La langue française

Ton

Sommaire

  • Définitions du mot ton
  • Étymologie de « ton »
  • Phonétique de « ton »
  • Citations contenant le mot « ton »
  • Images d'illustration du mot « ton »
  • Traductions du mot « ton »
  • Synonymes de « ton »

Définitions du mot ton

Trésor de la Langue Française informatisé

TON1, TA, TES, adj. poss.

[Déterm. du subst. qui a d'une part une fonction d'actualisation comparable à celle de l'art. le et qui, d'autre part, renvoie à la pers. à laquelle qqn dit « tu ». Comme déterm., il s'accorde en genre et en nombre avec le subst. du syntagme nom. Le fém. ta est remplacé par ton devant voy. ou h non aspiré: ton amie, ton humeur]
I. − [Marque que l'entité que désigne le subst. déterminé est dans un rapport de dépendance avec la pers. à qui je dit « tu »]
A. − [Le poss. détermine un subst. désignant une pers.; le groupe nom. exprime un rapport de parenté ou un rapport soc. relativement à l'interlocuteur] Tes parents, ton cousin, ta voisine, ton patron. Tu trompes ton homme, et tu cours les galants! (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 151).Je veux que tu saches, je veux que vous sachiez, toi, ton fils, ta fille, ton gendre, tes petits-enfants, quel était cet homme qui vivait seul en face de votre groupe serré (Mauriac, Nœud vip., 1932, p. 19).
En partic. [Dans la formule annonçant ou constituant la signature d'une lettre: ton mari, ton Max « celui qui est ton mari, qui est Max »] Tu vois que je suis gentil en t'écrivant tous les jours. Fais-en de même de ton côté. Adieu, vieux Loulou. Je t'embrasse très fort. Ton ganachon (Flaub., Corresp., 1865, p. 39).
B. − [Le poss. détermine un subst. désignant une chose]
1. [Le subst. désigne une partie du corps, une disposition, une faculté; la relation est celle d'une possession « inaliénable »] Montre-moi tes mains. Ce soir, tu n'es pas dans ton assiette (Hermant, M. de Courpière, 1907, iii, 7, p. 25).Ta barbe!... Que tu es comique avec ta barbe! (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 96).Mets ta petite figure contre mon cou, là, à la place que tu aimais (Mauriac, Asmodée, 1938, v, 5, p. 205).
[Le subst. désigne une période de la vie] Depuis ta naissance; dans ta jeunesse; à ton âge. Je sentis quelque chose en moi qui me disait: Reste devant elle jusqu'à la fin de tes jours, et garde-la (Vigny, Serv. et grand. milit., 1835, p. 56).Tu m'as dit, dans tes bons moments, que la Providence m'a chargée de veiller sur toi comme une mère (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 257).
2. [Le subst. désigne des objets, des biens, des lieux; le poss. exprime l'appropriation, la possession] Tu mets une/ta veste, des/tes chaussures; tu t'allonges sur le/ton lit. Je cherchais mon dé, qui avait roulé. − Ton dé? Le voilà sur la table (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 135).Quand tu verras avancer le groupe à ta gauche, tu avanceras (Malraux, Espoir, 1937, p. 486).Ne reste pas comme ça dans ton coin, à te ronger les sangs (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 295).
3. [Le subst. désigne le produit, le résultat de l'activité de la pers. dont il est question] Ton article, ton dernier roman. Oui! eh bien, c'est très intéressant, mais tu nous raconteras tes mémoires une autre fois! (Feydeau, Dame Maxim's, 1914, i, 6, p. 10).
C. − En partic. [Ton/ta/tes est la trace d'une relative qui comporte tu: « le... dont tu parles, que tu évoques, que tu proposes » (elle est belle, ta religion! « la religion dont tu te réclames »; tu peux les garder, tes cadeaux « les cadeaux que tu me proposes »)] Et je voulais t'annoncer une grosse nouvelle. Puisque je suis une idiote, je ne te l'annoncerai pas (...).Tu peux la garder, ta nouvelle, dit-il. Je m'en fiche pas mal (Cocteau, Enfants, 1929, p. 43). − (...) tu ne me vendrais pas cette peau de lièvre? (...) le gros Sauteiron, celui qui vend des chevaux (...) a crié:Amène-la, ta peau. Il en a donné six francs. Panturle a dit:Ça va (Giono, Regain, 1930, p. 139).
[Souvent dans un syntagme introd. par avec] Tu nous ennuies, avec tes citations; arrête, avec tes bêtises. Pierre, à quoi penses-tu? Parle-moi... Oh! tu ne m'aimes plus.Fous-moi la paix avec tes boniments. J'ai sommeil (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 70).
[En parlant d'une pers.] (...) Elle n'est même pas rentrée, ta Juliette, à huit heures et demie.Pourquoi, ma Juliette?Parce qu'elle sait que son père lui passe tout, et qu'elle en profite (Aymé, Jument, 1933, p. 75).Si je les trouve, tes salauds, ça leur coûtera cher. Alors, cache-les bien! (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 102).
II. − [Le subst. désigne un procès ou complète un verbe support]
A. − [Le poss. est coréférent avec le suj. de la phrase]
1. [Le poss. peut alterner avec un autre déterm.] Tu fais un choix/ton choix; tu as pris une douche/ta douche; tu vas au travail/à ton travail; tu prends de l'élan/ton élan. Et puis tu as piqué ta crise, comme tout à l'heure, pire encore, hein? T'es tombé? (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 176).
Fam. [Le poss. remplace l'art. dans le tour du type tu fais le fier, le malin] Tu passes dans la rue, oh! la jolie montre! et on entre dans le magasin, tu te l'épingles au corsage, tu fais ta mutine, il ne peut pas te l'enlever, ou alors c'est un mufle (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 366).
[Avec un verbe comportant un compl. d'obj. indir. ou le pron. corresp.] Tu lui fais des excuses/tes excuses; tu lui apportes de l'aide/ton aide; tu lui accordes le pardon/ton pardon. Je t'ai parlé de ça, Joigneau (...), pour que tu puisses, en passant, lui dire ton mot là-dessus, à la garce (Martin du G., Vieille Fr., 1933, p. 1023).
2. [Le poss. est obligatoire (dans des expr. plus ou moins lexicalisées)] Tu as réussi ton coup; tu caches bien ton jeu; tu as fais de ton mieux, ton possible; prends ton mal en patience. À toi, mon Dieu! à toi seul à le prendre sous ta garde (Toepffer, Nouv. genev., 1839, p. 55).Si tu me nourris dans l'espoir d'une rançon, tu en seras pour tes frais (About, Roi mont., 1857, p. 102).Ton lot est de regretter toujours, de ne désirer jamais. Il faudrait en prendre ton parti, mon cher (Fromentin, Dominique, 1863, p. 132).
B. − [Le poss. est coréférent avec le compl. te]
1. [Avec te, obj. dir.; le poss. du compl. prép. est coréférent à te] Elle t'a remis à ta place; on t'a abandonné à ton triste sort; on t'a mis le nez dans ton caca. Il te mène à ta perte, frère (Vogüé, Morts, 1899, p. 395).
2. [Avec te, obj. indir. (« à toi »), le poss. du compl. d'obj. dir. est coréférent au pron. te] Jean te passe tous tes caprices; je t'ai donné ton congé; on va te faire ta fête; il t'a dit tes quatre vérités; je te ferai tes commissions. Allons donne-le: tu vois bien que je t'ai laissé ta chance et que tu n'en as pas profité (Sartre, Mains sales, 1948, 6etabl., 2, p. 231).
C. − [Transpose dans le groupe nom. le pron. pers. tu (le subst. est un dér. morphol. de verbe ou le subst. compl. d'un verbe opérateur)]
1. [Comme constituant de la phrase]
a) [Le subst. a un sens actif] Tes accusations sont graves; je refuse tes avances, ton aide; ton dégoût n'est pas justifié. C'est bien pour ça que je viens à ton aide, moi! (Martin du G., Taciturne, 1932, III, 8, p. 1340).
b) [Le subst. a un sens passif] Ton admission ne saurait tarder. (...) J'ai pensé que j'étais responsable de ton arrestation...Mon pauvre ami (...), j'ai été arrêté le même jour que toi (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 251).
Rem. Voir la liste des princ. subst. à sens passif, s.v. mon/ma/mes I C 2 rem.
2. [Dans des loc. circ. en incise] À ta place, je ne le ferais pas. Un verre de clairet ou de brumeux, à ton gré, te remettra (Cladel, Ompdrailles, 1879, p. 343).Bon à ton avis qu'est-ce qui vaut le plus cher la peau d'un cheval ou la peau d'un soldat (Cl. Simon, La Route des Flandres, Paris, éd. de Minuit, 1960, p. 132).
Prononc. et Orth.: [tɔ ̃], [ta], [tε], [te]. Liaison en [n], dans ton allure, ton état p. ex., en [tɔ ̃n] (majoritairement), ou, avec la dénasalisation de la voy., [tɔn] (d'apr. Passy 1914, Martinet-Walter 1973). Warn. 1968, tes, « pfs soutenu [tε] ». Homon. ton2,3,4; tonds, tond (de tondre); 1,2; thé. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Déterm. poss. atone de la singularité fonctionnant comme un art. A. Masc. 1. sing. a) 2emoit. xes. cas suj. tos forme prov. [v. éd. p. 90] le subst. déterminé est attribut du suj. (St Léger, éd. J. Linskill, 92: Tos consiliers ja non estrai); fin xes. tos id. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 56); ca 1050 tes; agn. tis [Pope,1260] (St Alexis, éd. Chr. Storey, 339; 415); ca 1100 id. tis (Roland, éd. J. Bédier, 223); b) fin xes. cas régime ton; to [infl. prov.] (Passion, 296; 514); ca 1050 agn. tun (St Alexis, 25; 469); ca 1100 id. (Roland, 1984; 3894); 1remoit. xiiies. pic. ten (Aucassin et Nicolette, éd. M. Roques, XXIV, 68); 2. plur. a) fin xes. cas régime tos [forme prov.] (Passion, 63); fin xiies. tes (Sermons de St Bernard, 115, 37 ds T.-L.); b) ca 1100 cas suj. ti (Roland, 3901). B. Fém. 1. sing. a) fin xes. cas régime ta (Passion, 295); ca 1100 élidé devant voy. init. (Roland, 2898: t'anme); xiiies. forme masc. devant voy. init.; lorr. (Dialogus anime conquerentis et rationis consolantis, éd. F. Bonnardot, XXVII, 12: ton ire dot), v. recension de P. Rickard ds Archivum linguisticum, t. 11, 1959, pp. 32-42; b) ca 1050 cas suj. ta (St Alexis, 131); 1erquart xiiies. pic. te [en appos.] (Renclus de Molliens, Miserere, éd. A. G. Van Hamel, CLXXVI, 2: Ch'est te moleste); 2. plur. a) fin xes. cas régime tas [forme prov.] (Passion, 63); ca 1100 tes (Roland, 3493); b) 1remoit. xiies. cas suj. tes (Psautier de Cambridge, éd. Fr. Michel, XXXVII, 2). Tes, ton - ti, tes; ta, tes poss. atones de la singularité sont issus du parad. lat. vulg. atone (proclitique): masc. sing. tus (class. tŭus) < tọs < tes; tum (tŭum) < tọm < ton; plur. < tọs < tes entraînant par réfection anal. le cas suj. ti (sur lequel a été à son tour refait le masc. sing. cas suj. tis, Pope, § 353); fém. sing. ta, plur. tas tes. Cette série atone, de type tus, tum, signalée dans la 2emoit. du vies. par le grammairien toulousain Virgilius Maro (Epitomae, éd. D. Tardi, VI, De Pronomine, p. 81), vient de la contraction des deux u en position enclitique (Vään., 81), et tus a entraîné tos; ta, tas. Pour le maintien du -m final de tum comparé à son amuissement dans tam, v. son1, sa, ses. Ce parad. atone constitue dans la lang. parlée à basse époque, une série distincte du parad. tonique, cf. tien. Fréq. abs. littér.: 22 471. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 34 878, b) 38 859; xxes.: a) 27 430, b) 28 487. Bbg. Godard (D.). Les Déterminants possessifs... Lang. fr. 1986, no72, pp. 102-121. − Gross (G.). Synt. du déterm. poss. Déterm.: synt. et sém.: Colloque internat. de ling. Fac. des lettres et sc. hum. de Metz. Centre d'analyse synt. Paris, 1986, pp. 109-110. − Harris (M.). Demonstratives, articles and third person pronouns in Fr. Z. rom. Philol. 1977, t. 93, pp. 249-261. − Langacker (R. W.). Observations on Fr. possessives. Language. Baltimore, 1968, t. 44, pp. 51-75. − Pinchon (J.). Morphosyntaxe du fr. Paris, 1986, pp. 105-113; les Pron. adv. en et y. Genève, 1972, pp. 152-165. − Rickard (P.). The rivalry of m(a), t(a), s(a) and mon, ton, son before feminine nouns in Old and Middle Fr. Archivum linguisticum. 1959, t. 11, pp. 21-47, 115-147. − Rouget (Ch.). Comment son et le sien mettent de l'ordre dans la synt. nom. Rech. Fr. parlé. 1986, no8, pp. 105-117. − Wunderli (P.). Les Struct. du possessif en m. fr. In: Ét. de synt. de m. fr. Éd. par R. Martin. Paris, 1978, pp. 111-119.

