce de galanterie.

    Affaires d'esprit, les matières de goût. Il veut qu'on le consulte sur toutes les affaires d'esprit.

  • 3C'est une affaire de, une question de… Elle était de sa nature une affaire de religion chez les païens, Fontenelle, Oracles, chap. I, Introd. La foi de beaucoup d'hommes est une affaire de géographie, Rousseau, Ém. IV. C'est une affaire de soumission et d'humilité, Bossuet, Lett. 53.
  • 4C'est une affaire, la chose est difficile. Ce n'est pas une affaire, la chose n'est pas importante. On se persuade que, comme ce n'est pas une affaire d'en [de certains défauts] être coupable, il n'y a pas aussi grand mal d'en être censeur, Massillon, Car. Médis. Et conter pour conter me semble peu d'affaire, La Fontaine, Fab. VI, 1. Ce ne serait pas une affaire, Sévigné, 68. Ce dieu fripon ressemble assez aux rois, Le bien servir n'est pas petite affaire, Voltaire, Poés. mêl. 150. On faisait une grande affaire de rien, Sévigné, 395. Par le chaud, c'était une affaire, Sévigné, 287. D'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop d'affaire, Pascal, Moyens, 3. Il faudrait bien des affaires pour leur faire entendre [aux Tartares] ce que c'est qu'un financier parmi nous, Montesquieu, Esp. XXX, 13.
  • 5Ce qu'il faut, ce qui convient. Ceci est bien mon affaire. La place qu'il a obtenue fait parfaitement son affaire. Mais le moindre grain de mil Serait bien mieux mon affaire, La Fontaine, Fab. I, 20. Deux minutes feront l'affaire, La Fontaine, Nic. Ce choix était mieux votre affaire, Molière, Mis. I, 1. Votre fille n'est point l'affaire d'un bigot, Molière, Tart. II, 2. C'est moi qui ferai votre affaire mieux que personne, Molière, Préc. Rid. 10. Je n'irais pas bien loin pour trouver mon affaire, Molière, Femmes sav. IV, 3. Le chaud fera mon affaire [me fera du bien], Sévigné, 284. Je voudrais bien que vous pussiez y faire l'affaire du roi et la vôtre, Sévigné, 102. … ah ! Monsieur, si feu mon pauvre père Était encor vivant, c'était bien votre affaire, Racine, Plaid. I, 5.
  • 6Faire son affaire [à soi-même], faire son affaire [à un autre]. Faire son affaire [à soi-même], c'est se mettre à l'abri, s'arranger, réussir. Il fait tout doucement son affaire. Il songe à se retirer à la campagne, son affaire est bientôt faite. Quand on connaît bien les péchés mortels, on tâche de ne pas commettre de ceux-là, et l'on fait son affaire, Montesquieu, Lettr. pers. 57.

    Faire son affaire [à un autre], c'est le châtier, lui donner une leçon, même le tuer. Son affaire est faite, il a été châtié, puni, tué. L'espion fut découvert, et on lui fit son affaire. S'il le rencontre, il lui fera son affaire. Le chat fut trois jours sans manger et sans pouvoir remuer ni pied ni patte ; mais il est bien heureux qu'il n'y a point de chats médecins ; car ses affaires étaient faites, et ils n'auraient pas manqué de le purger et de le saigner, Molière, l'Amour méd. II, 1.

