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Verge

Définitions du mot « verge »

Trésor de la Langue Française informatisé

VERGE, subst. fém.

A. −
1. Baguette de bois longue, fine et flexible; tige de métal longue et fine. Verge d'un arc, d'un fouet; verge d'ébène, de noisetier, d'osier; verge de cuivre, de fer. L'homme caché sous le tas, des tresses de raphia, des verges de jonc, des guirlandes de brosses de toutes formes (...) avançait à petits pas (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 147).
2. Baguette servant à frapper, à corriger, à infliger une punition corporelle; au plur., poignée de baguettes flexibles servant à cet usage. Battre, fouetter qqn de/avec des verges; donner les verges à qqn. Dans les livres d'images qui ont amusé mes premières années, on voyait passer le père Fouettard, avec son paquet de verges sous le bras; mais ce n'était à mes yeux qu'une métaphore (...). Jamais je ne déliai en pensée ce paquet de verges; jamais je n'en tirai quelque baguette d'osier assouplie par l'eau, propre à couper du premier coup la peau délicate d'un enfant (Alain, Propos, 1921, p. 312).
Loc., gén. au plur.
HIST. Faire passer un soldat par les verges. Faire passer un soldat entre deux rangs de soldats armés de baguettes pour lui infliger un châtiment corporel. (Dict. xixeet xxes.). P. métaph. Aujourd'hui, la critique, après avoir immolé le livre d'un homme, lui tend la main. La victime doit embrasser le sacrificateur sous peine d'être passé par les verges de la plaisanterie (Balzac, Illus. perdues, 1839, p. 499).
Au fig. Vx. Faire baiser les verges à qqn. Contraindre quelqu'un à reconnaître le caractère justifié d'une punition. (Dict. xixeet xxes.).
Donner, payer des verges pour se faire fouetter, pour se faire battre. Fournir à l'adversaire des arguments, des armes contre soi-même. Le gouvernement donne des verges pour se faire battre, en laissant le monde philosophique juge et partie sur ses propres intérêts (Fourier, Nouv. monde industr.,1830, p. 43).
3. [Symb. d'une autorité, d'une fonction]
a) HIST. Baguette, ornée d'ivoire ou d'argent à chaque extrémité, portée autrefois par les huissiers, les sergents. Huissier, sergent à verge. Le président se baissa vers un homme placé à ses pieds, qui avait un bonnet d'or et une robe noire, une chaîne au cou et une verge à la main.Huissier, introduisez la seconde accusée (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 355).
b) Au fig. Autorité sévère qui fait durement ressentir son pouvoir. Ramassant tous ces sarcasmes [de Voltaire], il [Nonotte] en composa le joli recueil des Honnêtetés littéraires. Voltaire craignait fort les verges, on le voit à ses trépignements, et il ne laissa pas d'être souvent fouetté (Veuillot, Odeurs de Paris, 1866, p. 53).
Être sous la verge de qqn. Être sous le pouvoir, l'autorité de quelqu'un, d'une institution. Quand vous permettez l'exil, l'emprisonnement, ou toute vexation qu'aucune loi n'autorise, qu'aucun jugement n'a précédée, ce n'est pas sous le pouvoir du monarque que vous placez les citoyens, ce n'est pas même sous le pouvoir des ministres: c'est sous la verge de l'autorité la plus subalterne (Constant, Princ. pol., 1815, p. 151).
c) [P. allus. biblique au bâton de commandement remis à Moïse par Dieu et doté de pouvoirs miraculeux] Je m'étais figuré qu'il en serait de la vieille royauté ainsi que de la verge desséchée d'Aaron: enlevée (...) du temple de Jérusalem (...), elle reverdit et porta les fleurs de l'amandier, symbole du renouvellement de l'alliance (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 474).[Goethe] rêve de rapporter [d'Italie] en Allemagne la verge de Moïse qui fasse pisser du rocher la source. Mozart l'a bien pu! (Rolland, Goethe et Beethoven, 1930, p. 203).
B. − P. anal.
1. Partie allongée et fine d'un objet; tringle de métal ou barre de bois formant une partie d'un outil, d'un ensemble. Verge de fléau, de girouette. La branche la plus courte du levier est alourdie d'un contre-poids en terre durcie, et la branche la plus longue porte une verge de bois rattachée par un lien flexible, de sorte que pendant les mouvements d'inflexion du levier, cette verge reste toujours verticale (Du Camp, Nil, 1854, p. 89).La lame de scie [de la faucheuse] comprend la verge ou tringle, barre d'acier étiré à section rectangulaire sur laquelle sont rivées les sections (Passelègue, Mach. agric., 1930, p. 171).
2. Spécialement
a) BOT. Verge de Jacob. Asphodèle jaune. Verge d'or. Plante ornementale, de la famille des Composées, à fleurs jaunes disposées en panicule serrée. La verge d'or est répandue dans les bois montagneux (Planchon, Collin, Drogues d'orig. végét., t. 2, 1895-96, p. 38).
b) HORLOG. Longue tige sur laquelle pivote le balancier d'une horloge; le balancier lui-même. Foliot à verge. Comment voyons-nous qu'un jour, une heure, une minute, une seconde, sont écoulés? C'est parce que le soleil, une aiguille de montre, la verge d'un pendule, ont parcouru un certain espace (Destutt de Tr., Idéol. 1, 1801, p. 189).
c) MAR. Partie droite d'une ancre à jas qui s'étend de l'organeau au point de jonction des pattes. Si l'axe de l'ancre [d'un navire] ou verge doit être disposé verticalement, il suffit de tourner le bossoir de capon pour amener l'ancre contre la muraille au poste qu'elle doit occuper (Croneau, Constr. nav. guerre, t. 2, 1892, p. 203).
d) MENUIS. Compas à verge. Compas formé d'une longue tige sur laquelle glissent des blocs munis de pointes à tracer. Le compas à verge est (...) pour préparer les vides et découper les incrustations, l'instrument préférable en un grand nombre de cas (Nosban, Manuel menuisier, t. 2, 1857, p. 150).
e) MÉTROL. ANC. Unité de mesure agraire valant le quart d'un arpent. V. infra dér. vergée ex.Mod., région. (Canada). Unité de longueur valant trois pieds, ou trente-six pouces. Acheter deux verges de serge. Elle ne se gênait pas de détailler la catalogne [étoffe] à la verge plutôt qu'à l'aune, à l'ancienne façon (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 168).
f) PHYS., ACOUST. Baguette vibrante. La plus importante application du principe des verges vibrantes est le diapason, instrument donnant un seul son fixe, unique et à peu près invariable, et dont on se sert pour mettre d'accord entre eux les divers éléments de l'orchestre (Lavignac, Mus. et musiciens, 1895, p. 27).
C. − ANAT. [Chez l'homme et les mammifères] Organe de la copulation et de la miction. Synon. bite (fam.), membre, pénis, phallus, queue1(pop.), vit.Corps, racine de la verge; nerfs, organes érectiles, téguments de la verge. Songez (...) qu'il y a des femmes qui se trouveraient presque déshonorées si elles touchaient la verge de leur mari ou la regardaient (Léautaud, Journal littér., 4, 1922, p. 155).
Prononc. et Orth.: [vε ʀ ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1100 « longue baguette droite et flexible » (Roland, éd. J. Bédier, 3323); ca 1170 allus. biblique verge Aaron (Quatre Livre des Rois, éd. E. R. Curtius, p. 129); 2. 1130-40 « baguette avec laquelle on frappe pour châtier » (Wace, Vie de Sainte Marguerite, éd. E. A. Francis, 176); d'où a) 1580 presentons nous mesmes les verges dequoy nous chastier (Montaigne, Essais, I, 56, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 319); 1740 donner des verges pour se fouetter (Ac.); b) 1752 faire passer qqn par les verges (Trév.); 3. 1remoit. xiies. fig. « instrument de la colère divine » (Psautier d'Oxford, éd. Fr. Michel, 88, 32); 4equart xives. verges subst. plus. « peines, afflictions dont Dieu punit les hommes » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 4, p. 100); 4. a) 2emoit. xiiies. [ms.] vergue « bâton symbolique utilisé dans l'exercice d'une fonction » (Première Continuation de Perceval, TVD, éd. W. Roach, 3316); b) fin xiiies. « bâton que portaient les officiers de justice » (Livre Roisin, éd. R. Monier, p. 204); 1385 sergent de la verge (Arch. Nord, B 1575, fol. 9 rods IGLF); 1407 sergent à verge (Enquête sur l'assassinat de Louis d'Orléans, p. 237, ibid.); c) 1320 verge royal « sceptre royal » (Asseneth ds Nouvelles Françoises du XIVes., éd. Moland et d'Héricault, p. 5); d) 1694 « grande baguette du bedeau » (Corneille); 5. 1204 estre sous la verge de « être sous l'autorité de » (Reclus de Molliens, Charité, III, 4, éd. A. G. van Hamel, p. 59). B. Sens techn. 1. ca 1240 « partie de l'arc d'une catapulte » (Un art d'aimer anglo-normand, éd. Ö. Södergård, 256 ds Romania t. 77, p. 300); 2. 1281 verge de fer « barre (qui sert à mesurer les toiles) » (Ordonnance ds E. Boileau, Livre des Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 388); 3. 1340 « baguette de métal maintenant un panneau de vitrail » (Fournitures et réparations faites au Château de Falaise ds Havard); 4. 1636 « tronc d'une colonne » (Monet); 5. 1694 terme de tisserand (Corneille); 6. 1694 terme de mar. verge de giroüette (ibid.). C. Ca 1245 « ancienne mesure agraire » (Philippe Mousket, Chronique, éd. De Reiffenberg, 9749). D. 1. Bot. 1543 verge a bergier (Traduction de l'Histoire des Plantes de L. Fuchs, 91 B d'apr. FEW t. 14, p. 492a); 1596 verge d'or (Hulsius); 1611 verge sanguine (Cotgr.); 1791 verge de Jacob (Valm.); 2. 1764 zool. verge marine « vérétille » (ibid.). II. Ca 1195-1200 anat., verge pelee (Renart, éd. M. Roques, 14610); xiiies. verge (Placides et Timeo, 37 d'apr. R. Arveiller ds Mél. Horrent (J.), p. 13). Du lat. virga « branche souple et flexible; drageon, bouture », d'où « baguette » spéc. « baguette du licteur ». Fréq. abs. littér.: 468. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 579, b) 373; xxes.: a) 318, b) 251.
DÉR. 1.
Vergée, subst. fém.,métrol. anc. Unité de mesure agraire qui valait quarante perches. [en Normandie] comme sans doute dans les autres provinces, le champ du paysan s'évalue en acres, arpents, journaux, perches, toises, verges et vergées (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 53). [vε ʀ ʒe]. Att. ds Ac. 1835-1878. 1reattest. 1209 une vergee de terre (Echiquier de Normandie, 118, Marnier ds Delb. Notes mss); de verge, suff. -ée*.
2.
Vergeoise, subst. fém.a) Vx. Forme, garnie de cerceaux de coudrier, dans laquelle on coulait le sucre pour le transformer en pains. (Dict. xixeet xxes.). b) Sucre obtenu à partir de sous-produits provenant du raffinage du sucre. Le fabricant de sucre qui dit: Vergeoise, tête, claircé, (...) lumps, (...) bâtarde, (...) cet honnête manufacturier parle argot (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 190). [vε ʀ ʒwa:z]. 1resattest. a) 1751 « sucre » (Encyclop. t. 2, s.v. bâtarde), b) 1808 « forme spéciale pour obtenir ce sucre » (Boiste); de verge, suff. -oise (v. -ais, -ois).
BBG.Lepelley (R.). Les Région. dans le mém. de Pierre Rivière... Linguistique. Paris. 1980, t. 16, p. 88 (s.v. vergée). − Möhren (F.). Le Renforcement affectif de la négation par l'expr. d'une valeur minimale en anc. fr. Tübingen, 1980, p. 233.