TON2, subst. masc.

MÉD., vx. [Corresp. à tonique1] ,,État de rénitence et d'élasticité de chaque tissu organique dans l'état de santé`` (Littré-Robin 1865). Synon. tension, tonicité, tonus.Un muscle non contracté manifeste son état d'orgasme par ce qu'on a appelé le ton musculaire (E. Perrier, Philos. zool. av. Darwin, 1884, p. 77).
P. anal., vx. Synon. de force, tonus, énergie.Allons, père Passajon, un verre de château-larose... Ça vous donnera du ton (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 26).Tu lui diras, puisqu'il m'a adressé personnellement ce compte, que je t'ai chargé de l'examiner. Ça nous donnera du « ton » (...) auprès du directeur de ce périodique (Jammes, Corresp.[avec Gide], 1897, p. 96).
Prononc. et Orth.: [tɔ ̃]. Homon. ton1, 3, 4; tonds, tond (de tondre); thon. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1771 « état normal d'élasticité et de fermeté des tissus organiques » (Voltaire, Lettre à Richelieu, 3 juin ds Littré); 1832 fig. « énergie psychique » (Balzac, L. Lambert, p. 124). Empr. au gr. τ ο ́ ν ο ς « tension » d'apr. l'adj. tonique1*.

TON3, subst. masc.

