La langue française

Broche

Définitions du mot « broche »

Trésor de la Langue Française informatisé

BROCHE, subst. fém.

A.− [L'obj. est une tige]
1. CUIS. Tige métallique sur laquelle on enfile une volaille, une pièce de viande ou de gibier pour les faire rôtir. On fait rouler la marmite, / La broche et le tourniquet (G. Nadaud, Chansons,1870, p. 5).
SYNT. Broche à rôtir; faire cuire, mettre, passer un poulet, un rôti à la broche; tourner la broche.
2. TECHNOL. Toute tige de fer ou de bois faisant partie d'un mécanisme ou servant d'outil dans divers métiers.
a) En partic.
CHIR. Tige métallique utilisée en chirurgie osseuse dans le traitement des fractures. Tendeur de broche; mettre une broche.
TEXT. Tige métallique qui reçoit la bobine sur les métiers à filer.
ARM. Fusil à broches. Fusil à chien, tirant des embouches dont l'amorce est percutée par une petite tige de métal. Un vrai garde, avec un vrai fusil et non celui à broches acheté d'occasion (P. Vialar, Le Fusil à deux coups,1960, p. 14).
b) P. ext. :
1. La foudre était tombée sur les bâtiments de ma ferme; je venais pour réparer le dommage que j'aurais pu, en toute conscience, laisser à la charge du fermier, puisqu'il avait pris sur lui, contre mes ordres positifs, d'ôter le paratonnerre que j'avais fait poser sur le corps-de-logis principal; il est vrai qu'il me donna pour raison « que ce n'était pas la mode du pays, et que ses voisins se moquaient de lui en voyant cette grande broche de fer au-dessus de son logis; ... » Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 1, 1811, p. 46.
2. ... au-dessus de cette porte une criarde planche de tôle, enluminée d'une pomme et d'une femme, rouillée par la pluie et tournant au vent sur une broche de fer. Cette façon de girouette qui regardait le pavé était l'enseigne. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 330.
3. Arg. (au plur.). Les broches. Les dents. Il n'a plus de broches dans la gargue (A. Bruant, Dict. fr.-arg.,1905, p. 153).
B.− [L'obj. est muni d'une tige] BIJOUT. Bijou muni d'une épingle servant à assujettir ou à orner un vêtement. Une broche en forme d'étoile de mer, qui semble un bijou en sucre (E. et J. de Goncourt, Journal,1865, p. 177).
PRONONC. : [bʀ ɔ ʃ].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1121 « tige de métal pointue » (St Brandan, éd. E.G.R. Waters, Oxford, 1371); d'où 1172-75 cuis. (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, 3465 dans T.-L. : Et met an une broche an rost); 2. d'où p. ext. « verge de fer ou de bois qu'on emploie dans divers métiers » 1268-71 terme de tonnelier (E. Boileau, Métiers, 29, ibid.); 1680 serr. (Rich.); 1690 « aiguilles à tricoter » (Fur.); id. « baguette pour enfiler les harengs » (Ibid.); 1694 « verge de fer sur laquelle on met les bobines d'un métier à filer » (Corneille); 1792 mar. (Romme dans Jal2). 3. 1332 « épingle ouvragée » (Inventaire du Comte de Hereford, ap. Laborde dans Gdf. Compl.). Du lat. vulg. *brocca, fém. pris substantivement de l'adj. brocchus, broccus « proéminent, saillant (en parlant des dents) » (Plaute, Sitell. frg. 2 dans TLL s.v., 2202, 63).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 274. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 254, b) 603; xxes. : a) 452, b) 357.
BBG. − Gottsch. Redens. 1930, p. 115, 273. − Henry 1960, p. 149. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 224. − Sain. Lang. par. 1920, p. 264.

