Baisser les bras : définition et origine de l'expression
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Sur un ring, un boxeur épuisé qui baisse les bras cesse de se protéger. Il s’expose alors aux coups et perd presque à coup sûr le combat. Selon le lexicographe Alain Rey, notre expression du jour tire de cette image pugilistique une partie de son sens. Pourtant, un fait surprend : malgré ce décor combatif, la formule au sens figuré n’a vraiment décollé qu’au XXe siècle. Voyons donc d’où vient « baisser les bras » et comment l’employer. Bonne lecture !
Définition de l’expression « baisser les bras »
L’expression « baisser les bras » signifie renoncer, cesser de lutter, se décourager devant une difficulté. On l’emploie lorsqu’une personne abandonne un effort après avoir résisté, faute de force ou d’espoir.
Elle décrit donc un abandon, mais toujours après un combat. En effet, on ne baisse les bras que si on les avait d’abord levés pour se battre. Le plus souvent, la formule s’utilise à la forme négative, comme un encouragement : ne baisse pas les bras !
Synonymes de « baisser les bras »
- Renoncer
- Se décourager
- Jeter l’éponge
- Baisser pavillon
- S’avouer vaincu
- Capituler
Par ailleurs, le français compte de nombreuses expressions bâties sur les bras. On peut ainsi tomber dans les bras de Morphée ou se jeter dans les bras de quelqu’un.
Origine de l’expression « baisser les bras »
Deux pistes éclairent l’origine de « baisser les bras ».
D’abord, la boxe. Selon le lexicographe Alain Rey, l’expression vient de l’image du boxeur : trop fatigué pour se protéger, il baisse la garde, encaisse les coups et finit par perdre. Baisser les bras revient donc à renoncer à se défendre.
Ensuite, une pratique bien plus ancienne. Au Moyen Âge, l’ordalie, ou « jugement de Dieu », servait à trancher les litiges. Selon les historiens du droit médiéval, l’une de ses formes, prisée sous les premiers Carolingiens, imposait aux deux parties de tenir les bras tendus à l’horizontale le plus longtemps possible. Celui qui baissait les bras le premier perdait sa cause. Certains y voient une origine possible de l’expression : cesser de tenir, c’est déjà s’avouer vaincu.
Toutefois, le sens figuré courant reste tardif. Longtemps, les textes n’emploient « baisser les bras » que pour le simple geste du corps. Ce n’est qu’au XXe siècle que la formule s’impose pour dire « renoncer », d’abord dans la langue parlée, puis à l’écrit.
Usage de l’expression
Quasi absente des textes avant 1900, l’expression grimpe ensuite à partir du milieu du XXe siècle. Elle atteint enfin son sommet en 2018 :

Exemples d’usage de l’expression « baisser les bras » dans la littérature
Comme le sens figuré est récent, les textes anciens attestent surtout le geste chargé de sa valeur de renoncement. En voici deux témoignages, du jugement médiéval à la poésie du début du XXe siècle.
Le peuple attentif à l’événement pariait tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre ; enfin l’homme de l’évêque se lassa le premier, baissa les bras, et lui fit perdre son procès.
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, article « Patron »
Elle pleure, et toi seul, cruel, peux l’apaiser, Elle baisse les bras comme un arbre brisé, Elle penche la tête ainsi qu’une captive…
Hélène Picard, L’Instant éternel
Aujourd’hui, l’expression s’emploie surtout au sens figuré du découragement. On dira ainsi : « Malgré les échecs répétés, l’équipe a refusé de baisser les bras. »
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