I. − Domaine acoust. et musical
A. − Hauteur de la voix (à un moment donné ou en moyenne). Ton de voix aigu, élevé, haut, bas, grave, uniforme; baisser le ton; ton descendant, montant. Puis se dressant péniblement hors de ses oreillers, les deux mains posées sur ses genoux, sans élever le ton:Je vous l'ordonne, mon enfant. Au grand étonnement du doyen, son vicaire hésita longtemps, le regard dur (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 227).
P. ext. Qualité de la voix (hauteur, timbre, intensité) ou qualité des sons émis par un instrument. Ton rauque, sourd. Le clavecin accompagnait d'un ton nasillard le vieil air (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 151).La voix maîtresse du grand-père, le ton criard et saccadé de l'ancêtre (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 38).
B. − Spécialement
1. MUSIQUE
a) ,,Distance entre deux notes conjointes`` (Rougnon 1935). Il faut songer que notre musique ne les ravit [les Orientaux] que médiocrement; la leur, qui procède par quarts de ton, nous est également incompréhensible, à moins d'être pour ainsi dire traduite selon notre système musical (Nerval, Voy. Orient, t. 3, 1851, p. 59).
Ton majeur (do-ré). Intervalle ,,plus grand que le ton mineur d'un comma syntonique`` (Candé 1961). Synon. seconde majeure.
Ton mineur (ré-mi). Intervalle ,,formé d'un 1/2 ton chromatique et d'un 1/2 ton diatonique`` (Candé 1961).
En compos. Demi-ton diatonique (do-ré bémol). Intervalle qui ,,dépasse le 1/2 ton chromatique d'un (...) 1/4 de ton`` (Candé 1961). Synon. seconde mineure.Demi-ton chromatique (do-do dièse).
b) Hauteur du son définie par rapport à son repère. Changer de ton; donner le ton (la note repère sur laquelle les musiciens s'accordent); n'être pas dans le ton; sortir du ton (en faisant des fausses notes). Lorsque deux cordes sonores ont eu d'abord entre elles un intervalle musical défini, et qu'au bout d'un certain temps, elles cessent d'offrir cet intervalle, on se demande si le ton de l'une a haussé, si le ton de l'autre a baissé, ou si ces deux causes ont concouru à faire varier l'intervalle (Cournot, Fond. connaiss., 1851, p. 3).
En partic. ,,On désigne un ton par le nom de la première note de la gamme dont il est formé. On dit gamme et ton d'ut, de ré`` (Rougnon 1935). Synon. gamme.Chacun d'ailleurs chantait dans un autre ton que son voisin (Berlioz, Souv. voy., 1869, p. 30):
1. L'espressivo marque le moment où, après la montée de sa supplication hoquetante, elle sent avec douleur l'inutilité de ses demandes, et se replie. Mais tandis qu'elle croit tomber, de marche en marche, dans le chaos, dans le sans lumière, (42memesure), − elle se dirige, à son insu, vers les calmes profondeurs du ton clair de ré majeur. Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 264.
c) Tons psalmodiques, tons ecclésiastiques. ,,Formules (...) choisies en fonction du caractère modal de l'antienne qui les encadre (...)`` (Mus. 1976).
d) Tons de chasse, tons de la trompe. ,,Sonneries de cor ou trompe de chasse, pour guider les chiens et indiquer des incidents particuliers dans les chasses...: la quête, le lancé, la vue, le hourvari, le retour, la requête, le relancé, le débuché, le hallali, le bat-l'eau, la sortie de l'eau, la retraite manquée, l'appel simple, l'appel forcé`` (Rougnon 1935). Le ton pour chiens, le ton grêle; le gros ton, ou (...) le gros et les fanfares (Baudr.Chasses1834).
e) P. méton.
α) ,,Partie amovible qui sert à allonger (ou raccourcir) le tube d'un instrument à vent en cuivre, donc la colonne d'air vibrante, et permet d'en baisser (ou hausser) le ton, d'où son nom`` (Mus. 1976).
β) ,,Sifflet à piston qui donne le ton`` (Wright Mus. 1941).
2. MÉD. Ton artériel. ,,Bruit systolique entendu à l'auscultation d'une grosse artère, chez les sujets nerveux, à l'éréthisme vasculaire marqué`` (Méd. Biol. t. 3 1972).
3. PHYS., ACOUST.
Ton pur. ,,Son caractérisant une onde dont la pression acoustique instantanée est une fonction sinusoïdale simple du temps, donc ayant une fréquence unique. Se dit également de la sensation physiologique qui en résulte`` (Pir. 1964).
Ton complexe. ,,Onde acoustique due à la combinaison de composantes sinusoïdales simples de fréquences différentes. Se dit également de la sensation qui en résulte`` (Pir. 1964).
Ton fondamental. ,,Le ton fondamental d'un ton complexe est celui de la composante qui a la plus basse fréquence (fréquence fondamentale)`` (Pir. 1964).
4. PHONÉT. ,,Variation mélodique qui permet de distinguer des mots dont le sens est différent, mais dont le signifiant est par ailleurs identique... Il n'est employé que dans les langues dites à tons, comme le chinois, le japonais, le suédois, le norvégien, etc. Parmi elles, il faut distinguer: − les langues à « tons ponctuels », qui opposent deux ou trois registres (leurs syllabes successives s'opposent par la fréquence du fondamental); − les langues à « tons mélodiques », qui utilisent des oppositions de registres et des modifications de la fréquence du fondamental sur la même syllabe (existence: − de tons mélodiques simples: haut, bas; − de tons mélodiques complexes: montant, descendant)`` (D.D.L. 1976). Il suit de-là qu'il n'y a aucun son qui mérite d'être appelé plutôt une articulation ou une voix, qu'un ton ou une durée (...) il faut la réunion de ces quatre caractères, pour exprimer le son tout entier (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 345).V. atone B, intonation B.
II. − Dans la lang. cour.
A. − Inflexions volontaires ou involontaires que prend la voix d'un locuteur et qui dévoilent sa personnalité, son état psychologique ou affectif, ses intentions. Synon. accent, intonation.Tenez, juste là où vous êtes. Ça pue encore. − Nan, ça ne pue pas, dit M. de Coëtquidan, d'un ton sans réplique (Montherl., Célibataires, 1934, p. 739).Le Père Paneloux s'arrêta, les cheveux sur le front (...) et reprit, plus sourdement, mais sur un ton accusateur: « Oui, l'heure est venue de réfléchir (...) » (Camus, Peste, 1947, p. 1296).
SYNT. Ton acide, affectueux, agressif, aigre, aimable, amer, boudeur, bourru, bref, brusque, calmé, catégorique, conciliant, confidentiel, cordial, décidé, dégagé, détaché, doctoral, doucereux, doux, dur, emphatique, enjoué, excédé, ferme, froid, glacé, goguenard, gouailleur, grave, hautain, impérieux, ironique, irrité, jovial, joyeux, lamentable, mal assuré, maussade, menaçant, moqueur, mélancolique, méprisant, naturel, paterne, paternel, piqué, plaintif, plaisant, protecteur, pénétré, péremptoire, respectueux, résolu, sec, solennel, sérieux, sévère, suppliant, tranchant, vif; le ton de l'indignation, de la réserve, de la vérité; adopter un certain ton; garder un ton, le même ton; parler sur un certain ton; le prendre sur un ton, sur un certain ton; sur le ton de la confidence; un ton d'autorité, de reproche; une conversation où le ton monte.
Dire qqc. sur le ton de la conversation. Sur un ton calme, sans aucun excès. Quand Henri a commencé à parler, sa voix a transformé l'immense hall en une chambre privée: il ne voyait pas en face de lui cinq mille personnes, mais cinq mille fois une personne et c'est presque sur le ton de la conversation qu'il leur parlait (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 204).
Vx. Prendre le haut ton, un ton bien haut. Parler avec un ton de supériorité, avec arrogance. Prendre des tons. Aller m'imaginer que la voisine prenait des tons avec moi, ne voulait plus me saluer (Picard, Théâtre, t. 4, Tracass., 1804, p. 252).
Hausser* le ton. Baisser* d'un/de ton. Faire parler d'un ton plus bas, faire baisser le ton. Forcer quelqu'un à se calmer. Les Gavots sont si arrogants envers nous (surtout hors de notre présence) qu'ils ne manquent jamais de dire qu'ils ont fait baisser le ton à quelqu'un des nôtres en les rencontrant sur le Tour de France (Sand, Compagnon Tour de Fr., 1840, p. 67).
Faire changer de ton. Eh! Là! On ne me fera pas changer de ton parce qu'une personne est vivante ou morte. Je garde mon style. J'ai une mystique (Cocteau, Théâtre poche, 1949, p. 63).
Dire, répéter qqc. sur tous les tons. Dire de toutes les façons possibles, sans se lasser. Elle s'était longtemps refusée à ce genre de folie. Joseph l'y avait contrainte, depuis la guerre, en lui répétant sur tous les tons: « C'est une fortune qui tient très peu de place. Et si jamais nous perdons tout, nous ne perdrons peut-être pas ça (...) » (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p. 103).
Pop., fam. Le ton fait la musique. ,,Signifie que la manière dont on débite quelque chose y donne seule une valeur. Cette locution ne se prend ordinairement qu'en mauvaise part, et n'est usitée qu'en parlant d'un homme qui s'est permis quelques propos piquants sur le compte d'un autre`` (Hautel 1808).
B. − Manière de s'exprimer suivant les circonstances ou compte tenu du genre que l'on pratique. Ton lyrique, élégiaque, épique, familier, léger, pathétique, oratoire, sec, solennel. Quant à son Essai sur les éloges, il y a de belles pages sans doute; mais, quoique les défauts y soient moindres et qu'il ait détendu son style, il y règne encore un ton d'exagération qui gâte les meilleurs morceaux (Chênedollé, Journal, 1822, p. 116).Cette vérité céleste et qui ne symbolise pas donne à certaines œuvres [de Chirico] un ton prophétique (Cocteau, Crit. indir., 1932, p. 59).
Prendre le ton. Quant à Stendhal, n'était-ce pas ce railleur pincé qui s'était vanté de lire chaque matin une page du Code pour prendre le ton? (Zola, Romanc. natur., Flaubert, 1881, p. 160).
[En parlant d'un aut. ou d'une œuvre littér.] Caractère particulier, accent personnel, auquel on reconnaît l'écrivain. Ce qui frappe le plus dans une page de Stendhal, ce qui sur-le-champ le dénonce, attache ou irrite l'esprit,c'est le Ton. Il possède, et d'ailleurs affecte, le ton le plus individuel qu'il soit en littérature (...). Des biens mornes d'autrui, il refait des ouvrages qui se lisent, parce qu'il s'y mêle un certain ton (Valéry, Variété II, 1929, p. 102).
