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Vache

Sommaire

  • Définitions du mot vache
  • Étymologie de « vache »
  • Phonétique de « vache »
  • Citations contenant le mot « vache »
  • Traductions du mot « vache »
  • Synonymes de « vache »
  • Antonymes de « vache »

Définitions du mot vache

Trésor de la Langue Française informatisé

VACHE, subst. fém. et adj.

I. − Subst. fém.
A. − ZOOL., ZOOTECHNIE
1.
a) [Désigne un genre] Bovidé domestique à cornes, femelle du taureau élevée principalement pour ses qualités de reproductrice et de laitière. Quelques vergers entourés de haies de pruniers sauvages, sous lesquelles ruminent de belles vaches tigrées de noir et de blanc, dont on entend les mugissements mélancoliques (Lamart., Tailleur pierre, 1851, p. 396):
1. C'est ainsi que j'ai cru, pendant des années, que les vaches avaient du lait et les bœufs du bouillon, parce que, quand le lait n'était pas bon, grand'mère disait: « C'est une mauvaise vache! » et que, quand le bouillon ne sentait rien, elle disait également: « C'est que le bœuf était mauvais!... » Gyp, Souv. pte fille, 1927, p. 10.
SYNT. Vache blanche, brune, noire, pie, rousse, tachetée; vache cornue, grasse, grosse, petite, pleine; vache beurrière, laitière, à lait; vache ardennaise, bretonne, hollandaise, normande; belle, bonne, énorme, grande, grosse, large, pauvre, petite vache; dos, écusson, flanc, mamelle, mufle, peau, pis, poil, queue, sabot de vache; bouse de vache; lait, fromage de vache; cloche de vache; troupeau de vaches; meuglement, mugissement de la vache; écurie, étable à vaches; gardien, marchand de vaches; la vache et son veau; la vache beugle, meugle, mugit; la vache broute, paît, rumine; la vache vêle, fait son veau; le petit de la vache; mener les vaches aux champs, en pâture; tuer, vendre une vache; mener la vache au taureau; acheter, avoir une vache; conduire, faire paître, garder, traire les vaches; s'occuper des vaches.
Vache landaise*. Vache taurelière*.
Vache douairière. Vache ayant déjà eu plusieurs veaux. (Dict. xixeet xxes.).
Vache sacrée. Animal vénéré dans différentes civilisations, notamment en Inde où il est le symbole de la terre nourricière et de la fertilité. Les anciens Égyptiens promenaient la vache sacrée, sept fois autour du temple, au solstice d'hiver (Dupuis, Orig. cultes, 1796, p. 43).
Le Ranz des Vaches. Air célèbre du folklore suisse. Là retentissent les accens du ranz des vaches, et s'élèvent les chalets hospitaliers (Senancour, Rêveries, 1799, p. 230).
b) P. ext. Femelle d'un bovidé autre que le taureau (aurochs, bison, zèbre). Avant le déjeuner il nous mène (...) voir l'important troupeau de vaches zébus qu'il a fait venir de N'Gaoundéré (Gide, Voy. Congo, 1927, p. 771).
Vache orignal. Femelle de l'orignal. Une question se posait brutalement d'elle-même quand une vache orignal (...) sortait du bois (Richesses Québec1982, p. 2391).
Vache de Tartarie. Synon. de yak.
c) P. anal. Vache marine [N. vulg. du morse et du dugong] On le donne cependant aussi [le nom d'ivoire] aux défenses de l'hippopotame, des vaches marines et autres amphibies (Nosban, Manuel menuisier, t. 2, 1857, p. 137).
2. P. compar., souvent péj., pop. ou fam.
a) Souvent péj. [Avec le physique de la vache] Être gras, gros(se) comme une vache; meugler comme une vache; avoir tout de la vache. Je reconnais qu'elle n'a pas l'air d'une vache, car elle a l'air de plusieurs, s'écria Mmede Guermantes (Proust, Guermantes 1, 1920, p. 232).Qu'est-ce que vous avez à me rouler des yeux de vache qui fait sa première communion? (Fombeure, Soldat, 1935, p. 19).
Sans nuance péj. [En parlant des yeux d'une pers.] Elle n'était pas mal, avec de beaux yeux de vache et des lèvres charnues (Queneau, Loin Rueil, 1944, p. 72).
(Couleur) queue* de vache. V. queue1I A 1.Poil (de queue) de vache. Poil roux. (Dict. xixeet xxes.).
b) [Avec les habitudes et le caractère prêtés à la vache] Paresse de vache; être rond, saoul comme une vache. Dix femmes panachées (...) couchées, vautrées, affalées sur le divan avec des coquetteries de vaches et de petits trémolos de leurs petits patins rouges (Goncourt, Journal, 1857, p. 429).
Pleurer* comme une vache.
Pleuvoir* comme vache (qui pisse). C'est un sale temps, dit Maillard, il pleut comme vache (Aymé, Puits, 1932, p. 161).
Faire la vache. Paresser, fainéanter. Sans doute, il s'y remettrait [au travail], il le fallait bien; mais ce serait le plus tard possible (...). Puis, ça lui semblait si bon de faire un peu la vache! (Zola, Assommoir, 1877, p. 489).
(Jouer) un tour de vache (à qqn). (Lui jouer) un mauvais tour. Synon. (jouer) un tour de cochon*.L'âge ça c'est le plein tour de vache... Les enfants c'est comme les années, on les revoit jamais (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 647).
3. Locutions
a) À vaches, loc. adj. Montagne* à vaches. ALPIN. Chemin, sentier, voie à vaches. Chemin, sentier, voie facile à suivre. Montagne à vaches. Montagne dont l'ascension ne présente pas de difficultés. Une famille de mathieus, du genre saucissonneur, sème l'émoi chez les campeurs, tandis que glaciéristes ou rochassiers dédaignent la montagne à vaches, bonne au plus pour les philistins (Comment parlent sportifsds Vie Lang.1954, p. 176).V. montagne ex. de Gautrat.
b) En vache
α) Loc. adj. Coup (de pied) en vache
Coup de pied de côté, imprévisible, à la manière des vaches. Donner des coups de pied en vache. (Dict. xixeet xxes.).
Au fig., fam. ,,Manœuvre, procédé déloyal`` (Dubois 1980).
β) Loc. adv.
Fam. Dans une direction oblique. L'arme saisie à la poignée et à la grenadière, levée à la hauteur de l'oreille, et le coup qui part oblique, en vache, défonce, fait sauter les dents sous la plaque de couche! (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 239).
Au fig. D'une manière sournoise, déloyale. Tu en veux aux gens de leur soi-disant indifférence, alors de temps en temps tu leur mens ou tu leur fais un coup en vache, par représailles (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 568).
HIPP. Ruer en vache. Ruer du pied de derrière en le jetant en avant ou sur le côté. (Ds Lar. encyclop.). Se coucher en vache. ,,Se coucher en s'appuyant sur les coudes et en repliant les membres postérieurs sous le corps`` (Lar. encyclop.).
4. Expr., loc. fig., proverbes
a) Ça lui va comme un tablier à une vache. Ça ne lui va pas du tout. On leur mit [à ces deux drôles] (...) un bel habit galonné qui leur allait comme un tablier à une vache (Vidal, Delmart, Caserne, 1833, p. 250).
b) Parler français comme une vache espagnole*.
c) Une vache n'y retrouverait son veau. Il règne à cet endroit un désordre indescriptible. (Dict. xixeet xxes.).
d) Le plancher des vaches. V. plancher1I B 2 c.
Arg. de l'aviat. Aller aux vaches. Faire un atterrissage forcé, hors aérodrome. Synon. se vacher (infra dér.).Des trous d'air descendant (...) contraignent le planeur à l'atterrissage de fortune dans un champ. Mésaventure qui s'appelle joliment « aller aux vaches » (Le Nouvel Observateur, 3 juin 1983, p. 71, col. 1).
