À cor et à cri : définition et origine de l'expression
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J’ai toujours trouvé cette expression particulièrement sonore. Quand quelqu’un réclame quelque chose « à cor et à cri », on l’entend presque. Pourtant, beaucoup de gens se trompent en l’écrivant « à corps et à cris ». D’où vient cette expression et pourquoi cette confusion ? Plongeons dans l’univers de la chasse pour le comprendre.
Signification de l’expression « à cor et à cri »
La locution adverbiale « à cor et à cri » signifie avec insistance, à grand bruit, avec force et énergie. On l’emploie pour décrire une demande pressante, formulée de manière bruyante et répétée.
On réclame, on demande, on exige quelque chose « à cor et à cri » lorsque l’on y met toute son énergie. L’expression traduit une volonté farouche d’obtenir satisfaction, quitte à se faire remarquer.
Synonymes de « à cor et à cri » :
- Avec insistance
- À grands cris
- À tue-tête
- À grand bruit
- Avec véhémence
- À toute force
Attention à l’orthographe : « cor » et non « corps »
Une erreur fréquente consiste à écrire « à corps et à cris ». Cette graphie est incorrecte. Le mot « cor » désigne ici l’instrument de musique utilisé à la chasse, et non le corps humain. De même, « cri » reste au singulier dans la forme classique de l’expression.
Cette confusion vient d’un rapprochement phonétique trompeur. On imagine une personne qui réclame avec tout son corps et en poussant des cris. Pourtant, l’origine de l’expression renvoie bien au cor de chasse.

Origine de l’expression « à cor et à cri »
L’expression « à cor et à cri » vient du vocabulaire de la vénerie, c’est-à-dire de la chasse à courre. Dès le XVe siècle, on trouvait la forme « à cry et à cor », qui s’est ensuite inversée.
Lors d’une chasse à courre, les veneurs traquaient le gibier en utilisant deux moyens pour communiquer. Ils soufflaient dans le cor, un instrument à vent, pour signaler la position de l’animal. Ils poussaient aussi des cris, comme le célèbre « taïaut ! », pour diriger la meute de chiens.
Le bruit produit par cette combinaison de sons était considérable. Au XVIe siècle, la métaphore s’est étendue au langage courant. On a commencé à dire que l’on menait « un procès à cor et à cri » pour signifier qu’on le poursuivait avec énergie et tapage.
Par la suite, l’expression a perdu son lien direct avec la chasse. Elle désigne aujourd’hui toute demande formulée de manière bruyante et insistante, sans rapport avec la vénerie.
Fréquence d’usage de l’expression
L’expression dans son orthographe actuelle apparaît à la fin du XVIIIe siècle. Son usage progresse de manière continue avec le temps :

Exemples d’usage de l’expression
Les ouvriers réclamaient à cor et à cri une augmentation de leurs salaires.
Émile Zola, Germinal
Mme de Villeparisis demandait à cor et à cri qu’on allât lui chercher son livre dans la voiture.
Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs
On le cherchait à cor et à cri dans toute la maison, comme s’il eût été un enfant égaré.
Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale
Les journaux du parti réclamaient à cor et à cri des mesures énergiques contre les agitateurs.
Anatole France, L’Île des Pingouins
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