Wiktionnaire

Nom commun

broche \bʁɔʃ\ féminin

  1. (Cuisine) Tige pointue que l’on passe au travers d’une volaille ou d’une pièce de viande que l’on souhaite faire rôtir, pour la faire tourner au-dessus de la flamme.
    • Mettre de la viande à la broche.
    • Mettre en broche.
    • Tourner la broche.
    • Il faudrait encore un tour de broche. : se dit lorsque la viande n’est pas assez rôtie.
    • À six ans, je gagnais ma vie à trier des chiffons ; pour me faire dépêcher, on me piquait le dos avec une broche… vous savez, une broche à enfiler les gigots, les poulets. — (Léon Frapié, La croix, dans Les contes de la maternelle, éditions Self, 1945, page 26)
    • Dans tous les cas, il s’agit de viande – de veau, poulet, agneau ou bœuf – marinée dans des épices ou des aromates, du lait, du citron, coupée en lamelles et montée sur une broche verticale rotative pour être cuite. — (Christophe Ayad, Le kebab, döner universel, Le Monde. Mis en ligne le 13 décembre 2019)
  2. (Technique) Tige de fer recevant la bobine dans les filatures.
    • Broches à filer le coton.
  3. (Chirurgie) Tige métallique utilisée en chirurgie pour consolider ou fixer un os fracturé, une articulation.
    • Après son accident, on lui a posé des broches sur sa fracture.
  4. (Alpinisme) Long piton muni d’un anneau utilisé dans la neige et la glace, ou en escalade artificielle.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  5. (Maçonnerie) Outil utilisé par les maçons pour casser les matériaux. Outil en forme de burin dont la tige est pointue.
  6. (Vieilli) Tige de métal fixée latéralement sur les anciennes cartouches et percutant l’amorce.
    • Fusils à broche. Cartouche à broche.
  7. Cheville ou tige servant à enfiler des objets.
  8. (Électricité) Tige constituant la partie mâle d’une connexion électrique.
  9. (Serrurerie) Tige à l’intérieur du pêne d’une serrure, lorsque la clef est creuse.
  10. (Tonnelerie) Cheville pour boucher le trou fait au foret dans un tonneau.
  11. (Usinage) Partie tournante (portant un mandrin, une pointe de tour, une fraise, etc.) d’une machine-outil, servant à usiner un trou dans une pièce.
  12. (Vieilli) Aiguille à tricoter.
    • Broches à tricoter.
  13. (Vieilli) Éperon.
  14. (Bijouterie) Bijou muni d’une longue épingle et d’un fermoir, servant à attacher un châle, un col, ou à garnir un corsage.
    Broche (14)
    • Une broche de diamants.
  15. (Québec) Fil de fer, parfois d'autres métaux.
    • Fixer avec de la broche, attacher avec du fil de fer.
    • D'la broche de brass, ça fait pareil, un fil de laiton conviendra aussi bien.
    • Une organisation de broches à foin, c'est organisé n'importe comment.
    1. Agrafe.
      • Le lieutenant passa l'extrémité de sa lame sous une agrafe plantée sous un des souliers du défunt […]. La broche, comme on dit au Québec, retenait encore une minuscule étiquette que Larouche ramena dans la paume de sa main. — (Luc Baranger, Maria chape de haine, ch. I, Baleine, 2010)

broches féminin pluriel

  1. Défenses du sanglier.
    • Les broches du sanglier.
  2. Premiers bois du chevreuil.
  3. (Vieilli) (Argot) Dents.
    • Il n'a plus de broches dans la gargue. — (A. Bruant, Dict. fr.-arg., 1905)

