Veau : définition de veau


Veau : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VEAU, subst. masc.

A. −
1. ZOOL. Petit de la vache (mâle ou femelle) avant son sevrage à un an. Le veau beugle, meugle, tète sa mère; veau mort-né. Quatre veaux broutaient l'herbe bien verte sous l'abri des arbres (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Abandonné, 1884, p. 470).V. bœuf ex. 1.
Rem. Après un an le veau femelle s'appelle génisse et le mâle, bouvillon ou taurillon.
ÉLEV. Veau de boucherie, d'élevage; veau fermier; veau (élevé) sous la mère; veau de rivière (v. ce mot II A 1). Veau de lait. Veau élevé principalement au lait de vache. La petite fille, une main au cou d'un veau de lait attaché au râtelier, ignorant s'il tétait encore ou non, lui offrait de l'autre une poignée d'herbe (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p. 173).
2. Expr. et loc.
a) P. compar., fam.
Pleurer* comme un veau. Var. brailler (pop.), chialer comme un veau (fam.).
Être étendu comme un veau. Être vautré. Synon. être avachi.Il est étendu comme un veau sur son lit, et pleure comme une Madeleine (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 113).
Saigner comme un veau. Saigner abondamment (comme un veau à l'abattoir). L'embêtant, c'est que je saigne comme un veau (Malraux, Conquér., 1928, p. 141).
b) Loc. nom., fam.
Yeux de veau. Gros yeux globuleux et inexpressifs. Les paupières de Lucien battirent trois fois sur ses bons yeux de veau (H. Bazin, Huile sur feu, 1954, p. 200).
Tête, air, figure... de veau. [Pour qualifier un visage épais aux traits inexpressifs] C'est une tête de veau sur un corps de porc (Balzac, Goriot, 1835, p. 198).P. méton. « Pourquoi, le savez-vous, m'a-t-elle amené sa tête de veau? » Elle parlait du mari, qui a de très grandes prétentions physiques (Goncourt, Journal, 1878, p. 1261).
En interj. [Terme d'injure] Le Cocher: Paquet!... Outil!... Tête de veau! La Brige, qui, en effet est chauve: J'ai la tête d'un veau, mais vous en avez l'âme (Courteline, Client sér., Mauv. cocher, 1893, p. 217).
c) Loc. verb. fig. Prendre la vache* et le veau.
d) P. allus. littér. ou biblique
Adieu, veau, vache*, cochon, couvée.
Tuer le veau gras. [P. réf. à la parabole de l'enfant prodigue (Luc, 15)] Faire un festin en l'honneur d'une personne qui revient après une longue absence, ou simplement à l'occasion d'une réunion familiale ou amicale. Il s'était dit qu'il tuerait le veau gras le jour de mon retour: en effet, son déjeuner fut splendide (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 148).
Le veau d'or. [P. réf. à la statue érigée par les Hébreux au pied du Mont Sinaï et qu'ils vénéraient comme une idole (Exode, 32)] Puissance de l'argent, des richesses. L'oncle Charles révisa ces catéchismes d'avarice et d'usure. On n'avait jamais vu cela, un banquier contre le veau d'or (Giraudoux, Bella, 1926, p. 28).
Adorer, sacrifier, rendre un culte au veau d'or. S'abaisser devant un personnage puissant ou riche; céder aux puissances de l'argent. Tout en convoitant les millions, il ne s'était pas abaissé à les courtiser; s'il avait, lui aussi, sacrifié au veau d'or, il l'avait fait sans incliner le front ni ployer le genou (Sandeau, Sacs, 1851, p. 38).
3. P. méton.
a) BOUCH., ART CULIN. Viande de cet animal, pouvant être accommodée de nombreuses manières. Manger du veau. Côte, côtelette, épaule, escalope, jarret, longe, noix, ris, rouelle, tendron de veau; veau rôti; veau marengo; blanquette, paupiettes, sauté de veau. Grandcassis: Qu'est-ce que vous avez?... Le Traiteur, avec volubilité: Tête de veau, foie de veau, poitrine de veau, oreilles de veau, mou de veau, pieds de veau, queue de veau... Bouchencœur: Mais c'est un veau complet! (Labiche, Noces Bouchencœur, 1857, I, 2, p. 138).Il fallait à Beethoven son rôti de veau tous les mardis, faute de quoi il se mettait dans une colère noire (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 364).V. bœuf ex. 7.
Bouillon de veau, eau de veau. Eau dans laquelle on a fait bouillir une pièce de veau et à laquelle on attribuait naguère des vertus curatives. Tant qu'il y aura de la fièvre, on ne donnera que des bouillons de veau ou de poulet (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 411).
Tête* de veau.
b) MAROQ., PEAUSS., TANN. Peau d'un jeune bovin (veau ou génisse) tannée et corroyée et dont la surface est lisse et brillante. Veau granité, marbré, poli, teinté, velours; peau de veau tannée au chrome. On me vit arriver, à sept heures du matin, avec ma très-petite valise en veau fauve sous mon bras (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 7).Il marchait si difficilement qu'il gardait des souliers en veau d'Orléans par toutes les saisons (Balzac, U. Mirouët, 1841, p. 33).
RELIURE. Synon. vélin.Volume relié en veau (fauve, jaune, plein). Aujourd'hui une reliure pleine en maroquin, en chagrin ou en veau est une reliure de luxe, c'est un travail de maroquinerie (Civilis. écr., 1939, p. 12-3).
B. − P. anal.
1. ZOOL. Veau (marin). Mammifère marin des régions tempérées dont la tête évoque celle d'un veau. Synon. phoque.V. ce mot A 1 rem. et ex. de Verne.
PEAUSS. Peau de phoque tannée utilisée dans la fabrication de vêtements, chapeaux ou chaussures. Deux casaques, l'une de peau de cygne, l'autre de peau de veau marin, enveloppoient leur corps (Chateaubr., Natchez, 1826, p. 418).
2. CHARPENT. Résidu ou partie ventrue qui se détache d'une pièce de bois lorsqu'on la cintre. Pour l'exécution des baies cintrées, les cintres se composent de pièces rendues courbes à l'extérieur par une levée qui s'appelle un veau (E. Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 2, 1928, p. 30).