Wiktionnaire

Nom commun

verge \vɛʁʒ\ féminin

  1. Baguette longue et flexible, de bois ou de métal.
    • Il avait une verge à la main.
  2. (Au pluriel) Menus brins de bouleau, de genêt, d’osier, etc. liés ensemble avec lesquels on fouette ou fustige.
    • Oscar Robertovitch tenait toujours des verges à la main ; mais, autant que je me rappelle, jamais ces verges n'ont touché un élève. En revanche, il tapait toujours sur la chaire et sur les bancs et proférait des menaces […]. — (Sigismond Librovitch, Sur les Bancs : Souvenirs d'un écolier russe, adapté du russe par Léon Golschmann & Ernest Jaubert, Paris : librairie Larousse, s.d. (vers 1894), page 8)
    • Jésus-Christ ayant été battu de verges, couronné d’épines et revêtu d’une casaque de pourpre, fut présenté aux Juifs par Pilate. — (François-René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1811)
    • C'est vrai, nous n’en menions pas large, surtout, surtout que... Saint-Nicolas était accompagné de cet horrible père fouettard, noir, sale qui hurlait en brandissant ses verges dans notre direction. — (Patrick Hilaire, Petit Guillaume : La veillée d'avant Noël, Éditions Le Manuscrit, 2005, p. 116)
  3. Baguette, ordinairement garnie d’ivoire ou d’argent, qui est l’insigne des fonctions des bedeaux et de certains huissiers.
  4. (Par analogie) (Anatomie) Organe sexuel masculin ; pénis.
    • Dans la plupart des rongeurs , la verge se retourne aussi du côté de l'anus, étant en repos ; l'érection seule la redresse en avant. Chez les marsupiaux, comme les didelphes et les kanguroos, le scrotum ou les testicules sont situés en devant, et leur verge est placée derrière, contre l'ordinaire des autres mammifères. Les animaux dont la verge est la plus longue sont les solipèdes, plusieurs pachydermes et les ruminans ; elle est grande aussi dans les marsouins et les autres cétacés. — (Virey, « Verge », dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, vol. 35, Paris : chez Deterville, 1819, page 409)
    • La verge ou le pénis termine l’appareil générateur de l’homme. — (Marie François Xavier Bichat, Traité d’anatomie descriptive, volume 5, J.-A. Brosson et Chaudé, 1823, page 208)
  5. (Histoire) Sorte d’épée utilisée au Moyen Âge.
  6. (Bijouterie) (Vieilli) Anneau sans chaton.
  7. (Marine) Pièce droite qui réunit les pattes de l’ancre à l’organeau.
    • Une première solution a été de couler dans un moule disposé au sol un jas de plomb copié sur celui de pierre (…) et d'utiliser une ancre en bois de construction soignée avec double verge et double bras. Mais le poids très important de cet objet a dû rapidement provoquer la rupture des liens fragiles retenant les deux moitiés de la verge. — (Jacques Gay, Six millénaires d'histoire des ancres, Presses de Paris-Sorbonne, 1997, page 48)
  8. (Métrologie) Ancienne mesure agraire française valant le quart d’un arpent.
  9. (Métrologie) Yard. Unité de mesure de la distance ou de la longueur (système impérial britannique), valant trois pieds, encore utilisée aux États-Unis, définie comme exactement 0,9144 mètre depuis 1959. Le symbole est yd (international) ou vg (au Canada francophone).
    • Plusieurs sauvages gravirent la hauteur jusqu’à quelques verges de nous. — (Dillon, « Voyage dans la mer du sud », Revue des Deux Mondes, tome 1, 1830)
    • Acheter du tissu à la verge.
    • YARD, pour désigner une mesure, se traduit au Canada par verge. En France, on emploi yard tel quel.
      C'est que verge n'est pas la traduction de
      yard. Nous avons adopté arbitrairement ce mot, qui désigne une ancienne mesure agraire ou bien une autre mesure dont on se sert en certains pays, par exemple en Hollande. Ces mesures diffèrent de notre verge. — (Pierre Daviault, Langage et traduction, Bureau fédéral de la traduction, Secrétariat d'État du Canada, Ottawa, 1963, p. 395.)
  10. (Pyrotechnique) Baguette à laquelle on attache une fusée volante.
    • La Fusée en partant ne fait aucun effort par enbas ; ainsi on ne doit pas craindre que la verge de fer ne soit pas assez forte , il suffit qu'elle puisse porter la Fusée. — (Jean-Charles Perrinet d'Orval, Traité des feux d'artifice pour le spectacle et pour la guerre, Berne : chez Wagner & Muller, 1750, p. 70)
  11. (Technique) Tige ou tringle droite, plus ou moins longue, ordinairement métallique.
    • Pour faire une verge de balancier, on prend du petit acier quarré d'Angleterre; on a soin de choisir celui dont les pores sont les plus serrés, qui est pur & sans paille ; on coupe le bout de cet acier un peu plus que la longueur que doit avoir la verge, on le lime selon la figure 17, […]. — (Ferdinand Berthoud, Essai sur l'horlogerie, dans lequel on traite de cet art, vol.2, Paris : chez J.G. Merigot, chez Didot fils & chez Jombert jeune, 2e éd., 1786, p. 407)
  12. (Par extension) Pivot sur lequel se meut le balancier.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VERGE. n. f.
Baguette longue et flexible. Il n'avait qu'une verge à la main. La verge d'un jouet. La verge de Moïse. La verge d'Aaron. Verge de fer. Verge de cuivre. En termes d'Horlogerie, La verge du balancier, Le pivot sur lequel se meut le balancier. La verge de cette pendule est cassée. En termes de Marine, La verge de l'ancre, La pièce droite qui réunit les pattes de l'ancre à l'organeau. En termes de Botanique, Verge d'or, Plante radiée qui porte un long épi de fleurs jaunes.

