La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « teindre »

Teindre

Définitions de « teindre »

Trésor de la Langue Française informatisé

TEINDRE, verbe trans.

A. −
1. Empl. factitif. Qqn teint qqc.1à (avec, de) qqc.2.Imprégner d'une substance colorante (d'origine végétale, animale, minérale ou chimique) afin de changer la couleur naturelle.
a) [L'obj. dir. désigne un textile ou un autre matériau] Teindre du drap, du fil, de la laine, de la soie; teindre la corne, le cuir, la fourrure, l'ivoire; teindre du papier, des textiles synthétiques. Depuis longtemps on savait, dans ces contrées [ibériques], travailler les peaux, les tanner, les assouplir et les teindre au moyen de substances végétales diverses (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 290).Des hommes par exemple qui auront à filer, à tisser, à teindre des étoffes, se placeront près d'eaux courantes pures (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p. 85).
Drap teint en laine. ,,Drap dont la laine a été teinte avant d'être employée à fabriquer l'étoffe`` (Ac. 1835-1935).
Teindre en + subst. désignant la couleur obtenue.Des pièces uniques (...) comme l'Évangile sur vélin teint en pourpre, couleur rose séchée, du VIIesiècle (Morand, New-York, 1930, p. 135).Empl. pronom. à sens passif. Accepter, prendre les colorants. Le maroquin (...) est par excellence le cuir de reliure; il est très résistant, mais très cher. Il se teint en toutes couleurs (Civilis. écr., 1939, p. 12-3).
Teindre de + subst. désignant la substance colorante.Le mouchoir bleu de sa femme est de coton et teint d'indigo (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 131).
En partic. Teindre en + subst. désignant la couleur obtenue.Faire prendre à une étoffe, à un vêtement déjà teints, une coloration nouvelle en les plongeant dans une substance colorante. Faire teindre une robe en vert. Bon-papa mourut à la fin de l'automne, après une interminable agonie; ma mère s'enveloppa de crêpe et fit teindre en noir mes vêtements (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 174).
b) [L'obj. dir. désigne les cheveux, la barbe, les ongles d'une pers.] Ce pied (...) dont on teignait les ongles avec le jus des coquillages et que les hommes en joie appuyaient contre leurs lèvres (Flaub., Tentation, 1849, p. 221).Une dame « comme il faut » ne devait ni se décolleter abondamment, ni porter des jupes courtes, ni teindre ses cheveux (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 82).
Empl. pronom. réfl. indir. Le généralissime égyptien, sortait du bain et se faisait teindre la barbe au henné (Grousset, Croisades, 1939, p. 356).Ils m'ont accusé en riant de me teindre les cheveux (Green, Journal, 1945, p. 203).
Se teindre (les cheveux, la barbe) en + subst. désignant la couleur obtenue.Abd-el-Kader se teint la barbe et les cils en noir, ce qui est assez drôle pour un si saint homme (Mérimée, Lettres ctessede Montijo, t. 2, 1865, p. 278).
Absol. Vous connaissez Ragotte. Est-ce qu'elle se teint? (Renard, Journal, 1909, p. 1227).Se teindre en + subst. désignant la couleur obtenue.Je m'étais fait platiner les cheveux... (...). Mais je n'avais pas pensé, qu'une fois décolorée, il faudrait, ou continuer, ou alors se teindre en noir, en attendant que les cheveux ne repoussent (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 319).
