Triompher : définition de triompher


Triompher : définition du Wiktionnaire

Verbe

triompher \tʁi.ɔ̃.fe\ transitif indirect ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Antiquité romaine) Faire une entrée pompeuse et solennelle dans Rome après quelque insigne victoire.
    • Pompée triompha trois fois.
  2. (Courant) Remporter une victoire éclatante.
    • Chemin faisant l'émeute triomphait sans combattre. On désarmait les troupes qui se laissaient faire, et on protégeait leur retraite. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
    • Les travaux imposés à Hercule tendent soit à le faire échouer, auxquels cas il meurt, et il n'est plus un dieu (puisque n'étant pas immortel et invincible) soit à le faire triompher, auxquels cas il est un véritable dieu et rejoint l’Olympe. — (Florent Montaclair, Vers une critique post-formaliste du fantastique, dans Aspects de la critique, colloque des Universités de Birmingham et de Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté, 1998, p.46)
  3. (Figuré) Remporter quelque avantage que ce soit sur quelqu’un.
    • Drumont comptait sans doute sur la victoire du boulangisme pour faire triompher sa doctrine et imposer aux juifs une législation moyenâgeuse ? — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Triompher de ses adversaires, de ses envieux, de ses rivaux.
    • L’innocence a triomphé.
    • Cet avocat a fait triompher le bon droit.
  4. (Figuré) Vaincre, subjuguer, surmonter.
    • Il pressentait que l'eau triompherait des semelles sans résistance, et, sournoisement, s'infiltrerait jusqu'aux chevilles. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
    • Triompher de ses passions.
    • Sa sagesse a triomphé de tous les dangers.
    • à la longue, la vérité triomphe de l’erreur.
  5. Exceller en traitant quelque sujet.
    • Quand il est sur cette matière, il triomphe.
  6. Se prévaloir, tirer avantage.
    • Ses ennemis triomphèrent de ses aveux.
    • Il y a dans les écrits de ce théologien plusieurs passages dont les ennemis de la religion ont triomphé.
  7. Tirer vanité de quelque chose.
    • Il triomphe de sa perfidie.
    • Il a obtenu ce qu’il prétendait, il en triomphe.
  8. Être ravi de joie, de fierté.
    • Quand on lui parle de ses enfants, elle triomphe.
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Triompher : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TRIOMPHER. v. intr.
T. d'Antiquité romaine. Faire une entrée pompeuse et solennelle dans Rome après quelque insigne victoire. Pompée triompha trois fois. Il signifie, dans le langage courant, Remporter une victoire éclatante. Ce prince triompha de tous ses ennemis. Il signifie, au figuré, Remporter quelque avantage que ce soit sur quelqu'un. Triompher de ses adversaires, de ses envieux, de ses rivaux. L'innocence a triomphé. Cet avocat a fait triompher le bon droit. Il signifie encore figurément Vaincre, subjuguer, surmonter. Triompher de ses passions. Sa sagesse a triomphé de tous les dangers. À la longue, la vérité triomphe de l'erreur.

TRIOMPHER signifie aussi Exceller en traitant quelque sujet. Quand il est sur cette matière, il triomphe. Il signifie de plus Se prévaloir, tirer avantage. Ses ennemis triomphèrent de ses aveux. Il y a dans es ecrits de ce théologien plusieurs passages dont les ennemis de la religion ont triomphé. Il signifie aussi Tirer vanité de quelque chose. Il triomphe de sa perfidie. Il a obtenu ce qu'il prétendait, il en triomphe. Il signifie en outre Être ravi de joie, de fierté. Quand on lui parle de ses enfants, elle triomphe.

Triompher : définition du Littré (1872-1877)

TRIOMPHER (tri-on-fé) v. n.
  • 1 Terme d'antiquité romaine. Faire une entrée pompeuse et solennelle dans Rome après une éclatante victoire. Le dictateur se démit de sa dignité, après avoir triomphé pour la victoire qu'il avait remportée sur les Volsques, Vertot, Rév. rom. VII, p. 122.