3. GLACIOL. ,,Fragment de glace flottant sur une masse d'eau à la suite d'un vêlage, d'un banc de glace ou d'un iceberg`` (Villen. 1974).
C. − P. anal., fam., péj.
1. Personne paresseuse, sans énergie et souvent stupide. Un grand veau. Pourquoi fallait-il précisément ce gros veau plein de sale bière et d'alcool pour que ce miracle s'accomplît? (Sartre, Nausée, 1938, p. 221).
Empl. adj. Paresseux, nonchalant. Sur ce, bonsoir. Dieu, que je suis veau! Je te laisse [à Flaubert] le titre de vache, que tu t'attribues dans tes jours de lassitude (Sand, Corresp., t. 5, 1867, p. 183).
En interj. [Terme d'injure] Synon. vache, cochon, salaud.Il se mit à brûler tout ce qu'il avait adoré, tout ce qu'il nous avait fait adorer, reniant ses amis, ses maîtres, ses dieux, bredouillant, ânonnant des imprécations nébuleuses: « Tous des veaux! Tous des cochons! Vous aimez ça, vous? Ça vous juge! Quelle misère! » (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 100).
2. Cheval de course qui réalise de mauvaises performances. Synon. canasson, tocard.On admettait bien d'entendre un homme parler de son cheval comme d'un « veau », d'une « rosse » (...); mais, s'il arrivait jamais qu'il prononçât « ma bête », il se disqualifiait jusqu'à la fin de ses jours (La Varende, Centaure de Dieu, 1938, p. 51).
3. Moyen de transport lourd, peu performant; en partic., automobile poussive, aux reprises lentes. Tiens, la nouvelle M. Peuh! un veau! Elle ne monte même pas à 200! (H. Kubnick, Les Forçats du week-end, 1967ds Gilb. 1980).
REM.
Viauper, verbe intrans.,arg., vx. Crier, pleurer comme un veau. Le refrain recommença, plus ralenti et plus larmoyant, tous se lâchèrent, tous viaupèrent dans leurs assiettes, se déboutonnant le ventre, crevant d'attendrissement (Zola, Assommoir, 1877, p. 590).V. cocarder ex. de Zola.
Prononc. et Orth.: [vo]. Homon. val (sous la forme plur. vaux), valoir (prés. de l'ind. 1, 2, 3 pers.), vos. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 vedel « petit de la vache jusqu'à un an » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XLIX, 10); 1remoit. xiies. veel « id. » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, XXI, 12); fin xiies. veau (Conon de BÉthune d'apr. Lar. Lang. fr. cette attest. n'a pu être vérifiée); mil. xves. (Evangile des quenouilles, éd. M. Jeay, 1841, p. 128); d'où a) ca 1170 veel d'or « idole en or, représentant un veau, adorée par les Hébreux, alors que Moïse était sur le mont Sinaï » (Rois, éd. E. Curtius, III, XII, 29, p. 142); 1485 veau d'or (Myst. Vieux Testament, XXIX, 25482, éd. J. de Rothschild, t. 3, p. 355); 1690 id. « symbole de richesse » (Fur.); b) ca 1225 cras veel « veau engraissé pour être mangé » occire le cras veel « faire un régal pour fêter le retour de quelqu'un » (Gautier de Coinci, Mir. de N.D., éd. V. F. Kœnig, I Mir 10, 1616); 1640 faire tuer le veau gras « id. » (Oudin Curiositez); c) 1396 viaul de lait « veau qui tête encore sa mère » (10 mars, Invent. de meubles de la mairie de Dijon, A. Côte-d'Or ds Gdf. Compl.); 1660 veau de lait (Oudin Esp.-Fr.); d) fin xves. hurler comme ung veau (Le « Mystère de la Passion » de Troyes, éd. J. Cl. Bibolet, t. 1, 3905); 1531 rire comme un veau (Rabelais, Pantagruel, éd. V.-L. Saulnier, III, 27); 1606 pleurer comme un veau (La Rencontre merveilleuse de Piedaigrete avec maistre Guillaume, 6 (s.l.) ds Quem. DDL t. 19); e) 1532 veaul de disme « gros lourdeau » (Rabelais, op. cit., IX bis, 92); 1872 veau de dîme « veau très gras, qui était choisi de préférence pour payer la dîme aux églises » (Littré); 2. a) 1205-50 parchemin de veel « parchemin fait avec la peau tannée et corroyée du veau ou de la génisse » (Renart, éd. E. Martin, XXIII, 1141); b) 1462 peau de veau (Villon, Testament, éd. L. Thuasne, 698); 1537 en veau (B. Des Périers, Cymbalum mundi, Dialogue Premier ds Œuvres françoises, éd. L. Lacour, t. 1, p. 318); 3. 1480-90 « viande de cet animal utilisée pour l'alimentation » un beau pasté de veau (Guillaume Coquillart, Monologue des Perrucques, 69 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 321); cf. 1585 un grand plat garny de bœuf, mouton, veau, et Lard (N. Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, XXII ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 162); 4. 1480 fig. et fam. « personne niaise, paresseuse ou encore indolente et veule » ung sot ou ung veau! (Guillaume Coquillart, Nouveaulx Droitz, 154, p. 136); cf. 1485 A! que tu es veau (Myst. Vieux Testament, XLIII, 46332, t. 6, p. 89); 1654 étendu comme un veau (Scarron, Virgile travesti, éd. V. Fournel, III, p. 143); 5. 1538 zool. veau de mer (Est.); 1562 veau marin (Du Pinet, trad. Hist. du monde de C. Pline Second, Lyon, Cl. Serreton, livre IX, chap. 13, t. I, p. 346; livre XI, chap. 37, t. I, p. 446); 6. a) 1551 « partie d'un champ labouré que le soc de la charrue n'a point atteint » les mottes ou veaus et lieus non labourés (Cotereau, Colum., II, 4 ds Gdf. Compl.); d'où 1842 « partie d'un champ où le blé n'a pas poussé » (Ac. Compl.); actuellement région. (FEW t. 14, p. 546a); b) 1701 « chute, déchet de bois qu'on enlève » (Fur.); 7. a) 1901 arg. « cheval qui court très mal » (arg. de Saint Cyr et des turfistes d'apr. Esn. 1966); b) 1919 « hydravion, c'est-à-dire lourd et massif appareil » (E. Vedel, Quatre ans de guerre sous marine, Paris, Plon Nourrit, p. 302); d'où 1935 « voiture qui manque de reprise; moteur poussif » (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi! p. 223). Du lat. class. *vĭtellus « petit veau » moins usuel que vĭtŭlus « veau ». Fréq. abs. littér.: 808. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 822, b) 1 397; xxes.: a) 1 703, b) 961. Bbg. Quem. DDL t. 5, 9, 17, 19, 38.