Empl. pronom. à sens passif. Andrea, murmurait cependant Bastien, Andrea avait les cheveux blonds; mais les cheveux se teignent, et c'est bien lui! C'est lui, je le jurerais sur le salut de mon âme! (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 309).
2. Qqc.2teint qqc.1.[Le suj. désigne une substance colorante] Communiquer sa couleur à, colorer de manière durable ou définitive. Le brou de noix, le jus de raisin, de mûres teignent les mains. La pourpre de Tyr teint l'ivoire de l'Inde, ou la laine la plus blanche de Milet (Chateaubr., Martyrs, t. 3, 1810, p. 163).À cette matière colorante ou pigment qui teignait le chloroplaste on donne le nom de chlorophylle (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 49).
3. Au part. passé. [Corresp. à supra 1 ou 2] Les petites marchandes de cigarettes de Péra (...) ont le bout des ongles teint en rouge (Larbaud, Barnabooth, 1913, p. 306).Son visage exigu [d'un vieillard] s'encadrait de favoris teints (Arnoux, Roi, 1956, p. 102).
En partic.
Synon. de maquillé.Les femmes avec (...) leurs doigts rougis de henné, leurs yeux teints de kohl, regardent (...) dans des attitudes pensives, empreintes de cette grâce triste et de cet éclat sombre des pays chauds (Barrès, Cahiers, t. 4, 1905, p. 7).
Être teint(e). Avoir les cheveux teints. À l'autre table (...) un très jeune homme et une femme plus âgée causaient à mi-voix, lui maigre et brun (...) elle vieillie, teinte et fardée, avec un visage d'Institut de beauté (Bourget, Drame, 1921, p. 138).
B. − P. anal., littér. Qqc.2teint qqc.1de/en qqc.3
1. Colorer. Vial, as-tu vu les raisins de la vigne? As-tu vu que les grappes sont déjà massives et teintes en bleu, si serrées qu'une guêpe n'y entrerait pas? (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 47).La vigne (non taillée encore) teignait les collines d'un rose qui n'a pas de nom (Mauriac, Journal 3, 1940, p. 294).
Empl. pronom. Le cavalier passa (...) Quand il eut passé, elle soupira longuement (...) puis (...) dit à demi-voix:Mon mari! Sur ce mot, son visage se teignit de pourpre (Feuillet, Mariage monde, 1875, pp. 38-39).
2. En partic.
a) [Le suj. désigne une source lumineuse] Donner une coloration nouvelle. La lune luit sur le gazon, et teint au loin le flanc bleuâtre des collines (Nerval, Lorely, 1852, p. 45).La clarté rougeâtre et fumeuse d'une petite lampe de terre, qui teignait encore les objets atteints par elle (Gobineau, Nouv. asiat., 1876, p. 94).
[Le compl. prép. précise la coloration] La pleine lune semblait teindre en jaune le vieux bâtiment sombre (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Confess. femme, 1882, p. 801).Dès que le soleil décline, teignant de pourpre les eaux, elles [les bécasses] se hâtent vers la source prochaine (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 209).
Empl. pronom. à sens passif Je regarde l'avenue, le talus brûlé, se teindre des couleurs de l'aube (Colette, Entrave, 1913, p. 265).
