La langue française

Tonneau

Définitions du mot « tonneau »

Trésor de la Langue Française informatisé

TONNEAU, subst. masc.

A. −
1. Grand récipient cylindrique en bois, renflé en son milieu, fait de douves cintrées assemblées et maintenues par des cercles de bois ou de fer et fermé par deux fonds plats. Tonneau de bière, de choucroute, de harengs, de sardines, de vin; fonçage, jaugeage, reliage d'un tonneau; marquer, rouler un tonneau; cercler, décercler, recercler, relier un tonneau; boucher, débonder un tonneau; mettre un tonneau en perce; détartrer, nettoyer, soufrer un tonneau. Un tonnelier à manches retroussées et en tablier de cuir chevillait un gros tonneau. Les douves retentissaient sous le maillet avec ce bruit de bois creux si lugubre pour quiconque a entendu le marteau des fossoyeurs résonner sur un cercueil (Hugo, Rhin, 1842, p. 292).Cadine adorait les salaisons, elle restait en admiration devant les paquets de harengs saurs, les barils d'anchois et de câpres, les tonneaux de cornichons et d'olives (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 778).
Vin au tonneau (p. oppos. à vin bouché, en bouteille(s)). Vin tiré directement du tonneau au moment de la vente. (Dict. xixeet xxes.).
Fond de tonneau. Mélange épais de vin et de lie restant au fond du tonneau une fois que le vin a été tiré (Dict. xixeet xxes.). Au fig. Reste, résidu, chose médiocre et sans valeur (Dict. xixeet xxes.).
Rinçure de tonneau. Vin médiocre, piquette. Qu'est-ce que je dirai donc, moi, de cette cochonnerie de piquette que Delhomme me donne pour du vin? Il éleva le verre, le regarda à la chandelle. Hein? Qu'a-t-il bien pu foutre là dedans? Ce n'est pas même de la rinçure de tonneau (Zola, Terre, 1887, p. 212).
P. méton. Contenu d'un tonneau. Car j'en boirais bien un tonneau, Que c'vin-là, par-dessus tant d'eau, Ça n'f'rait encore que d'l'eau rougie (Dumas père, Noce et enterrement, 1826, I, 5, p. 78).
Tonneau des Danaïdes. [P. allus. myth.; à propos de qqc. qu'il est impossible d'achever, qu'il faut poursuivre sans cesse] Paris est la grande illusion de tout ce qui pense que vivre c'est user la vie. Paris est le tonneau des Danaïdes; on lui jette les illusions de sa jeunesse, les projets de son âge mur, les regrets de ses cheveux blancs; il enfouit tout et ne rend jamais rien (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 36).C'est mon affection qui succombe, d'anémie, parce qu'elle se sent inutile. Elle ne peut pas se nourrir éternellement d'elle-même. C'est une tâche surhumaine, c'est le tonneau des Danaïdes à recharger jusqu'à ce qu'on s'effondre (Montherl., J. filles, 1936, p. 996).
En partic. [En parlant de qqc. qui cause des dépenses perpétuelles dont on ne voit pas la fin] (Dict. xixeet xxes.).P. méton. Personne qui dépense sans compter. Synon. panier percé*.Je ne vous parlerai pas des habitudes dépensières de M. Arthur; c'est le tonneau des Danaïdes (Augier, MeGuérin, 1865, p. 266).
P. compar. Être gros comme un tonneau. Il était fabuleusement gros, et grand en proportion (...) le dos d'une largeur monstrueuse, le ventre comme un tonneau (Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 575).Avec son bide énorme et son immense képi, encerclé de galons du haut en bas, comme un tonneau (Barbusse, Feu, 1916, p. 261).
Au fig., fam., vieilli. Qualité, valeur, importance d'une chose. Synon. calibre.J'ai lu de lui, cet hiver, des scènes historiques sur la Fronde, genre Vitet, qui sont d'un joli tonneau (Flaub., Corresp., 1878, p. 128).Un insulteur de ce tonneau-là (Goncourt, Journal, 1885, p. 438).
Souvent péj. Du même tonneau. De la même valeur, de la même nature. J'ai entendu les deux actes. Oh! la fin du deux! C'est du même tonneau que Plaisir de rompre, quoique supérieur (Renard, Journal, 1903, p. 815).Belle victoire pour une femme, d'être appelée enfin par un cacochyme! Du même tonneau que la victoire de l'Église, quand l'incroyant dans le coma accepte de voir un prêtre (Montherl., Démon bien, 1937, p. 1238).
2. Récipient en métal, cylindrique monté sur un châssis à roues, destiné au transport de l'eau, du lisier. Synon. tonne.Tonneau d'arrosage. L'atelier d'arrosage comprend généralement deux tonneaux dont l'un sur la chaussée et l'autre au remplissage; chaque tonneau est traîné par son cheval conduit par un homme (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 54).