Veau : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VEAU, subst. masc.

A. −
1. ZOOL. Petit de la vache (mâle ou femelle) avant son sevrage à un an. Le veau beugle, meugle, tète sa mère; veau mort-né. Quatre veaux broutaient l'herbe bien verte sous l'abri des arbres (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Abandonné, 1884, p. 470).V. bœuf ex. 1.
Rem. Après un an le veau femelle s'appelle génisse et le mâle, bouvillon ou taurillon.
ÉLEV. Veau de boucherie, d'élevage; veau fermier; veau (élevé) sous la mère; veau de rivière (v. ce mot II A 1). Veau de lait. Veau élevé principalement au lait de vache. La petite fille, une main au cou d'un veau de lait attaché au râtelier, ignorant s'il tétait encore ou non, lui offrait de l'autre une poignée d'herbe (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p. 173).
2. Expr. et loc.
a) P. compar., fam.
Pleurer* comme un veau. Var. brailler (pop.), chialer comme un veau (fam.).
Être étendu comme un veau. Être vautré. Synon. être avachi.Il est étendu comme un veau sur son lit, et pleure comme une Madeleine (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 113).
Saigner comme un veau. Saigner abondamment (comme un veau à l'abattoir). L'embêtant, c'est que je saigne comme un veau (Malraux, Conquér., 1928, p. 141).
b) Loc. nom., fam.
Yeux de veau. Gros yeux globuleux et inexpressifs. Les paupières de Lucien battirent trois fois sur ses bons yeux de veau (H. Bazin, Huile sur feu, 1954, p. 200).
Tête, air, figure... de veau. [Pour qualifier un visage épais aux traits inexpressifs] C'est une tête de veau sur un corps de porc (Balzac, Goriot, 1835, p. 198).P. méton. « Pourquoi, le savez-vous, m'a-t-elle amené sa tête de veau? » Elle parlait du mari, qui a de très grandes prétentions physiques (Goncourt, Journal, 1878, p. 1261).
En interj. [Terme d'injure] Le Cocher: Paquet!... Outil!... Tête de veau! La Brige, qui, en effet est chauve: J'ai la tête d'un veau, mais vous en avez l'âme (Courteline, Client sér., Mauv. cocher, 1893, p. 217).
c) Loc. verb. fig. Prendre la vache* et le veau.
d) P. allus. littér. ou biblique
Adieu, veau, vache*, cochon, couvée.
Tuer le veau gras. [P. réf. à la parabole de l'enfant prodigue (Luc, 15)] Faire un festin en l'honneur d'une personne qui revient après une longue absence, ou simplement à l'occasion d'une réunion familiale ou amicale. Il s'était dit qu'il tuerait le veau gras le jour de mon retour: en effet, son déjeuner fut splendide (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 148).
Le veau d'or. [P. réf. à la statue érigée par les Hébreux au pied du Mont Sinaï et qu'ils vénéraient comme une idole (Exode, 32)] Puissance de l'argent, des richesses. L'oncle Charles révisa ces catéchismes d'avarice et d'usure. On n'avait jamais vu cela, un banquier contre le veau d'or (Giraudoux, Bella, 1926, p. 28).
Adorer, sacrifier, rendre un culte au veau d'or. S'abaisser devant un personnage puissant ou riche; céder aux puissances de l'argent. Tout en convoitant les millions, il ne s'était pas abaissé à les courtiser; s'il avait, lui aussi, sacrifié au veau d'or, il l'avait fait sans incliner le front ni ployer le genou (Sandeau, Sacs, 1851, p. 38).
3. P. méton.
a) BOUCH., ART CULIN. Viande de cet animal, pouvant être accommodée de nombreuses manières. Manger du veau. Côte, côtelette, épaule, escalope, jarret, longe, noix, ris, rouelle, tendron de veau; veau rôti; veau marengo; blanquette, paupiettes, sauté de veau. Grandcassis: Qu'est-ce que vous avez?... Le Traiteur, avec volubilité: Tête de veau, foie de veau, poitrine de veau, oreilles de veau, mou de veau, pieds de veau, queue de veau... Bouchencœur: Mais c'est un veau complet! (Labiche, Noces Bouchencœur, 1857, I, 2, p. 138).Il fallait à Beethoven son rôti de veau tous les mardis, faute de quoi il se mettait dans une colère noire (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 364).V. bœuf ex. 7.
Bouillon de veau, eau de veau. Eau dans laquelle on a fait bouillir une pièce de veau et à laquelle on attribuait naguère des vertus curatives. Tant qu'il y aura de la fièvre, on ne donnera que des bouillons de veau ou de poulet (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 411).
Tête* de veau.
b) MAROQ., PEAUSS., TANN. Peau d'un jeune bovin (veau ou génisse) tannée et corroyée et dont la surface est lisse et brillante. Veau granité, marbré, poli, teinté, velours; peau de veau tannée au chrome. On me vit arriver, à sept heures du matin, avec ma très-petite valise en veau fauve sous mon bras (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 7).Il marchait si difficilement qu'il gardait des souliers en veau d'Orléans par toutes les saisons (Balzac, U. Mirouët, 1841, p. 33).
RELIURE. Synon. vélin.Volume relié en veau (fauve, jaune, plein). Aujourd'hui une reliure pleine en maroquin, en chagrin ou en veau est une reliure de luxe, c'est un travail de maroquinerie (Civilis. écr., 1939, p. 12-3).
B. − P. anal.
1. ZOOL. Veau (marin). Mammifère marin des régions tempérées dont la tête évoque celle d'un veau. Synon. phoque.V. ce mot A 1 rem. et ex. de Verne.
PEAUSS. Peau de phoque tannée utilisée dans la fabrication de vêtements, chapeaux ou chaussures. Deux casaques, l'une de peau de cygne, l'autre de peau de veau marin, enveloppoient leur corps (Chateaubr., Natchez, 1826, p. 418).
2. CHARPENT. Résidu ou partie ventrue qui se détache d'une pièce de bois lorsqu'on la cintre. Pour l'exécution des baies cintrées, les cintres se composent de pièces rendues courbes à l'extérieur par une levée qui s'appelle un veau (E. Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 2, 1928, p. 30).