b) [Le suj. désigne du sang] Couvrir, maculer. Qu'aperçois-je sur la bruyère? Hélas! deux guerriers teints de sang... La mort a fermé leur paupière; Le glaive est encor dans leur flanc (Baour-Lormian, Ossian, 1827, p. 116).
Au fig. Etre teint de sang, avoir les mains teintes de sang. Avoir ordonné ou commis des meurtres. Si ces mains (...) ne sont pas teintes d'un sang innocent, j'en remercie le hasard (Mérimée, Théâtre Cl. Gazul, 1825, p. 111).L'exil (...) C'est la peine infligée à l'innocent, au juste, Et dont ce condamné, sous Tarquin, sous Auguste, Sous Bonaparte, rois et césars teints de sang, Meurt (Hugo, Année terr., 1872, p. 302).
C. − Au fig. Qqn teint qqc.1(de qqc.2).Imprégner, marquer d'un caractère, d'une manière d'être. Teignant votre nature aux mœurs de tous les hommes Voyageurs, vous irez comme d'errants flambeaux (Hugo, Rayons et ombres, 1840, p. 1060).Dans la perception sensible, nous réagissons pour teindre de notre caractère subjectif l'impression éprouvée (Blondel, Action, 1893, p. 214).
Empl. pronom. Comme les imaginations étoient remplies des chansons des troubadours et des aventures des croisades, les mœurs se teignirent de ces couleurs (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist., t. 4, 1831, p. 6).C'est surtout une riche nature morale [Sisgondi], sympathique, communicative, qui se teint des milieux où elle vit, qui emprunte et qui rend aussitôt (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 6, 1863, p. 28).
Prononc. et Orth.: [tε:dʀ], (il) teint [tε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Homon. (de tu teins, il teint, qu'il teigne, et aussi de teint adj. et subst.): tain, teigne, thym, formes de tenir. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1100 trans. « communiquer une couleur à quelque chose » jo la [ma bone espee] teindrai vermeille (Roland, éd. J. Bédier, 985); b) ca 1160 id. « soumettre quelque chose à l'action d'un colorant » (Enéas, 477 ds T.-L.); 1456-69 teint part. passé adj. drap ... teint en l'ayne (Maistre Pathelin, éd. J. Cl. Aubailly, 180); c) 1816 pronom. « être teint, prendre les colorants » (Thénard, Traité de chim., t. III, p. 319 ds Pougens ds Littré); 2. a) déb. xvies. trans. « marquer, imprégner d'un caractère, d'une manière d'être » (D'Aubigné, Les Tragiques, II, 218 ds Œuvres, éd. H. Wéber, p. 59); b) 1662 pronom. « se revêtir, se pénétrer de tel ou tel caractère » (Pascal, Pensées, fragm. 821, éd. L. Lafuma, p. 604); en partic. c) 1746 id. « prendre une teinture, une connaissance superficielle de quelque chose » nous teindre d'une infinité de connaissances (Vauvenargue, Réflexions et maximes, 269 ds Rob. 1985); 3. a) fin xviiies. trans. « parer d'une certaine teinte » (Buffon, Minéraux, VI, 197 ds IGLF); b) 1794 pronom. « prendre une certaine teinte, une coloration nouvelle » ici fig. (Chénier, Invention, p. 22: s'y teindre [dans les détours de ces âmes profondes], s'y tremper de leurs couleurs fécondes?); cf. 1814 id. au propre les rayons se teindre d'aurore et de pourpre (Bern. de St-P., Harm. nat., p. 104). Du lat. class. tingere « mouiller, tremper, imprégner » puis « teindre ». Fréq. abs. littér. Teindre: 213. Teint: 330. Fréq. rel. littér. Teindre: xixes.: a) 412, b) 356; xxes.: a) 247, b) 212. Teint: xixes.: a) 543, b) 555; xxes.: a) 523, b) 323.