C. − Manière de parler et de se comporter en société conformément aux convenances. Je (...) commençai la lecture de mon discours que je savais beau, sans me dissimuler (...) qu'il n'était peut-être pas tout à fait dans le ton qui convenait aux circon-stances (A. France, Vie fleur, 1922, p. 423).
Avoir bon ton, mauvais ton. Le salon de ce café a cela de particulier, que presque toutes les personnes qui s'y rassemblent se connaissent (...). Il est du bon ton d'y prendre les manières d'un habitué (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 97).Il était de mauvais ton d'avoir des intériorités plus profondes, mais on allait chez Cagliostro (Barrès, Cahiers, t. 11, 1918, p. 376).
Le bon ton. Le bon goût dans un milieu donné. F. indépend., gaie, dynam. genre « bon ton, bon chic ». Vie prof. act., rencontrerait cadre sup. 45-55 ans (Le Nouvel Observateur, 20 déc. 1976, p. 76, col. 4).
De bon, grand ton. Conforme au bon goût, raffiné. Pourtant, la physionomie de M. Prarond est restée dans ma mémoire (...). C'est celle d'un homme robuste, très simple et très fin et de grand ton (A. France, Vie littér., 1890, p 350).[Mmede Brancion] réunissait parfois chez elle, en un dîner du meilleur ton, quelques amis, dont mes parents (Jammes, Mém., 1921, p. 111).
Loc. fig. [Corresp. à supra I B 1 b]
Donner le ton. Donner pour modèle sa propre façon de parler, d'agir ou de se comporter. Boucher, que le roi avait nommé son premier peintre, pour le récompenser sans doute d'avoir fait son portrait en Hercule, coiffé à l'oiseau-royal, peut se vanter d'avoir donné le ton à son siècle, d'avoir corrompu les arts dans toutes leurs parties (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 276).La direction m'échappe de jour en jour: ce sont les jeunes venus qui donnent le ton, maintenant (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 520).Rare. [À propos de choses] Ces jardins-de-derrière donnaient le ton au village. On y vivait l'été, on y lessivait; on y fendait le bois l'hiver, on y besognait en toute saison, et les enfants, jouant sous les hangars, perchaient sur les ridelles des chars à foin dételés (Colette, Sido, 1929, p. 20).
Être dans le ton, se mettre dans le ton. Se modeler sur l'entourage. Synon. se mettre au diapason*.Ne pas être dans le ton. Le scénario n'est pas de moi, je n'ai fait que me mettre dans le ton, on n'aborde pas Chimène dans les mêmes termes qu'une « agrégative » de philosophie (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 154).
Changer de ton. Changer son comportement. Le vieux changeait de ton tout à coup, comme honteux: « Je vous avais dit que je ne vous demanderais pas d'argent... mais tout de même... » Il regardait le jeune homme avec une âpreté qui estime, il jaugeait son porte-monnaie (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 254).
Faire chanter sur un autre ton. ,,Obliger à changer de comportement, de manières, de langage`` (Lar. Lang. fr.).
D. − [À propos d'un lieu] Manière d'être, ambiance. L'affluence des étrangers, les voitures, les chevaux, les gens qui vont et viennent sur les places publiques, les auberges encombrées, les cafés, les salles de jeux, pleines de musiciens qui courent les rues, ce tableau animé contraste bien avec le calme de Saint-Sauveur et le ton campagnard des lieux que nous quittions (Maine de Biran, Journal, 1816, p. 199).
P. méton. [À propos d'une époque] L'ambiance qui y règne. Je n'ai trouvé, dans votre ouvrage [sur Mallarmé], à peu près rien qui ne fût conforme à l'idée du passé vrai,c'est du ton que je parle, la valeur la plus délicate d'une époque, car, pour les documents, vous avez rassemblé le matériel le plus complet (...) Mais le ton, l'air du temps, celui qui se respirait rue de Rome, vous ne l'avez pu recomposer que selon vous; or, cette synthèse est tout heureusement réussie (Valéry, Lettres à qq.-uns, 1945, p. 235).
III. − PEINT. et domaine des couleurs.,,Degré d'intensité d'une couleur. On parle de tons clairs ou de tons obscurs; de tons chauds (proches du rouge) ou froids (proches du bleu); de tons neutres (dont les nuances atténuées font valoir d'autres tons), de tons rompus dont l'intensité est atténuée`` (Nér. Hist. Art 1985). Synon. couleur, nuance, teinte.Ton(s) criard(s), doux, franc(s), gai(s), grisâtre(s), monotone(s), pastel(s), riche(s), sourd(s), vigoureux; tons bruns; éteindre les tons; passé de ton; gamme de tons; tons différents, d'une même couleur. Cette pierre est grise, elle a l'aspect du fer, le bois de la porte au contraire a un ton de miel un peu ranci (Jouve, Paulina, 1925, p. 12):
2. Rubens préparait un corps avec un ton rose qu'il recouvrait, dans la lumière, de jaune de Naples, mais dans les ombres reflétées, il mettait un ton orangé, si ardent que dans la lumière, le jaune de Naples devenait une coloration froide. Goncourt, Journal, 1894, p. 591.
Ton sur ton. Dans la même couleur, avec des intensités différentes. Coussin velours rayonne, piqué ton sur ton (Catal. jouets [Trois Quartiers], 1936).Ce marbre italien (...) avec des moirures grises, ton sur ton (Morand, Flagell. Séville, 1951, p. 373).
Dans le ton. ,,En harmonie avec les couleurs voisines`` (Lar. Lang. fr.).
Ton local. ,,Ton propre d'un objet ou d'une surface imitant la couleur des objets ou des surfaces que le peintre représente; il est lié à la place que cet objet ou cette surface occupent dans le tableau, et au plan où il est situé`` (ér. Hist. Art 1985). Ce fut une grande audace de Gauguin de renoncer à rendre le ton local et de suggérer par des aplats de tons le volume des formes sans les inscrire dans une composition en profondeur. Cette technique archaïsante a inspiré les Fauves et les Nabis et par eux l'art non figuratif contemporain (Nér.Hist. Art1985).
Prononc. et Orth.: [tɔ ̃]. Homon. ton1, 2, 4; tonds, tond (de tondre); thon. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Fin xiies. « bruit de voix » (Moniage Guillaume, 4244 ds T.-L.); 2. 1200 « qualité de la voix humaine en hauteur, timbre, intensité » (Jean Bodel, Jeu St Nicolas, éd. A. Henry, 608); 1651 le prendre sur un ton trop haut « avoir de hautes prétentions » (Scarron, Roman comique, II, 15 ds Littré); 1656-57 « manière de s'exprimer par écrit » (Pascal, Provinciales, XV, ibid.); 1668 Si vous le prenez sur ce ton (Molière, Amphitryon, II, 4); 1691 au plur. « accents, intonations » (Mmede Sévigné, Corresp., 24 juill., éd. R. Duchêne, t. 3, p. 972); 3. a) 1550 phonét. « hauteur du son de la voix sur une syllabe déterminée » (Meigret, Tretté de la grammere françoeze, p. 132); b) 1808 « variation de hauteur du son de la voix utilisée à des fins morphologiques et sémantiques » (De Guignes, Voyages à Péking, Manille et l'Île de France, t. 2, p. 389); 4. a) av. 1678 « manières, façons de se comporter en société » (La Rochefoucauld, Réfl. div., p. 133 ds Littré); b) 1798 se mettre au ton de qqn (Ac.); c) 1913 avoir le ton (de la maison) (Proust, Swann, p. 199); 5. 1718 donner le ton (Ac.); 6. 1746 bon ton (La Morlière, Angola, p. 50); 1751 le bon ton (Duclos, Consid. mœurs, 8 ds Littré); 1784 mauvais ton (Genlis, Veill. du chât., t. I, p. 347 ds Pougens, ibid.); 1823 de bon ton (Stendhal, Rossini, t. 2, p. 49). B. 1. a)Ca 1180 « degré d'élévation ou d'abaissement des sons émis par des instruments » (Thomas, Tristan, éd. B. Wind, 794); b) 1549 « mode musical » (Est.); c) 1578 « intervalle unitaire, degré de l'échelle des sons » (Vigenère, Tabl. de Philostr., fo97 vods Gdf. Compl.); 2. 1669 changer de ton (Molière, Tartuffe, IV, 7); 1718 faire chanter sur un autre ton (Ac.); 1740-55 fig. monter au ton de (Saint-Simon, Mém., éd. A. de Boislisle, 13, 319); 1852 sur tous les tons (Sand, Corresp., t. 3, p. 342); 3. 1655 « airs que l'on sonne sur la trompe pour appuyer les chiens » (Salnove, La Vénerie royale, Dict. des chasseurs, p. 35); 1834 tons de chasse « id. » (Baudr. Chasses); 4. 1842 « chacun des tubes de différentes grandeurs qui s'adaptent à des instruments à vent pour en changer la tonalité » (Ac. Compl.). C. 1. 1669 « valeur d'une teinte » (S. Bourdon, Conférences ds Jouin, Conf. de l'Ac. roy. de peinture..., p. 131 ds Brunot t. 6, 1, 2, p. 739); 2. 1762 « effet dominant des couleurs » (Ac.); 3. 1811 ton chaud (Chateaubr., Itinér. Paris Jérus. ds Œuvres romanesques et voyages, éd. M. Regard, Paris, Gallimard, t. 2, 1969, [Bibl. de la Pléiade], p. 923); 1846 tons froids (Balzac, Cous. Bette, p. 111); 4. 1826 tons vigoureux (Boutard, Dict. des arts du dessin, ton ds Littré); 5. 1847 ton local (Delacroix, Journal, p. 180); 6. 1872 ton sur ton (Littré). Empr. au lat.tonus « tension d'une corde », « ton, son d'un instrument », « accent d'une syllabe », fig. « le clair-obscur », gr. τ ο ́ ν ο ς « tension de la corde de la lyre », « mode musical », « mesure d'un vers », « accent tonique ». Fréq. abs. littér.: 14 549. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 22 295, b) 25 466; xxes.: a) 18 207, b) 18 255.
DÉR.
Tonème, subst. masc.,phon. ,,Ensemble des réalisations différentes d'un même ton. Un ton haut peut en effet être plus bas en fin d'énoncé qu'un ton moyen pris au début de ce dernier, et ce en raison du relâchement des organes de la phonation, tout en demeurant haut comparativement à ceux qui se trouvent dans le même contexte`` (Mounin 1974). Le tonème est au ton ce que le phonème est au son (Ling.1972). [tɔnεm]. 1reattest. 1949 (J. Cantineau, trad.: Troubetzkoy, Principes de phonologie, p. 232 ds Quem. DDL t. 39); de ton3*, finale en -ème sur le modèle de morphème*, phonème*.
BBG.Jacob (A.). Gen. de la pensée linguistique ... Paris, 1973, p. 75, 244-245. − Perrin-Naffakh (A.-M.). Styl. Paris, 1989, p. 25. − Schneiders (H.-W.). Der Frz. Wortschatz zur Bezeichnung Von « Schall ». Genève, 1978, pp. 92-93.