3. GLACIOL. ,,Fragment de glace flottant sur une masse d'eau à la suite d'un vêlage, d'un banc de glace ou d'un iceberg`` (Villen. 1974).
C. − P. anal., fam., péj.
1. Personne paresseuse, sans énergie et souvent stupide. Un grand veau. Pourquoi fallait-il précisément ce gros veau plein de sale bière et d'alcool pour que ce miracle s'accomplît? (Sartre, Nausée, 1938, p. 221).
Empl. adj. Paresseux, nonchalant. Sur ce, bonsoir. Dieu, que je suis veau! Je te laisse [à Flaubert] le titre de vache, que tu t'attribues dans tes jours de lassitude (Sand, Corresp., t. 5, 1867, p. 183).
En interj. [Terme d'injure] Synon. vache, cochon, salaud.Il se mit à brûler tout ce qu'il avait adoré, tout ce qu'il nous avait fait adorer, reniant ses amis, ses maîtres, ses dieux, bredouillant, ânonnant des imprécations nébuleuses: « Tous des veaux! Tous des cochons! Vous aimez ça, vous? Ça vous juge! Quelle misère! » (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 100).
2. Cheval de course qui réalise de mauvaises performances. Synon. canasson, tocard.On admettait bien d'entendre un homme parler de son cheval comme d'un « veau », d'une « rosse » (...); mais, s'il arrivait jamais qu'il prononçât « ma bête », il se disqualifiait jusqu'à la fin de ses jours (La Varende, Centaure de Dieu, 1938, p. 51).
3. Moyen de transport lourd, peu performant; en partic., automobile poussive, aux reprises lentes. Tiens, la nouvelle M. Peuh! un veau! Elle ne monte même pas à 200! (H. Kubnick, Les Forçats du week-end, 1967ds Gilb. 1980).
REM.
Viauper, verbe intrans.,arg., vx. Crier, pleurer comme un veau. Le refrain recommença, plus ralenti et plus larmoyant, tous se lâchèrent, tous viaupèrent dans leurs assiettes, se déboutonnant le ventre, crevant d'attendrissement (Zola, Assommoir, 1877, p. 590).V. cocarder ex. de Zola.
Prononc. et Orth.: [vo]. Homon. val (sous la forme plur. vaux), valoir (prés. de l'ind. 1, 2, 3 pers.), vos. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 vedel « petit de la vache jusqu'à un an » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, XLIX, 10); 1remoit. xiies. veel « id. » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, XXI, 12); fin xiies. veau (Conon de BÉthune d'apr. Lar. Lang. fr. cette attest. n'a pu être vérifiée); mil. xves. (Evangile des quenouilles, éd. M. Jeay, 1841, p. 128); d'où a) ca 1170 veel d'or « idole en or, représentant un veau, adorée par les Hébreux, alors que Moïse était sur le mont Sinaï » (Rois, éd. E. Curtius, III, XII, 29, p. 142); 1485 veau d'or (Myst. Vieux Testament, XXIX, 25482, éd. J. de Rothschild, t. 3, p. 355); 1690 id. « symbole de richesse » (Fur.); b) ca 1225 cras veel « veau engraissé pour être mangé » occire le cras veel « faire un régal pour fêter le retour de quelqu'un » (Gautier de Coinci, Mir. de N.D., éd. V. F. Kœnig, I Mir 10, 1616); 1640 faire tuer le veau gras « id. » (Oudin Curiositez); c) 1396 viaul de lait « veau qui tête encore sa mère » (10 mars, Invent. de meubles de la mairie de Dijon, A. Côte-d'Or ds Gdf. Compl.); 1660 veau de lait (Oudin Esp.-Fr.); d) fin xves. hurler comme ung veau (Le « Mystère de la Passion » de Troyes, éd. J. Cl. Bibolet, t. 1, 3905); 1531 rire comme un veau (Rabelais, Pantagruel, éd. V.-L. Saulnier, III, 27); 1606 pleurer comme un veau (La Rencontre merveilleuse de Piedaigrete avec maistre Guillaume, 6 (s.l.) ds Quem. DDL t. 19); e) 1532 veaul de disme « gros lourdeau » (Rabelais, op. cit., IX bis, 92); 1872 veau de dîme « veau très gras, qui était choisi de préférence pour payer la dîme aux églises » (Littré); 2. a) 1205-50 parchemin de veel « parchemin fait avec la peau tannée et corroyée du veau ou de la génisse » (Renart, éd. E. Martin, XXIII, 1141); b) 1462 peau de veau (Villon, Testament, éd. L. Thuasne, 698); 1537 en veau (B. Des Périers, Cymbalum mundi, Dialogue Premier ds Œuvres françoises, éd. L. Lacour, t. 1, p. 318); 3. 1480-90 « viande de cet animal utilisée pour l'alimentation » un beau pasté de veau (Guillaume Coquillart, Monologue des Perrucques, 69 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 321); cf. 1585 un grand plat garny de bœuf, mouton, veau, et Lard (N. Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, XXII ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 162); 4. 1480 fig. et fam. « personne niaise, paresseuse ou encore indolente et veule » ung sot ou ung veau! (Guillaume Coquillart, Nouveaulx Droitz, 154, p. 136); cf. 1485 A! que tu es veau (Myst. Vieux Testament, XLIII, 46332, t. 6, p. 89); 1654 étendu comme un veau (Scarron, Virgile travesti, éd. V. Fournel, III, p. 143); 5. 1538 zool. veau de mer (Est.); 1562 veau marin (Du Pinet, trad. Hist. du monde de C. Pline Second, Lyon, Cl. Serreton, livre IX, chap. 13, t. I, p. 346; livre XI, chap. 37, t. I, p. 446); 6. a) 1551 « partie d'un champ labouré que le soc de la charrue n'a point atteint » les mottes ou veaus et lieus non labourés (Cotereau, Colum., II, 4 ds Gdf. Compl.); d'où 1842 « partie d'un champ où le blé n'a pas poussé » (Ac. Compl.); actuellement région. (FEW t. 14, p. 546a); b) 1701 « chute, déchet de bois qu'on enlève » (Fur.); 7. a) 1901 arg. « cheval qui court très mal » (arg. de Saint Cyr et des turfistes d'apr. Esn. 1966); b) 1919 « hydravion, c'est-à-dire lourd et massif appareil » (E. Vedel, Quatre ans de guerre sous marine, Paris, Plon Nourrit, p. 302); d'où 1935 « voiture qui manque de reprise; moteur poussif » (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi! p. 223). Du lat. class. *vĭtellus « petit veau » moins usuel que vĭtŭlus « veau ». Fréq. abs. littér.: 808. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 822, b) 1 397; xxes.: a) 1 703, b) 961. Bbg. Quem. DDL t. 5, 9, 17, 19, 38.