3. Demi-tonneau dans lequel se tenait autrefois un marchand ou une marchande en plein air. (Dict. xixeet xxes.).
4. Voiture à cheval légère et découverte, à deux roues, dans laquelle on pénètre par derrière. Nous étant laissés entraîner trop loin dans une promenade, nous avions été fort heureux de trouver à Maineville deux petits « tonneaux » à deux places qui nous permettraient de revenir pour l'heure du dîner (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 926).En gilet blanc, veste de tussor écru, canotier, Desca attendait Jean à la station voisine de Joncherolles, son cheval attelé à un tonneau à l'ombre d'un arbre (Chardonne, Pauline, 1934, p. 236).
5. JEUX. Coffre dont le plateau supérieur, le plus souvent décoré d'une grenouille, est percé de trous affectés d'un chiffre correspondant à un nombre de points et dans lesquels les joueurs doivent lancer des palets. Oh! l'argent, les pièces de cent sous, ça ne me représente rien, ce sont comme des palets de jeu de tonneau que j'échange contre des jouissances des yeux (Goncourt, Journal, 1888, p. 858).Une demi-douzaine de convalescents s'ébrouaient autour du vieux jeu de tonneau, et l'on entendait tinter les palets contre la grenouille de bronze (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 849).
P. méton. Jeu du tonneau. Les boutiquiers causaient, discutaient entre eux en jouant au tonneau, et le mot argent sonnait sec dans ces voix aigres comme les palets qu'on heurtait (A. Daudet, Contes lundi, 1873, p. 255).
6. P. anal. (avec le mouvement du tonneau qui roule)
a) AVIAT. Figure de voltige aérienne consistant à faire exécuter à l'appareil un tour complet sur lui-même autour de son axe longitudinal. (En 1913) Pégoud essayait sans le réussir entièrement le « tonneau », retournement latéral de l'appareil (Hist. de l'Aéronautique, 1942ds Petiot 1982).
Tour complet sur elle-même effectué par une automobile autour de son axe longitudinal lors d'un accident. La voiture faisait un double tonneau (L'Auto, 18 avr. 1932ds Petiot 1982).
b) SPORTS (natation). Virage effectué par les nageurs de dos crawlé en bout de ligne. Depuis 1958 les nageurs de dos crawlé semblent être revenus à la plus simple formule du virage, appelée « tonneau »: les jambes pivotent à fleur d'eau. La poussée sur le mur renvoie le corps très en surface (Encyclop. des Sports, 1961ds Petiot 1982).
B. − MARINE
1. MÉTROL. Unité internationale de volume utilisée pour déterminer le jaugeage des navires et valant 2,83 mètres cubes. Un navire de 100 tonneaux de jauge, portant 140 tonneaux de charge, coûte 17 816 francs à Syra, et 46 000 francs à Marseille (About, Grèce, 1854, p. 166).La construction d'un navire de deux à trois cents tonneaux, c'était une grosse besogne (Verne, Île myst., 1874, p. 542).
2. Tonneau d'affrètement. Quantité d'une marchandise déterminée, qui, multipliée par le taux du fret pour le pays de destination, donne le prix du transport de cette quantité de marchandise pour le pays considéré (d'apr. GDEL).
Prononc. et Orth.: [tɔno]. Qq. suj. ds Martinet-Walter 1973 disent [tono]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 tonel (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 1140); 1380 tonniou (Roques t. 2, I, 3137); b) 1552 d'un autre tonneau « d'un autre genre » (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, p. 212); c) 1671 tonneau percé (Bouhours, Entretiens d'Ariste et d'Eugène, p. 95); d) 1684 tonneau des Danaïdes (Bernier, Abr. philos. de Gassendi, p. 234); 2. 1615 « mesure de capacité pour le jaugeage d'un navire » (Montchrestien, Traité d'Œconomie pol., p. 311); 3. 1643 des tonneaux de « des masses de » (Tristan l'Hermite, Page disgracié, p. 191); 4. 1835 c'est un tonneau se dit d'un ivrogne (Ac.); 5. 1888 « voiture légère et découverte, à deux roues, tirée par des chevaux » (Villatte, Parisismen d'apr. FEW t. 13, 2, p. 416a); 6. a) 1917 « (pendant la guerre) vrille, acrobatie aérienne » (Stabilo, Guerre aérienne ds Esn. Poilu); b) 1932 (L'Auto, loc. cit.). Dimin. de tonne*; suff. -eau*. Fréq. abs. littér.: 807. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 021, b) 1 436; xxes.: a) 1 328, b) 991. Bbg. Ball (R. V.). Nouv. dat. pour le vocab. de l'automob. Fr. mod. 1975, t. 43, p. 56. − Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 671. − Quem. DDL t. 16.