  • 7Avoir son affaire, en bonne part, avoir ce qui convient ; en mauvaise part, recevoir correction, châtiment, leçon. Vouliez ou non, elle aura son affaire, La Fontaine, Rém.
  • 8Point d'affaire, signifie en aucune façon. Point d'affaire, marquis, Molière, Fâch. III, 4. Point d'affaire, signifie encore c'est en vain. J'ai beau lui faire signe et montrer que c'est ruse ; Point d'affaire, il poursuit sa pointe jusqu'au bout, Molière, l'Étour. III, 5.
  • 9 S. f. plur. Les affaires de quelqu'un, ce qui l'intéresse particulièrement, ce qui constitue sa situation. Il sent que l'âge vient, et il songe à mettre ordre à ses affaires. Être bien dans ses affaires. Ceux qui sont mal dans leurs affaires. Nous sommes mal, monsieur, dans nos affaires, Molière, Mis. IV, 4. Un valet conseiller y fait mal ses affaires [ne gagne rien de bon], Molière, l'Étour. I, 2. Si je savais chanter, J'en ferais bien mieux mes affaires, Molière, la Princ. d'Él. II, Interm. Enfin j'ai fait mes affaires, Je suis procureur du roi, Béranger, Ventru. Vous n'avez, vous ni lui, pensé qu'à vos affaires, Corneille, Othon, II, 5. Chacun des deux partis y fit mal ses affaires, La Fontaine, Fianc. Mais que répondrons-nous ? - J'ai d'autres affaires présentement, dit un mondain. - Et quelles sont-elles, ces autres affaires ? - L'affaire de mon établissement, ajoute-t-il, l'affaire de mon agrandissement, les affaires de ma maison, en un mot tout ce qui regarde ma fortune temporelle, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 105.
  • 10Transaction, marché. J'ai fait affaire avec lui. Il me vend sa maison, l'affaire est conclue. En achetant cette terre, il a fait une mauvaise affaire, une bonne affaire. Ce mariage est pour lui une bonne affaire. L'adjudication est remise à quinzaine ; mais je crois que je ferai affaire avant ce temps, Courier, Lettr. II, 123. Si elle le peut épouser, elle fera une très bonne affaire, Sévigné, 21. J'étais lié, dit saint Augustin, par ma propre volonté, plus dure que le fer, et, sans un dernier effort de la vertu d'en haut, je n'aurais jamais conclu mon affaire [sa conversion] que je désirais, mais qui devait coûter si cher à mon cœur, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 282.
  • 11 Absolument, les affaires, le commerce, l'industrie, la banque. Il est dans les affaires. Il a quitté les affaires. Les grandes affaires. Les hommes d'affaires, les gens d'affaires. L'esprit même d'affaires ne s'était pas refusé à lui, Fontenelle, Malézieu.

    Au sing. Organiser, lancer une affaire.

    En mauvaise part, faiseur d'affaires.

  • 12 S. f. pl. Tout ce qui concerne la fortune et les intérêts de l'État. Le mouvement des affaires. Les affaires d'État. Ce ministre est depuis longtemps aux affaires. Les affaires publiques sont dans une telle situation… Loisirs que laissent les affaires. La vieillesse éloigne des affaires. Ceux qui sont à la tête des affaires, Massillon, Conv. Il faisait négligemment les affaires de l'empire, Bossuet, Hist. I, 11. La tentation, dans les grandes charges, dans les grandes affaires, c'est qu'on les trouve si importantes, qu'on y donne tout, et que l'affaire du salut s'oublie, Bossuet, Pensées détachées, 11. Il parle bas dans la conversation, et il articule mal, libre néanmoins sur les affaires publiques, La Bruyère, 6. Personne presque n'a assez de fonds pour remplir le vide du temps sans ce que le vulgaire appelle des affaires, La Bruyère, 2. Que faut-il à un homme d'affaires, ou que ne lui faut-il pas pour vaquer dignement et en chrétien soit au service du prince dont il est le ministre, soit au service du public dont il a les intérêts à ménager ? Quelle étendue de soins…, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 401.

    Affaires spirituelles, affaires qui concernent la religion ; affaires temporelles, celles qui concernent le monde.

  • 13Embarras, peines, querelles. On lui a suscité mille affaires désagréables et fâcheuses. Voulez-vous qu'avec lui je me fasse une affaire ? Molière, Mis. II, 3. Pourquoi chercher à lui faire des affaires [des ennemis] ? Molière, Impr. 3. Voici bien des affaires, Molière, l'Étour. I, 2. Vous ferez-vous toujours des affaires nouvelles ? Boileau, Sat. IX. Cette réserve pourrait m'attirer des affaires, Rousseau, Ém. IV. De peur de me faire des affaires avec le prince, Hamilton, Gram. 7. Je crains que cela ne lui fasse une affaire, Sévigné, 322. Tout le monde veut que j'aie des affaires à Rome, Bossuet, Lettr. rel. 83. Ce n'est point du tout mon intention de vous faire des affaires, Bossuet, Lettr. abb. 73. Il composa un livre fort curieux, mais qui lui fit quelques affaires, Voltaire, Microm. I. Si quelqu'un eût osé ouvrir la bouche… on lui eût fait des affaires dont il ne se fût jamais tiré, Fontenelle, Oracles, ch. 13. Rome, qui avait toujours usurpé, avait continuellement de grandes affaires, Montesquieu, Esp. XI, 17.
  • 14Se tirer d'affaire, se tirer d'embarras, sortir d'affaire, sortir d'embarras. … se plaint qu'elle [mouche] agit seule et qu'elle a tout le soin ; Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire, La Fontaine, Fab. VII, 9. Les sueurs me tireront d'affaire [me guériront], Sévigné, 245. Il faut remercier Dieu du bonheur qui vous tira d'affaire, Sévigné, 78. Il est hors d'affaire [il est guéri], Sévigné, 84.