Forme de verbe

broche \bʁɔʃ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de brocher.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de brocher.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de brocher.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de brocher.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de brocher.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BROCHE. n. f.
Ustensile de cuisine que l'on passe au travers de la viande qu'on veut faire rôtir et qu'on tourne devant le feu, soit avec la main, soit à l'aide d'un mécanisme. Mettre de la viande à la broche. Mettre en broche. Tourner la broche. Il faudrait encore un tour de broche, se dit lorsque la viande n'est pas assez rôtie. Par analogie, il désigne, en termes d'Arts, Divers objets qui ont quelque ressemblance de forme avec une broche de cuisine : de Petites verges de fer qu'on adapte aux rouets, aux métiers à filer et sur lesquelles le fil, le coton, la laine se roulent à mesure qu'ils sont filés; de Petites verges de fer, de laiton ou de bois dur et poli dont on se sert pour former les mailles d'un tricot appelées plus ordinairement Aiguilles à tricoter lorsqu'elles sont de métal; de Petits fuseaux portant des fils de diverses couleurs et que l'on fait passer à la main ou mécaniquement à travers les fils de la chaîne d'une tapisserie, etc. Broches de peigne se dit des Dents du peigne à tisser à travers lesquelles passent les fils de la chaîne. Il se dit en outre d'une Baguette de bois dont on se sert pour enfiler divers objets comme des cierges, des chandelles ou des harengs, etc. Il désigne le plus souvent un Bijou garni d'une longue épingle dont les femmes se servent pour attacher leurs châles ou pour orner le haut du corsage des robes. Une broche de diamants.

BROCHES, au pluriel, en termes de Chasse, se dit des Défenses du sanglier.

Littré (1872-1877)

BROCHE (bro-ch') s. f.
  • 1Longue verge de fer qu'on passe à travers les viandes pour les faire rôtir. Mettre un gigot à la broche. Il vit des bergers pour leur rôt Mangeant un agneau cuit en broche, La Fontaine, Fab. X, 6. Six broches chargées de gibier devant le feu, Hamilton, Gramm. 11. Des gens enfournent ; D'autres défournent ; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton, Béranger, Cocag. Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche, Racine, Plaid. I, 4. Ils mirent un petit enfant à la broche, Sévigné, 243. Le mal n'est pas de les mettre à la broche [ses ennemis], le mal est de les tuer, Voltaire, Lettr. Prusse, 31. Nous risquons à tout moment d'être mis à la broche, Voltaire, Cand. 17. L'âme de l'empereur Antonin n'est point à la broche dans l'enfer, Voltaire, L'homme aux 40 écus, grande querelle.

    Un tour de broche, un tour que fait la broche mue par le tournebroche. Il faut encore un tour de broche à ce morceau de bœuf.

    Fig. J'ai été à la mort ; un petit tour de broche de plus, on aurait dit : il est mort, Voltaire, Lett. en vers, 158.

    Fig. et familièrement. Faire un tour de broche, se mettre très près du feu pour se chauffer. Cela ne se dit que dans une compagnie où la politesse défend d'occuper longtemps le foyer ; on dit à celui qui a froid : Faites un tour de broche, c'est-à-dire chauffez-vous de tous les côtés, mais un instant seulement.

  • 2Petites verges de fer qui reçoivent la bobine. Filature à deux cents broches.

    Drap à double broche, drap épais, serré, solide, ainsi nommé parce qu'on le faisait autrefois en plaçant dans les intervalles des broches deux fils au lieu d'un.

  • 3Grosses aiguilles pour tricoter. Broches à tricoter.
  • 4Cheville pour boucher le trou qu'on fait au tonneau avec le foret, soit sur le sommet du tonneau pour introduire de l'air, soit dans le plein du tonneau pour tirer quelques gouttes du vin afin de le déguster.

    Fig. Couper broche à quelque chose, empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin quand on a coupé la broche du tonneau.

    Baguette de bois pour enfiler les harengs.

    La pointe de fer d'une serrure, qui entre dans le trou d'une clef forée.

    Petite verge de fer placée au milieu d'un carton où l'on tire au blanc.

    Long clou sans tête pour arrêter les lambris.

    Baguette sur laquelle le chandelier embroche les mèches.

    Petit bâton où pendent les chandelles.

    Ustensile de boucher pour parer la viande.

    Pivot de fer traversant la verge de la balance appelée romaine.

    Outil de cordonnier pour mettre des clous au talon.