VERGE se dit spécialement de la Baguette ordinairement garnie d'ivoire ou d'argent que portaient les huissiers appelés Huissiers à verge, et que portent encore les bedeaux. Il se dit aussi du Membre viril. Le canal de la verge. Il désignait encore une Ancienne mesure agraire en usage dans certaines régions.

VERGES, au pluriel, se dit de Menus brins de bouleau, de genêt, d'osier, etc., avec lesquels on fouette, on fustige. Poignée de verges. On l'a battu à coups de verges. On le fit battre de verges. Prov. et fig., Donner des verges pour se faire fouetter, Fournir des armes contre soi-même. Dans la discipline militaire d'autrefois, Faire passer quelqu'un par les verges, par les baguettes, Le faire passer entre deux rangs de soldats armés de verges ou baguettes d'osier, dont ils frappaient sur les épaules nues de celui qui passait.

Littré (1872-1877)

VERGE (vèr-j') s. f.
  • 1Petite baguette longue et flexible. Il n'avait qu'une verge à la main. On trouve les sources d'eau, les trésors au moyen d'une verge, d'une baguette de coudrier, qui ne manque pas de forcer un peu la main à un imbécile qui la serre trop, et qui tourne aisément dans celle d'un fripon, Voltaire, Dict. phil. Verge.

    Il n'avait ni verge ni bâton, il n'était en état d'attaquer personne, pas même de se défendre. Je n'avais ni verge ni bâton, je me mis à ramasser cette épée, Marivaux, Pays. parv. 3e part.

  • 2Baguette miraculeuse. Il [Moïse] étendit la main et le prit [le serpent], et aussitôt la verge changée en serpent redevint verge, Sacy, Bible, Exode, IV, 4. On dit encore que Thoot était Moïse, parce qu'une vieille tradition le faisait naître du Nil, lui donnait une verge, et lui attribuait des prodiges, Condillac, Hist. anc. III, 5.

    Fig. Nous n'osons nous flatter de posséder cette verge miraculeuse de la religion qui fait jaillir du rocher des sources d'eau vive, Chateaubriand, Génie, I, I, 1.

    La verge des magiciens de Pharaon, la verge qu'ils tenaient à la main et avec laquelle ils faisaient leurs prodiges.

    En parlant d'autres magiciens, on dit baguette. Médée et Circé furent toujours armées de cet instrument mystérieux [une verge] ; de là vient que jamais magicienne ne paraît à l'opéra sans cette verge, et qu'on appelle ces rôles les rôles à baguette, Voltaire, Dict. phil. Verge.

  • 3Verge de fer, verge de cuivre, longue tringle de fer, de cuivre. Une verge de fer tirée verticalement par une force capable de la rompre, contracte à l'endroit où se prépare la rupture une chaleur insupportable à la main, Guyton de Morveau, Instit. Mém. scienc. 1809, p. 286.

    Fig. Gouverner avec une verge de fer, gouverner durement, despotiquement. Mon père vous a battus avec des verges, et moi je vous châtierai avec des verges de fer, Sacy, Bible, Rois, III, XII, 11.

  • 4Baguette ordinairement garnie d'ivoire que portaient autrefois les huissiers. Huissiers à verge. Je m'appelle Loyal, natif de Normandie, Et suis huissier à verge, en dépit de l'envie, Molière, Tart. v, 4.

    Tenir un héritage par la verge, recevoir du seigneur, ou de l'un de ses officiers, un petit bâton appelé verge, comme emblème de l'acquisition.

  • 5Baguette avec laquelle on frappe et châtie. La folie est liée au cœur de l'enfant, et la verge de la discipline l'en chassera, Sacy, Bible, Prov. de Salom. XXII, 15. Le sage a toujours recommandé aux parents de tenir la verge assidûment levée sur les enfants, Fénelon, t. XVII, p. 25.

    Fig. La verge de la censure publique qui m'a toujours paru infiniment respectable, même placée dans des mains ennemies, Mirabeau, Collection, t. III, p. 350.

    Fig. La verge à la main, en réprimandant, en punissant. Aimez-vous mieux que je vous aille voir la verge à la main, ou avec charité et un esprit de douceur ? Sacy, Bible, St Paul, 1re ép. aux Cor. IV, 21.

    Fig. Autorité. D'étrangers, de bannis, une horde insolente Nous tient depuis seize ans sous sa verge sanglante, Delavigne, Vêpr. sicil. II, 6.

    N'être plus sous la verge de quelqu'un, être affranchi de son autorité.

  • 6 Au plur. Menus brins de bouleau, d'osier, de genêt, etc. avec lesquels on fouette. J'ai reçu des Juifs, cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet ; j'ai été battu de verges par trois fois, Sacy, Bible, St Paul, 2e épît. aux Corinth. XI, 24. Parmi les présents de noces [chez les Russes] était une grosse poignée de verges que le futur envoyait à la future, pour l'avertir qu'à la première occasion elle devait s'attendre à une petite correction maritale, Voltaire, Russie, Anecd. Les verges de bouleau sont une poignée de scions dont on frappe les malfaiteurs sur le dos, Voltaire, Dict. phil. Verge. Lorsque les athlètes n'observaient pas les lois prescrites, non-seulement ils étaient privés du prix, ils étaient encore frappés de verges, Condillac, Hist. anc. IV, 6.

    Terme de discipline militaire ancienne. Faire passer quelqu'un par les verges, le faire passer entre deux rangs de soldats armés de verges, dont ils frappaient les épaules nues du condamné. Les déserteurs prussiens, qui courent de toutes leurs forces quand ils passent par les verges, afin d'être un peu moins fouettés, Voltaire, Déf. Bolingbr. 36.

    Fig. Donner des verges pour se fouetter, fournir des armes contre soi-même.

    Fig. Faire baiser les verges à quelqu'un, l'obliger à demander pardon après qu'on l'a maltraité, ou l'obliger à reconnaître la justice de la punition.

  • 7 Fig. Peines, afflictions dont Dieu punit les hommes. Dieu dit lui-même de ces gens-là [les conquérants] qu'il les envoie en sa colère, et qu'ils sont les verges de sa fureur ; mais ne prenez pas ici l'un pour l'autre : les verges ne piquent ni ne mordent d'elles-mêmes… c'est l'envie, c'est la colère, c'est la fureur qui rendent les verges terribles et redoutables, Guez de Balzac, Socr. chrét. Disc. 8. Par les exemples de Tobie et ses saints avertissements, ceux d'Israël étaient excités à reconnaître sous la verge la main de Dieu qui les châtiait, Bossuet, Hist. II, 4.