    Une mauvaise affaire, une affaire où l'honneur, la fortune, la vie sont engagés ; une bonne affaire, une affaire où il y a beaucoup d'argent à gagner.

  • 15Procès, contestation, démêlé. La plus petite affaire d'argent. Suivre une affaire. Affaire civile. Affaire criminelle. Plaider une affaire. Instruire une affaire. Les affaires du barreau. Voyant un président, je lui parle d'affaire, Régnier, Sat. VIII. Il plaide depuis quarante ans, plus proche de sortir de la vie que de sortir d'affaires, La Bruyère, 11.
  • 16Dans un sens très vague, chose, circonstance, conjoncture. Qu'en ce mois le manteau leur est fort nécessaire [aux voyageurs] ; Les Latins le nommaient douteux pour cette affaire, La Fontaine, Fab. VI, 3.
  • 17En t. de guerre, combat. L'affaire fut courte, mais chaude. On perdit beaucoup de monde dans cette malheureuse affaire. L'affaire avait été fort mal engagée. Il l'en remercia quand l'affaire fut finie, Hamilton, Gramm. 5.
  • 18Avoir affaire de, avoir besoin de. L'un allume du feu dont j'avais bien affaire, Régnier, Sat. X. Vous n'avez pas trop affaire de ce détail, Sévigné, 87. Si Pluton a affaire d'un mort, il ne sait plus où le prendre, Fontenelle, Jugement de Pluton. Vous trouverez un statuaire ; Mais vous n'en avez plus affaire, Voltaire, Ép. 79. Qu'un lion d'un rat eut affaire…, La Fontaine, Fab. II, 11. Qu'avons-nous affaire du monde et de ses emplois ? Bossuet, Lett. 27. Qu'avions-nous affaire de son amour naturel ? Bossuet, Relat. Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire, Molière, F. sav. II, 7. Un pouvoir dont le malheureux, Madame, n'aura plus affaire, Molière, Psych. I, 3. Qu'avions-nous affaire de vie, Si nous ne pouvions être à vous ? Molière, ib. V, 2. Le mohatra est quand un homme qui a affaire de vingt pistoles, achète d'un marchand des étoffes pour trente pistoles, payables dans un an, et les lui revend à l'heure même pour vingt pistoles comptant, Pascal, Prov. 8. Qu'avons-nous affaire que leur assurance dépende de là ? Pascal, ib. 19. Qu'ai-je affaire, disait-il aux Juifs, des fruits de la terre que vous apportez dans mon temple ? Bourdaloue, Pens. t. II, p. 413. Dieu veut qu'il y ait entre nous un rapport naturel et continuel, que nous ayons affaire les uns des autres…, Bourdaloue, ib. p. 226. Qu'ai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont…, Montesquieu, Lett. pers. 11. Qu'avez-vous affaire de décrier le luxe ? Fléchier, Serm. II, 220. Qu'ai-je affaire du trône et de la main d'un roi ? Th. Corneille, Ariane, III, 4. Qu'avons-nous affaire d'un nouvel auteur qui se pare des imaginations des Grecs, et donne au monde leurs lumières pour les siennes ? Saint-Évremond, t. IV, p 2.

    Ironiquement. J'ai bien affaire de lui, je me soucie bien de lui ! J'ai bien affaire de tout cela ! Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire, Et des livres qu'ils font la cour a bien affaire ! Molière, F. sav. IV, 3. J'avais bien affaire qu'il attaquât ma réputation ! Fontenelle, Didon, Stratonice. Il avait bien affaire de s'aller…, Hamilton, Gramm. 9. La république a bien affaire De gens qui ne dépensent rien ! La Fontaine, Fab. VIII, 9.

  • 19Avoir affaire à quelqu'un, avoir à lui parler, à débattre avec lui. Et, s'il avait affaire à quelque maladroit…, Corneille, Poly. V, 1. L'homme à qui nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde, Molière, l'Am. méd. III, 3. Il n'a pas affaire à un sot, et vous savez des rubriques qu'il ne sait pas, Molière, Méd. m. lui, III, 7. Il vaudrait autant avoir affaire à des gens qui…, Pascal, Prov. 7. Ayant affaire à des personnes de toutes sortes, Pascal, ib. 5. Ils ont affaire à un homme bien vigilant, Sévigné, 562. Saint Cyrille avait affaire à un de ces dialecticiens…, Bossuet, Conc. On ne sait si on a affaire à un chrétien ou à un païen, Bossuet, Avert. 1.