Veau : définition du Wiktionnaire

Nom commun

veau \vo\ masculin (pour la femelle on dit : velle) (non standard)

  1. Petit de la vache.
    • Une bousculade plus violente se produisit ; les petits veaux et les génisses rejetés de droite et de gauche par la poussée des grands bestiaux s’égratignèrent aux ronces flottantes des haies. — (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Veau gras. — Un veau qui est encore sous sa mère.
  2. Chair du veau ; viande qu’on a mise en quartiers à la boucherie et qu’on y débite.
    Veau mijoté à la tajine.
    • J'y ai dîné, et même assez mesquinement, car nous étions quatre inattendus, et la côtelette de veau jouait un principal rôle dans ce festin, comme sur nos tables d'hôte depuis quelques jours. — (Saintine, Les métamorphoses de la femme, Paris : Charlieu, 1857, p.202)
    • Demandez à votre boucher de découper le veau en morceaux, sinon commencez par cette étape. — (Valérie Duclos, Mes recettes de vacances, Paris : First-Grûnd, 2011, éd. 2012, p.18)
  3. Cuir de veau.
    • Des livres reliés en veau.
    • Reliure de veau fauve, de veau marbré.
  4. (Figuré) (Péjoratif) Personne nonchalante et stupide.
    • Le domestique, un nouveau domestique, exécutait son service en dépit du bon sens et, finalement, me jeta quelques gouttes de sauce sur le bras. « — Quel veau ! » m'écriai-je impatienté. — (Alphonse Allais, Utilité des auteurs classiques)
    • Je dis pas que, moi, je serais allé jusqu'à fricoter avec les Boches. Même si les Français étaient des veaux, j'aurais pas pu m'empêcher d'être de leur côté. On a sa fierté. — (Tony Cartano, Schmutz, Grasset, 1987)
  5. (Géographie) Masse de glace qui se détache d'un iceberg.
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Veau : définition du Littré (1872-1877)

VEAU (vô ; au XVIe siècle, d'après Bèze, on prononce veo, un e fermé s'entend avec o et ne fait qu'un son, on ne doit pas prononcer viau comme les Parisiens) s. m.
  • 1Nom du petit de la vache, pendant la première année. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable Une vache et son veau ? La Fontaine, Fabl. VII, 10. Le premier hiver est le temps le plus dangereux de la vie des veaux et, par conséquent, celui où ils demandent le plus de soins, Genlis, Maison rust. t. I, p. 227, dans POUGENS.

    Veau de lait, veau qui tète encore sa mère, dit, au XVIIe siècle, veau mongane (de l'ital. mongana, veau qui tète).

    Veau broutier, veau qui a commencé à manger du foin, de l'herbe.

    Veau de dîme, veau très gras, qui était choisi de préférence pour payer la dîme aux églises.

    Veaux de rivière, veaux engraissés aux environs de Rouen, dans des prairies qui bordent la Seine. Une longe de veau de rivière longue comme cela, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une vraie pâte d'amande, Molière, Bourg. gent. IV, 1. Vous êtes-vous souvenu d'aller à ce messager de Rouen savoir si ce quartier de veau de rivière, ce muid de cidre, ces pots de noix confites et ces deux témoins sont arrivés ? Dancourt, Femme d'intr. I, 3.

    Veau gras, veau engraissé pour la boucherie. Amenez aussi le veau gras, et le tuez ; mangeons et faisons bonne chère, Sacy, Bible, Évangile St Luc, XV, 23.

    Fig. Tuer le veau gras, faire un régal pour fêter le retour de quelqu'un, par allusion au veau gras tué dans l'Évangile pour le retour de l'enfant prodigue. Il s'était dit qu'il tuerait le veau gras le jour de mon retour ; en effet son déjeuner fut splendide, Reybaud, Jér. Patur. I, 16. Les étudiants [après avoir pris l'inscription de juillet]… n'ont rien de mieux à faire qu'à revenir dans leurs familles, où ils savent que le veau gras les attend, Ch. de Bernard, un Homme sérieux, v.

    Fig. et familièrement. Faire le pied de veau à quelqu'un, lui aller faire des révérences, des soumissions, lui témoigner une complaisance servile. Si vous aviez appris à prendre le temps comme il vient, et à ne pas négliger les pieds de veau de Provence, Sévigné, 17 janv. 1680.

    S'étendre comme un veau, faire le veau, se dit d'un homme qui se tient d'une manière nonchalante. Tu t'amuses ainsi qu'un veau, Comme un blondin qui fait le beau, à dormir jusqu'à près d'onze heures, Scarron, Virg. VII. Tandis que ce nigaud, comme un évêque assis, Fait le veau sur son âne, et pense être bien sage, La Fontaine, Fabl. III, 1.

    Avoir la fièvre de veau, trembler quand on est soûl, avoir un petit frisson après le repas.

    Pleurer comme un veau, pleurer en poussant des sanglots. Je serai donc mangé des soles, Cria-t-il pleurant comme un veau, Et je finirai dedans l'eau, Scarron, Virg. I. Son pauvre mari [de la duchesse du Maine] pleurait comme un veau des reproches qu'il avait sans cesse à essuyer de ses emportements contre lui, Saint-Simon, 518, 126.

  • 2Veau mis en quartiers à la boucherie et qu'on y débite. Une longe de veau. Jarret de veau. Pied de veau. Côtelettes de veau.
  • 3La chair du veau. Manger du veau. On me donnait un perdreau ; j'eusse voulu du veau, une tourterelle, Sévigné, 569.

    Eau de veau, eau dans laquelle on a fait bouillir, sans sel, un morceau de veau, et qu'on prend pour se rafraîchir.

  • 4Veau d'or, idole que les Israélites se firent faire au pied du mont Sinaï, et à laquelle ils rendirent un culte, en imitation de celui du bœuf Apis en Égypte.

    Fig. Le veau d'or, le culte des richesses. Adorer le veau d'or. Quand le peuple hébreu dans vos fêtes Vous voit adorer son veau d'or, Béranger, Vertu de Lis.