TON4, subst. masc.

MAR. ,,Partie supérieure, carrée, d'un bas-mât, au-dessus du capelage, et que capelle le chouquet par son trou carré. Un mât à pible n'a pas de ton`` (Merrien 1958).
Prononc.: [tɔ ̃]. Homon. ton1, 2, 3; tonds, tond (de tondre); thon. Étymol. et Hist. 1687 (Desroches ds Jal1). Altér. probable de tenon*, ces deux mots désignent aux xviieet xviiies. la même partie du mât (v. Jal1et FEW t. 13, 1, p. 211a).

Wiktionnaire

Adjectif possessif

ton \tɔ̃\, \tɔ̃.n‿\ (devant une voyelle)

  1. Adjectif possessif dont le possesseur est la deuxième personne du singulier et le possédé est masculin singulier.
    • N'oublie pas ton passeport.
    • As-tu pensé à prendre ton livre ?
    • Ton manteau est joli.
  2. Adjectif possessif dont le possesseur est la deuxième personne du singulier et le possédé est féminin singulier. Forme supplétive de ta utilisée pour effectuer une liaison obligatoire avec le mot suivant qui commence par une voyelle ou un h muet.
    • Une ville, ta ville ; une île, ton île ; une habitation, ton habitation.
    • Une maison, ta maison, ton immense maison.

Nom commun 1

ton \tɔ̃\ masculin

  1. Son d’une certaine fréquence.
    • Sans prévenir, il se mit à chanter, opératiquement, dans le registre ténor et en italien, même si Kit savait parfaitement que Reef n'avait aucune oreille, et était incapable de chanter en entier For He's a Jolly Good Fellow sans changer de ton. — (Thomas Pynchon, Contre-jour, traduit de l'anglais (USA) par Claro, Le Seuil, 2014)
  2. Qualité de la voix.
    • Caradou, le clairon, incorrigible espiègle, lance sur un ton de commandement : « L’ennemi est en fuite. […] » — (Pierre Audibert, Les Comédies de la Guerre, 1928, pp. 32-33)
    • Non, laisse… Fous-nous la paix ! lui ordonna-t-elle d’un ton rogue. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  3. (Musique) Espace entre certaines notes.
    • Il y a un ton entre do et ré, mais un demi-ton entre mi et fa.
  4. (En particulier) Gamme, nom de la première note de la gamme dont la musique est formée.
    • Chacun d’ailleurs chantait dans un autre ton que son voisin. — (Berlioz, Souvenirs de voyage, 1869, page 30)
  5. (Linguistique) Hauteur et modulation d’un son, typiquement d’une syllabe, comme trait phonologique.
  6. Manière de s’exprimer.
    • Bien qu’il n’eût pu comprendre un seul mot de ce qui avait été dit, Bert éprouva un choc en remarquant le ton qu’avait pris l’homme. — (H.G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908, traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, p. 247, Mercure de France, 1921)
    • Le ton péremptoire et l’expression allusive me glacèrent. J’eus le pressentiment d’une discussion immédiate et violente. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 142)
    • Malgré sa corpulence excessive, l’autorité de M. Hector sur ses subordonnés n’est guère contestable. Il la doit surtout à sa placidité étudiée, au ton solennel et ampoulé qu’il affecte en s’exprimant […] — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Ce n'est pas pour ta pomme, Boutros, déclara-t-elle sur un ton de mépris et en traduisant son prénom en arabe. — (Stefanàkis Dimitris, Jours d'Alexandrie, Éditions La Martinière, 2013)
  7. (Colorimétrie) Niveau de luminosité d’une couleur de base.
    • Différents tons de rouge.
  8. (Cartographie) Caractère d'une couleur associé à la couleur qui produit sur l'œil une sensation lumineuse de niveau élevé[1].
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TON. adj. possessif masculin
qui répond au pronom personnel Tu, toi. On le met toujours devant le nom ou l'adjectif qui précède le nom. Ton Dieu. Ton père. Ton ami. Ton honneur. Ton seul amour. Il fait au féminin TA. Ta femme. Ta maison. Ta haine. Mais lorsque le nom ou l'adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de ta on dit ton. Ton amitié. Ton habileté. Ton extrême prudence. Il fait au pluriel TES pour les deux genres. Tes parents. Tes amis. Tes affaires. Il s'emploie familièrement pour indiquer des rapports d'habitude, de connaissance, etc. Voilà ton homme. Tu sais ta grammaire.