5. [P. réf. à une œuvre littér. ou à la Bible]
a) Adieu veau, vache, cochon, couvée. [P. réf. à La Fontaine, Fables, La Laitière et le pot au lait, 7, X] Adieu, belles promesses! Une silhouette intéressante de malade, une promesse d'attendrissement, et puis rien que des accents de cornemuse aggravés de mots repoussants. (...) Adieu, veau, vache, cochon, couvée (Barrès, Cahiers, t. 11, 1917, p. 310).
b) Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. [P. réf. à Florian, Fables, Le Vacher et le garde-chasse, 1792, p. 52] Tout va bien lorsque chacun ne s'occupe que de ce qui le concerne. Un proverbe dit, riche de sens en sa bonhomie: « Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées » (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 252).
c) Les sept vaches grasses et les sept vaches maigres. [P. réf. au Songe de Pharaon, Genèse, 41] Période d'abondance à laquelle succède une période de disette, et, p. ext., période faste ou période néfaste. Il faudrait, pour me renverser, que trois gouvernements croulassent.Dame! Cela s'est vu.Que la terre manquât de récoltes.Rappelez-vous les sept vaches grasses et les sept vaches maigres (Dumas père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 100).Après les années de vaches grasses, Millaud connut celles des vaches maigres. Ses difficultés furent telles qu'au bord d'une liquidation lamentable, il dut céder Le Petit Journal à Émile de Girardin (Coston, A.B.C. journ., 1952, p. 24).
d) La vache à Colas (vx). Le protestantisme. C'est ainsi que le roi Soleil convertit ceux de la Vache à Colas, ou les jeta aux Allemands pour la gloire de la France unifiée (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 391).
6. Empl. techn.
a) BOUCH., souvent péj. Viande de cet animal, vendue en boucherie sous l'appellation bœuf. Nous sommes assis (...) au bord d'une rivière, à manger un morceau de vache (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813, 1864, p. 97).
Loc. fig. Manger de la vache enragée*.
b) HÉRALD. Animal représenté de profil, le museau allongé et la queue sur le flanc. Vache accornée, colletée, clarinée, passante, de gueule. Il s'appelait D'Urand ou Du Ranz (noblesse suisse, vaches sur azur) (Taine, Notes Paris, 1867, p. 167).
c) TANN. Peau tannée et corroyée donnant un cuir souple plus connu sous le nom de cuir lissé ou vachette. C'est avec cette peau (...) qu'on prépare: la vache lisse naturelle, fine ou forte, la vache d'Angleterre préparée à la manière anglaise avec des peaux de premier choix (Closset, Trav. artist. cuir, 1930, p. 5).Trousse toilette (...) Modèle en vache grainée (Catal. de jouets (B.H.V.), 1936).
P. méton., vx. Malle en cuir de vache que l'on plaçait autrefois à l'arrière d'une impériale; p. ext., valise de voyage en cuir. En descendant de voiture, il s'aperçoit que la vache qui contenait ses effets a été enlevée (Vidocq, Mém., t. 3, 1828-29, p. 12).Par les portes ouvertes don Luis apercevait partout des généraux dorés comme des reliures, ou des conseillers d'État qui s'affairaient parmi des malles béantes, dans l'embarras de ces grands paniers de diligence recouverts de cuir que l'on nomme des vaches (Morand, Flagell. Séville, 1951, p. 138).
B. − [Dénom. de différentes choses dans des domaines techn. divers]
1. ARCHITECTURE
a) Corne* de vache.
b) Côte de vache. Synon. de fenton (Chabat t. 2 1876).On ne trouve rien de plus ingénieux généralement, que de monter une armature en fer avec courbes, entre-toises, carillons, côtes de vaches, puis on hourde le tout en poteries ou en briques creuses (Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 68).
2. BOTANIQUE
a) Arbre à vaches. Synon. de arbre à lait*.V. lait II C 3 ex. de B. Delessert.
b) Herbe à (la) vache. Synon. de trèfle.P. anal. [Dans un jeu de cartes] Cependant, Mes-Bottes, qui regardait son jeu, donnait un coup de poing triomphant sur la table. Il faisait quatre-vingt-treize.J'ai la révolution, cria-t-il. Quinte mangeuse, portant son point dans l'herbe à la vache... Vingt, n'est-ce pas? (Zola, Assommoir, 1877, p. 627).
c) Blé* des vaches.
3. CAMPING. Vache à eau. Récipient en toile imperméable muni d'un robinet et destiné à stocker l'eau. Vache à eau, entièrement en toile de lin, forme jerrican. Ouverture bague en matière plastique avec gobelet formant bouton étanche (Catal. Manufrance, 1954, p. 201).
4. CHASSE. Vache artificielle. Simulacre de vache sous lequel les chasseurs se dissimulaient naguère pour surprendre les oiseaux et le gibier. Il y a une vache artificielle dont l'ingénieuse composition nous est venue de l'étranger; elle se porte sur les épaules avec des bretelles, comme une hotte (Baudr.Chasses1834).
5. ÉN. NUCL. Vache à radioéléments. Synon. de générateur de radionucléides. (Ds Nucl. 1975, Industries 1986).
6. IMPR. Partie de l'ancienne presse à bras composée de deux cordes fixées au rouleau permettant d'actionner le train de la presse. (Dict. xixeet xxes.).
7. MARINE
a) Joues de vache ou demi-joues. Demi-caisses de poulie (Dict. xixeet xxes.).
b) Nœud de vache. Nœud réunissant deux cordages, mais susceptible de se dénouer, contrairement au nœud plat (d'apr. Le Clère 1960).
8. MÉTALL. Branloire d'un soufflet de forge. (Ds Jossier 1881).
C. − P. anal. V. supra I A 2.
1. Pop., fam.
a) [P. réf. aux qualités laitières et reproductrices de la vache] Femme féconde et bonne nourrice. J'ai eu l'idée qu'on ne s'enrichissait guère à être nourrice. Alors, j'ai préféré amener les autres. Elle eut un faible sourire de femme intelligente, qui disait combien ce métier de vache laitière, au service des bourgeois, lui semblait une duperie (Zola, Fécondité, 1899, p. 133).Quand on voit Ragotte, avec ses seins énormes, près de son garçon grand, gros et gras, on lui dirait avec tendresse: « Vous êtes une bonne vache et vous avez fait un bon veau » (Renard, Journal, 1903, p. 840).
Vache à lait*.
Loc. Prendre la vache et le veau. Épouser une femme enceinte d'un autre homme. (Dict. xixeet xxes.).
b) Femme bien en chair, à forte poitrine. Dès le matin, la bataille commençait.Tiens! la grosse vache est levée! criait la belle Normande (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 741).
c) Vache (laitière). Femme ou fille de mœurs légères. Oui, toutes les deux, des vaches, des salopes!... Voulez-vous savoir? Je couche avec les deux! (Zola, Terre, 1887, p. 284).
d) [P. réf. au caractère paresseux prêté à la vache] Personne sans courage, molle, avachie. Synon. vachard (v. ce mot A).Je suis devenu très timide, très paresseux, une vache stérile, une brute (Flaub., Corresp., 1875, p. 214).
2. Pop., arg.