    Plier les genoux devant le veau d'or, faire bassement sa cour à un homme riche ou puissant, faire des bassesses pour devenir riche ou puissant.

    Fig. Veau d'or, homme qui n'a pas d'autre mérite que d'être riche

  • 5Idole faite à l'imitation du veau d'or des Israélites. Il fit [Jéroboam] deux veaux d'or, et dit au peuple : N'allez plus à l'avenir à Jérusalem ; Israël, voici vos dieux qui vous ont tiré d'Égypte, Sacy, Bible, Rois, III, XII, 28. Les Druzes du mont Liban rendent un culte secret à des simulacres de bœufs ou de veaux, couverts de caractères dont la valeur n'est connue parmi eux-mêmes que des initiés, Silvestre de Sacy, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 77.
  • 6Cuir de veau. Des souliers de veau. Et s'il lui plaît encor qu'on me relie en veau, Régnier, Sat. XI. Il semble à trois gredins dans leur petit cerveau, Que, pour être imprimés et reliés en veau, Les voilà, dans l'État, d'importantes personnes, Molière, Femm. sav. IV, 3. Presque toutes les reliures en veau des XVe et XVIe siècles étaient fauves… on est toujours revenu au veau fauve, Lesné, la Reliure, p. 118 et 119.

    Fig. Il se fait relier en veau, il fait des livres, il est auteur.

    Fig. Un vieux bouquin relié en veau, un vieillard qui fait le jeune homme (mot qui fut appliqué au duc de Richelieu, sous Louis XV).

  • 7 Fig. et familièrement. Nigaud, niais. Ce malheur est venu de quelques jeunes veaux Qui mettent à l'encan l'honneur…, Régnier, Sat. IV.
  • 8 Fig. et familièrement. Brides à veaux, voy. BRIDES.
  • 9Veau marin, un des noms donnés au phoque commun de Buffon, dit aussi phoque veau marin.
  • 10Coquille univalve (genre cône).

    Veau panaché, le cône vitulin.

    Veau lisse, nom donné au cône vulpin, côtes de Guinée, dit aussi renard, et qui est le cône renard de certains auteurs.

  • 11 Terme de construction. Levée qu'on fait dans une pièce de bois, pour la cintrer suivant une courbe déterminée.
  • 12Place où le blé manque dans un champ.

    PROVERBE

    Il a pris la vache et le veau, voy. VACHE.

HISTORIQUE

XIIe s. Ne receverai de la tue maison [de ta maison] vedels ne de tes fuls [troupeaux] bues [bœufs], Liber psalm. p. 66.

XIIIe s. Un tor et une vache ensemble Qui a avec lui son veel, Ren. 5761.

XVe s. Et Dieu sçait s'elle parlera Gravement en termes nouveaulx, Afin d'estonner povres veaulx, Coquillart, Droits nouv.

XVIe s. Il ne m'a point dit s'il le veut en veau, ou couvert de veloux, Despériers, Cymbal. 74. Nos veaux de philosophes [sots], Despériers, ib. 95. Sacs de peau de veau pour la poudre et les boulets, D'Aubigné, Hist. III, 87. Les veaux à laict, et les bouveaux et genisses, De Serres, 281. Veau mal cuit et poulets crus Font les cimetieres bossus, H. Estienne, Précell. 173. Il estoit fils d'une Marrane, Comme tu es au demourant, Aussi vedel et ignorant, Marot, II, 197. Et n'estoient que gros veaux de disme, Rabelais, II, 10. Au dessus de sa teste comme en une nue y avoit une nymphe qui avoit un escriteau portant ces mots : gardez-vous de faire le veau, Sat. Mén. Tapisserie des Estats. Celui qui, pour estre estimé un gros lourdaut, est par nous appellé veau de disme, Pasquier, Rech. VIII, p. 701, dans LACURNE. Si cest escrimeur n'a autres armes que celles-là pour me combattre, croyez qu'il le faut envoyer en la place aux veaux, Pasquier, Lett. t. II, p. 703.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VEAU.

PROVERBE

Ajoutez :

Changement d'herbe réjouit les veaux, se dit pour exprimer que les changements plaisent d'ordinaire aux jeunes gens.

On voit à la boucherie plus de veaux que de bœufs, c'est-à-dire il meurt plus de jeunes que de vieux.

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Veau : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

VEAU, s. m. (Économ. rust.) le petit de la vache.

Veau, (Diete & Mat. méd.) la chair du veau très jeune est médiocrement nourrissante. Elle est regardée comme humectante & raffraîchissante ; & c’est à cause de ces deux dernieres qualités qu’on en emploie la décoction ou le bouillon à demi-fait pour tisane ou boisson ordinaire dans les maladies inflammatoires : cette boisson est connue sous le nom d’eau de veau, elle est très-analogue à l’eau de poulet.

La chair du veau, & sur-tout du jeune veau qui tete encore, a le défaut de la plûpart des chairs des autres animaux très-jeunes, elle lâche le ventre, & purge même quelques sujets. On corrige ces qualités par divers assaisonnemens, soit acides, soit aromatiques & piquans, comme l’oseille, le vinaigre, le poivre, &c. Mais comme ces assaisonnemens sont défendus par eux-mêmes aux sujets délicats & aux convalescens, ce n’est pas une ressource pour eux, & comme d’ailleurs le veau ne sauroit être regardé comme une viande absolument saine, le mieux est de la leur refuser ; quant aux usages diététiques des piés de veau, du foie de veau, &c. voyez ce qui est dit du pié, du foie, &c. des animaux à l’article général Viande. (b)

Veau, (Corroyerie.) on tire du veau deux sortes de marchandises pour le négoce, savoir la peau & le poil. Les peaux de veau se préparent par les Tanneurs, Mégissiers, Corroyeurs & Hongrieurs, qui les vendent aux Cordonniers, Selliers, Bourreliers, Relieurs de livres, & autres semblables artisans qui les mettent en œuvre ; les peaux de veau corroyées qui se tirent d’Angleterre sont les plus estimées.

Le vélin, qui est une espece de parchemin, se fait de la peau d’un veau mort-né, ou de celle du petit veau de lait : c’est le mégissier qui commence à le préparer, & le parcheminier qui l’acheve.

Le poil des veaux se mêle avec celui des bœufs & des vaches, pour faire la bourre qui sert à rembourrer les selles des chevaux, les bâts des mulets, & les meubles de peu de valeur. Les marchands Libraires, les Relieurs de livres, disent qu’un livre est relié en veau-fauve, pour faire entendre que la peau de veau qui le couvre est blanchâtre & toute unie, sans avoir été marbrée, ni rougie, ni noircie. (D. J.)