Littré (1872-1877)

TON (ton ; devant une voyelle et une h muette : to-n ami, to-n homme) au masculin ; TA (ta) au féminin ; TES (tê, l's se lie : têz amis) au pluriel pour les deux genres.
  • 1Adj. possessif qui répond au pronom personnel tu, toi. Ton ami, ta femme, tes affaires. Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs, Corneille, Cid, II, 9. Ton oncle, dis-tu, l'assassin, M'a guéri d'une maladie, Boileau, Épigr. XX.
  • 2 Par un solécisme qui s'est introduit au XIVe siècle et qui dès lors a pris force d'usage, ton, au masculin, précède les noms et les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une h muette. Ton heureuse audace. Quoique ton ennemie, Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie, Corneille, Cid, III, 4.

    L'ancienne langue disait ta et élidait l'a, comme dans l'article la ; t'ame, t'espée.

  • 3Ton, ta, tes placés devant les adverbes comparatifs font superlatif. Ton plus fidèle ami.

HISTORIQUE

XIe s. Qu'il devendra, jointes ses mains, tis homs [ton homme], Ch. de Rol. XX. Dame, dist ele, jo i ai si grant perte! Ore vivrai en guise de turtrele ; Quant n'ai tun filz, ensemble ot tei voil estre, St Alexis, XX.

XIIIe s. Vilain, fist Renart, je n'ai cure De tes poucins ; qu'il soient ton, Ren. 5332. Garde ton cor, panse de t'ame, Fabl. et contes anc. t III, p. 46.

XIVe s. Et s'il y a femme qui gise [soit en couches], Soit tantost ton enseigne mise Sur le sommet de la maison, Machaut, p. 115. La quarte branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer, Ménagier, I, 3.

XVe s. Amis, t'amour me contraint, Chartier, Œuv. p. 773.

XVIe s. … quand jamais elle ne t'escriroit, Ja pour cela t'amour ne periroit, Marot, I, 325. Pour ton amour j'ay souffert tant d'ennuis, Marot, III, 331.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TON, s. m. (Hist. nat. & Médec. pratiq.) c’est le nom que les habitans du Brésil ont donné à un insecte assez semblable à la puce par la couleur & par la maniere dont il saute, mais communément beaucoup plus petit, égalant à peine en grosseur un grain de sable. Jean Heurnius le pere, pour exprimer sa petitesse, l’appelle une idée d’animal ; le Brésil n’est pas le seul pays où l’on en trouve, il est répandu dans presque toutes les îles d’Amérique ; & c’est avec raison que Lerius pense que c’est le même insecte qui est connu dans les îles espagnoles sous le nom de nigua. (Hist. du Brésil, chap. ij.) Les tons habitent ordinairement les terreins sablonneux, & surtout ceux qui sont plantés en canne à sucre, & de-là s’élancent sur les passans, attaquent principalement ceux qui ont les piés nuds, se nichent dans la peau & entre les ongles, & y excitent une maladie que les naturels du pays appellent aussi ton. Les François ont donné à ces insectes le nom de chiques ; c’est sous ce nom que M. de Rochefort les décrit & détaille les effets de leur piquure dans son histoire naturelle & morale des îles Antilles. Voyez Chiques. Pour le completer, nous ajouterons ici quelques particularités sur l’espece d’affection qui suit l’entrée de ces animaux dans la peau, & sur les remedes que l’expérience a consacrés comme plus efficaces.

Les piés ne sont pas les seules parties du corps qu’ils attaquent ; souvent ils se glissent entre les ongles des doigts de la main ; & Lerius assure avoir vu aux aisselles & dans d’autres parties molles des marques de leur invasion ; deux jours après que cet insecte a pénétré la peau, le malade y ressent une démangeaison qui dans quelques heures devient si insupportable, qu’il ne peut s’empêcher de se gratter continuellement & avec force, ce qui vraissemblablement contribue à accélerer la formation d’une petite pustule livide ; elle est accompagnée d’une tumeur de la grosseur de la tête d’une épingle, qui bientôt augmente avec des douleurs très-vives jusqu’à celle d’un pois ; on apperçoit alors l’insecte au milieu de la tumeur, qui s’étend quelquefois tout-à-l’entour. Si dans ces entrefaites on n’apporte pas au mal un remede efficace, la tumeur se termine par la gangrene qui fait des progrès plus ou moins rapides ; l’insecte multiplie prodigieusement, & se répand par ce moyen dans les diverses parties du corps où il occasionne les mêmes symptomes ; on a vu des personnes qui faute de secours avoient perdu totalement l’usage des piés & des mains. Thomas Vander Guychten, dont Otho Heurnius donne l’histoire, qu’on trouve dans le quatrieme volume de la Bibliotheque pratique de Manget, liv. XVII. p. 643 & suiv. fut obligé par la maladresse des chirurgiens qui le traitoient, de se faire couper un ou deux doigts du pié qui étoient entierement gangrenés ; & ce ne fut que par les soins long-tems continués de Heurnius, célebre médecin, que les progrès de la gangrene furent arrêtés, & que ce malade obtint une guérison complette.

Le secours le plus approprié & dont l’effet est le plus prompt, est, suivant tous les Historiens, l’extraction du ton. Cette opération est très-douloureuse, mais en même tems immanquable ; les Brésiliens & les Negres la font avec une adresse singuliere & un succès constant, dès qu’ils s’apperçoivent par la tumeur de l’entrée de l’insecte. On tire dans le pays une huile rouge, épaisse, d’un fruit qu’on appelle couroy, qui passe aussi pour très propre à guérir cette maladie ; on l’applique en forme de baume sur les parties où l’insecte est entré ; on vante encore beaucoup l’efficacité des feuilles du tabac, surtout imbibées de suc de citron très-acide ; mais quels que soient les effets de ces différens remedes, il est beaucoup plus prudent de ne pas se mettre dans le cas de les éprouver, & il ne faut que peu d’attention pour y parvenir ; on n’a qu’à ne jamais marcher piés nuds, porter des bas & des gants de peau, se laver souvent & observer en un mot une très-grande propreté. M. de Rochefort conseille aussi dans la même vue d’arroser les appartemens qu’on occupe, avec de l’eau salée.

Ton, (Prose & Poésie.) couleurs, nuances du style, langage qui appartient à chaque ouvrage.

Il y a 1°. le ton du genre : c’est par exemple, du comique ou du tragique ; 2°. le ton du sujet dans le genre : le sujet peut être comique plus ou moins ; 3°. le ton des parties ; chaque partie du sujet a outre le ton général, son ton particulier : une scène est plus fiere & plus vigoureuse qu’une autre : celle-ci est plus molle, plus douce : 4°. le ton de chaque pensée, de chaque idée : toutes les parties, quelque petites qu’elles soient, ont un caractere de propriété qu’il faut leur donner, & c’est ce qui fait le poëte ; sans cela, cur ego poëta salutor. On bat souvent des mains, quand dans une comédie on voit un vers tragique, ou un lyrique dans une tragédie. C’est un beau vers, mais il n’est point où il devroit être.

Il est vrai que la comédie éleve quelquefois le ton, & que la tragédie l’abaisse ; mais il faut observer que quelque essor que prenne la comédie, elle ne devient jamais héroïque. On n’en verra point d’exemple dans Moliere. Il y a toujours quelque nuance du genre qui l’empêche d’être tragique. De même quand la tragédie s’abaisse, elle ne descend pas jusqu’au comique. Qu’on lise la belle scène où Phedre paroît désolée, le style est rompu, abattu, si j’ose m’exprimer ainsi ; c’est toujours une reine qui gémit.

Ce que nous venons de dire du ton en poésie, s’applique également à la prose. Il y a chez elle le ton simple ou familier, le ton médiocre & le ton soutenu, selon le genre de l’ouvrage, le sujet dans le genre & les parties du sujet. Enfin le ton ou le langage d’un conte, d’une lettre, d’une histoire, d’une oraison funebre, doivent être bien différens. Voyez Style. (D. J.)

Ton, (Art oratoire.) inflexion de voix : on a parlé des différentes qualités du ton dans la prononciation & la déclamation, aux mots Prononciation & Déclamation. (D. J.)

