Avoir d'autres chats à fouetter : définition et origine de l'expression
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Savez-vous ce que l'on veut dire lorsqu'on affirme avoir d'autres chats à fouetter ? Malgré son image brutale, cette expression ne parle pas réellement de maltraiter des animaux. Elle permet d'écarter une affaire secondaire au profit d'occupations plus importantes. Dans cet article, on vous explique sa définition, son origine et ses usages dans la littérature. Bonne lecture !
Définition de l'expression « avoir d'autres chats à fouetter »
L'expression « avoir d'autres chats à fouetter » signifie avoir des choses plus importantes à faire ou des préoccupations plus sérieuses à traiter. On l'emploie pour refuser de consacrer du temps à une question jugée secondaire.
La locution appartient au registre familier. Elle peut exprimer l'impatience, voire une certaine désinvolture envers la demande d'un interlocuteur. Dire j'ai d'autres chats à fouetter revient à établir une priorité : l'affaire évoquée ne mérite pas que l'on s'y attarde maintenant.
À noter que le déterminant varie selon la phrase. On dit couramment « j'ai d'autres chats à fouetter », mais aussi « ils ont bien d'autres chats à fouetter ». L'adverbe bien renforce alors l'écart entre la préoccupation délaissée et les affaires considérées comme urgentes.
Synonymes d'avoir d'autres chats à fouetter :
- Avoir mieux à faire
- Avoir d'autres préoccupations
- Avoir des affaires plus importantes à régler
- Avoir d'autres priorités
- Ne pas avoir de temps à perdre avec cela
Origine de l'expression « avoir d'autres chats à fouetter »
L'origine exacte de la formule reste difficile à établir. Le Trésor de la langue française la rattache aux larcins habituellement attribués au chat. Dans les maisons, l'animal était volontiers accusé de voler de la nourriture. Le verbe fouetter évoquerait donc la punition autrefois infligée au coupable supposé.
Cette explication lexicographique éclaire l'image, mais elle ne permet pas d'attribuer l'expression à une histoire particulière ou à un auteur précis. Mieux vaut donc écarter les récits pittoresques qui ne reposent sur aucune source primaire vérifiable.
L'Académie française enregistre aujourd'hui deux locutions voisines. « Il n'y a pas de quoi fouetter un chat » qualifie une faute ou une affaire sans gravité. « J'ai d'autres chats à fouetter » signifie, selon la neuvième édition de son dictionnaire, que l'on a « des choses bien plus importantes à faire ». Les deux formules associent ainsi le chat fouetté à une affaire dont on mesure l'importance, mais les dictionnaires consultés n'établissent pas que l'une dérive de l'autre.
La locution est déjà bien installée dans la littérature du XIXe siècle. Balzac l'emploie dans Le Médecin de campagne, publié en 1833, puis George Sand la reprend dans La Comtesse de Rudolstadt. Dans les deux cas, elle oppose une occupation secondaire à des responsabilités plus pressantes. Les citations reproduites ci-dessous montrent que ce sens est resté stable jusqu'au XXe siècle.
Usage de l'expression
Rare au début du XIXe siècle, le n-gramme progresse fortement au XXe siècle, puis atteint son point culminant en 2017 :

Exemples d’utilisation de « avoir d’autres chats à fouetter »
Vous ne sauriez imaginer avec quel accent de bonté l'empereur me dit ces paroles, lui qui avait bien d'autres chats à fouetter, car il parcourait le pays pour reconnaître son champ de bataille.
Honoré de Balzac, Le Médecin de campagne, 1833
J'ai d'autres chats à fouetter pour faire marcher ma pauvre boutique, et je n'ai pas le loisir de m'endormir dans les bosquets de Cythère.
George Sand, La Comtesse de Rudolstadt, édition de 1856
Vous pensez bien, mon cher monsieur, qu'une Compagnie de chemin de fer un peu occupée, comme la nôtre, a d'autres chats à fouetter que de surveiller la température, étonnamment variable, de son matériel roulant.
Alphonse Allais, « Captieuse argumentation d'un chef de gare », Ne nous frappons pas, 1900
Il avait, comme il le disait, bien d'autres chats à fouetter. La banqueroute, la hideuse banqueroute, était là, menaçant de consumer les biens et l'honneur de la nation.
Anatole France, « Histoire de la duchesse de Cigogne et de M. de Boulingrin », 1909
C'est beaucoup d'embarras, tant d'amour, dans ces livres, disait-elle. Mon pauvre Minet-Chéri, les gens ont d'autres chats à fouetter, dans la vie.
Colette, « Ma mère et les livres », La Maison de Claudine, 1922
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