a) [P. réf. au caractère hypocrite attribué à la vache] Personne très méchante ou d'une sévérité excessive. Synon. salaud.C'est une vache, cette femme là une vache! Elle a été toujours jalouse de me voir réussir (Aymé, Vaurien, 1931, p. 110).Le fameux copain dont je parle est en réalité le plus beau salaud que la terre ait jamais porté: la vache finie, voleur, menteur, égoïste, la saloperie incarnée (Giono, Gds chemins, 1951, p. 64).
Peau* de vache.
b) Agent de la sûreté. Le verbalisme, c'est toujours la pensée des autres. L'on appelle mots les idées dont on veut pas, comme on appelle vaches les sergents de ville, et vautour son propriétaire (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p. 120).
Mort aux vaches! [Insulte grave proférée contre les forces de l'ordre et passible de poursuites] Pour lui, toute insulte revêtait nécessairement la forme traditionnelle, régulière, consacrée, rituelle et pour ainsi dire liturgique de « morts aux vaches! » (...) Ah? Vous avez dit: « Mort aux vaches! » C'est bon. Suivez-moi (A. France, Crainquebille, 1904, p. 19).
Vache à roulettes. Agent de police se déplaçant à bicyclette. Des agents cyclistes arrivaient par pelotons. Pluche brailla:Voilà les vaches à roulettes: Louise le fit taire (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 196).
c) Gardien de prison. Synon. maton2(arg.).C'est si bon d'être son maître de ne plus voir les vaches (Moreau, Monde prisons, 1887, p. 69).
d) Dénonciateur, mouchard. J'pouvais l'piquer (...) avec mon charlemagne (couteau); hein? Eh bien, croirais-tu qu'la vache s'est mise à table (le délateur m'a dénoncé)? (Brissac, Souv. prison, 1880, p. 44).
Croix* des vaches.
P. méton. Système de dénonciation dans une collectivité. Les instituteurs ont cessé d'infliger l'infamante corvée du « symbole » ou de « la vache », système de dénonciation en chaîne (L'Express, 27 janv.-2 févr. 1969, p. 31, col. 1).
3. Pop., fam. [En interj., juron exprimant l'aversion, la colère, l'hostilité envers qqn] Sale vache; bande, tas de vaches! Où as-tu gagné ça, vache! Tu viens de la retape, chameau! Attends un peu que je t'arrange! (Zola, Assommoir, 1877, p. 792).Ah vache! de saligaud de vache! Ah! Il m'étripe le voyou (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 547).
(Ah!) la vache. [Exclam. exprimant le dépit, la réprobation] Ah les salauds, s'écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi (Queneau, Zazie, 1959, p. 14).
[Dans des expr. où figure une partie du corps de la vache] Gueule de vache, poil de vache. Attends, fiel de corbeau! Attends, poil de queue de vache! (Claudel, Violaine, 1892, i, p. 501).Sale crevure. Je te tiens pourtant! Tête de vache, te voilà muselé (Aymé, Mais. basse, 1934, p. 137).
4. P. antiphr., pop., fam.
a) [Terme d'affection] Ma petite vache. À toi, vieille branche, vieille vache, vieux copain (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 301).
b) [Exclam. exprimant l'admiration] Ah! La vache! Il était terrible!... Il me recavalait en mémoire!... (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 682).
5. [Avec valeur d'épith.; suivi d'un subst. apposé] Pop., fam.
a) [À propos de qqn dont on a à se plaindre] Si seulement les Russes ou nos vaches de compatriotes se décidaient à nous en refiler [des mitrailleuses] (Malraux, Espoir, 1937, p. 523).[À propos de qqc. de pénible, de désagréable] Je dois couver une grippe, dit-il. Avec cette vache de temps (Nizan, Conspir., 1938, p. 206).
b) P. antiphr. [Comme intensif; à propos de qqc. de sensationnel, hors du commun] Un, une vache de...Il s'est payé une vache de moto. On s'est tapé un vache de gueuleton (Lar. Lang. fr.). Une vache de petite maison (Dubois 1980).
En exclam. Vache de temps, de boulot!
II. − Adjectif
A. − [En parlant d'une pers., de sa manière d'être]
1. Souvent péj., fam. Qui a un aspect bovin, inexpressif, sans intelligence. J'ai bien cru qu'il ferait un scandale à force de faire des remarques sur l'air vache des vieilles filles (Magnane, Bête à concours, 1941, p. 205).Il y a des chances pour qu'on ne les revoie pas demain matin, faisait Félicien exalté et en suçotant son mégot, l'œil vache (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 284).
Vieilli. Qui est mou, sans ressort, sans énergie. Je me sens si molle... si molle..., sans volonté, sans courage, et si vache... Ah! oui... si vache! (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 246).
2. Pop., fam. Très méchant, sévère, sans pitié. Être vache avec/pour qqn; avoir un côté vache; qu'il est vache! Tu comprends, le truc, c'est de ne rien leur faire fiche, mais en ayant l'air vache! (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 93).Ne sois pas vache, mon amour, ne me fais jamais de mal; tu es tout ce qui me reste (Sartre, Âge de raison, 1945, p. 41).
L'amour vache. Amour violent, où s'échangent plus de coups que de caresses. C'est y qu' t'aimerais l'amour vache? Avec mézigue tu seras servi (Lacassagne, Arg. « milieu », 1928, p. 6).
B. − [En parlant d'une action, d'une chose] Pop. ou fam.
1.
a) Qui est mené à des fins méchantes et perfides. Coup, critique vache. Il venait de lui surgir dans la tête [au proviseur] une idée vache (Queneau, Enf. du limon, 1938, p. 20).
b) C'est vache (de). C'est méchant, cruel, injuste (de). C'est vache ce qui lui arrive:
2. Ce n'était pas un peu vache? Vous lui faisiez perdre sa journée? − Bien sûr. Et même une fois, on l'a arrêté pour de bon. Sans le patron qui est venu expliquer le cas, il passait en correctionnelle. C'était d'autant plus vache, que pendant ce temps-là, nous faisions venir du Vouvray de chez le bistrot, et que nous buvions l'argent de la couronne. Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 286.
2. Difficile à comprendre, ardu. Le sujet de l'épreuve était très vache (Lar. Lang. fr.).
3. [Toujours antéposé]
a) [Comme intensif] Une vache bagarre. Coincés qu'on s'est trouvés alors, entre les battants de la porte (...) ça nous foutait une vache terreur (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 107).La dabe à Tonio arborait un vache coquard sur l'œil droit (Le Breton, Rififi, 1953, p. 170).
b) P. antiphr. Synon. bath, chouette2, épatant, super3.Une vache petite salle avec le ring attaché par des cordes, pour qu'il ne s'envole pas; avec des cuvettes, des brocs, des éponges, des serviettes, un matelas (Montherl., Olymp., 1924, p. 342).
Rem. Peut s'employer également à propos des personnes: une vache pépée (Rob. 1985).