  • 5Grosse épingle à l'usage des femmes.

    Bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent pour attacher les châles ou les cols et qu'elles mettent pour ornement au haut du corsage des robes.

  • 6 Terme de chasse. Les broches, les défenses du sanglier.

    Les broches, la première tête du cerf et du chevreuil.

  • 7 Terme de marine. Baguettes qui, représentant les divers diamètres des mâts d'assemblage, guident les ouvriers dans leur travail.
  • 8 Terme de banque. Broches, billets de commerce de peu de valeur, inférieurs à 500 fr. ou 1000 fr.

    PROVERBE

    Il ne faut pas mettre tout son rôt à une même broche, c'est-à-dire il ne faut pas mettre tout ce qu'on a sur une seule chance.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li leus [loup] besa le heriçon ; Et cil s'ahert à son grenon, à ses lafres [lèvres] s'est atakiez, Et od ses brokes [piquants] afichiez, Marie de France, t. II, p. 264. De rechief il est ordené que quiconques ouverra à broche d'or que il couse de soie, Liv. des mét. 381. Renart s'en va, pas ne sejorne, Si esperonne son cheval ; Par unes broches (voy. BROSSE) lez un val S'en va fuiant par une plaine, Ren. 1910. Et deit aveir en l'escu deus broches de fer, l'une enmi l'escu et l'autre ou pié dessouz, Ass. de J. I, 170. Et comme li chevaliers eust hiaume, el quel il avoit tout plain de broces par derriere, il requerroit que il li fu ostés, Beaumanoir, LXI, 63.

XIVe s. Un chandelier à trois broches, par maniere de lys, De Laborde, Émaux, p. 203. Un estuy de cuir boully, garny de trois pignes, un mirouer et d'une broche pour pigner le chief de la dite dame, De Laborde, ib.

XVe s. Un baston noullu [noueux] à pluseurs bros [pointes], Du Cange, broca. Un broc ou fourche de fer à charger foing, Du Cange, ib. Il print la broche de son chariot, et s'en vint au devant du suppliant, auquel i donna tel cop de la dite broche qu'il le abatit, Du Cange, ib. [Pour les cuisines] Faut poz, paelles, chauderons, Broches de fer, hastes de fust, Deschamps, Poésies mss. f° 497, col. 2. Elle chut en une dangereuse et deplaisante maladie que communement on appelle broches [hémorrhoïdes], Louis XI, Nouv. II.

XVIe s. … En telle sorte que la broche soit coupée à toutes tergiversations, Calvin, Instit. 120. La mort peult, quand il nous plaira, coupper broche à tous aultres inconvenients, Montaigne, I, 71. Quand il fut mort, l'on ne trouva rien qui soit en sa maison, sinon une petite broche de fer [obole, monnaie], Amyot, Fab. 54. Ilz allerent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine, Amyot, Crassus, 14. D'autre part seras tu tombé entre les mains d'un babillard, n'aye point de honte, mais romps luy tout court la broche, et t'en va ton chemin pour faire tes affaires, Amyot, Mauv. honte, 6. Le roi leur declara que tout ce qu'ils voioient estoit par son commandement, qu'il n'avoit eu autre moien pour couper broche à toutes les guerres et seditions, D'Aubigné, Hist. II, 19. À ceste cause on luy rompit alors la broche [on lui imposa silence] en luy remonstrant…, Du Bellay, M. 204. Tirer la broche devant que le rost soit prest, Génin, Récréat. t. II, p. 250.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* BROCHE, s. f. terme fort usité dans les Arts & Métiers ; on le donne en général à tout outil, instrument, machine, ou partie de machine, d’une figure longue & menue, & dont la fonction ordinaire est de traverser & de soûtenir d’autres parties. Le mot broche a passé dans les boutiques & les atteliers, de la cuisine où la broche est un instrument de fer long de cinq à six piés, de cinq à six lignes de diametre, pointu par un bout, & coudé en équerre, ou garni d’une poulie par l’autre, & percé dans le milieu de plusieurs trous qui servent à fixer sur la broche la piece qu’on veut rôtir, par le moyen de brochettes de fer qu’on fiche à travers la piece, & qui passant aussi dans les trous oblongs pratiqués au milieu de la broche, font angle droit avec la broche. C’est pour pratiquer ces trous oblongs, & empêcher les pieces embrochées de tourner si facilement sur la broche, que le milieu de cet instrument est applati & plus large que le reste. La broche des cuisines se tourne à la main, ou par le tournebroche. Voyez Tournebroche.