    Par menace. Si vous tenez ce langage, vous aurez affaire à lui, il vous cherchera querelle, il vous en fera repentir. Quiconque rira aura affaire à moi, Molière, Pourc. IV, 1.

  • 20Avoir affaire avec quelqu'un, avoir à traiter d'affaires avec lui. J'ai affaire ce matin avec le ministre. Ceux avec qui ils ont affaire tous les jours, Fénelon, Tél. XXIII.

    Absolument. Il a affaire, il ne peut quitter, Bossuet, Princ. de P. 2.

  • 21 En termes de fauconnerie, un oiseau est de bonne affaire, quand il est bien affaité, bien dressé pour la volerie.

    Par extension. Un autre était muet et d'amoureuse affaire, La Fontaine, Fianc. Sa femme était encor de bonne affaire, La Fontaine, Berceau.

  • 22En parlant d'une femme, avoir ses affaires, avoir ses règles.
  • 23Faire ses affaires, aller à ses affaires, satisfaire ses besoins naturels. Autrefois, chez le roi, on appelait chaise d'affaires la chaise percée, et brevet d'affaires, le privilége d'entrer dans le lieu où le roi est sur sa chaise d'affaires. On sait que le roi Henri III fut blessé mortellement, par Jacques Clément, étant sur sa chaise d'affaires.
  • 24Proverbes. Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires, Régnier, Sat. XI.

    Avoir affaire à la veuve et aux héritiers, c'est-à-dire avoir affaire à forte partie.

    Ceux qui n'ont point d'affaires, s'en font, c'est-à-dire l'oisiveté fatigue, et on se fait des occupations.

    À demain les affaires, c'est-à-dire ne songeons aujourd'hui qu'à nous divertir.

    Chacun sait ses affaires, se dit quand on ne veut pas entrer dans les motifs de la conduite de quelqu'un.

    Il a plus d'affaires que le légat, c'est-à-dire il est très occupé.

SYNONYME

AVOIR AFFAIRE à QUELQU'UN, AVOIR AFFAIRE AVEC QUELQU'UN, se trouver en rapport avec lui. Les auteurs de synonymes disent que à marque supériorité, autorité, pouvoir de celui à qui on a affaire, et dépendance, infériorité, besoin de celui qui a affaire. Cette distinction est sans fondement ; la seule réelle, c'est que à est plus général : on a affaire à quelqu'un pour toutes sortes de choses ; on a affaire avec quelqu'un pour traiter avec lui, et en raison d'une certaine réciprocité qui n'est pas impliquée par à.

REMARQUE

Dans la locution avoir affaire de, pour avoir besoin, quelques-uns écrivent à faire en deux mots. Cela ne peut être considéré comme une faute ; car à faire ici convient mieux que affaire ; mais l'usage est d'écrire affaire en un seul mot dans cet emploi.

HISTORIQUE

XIIe s. Dire brevement l'affaire, Machab. II, Mouchet, n° 9. Là ont de leur afaire leur parlement tenu, Sax. XXVIII. [Que chaque baron aille] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, Sax. XXX.

XIIIe s. Vous avez empris le plus grant afaire et le plus perilleus que onques mais gent entrepreissent, Villehardouin, LXII. Endementres que ce fu fait, li empereres Baudoins avoit ja fait tous ses afaires en Salenique, Villehardouin, CXXII. Ou [au] mantiau n'ot pas penne vaire Mès moult viés et de povre afaire, D'agniaus noirs velus et pesans, la Rose, 216. Mès sans faille tu ne savoies à quel seignor afaire avoies, ib. 4258. Mes de tout ce qu'en ai-ge afaire, S'ele est cortoise et debonnaire ? ib. 4079. Que mon afaire va tousjours de mal en pis, Berte, XX. Qui de si grant afaire [de si haute position] fust à tel meseür [malheur], ib. XLI. Conté [elle] m'a son afaire et tout son errement, ib. XLVII. Quant li messagiers eut son afaire apresté, ib. LXVII. Son afaire [elle] appareille, mains [moins] qu'ele peut, detrie [tarde], ib. LXXII. Li quex [lequel] est coustumiers de dire vilonie au bailli ou as jugeurs ou à la partie à qui il a à fere, Beaumanoir, V. 15.