    Fig. Quand Dieu a châtié ce qu'il veut corriger, il jette souvent les verges au feu, souvent il extermine ceux dont il s'est servi pour châtier les autres. Jérémie l'avait bien prédit : le Seigneur rompit la verge [Babylone] dont il avait frappé tant de nations, Bossuet, Hist. II, 4.

  • 8Grand morceau de baleine que porte un bedeau quand il est en fonction dans l'église. La verge d'un bedeau.
  • 9 Terme de vénerie. Verge de huau, verge garnie de trois piquets, à laquelle on attache les ailes d'un milan, vulgairement appelé huau.

    Verge de meute, baguette que l'on garnit de trois piquets, avec des feuilles, pour y attacher un oiseau vivant auquel on donne alors le nom de meute.

  • 10Verge d'une fusée, baguette à laquelle on attache une fusée volante.

    Tige qui tient au piston d'une pompe.

    Fléau de plusieurs balances.

    Pièce du tour dont on se sert pour tourner en l'air ou en figures irrégulières.

    Verge d'une girouette, tige au sommet de laquelle tourne une girouette.

    Terme de vitrier. Tringle de fer qui, après avoir été chauffée, se pose sur le verre pour le couper au moyen d'un peu d'eau que l'on met à l'endroit où la verge a touché.

    Terme de serrurier. Petite baguette de fer pour tenir, au moyen de liens, les panneaux de vitraux.

  • 11 Terme d'horlogerie. Long pivot sur lequel se meut le balancier.

    Le balancier même. Si la verge du pendule est d'acier, il est à craindre que l'effet du magnétisme terrestre ne se complique avec celui de la pesanteur, Laplace, Exp. I, 12.

    Verge à compensation, verge composée de fer et de laiton, de manière que les effets du calorique s'y compensent, et que la longueur ne varie pas.

  • 12 Terme de marine. Verge de l'ancre, le corps de l'ancre, la tige, la pièce principale de cet instrument, façonnée en général comme une pyramide quadrangulaire qui reçoit à sa base deux autres pièces qu'on nomme les bras de l'ancre.
  • 13 Terme de métallurgie. Fer en verge, petites barres, rondin, carillon. Dans le commerce des fers, on donne plutôt le nom de verge au carillon obtenu dans la fonderie. Les verges de fer doux sont pour les clous des maréchaux, et peuvent être passées par la filière pour faire du gros fil de fer, des anses de chaudières…, Buffon, Min. t. IV, p. 165.

    Verge crénelée, barre de métal sur laquelle est conservée l'empreinte des coups de marteau, et qui n'a pas été parée.

  • 14 Au plur. Baguettes de bois que les tisserands font passer entre les fils de la chaîne.

    Aiguilles ou broches en usage dans la fabrication du velours.

  • 15 Terme d'anatomie. Membre viril.
  • 16 Terme de physique. Météore lumineux formé de la réunion de plusieurs rayons de lumière.
  • 17Nom d'une ancienne mesure pour les étoffes.

    Ancienne mesure de terre, qui était à peu près le quart d'un arpent.

  • 18Anneau, bague sans chaton (acception vieillie). La souplesse de la baguette ou verge, la facilité de la nouer en forme d'anneau a développé une autre acception, c'est le cercle de la bague distinct du chaton, c'est aussi l'anneau qui réunit les bagues, De Laborde, Émaux, p. 536.
  • 19Verge d'or, plante radiée qui porte un long épi de fleurs jaunes, solidago virga aurea, L.

    Verge de Jacob, asphodèle jaune.

    Verge à pasteur, cardère velue.

HISTORIQUE

XIe s. Plus qu'on ne lancet une verge pelée, Ch. de Rol. CCXL.

XIIe s. Se tu ne lais ester e clers e saint iglise, Deus le vengera tost ; jà ad sa verge prise, Th. le mart. 77. Mis peres vus batid de verges deliées ; mais je vus baterai de grandimes balains, ki serunt durs et espinus, Rois, p. 282. Une verge isseit fors, et de cel verge issiit une flors sor cuy les set donnes del saint esperit se reposerent, Saint Bernard, 529.

XIIIe s. Une verge de fer que li preudome du mestier desus dit ont gardée et gardent encore dès le tans le bon roi Phelippe, Liv. des mét. 388. À Clermont le [la] mine de terre est de soixante vergues, Beaumanoir, XXVI, 9. Quant les huissiers veoient venir la royne en la chambre le roy son filz, il batoient les huis de leur verges, Joinville, 281. On doit ploier la verge, tandis com ele est graile et tendre ; quar, puis qu'ele est grosse et dure, se on la veut ploier, ele brise, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 498. Beax filz, dit-il, ge te commant Qu'au roi soies obeissant, Por quoi il soit droituriers rois, Selon ce que dient les lois, Que il est verge Dieu en terre, Fabl. mss. de St-Germain, f° 11, dans LACURNE. Tele ribaude et avolée, Qui porté a verge pelée Plus de sept ans par le païs, Du Cange, virga.

XIVe s. Par signe de desobeïssance [on avait refusé d'ouvrir], le prevost geta par dessus la porte en laditte basse court une verge de l'un des sergens qui estoient avec lui, et s'en parti, Du Cange, virga. Un annel où il a un ruby à jour et a en la verge un k et un y, De Laborde, Émaux, p. 536. Deux grans bans pour ploier verges de arbalestres, et ung autre banc pour drechier lesdites verges, De Laborde, ib.

XVe s. [Le pape Clement et les cardinaux ne faisoient compte des ennuis du comte de Flandre], et disoient que Dieu lui avoit envoyé celle verge pour tant qu'il leur avoit esté contraire, Froissart, II, II, 63. Si n'estoit il [Philippe d'Artevelle] pas subtil de faire guerres ne sieges ; car, de jeunesse, il n'y avoit point esté nourry, mais à pescher de la verge aux poissons en la riviere de l'Escaut, Froissart, liv. II, p. 192, dans LACURNE. On trouveroit plusieurs Romains qui pour menues et petites negligences ont esté batus de verges à l'estache, Chartier, Quadril. invectif. Esperance tenoit… l'anel de la verge d'un ancre d'or, dont le bec estoit fiché dedans les cieulx, Chartier, Œuv. p. 329. Il m'envoya une verge qu'il portoit au doigt pour enseigne, Commines, III, 6. Dix vergues ou aulnes de drap bureau, Du Cange, virga. Une bonne verge porte bien aucunes fois ung mauvais sion, Perceforest, f° 66. Pour achetter xviij verges à nettoyer robes, De Laborde, Émaux, p. 537.

XVIe s. Bien preveoyt qu'il faict mal avoir charge D'enfans mutins qui ne craignent la verge, Marot, J. v, 11. Il faisoit lier la verge à ses criminels, pour les faire mourir à faulte de pisser, Montaigne, III, 301. Verge-d'or s'edifie par semence au printemps, en terre grasse et bien cultivée et lieu ombreux ; ceste herbe est propre à la dissenterie, De Serres, 619. Par la pluspart des coutumes la verge anoblit, et le ventre affranchit, Loisel, 40. La douairiere est tenue d'entretenir les maisons dont elle jouit par douaire, de pel, verge, couverture, fermeture et menues repa rations, Coust. gén. t. I, p. 720.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VERGE. Ajoutez :
20Verge de fléau, le long bâton auquel le fléau est attaché. Elle avait ouvert la porte à son père, qui, armé de sa verge de fléau, avait frappé la victime à coups redoublés, Gaz. des Trib. 28 oct. 1875, p. 1037, 4e col.
21Verge graduée, jauge. Vous n'avez que deux moyens de procéder à cette vérification [des manquants] la jauge ou verge graduée, et le dépotage, Journ. offic. 31 juill. 1872, p. 5248, 1re col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VERGE, s. f. (Gramm.) bâton menu ; branches menues détachées des arbres ; baguette ; instrument de correction ; mesure ; partie de machine, &c. Voyez les articles suivans.