* Broche, est synonyme à cheville dans un grand nombre d’occasions : la seule différence qu’il y ait, c’est que la cheville est alors une petite broche, ou la broche une grosse cheville. Les marchands de vin donnent le nom de broche au morceau de bois pointu qu’ils inserent dans l’ouverture qu’ils ont faite à un tonneau mis en perce. C’est de-là qu’est venue l’expression, vendre du vin à la broche, pour le vendre en détail.

* Broche, se dit dans quelques manufactures d’étoffes en laine, des dents du peigne ou rost ; c’est en ce sens que ce mot est pris dans les articles du statut des Manufacturiers d’Abbeville, où il est ordonné que les rosts pour les baracans seront de quatre cents soixante-huit broches. Voyez Peigne.

Broches à tricotter ; ce sont des bouts de laiton ou de fer, polis & longs, qu’on appelle aussi aiguilles. On s’en sert pour tricotter ou brocher des bas, camisolles, gants, & autres ouvrages de bonneterie. Ce sont les maîtres Aiguilliers Epingliers qui font & vendent les broches ou aiguilles à tricotter. Voyez la Pl. du Tricot.

Broches, chez les Arquebusiers, ce sont des morceaux d’acier bien trempés, longs d’environ un demi-pié, emmanchés de bois comme une lime, & à six ou huit pans vifs, selon le besoin. Les Arquebusiers s’en servent pour arrondir un trou, en insinuant la broche dans le trou qu’ils veulent arrondir, & la faisant tourner de côté & d’autre.

Broche quarrée, outil d’Arquebusier, c’est une espece de petit ciseau quarré d’acier bien trempé, avec lequel les Arquebusiers font un trou de la même figure ; par exemple, celui du chien, ou de cette partie qui est montée sur le pivot quarré de la noix : ils placent ce ciseau sur la piece qui est rouge de forge, & frappent dessus jusqu’à ce que le trou soit formé.

Broche ronde, outil d’Arquebusier, c’est un morceau de fer rond, de la grosseur d’une baguette de fusil, long d’un pié, & emmanché d’un manche de lime ; on pose sur cet outil les porte-baguettes, pour les façonner & limer plus commodément.

Broche pointue, outil d’Arquebusier, c’est une espece de poinçon rond d’acier fin & bien trempé, long d’un demi-pié, fort pointu, & emmanché comme une lime. Les Arquebusiers s’en servent pour marquer la place d’un trou pour poser une vis, & en commencer le trou.

Broche ; les Artificiers appellent ainsi une petite verge ronde conique de fer ou de bois fort, tenant au culot du moule d’une fusée volante, pour ménager un trou de même figure dans la matiere combustible dont on la charge ; ce qui se fait par le moyen des baguettes de refouloir percées suivant leur axe d’un trou capable de recevoir cette broche, ensorte qu’elle n’empêche point que la matiere ne soit foulée tout autour à coups de maillet ; d’où résulte ce qu’on appelle l’ame. Voyez Ame.

* Broche, chez les Balanciers, se dit des clous ou pivots de fer qui traversent la verge de la balance romaine, & qui servent à soûtenir la garde du crochet, la garde forte, & la garde foible. Voyez Romaine.