XIVe s. Mais quant vint au fort de l'afaire, Monseur Charles ne sot que faire, Ne ses gens en nulle maniere, Liv. du bon Jeh. 1387.

XVe s. Ces quatre chevaliers chevaucherent si avant qu'ils approcherent de moult près les Anglois et que ils purent bien aviser et imaginer une grande partie de leur affaire [de leurs dispositions], Froissart, I, I, 285. Et n'est nul en Angleterre tant soit noble ni de grand affaire, qui l'ose courroucer…, Froissart, I, I, 7. Se le grant Dieu me gart d'essoine, Je leur voiz compter ceste affaire, la Pass. de N. S. J. C. Caïphas, tost congié prenons De Pilate, et nous hastons : Sy en alons en nostre afaire, la Résurr. de J. C. Un curé voyant cest affaire, De la femme fut amoureulx, Villon, Repues. Il y eut plus affaire à les renvoyer qu'à les appeler, Commines, I, 2. Congnoissant que le roy d'Angleterre l'avoit fort desiré, il sembloit bien que s'il [le duc de Charolois] en avoit affaire, qu'il le gaigneroit des siens, Commines, I, 5. Son maistre ou ung prince de qui on a affaire, Commines, III, 2. Pour certain sien affaire, comme il disoit, Bouciq. III, ch. 22. Et pour advertir de ceste affaire ceulx qui prennent plaisir à lire et à escouter les faiz de la guerre…, Bibl. des Chartres, 4e série, t. I, p. 430. Et faisoient de merveilleuses choses, et donnerent de fors affaires aux ennemys, Jeh. de Saintré, ch. 61.

XVIe s. Et m'excuser, si pour le mien affaire Je ne suis point vers vous allé parler, Marot, dans Ménage. En guerre, en paix, en affaires urgents, Au gré des rois et profit de leurs gens, Marot, ib. Enfans, avez-vous encores affaire de mon ayde ? Rabelais, Pant. IV, 24. Juppiter tenoyt conseil sus certains urgens affaires, Rabelais, ib. IV, Nouv. prol. Quiconque donc se presentera à nous ayant affaire de nostre aide, Calvin, Inst. 544. Il n'est pas seulement requis qu'il ait bonne cause en quelque affaire particulier, mais qu'il ait une justice entiere en tout le cours de sa vie, Calvin, ib. 645. Christ a toujours conformé ses responses à ceux auxquels il avait à faire, ib. 656. Mon esprit se donne plus d'affaire à soy mesme, Montaigne, I, 33. Lorsque nous en avons le plus affaire, Montaigne, I, 97. Aulcuns me convient d'escrire les affaires de mon temps, Montaigne, I, 103. Le marchand ne faict bien ses affaires qu'à…, Montaigne, I, 104. Ils veulent avoir à faire à gens qui…, Montaigne, II, 107. Moi qui m'espie de plus prez, comme celuy qui n'ay pas fort à faire ailleurs, Montaigne, II, 323. En tels affaires, comme cestui-ci, il ne faut point flater soy-mesmes, ni autrui, Lanoue, 22. En nulle action passée, on n'auroit eu tant d'afaire qu'on auroit en ceste-ci, Lanoue, 437. Ils conurent qu'il y auroit de l'affaire à chasser les pigeons de ce colombier, Lanoue, 581. Affaire est tantôt masculin et tantôt féminin dans D'AUBIGNÉ, LOUIS XI, DESPERIERS, MARGUERITE et YVER. Il est une commune affection que l'on a vers les meschans, pendant que l'on a affaire d'eulx : ne plus ne moins que ceulx qui ont affaire du fiel et du venin de quelques bestes venimeuses, Amyot, Rom. 26. Les utensiles dont on ne se peult passer, et dont on a tous les jours à faire, Amyot, Lyc. 14. Il chassa de Sparte les estrangers, si non ceulx qui y auroient necessairement affaire, Amyot, Lyc. 57. La ville estoit contaminée de quelques cas abominables, qui avoient necessairement affaire de purgation, Amyot, Solon, 19. Hannibal estima qu'il le falloit attirer au combat, ou autrement que les affaires des Carthaginois s'en alloient ruiner, Amyot, Fab. 12. Il luy envoya un officier luy faire commandement de descendre de cheval, et de venir à pied, si d'adventure il avoitaucune chose à faire au consul, Amyot, ib. 48. Elle ne trouvoit pas à qui se marier pour sa pauvreté, et avoit beaucoup affaire à vivre, Amyot, Arist. 66. J'ai veu plusieurs jurisconsultes et grands hommes d'Etat s'etendre sur cet affaire [le duel], D'Aubigné, Faen. I, 9. On dit qu'elle a fait ses affaires [ordures] dans ses chausses, D'Aubigné, ib. IV, 19.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