tonneau .« Grand récipient cylindrique »

Trésor de la Langue Française informatisé

TONNEAU, subst. masc.

A. −
1. Grand récipient cylindrique en bois, renflé en son milieu, fait de douves cintrées assemblées et maintenues par des cercles de bois ou de fer et fermé par deux fonds plats. Tonneau de bière, de choucroute, de harengs, de sardines, de vin; fonçage, jaugeage, reliage d'un tonneau; marquer, rouler un tonneau; cercler, décercler, recercler, relier un tonneau; boucher, débonder un tonneau; mettre un tonneau en perce; détartrer, nettoyer, soufrer un tonneau. Un tonnelier à manches retroussées et en tablier de cuir chevillait un gros tonneau. Les douves retentissaient sous le maillet avec ce bruit de bois creux si lugubre pour quiconque a entendu le marteau des fossoyeurs résonner sur un cercueil (Hugo, Rhin, 1842, p. 292).Cadine adorait les salaisons, elle restait en admiration devant les paquets de harengs saurs, les barils d'anchois et de câpres, les tonneaux de cornichons et d'olives (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 778).
Vin au tonneau (p. oppos. à vin bouché, en bouteille(s)). Vin tiré directement du tonneau au moment de la vente. (Dict. xixeet xxes.).
Fond de tonneau. Mélange épais de vin et de lie restant au fond du tonneau une fois que le vin a été tiré (Dict. xixeet xxes.). Au fig. Reste, résidu, chose médiocre et sans valeur (Dict. xixeet xxes.).
Rinçure de tonneau. Vin médiocre, piquette. Qu'est-ce que je dirai donc, moi, de cette cochonnerie de piquette que Delhomme me donne pour du vin? Il éleva le verre, le regarda à la chandelle. Hein? Qu'a-t-il bien pu foutre là dedans? Ce n'est pas même de la rinçure de tonneau (Zola, Terre, 1887, p. 212).
P. méton. Contenu d'un tonneau. Car j'en boirais bien un tonneau, Que c'vin-là, par-dessus tant d'eau, Ça n'f'rait encore que d'l'eau rougie (Dumas père, Noce et enterrement, 1826, I, 5, p. 78).
Tonneau des Danaïdes. [P. allus. myth.; à propos de qqc. qu'il est impossible d'achever, qu'il faut poursuivre sans cesse] Paris est la grande illusion de tout ce qui pense que vivre c'est user la vie. Paris est le tonneau des Danaïdes; on lui jette les illusions de sa jeunesse, les projets de son âge mur, les regrets de ses cheveux blancs; il enfouit tout et ne rend jamais rien (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 36).C'est mon affection qui succombe, d'anémie, parce qu'elle se sent inutile. Elle ne peut pas se nourrir éternellement d'elle-même. C'est une tâche surhumaine, c'est le tonneau des Danaïdes à recharger jusqu'à ce qu'on s'effondre (Montherl., J. filles, 1936, p. 996).
En partic. [En parlant de qqc. qui cause des dépenses perpétuelles dont on ne voit pas la fin] (Dict. xixeet xxes.).P. méton. Personne qui dépense sans compter. Synon. panier percé*.Je ne vous parlerai pas des habitudes dépensières de M. Arthur; c'est le tonneau des Danaïdes (Augier, MeGuérin, 1865, p. 266).
P. compar. Être gros comme un tonneau. Il était fabuleusement gros, et grand en proportion (...) le dos d'une largeur monstrueuse, le ventre comme un tonneau (Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 575).Avec son bide énorme et son immense képi, encerclé de galons du haut en bas, comme un tonneau (Barbusse, Feu, 1916, p. 261).
Au fig., fam., vieilli. Qualité, valeur, importance d'une chose. Synon. calibre.J'ai lu de lui, cet hiver, des scènes historiques sur la Fronde, genre Vitet, qui sont d'un joli tonneau (Flaub., Corresp., 1878, p. 128).Un insulteur de ce tonneau-là (Goncourt, Journal, 1885, p. 438).
Souvent péj. Du même tonneau. De la même valeur, de la même nature. J'ai entendu les deux actes. Oh! la fin du deux! C'est du même tonneau que Plaisir de rompre, quoique supérieur (Renard, Journal, 1903, p. 815).Belle victoire pour une femme, d'être appelée enfin par un cacochyme! Du même tonneau que la victoire de l'Église, quand l'incroyant dans le coma accepte de voir un prêtre (Montherl., Démon bien, 1937, p. 1238).
2. Récipient en métal, cylindrique monté sur un châssis à roues, destiné au transport de l'eau, du lisier. Synon. tonne.Tonneau d'arrosage. L'atelier d'arrosage comprend généralement deux tonneaux dont l'un sur la chaussée et l'autre au remplissage; chaque tonneau est traîné par son cheval conduit par un homme (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 54).