Ton, s. m. (Mus.) Ce mot a plusieurs sens en Mus. 1°. Il se prend d’abord pour un intervalle qui caractérise le système & le genre diatonique. Voyez Intervalle. Il y a deux sortes de tons ; savoir le ton majeur dont le rapport est de 8 à 9, & qui résulte de la différence de la quarte à la quinte ; & le ton mineur dont le rapport est de 9 à 10, & qui est la différence de la tierce mineure à la quarte. La génération du ton majeur & celle du ton mineur se trouve également à la seconde quinte en commençant par ut ; car la quantité dont ce surpasse l’octave du premier ut, est justement dans le rapport de 8 à 9, & celle dont ce même est surpassé par le mi tierce majeure de cette octave, est dans le rapport de 9 à 10.

2°. On appelle ton, le degré d’élévation que prennent les voix, ou sur lequel sont montés les instrumens pour exécuter de la musique. C’est en ce sens qu’on dit dans un concert que le ton est trop haut ou trop bas. Dans les églises, il y a le ton du chœur pour le plein-chant ; il y a, pour la musique, ton de chapelle & ton d’opéra ; ce dernier n’a rien de fixe, mais est ordinairement plus bas que l’autre qui se regle sur l’orgue.

3°. On fait encore porter le même nom de ton à un instrument qui sert à donner le ton de l’accord à tout un orchestre : cet instrument, que quelques-uns appellent aussi choriste, est un sifflet, qui, au moyen d’une maniere de piston gradué, par lequel on alonge ou raccourcit le tuyau à volonté, vous représente toujours à-peu-près le même son sous la même division. Mais cet à-peu-près qui dépend des variations de l’air, empêche qu’on ne puisse s’assurer d’un ton fixe qui soit toujours le même. Peut-être, depuis que le monde existe, n’a-t-on jamais concerté deux fois exactement sur le même ton. M. Diderot a donné les moyens de perfectionner le ton ; c’est-à-dire, d’avoir un son fixe avec beaucoup plus de précision, en remédiant aux effets des variations de l’air. Voyez Son fixe.

4°. Enfin, ton se prend pour le son de la note, ou corde principale qui sert de fondement à une piece de musique, & sur lequel on dirige l’harmonie, la mélodie & la modulation sur les tons des anciens. Voyez Mode.

Comme notre système moderne est composé de douze cordes ou sons différens, chacun de ces sons peut servir de fondement à un ton, & ce son fondamental s’appelle tonique. Ce sont donc déjà douze tons ; & comme le mode majeur & le mode mineur sont applicables à chaque ton, ce sont vingt-quatre modes dont notre musique est susceptible. Voyez Mode.

Ces tons different entre eux par les divers degrés d’élévation du grave à l’aigu qu’occupent leurs toniques. Ils different encore par les diverses altérations produites dans chaque ton par le tempérament ; de sorte que sur un clavessin bien accordé, une oreille exercée reconnoît sans peine un ton quelconque dont on lui fait entendre la modulation, & ces tons se reconnoissent également sur des clavessins accordés plus haut ou plus bas les uns que les autres ; ce qui montre que cette connoissance vient du-moins autant des diverses modifications que chaque ton reçoit de l’accord total, que du degré d’élévation que sa tonique occupe dans le clavier.

De-là naît une source de variétés & de beautés dans la modulation. De-là naît une diversité & une énergie admirable dans l’expression. De-là naît, en un mot, la faculté d’exciter des sentimens différens avec des accords semblables frappés en différens tons. Faut-il du grave, du majestueux ? l’f ut fa, & les tons majeurs par bémol l’exprimeront noblement. Veut-on animer l’auditeur par une musique gaie & brillante, prenez a-mi la majeur, d-la ré, en un mot, les tons majeurs par dièse. C-sol ut mineur porte la tendresse dans l’ame, f-ut fa mineur va jusqu’au lugubre & au desespoir. En un mot, chaque ton, chaque mode a son expression propre qu’il faut savoir connoître ; & c’est-là un des moyens qui rendent un habile compositeur, maître en quelque maniere des affections de ceux qui l’écoutent ; c’est une espece d’équivalent aux modes anciens, quoique fort éloigné de leur énergie & de leur variété.

C’est pourtant de cette agréable diversité que M. Rameau voudroit priver la musique, en ramenant, autant qu’il est en lui, une égalité & une monotonie entiere dans l’harmonie de chaque mode, par sa regle du tempérament, regle déjà si souvent proposée & abandonnée avant lui. Selon cet auteur, toute l’harmonie en seroit plus parfaite : il est certain cependant qu’on ne peut rien gagner d’un côté, par sa méthode, qu’on ne perde tout autant de l’autre. Et quand on supposeroit que la pureté de l’harmonie y profiteroit de quelque chose, ce que nous sommes bien éloignés de croire, cela nous dédommageroit-il de ce qu’elle nous feroit perdre du côté de l’expression ? Voyez Tempérament. (S)

Tons de l’église, (Musique.) ce sont des manieres déterminées de moduler le plein-chant sur divers sons fondamentaux, & selon certaines regles admises dans toutes les églises où l’on pratique le chant grégorien.

On compte ordinairement huit tons réguliers, dont il y en a quatre authentiques & quatre plagaux. On appelle tons authentiques, ceux où la finale occupe à-peu-près le plus bas degré du chant ; mais si le chant descend jusqu’à trois degrés plus bas que la finale, c’est-à-dire, jusqu’à ce qu’on appelle en Musique la dominante ; alors le ton est plagal : on voit qu’il n’y a pas grand mystere à ces mots scientifiques.

Les quatre tons authentiques ont leur finale à un degré l’un de l’autre, selon l’ordre des quatre notes ré, mi, fa, sol ; ainsi le premier ton de ces tons répondant au mode dorien des Grecs, le second répond au phrygien, le troisieme à l’éolien, & non pas au lydien, comme a dit M. l’abbé Brossard, & le dernier au mixo lydien. C’est S. Miroclet, évêque de Milan, ou selon l’opinion la plus reçue, S. Ambroise qui vers l’an 370, choisit ces quatre tons pour en composer le chant de l’église de Milan, & c’est ce qu’on croit le choix & l’approbation de ces deux grands hommes qui ont fait donner à ces quatre tons le nom d’authentiques.

Comme les sons employés dans ces quatre tons n’occupoient pas tout le disdiapason ou les quinze cordes de l’ancien système, S. Grégoire forma le projet de les employer toutes par l’addition des quatre nouveaux tons qu’on appelle plagaux, qui ont les mêmes finales que les précédens, & qui reviennent proprement à l’hypodorien, à l’hypophrygien, à l’hypoéolien & à l’hypomixolydien ; d’autres attribuent à Guy d’Arezzo l’invention de ce dernier.

C’est de-là que ces quatre tons authentiques ont chacun un ton plagal pour leur servir de collatéral ou supplément ; de sorte qu’après le premier ton qui est authentique, vient le second qui est son plagal, le troisieme authentique, le quatrieme plagal, & ainsi de suite. Ce qui fait que ces modes ou tons authentiques s’appellent aussi impairs & les plagaux pairs, eu égard à leur ordre dans la série des tons.

La connoissance du ton authentique ou plagal est essentielle pour celui qui donne le ton du chœur ; car s’il a à entonner dans un ton plagal, il doit prendre la finale à-peu-près dans le medium de la voix ; mais si le ton est authentique, la même finale doit être prise dans le bas. Faute de cette observation, on exposeroit les voix à se forcer, ou à n’être pas entendues.

Quelquefois on fait dans un même ton des transpositions à la quinte ; ainsi au-lieu de dans le premier ton, on aura pour finale le si pour le mi, l’ut pour le fa, & ainsi de suite ; mais si l’ordre de ces sons ne change pas, le ton ne change pas non plus, & ces transpositions ne se font que pour la commodité des voix : ce sont encore des observations à faire par l’organiste ou le chantre qui donne le ton.

Pour approprier autant qu’il est possible, l’intonation de tous ces tons à l’étendue d’une seule voix, les Organistes ont cherché les tons de la musique les plus propres à correspondre à ceux-là. Voici ceux qu’ils ont établis : on auroit pu les réduire encore à une moindre étendue, en mettant à l’unisson la plus haute corde de chaque ton, ou si l’on veut, celle qu’on rebat le plus, & qu’on appelle dominante, en terme de plein-chant. Mais on n’a pas trouvé que l’étendue de tous ces tons ainsi reglés excédoit celle de la voix humaine ; ainsi on n’a pas jugé à-propos de diminuer encore cette étendue par des transpositions qui se seroient trouvées à la fin plus difficiles & moins harmonieuses que celles qui sont en usage.