Prononc. et Orth.: [vaʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. Ca 1130 « femelle reproductrice de l'espèce bovine » (Lois de Guillaume le Conquérant, éd. J. E. Matzke, p. 6,5); ca 1290 vake laitiere, v. laitier; 1606 au fig. vaches a laict (Du Villars, Mém., II, an 1551 ds Gdf. Compl.); d'où a) loc. α) xves. pleurer comme une vache (Le Grant garde derriere, X, 3 ds IGLF); 1610 manger de la vache enragée (Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir, éd. H. Moreau et A. Tournon, p. 186); 1640 parler François comme une Vache Espagnolle (Oudin Curiositez); id. sorcier comme une vache, v. sorcier [cf. 1736, Marivaux, Le Télémaque travesti, p. 344: il n'y a point d'autres sorciers au monde que les vaches espagnoles]; 1690 quand chacun se mesle de son mestier, les vaches sont bien gardees (Fur.); 1833 aller comme un tablier à une vache (Vidal, Delmart, Caserne, p. 250); 1876 il pleut comme vache qui pisse, v. pisser; id. une vache n'y retrouverait pas son veau (Lar. 19e); β) 1690 allusion biblique (Fur.: le songe de Joseph fut la vision de sept vaches grasses, et de sept vaches maigres); 1897 connaître les sept vaches maigres et les sept vaches grasses (France, Mannequin, p. 236); b) 1534 poil de vache « couleur rousse » (Rabelais, Gargantua, XI, éd. R. Calder, p. 83); 1694 roux comme une vache, roux de vache (Ac.); c) 1548 plancher des vaches, v. plancher; 1902 montagne à vache (Écho des Alpes, no1, p. 38 ds Quem. DDL t. 27); d'où 1928 à vache « ridiculement facile (en parlant d'une course en montagne) » (La Montagne, no212, mai, p. 166, ibid.); d) α) bot. 1557 blé de vache (L'Escluse d'apr. Roll. Flore t. 8, p. 161); 1732 herbe aux vaches (Nouv. maison rustique t. 1, p. 309); 1801 chou-vache (Annales de l'agriculture fr., IX, p. 96 ds Quem. DDL t. 21); 1840 arbre-vache (A. Joanne et Old Nick, trad.: Cooley, Hist. gén. des voy., p. 225, ibid., t. 15); β ) zool. 1558 vache de mer (L. Joubert, trad. de G. Rondelet, Histoire entière des poissons d'apr. FEW t. 14, p. 102a); 1615 vache marine (A. de Montchrestien, Traicté Œconomie politique, p. 325); 2. a) 1285 « cuir fait avec la peau de la vache » (Rutebeuf, Les Plaies du monde ds Œuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 380, 72: vint paire de sollers de vache); b) 1781 « panier revêtu de cuir, qu'on plaçait sur les voitures de voyage » (Carmontelle, L'Uniforme de campagne, in Recueil gén. des proverbes dramatiques, VI, p. 250 ds Quem. DDL t. 25); 3. empl. techn. a) 1491 vacque « sorte de grue » (Compte des fortifications, 16eSomme de mises, Arch. Tournai ds Gdf.); 1590 « nom d'une pièce du canon » (Brantôme, Cap. fr., 144 [éd. 1666] ds La Curne); 1690 terme d'imprimeur « cordes qui arrêtent le train de la presse » (Fur.); 1751 terme de chasse vache artificielle « machine de la forme d'une vache qui sert à la chasse aux perdrix » (Dict. universel d'agriculture et de jardinage d'apr. FEW t. 14, p. 102b); 1872 terme de métall. « branloire d'un soufflet » (Littré); d'où 1878 tirer la vache (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 340); 1933 « déchet provenant d'un morceau de bois » (Lar. 20e); b) 1859 terme de mar. joues ou demi-joues de vache « demi-caisses de poulies » (Bonn.-Paris); id. nœuds de vache « nœud plat que l'on utilise pour réunir deux filins qui doivent être facilement dénoués » (ibid.); 1867 côtes de vache « travaux que l'on place sous les entretoises pour faciliter le hourdis du plancher » (Ch. Garnier, Monit. univ., 10 août, p. 1093, 2ecol. ds Littré); 1881 corne de vache « voussure employée pour évaser l'ouverture d'un tunnel ou d'une arche de pont » (Chabat); 4. a) 1589 terme de danse ru de vache (Tabourot, Orchesographie, fo46c ds Gdf., s.v. ru); b) 1694 terme de manège ruer en vache (Ac.); 5. 1605 vache à colas « protestant » (L'Estoile, Journal, éd. A. Martin, sept., p. 172). B. 1. a) 1619 « femme grasse et laide » (Claude d'Esternod, L'Espadon satyrique, p. 73); b) 1866 « femme ou fille de mauvaises mœurs » (Delvau, p. 391); 2. a) 1690 « personne lâche, fainéante, poltronne » (Fur.); b) 1866 « homme sans courage, avachi » (Delvau, p. 391); 1877 faire la vache « paresser » (Zola, Assommoir, p. 489); 3. 1844 « agent de police » mort aux vaches (Documents litt., II, 203 d'apr. Sain. Sources Arg. t. 2, p. 464); 4. 1891 exclam. la vache (Méténier, Lutte pour amour, p. 187); 5. 1900 « personne méchante » (Mirbeau, Journal femme ch., p. 90); 1901 agir en vache (Bruant, p. 312). II. Empl. adj. 1. 1866 « mou, sans consistance » (Flaub., Corresp., p. 231); d'où 1887 faire vache « faire chaud » (Hogier-Grison, Monde où l'on vole, p. 296); 2. 1880 « méchant, sévère » (d'apr. Esn. 1966); 1881 (Méténier, op. cit., p. 92); 3. 1925 « admirable » (Arts d'apr. Esn. 1966). Du lat. vacca « vache ». Pour l'orig. de I A 5 c vache à colas, on se réfère habituellement à l'anecdote rapportée par L'Estoile dans son Journal, loc. cit., selon laquelle les Huguenots avaient tué et mangé une vache d'un nommé Colas Panier, égarée dans un temple protestant; ce qui donna naissance à la Chanson de Colas, et au sobriquet vache à Colas que catholiques et protestants s'appliquèrent mutuellement, mais qui, en définitive qualifia ces derniers (v. Littré, s.v. vache; FEW t. 7, p. 111, s.v. Nicolaus). La loc. parler comme une vache espagnole est peut-être favorisée par le bétacisme gasc. et esp. (b et v sont prononcés v entre voy. et b à l'init. après cons.) d'où corruption de basque* (du lat. vasco): le fait que les Basques se partagent entre l'Espagne et la France et la présence à Paris au xviies. de valets basques aurait entraîné la loc. parler français comme un ou une Basque espagnol(e) (v. Littré, s.v. vache; FEW t. 14, p. 105, note 4; K. Baldinger, Influence de la langue sur la pensée ds R. Ling. rom. t. 37, p. 251). Fréq. abs. littér.: 2 084. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 529, b) 2 572; xxes.: a) 4 410, b) 3 526.
DÉR.
Vacher (se), verbe,fam. a) Empl. intrans., vx. Paresser, flemmarder, fainéanter, se coucher comme une vache. Dans la forêt, on le voyait étendu, étalé (...) Il « vachait »,comme il disaitavec l'expression crapuleuse qui peint ces félicités retournant à la brute (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 29).Part. passé d'un verbe trans. non att. dans la docum. Les soirées passées au théâtre, les matinées vachées au lit à lire des romans (Richepin, Flamboche, 1895, p. 73).b) Empl. pronom., aéron. [Le suj. désigne un planeur, un ULM] Faire un atterrissage forcé en pleine nature. P. anal. [Le suj. désigne un parachutiste] [Hubert de Chevigny] a tenu par -40oune visibilité quasi nulle et s'est « vaché » en souplesse sur des bouts de tôle ondulée pris dans la glace (Le Figaro Magazine, 17 oct. 1987, p. 232). [vaʃe]. (Il) (se) vache [vaʃ]. 1resattest. a) 1859 « être sans énergie » (Goncourt, Journal, p. 629), b) 1987 aéron. (Le Figaro Magazine, loc. cit.); dér. sav. dés. -er a) de vache B 2, b) prob. formé à partir de l'expr. faire une vache, aller aux vaches « atterrir dans la nature » (Touring Plein Air, 15 janv. 1972 ds Petiot 1982).
BBG.Brinkmann (Fr.). Metapherstudien Das Rind. Arch. St. n. Spr. 1876, t. 55, pp. 350-352. − Gebhardt (K.). Les Francoprovençalismes de la lang. fr. R. Ling. rom. 1974, t. 38, p. 187. − Guill. Orig. gourmande 1986, p. 265. − Ménage Fr. mod. 1934, t. 2, pp. 71-73. − Quem. DDL t. 18 (s.v. vache à lait), 27, 38. − Spitzer (L.). À propos de vache type. Fr. mod. 1934, t. 2, pp. 161-162.