* Broche, se dit chez les Bonnetiers d’un instrument qui soûtient le chardon qui leur sert à carder leurs ouvrages. Ils ont deux sortes de broches, la simple & la double : la broche simple ne porte qu’un chardon ; & la double broche en porte deux. Voyez à l’article Bonneterie, l’usage & la description de la broche & de la double broche.

Broche, terme & outil de Brodeur ; cette broche est un petit morceau de bois tourné, de la longueur de six pouces, posé sur une petite patte plate ou triangulaire ; la tête en est plus grosse, ronde, longue de deux pouces, & fendue jusqu’au milieu de la largeur d’une ligne ou deux. Les Brodeurs tournent l’or frisé autour du pivot & de la tête de cette broche, & passent le bout qu’ils veulent employer par ladite fente, & ensuite l’appliquent sur leurs ouvrages.

Broche, chez les Bouchers, c’est un instrument de fer dont ils se servent pour apprêter & parer leurs viandes. Il y en a de deux sortes ; l’une de fer, & l’autre d’os de mouton : celle de fer est longue de deux piés, ronde, grosse d’un demi-pouce, & garnie d’un anneau par le bout ; elle sert à percer la peau des bœufs pour y insérer la douille du soufflet avec lequel on les enfle quand ils ont été tués : celle d’os de mouton se fait avec le tibia qu’on vuide de sa moelle, & dont on affute un des bouts qu’on insere dans les rognons de veau pour les souffler avec la bouche.

Broche, chez les Cardeurs, c’est une petite verge de fer, garnie à sa partie enfermée entre les deux marionnetes, d’une noix ou espece de petite poulie qui retient la corde que la roue met en mouvement ; & par le bout sur lequel on dévide le fil, d’un rebord de bois assez haut, & voisin du fraseau, afin que le fil s’éleve sur la broche.

* Broche, chez les Chandeliers & les Ciriers, c’est une baguette longue & menue sur laquelle ils dressent & suspendent les meches qui doivent être plongées dans la bassine ou dans l’abysme, afin qu’elles se couvrent de cire & de suif. Ces broches ont deux piés & demi de long, & peuvent contenir seize chandelles des huit à la livre.

Broche, chez les Blanchisseurs de cire, & chez un grand nombre d’autres ouvriers qui se servent de cuves ou de tonneaux pleins d’un fluide qu’il faut avoir la commodité d’arrêter ou de laisser couler à discrétion, se dit d’un morceau de bois ou de fer qui s’insere dans une douille, ou cannele ou cannule, fixée au bas du tonneau ou de la cuve, par laquelle le fluide peut s’échaper, quand on tire de la douille le corps ou la broche qui la remplissoit.

* Broche, chez les Ciriers, est le nom de petits morceaux de bois de bouis polis, faits en cone, avec lesquels ces ouvriers pratiquent au gros bout des cierges les ouvertures par lesquelles ils reçoivent les fiches des chandeliers.

Broche, chez les Cordonniers, est l’outil qui sert à faire les trous dans les talons des souliers, pour les chevilles de bois qui attachent les bouts dessous les talons : c’est une sorte d’alène, mais qui est droite, emmanchée dans un fort manche de bois de trois ou quatre pouces de long, sur la tête duquel on frappe avec le marteau. Voyez la fig. 27. Pl. du Cordonnier-Bottier, qui représente le fer de cet instrument, & une petite portion du manche.

Broche, en terme d’Epinglier, sont deux baguettes de fer emboîtées perpendiculairement dans la base & dans la traverse de bois du métier ; c’est à leur aide que le contrepoids retombe toûjours sur le même point. Les broches n’entrent point dans le métier par en-bas ; elles posent seulement avec force sur une plaque de plomb sur laquelle on l’arrête à volonté, & selon que la situation du poinçon l’exige. Voyez la figure 10. Planche II. de l’Epinglier.