    Scipion triompha de l'Afrique, il obtint les honneurs du triomphe pour avoir soumis l'Afrique.

    Il s'est dit, par extension, de tout triomphe comparé à la pompe triomphale chez les Romains. On ne pouvait lui reprocher [à Sésostris] en toute sa vie que d'avoir triomphé avec trop de faste des rois qu'il avait vaincus, Fénelon, Tél. II.

  • 2Vaincre par les armes, par la force. À vaincre sans péril on triomphe sans gloire, Corneille, Cid, II, 2. Elle assiège et prend d'assaut, en passant, une place considérable qui s'opposait à sa marche, elle triomphe, elle pardonne, Bossuet, Reine d'Anglet. Rome en effet triomphe, et Mithridate est mort, Racine, Mithr. I, 1. Achille va combattre et triomphe en courant, Racine, Iphig. I, 1. Le hasard seul vous a empêché de triompher du lion ; votre valeur n'en est pas moins admirable, Voltaire, Princ. de Babylone, 1.
  • 3L'emporter sur, avoir l'avantage. Monsieur revint chez lui, triomphant dans son imagination, Retz, Mém. t. II, IIV. III, p. 488, dans POUGENS. Trahi de toutes parts, accablé d'injustices, Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices, Molière, Mis. v, 8. Dans ce même tribunal où il fit si bien triompher autrefois la justice de ma cause, Sévigné, 530. De quel avantage est-il pour nous que cette loi ait triomphé de toutes les puissances du siècle et de l'enfer, si elle ne triomphe pas de nos faiblesses ? Bourdaloue, 6e dimanche après l'Épiphanie, Dominic. t. I, p. 330. Esther a triomphé des filles des Persans, Racine, Esth. III, 9. Il serait bien étrange que la vérité ne triomphât pas, quand c'est vous qui l'annoncez, Voltaire, Lett. d'Argental, 20 déc. 1756. Ne rougissez point, Aline ; je dois dévoiler tout ce qui peut faire triompher votre innocence, Genlis, Théât. d'éduc. Lingère, II, 6.
  • 4 Fig. Surmonter, maîtriser. Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous [postérité], Corneille, Cinna, V, 3. Faites à votre amour un peu de violence ; J'ai triomphé du mien, Corneille, Sertor. IV, 3. Combien de fois, soupirant après ces lumières vives et efficaces qui seules triomphent des erreurs de l'esprit humain, dit-il [M. de Turenne] à Jésus-Christ : Seigneur, faites que je voie, Fléchier, Turenne. Une de tes passions a dévoré les autres, et tu crois avoir triomphé de toi ! Voltaire, Dict. phil. Caractère. En cachant ses sentiments, elle croyait en triompher, Riccoboni, Œuv. t. II, p. 22, dans POUGENS. La raison ne consiste pas à triompher de soi selon les règles, mais comme on le peut, Staël, Corinne, VI, 1.

    Il se dit du triomphe de la grâce. Voulez-vous savoir combien la grâce qui a fait triompher Madame a été puissante…, Bossuet, Duch. d'Orl.