Wiktionnaire

Nom commun

vache \vaʃ\ féminin (pour un animal mâle, voir taureau et bœuf)

  1. (Élevage) Bovidé domestique ruminant, femelle du taureau.
    • La pénombre le dissimulait, la rumeur sourde des vaches qui ruminaient dominait le bruit de sa respiration précipitée. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, 1921)
    • On n’entend jamais, en traversant un village, le beuglement d’une vache, le bêlement d’une brebis. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Monsieur le juge, comment serait-il possible que je possédasse une vache tachetée ou pas tachetée, n’ayant ni étable pour la loger, ni champ pour la nourrir. — (Octave Mirbeau, La vache tachetée, 1918)
    1. Viande de cet animal, plus communément appelé bœuf.
      • Nous sommes assis […] au bord d'une rivière, à manger un morceau de vache. — (Erckmann-Chatrian, Conscrit de 1813, 1864)
      • Manger de la vache enragée.
    2. Cuir de cet animal, plus communément appelé vachette.
      • Trousse toilette en vache grainée.
      1. Cartable, malle en cuir de vache.
        • J'ai oublié ma vache sur ma meule, j'ai oublié mon cartable sur ma mobylette.
  2. (Par analogie avec les qualités paisible, nourricière ou simplement animale des vaches)
    1. Femme bien en chair, à forte poitrine.
      • Dès le matin, la bataille commençait. − Tiens ! la grosse vache est levée ! criait la belle Normande. — (Émile Zola, Le Ventre de Paris, 1873)
    2. Femme facile.
      • Oui, toutes les deux, des vaches, des salopes !… Voulez-vous savoir ? Je couche avec les deux ! — (Émile Zola, La Terre, 1887)
    3. Personne sans courage, molle, avachie, aussi dit vachard.
      • Je suis devenu très timide, très paresseux, une vache stérile, une brute. — (Gustave Flaubert)
    4. Brute, personne très méchante, salaud.
      • Le fameux copain dont je parle est en réalité le plus beau salaud que la terre ait jamais porté : la vache finie, voleur, menteur, égoïste, la saloperie incarnée. — (Jean Giono, Les Grands chemins, 1951)
      • Ah les salauds, s'écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi. — (Raymond Queneau, Zazie, 1959)
      • Peau de vache.
    5. Policier.
      • Mort aux vaches !
      • Des agents cyclistes arrivaient par pelotons. Pluche brailla : − Voilà les vaches à roulettes : Louise le fit taire. — (Eugène Dabit, Hôtel du Nord, 1929)
    6. Mot intensif.
      • On s'est tapé un vache de gueuleton.
  3. (Alpinisme) Courte pièce de corde utilisé pour s'attacher en falaise.
    • Les parois, la voûte de biais, fendue, creusée comme de coupoles, les vaches de failles au fond, les puits, les nids-de-poule, tu crois que ça s'arrête mais y a toujours un bout de bulbe en plus, des bosses, une creusure. — (Alain Damasio, Les Furtifs, 2019)
  4. Armoiries avec une vache (sens héraldique)
    (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée passante, avec des pis et la queue placée le long du flanc contrairement au taureau qui l’a au-dessus du dos et du bœuf qui l’a pendante ou entre les pattes. À rapprocher de bison, bœuf, buffle et taureau.
    • De gueules à une montagne d’or mouvant d’une rivière d’azur, surmontée d’une vache d’argent colletée, clarinée et onglée d’or, qui est d’Armentières-en-Brie → voir illustration « armoiries avec une vache »
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Littré (1872-1877)

VACHE (va-ch') s. f.
  • 1La femelle du taureau. Traire les vaches. Le roi revient aujourd'hui à la Fère… au moins, si l'on n'a pas pris beaucoup de villes, on a bien tué des vaches et des poules à de pauvres gens qui sont innocents, Patin, Lett. t. II, p. 197. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est [le cochon vendu], une vache et son veau ? La Fontaine, Fabl. VII, 10. La vache est à dix-huit mois en pleine puberté, et le taureau à deux ans, Buffon, Quadrup. t. I, p. 197. On dit que les vaches noires sont celles qui donnent le meilleur lait, et que les blanches sont celles qui en donnent le plus, Buffon, ib. t. I, p. 214. Un paysan suisse qui se croyait le plus riche des hommes, et à qui l'on tâchait d'expliquer ce que c'était qu'un roi, demandait d'un air fier si le roi pourrait bien avoir cent vaches à la montagne, Rousseau, Ém. IV.

    Fig. Voir vaches noires en bois brûlé, se forger d'agréables chimères, comme un vacher qui, se chauffant au feu, y croit voir des vaches noires qui sont réputées les meilleures (locution vieillie).

    Fig. Chercher vache noire en bois brûlé, chercher une chose impossible ou très difficile à trouver (locution vieillie).

    Vache laitière, vache beurrière, vache fromagère, vache nourrie à l'effet d'en tirer du lait, du beurre, du fromage.

    On disait que les soldats couraient la vache, quand ils allaient à la picorée, à la maraude.

    Ranz des vaches, voy. RANZ.

    Roux comme une vache, très roux.

    Poil de vache, poil roux.

    Vache rousse, vache dont le sacrifice était ordonné aux Juifs, afin de faire de ses cendres une eau d'expiation destinée à purifier ceux qui seraient souillés par l'attouchement d'un mort.

    Les sept vaches grasses et les sept vaches maigres, vaches grasses et maigres que le roi d'Égypte vit en songe, et qui, d'après l'interprétation de Joseph, annoncèrent sept années d'abondance et sept années de disette.

    Populairement, pleurer comme une vache, pleurer abondamment. Qu'il tremble de peur comme un lâche ; Qu'il en pleure comme une vache, Scarron, Virg. IV.

    Fig La vache est à nous, nous avons gagné, nous sommes les maîtres, nous sommes sûrs de réussir. S'il ne tient qu'à battre, la vache est à nous, Molière, Méd. malgré lui, I, 5.

    Porter à la vache morte, se dit dans un jeu d'enfants, quand on porte quelqu'un sur son dos avec la tête pendante en bas.

    Terme de manége. Ce cheval rue en vache, il rue du pied de derrière en le jetant en avant, comme s'il voulait se frapper le ventre.

    Se coucher en vache, se dit d'un cheval qui appuie le coude sur la partie de dedans.

  • 2Se dit, par extension, de la chair même de l'animal préparée pour servir d'aliment. Les Indiens haïssent les mahométans parce qu'ils mangent de la vache ; les mahométans détestent les Indiens parce qu'ils mangent du cochon, Montesquieu, Esp. XXIV, 22.

    Fig. Il mangera de la vache enragée, il sera réduit à manger même de la viande d'une vache mordue et devenue enragée, il éprouvera beaucoup de privations et de fatigues. Nous avons voyagé ensemble et mangé de la vache enragée, Lesage, Guzm. d'Alf. v, 1.

  • 3Le plancher des vaches, la terre, par opposition à l'eau, à la mer. Il n'est rien tel, rien de tel que le plancher des vaches. Loin du benoît plancher des vaches, Scarron, Virg. v.

    Le pavé des vaches, même sens. Il verra M. de Seignelai dans son bord, M. le maréchal d'Estrées sur le pavé des vaches à Brest, Sévigné, 30 juill. 1689.

  • 4 Fig. et familièrement. Parler français comme une vache espagnole, parler très mal français.

    En ce sens, vache est, dit-on, une corruption de basque (dont un ancien nom est vace). Comme il y a des Basques en Espagne et d'autres en France, on a dit d'abord : Parler français comme un Basque espagnol ou comme une Basque espagnole, Legoarant

  • 5Vache à lait, vache à laquelle on a enlevé son veau, et dont le lait est employé pour les besoins de l'homme.

    Figurément et familièrement, vache à lait, se dit d'une personne et, par extension, d'une chose dont on tire un profit continuel. Cette affaire est une vache à lait pour ce procureur. Ce monsieur Fleurant-là et ce monsieur Purgon s'égaient bien sur votre corps ; ils ont en vous une bonne vache à lait, Molière, Mal. im. I, 2. Cet homme-là fait de vous une vache à lait, Molière, Bourg. gent. III, 4. Un homme riche est toujours gracieusé des grands, quand il se rend leur vache à lait, Lesage, Diable boit. 19. Je jugeai par là que le public était une bonne vache à lait qui se laissait aisément traire, Lesage, Gil Bl. VII, 13.