3. Demi-tonneau dans lequel se tenait autrefois un marchand ou une marchande en plein air. (Dict. xixeet xxes.).
4. Voiture à cheval légère et découverte, à deux roues, dans laquelle on pénètre par derrière. Nous étant laissés entraîner trop loin dans une promenade, nous avions été fort heureux de trouver à Maineville deux petits « tonneaux » à deux places qui nous permettraient de revenir pour l'heure du dîner (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 926).En gilet blanc, veste de tussor écru, canotier, Desca attendait Jean à la station voisine de Joncherolles, son cheval attelé à un tonneau à l'ombre d'un arbre (Chardonne, Pauline, 1934, p. 236).
5. JEUX. Coffre dont le plateau supérieur, le plus souvent décoré d'une grenouille, est percé de trous affectés d'un chiffre correspondant à un nombre de points et dans lesquels les joueurs doivent lancer des palets. Oh! l'argent, les pièces de cent sous, ça ne me représente rien, ce sont comme des palets de jeu de tonneau que j'échange contre des jouissances des yeux (Goncourt, Journal, 1888, p. 858).Une demi-douzaine de convalescents s'ébrouaient autour du vieux jeu de tonneau, et l'on entendait tinter les palets contre la grenouille de bronze (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 849).
P. méton. Jeu du tonneau. Les boutiquiers causaient, discutaient entre eux en jouant au tonneau, et le mot argent sonnait sec dans ces voix aigres comme les palets qu'on heurtait (A. Daudet, Contes lundi, 1873, p. 255).
6. P. anal. (avec le mouvement du tonneau qui roule)
a) AVIAT. Figure de voltige aérienne consistant à faire exécuter à l'appareil un tour complet sur lui-même autour de son axe longitudinal. (En 1913) Pégoud essayait sans le réussir entièrement le « tonneau », retournement latéral de l'appareil (Hist. de l'Aéronautique, 1942ds Petiot 1982).
Tour complet sur elle-même effectué par une automobile autour de son axe longitudinal lors d'un accident. La voiture faisait un double tonneau (L'Auto, 18 avr. 1932ds Petiot 1982).
b) SPORTS (natation). Virage effectué par les nageurs de dos crawlé en bout de ligne. Depuis 1958 les nageurs de dos crawlé semblent être revenus à la plus simple formule du virage, appelée « tonneau »: les jambes pivotent à fleur d'eau. La poussée sur le mur renvoie le corps très en surface (Encyclop. des Sports, 1961ds Petiot 1982).
B. − MARINE
1. MÉTROL. Unité internationale de volume utilisée pour déterminer le jaugeage des navires et valant 2,83 mètres cubes. Un navire de 100 tonneaux de jauge, portant 140 tonneaux de charge, coûte 17 816 francs à Syra, et 46 000 francs à Marseille (About, Grèce, 1854, p. 166).La construction d'un navire de deux à trois cents tonneaux, c'était une grosse besogne (Verne, Île myst., 1874, p. 542).
2. Tonneau d'affrètement. Quantité d'une marchandise déterminée, qui, multipliée par le taux du fret pour le pays de destination, donne le prix du transport de cette quantité de marchandise pour le pays considéré (d'apr. GDEL).
Prononc. et Orth.: [tɔno]. Qq. suj. ds Martinet-Walter 1973 disent [tono]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 tonel (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 1140); 1380 tonniou (Roques t. 2, I, 3137); b) 1552 d'un autre tonneau « d'un autre genre » (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, p. 212); c) 1671 tonneau percé (Bouhours, Entretiens d'Ariste et d'Eugène, p. 95); d) 1684 tonneau des Danaïdes (Bernier, Abr. philos. de Gassendi, p. 234); 2. 1615 « mesure de capacité pour le jaugeage d'un navire » (Montchrestien, Traité d'Œconomie pol., p. 311); 3. 1643 des tonneaux de « des masses de » (Tristan l'Hermite, Page disgracié, p. 191); 4. 1835 c'est un tonneau se dit d'un ivrogne (Ac.); 5. 1888 « voiture légère et découverte, à deux roues, tirée par des chevaux » (Villatte, Parisismen d'apr. FEW t. 13, 2, p. 416a); 6. a) 1917 « (pendant la guerre) vrille, acrobatie aérienne » (Stabilo, Guerre aérienne ds Esn. Poilu); b) 1932 (L'Auto, loc. cit.). Dimin. de tonne*; suff. -eau*. Fréq. abs. littér.: 807. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 021, b) 1 436; xxes.: a) 1 328, b) 991. Bbg. Ball (R. V.). Nouv. dat. pour le vocab. de l'automob. Fr. mod. 1975, t. 43, p. 56. − Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 671. − Quem. DDL t. 16.