Verge, (Critiq. sacrée.) ῥάϐδος, en grec ; ce mot marque une branche d’arbre, Genes. xxx. 41. un bâton de voyageur, Luc, ix. 3. la houlette d’un pasteur, Ps. xxij. 4. les instrumens dont Dieu se sert pour châtier les hommes, Ps. lxxxviij. 32. Ce mot signifie encore un sceptre, Esth. v. 2. un dernier enfant, un rejetton, Is. xj. 1. un peuple, Ps. lxxiij. 2. La verge de Moïse est le bâton dont il se servoit pour conduire ses troupeaux. Voyez Exod. iv. La verge d’Aaron est le bâton de ce grand-prêtre. Voyez Nom. xvij. (D. J.)

Verge a berger, (Botan.) nom vulgaire de la plante nommée dipsacus sativus par les Botanistes, & dont on a donné les caracteres au mot Chardon à Bonnetier. (D. J.)

Verge dorée, virga aurea ; genre de plante à fleur radiée, dont le disque est composé de plusieurs fleurons ; la couronne est formée au contraire de demi-fleurons soutenus par des embryons, & contenus dans un calice écailleux. Les embryons deviennent dans la suite des semences garnies d’une aigrette. Ajoutez aux caracteres de ce genre, que les fleurs naissent en grand nombre à l’extrémité de petites branches. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Des vingt-neuf especes de ce genre de plante, nous ne dirons qu’un mot de la commune, virga aurea vulgaris latifolia, I. R. H. 484. Sa racine est genouillée, traçante, brune, fibreuse, blanchâtre, d’un goût aromatique ; elle pousse une ou plusieurs tiges, à la hauteur de trois piés, droites, fermes, rondes, cannelées, & remplies d’une moëlle fongueuse ; ses feuilles sont oblongues, alternes, pointues, velues, dentelées en leurs bords, d’un verd noirâtre ; ses fleurs sont radiées & disposées en épis le long de la tige, de couleur jaune dorée, soutenue chacune par un calice composé de plusieurs feuilles en écailles, avec cinq étamines capillaires, à sommets cylindriques. Il leur succede des semences oblongues, couronnées chacune d’une aigrette. Cette plante croît fréquemment dans les bois & les bruyeres, aux lieux montagneux, sombres & incultes ; elle fleurit en Juillet & Août. (D. J.)

Verge d’or, (Mat. méd.) verge d’or à larges feuilles, ou grande verge dorée ; & verge d’or à feuilles étroites, ou petite verge dorée.

On trouve les feuilles & les fleurs de ces deux plantes, en une quantité considérable, dans les vulnéraires de Suisse ou faltranck, Voyez Faltranck. On les emploie aussi quelquefois seules en infusion théiforme, à titre de remedes vulnéraires astringens. Ces remedes sont regardés aussi comme de bons diurétiques, fondans, désobstruans ; & quelques médecins les recommandent à ce titre, dans les menaces d’hydropisie, la gravelle, & les autres maladies des reins & de la vessie. Les feuilles de la verge d’or entrent dans l’eau vulnéraire & dans l’eau générale de la pharmacopée de Paris.

Verge, (Anat.) la figure, la situation, la grandeur de cette partie unique, sont assez connues ; il faut y remarquer :

1°. La cuticule & la peau, qui sont les tégumens communs.

2°. Le prépuce, qui est la peau repliée qui couvre le gland ; à sa partie inférieure il y a un petit frein : on trouve dans ces deux endroits des glandes que Tyson a appellées glandes odoriférantes.

3°. La tunique propre, qui est forte & tendineuse, & qui renferme le reste de la substance du membre viril ; cette tunique est quelquefois double ; dans l’entre-deux se trouve la substance celluleuse qui paroit quand on la gonfle & qu’on la fait sécher.

4°. Les corps caverneux ou spongieux, qui font la plus grande partie du membre viril ; ils viennent de l’os pubis, de chaque côté ; ils se joignent ensuite & s’étendent jusqu’au gland ; si l’on y injecte de l’eau, ou si on les gonfle, le membre viril se roidit.

5°. La cloison qui est entre les deux corps caverneux, laquelle est plus épaisse à la partie postérieure, & est percée comme un crible.

6°. Le ligament suspensoire de Vésale, lequel attache le membre viril aux os pubis.

7°. Les muscles, qui sont au nombre de six.

8°. Les premiers sont les érecteurs, ils viennent des os ischion, & finissent de chaque côté aux corps caverneux.

9°. Les seconds sont les accélérateurs ; ils viennent du sphincter de l’anus ; ils embrassent la partie postérieure de l’urethre, finissent de chaque côté aux corps caverneux, & resserrent l’urethre.

10°. Les troisiemes sont les muscles transverses ; ils viennent des os ischion, & finissent à l’origine de l’urethre qu’ils dilatent.

Vésale a le premier décrit par lettres, le muscle suspenseur ; Casserius ensuite, & Cowper parfaitement. Ce dernier s’étoit proposé de donner un ouvrage sur la structure du penis, qu’il n’a point exécuté ; mais Ruysch y a suppléé par de belles découvertes.

Je tire le rideau sur les moyens honteux & toujours nuisibles, que quelques jeunes débauchés emploient pour plaire à des femmes aussi perdues qu’ils le sont. Leur grossiere & stupide brutalité, n’a pour tout succès que de tristes remords. Je me contenterai seulement d’observer en anatomiste, que cette partie peut rester plus petite qu’à l’ordinaire, lorsqu’on lie le cordon ombilical trop près du ventre ; alors il arrive qu’on raccourcit non-seulement l’ouraque, mais on produit encore une contraction dans les vaisseaux sanguins de cet organe, par la trop grande extension des arteres ombilicales, dont ils tirent quelquefois leur origine : or dans ce cas fortuit, on prive cette partie du sang dont elle a besoin pour son développement & pour son usage.

Il n’y a point d’homme qui ait deux verges ; mais Saviard a vû un enfant qui vint au monde privé de cette partie, & qui avoit seulement en son lieu & place, une petite éminence un peu applatie, semblable au croupion d’une poule, au-dessus & à côté de laquelle il y avoit une chair fongueuse, de la largeur d’un écu, & de l’épaisseur d’un travers de doigt, ronde & élevée ; l’ombilic n’étoit pas au milieu du ventre, où il se trouve ordinairement, mais au-dessus & tout-auprès de cette chair fongueuse. La petite éminence qui tenoit lieu de verge, étoit percée de deux petites ouvertures par où l’urine sortoit.

Quoique cette observation soit singuliere, elle n’est pas unique ; j’en connois d’autres exemples cités dans Panarolli, Observ. V. dans Scléuchius, l. IV. p. 523. dans Van-der-Wiell, cent. 2. observat. 32. & dans Borellus, observ. 19. (D. J.)

Verge, (amputation de la) opération de chirurgie par laquelle on retranche le membre viril, attaqué de sphacèle ou de cancer. L’amputation de la verge, & la cure que cette opération exige, n’ont pas été jusqu’ici considérées sous le point de vue le plus simple ; l’art a des progrès à attendre des réflexions que la combinaison de plusieurs faits peut suggérer. Scultet, qui avoit connu à Padoue un homme à qui l’on avoit coupé le membre viril avec succès, fit cette opération en 1635, à un bourgeois de la ville d’Ulm, à l’occasion de la gangrene dont cette partie étoit attaquée. Il coupa dans le vif avec un bistouri, arrêta l’hémorragie avec le fer ardent, & mit une cannule dans le canal de l’urethre pendant la cure, qui a été heureuse & de peu de durée. La chirurgie de nos jours, devenue plus douce dans ses moyens, rejettera d’abord l’usage du feu dans ce cas, à moins que la mortification n’ait fait des progrès au-delà de la partie qu’on peut amputer ; mais alors ce ne sera pas dans la crainte de l’hémorrhagie qu’on emploieroit ce moyen, mais dans l’intention de brûler des chairs gangréneuses, & empêcher le progrès de la pourriture.