  • 5Dans le langage de la galanterie, triompher d'une femme, vaincre sa résistance. L'amour n'a-t-il encor triomphé que de vous ? Racine, Phèdre, IV, 6. Nous éprouverons bientôt si son aimable chevalier saurait triompher de moi aussi facilement qu'il a triomphé d'elle, Legrand, Temps présent, 2e part. sc. 2.
  • 6Triompher du temps, avoir une durée très longue. Elle [l'Égypte] imagina ses pyramides, qui, par leur figure autant que par leur grandeur, triomphent du temps et des barbares, Bossuet, Hist. III, 3.
  • 7Avoir du succès. Mon fils triomphe aux états [de Bretagne], Sévigné, 379. Elle [Hélène] triompha lorsque Thésée l'eut ravie ; elle triompha lorsqu'elle eut été enlevée par le fils de Priam ; elle triompha enfin lorsque les dieux l'eurent rendue à Ménélas, Montesquieu, Temple de Gnide, 3.
  • 8Se prévaloir. Et, d'autre part aussi, sa charmante moitié Triomphait d'être inconsolable, La Fontaine, Joconde. Les jésuites triompheront ; ce sera leur grâce suffisante en effet, et non pas la vôtre [des dominicains], qui ne l'est que de nom, qui passera pour établie, Pascal, Prov. II. Aubertin triomphe d'un passage de Seyssel, Bossuet, Var. 11. Elle [Agrippine] se hâte trop, Burrhus, de triompher, Racine, Brit. IV, 3. Les évêques espagnols, aidés de quelques prélats arrivés de France, soutiennent leurs prétentions ; c'est à cette occasion qu'ils se plaignent que le Saint-Esprit arrive toujours de Rome dans la malle du courrier, bon mot célèbre dont les protestants ont triomphé, Voltaire, Mœurs, 172.

    Tirer vanité. Bien loin de s'en confondre, on s'en glorifie, on s'en applaudit, on s'en élève, on en triomphe, Bourdaloue, Myst. Pass de Jésus-Chr. t. I, p. 156. Aussitôt [après un trait malin de satire] je triomphe, et ma muse en secret S'estime et s'applaudit du beau coup qu'elle a fait, Boileau, Sat. VII.

  • 9Être ravi de joie, à propos de quelque avantage. Après vous avoir vu triompher des victoires de nos ennemis, je suis bien aise de vous mander que nous avons pris Corbie, Voiture, Lett. 74. Et voilà que le P. Bourgoing étant arrivé en la bienheureuse terre des vivants, il chante et il triomphe avec les saints anges, Bossuet, Bourgoing. La Discorde triomphe, et du combat fatal Par un cri donne en l'air l'effroyable signal, Boileau, Lutr. v. Parmi les déplaisirs où son âme se noie, Il s'élève en la mienne une secrète joie ; Je triomphe, Racine, Andr. I, 1. Les ennemis du sénat et des conjurés triomphaient de la réunion d'Antoine et d'Octave, Vertot, Rév. rom. XIV, p. 312.
  • 10Exceller en traitant quelque sujet. Quand il est sur cette matière, il triomphe. Mais, poursuivit-il, notre père Antoine Sirmond, qui triomphe sur cette matière…, Pascal, Prov. X.

    Exceller en quelque chose préférablement à d'autres. C'est quand il peint des fleurs que ce peintre triomphe

    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ta lumiere se fit veable à ceulx qui vie langoreuse Muerent en vie joieuse, Quant tu triumphas de deable, J. de Meung, Tr. 708.

XVIe s. Et ne doy point differer jusques à voir le jour, ou que mon filz prisonnier soit mené en triumphe par ses citoyens, ou que luy mesme triumphe de son païs, Amyot, Cor. 55.

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Triompher : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRIOMPHER, (Langue françoise.) ce verbe se dit élégamment au figuré pour subjuguer, surmonter, vaincre. La philosophie, dit M. de la Rochefoucaut, triomphe aisément des maux passés & des maux à venir, mais les maux présens triomphent d’elle. L’hypocrisie triomphe tous les jours de la vertu. Ce verbe s’emploie encore noblement pour exceller en quelque chose. Quand il est sur cette matiere il triomphe, c’est-à-dire il excelle. Il triomphe sur la générosité, sur la délicatesse des sentimens. Enfin triompher se prend aussi en mauvaise part pour tirer vanité des vices. Tibere à Rome, comme dans l’île de Caprée ; triomphoit de ses déreglemens & de sa persidie. (D. J.)

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Triompher : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « triompher » les plus populaires.