Broche du rouleau, s’entend dans l’Imprimerie en lettres, d’une piece de fer de l’épaisseur d’un doigt, ronde par les deux bouts, quarrée dans le milieu, & longue de deux piés, non compris le coude & la poignée : le premier bout est coudé de façon à recevoir un revêtissement de bois creusé que l’on appelle manivelle, & qui est pour la commodité de la main de l’ouvrier. Cette broche traverse en-dessous tout le train de la presse, en passant par le milieu du corps du rouleau, & est arrêtée par sa derniere extrémité par une clavette. Ces deux agens réunis servent à faire passer le train de la presse sous la platine, & à faire revenir ce même train sur son point d’appui. Voy. Rouleau, Manivelle, & Pl. IV. fig. 2. M la manivelle, N le rouleau.

Broche, en Patisserie, est un gâteau de forme pyramidale, fait d’une pâte détrempée avec du sucre, des jaunes d’œufs, & de la levure.

* Broche, chez les Regratiers, est une longue verge de bois menu sur laquelle ils enfilent & suspendent les harengs quils ont fait dessaler, afin qu’ils s’égouttent plus facilement.

Broche ou Boulon de fer, chez les Rubaniers ; il y en a de diverses sortes, comme ceux qui enfilent les marches par la tête, & dont les deux bouts passent à travers les planches du pont.

Les deux broches qui servent aussi à enfiler les lames dans le porte-lames ; les deux broches qui enfilent les poulies dans le chatelet ; celle qui enfile les retours dans leur chassis ; celles qui servent à devider la soie ; & d’autres dont on parlera ailleurs.

Broche, en Serrurerie, est une sorte de petit fer rond qui passe dans les nœuds des fiches.

Broches à bouton, ce sont les broches des fiches auxquelles l’on remarque une petite tête ronde au-dessus de la fiche.

Broches à lambris, ce sont des especes de clous ronds sans tête, qui servent à poser les lambris.

* Broche ; on en distingue plusieurs chez les Manufacturiers en soie, qui, de même que chez les Rubaniers, se distinguent par leur usage. Il y a les broches des marches ; ce sont des especes de boulons qui enfilent les marches & les arrêtent.

Les broches du cassin, qui ne sont que de petites verges de fer rondes, qui traversent les poulies du cassin.

Les broches du carete, ou baguettes rondes de fer ou de bois, qui servent d’axe aux aleirons.

Les broches des roüets ; elles sont de fer, & garnies d’une noix plus ou moins grosse, sur laquelle passe la corde ou la lisiere qui les fait tourner.

Les broches de la cantre, petites verges de fer très longues & très-menues, sur lesquelles tournent les roquetins.

Il y a encore d’autres broches : mais c’est assez qu’il en soit parlé dans les descriptions des machines où elles seront employées.

Broche, petit instrument dont se servent les Haute-lissiers ; elle leur tient lieu de la navette qu’on employe dans la fabrique des étoffes & des toiles. Cette broche est ordinairement de bouis, ou de quelqu’autre bois dur, longue en tout de sept à huit pouces, y compris le manche, & de sept ou huit lignes de grosseur dans son plus grand diametre : elle se termine en pointe, pour passer plus facilement entre les fils de la chaîne. C’est sur la broche que sont devidés l’or, l’argent, les soies & les laines qui entrent dans la fabrique des haute-lisses. Voyez Haute-lisse.

Broche, terme de Tonnelier, qui signifie une cheville avec laquelle ils bouchent le trou qu’ils ont fait avec le forêt ou vrille à un tonneau pour en goûter le vin. Ce mot se dit aussi quelquefois de la fontaine de cuivre qu’on met à une piece de vin qu’on vient de percer.

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Étymologie de « broche »

Wallon, broke ; picard, broque, fourche en fer ; provenç. et espagn. broca, broche, pointe ; ital. brocca ; du latin brocchus ou broccus, dent saillante ; de là les significations pointe, crochet.