AFFAIRE. Ajoutez :
25Agent d'affaires, voy. AGENT, n° 2.
26 Populairement. Avoir son affaire, être tué, et aussi être ivre mort.

REMARQUE

Ajoutez :

2. C'est affaire à vous, s'est dit quelquefois pour : c'est à faire à vous, voy. FAIRE, n° 68.

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Affaire : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

AFFAIRE, s. f. (Jurisp.) en terme de Pratique est synonyme à procès. Voyez Procès. (H)

Affaire, (Commerce.) terme qui dans le Commerce a plusieurs significations.

Quelquefois il se prend pour marché, achat, traité, convention, mais également en bonne & en mauvaise part, suivant ce qu’on y ajoûte pour en fixer le sens : ainsi selon qu’un marché est avantageux ou desavantageux, on dit qu’un Marchand a fait une bonne ou une mauvaise affaire.

Quelquefois affaire se prend pour la fortune d’un Marchand ; & selon qu’il fait des gains ou des pertes considérables, qu’il est riche, sans dettes, ou endetté, on dit qu’il est bien ou mal dans ses affaires.

Entendre ses affaires, c’est se bien conduire dans son négoce ; entendre les affaires, c’est entendre la chicane, la conduite d’un procès ; mettre ordre à ses affaires, c’est les régler, payer ses dettes, &c. On dit en proverbe que qui fait ses affaires par Procureur, va en personne à l’hôpital. Savary, Dict. du Comm. tom. I. page. 579. (G)

Affaire, terme de Fauconnerie ; on dit c’est un oiseau de bonne affaire, pour dire, c’est un oiseau bien dressé pour le vol, bien duit à la volerie.

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Étymologie de « affaire »

Étymologie de affaire - Littré

Bourguign. aifaire ; wall. afé ; provenç. afar, afaire ; anc. catal. afaire ; ital. affare ; de à et faire. Ce mot était masculin dans l'ancien français, dans le provençal ; il l'est encore dans l'italien. Le premier exemple du féminin est, ici, du XVe siècle. Ce mot était nécessairement, à l'origine, du masculin, puisque c'est un infinitif, et que tous les infinitifs pris substantivement sont de ce genre. Ce qui aura probablement induit à le faire féminin, c'est sa terminaison féminine. Dans le XVIIIe siècle la chancellerie avait conservé l'ancien genre, et sur les dépêches du roi on mettait : Pour les exprès affaires du roi, et non expresses. Chapelain, voulant se rendre raison du genre masculin dans l'ancien usage, dit que c'est que nous l'avons tiré de l'italien affare qui est de ce genre : c'est une erreur ; affaire ne vient pas de l'italien affare. Il est, dès le XIIe siècle, dans les textes français, à une époque où le français n'empruntait rien à l'italien.

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Étymologie de affaire - Wiktionnaire

 Composé de à et de faire, une affaire est avant tout une chose à faire, puis une activité (le fait de le faire) pour enfin décrire le résultat.
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Phonétique du mot « affaire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
affaire afɛr play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « affaire »

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Citations contenant le mot « affaire »

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  • Le trop d’expédients peut gâter une affaire. De Jean de La Fontaine / Fables
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  • Pour Dieu, chaque être qui meurt est une affaire classée. De José Artur / Les Pensées
  • La nature connaît mieux son affaire que le hasard. De Ernest Ouellet / Multipliez-vous
  • Le sage médite encore, le fou a terminé l’affaire. De Proverbe russe
  • Escroquerie : une bonne affaire qui a rencontré une mauvaise foi. De Alfred Capus
  • La médecine n’est pas une affaire de science : c’est une affaire de veine. De Alphonse Allais / A se tordre
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  • Le sport est bien affaire de frissons. De Jean Dion / Le Devoir - 24 décembre 1999
  • La politique est une affaire de politesse. De Léopold 1er
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Traductions du mot « affaire »

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Synonymes de « affaire »

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