tonneau .« Grand récipient cylindrique »

Wiktionnaire

Nom commun

tonneau \tɔ.no\ masculin

  1. (Tonnellerie) Grand récipient de bois, de forme à peu près cylindrique, mais renflé dans son milieu, à fonds plats, qui est fait de planches ou douves arquées, maintenues par des cercles de fer, et qui sert à contenir des liquides ou certaines autres marchandises.
    • Si donc, dans ces conditions, on veut mécher le tonneau, celui-ci ne contenant plus assez d’oxygène dans l’air qu’il renferme, ne pourra entretenir la combustion du soufre, et la mèche s’éteindra dès qu’elle sera introduite. — (Claude Ladrey, L’Art de faire le vin, 1863, p. 217)
    • Le liquide qui s’écoule est recueilli dans des tonneaux, qu’on place dans les celliers où doit s’opérer la fermentation. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 138)
    • Il […] présidait les grandes assemblées de la nation franque, suivies de ces festins traditionnels parmi la race teutonique, où des sangliers et des daims entiers étaient servis tout embrochés, et où des tonneaux défoncés occupaient les quatre coins de la salle. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1er récit : Les quatre fils de Chlother Ier — Leur caractère — Leurs mariages — Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833–1837)
  2. (Figuré) (Familier) Ivrogne, homme habitué à boire d’une manière excessive.
    • C’est un tonneau.
  3. (Par métonymie) Liquide contenu dans le tonneau.
    • Ils ont bu, depuis un mois, deux tonneaux de vin.
  4. (Marine) (Métrologie) Ancienne unité de poids, de deux mille livres, servant à évaluer la capacité d’un navire. Il se dit aujourd’hui d’une mesure égale à mille kilogrammes. On dit aussi « tonne ».
    • Une autre espèce de navire très-commune à Venise, et qui sert particulièrement à ses communications avec Trieste et les ports de l’Istrie, ce sont des trébacs de soixante à quatre-vingts tonneaux. — (Mémoires de l’Institut National des Sciences et Arts : Sciences mathématiques & physiques, Paris : Baudouin, fructidor an XII, vol. 5, page 67)
    • Le Ménil ne viendra pas chasser à Joinville. Il a acheté un yacht de quatre-vingts tonneaux, Rosebud. Il navigue dans la Méditerranée et ne veut plus vivre que sur l’eau. C’est dommage. Il n’y a que lui qui sache mener la chasse. — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 322)
    • Quatre ans auparavant, sur un yacht de vingt tonneaux, il avait traversé l’Atlantique de Nouvelle-Écosse à Cowes en vingt-deux jours, ce qui constitue un record pour une embarcation de ce tonnage. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
  5. (Marine) (Métrologie) Unité internationale actuellement en usage pour les petits bateaux, utilisée pour donner le volume interne d'une embarcation, elle est égale à 100 pieds cube anglais c'est à dire 2,8316 m3.
  6. Voiture hippomobile, puis ensuite automobile, légère et découverte, de forme arrondie d'où son nom. Les passagers accèdent à leurs sièges par une porte située sur la partie arrière du véhicule.
    • La veille de mon départ, nous nous rendîmes à Llanstephan dans un tonneau tiré par un poney chétif et de petite taille. — (Dylan Thomas, En visite chez grand-papa dans Œuvres, t. 1, Deuil, 1970, page 83)
    • 1904 : La carrosserie phaéton à entrée latérale remplace le tonneau à entrée par derrière. — (Louis Baudry de Saunier, Pol Ravigneaux, Charles Faroux, La vie automobile, Éd Dunod, 1930)
    1. Demi tonneau : Voiture hippomobile légère, de forme arrondie et possédant deux roues.
  7. (Aviation) Figure de voltige où l’avion effectue un tour complet sur l’axe de son fuselage (axe de roulis).
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  8. Rotation d’une voiture sur son axe longitudinal lors d’un accident.
    • Ah oui, parce que je vous l'avais pas dit, ma bagnole c'est une décapotable.
      Je vous le dis parce que c'est très important..
      Vous allez voir plus tard.
      C'est à cause des tonneaux !
      — (Coluche, On n’a pas eu d’bol)
    • Sur le chemin, il a tenté d’éviter un troupeau de chameaux sauvages [...] mais sa voiture a fait des tonneaux et s'est retrouvée hors service.— (Sans eau après un accident en plein désert, il marche 60 heures et parvient à survivre, Le Huffington Post, 5 septembre 2017)
  9. (Héraldique) Meuble représentant le conteneur du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté sous la forme d’un tonneau de vin cerclé avec l’orifice de prélèvement visible (trou de bonde). On le dit cerclé et/ou bondé quand ses cercles ou sa bonde sont d’un autre émail. Il est parfois appelé baril quand il contient de la poudre à canon mais le principe n’est pas forcément suivi surtout s’il est représenté sans éléments faisant référence à l’artillerie. À rapprocher de baril et barrique.
    • De sable au tonneau d’argent, qui est de la commune d’Artonne du Puy-de-Dôme → voir illustration « armoiries avec un tonneau »
  10. (Jeux) Jeu d'adresse, appelé aussi jeu du tonneau ou jeu de la grenouille.
    • Les boutiquiers causaient, discutaient entre eux en jouant au tonneau, et le mot argent sonnait sec dans ces voix aigres comme les palets qu’on heurtait. — (Alphonse Daudet, Maison à vendre, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 187)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

TONNEAU (to-nô) s. m.
  • 1Grand vaisseau fait de douves de bois assemblées, entouré de cercles et fermé par deux fonds, pour mettre des liquides et des marchandises. Un tonneau d'huile. Dans un canton [de la Suisse], sur treize tonneaux de vin on en donne un [pour l'impôt], et on en boit douze ; dans un autre canton, on paye la douzième partie, et on en boit onze, Voltaire, l'Hom. aux 40 écus, Entret. avec un géomètre. Les Gaulois habitants des Alpes avaient inventé les vases de bois appelés tonneaux, comme l'atteste Pline, Mongez, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 61.

    Fig. Si on ne lui donne de la fumée, il s'enfume lui-même, et s'enivre pour ainsi dire à son tonneau, Anti-Ménagiana, p. 52.

    Fig. et familièrement. C'est un tonneau ; se dit quelquefois d'un ivrogne.

  • 2Grand vase en terre cuite, employé chez les anciens, et auquel les modernes donnent le nom de tonneau en certaines locutions.

    Le tonneau de Diogène, tonneau dans lequel Diogène faisait sa demeure. Est-il vrai que tu étais heureux dans ton tonneau ? Fénelon, Dial. des morts anc. Diogène, Denis l'ancien. Il est vrai que, quand tout le monde se ferait Diogène, comme Rousseau, il faudrait parcourir bien des tonneaux avant de rencontrer un Diogène comme celui-là, D'Alembert, Œuv. t. v, p. 375.

    Fig. Rouler son tonneau, se livrer à quelque travail sans objet, par allusion à Diogène, qui, pour ne pas paraître oisif au milieu des Corinthiens se préparant à soutenir un siége, se mit à rouler son tonneau. Diogène sous ton manteau, Libre et content, je bois et ris sans gêne, Diogène sous ton manteau, Libre et content, je roule mon tonneau, Béranger, Nouv. Diog.