Premier ton, mineur.
Second ton, sol mineur.
Troisieme ton, la mineur ou mieux sol mineur.
Quatrieme ton, la mineur finissant sur la dominante, par cadence réguliere.
Cinquieme ton, ut mineur, ou mieux majeur.
Sixieme ton, fa majeur.
Septieme ton, majeur.
Huitieme ton, sol majeur, c’est-à-dire, faisant peu sentir le ton d’ut.

Au reste, les tons de l’église ne sont point asservis aux lois des tons de la Musique ; il n’y est point question de médiante ni de note sensible, & on y laisse les semi tons où ils se trouvent dans l’ordre naturel de l’échelle, pourvu seulement qu’ils ne produisent ni tri-tons ni fausse-quintes sur la tonique. (S)

Ton, (Lutherie.) instrument dont les Musiciens le servent pour trouver & donner le ton sur lequel on doit exécuter une piece de musique ; c’est une espece de flûte à bec représentée, Planche de Lutherie, figure 27. 8. laquelle n’a point de trous pour poser les doigts, mais seulement une ouverture E par laquelle on souffle, & une autre ouverture D qui est la lumiere & par où le son de l’instrument sort ; on fait entrer par le trou de la patte C une espece de piston ABC ; la partie AB de ce piston sert de poignée pour la pouvoir tenir & enfoncer à volonté : la tige BC est graduée par de petites marques ou lignes c d e f g, a b c qui répondent aux notes de la musique ; ensorte que si on enfonce le piston jusqu’à une de ces marques, par exemple, jusqu’à 9 qui répond à sol, l’instrument rendra alors un son qui sera la quinte du premier son qu’il rend, lorsque la premiere marque c ou c sol ut est à l’extrémité du corps DC de l’instrument. La formation du son dans le ton se rapporte à celle du son dans les tuyaux bouchés de l’orgue. Voyez l’article Bourdon de 16 piés & les figures.

Ton, (Marine.) c’est la partie du mât qui est comprise entre les barres de hune & le chouquet, & où s’assemblent par en-haut le bout du tenon du mât inférieur avec le mât supérieur, & cela par le moyen du chouquet ; & par en-bas, le pié du mât supérieur avec le tenon du mât inférieur, par le moyen d’une cheville de fer appellée clé.

Ton, (Peinture.) nom qui convient en peinture à toutes sortes de couleurs & à toutes sortes de teintes, soit qu’elles soient claires, brunes, vives, &c. Voyez Teinte. On dit tons clairs, tons bruns, tons vifs ; ces couleurs ne sont pas de même ton.

Ce terme a néanmoins une acception particuliere lorsqu’on y joint l’épithete de beau, de bon. Alors il signifie que les objets sont bien caractérisés par la couleur, relativement à leur position, & que de la composition de leurs tons résulte une harmonie satisfaisante. Vilains, mauvais tons, signifient que de leur assemblage résulte le contraire.

Ton, s. m. (Rubanerie.) c’est une grosse noix percée de plusieurs trous dans sa rondeur, & traversée de deux cordes qui tiennent de part & d’autre au métier, elle sert à bander ces deux cordes par une cheville ou bandoir qu’on enfonce dans un de ces trous, & qui mene la noix à discrétion. (D. J.)

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Étymologie de « ton »

Picard, ten tin, t'n devant une voyelle ; provenç. tos au nom. sing. et au régime pluriel, ton au régime singulier, ta au féminin, tiei, tei, au nominatif pluriel ; du lat. tuus, qui dérive de tu, tu, toi. Dans l'ancien français tis est le nominatif masculin, ton est le régime ; ti le nominatif pluriel, tes le régime pluriel. Ton représente tuum.

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(Adjectif possessif) Du latin tuum, tuus, tua.
(Nom 1) Du latin tonus, lui-même du grec ancien τόνος, tonos (« corde, tension de la corde de la lyre, mode musical, mesure d’un vers, accent tonique »).
(Nom 2) Possible altération de tenon.
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Phonétique du mot « ton »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ton tɔ̃

Citations contenant le mot « ton »

  • Vois avec ton coeur. De Ronnie Milsap
  • Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. De Moïse / La Bible
  • Fragilité, ton nom est femme ! De William Shakespeare / Hamlet
  • Luke, je suis ton père.
  • Tu dis ton secret à ton ami, mais ton ami a un ami aussi. De Proverbe turc
  • Dis ton secret à ton serviteur et tu en auras fait ton maître. De Proverbe anglais
  • Agis avec ton ami comme s'il devait devenir ton ennemi, et avec ton ennemi comme s'il pouvait devenir ton ami. De Chilon
  • Que ton aliment soit ta seule médecine ! De Hippocrate
  • Fais de toi ton oeuvre posthume. De Tristan Corbière
  • Vide ton esprit de toi-même. De Sagesse bouddhiste
  • Qui fais ton éloge t’assassine. De Hazrat Ali
  • Seul ton ongle sait où te gratter. De Proverbe grec moderne
  • Suis ton coeur, pour que ton visage brille durant le temps de ta vie. De Plathotep
  • Remets à demain ton repas, mais non ton travail. De Proverbe kurde
  • Je veux m’assurer que votre inconscience ne fera pas que d’autres joueurs se sentent comme Dimitrov (qui est en baisse de forme). As-tu lu ce qu'il a continué à ressentir après avoir été testé négatif? Ou c’est trop de choses à traiter pour ton cerveau?" Tennis World FR, Nick Kyrgios s’en prend à Borna Coric : "Ton niveau intellectuel est égal à zéro"
  • Poursuivant le changement de place de ses bouquins, il tombe, le rédacteur, sur le « Eugène Labiche, sa vie, son œuvre » de Philippe Soupault. De la part du co-auteur avec André Breton des « Champs magnétiques », l’ouvrage, paraissant en 1945, soit un quart de siècle plus tard, avait pu surprendre. Soupault, un Labiche ? Un Labiche après avoir écrit les premiers poèmes surréalistes en écriture automatique ? Mister Google, encore lui, invite à voir gratis un film de télévision sur Philippe Soupault, d’un peu plus de deux heures et demie, qu’on gagne à regarder et qui s’appelle « Histoire personnelle du surréalisme ». Par un de ses fondateurs, il ne faut pas la manquer. Le filmeur, qui intervient aussi par la parole, est le Bertrand Tavernier des années 80, alors âgé de 40 ans, l’interlocuteur est Jean Aurenche, oui, oui, celui d’Aurenche et Bost. L'Obs, Qu’est-ce que tu lis ? (5), par Delfeil de Ton
  • Peu de coureurs vont gagner des courses cette année. Si tu rates ton pic de forme c’est rendez-vous l’année prochaine. Il y aura de belles occasions que ce soit ici ou au Dauphiné avec cinq jours assez impressionnants. RMC SPORT, Tour de France: « Si tu rates ton pic de forme, c’est rendez-vous l’an prochain », prévient Pinot
  • « La 628-E8 », titre intrigant. Un des plus fameux d’Octave. Récit d’une excursion de plusieurs jours en Belgique, justement, à bord d’une automobile Charron. 628-E8 en est l’immatriculation. C’est tout bête, quand on sait. Comment, en 1907, publier sur la Belgique sans parler de Léopold ? Ce Léopold, deuxième du nom, dont l’actuel roi Philippe, premier à le faire de la dynastie, condamne en 2020 les exactions. Comment, quand on est Octave Mirbeau, ne pas tirer à boulets rouges sur ce roi qui règne alors sur les Belges ? Rouge était, pour en parler, la couleur qu’on prêtait au caoutchouc produit par l’exploitation du Congo. Le caoutchouc rouge du sang des autochtones de ce pays dont Léopold II n’est pas le roi mais le propriétaire particulier. L'Obs, Qu’est-ce que tu lis ? (4), par Delfeil de Ton

Images d'illustration du mot « ton »

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Traductions du mot « ton »

Langue Traduction
Anglais your
Espagnol tu
Italien il tuo
Allemand ihre
Chinois 你的
Arabe الخاص بك
Portugais seu
Russe ваш
Japonais きみの
Basque zure
Corse u vostru
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Synonymes de « ton »

Source : synonymes de ton sur lebonsynonyme.fr
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