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(1121)[1] Du latin brochus (« saillant, pointu »)[2] via son féminin brocca « chose pointue ».
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Phonétique du mot « broche »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
broche brɔʃ

Évolution historique de l’usage du mot « broche »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « broche »

  • Dans la maison du forgeron la broche est en bois. De Proverbe brésilien
  • L’avare comme le chien de cuisine tourne la broche pour autrui. De Proverbe anglais
  • La pièce maîtresse de cette broche impressionnante est un diamant en forme de cœur de 18,8 carats, taillé dans le plus gros diamant jamais trouvé : le Cullinan, d’un poids de 3 106 carats. Ce cœur est l’une des nombreuses gemmes à avoir été taillées dans le Cullinan, trois fois plus large que toutes les autres pierres découvertes avant son extraction en 1905, dans la mine de Pretoria en Afrique du Sud. Vanity Fair, Reine Élisabeth II : L’histoire fascinante de sa broche en diamant Cullinan V
  • La reine Elizabeth II avait choisi l’une de ses plus prestigieuses broches pour la photo souvenir des 99 ans de son époux le prince Philip: celle qui s’orne du Cullinan V. , La reine Elizabeth II portait sa somptueuse broche Cullinan V pour les 99 ans du prince Philip
  • À Arvieu, comme dans tout le département, le gâteau à la broche est indissociable des grands événements de la vie, tel celui préparé au lendemain de la fête des mères quand une odeur alléchante, connue et reconnue, parfumait la rue attirant gourmands et curieux devant un feu de bois. Si les "anciens" cuisaient le gâteau au feu de cheminée en versant la pâte liquide sur une broche conique actionnée à la force du poignet, la cuisson est aujourd’hui simplifiée surtout par la broche électrique, mais le goût reste intact. C’est pourquoi la recette ramenée par nos aïeux, soldats de Napoléon, de retour du Caucase, est transmise de générations en générations. Mais pas de cocorico aveyronnais ! ladepeche.fr, Arvieu. Le gâteau à la broche attire gourmands et curieux - ladepeche.fr
  • Ce rapport sur le marché Global Tool Spindles est une analyse d’études approfondies dans le but de proposer des solutions pour développer des stratégies d’entreprise à but lucratif. Il fournira en outre une assistance en termes de tendances émergentes et de chances d’évolution au sein de l’entreprise. Plus encore, le rapport aide à déterminer chacun des obstacles notables au développement et à détecter les tendances dans les différents secteurs de consommation du marché mondial des broches d’outils. Rassembler des enregistrements historiques et actuels d’actifs fiables exceptionnels et en fonction de tous les facteurs et développements. Thesneaklife, Marché mondial des broches d’outils 2020-2026 Danobat Group, GMN, Colibri Spindles Ltd, High Speed Spindles – Thesneaklife
  • Faible Puissance du moteur de broche    Broche haute puissance moteur , Impact de Covid-19 sur le marché Broche pour PCB moteur: ventes mondiales de lindustrie, Volume, prévisions par région 2020-2026 – JustFamous
  • Maxine est venue vendre une sublime broche estimée à 10 000 euros par un expert dans l'émission Affaire conclue diffusée sur France 2 ce jeudi 11 juin. Un bijou ayant appartenu à l'arrière-arrière grand-mère de la jeune femme. Etudiante, elle a confié être contrainte de se séparer de cette broche à la valeur sentimentale inestimable, pour payer la fin de ses études en chiropraxie. La vente aux enchères a démarré à 1 000 euros par Caroline Margeridon, charmée par la beauté de l'objet, pour monter jusqu'à 7 000 euros. Une jolie somme néanmoins pas assez élevée par rapport à l'estimation donnée en début d'émission et le coût de ses études. Gala.fr, VIDEO – Affaire conclue : Julien Cohen vole au secours d'une étudiante - Gala

Traductions du mot « broche »

Langue Traduction
Anglais pin
Espagnol broche
Italien spilla
Allemand spindel
Portugais alfinete
Source : Google Translate API

Synonymes de « broche »

Source : synonymes de broche sur lebonsynonyme.fr

Broche

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