Veau passé en sumac, (Corroyerie.) c’est du veau corroyé en noir du côté de la fleur, auquel on donne avec le sumac une couleur orangée du côté de la chair ; ce sont les maîtres ceinturiers qui emploient cette sorte de cuir. (D. J.)

Veau-fauve ; les Relieurs appellent une relieure en veau-fauve celle dont la peau n’est point jaspée, & dont on a conservé la couleur naturelle qui est blanche en son entier. Pour relier en veau-fauve, il faut que les peaux soient belles, sans taches ni autres défectuosité ; il est fâcheux que la délicatesse de ces peaux en ôte promptement la propreté ; au-reste, cette reliure se fait tout-comme les autres. Voyez Reliure.

Veau, (Charpent.) les Charpentiers appellent ainsi le morceau de bois qu’ils ôtent avec la scie du dedans d’une courbe droite ou rampante, pour la tailler. (D. J.)

Veau, (Critique sacrée.) cet animal a servi dans l’Ecriture à plusieurs metaphores, où il s’emploie dans des sens différens. Il se prend pour un ennemi en fureur dans le ps. xxj. 13. plusieurs ennemis furieux, vituli multi m’ont environné ; ailleurs des personnes simples & douces sont désignées sous le nom de ces animaux, comme dans Is. xj. 7. l’ours & le veau paîtront ensemble, c’est-à-dire que des gens foibles & simples ne craindront plus ceux qui leur paroissent si redoutables. Ailleurs encore, comme dans Malach. iv. 2. des personnes qui sont dans la joie sont comparés à des veaux qui bondissent dans la prairie ; mais les veaux des levres dans Osée, xiv. 3. reddemus vitulos labiorum nostrorum, est une expression métaphorique bien bisarre pour marquer les louanges, les hymnes, les prieres que les captifs de Babylone adressoient au Seigneur, parce qu’ils n’étoient plus à portée de lui offrir des sacrifices dans son temple. (D. J.)

Veau d’or, (Critiq. sacrée.) idole que les Israëlites adoroient au pié du mont Sinaï ; l’histoire en est rapportée dans l’Exode chap. xxxij. Ce fut à l’imitation des Egyptiens qu’Aaron fit le veau d’or dans le désert, & Jéroboam ceux qu’il dressa à Dan & à Béthel pour y être adorés des enfans d’Israël, comme les dieux qui les avoient tirés du pays d’Egypte. Les Israëlites se familiariserent peu-à-peu avec la nouvelle religion de Jéroboam. Ils furent enchantés de l’aisance de ce culte, & l’exercerent jusqu’à la ruine de Samarie & la dispersion des dix tribus ; mais pour ce qui regarde le veau d’or d’Aaron, Moïse outré de voir le peuple danser tout-autour, brisa les tables de la loi, prit le veau d’or, le fit fondre, & le réduisit en poudre d’or, par une manipulation qui n’est point décrite, mais qu’il est fort singulier qu’on connût déjà ; il jetta cette poudre dans le torrent, pour anéantir à jamais ce monument de l’idolâtrie des Hébreux. (D. J.)

Veau marin, (Hist. nat.) phoca, animal amphibie, qui a beaucoup de rapport à la vache marine & au lamantin pour la forme du corps & des piés, &c. Sa longueur est d’environ quatre piés depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, qui n’est longue que de trois pouces ; il a les yeux grands & enfoncés dans les orbites, le cou oblong, & la poitrine large ; on ne voit qu’un trou à l’endroit de chacune des oreilles. Le poil de cet animal est court, ferme, & de couleur grise luisante, avec des taches noires sur le dessus du corps ; le dessous est d’un blanc sale & jaunâtre ; il y a des chiens de mer qui sont noirs en entier. Regn. anim. pag. 230. Voyez Quadrupede.

Si les veaux marins peuvent rester long-tems sous l’eau par le secours du trou ovale dont on a parlé, ils font aussi un furieux vacarme quand ils sortent de la mer pour se retirer dans des cavernes, & se livrer à l’amour ; c’est alors, dit M. de Tournefort, qu’ils font des cris si épouvantables pendant la nuit, que l’on ne sait si ce sont des animaux d’un autre monde. Quelques commentateurs de Pline sont partagés si ces animaux crient en veillant ou en dormant ; on voit bien que ces gens-là ne sont pas sortis de leur cabinet ; nos matelots qui vont dans le Levant sont bien mieux instruits, pour avoir vû les veaux marins dans le tems de leur rut, & en avoir tué dans leurs réduits.

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Étymologie de « veau »

Étymologie de veau - Wiktionnaire

Du latin vitellus, diminutif de vitulus (« veau »).
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Étymologie de veau - Littré

Bourguign. véaa ; Berry, viau, faire le viau, se dit d'une personne qui, par sa propre faute, manque de réussir dans quelque affaire ; picard, viau, vieu ; wallon, vai, via ; provenç. vedel, vedelh ; catal. vedell ; ital. vitello ; du lat. vitellus, dimin. de vitulus, qui tient au grec ἱταλὸς, veau, d'où l'Italie paraît avoir tiré son nom chez les Grecs à cause de son abondance en bêtes à cornes. C'est le sanscrit vatsa, veau et année ; d'où l'on a conjecturé que le mot signifiait proprement bête d'un an.