  • 6Bassement et par moquerie. C'est une vache, une vraie vache, une grosse vache, se dit d'une femme qui a trop d'embonpoint.

    Elle devient vache, elle prend trop d'embonpoint.

  • 7Se dit aussi d'une nourrice qui a beaucoup de lait. Elle a du lait comme une vache. C'est une vraie vache. Ce fut un plaisir de la voir téter ; elle n'avait jamais tété de cette sorte ; sa nourrice avait peu de lait ; celle-ci en a comme une vache, Sévigné, 8 avril 1671.
  • 8Peau de vache corroyée et dont on fait des chaussures, des harnais, etc. Des souliers de vache. Vache d'Angleterre. Vache de Russie. Vache de pays.

    Vache à grain, cuir de vache dont la superficie est devenue grenue par l'effet de différents apprêts.

    Souliers de vache retournée, souliers faits avec de la peau de vache dont a mis en dehors le côté qu'on a coutume de mettre en dedans.

  • 9 Par dénigrement, la vache à Colas, le protestantisme. Il est de la vache à Colas.
  • 10Panier revêtu de cuir, qu'on place sur les voitures de voyage et qui a les dimensions de l'impériale. Mettre des habits dans la vache.

    On donne quelquefois le nom de vache au seul couvercle de cuir qui ferme le grand coffre de l'impériale.

  • 11 Terme de marine. Placer un canon en vache, le serrer le long du bord du bâtiment.

    Nœud de vache, nœud plat qui se trouve manqué.

  • 12Dans les salines, pile ou meulon de sel.
  • 13Vache ou biche de Barbarie, l'antilope bubale.

    Vache blanche, l'antilope cervicapre.

    Vache grognante ou de Tartarie, le yak.

    Vache marine, le morse, le lamantin, le dugong.

  • 14Dans les Vosges, vache, nom vulgaire de l'agaric lactiflue doré de Hoffmann, et vache blanche, nom vulgaire de l'agaric poivré.
  • 15Vache est le nom spécifique d'un insecte coléoptère, l'anthophage vache.

    Vache à Dieu ou bête à bon Dieu, la coccinelle.

  • 16Les marchands appellent vache le triton fémoral et la turbinelle rhinocéros, laquelle est dite aussi rhinocéros (mollusques).
  • 17 En termes d'imprimerie, les vaches, les cordes qui arrêtent le train de la presse ; elles s'arrêtent au coffre et à l'assemblage de derrière.
  • 18 Terme de chasse. Vache artificielle, machine qui sert à la chasse aux perdrix.
  • 19 Terme rural. Cadre en bois servant au battage des grains.
  • 20 Terme de métallurgie. Branloire d'un soufflet.
  • 21Blé des vaches, mélampyre.

    Arbre à vache, le galactodendrum.

  • 22Côtes de vache. Ils [les fers fendus] se vendent communément en hottes, et servent à des travaux grossiers, tels que fantons et côtes de vache, que l'on place sur les entretoises afin de faciliter le hourdis du plancher, Ch. Garnier, Monit. univ. 10 août 1867, p. 1093, 2e col.

PROVERBES

Quand chacun fait son métier, se mêle de son métier, les vaches sont bien gardées, toutes choses vont bien lorsque chacun ne se mêle que de ce qu'il doit faire.

Bonhomme, garde ta vache, se dit pour avertir quelqu'un de prendre garde qu'on ne le trompe, ou pour le railler de ce qu'il s'est laissé attraper.

Il a pris, il a eu la vache et le veau, se dit d'un homme qui a épousé une femme grosse d'un enfant dont il n'est pas le père.

Le diable est aux vaches, le diable est bien aux vaches, il y a du vacarme, du désordre, de la brouillerie.

C'est le grand chemin des vaches, se dit pour exprimer qu'une chose est connue, publique, commune.

La vache a bon pied, se disait chez les sergents et les procureurs, quand ils avaient fait une saisie dans une maison où il y avait moyen de payer.

Il est sorcier comme une vache, il n'y a point de sortilège, d'habileté dans ce qu'il fait.

Une vache ne sait que lui vaut sa queue, jusqu'à ce qu'elle l'ait perdue.

Il viendra un temps où les vaches auront affaire de leur queue, on peut avoir besoin quelque jour de ceux qu'on néglige.

Aussitôt meurt veau que vache, les jeunes sont comme les vieux exposés à mourir.

Il mourrait plutôt la vache d'un pauvre homme, se dit d'une personne peu recommandable qui est revenue d'une maladie grave.

Il est bon à vendre vache foireuse, se dit d'un homme qui dit sans rire et sérieusement des choses plaisantes.

Qui mange la vache du roi, à cent ans de là en paye les os.

REMARQUE

La vache à Colas. On prétend que, au village de Bionne près Orléans, il y avait un prêche, qu'un jour la vache d'un nommé Colas Pannier y entra et fut tuée et mangée par les calvinistes. De là procès et condamnation des huguenots à payer le prix de la vache, Vasse, le Légat [legs] de la vache à Colas, p. 8. L'aventure passa en dicton ; les catholiques et les protestants se l'appliquèrent. Les protestants rejetèrent la vache à Colas sur les catholiques, comme on le voit par le titre de cette chanson : Chanson fausse [mensongère] faite par un certain calomniateur touchant la vache à Colas, laquelle il dit avoir été massacrée par les huguenots dans leur prêche, Vasse, ib. p. 2. Dans le Légat de la vache à Colas, qui est une satire protestante, la vache à Colas est catholique : Pour solennellement Faire mes funérailles, Je laisse entièrement Mes boudins et tripailles Au clergé de la France, Dont on fait si grand cas, Pour avoir souvenance De la vache à Colas, Vasse, ib. p. 30. Mais définitivement les catholiques l'emportèrent dans le dicton, et la vache à Colas est restée l'appellation des protestants. L'Estoile, Journ. du règne de Henri IV, nous apprend, septembre 1605, que, le 10 de ce mois, il fut défendu, sur peine de la hart, de chanter à Paris la chanson de Colas, à cause des grandes querelles qui en arrivaient tous les jours.

HISTORIQUE

XIIe s. Ne remist [resta] buef ne vache ne chapuns ne geline…, Th. le mart. 120.

XIIIe s. Tuit li menestrel audit mestier peut ouvrer de vache ou de buef, et de cheval, et de ane et de veel, Liv. des mét. 164. Vingt paires de sollers de vache, Rutebeuf, 229. Ne jamais nuns ne s'entremete De bareteir, que il ne sache Que baraz li rendra la vache, Rutebeuf, 287.

XIVe s. Si vault donc mielx les assaillir, En assaillant tretouz mourir, Que com vaches cy nous estandre, Liv. du bon Jeh. 2332.

XVe s. Lesquelz se prindrent à jouer aux vaches, au plus de blanches ou de noires, Du Cange, vacca. Je veuil avoir mon enfant ; vostre maistre aura la vache, mais j'aurai le veau, Louis XI, Nouv. XXII.