    Les deux tonneaux de Jupiter, tonneaux qui, suivant Homère, sont placés à côté de Jupiter, et contiennent l'un les biens, l'autre les maux. Des deux tonneaux de Jupiter, le plus gros est celui du mal ; or pourquoi Jupiter a-t-il fait ce tonneau aussi énorme que celui de Cîteaux ? Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 5 mai 1756. Votre Majesté a bien raison de dire que le mauvais tonneau de Jupiter, celui qui verse les maux sur les hommes, est plus grand et plus plein que celui qui verse les biens, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 11 oct. 1782.

    Fig. Tonneau des Danaïdes, voy. DANAÏDES.

  • 3Le contenu du tonneau.

    Toute marchandise renfermée dans un tonneau.

  • 4Tonneau rempli de terre servant dans les siéges et les fortifications. [à Suze] Louis XIII escalada les retranchements, poussé par les épaules pour escalader sur les roches et sur les tonneaux et sur les parapets, Saint-Simon, 8, 96.
  • 5Sorte de demi-tonneau dans lequel certaines marchandes se tiennent au marché pour leur commerce. Mme de Luxembourg ressemblait à ces grosses vilaines harengères qui sont dans un tonneau avec leurs chaufferettes sous elles, Saint-Simon, 97, 27.
  • 6Dans le commerce des vins, des cidres, mesure plus grande que le muid. Notre province de Normandie… savoir, du tonneau contenant trois muids mesure de Paris à raison de 288 pintes de clair sans marc ni lie pour chacun muid ; de la pipe qui est la moitié du tonneau ; du muid qui est le tiers et du demi-muid qui est le sixième, Lett. pat. juill. 1680.
  • 7Appareil qui sert de but pour tirer à la bombe.
  • 8Baril défoncé, sur lequel les argenteurs posent la chaudière, afin qu'elle soit plus à portée de l'ouvrier.
  • 9 Terme de marine. Anciennement, poids de deux mille livres, et, en volume, espace de 40 pieds cubes. Après la paix de 1763, la Grande-Bretagne a envoyé assez régulièrement, tous les ans, aux côtes de Guinée, 195 navires, formant ensemble 23 000 tonneaux, et montés de 7 ou 8000 hommes, Raynal, Hist. phil. XI, 20.

    Aujourd'hui, le tonneau de mer, ou tonneau métrique, est du volume d'un mètre cube, et du poids de 1000 kilogrammes (eau distillée). Navire de 500 tonneaux, de 1000 tonneaux.

    Tonneau de jauge, totalité des tonneaux que la jauge assigne ; tonneau de déplacement, le volume d'eau qu'un navire déplace.

  • 10Tonneau de pierres se dit d'une quantité de pierres de quatorze pieds cubes, qui pèse environ la moitié d'un tonneau de navire.
  • 11Nom donné en Flandre à l'engrais provenant des fosses d'aisance.
  • 12Espèce de jeu, table percée de trous, qui répondent à autant de cases marquées 10, 20, 30, 50, 100, etc. ; on tâche de loin d'y faire entrer des palets de fer, de cuivre ou de plomb, après être convenu du nombre qu'il faut atteindre pour gagner la partie. Jouer au tonneau.

HISTORIQUE

XIIe s. Il i ont mis du fu tout rasé [ras] un tonel, Sax. IX. Mes hummes [ils] unt batuz, mun somier escurcié ; Mes tuneaus e mon vin tolu e esforcié, Th. le mart. 142.

XIIIe s. Il pristrent dix sept grans nés [nefs], et les emplirent de grans merriens et d'estoupes et de pois et de tonnauts vuis [vides], Villehardouin, XCV. Nus jaugeur ne puet ne ne doit prendre de un tonnel jaugier, quelque li tonniax soit, petit ou grans, que deux deniers, Liv. des mét. 27. Jupiter en toute saison A sor le suel de sa maison, Ce dit Omers, deus plains tonneaus, la Rose, 6839. Ou le tonnel sans fons ira Emplir, ne ja ne l'emplira, Si cum font les Belidiennes Por lor folies anciennes, ib. 19501. Ne vont pas après Dieu tel gent le droit sentier ; Ainz [onque] Diex ne vout avoir tonel sor son chantier, Ne denier l'un sor l'autre, ne blé, ne pain entier, Rutebeuf, 177.

XVIe s. Les traits, les lances et arbalestes à feu, les tonneaux meurtriers, Paré, IX, Préf. Item est à entendre que les noms des chargements sont differents, combien que qui l'entend tout revient à ung ; car en ponent parlent à tonneaux, et en Provence et levant parlent à bottes : ung tonneau vault deux bottes, et doit poiser le tonneau de dix neuf à vingt quintaux peu plus peu moins, et la botte neuf quintaulx et demy, Ant. de Conflants, Faits de la marine, dans JAL. C'est ressembler aux tonneaux qu'on perce : l'on n'en peut rien tirer qu'on ne leur donne du vent, Charron, Sagesse, I, 21. À savoir le tonneau contenir 504 pots, la pipe ou queue 252 pots, la barique ou demie queue 126 pots ; le hambourt ou le demi ponçon 81 pots ; le baril de cervoise 72 pots, le baril d'huile 64 pots, Ordonn. des assises de Caudebec, du 30 janv. 1584, homologuées par Lett. Pat. 6 sept. 1585.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TONNEAU. Ajoutez :
13 En termes de mer, tonneau de registre, tonneau compté sur le tonnage de registre (voy. TONNAGE, n° 1).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TONNEAU, s. m. (Commerce.) signifie en général toutes sortes de vaisseaux ou futailles de bois, ronds, à deux fonds, & reliés de cercles servant à mettre diverses sortes de marchandises, comme vin, eau-de-vie, huile, miel, pruneaux, &c.