Ruisch parle dans la trentieme de ses observations anatomiques & chirurgicales, de l’amputation de la verge à un paysan qui y avoit un cancer ulceré de la grosseur du poing : on introduisit une sonde par l’urethre dans la vessie, on lia fortement le membre viril au-dessus du mal, avec un cordon assez mince, mais très-fort ; cette ligature fut très-douloureuse : le lendemain on fit une seconde ligature, pour avancer la mortification de la partie affectée : on ne fit l’amputation que le cinquieme jour, lorsque la partie fut tombée tout-à-fait en sphacele : on laissa la sonde dans la vessie encore pendant un ou deux jours. Après la guérison, on a donné à cet homme un tuyau d’ivoire qu’il ajustoit au-bas du ventre, lorsqu’il vouloit rendre son urine, de peur de mouiller ses habits.

L’opération de Ruisch a été fort longue & fort douloureuse ; la section avec un instrument tranchant est l’affaire d’un clin d’œil ; la méthode de Scultet est donc préférable, & l’on ne voit pas sur quelle raison Ruysch a pu fonder le procedé qu’il a tenu. Il a été suivi en 1743. à l’hôpital de Florence, dans un cas où la nécessité de l’amputation n’étoit pas trop prouvée : quoi qu’il en soit, on se détermina à lier la partie sur une cannule d’argent ; les douleurs furent fort vives ; la partie ne tomba que le neuvieme jour ; le malade fut parfaitement gueri le vingt-troisieme : on mit dans l’extrémité de l’urethre un petit bourdonnet un peu dur, de figure conique. Ruysch supprima la sonde deux jours après la chute des chairs gangrenées ; elle étoit absolument nécessaire dans l’usage de la ligature, par laquelle on a étranglé la partie pendant cinq jours ; on s’en est passé dans tout le reste de la cure. Scultet s’en est servi. J’ai employé cette cannule pendant les premiers jours du traitement d’un homme qui s’étoit mutilé dans un délire mélancolique. Le blessé foible & tranquille, n’en étoit point incommodé, mais lorsque les forces furent un peu rétablies, le jet de l’urine chassoit la cannule : je l’ai supprimé le huitieme jour ; le malade levoit l’appareil quand il vouloit uriner, & il n’y a eu aucun inconvénient de cette part. Fabrice d’Aquapendente recommande d’engager un petit tuyau de plomb dans le conduit de l’urine, après l’amputation de la verge. J’ai reconnu que cette précaution étoit superflue ; c’est seulement dans les derniers jours de la cure, qu’il est à propos de mettre une petite bougie dans l’orifice, pour qu’il ne se fronce pas ; l’urine en seroit dardée plus loin, mais par un jet plus fin & il y a de l’inconvénient à une trop grande diminution du diametre du canal à son extrémité. A l’égard du tuyau d’ivoire que Ruysch a conseillé à son malade après la guérison ; il est de l’invention d’Ambroise Paré, qui en donne la figure & la description au chap. ix de son trente-troisieme livre. J’ai vu faire à l’hôpital militaire de Metz, l’amputation de la verge près du ventre, par mon pere, il y a plus de vingt-cinq ans, à un tambour du régiment de Lyonnois : on lui fit faire une cannule de cuivre, semblable à celle que Paré recommande ; c’étoit un aqueduc dont il se servoit pour pisser dans les rues. Paré ne la propose même que pour cette circonstance, en disant que ceux qui ont entierement perdu la verge jusqu’au ventre, sont en peine lorsqu’ils veulent uriner, & sont contraints de s’accroupir comme les femmes. Cette nécessité n’est pas démontrée. Le canal de l’urethre n’a point d’action pour chasser l’urine. L’amputation de la verge ne retranche aucune des parties qui servent à l’expulsion de ce liquide : le malade que j’ai guéri pisse en jet à une assez grande distance du corps ; il est seulement obligé d’essuyer les dernieres gouttes, inconvénient dont l’usage de la canule ne le dispenseroit pas. (Y)

Verge, s. f. terme de Bedeau d’église, c’est un morceau de baleine plat, large d’un bon doigt & un peu plus, long d’environ deux piés & demi, & ferré d’argent, que le bedeau porte à la main quand il fait la fonction de bedeau. (D. J.)

Verges, s. f. pl. en Physique. météore que l’on appelle autrement columellæ & funes tentorii. C’est un assemblage de plusieurs rayons de lumiere, qui représentent comme des cordes tendues.

On croit que ce météore vient des rayons du soleil, qui passent par certaines fentes, ou au moins par les endroits les plus minces d’un nuage plein d’eau : il se fait voir principalement le matin & le soir, & il n’y a presque personne qui ne l’ait observé très-souvent au coucher du soleil, lorsque cet astre est près de l’horison & caché dans des nuages qui ne sont pas trop obscurs : on voit souvent sortir de ces nuages, comme une traînée de rayons blancs qui s’étendent jusqu’à l’horison, & qui occupent quelquefois un assez grand espace. Chambers.

Verge d’Aaron, en Physique, voyez Baguette divinatoire.

Verge, (Jurisprud.) est une mesure pour les longueurs, qui sert à mesurer & compter la contenue des héritages, de même qu’en d’autres pays on compte par perches, cordes, chaînées, mesures, &c. la longueur de la verge est différente selon les pays.

La verge commune d’Artois, pour la mesure des lieues, est de vingt piés & onze pouces chacun, mille verges font une lieue ; la mesure des terres labourables, qu’on appelle la petite mesure, est de cent verges ou perches pour arpent ; la verge de cent vingt piés d’Artois, le pié de onze pouces, mais présentement le pié y est de douze pouces ; la mesure du bois, appellée la grande mesure, est de cent verges, la verge de cent vingt-un piés, & le pié de onze pouces artois. Voyez l’auteur des notes sur Artois, art. 6.

Au bailliage d’Hedin un journel ne contient que soixante deux verges & demie. Ibid.

En Flandre la verge & la mesure de terre montent à un cinquieme plus que celle d’Artois. Ibid.

Dans la coutume de Clermont en Beauvoisis, on compte les terres labourables par muids ; à Clermont & aux environs, dans la seigneurie de Sacy, le grand Gournay, la Neuville en Hez, & Milly, le muid contient douze mines, chaque mine soixante verges, chaque verge vingt-deux piés de onze pouces de longueur, art. 234 & 235. En la chatellenie de Bulle, locale de Clermont, la mine est de cinquante verges, la verge de vingt-quatre piés de onze pouces, art. 236. En la seigneurie de Conty, on compte par journeux au-lieu de mines, chaque journeux contient cent verges de vingt-quatre piés chacune, art. 237. Dans la seigneurie de Remy, la mine a quatre-vingt verges, à vingt-deux piés & un tiers de pié par verge, art. 239. Dans la même coutume de Clermont, les aires où se font les lins, en la ville & paroisse de Bulles, se mesurent par mine, chaque mine a douze verges de vingt-quatre piés, art. 240. Dans la même coutume de Clermont, les bois, vignes, jardins, & prés, communément se mesurent par arpens ; l’arpent est en quelques lieux de cent verges à vingt-six piés pour verge. En d’autres lieux il n’y a que soixante & douze verges pour un arpent, art. 141. (A)

Verge, s. f. (Jaugeage.) espece de jauge, ou d’instrument propre à jauger ou mesurer les liqueurs qui sont dans les tonneaux, pipes, barriques, &c. on donne aussi le nom de verge à la liqueur mesurée ; ainsi on dit trente verges de vin ; la verge de liqueur est estimée trois pots & demi, quelque peu moins ; la verge a plusieurs noms, suivant les divers lieux & pays où elle est en usage. (D. J.)

Verge rhinlandique, s. f. (Mesure de longueur.) c’est une mesure qui répond à deux de nos toises, ou à douze de nos piés, & qui est souvent employée dans la fortification par les ingénieurs hollandois. (D. J.)

Verge, s. f. la mesure des longueurs dont on se sert en Espagne & en Angleterre pour mesurer les étoffes. C’est une espece d’aune. La verge d’Espagne, qui est particulierement en usage à Séville, se nomme en quelques lieux bara ; elle contient dix-sept vingt-quatriemes de l’aune de Paris ; ensorte que les vingt-quatre verges d’Espagne, font dix-sept aunes de Paris, ou dix-sept aunes de Paris font vingt-quatre verges d’Espagne. La verge d’Angleterre se nomme yard. Voyez Yard. (D. J.)

Verge d’or, voyez Arbalestrille.