XVIe s. Par dieu, Panurge le veau, Panurge le plourart, Panurge le criart, tu feroys beaucoup mieulx nous aydant ici que là plourant comme une vache, Rabelais, IV, 19. Une vache avec un pet en abatroit plus de six brasses [des murs de Paris], Rabelais, II, 15. Ladite platte forme sert pour mettre de grands monceaux de sel qu'ils appellent vaches de sel, Palissy, 253. Les moutons d'or de France, la vache de Foix, la toison d'or d'Espagne, monnoies qu'on void encores de nos ancestres, De Serres, 258. Les bœufs de labourage paistront avec les vaches brehaignes ; les vaches pleines seront separées d'avec celles à laict, De Serres, 281. Qui se mesle de autruy mestier, il trait sa vache en un panier, Cotgrave Qui ne retire de sa vache que la queue ne perd pas tout, Cotgrave Il est advis à vieille vache qu'elle ne fut oncques veau, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 204. Ouaille cornue et vache pançue, ne la change et ne mue, Leroux de Lincy, ib. Ru de vache, certain mouvement de jambe dans les danses du VIe siècle.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VACHE. Ajoutez :
23 Terme de concours. Vache de bande, vache choisie parmi cinq ou six bêtes déjà choisies comme une élite. Les vaches de bande achetées pour Paris sont choisies parmi les plus belles espèces des provenances auxquelles appartiennent les meilleurs bœufs, A. Husson, les Consommations de Paris, p. 137.
24 Dans le quartier de Cette, nom d'un filet traînant pour la pêche, Statistique des pêches maritimes, 1874, p. 115.
25 Fig. et populairement. Etre vache, n'être qu'une vache, être mou, paresseux.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VACHE, s. f. (Hist. nat.) vacca, c’est la femelle d’un taureau. Voyez Taureau.

Vache, (Diete & Mat. méd) il n’y a que les paysans & les gens du peuple qui mangent la chair de la vache au-lieu de celle du bœuf : la premiere est communément plus dure, plus maigre, & par conséquent plus seche ; cependant les bouchers en vendent quelquefois pour du bœuf, même à Paris ; & comme ils ont soin de choisir des vaches jeunes & grasses, peu de personnes s’apperçoivent de la fraude qui dès-lors devient indifférente. Voyez Bœuf.

La vache est proprement un objet médecinal en ce qu’elle fournit un aliment médicamenteux qui tient un rang distingué parmi les secours médecinaux ; savoir, son lait qui a aussi mérité à ce titre un article particulier. Voyez Lait, Chimie, Diete & Mat. méd. Secondement, par un remede assez bisarre qu’on retire de sa fiente en la distillant au bain-marie, & qui est connu sous le nom d’eau de mille fleurs, qui passe dans l’usage intérieur pour un antipleurétique excellent, & pour un bon diurétique, & même litontriptique, & dans l’usage extérieur pour un excellent cosmétique : au reste, c’est-là un remede fort propre & fort élégant en comparaison du suc même de la fiente de vache récente, que les paysans avalent dans quelques contrées pour se guerir des fievres, & qu’Ettmuller recommande non-seulement pour cet usage, mais même contre la pleurésie, appliquée extérieurement en guise de cataplasme : elle passe pour un très-bon remede contre les brûlures, contre les douleurs des membres, les tumeurs œdémateuses, &c.

L’urine de vache récente & fournie surtout par une vache noire, a été aussi un remede interne contre l’hydropisie, la goutte & la paralysie, qui a été connue aussi sous le nom d’eau de mille fleurs ; Jean Becler observe dans sa continuation de la cynosure d’Herman, que la manie pour ce remede ridicule qu’il avoit vu très en vogue dans son pays, ne dura pas long-tems, parce que ce remede purgeoit jusqu’au sang, & abattoit considérablement les forces, ce que la plupart des sujets ne pouvoient supporter. (b)

Vache rousse, (Critiq. sacrée.) la vache rousse, ou la genisse rousse, étoit la victime d’expiation pour les impuretés que les Juifs contractoient par la présence ou l’attouchement d’un mort. On prenoit une génisse sans défaut, & qui n’avoit point porté le joug. On la livroit au grand-prêtre, qui l’immoloit hors du camp en présence de tout le peuple. Il trempoit son doigt dans le sang de l’animal, & en faisoit sept fois l’aspersion contre le devant du tabernacle ; ensuite on brûloit la génisse toute entiere. Le grand-prêtre jettoit dans le feu du bois de cedre, de l’hyssope, & de l’écarlate teinte deux fois. Un homme recueilloit les cendres de la génisse, & les portoit dans un lieu pur hors du camp ; ensuite on les mettoit en réserve pour l’assemblée des enfans d’Israël, afin qu’ils en fissent de l’eau d’expiation pour se purifier des impuretés légales : tout cela fut ordonné par Moïse, & est détaillé dans le livre des nombres, xix. vers. 2. 6. & 9.

Il n’y avoit que le grand-prêtre qui eût droit d’offrir le sacrifice de la vache rousse ; mais tout israëlite, pourvu qu’il fût pur, pouvoit faire les aspersions de la cendre mêlée avec de l’eau, parce qu’il auroit été trop incommode de venir au temple, pour expier une impureté que la mort des proches pouvoit rendre très-fréquente. (D. J.)

Vache, (Corroyeur.) de tous les animaux qui sont sur la terre, il n’y en a guere dont les hommes tirent plus d’utilité que de la vache ; car indépendamment des veaux qu’elle produit, sa chair, son lait, ses cornes, ses os, sa graisse, son poil & sa peau, sont d’usage soit pour la nourriture de l’homme, soit pour le commerce.

Les peaux de vache qu’on appelle cuirs, se vendent en poil, vertes, salées ou seches, & sans poil, tannées, passées en coudrement ou en croutes, courroyées ou apprêtées de diverses façons qu’on trouvera expliquées dans les article Cuir, Peau, Tanner & Courroyeur.

Le long poil de la queue des vaches fournit aux selliers une partie du crin qu’ils emploient, & le poil court dont toute la peau de la vache est couverte, sert à rembourer les selles des chevaux, les bâts des mulets, &c.

Vache-dure, (Corroyerie.) c’est une peau de vache où le corroyeur n’a mis du suif que du côté de la fleur, & n’a mis ni suif, ni huile du côté de la chair. (D. J.)

Vache de Russie, (Corroyerie.) sorte de cuir, ou peau de vache qui vient toute aprêtée de Moscovie, où elle se prépare d’une maniere toute particuliere, qui n’est guere connue que de ceux qui s’en mêlent dans le pays. Savary.

Vache en grain, (Tannerie.) peau ou cuir de vache, dont la superficie est devenue grenue par les différens apprêts qu’on lui a donnés, & dont on fait les empeignes des souliers. (D. J.)

Vache de sel, (Saline.) on appelle vache de sel en Poitou, ces monceaux de plusieurs milliers de muids de sel, qu’on éleve en forme de meule de foin, pour achever de le sécher, en attendant la vente.

Vaches, terme d’Imprimerie ; ce sont les cordes qui tiennent au berceau & au train de derriere d’une presse : elles assurent l’endroit jusqu’où doit aller le coffre sur le derriere, & empêchent qu’il ne recule plus qu’il ne faut. Voyez les Pl. & les fig. de l’Imprimerie.

Vache artificielle, (Chasse.) c’est la toile faite en forme de vache, dont on se sert pour approcher les canards, & dont se servent aussi ceux qui chassent à la tonnelle.

Vache de Barbarie, (Hist. nat. Ichthiolog.) on a donné ce nom dans les mémoires pour servir à l’hist. nat. des anim. dressés par M. Perrault, à un animal à-peu-près de la grandeur d’une vache, & d’un poil roux, un peu plus court que celui des vaches, presqu’aussi gros vers la pointe que vers la racine, & de couleur plus foncée vers la racine que vers la pointe. Cette vache de Barbarie ressemble plus au cerf qu’à la vache par l’habitude du corps, par les jambes & par l’encolure. Les cornes sont de même nature que celles de la vache, mais elles en different par plusieurs caracteres ; elles prennent leur naissance fort près l’une de l’autre ; elles sont longues d’un pié, fort grosses, recourbées en arriere, noires & torses, comme une vis. La queue est courte & terminée par un bouquet de crins longs de trois pouces ; les yeux sont placés si près des cornes, que la tête paroît n’avoir presque point de front. Cet animal n’a que deux mamellons. Les épaules sont fort élevées, & forment une bosse entre l’extrémité du col & le commencement du dos : il y a une callosité au bas du sternum. On a présumé que cette vache de Barbarie a plus de rapport au bubale des anciens, qu’au petit bœuf d’Afrique. Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux.