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Étymologie de « triompher »

Étymologie de triompher - Littré

Lat. triumphare, de triumphus, triomphe ; prov. triomfar ; esp. triunfar ; ital. trionfare.

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Étymologie de triompher - Wiktionnaire

Du latin triumphare (« triompher, vaincre »).
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Phonétique du mot « triompher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
triompher trijɔ̃fe play_arrow

Conjugaison du verbe « triompher »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe triompher

Citations contenant le mot « triompher »

  • Il a pourtant l’habitude de triompher « at home », le prodigieux Anglais. Cette première marche qu’il a gravie pour la 7e fois lors de son Grand Prix national a longtemps pris des allures de promenade de santé. Que voulez-vous faire quand un pilote d’exception dispose de la meilleure voiture du paddock, sinon attendre que le vent de la réussite choisisse un autre camp. Le Soir Plus, Hamilton complètement déjanté à domicile - Le Soir Plus
  • Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé jeudi "le monde libre" à "triompher" de la "nouvelle tyrannie" incarnée selon lui par la Chine communiste. "La Chine d’aujourd’hui est de plus en plus autoritaire à l’intérieur du pays, et plus agressive dans son hostilité face à la liberté partout ailleurs", a-t-il déclaré en Californie lors d’un discours dont la tonalité rappelait plus que jamais la Guerre froide avec l’Union soviétique. SudOuest.fr, Washington appelle "le monde libre" à "triompher" de la "nouvelle tyrannie" chinoise
  • Nous sommes tous embarqués dans la même galère. Nous sommes futiles et malhonnêtes parce que nous devons triompher de personnes futiles et malhonnêtes. De Kressmann Taylor / Inconnu à cette adresse
  • Aimer, c'est aussi posséder, c'est aussi triompher de la joie de sentir un autre vibrer comme soi... De Georges Pétin / Paroles de Poilus - Lettres et carnets du front
  • On part, un jour, parce que l'on veut croire qu'un regard peut triompher des bornes de la pensée. De Michel Le Bris
  • Il est difficile de faire triompher des opinions qui ne sont pas celles de tout le monde. De Arsène Bessette / Le débutant
  • Convaincre, c’est triompher d’un adversaire, c’est une contrainte exercée par une intelligence sur une autre. De Edmond Goblot / Traité de logique
  • Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. De Pierre de Coubertin
  • La philosophie nous montre à triompher des disgrâces de la mauvaise fortune. De Chevalier de Méré / Maximes, sentences et réflexions morales et politiques
  • Vaincre sans péril est peut-être la seule chance de triompher sans péril. De Gilbert Cesbron / Journal sans date
  • Dans une révolution, on doit triompher ou mourir. De Ernesto "Che" Guevara / Lettre à Fidel Castro
  • La comédie est écrite pour triompher de la peur de la mort. De Jacques Nichet
  • Il faut regarder le néant En face pour savoir en triompher. De Louis Aragon / Les poètes
  • Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien. De Edmund Burke / Attribution
  • Vaincre la colère, c'est triompher de son plus grand ennemi. De Publius Syrus
  • Une armée de fourmis peut triompher d’un serpent venimeux. De Proverbe chinois
  • Se vaincre, en plein triomphe, est triompher deux fois. De Publius Syrus / Sentences
  • On ne triomphe que de ce que l'on s'assimile. André Gide, Journal, Gallimard
  • Faut-il tant de fois vaincre avant que triompher ? Pierre Corneille, Polyeucte, V, 3, Polyeucte

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Traductions du mot « triompher »

Langue Traduction
Corse triunfà
Basque garaipen
Japonais 勝利
Russe триумф
Portugais triunfo
Arabe انتصار
Chinois 胜利
Allemand triumph
Italien trionfo
Espagnol triunfo
Anglais triumph
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Synonymes de « triompher »

Source : synonymes de triompher sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « triompher »


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