Verge de girouette, (Marine.) verge de fer qui tient le fût de la girouette sur le haut du mât.

Verge de l’ancre, (Marine.) partie de l’ancre qui est contenue depuis l’organeau jusqu’à la croisée. Voyez Ancre.

Verge de pompe, (Marine.) verge de fer ou de bois, qui tient l’appareil de la pompe.

Verge de fusée, s. f. terme d’Artificier, c’est un long bâton auquel on attache la fusée qui doit monter. Il est fait d’un bois léger & sec pour les petites fusées, & celles qui sont de moyenne grandeur ; son poids est depuis une jusqu’à deux livres : on lui donne sept fois la longueur des fusées, lesquelles ont sept fois le diametre de leur ouverture. La même proportion peut avoir lieu à l’égard des fusées plus grandes, à moins que le bâton ne soit plus fort à proportion. Les artificiers proportionnent ainsi l’épaisseur de cette verge ; ils lui donnent en haut du diametre de la fusée, & 1/6 en bas. Voyez l’artillerie de Simienowitz. (D. J.)

Verge, s. f. terme de Balancier, autrement fléau ; c’est un long morceau de cuivre, de fer ou de bois, le plus ordinairement de buis, sur lequel sont marquées les diverses divisions de la balance romaine ou peson. Cette verge a deux sortes de divisions, l’une d’un côté pour ce qu’on appelle le fort, & l’autre à l’opposite pour ce qu’on nomme le foible. (D. J.)

Verge, s. f. (Ferranderie.) ce mot se dit des morceaux de fer longs & menus, ordinairement ronds, que les Marchands-de-fer vendent aux Serruriers, ce qui s’appelle du fer en verges. Cette sorte de fer s’emploie ordinairement pour faire des tringles, des clés, des pitons, & autres légers ouvrages de Serrurerie. (D. J.)

Verges, chez les ouvriers à la navette, ce sont des baguettes qui servent à séparer & à tenir ouverts les fils de la chaîne des étoffes & des toiles. Ces verges sont faites pour l’ordinaire de bois de coudrier dont on a enlevé l’écorce. Il faut quatre de ces verges dans les métiers à gaze, & seulement deux dans tous les autres métiers.

Verge, terme d’Horlogerie, Verge de balancier ou Verge des palettes, voyez les Planches d’Horlogerie, est une tige sur laquelle est enarbré le balancier d’une montre, & qui porte deux petites palettes dans lesquelles engrenent les dents de la roue de rencontre. Voyez Echappement, Montre, Palette

Verge du pendule ; c’est la partie du pendule appliqué à l’horloge, qui s’étend depuis les ressorts, la scie ou le point de suspension jusqu’au-bas de la lentille qu’elle soutient par le moyen d’un écrou.

Cette verge doit avoir une force raisonnable ; trop grosse, elle fait monter le centre d’oscillation du pendule, d’où résulte de plus grandes résistances de la part de l’air & du point de suspension ; trop foible, au contraire les vibrations occasionnent en elle de petits frémissemens qui alterent sensiblement le mouvement du pendule.

Des effets du froid & du chand sur la verge du pendule. Windelinus s’apperçut le premier que les différens degrés de chaleur & de froid, dilatant plus ou moins la verge d’un pendule, occasionnoient quelques irrégularités dans le mouvement de l’horloge où il étoit appliqué. On fut long-tems sans ajouter foi à sa découverte, mais l’expérience & la perfection où l’on porta par après les horloges à pendule confirmerent si bien l’existence des erreurs qu’il avoit fait remarquer, que depuis on a eu recours à divers moyens pour les faire évanouir. Voyez Thermometre.

L’expédient le plus simple qu’on puisse employer pour diminuer ces erreurs, est sans doute de choisir les matieres sur lesquelles la chaleur produit le moins d’effet pour en composer la verge du pendule ; cette verge doit donc être d’acier, métal qui s’alonge le moins à la chaleur. Dans les seuls cas où l’on craindra quelqu’influence magnétique sur le pendule, il sera à-propos d’en faire la verge de laiton ou de quelqu’autre matiere qui n’en soit point susceptible. C’est apparemment pour cette raison que M. Graham a mis une verge de laiton à la pendule qu’il a faite pour MM. du nord.

L’expérience a cependant fait voir que ses craintes étoient peu fondées. M. de Maupertuis, dans son livre de la figure de la terre, rapporte qu’ayant substitué à la lentille d’une pendule de M. le Roy un globe de fer, il n’en étoit résulté dans la marche de l’horloge, allant à Paris ou à Pello, que la seule différence d’une demi-seconde en douze heures, ce qui est trop peu de chose pour pouvoir être attribué à une cause particuliere, sur-tout si l’on considere qu’il avoit fallu ôter & remettre ce globe plusieurs fois, & que des lentilles d’étain & d’autres métaux substituées de la même façon avoient produit de plus grandes différences.

Pour connoître à quel point les verges de laiton sont défectueuses, & combien il a été nécessaire que la pendule de M. Graham soit tombée entre les mains d’observateurs aussi exacts, il suffit de lire ce qui est rapporté, pag. 167 & 169, du livre que je viens de citer, l’auteur y dit entr’autres choses qu’il falloit jour & nuit avoir l’œil sur les thermometres, pour entretenir un égal degré de chaleur dans le lieu où la pendule étoit située, & qu’il falloit encore avoir soin que les thermometres & la pendule fussent à une égale distance du feu, & se trouvassent à la même hauteur.

Quelques horlogers ont proposé de faire les verges de pendule avec un bois dur, tel que l’ébene, le bois de fer, le noyer, le buis, &c. Le bois, disent-ils, éprouve à la vérité des changemens considérables dans sa largeur, mais il n’en souffre aucun selon la longueur de ses fibres, soit qu’on le trempe dans l’eau, qu’on l’expose au feu, ou même qu’on le frappe avec un marteau, comme on fait pour alonger un morceau de métal. Leur sentiment paroît confirmé par ce que rapporte M. de Maupertuis dans son livre de la figure de la terre, voici ce qu’il dit des perches de sapin, dont MM. du nord firent usage pour mesurer leur base.

« Nos perches une fois ajustées (ce sont ses termes), le changement que le froid pouvoit apporter à leur longueur n’étoit pas à craindre, nous avions remarqué qu’il s’en falloit beaucoup que le froid & le chaud causassent sur la longueur des mesures de sapin, des effets aussi sensibles que ceux qu’ils produisent sur le fer. Toutes les observations que nous avons faites sur cela nous ont donné des variations presqu’insensibles, & quelques expériences me feroient croire que les mesures de bois, au-lieu de racourcir au froid comme celles de métal, s’y alongent au contraire ; peut-être un reste de seve qui étoit encore dans ces mesures se glaçoit-il lorsqu’elles étoient exposes au froid, & les faisoit-il participer à la propriété des liqueurs dont le volume augmente lorsqu’elles se gelent ».

Ce sont apparemment de semblables expériences qui ont porté M. Graham à faire les verges de ses pendules de bois. Mais une remarque essentielle à faire sur ce sujet, c’est que si le bois ne change pas sensiblement de longueur par le froid & le chaud, il ne laisse pas de se voiler, & cela quelque épaisseur qu’on lui donne : c’est une expérience que font tous les jours les architectes, qui sont obligés de faire redresser de tems en tems leurs regles qui se faussent même dans leur largeur, ou sur le champ : il suit delà qu’une verge de bois pouvant se voiler, n’est point encore une matiere propre pour former les verges d’une pendule.