Vache marine ou Bête a la grand-dent, odobenus, animal amphibie qui a beaucoup de rapport au lamantin & au veau-de-mer, sur-tout pour la forme du corps & des piés, &c. Voyez Lamantin. La vache-marine a la tête grosse & écrasée sur le devant, le museau entouré de gros poils, & la peau épaisse de près d’un pouce, & couverte d’un poil court, ferme, & de couleur brune-jaunâtre. Les oreilles ne sont apparentes à l’extérieur que par un orifice qui se trouve de chaque côté de la tête. Il y a huit dents molaires à chaque mâchoire, & deux grandes dents canines à la mâchoire supérieure, recourbées en-bas, & longues de deux piés : l’animal s’en sert pour sa défense, & pour traîner différentes choses sur la glace & sur les rivages, car il ne peut pas rester long-tems dans l’eau. La vache-marine est un animal du Nord, elle a jusqu’à seize piés de longueur, & huit piés de circonférence. Voyez Brisson, reg. anim. p. 48.

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Étymologie de « vache »

Picard, vake ; wallon, vag ; Berry, ah ! il a eu nouvelles de ses vaches, se dit d'une personne qui est prise tout à coup de gaieté ; prov. et esp. vaca ; ital. vacca ; du latin vacca, vache ; sanscrit vaçā, vache, rattaché au védique, vāçati, mugir.

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(XIIe siècle) Du latin vacca (même sens).
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Phonétique du mot « vache »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vache vaʃ

Citations contenant le mot « vache »

  • Sauver la France ? Sauver la France ? Et qui gardera mes vaches pendant ce temps-là ? Jean Anouilh, L'Alouette, le père , La Table Ronde
  • […] Chacun son métier, Les vaches seront bien gardées. Jean-Pierre Claris de Florian, Fables, le Vacher et le Garde-Chasse
  • Ce disant, [Gargantua] pleurait comme une vache, mais tout soudain riait comme un veau. François Rabelais, Pantagruel, 3
  • Il faut flatter la vache avant de la traire. De Proverbe arabe
  • Tout ce qui a trait à la vache m’émeut. De Vincent Roca / Les Vaches pensent
  • La vache la première au pré, lèche toute la rosée. De Proverbe français
  • La vache connaît son berger, mais pas son propriétaire. De Proverbe amharique
  • Quand la vache perd sa queue, Dieu balaie les mouches. De Proverbe créole
  • Cowbaye : gardien de vache à l'essai. De Jean-Loup Chiflet / Le Cafard laqué
  • Le vedettariat, c’est bidon. Vous mettez une vache à la télé, c’est la vache la plus célèbre. De Michel Drucker / Libération - 16 Juin 2000
  • Beauté de la littérature. Je perds une vache. J'écris sa mort et ça me rapporte de quoi acheter une autre vache. De Jules Renard
  • La vache n’est pas la femelle du boeuf. La vache est la femelle du taureau. La femelle du boeuf, c’est la charrue. De François Cavanna / Le saviez-vous ?
  • Si on te promet une vache, cours vite chercher la corde. De Proverbe français
  • Celui qui n'a ni vache, ni veau, dort bien. De Proverbe indien
  • La vache a deux estomacs : un pour tout de suite, un pour plus tard. De Bernard Haller
  • Combien faut-il de traites de la vache pour payer la traite du tracteur ? De Philippe Bouvard
  • Vendredi soir, Il a fallu plus de quatre heures à près d’une dizaine de pompiers pour sortir une vache tombée dans un puits d’une profondeur de deux mètres. petitbleu.fr, Une vache tombée dans un puits sauvée par les pompiers - petitbleu.fr
  • Ce dernier était situé à côté d’une stabulation ainsi qu’à une salle de traite, les pompiers de l’unité du risque animalier ont été appelés en renfort afin de mener plusieurs opérations, avec une soixantaine de vaches et une vingtaine de jeunes exposés à de fortes chaleurs et à l’émanation de fumées. ladepeche.fr, Départ de feu en Lot-et-Garonne : soixante vaches sécurisées et la naissance d’un petit veau assurée - ladepeche.fr
  • Pourtant, l’éleveur de vaches n’entretient pas régulièrement de liens avec ses clients. Et pour cause, sa production principale est le lait, issu de nombreuses heures de travail avec ses 70 vaches de race holstein. Qui plus est, il fait l’objet d’un processus qui ne permet pas une relation avec les clients. « Chaque vache donne entre 28 et 30 litres de lait par jour, soit 630 000 litres par an. Je livre tout à une coopérative. Avec, ils font du beurre, de la poudre de lait, des yaourts, explique l’agriculteur. Quand on ne transforme pas soi-même, c’est quasiment impossible de changer de coopérative, poursuit Damien Hervieux. On est mariés pour le meilleur et pour le pire avec... » L’entente doit donc se maintenir, quelles que soient les circonstances. « Depuis la fin des quotas laitiers en 2015, le milieu n’est pas stable. On peut certes produire plus, ce qui rend mon système de production plus rentable, mais cela entraîne aussi une surproduction et donc une crise du lait. » Autant de conséquences qui « freinent les projets », poursuit l’éleveur, accompagné au quotidien d’une salariée et d’un apprenti. www.paris-normandie.fr, Dans la peau de Damien Hervieux, éleveur de vaches laitières à Vibeuf
  • Tous les yaourts et les fromages sont-ils équivalents pour la santé ? Non, loin de là !, estime le docteur Réginald Allouche, médecin et ingénieur biomédical, auteur de « La méthode anti-diabète » (éd. Flammarion) et « La méthode hépato-détox » (éd. Albin Michel). Selon ce spécialiste, les produits à base de lait de vache font souvent beaucoup plus de mal que de bien. leparisien.fr, Lait de vache, chèvre ou brebis : quel est le meilleur pour la santé ? - Le Parisien
  • Le 14 juin dernier, Olga, une vache naine de race aubrac et ses deux comparses, deux moutons noirs (des soays), se sont enfuis de la ferme pédagogique qui les accueillait, à Ampuis, dans le sud du Rhône. Après des semaines de cavale dans le sud du département, le propriétaire a pu intercepter les deux moutons, retrouvés respectivement le 7 et 21 juillet dernier indique Le Progrès. Mais Olga restait introuvable. Lyon Capitale, Insolite : après un mois de cavale, la vache Olga a enfin retrouvé son propriétaire
  • Les vaches, on les aperçoit dans les prairies la saison de pâturage venue ! En Normandie, la race Normande, localisée principalement dans le Grand-Ouest, est d’ailleurs la troisième race bovine laitière, en terme d’effectifs en France, selon ce site spécialisé. Son lait, particulièrement riche, contribue au succès des fromages les plus célèbres du territoire comme le Camembert de Normandie, le Neufchâtel ou encore le Livarot. , QUIZ. Blonde, caille... Saurez-vous reconnaître les véritables vaches de race normande ? | 76actu
  • Sans elles, il n’y aurait ni lait, ni fromage, ni chocolat. Nos plaines seraient étrangement vides et le tintement des cloches manquerait à nos esgourdes. Heureusement, les vaches existent en format de poche Le Temps, La vache en bois, cet animal totem - Le Temps

Traductions du mot « vache »

Langue Traduction
Anglais cow
Espagnol vaca
Italien mucca
Allemand kuh
Chinois
Arabe بقرة
Portugais vaca
Russe корова
Japonais
Basque behi
Corse vacca
Source : Google Translate API

Synonymes de « vache »

Source : synonymes de vache sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vache »

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