Tonneau se dit aussi d’une certaine mesure de liqueurs. A Bordeaux & à Bayonne le tonneau est composé de quatre bariques qui font trois muids de Paris. Le muid de Paris est de 36 septiers, chaque septier de 8 pintes, ce qui monte à 288 pintes ; sur ce pié le tonneau de Bordeaux doit être de 864 pintes, & celui d’Orléans de 576 pintes, parce qu’il ne contient qu’environ 2 muids de Paris. Voyez Muid.

Le tonneau d’Amsterdam contient 6 aems ou ams, l’aem 4 ankers, l’anker 2 stekans, le stekan 16 mingles, & le mingle 2 pintes de Paris ; ce qui revient pour chaque tonneau à 1600 pintes.

Le tonneau d’Angleterre est de 252 gallons, chaque gallon de 4 pintes de Paris ; ce qui fait 1008 pintes de Paris. Voyez Gallon.

Tonneau est encore une mesure ou quantité de grains qui contient ou qui pese plus ou moins, suivant les lieux où elle est en usage.

A Nantes le tonneau de grains contient 17 septiers de 16 boisseaux chacun, & pese 2200 à 2500 livres. Il faut 3 tonneaux de Nantes pour faire 28 septiers de Paris.

A Marans & à la Rochelle il contient 42 boisseaux, & son poids est de deux pour cent moins que celui de Nantes.

A Brest il contient 20 boisseaux, chaque boisseau pesant près de 112 livres ; ainsi le tonneau de Brest qui fait 10 septiers de Paris peut peser environ 2240 livres.

A Port-Louis & à Hennebon il pese 2950 livres ; à Rennes & à Saint-Malo 2400 livres ; à Saint-Brieux 2600 ; à Aire, Quimpercorentin, & Quimperlay son poids n’est que de 1200.

Il y a encore quelques villes de France & des pays étrangers qui réduisent leurs mesures pour les grains au tonneau, entre autres Beauvais & Copenhague. Le tonneau de Beauvais est presque égal au muid de Paris, qu’il n’excede que d’une mine ; mais il faut 40 tonneaux ou tonnes de Copenhague pour faire 19 septiers de Paris.

Les tonneaux de toutes ces villes réduits à la mesure d’Amsterdam contiennent, les uns 13 muddes, comme ceux de Marans, de la Rochelle, de Nantes, & de Quimpercorentin ; d’autres 13 muddes & demi, tels que ceux de Brest & de Morlaix. Les tonneaux de Rennes & de Saint-Malo contiennent 14 muddes d’Amsterdam, celui de Saint-Brieux 15 muddes & demi, celui d’Hennebon & de Port-Louis 17 muddes. Voyez Mudde, Diction. de Commerce.

Tonneau est aussi un terme de Commerce de mer. Le tonneau de mer est estimé peser 2000 livres ou 20 quintaux de 100 liv. chacun ; le prix du fret ou voiture des marchandises qui se chargent dans un vaisseau se reglent sur le pié du quintal ou sur le pié du tonneau de mer ; ainsi l’on dit charger au quintal ou charger au tonneau ; on donne ordinairement dans le fond-de-cale qui est le lieu de la charge d’un vaisseau, 42 piés cubes pour chaque tonneau.

Quoique le tonneau de mer soit estimé peser 2000 livres, cependant l’évaluation ne laisse pas de s’en faire pour le prix du fret en deux manieres, ou par rapport au poids des marchandises, ou par rapport à l’encombrement ou encombrance, comme on dit à Bordeaux, qu’elles peuvent causer dans le fond-de-cale, c’est-à-dire de la place qu’elles peuvent y occuper à cause de leur volume : ainsi l’on évalue ces marchandises sur un certain pié, par exemple ; quatre bariques de vin sont prises pour un tonneau ; vingt boisseaux de chataignes, de blé, de féves, de graine de lin, de noix, &c. passent aussi pour un tonneau. Cinq balles de plume ou de pelleterie, pesant chacune un quintal, huit balles de papier, pesant chacune cent livres, ne font qu’un tonneau. Trois balles de chanvre pesant chacune deux quintaux, font le tonneau. Vingt quintaux de tabac sont estimés faire le tonneau quant au poids ; mais quant à l’encombrement, il faut cent cinquante rouleaux de tabac pour faire le tonneau. Diction. de Commerce.

Tonneau de permission, (Comm.) on nomme ainsi en Espagne la quantité de tonneaux de marchandises que le conseil des Indes & le consulat de Seville jugent à propos d’envoyer en Amérique par les gallions & par la flotte.

Le nombre de ces tonneaux se regle ordinairement sur les avis que les ministres d’Espagne reçoivent des vice-rois du Mexique & du Pérou, de la nécessité que ces pays peuvent avoir de plus ou moins de marchandises ; en-sorte qu’il y a des flottes qui n’ont permission que pour deux mille tonneaux, & d’autres en ont jusqu’à cinq ou six mille ; on jauge même les vaisseaux marchands pour remplir la quantité de tonneaux de permission, ce qui fait qu’en certaines années il y a plus de vaisseaux marchands qu’en d’autres : le nombre des vaisseaux de guerre qui leur sert d’escorte est toujours. Le même Diction.