D’autres artistes pensent que le froid & le chaud ne peuvent produire les mêmes differences sur des verges d’égale longueur, à-moins qu’ils ne soient proportionnels à la grosseur de chacune d’elles. Raisonnant sur ce faux principe, ils s’imaginent pouvoir se dispenser de recourir aux compensations ordinaires, en faisant la verge de leur pendule extremement massive, de six livres, par exemple. Ils prétendent qu’étant alors environ douze fois plus grosse que les autres, la chaleur l’alongera aussi douze fois moins. Il n’est pas difficile de faire voir qu’en cela ils tombent dans une grande erreur. Une masse de métal, quelle que soit sa grosseur, n’étant qu’un grand nombre de lames très-minces appliquées les unes sur les autres ; toute la difference qui se rencontre dans une grosse & une petite verge, ne consiste que dans une quantité plus ou moins grande de ces lames ; ainsi, selon cette loi de la nature, qu’un corps chaud à côté d’un autre qui l’est moins, ne cesse de lui communiquer de sa chaleur que quand ils sont tous deux arrivés au même degré, il est évident que deux verges de même longueur & d’un même métal, l’une foible, l’autre forte, s’alongeront également par un même degré de chaleur ; puisque ce sont les particules ignées qui causent l’alongement, & qu’elles sont dans le corps en raison des lames infiniment petites qui le composent. Tous les Physiciens conviennent de ce que j’avance, & leur sentiment est parfaitement d’accord avec l’experience. Voici comme s’exprime à ce sujet M. Derham, Transactions philosophiques, année 1736.

« Je fis en 1716 & 1717. des expériences pour connoître les effets de la chaleur & du froid sur des verges de fer dont la longueur approchoit le plus qu’il étoit possible, de celles qui battent les secondes. Je choisis des verges rondes d’environ un quart de pouce de diamettre, & d’autres quarrêes d’environ trois quarts de pouce, les effets furent absolument les mêmes sur toutes ces verges. »

L’avantage qu’on peut retirer des grosses verges, n’est donc pas qu’elles s’allongeront moins que les autres ; mais qu’elles employeront un peu plus de tems à s’allonger, ce qui certes n’est pas d’un grand secours. Car si d’un côté la chaleur allonge plutôt la verge foible, de l’autre quand le froid revient, elle retourne plutôt à son premier état.

Ces grosses verges seroient d’ailleurs fort défectueuses ; elles chargeroient beaucoup le point de suspension, sans que le régulateur en eût plus de force ; l’air leur opposeroit aussi une bien plus grande résistance, vû 1°. leur grosseur & leur longueur, car l’air résisteroit d’autant plus à leur mouvement & à celui de leur lentille, que les arcs qu’elles décriroient feroient partie d’un plus grand cercle.

De-là naitroient deux desavantages ; premierement l’horloge en seroit plus sujette aux erreurs provenantes des différentes densités du milieu ; secondement, une plus grande résistance de l’air détruisant nécessairement une plus grande quantité de mouvement, les restitutions de la force motrice deviendroient plus considérables, & l’horloge en seroit plus susceptible des erreurs qui résulteroient par les altérations ou augmentations de cette force.

Verge, terme de Jardinage, se dit du bois de la vigne qui est encore appellé sarment.

Verge, terme de Maréchal ; on appelle ainsi le manche d’une espece de fouet de cocher, qui a peu de touche.

Verge deter, terme de Serrurier, baguette de fer quarrée qu’on attache le long des panneaux de vîtres, qui sert à les tenir en état avec des liens de plomb, & qui est cloué avec des pointes, l’une à un bout, l’autre à l’autre. (D. J.)

Verge, instrument du métier des étoffes de soie ; la verge est une broche de bois, ronde & bien unie, on s’en sert à divers usages pour le métier des étoffes de soie ; elles sont toutes de la longueur de 2 piés & environ.

Verge de fer, s. f. terme de Tapissier, morceau de fer rond & délié, en forme de grande baguette, qu’on accroche avec des pitons à chaque colonne de lit, & ou on enfile les rideaux par le moyen des anneaux. Les Serruriers appellent cette verge, une tringle. (D. J.)

Verges, terme de Tisserand ; ce sont deux baguettes de bois rondes, qui passent entre les fils de la chaîne, de maniere que le fil qui passe sur la premiere, passe sous la seconde, & ainsi de suite ; au moyen dequoi les fils de la chaîne se croisent dans l’espace qui est entre les deux verges. Ces deux verges sont rapprochées le plus près qu’il est possible l’une de l’autre, par le moyen de deux crochets qui les joignent aux deux côtes de la chaîne. Les verges servent à contenir les fils de la chaîne & les tenir bandés, ce qui facilite la croisure qu’opere le mouvement des lames.

Verge, chez les Tourneurs, est une piece du tour, dont on se sert pour tourner en l’air ou en figures irrégulieres ; c’est une piece de fer, longue & quarrée qui traverse l’arbre tout entier, & qui porte & joint ensemble le mandrin, les deux canons, la piece ovale & la boîte de cuivre. Cette verge a des trous de distance en distance, pour y arrêter ces pieces avec des clavettes. Voyez Tour.

Verge de Huau, terme de Chasse, est une baguette d’oiselier un peu longue, garnie de quatre piquets auxquels on attache les aîles d’un milar appellé huau.

Verge de meute ; c’est une baguette garnie de trois piquets avec des ficelles, auxquelles on attache un oiseau vivant, qui étant lié s’appelle meute.

Verge, en terme de Vitrerie. Voyez Lingotiere. Les verges de fer dont on se sert pour maintenir les vitres, se clouent par les deux bouts aux chassis, & s’attachent dans le milieu aux panneaux, avec des liens aux attaches de plomb.

Verge de fer servant à couper le verre, est une verge de fer rouge qu’on pose sur le verre qu’on veut couper, & mouillant seulement le bout du doigt avec de la salive que l’on met sur l’endroit où la verge a touché, il s’y forme une langue, c’est-à-dire une fente que l’on conduit avec la verge rouge où l’on veut ; c’est ainsi qu’on coupe le verre de telle figure qu’on desire.

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Étymologie de « verge »

(Vers 1100) Du latin virga (« branche »). Le sens d’« organe sexuel masculin » apparaît au XIIIe siècle. Le sens d’unité de longueur de trois pieds apparaît en 1760 au Canada.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, vég ; bourg. varge ; Berry, varge ; provenç. verga, vergua, verja ; espagn. et ital. verga ; du lat. virga.

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Phonétique du mot « verge »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
verge vɛrʒ

Citations contenant le mot « verge »

  • Mieux vaut verge courte que coucher seule. De Proverbe baoulé
  • La verge et le coeur sont des organes qui remuent d'eux-mêmes. De Aristote
  • Celui qui épargne la verge hait son fils ; mais celui qui l'aime s'applique à le corriger. De La Bible / Livre des proverbes
  • Les hommes qui ont un grand nez ont aussi une grande verge. Ils sont plus courageux et plus robustes que les autres mais aussi plus étourdis et plus stupides. De Jean Fauconney / Sécurité des deux sexes en amour
  • Tous les esclavages se tiennent ; et les hommes accoutumés à déraisonner sur les dieux, à trembler sous leur verge, à leur obéir sans examen, ne raisonnent plus sur rien. De Jean Meslier / Testament
  • Le verger d'une femme pauvre est dans son corsage, et son champ sous son tablier. De Proverbe estonien
  • J'espère pouvoir mettre la mains sur cette verge ! Frandroid, Verge TS : prix inchangé, mais performances boostées pour cette moto électrique
  • La verge est l'organe de la copulation. Il est situé à la partie antérieure du périnée et comprend deux parties : Figaro Santé, Verge - Qu’est-ce que c’est ? - Fiches santé et conseils médicaux
  • C’est en effet quelque chose qui peut arriver. J’ai ainsi malencontreusement fracturée la verge de mon amant au cours d’un ébat. Pardon Matthieu, rappele moi ! Réalités Biomédicales, Il se fracture la verge pour la troisième fois – Réalités Biomédicales
  • Il l’a font en noire ? Parce que c’est connu que c’est les mieux monté ….Ma femme va halluciner quand je vais lui dire que je descend astiquer ma verge ….par contre pour les performances la mienne dépasse le mur du son et très très silencieux…. Moto-Station, Verge Motorcycles TS : Susciter la curiosité – Moto-Station

Traductions du mot « verge »

Langue Traduction
Anglais rod
Espagnol varilla
Italien asta
Allemand stange
Chinois 竿
Arabe قضيب
Portugais cajado
Russe стержень
Japonais ロッド
Basque hagaxka
Corse canna
Source : Google Translate API

Synonymes de « verge »

Source : synonymes de verge sur lebonsynonyme.fr

Verge

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