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Phonétique du mot « veau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
veau vo play_arrow

Citations contenant le mot « veau »

  • À l’aube du déconfinement, Christophe Seringe, technicien élevage à la SCA Le Pré Vert et David Durand, éleveur de Limousines du Gaec des Gariottes à Chauffour-sur-Veill en Corrèze étaient présents aux premières lueurs pour expliquer la filière veau rosé bio. « La France a toujours mangé du veau ! », s’exclame d’entrée de jeu Christophe Seringe. « Le consommateur demande une viande plutôt blanche. Mais, au goût le veau rosé est plébiscité. Il tolère mieux les écarts de cuisson et sa viande est moins sèche. » La filière du veau rosé bio s’est développée à partir 2011-2012, « au moment où nous avons racheté cette exploitation », continue David Durand, qui évoque en parallèle l’histoire du Gaec. Créé en 2009, le Gaec des Gariottes regroupe quatre exploitations pour quatre associés. Entre noix, viande bovine et poulets, les productions sont diversifiées. L’atelier bovin représente plus de 50 % du chiffre d’affaires global (1 015 €/UGB de marge brute). Réussir bovins viande, Le veau rosé bio comme alternative au broutard | Réussir bovins viande
  • Tous les abattoirs de veaux ont dû recevoir la semaine passée, selon Fedev, le contrat relatif à la mise en œuvre par Normabev des contrôles de la couleur des carcasses de veau (relatif aussi à la remontée des informations d’abattage). Ce contrat résulte de l’extension d’un accord interprofessionnel validé par la section veau d’Interbev. Il entrera en vigueur le 1er septembre. Il fixe notamment le coût du contrôle de la couleur dont la charge est répartie entre le dernier propriétaire du veau au stade de l’élevage et l’abatteur. Le classement de la couleur est obligatoire pour les sites abattant plus de 2 000 veaux par an. FranceAgriMer en assure jusqu’alors le contrôle officiel. Les Marchés : le média des acheteurs et vendeurs de produits alimentaires, Veau : contrôle de la couleur au 1er septembre | Les Marchés : le média des acheteurs et vendeurs de produits alimentaires
  • Le veau s'en est sorti sain et sauf. Le matin du samedi 4 juillet, Romain Monteil, éleveur et propriétaire d'un troupeau de 29 vaches, taureaux et veaux de race Aubrac, se rend sur son champ pour compter ses bêtes et se rend compte que l'une d'entre elles a disparu. RTL.fr, Haute-Loire : un éleveur retrouve son veau coincé dans un puits depuis cinq jours
  • Les veaux naissent sur l'exploitation, ils sont nourris sous la mère mais également de céréales et foin. France Bleu, De la viande de veau, boeuf et cochon BIO en vente directe à Thairé d'Aunis près de La Rochelle
  • Vous cherchez des idées pour accompagner votre rôti de veau ? Découvrez vite nos propositions gourmandes pour le sublimer. Femme Actuelle, Quel accompagnement pour le rôti de veau ? : Femme Actuelle Le MAG
  • Des chercheurs ont inséré un gène codant pour le développement mâle dans le génome d'un veau. Un projet destiné à produire plus de viande avec moins d'animaux : un bénéfice économique et environnemental. Ces manipulations génétiques s'avèrent cependant très délicates. Futura, Ce veau génétiquement modifié transforme les femelles en mâles
  • Les secouristes ont réalisé deux parcs provisoires pour y parquer les animaux. Deux bétaillères ont été également chargées. Dans un mouvement de panique, une vache est tombée dans une fosse à lisier. Ils ont dû l’en extraire. Une intervention qui s’est achevée avec une note positive et la naissance d’un petit veau durant cet incendie. petitbleu.fr, Soixante vaches sécurisées et une naissance d’un petit veau assurée - petitbleu.fr
  • C’est aussi le cas de veaux qui naissent aveugles et qui marchent en dressant la tête. Ils s’adaptent aisément au handicap pourvu que leur mère, si elle l’élève, se montre maternelle et les escorte. C’est bien souvent une collision inattendue dont vous êtes témoin qui vous met la puce à l’oreille et il vous suffira de lancer votre main à proximité de ses yeux pour constater qu’il ne cligne pas. Réussir bovins viande, Quand un veau ne voit pas bien ou même pas du tout | Réussir bovins viande
  • C’est parce que nos paysans ne reculent pas devant la besogne que notre race nationale donne maintenant des veaux de qualité. De Anonyme
  • Changement d’herbage réjouit les veaux. De Proverbe berrichon
  • Aussi longtemps que l'homme aime une femme, fut-ce la moindre d'entre elles, il est réduit en esclavage, comme le jeune veau qui tète sa mère. De Bouddha / Dhammapada
  • Il vaut mieux être invité avec affection à manger des herbes, qu'à manger le veau gras lorsqu'on est haï. De La Bible / Le livre des proverbes
  • Nous en avons assez de manger de la vache enragée avec comme seule perspective l’espoir de goûter au veau d’or. De Anonyme / Paroles de Mai 68
  • La dette est une corde qui sépare le veau de sa mère. De Massa Makan Diabaté / Le Boucher de Kouta
  • On peut aimer le caviar et avoir envie d'une blanquette de veau. De Guy Bedos / Télérama - 1992
  • D’un veau on espère un boeuf, Et d’une poule un oeuf. De Proverbe français
  • Le veau ne perd pas sa mère même dans l'obscurité. De Proverbe africain
  • Celui qui n'a ni vache, ni veau, dort bien. De Proverbe indien
  • Le lion et le veau devraient se coucher côte à côte mais le veau ne dormirait pas beaucoup. De Woody Allen
  • L'homme est bon, mais le veau est meilleur. De Bertolt Brecht
  • Qui a porté un veau peut porter un boeuf. De Pétrone / Satiricon
  • Le veau d'or ? Il vaudra moins cher demain que le veau naturel. De Paul Valéry / Mon faust
  • Celle qui l'a porté veau, peut aussi le porter taureau. Pétrone en latin Caius Petronius Arbiter, Satiricon, chap. 25
  • Ce disant, [Gargantua] pleurait comme une vache, mais tout soudain riait comme un veau. François Rabelais, Pantagruel, 3
  • En quelque manière qu'on se puisse mettre à l'abri des coups, fût-ce sous la peau d'un veau, je ne suis pas homme qui y reculasse. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, I, 20
  • […] Adieu veau, vache, cochon, couvée. Jean de La Fontaine, Fables, la Laitière et le Pot au lait
  • Le veau d'or est encor debout ! Jules BarbierMichel Carré, Livret de Faust (opéra de Gounod)
  • On tuait le veau gras et l'on faisait la noce. Et la vache disait : Ça va bien ! ça va bien ! Ces gens qui retrouvent leur gosse Commencent par tuer le mien. Paul, dit Tristan Bernard, Contes, Répliques et Bons Mots, Livre-Club du Libraire

Traductions du mot « veau »

Langue Traduction
Corse vitella
Basque txekor
Japonais 子牛の肉
Russe телятина
Portugais vitela
Arabe لحم العجل
Chinois 小牛肉
Allemand kalbfleisch
Italien vitello
Espagnol ternera
Anglais veal
Source : Google Translate API

Synonymes de « veau »

Source : synonymes de veau sur lebonsynonyme.fr

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