Tonneau ; on nomme à Paris un tonneau de pierre de saint Leu ou d’autre pierre tendre, la quantité de quatorze piés cubes : chaque tonneau se divise en deux muids de sept piés cubes chacun. Id. ibid.

Tonneau, se dit encore de la marchandise, soit solide soit liquide, renfermée dans un tonneau : un tonneau de vin, un tonneau d’huile, un tonneau de sardines, &c.

Tonneau, en terme d’Argenteur, est un barril défoncé, sur lequel on pose la chaudiere afin qu’elle soit plus à portée de l’ouvrier. Voyez Pl. & fig. de l’Argenteur.

Tonneau de pierre, s. m. (Archit.) c’est la quantité de quatorze piés cubes, qui sert de mesure pour la pierre de saint Leu, & qui peut peser environ un millier ou dix quintaux : ce qui fait la moitié d’un tonneau de la cargaison d’un vaisseau. Lorsqu’une riviere a sept ou huit piés d’eau, la navée d’un grand bateau peut porter 400 à 450 tonneaux de pierre.

Tonneau des Danaides, (Mythol.) nom consacré à ce fatal tonneau :

Des sanguinaires Euménides ;
Châtiment à jamais nouveau :
Ces sœurs envain tentent sans cesse
D’emplir la tonne vengeresse ;
Mégère rit de leurs travaux ;
Rien n’en peut combler la mesure ;
Et par l’une & l’autre ouverture,
L’onde entre & fuit à flots égaux.

Si M. de la Mothe n’eut publié que des morceaux de cette beauté, on n’auroit pû lui refuser le nom d’un de nos premiers poëtes lyriques.

Ce qui a fait imaginer ce châtiment fabuleux, disent nos mythologues modernes, c’est que les Danaïdes communiquerent aux Argiens l’invention des puits, qu’elles avoient apportée d’Egypte où les eaux étoient rares ; si on l’aime mieux, c’est l’invention des pompes ; & comme on tiroit continuellement de l’eau par le moyen de ces pompes, pour les usages des cinquante filles de Danaüs, ceux qui étoient employés à ce pénible travail, dirent peut-être, que ces princesses étoient condamnées à remplir un vaisseau percé, pour consommer tant d’eau. En un mot, ce châtiment fabuleux doit vraissemblablement son origine à quelque fait historique de cette nature. (D. J.)

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Étymologie de « tonneau »

(Date à préciser) De l’ancien français tonnel.
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Dimin. de tonne ; wallon, tonai ; bourg. tonea ; provenç. et espagn. tonel.

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Phonétique du mot « tonneau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tonneau tɔno

Citations contenant le mot « tonneau »

  • Pour connaître l'origine et la qualité d'un vin, il n'est pas nécessaire de boire le tonneau entier. De Oscar Wilde / Aphorismes
  • Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit. De Proverbe français
  • Ces littérateurs sont comme les tonneaux des Danaïdes : ils laissent passer toute l'humanité. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Sécurité sociale. Depuis le tonneau des Danaïdes, on n'a pas trouvé mieux. De Jacques Mailhot / La politique d'en rire
  • L’âme déréglée est comme un tonneau percé à cause de sa nature insatiable. De Socrate
  • Il est bien tard d'épargner sur le tonneau quand le vin est à la lie. De Hésiode / Les travaux et les jours
  • Au cœur du cimetière de Rochechouart, une drôle de sépulture se dresse, attirant l’œil. Non, ce n’est pas un mirage, il s’agit d’un très grand tonneau. Cette sépulture, c’est celle de Léonce Chabernaud. Voici son histoire. www.lepopulaire.fr, Connaissez-vous l'histoire du tonneau de Léonce, à Rochechouart ? - Rochechouart (87600)
  • Un automobiliste a perdu le contrôle de sa voiture, dans le sens montant, selon l’un des témoins. Elle a fait un tonneau avant de s’immobiliser sur le bas-côté. www.paris-normandie.fr, Après un tonneau, la voiture termine sur le bas-côté à Fécamp, le conducteur pris en charge par les secours
  • La voiture a alors fait un tonneau avant de s’immobiliser. , Faits-divers - Justice | La voiture fait un tonneau à Mazeyrat-d’Allier: deux blessés
  • On en sait un peu plus sur le corps retrouvé dimanche dernier flottant dans un tonneau, sur la Seine à Saint-Fargeau-Ponthierry. , L'homme retrouvé mort dans un tonneau à Saint-Fargeau aurait été poignardé et étranglé - EVASION
  • Dans la nuit de lundi à mardi, un véhicule a fait plusieurs tonneaux après une sortie de route sur la RN88. La voiture comptait quatre occupants, une famille du Sud de la France dont deux enfants de 11 et 14 ans. , Le Brignon : il s'assoupit, la voiture part en tonneau, deux blessées graves - La Commère 43

Images d'illustration du mot « tonneau »

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Traductions du mot « tonneau »

Langue Traduction
Anglais barrel
Espagnol barril
Italien barile
Allemand fass
Chinois
Arabe برميل
Portugais barril
Russe бочка
Japonais たる
Basque kupela
Corse barili
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Synonymes de « tonneau »

Source : synonymes de tonneau sur lebonsynonyme.fr

Tonneau

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