Wiktionnaire

Verbe - français

teindre \tɛ̃dʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se teindre)

  1. Faire prendre à une étoffe ou à autre chose une couleur différente de celle qu’elle avait, en la plongeant dans un liquide spécial.
    • Si on mélange ensemble une solution de chlorure ferrique et une solution de prussiate rouge, on obtient une solution rouge qui teint en bleu de Prusse les fibres végétales plongées dans la liqueur, tandis que les fibres animales ne teignent pas. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Cette industrie du drap est en effet l'une des plus complexes, et le nombre des opérations nécessaires pour transformer la laine brute en produit fini est très élevé. Il fallait trier la laine, la teindre, la mélanger, la carder, la filer, la tisser, dégraisser le tissu, le fouler, le lainer, le tondre, l'épinceter, et enfin lui donner de l'éclat en le pressant. — (André Maurois, histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, page 235)
    • Elle teignait au henné la paume de ses mains. — (Out-el-Kouloub, « Zariffa », dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
  2. Donner une couleur à ce qui vient en contact avec elles, en parlant des choses.
    • Après la bataille, la rivière était teinte de sang.
    • Les mûres teignent les mains, le linge.
    • Des restes d’anciennes enluminures presque effacées teignaient les murailles de couleurs étranges, et ajoutaient encore à la singularité de l’effet. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
  3. (Pronominal) Teindre une partie de son corps.
    • Se teindre les cheveux, la barbe, les sourcils, etc.
    • Pourquoi t'es-tu teinte Philaminte
      Pourquoi t'es-tu teinte, c'est affreux
      J'aimais beaucoup mieux ta vieille teinte
      J'aimais beaucoup mieux tes vieux cheveux.
      — (refrain de la chanson "Pourquoi t'es-tu teinte ?", paroles de Jean Nohain, musique de Mireille, 1933)
  4. (Pronominal) (Absolument) Donner à ses cheveux, à sa barbe une couleur artificielle obtenue par la teinture.
    • J’enviais ce quinquagénaire aux joues de fille qui cirait sa moustache et teignait son toupet. — (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 78)
    • C’est pour ça que tu t’es teint le sourcil ? Pour la fête ? Tu veux que je m’en teigne un aussi ?— (J.K. Rowling, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, traduit de l’anglais par Jean-François Ménard, 2005)
    • Les jeunes femmes ont un sens aigu de ce qu'il convient de faire et de ne pas faire quand on a cessé d'être jeune. « Je ne comprends pas, disent-elles, que passé quarante ans on se teigne en blond ; qu'on s'exhibe en bikini ; qu'on coquette avec les hommes. Moi, quand j'aurai cet âge-là... » — (Simone de Beauvoir, La Force des choses, Gallimard, 1963, chapitre 6)
    • Elle en oublie de se teindre les cheveux, ou, pour parler son langage, de se les rincer, comme elle le fait chaque semaine, à l’aide d’une forte décoction de café. — (Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Gallimard, 1977, page 311)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TEINDRE. (Je teins, tu teins, il teint; nous teignons, vous teignez, ils teignent. Je teignais. Je teignis. Je teindrai. Je teindrais. Teins, teignez. Que je teigne. Que je teignisse. Teignant. Teint.) v. tr.
Faire prendre à une étoffe ou à quelque autre chose une couleur différente de celle qu'elle avait, en la plongeant dans un liquide spécial. Teindre du fil, de la laine, de la soie, de la toile, du drap. Teindre en bleu, en vert, en rouge. Drap teint en laine, Drap dont la laine a été teinte avant d'être employée à fabriquer l'étoffe. Se teindre les cheveux, la barbe et absolument Se teindre, Donner à ses cheveux, à sa barbe une couleur artificielle obtenue par la teinture.

TEINDRE se dit aussi des Choses qui donnent une couleur à ce qui vient en contact avec elles. Après la bataille, la rivière était teinte de sang. Les mûres teignent les mains, le linge. Le participe passé

TEINT s'emploie comme adjectif. Il a les cheveux teints. Fig., Il est encore teint du sang de ses victimes, ses mains sont teintes de sang se dit d'un Homme qui a commis ou ordonné des meurtres.

Littré (1872-1877)

TEINDRE (tin-dr') v. a.

Je teins, tu teins, il teint, nous teignons, vous teignez, ils teignent ; je teignais ; je teignis ; je teindrai ; je teindrais ; teins, teignons ; que je teigne, que nous teignions ; que je teignisse ; teint ; teignant.

  • 1Faire prendre à une étoffe ou à quelque autre chose une couleur différente de sa première couleur. Teindre du fil, de la laine, une étoffe. Teindre en rouge, en noir. Teindre n'est autre chose qu'extraire d'une substance les principes colorants qu'elle contient, pour les transporter sur une autre, Ameilhon, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. I, p. 545. La laine est probablement la première matière que les hommes ont teinte, parce qu'il n'y en a guère qui prennent si aisément la teinture, ID. ib. p. 549. On n'a commencé à teindre le lin qu'assez tard ; Pline ne fait pas remonter au delà du siècle d'Alexandre les premières tentatives qu'on a faites en ce genre, ID. ib. p. 574.
  • 2Il se dit des choses qui colorent l'eau et les autres liqueurs où on les jette. On teint le vin blanc avec du gros vin rouge.
  • 3Il se dit aussi de ce qui imprime une couleur qu'il est difficile de faire disparaître. Les mûres teignent les mains, le linge. Ne pourrai-je, en fuyant an indigne repos, D'un sang plus glorieux teindre mes javelots ? Racine, Phèdre, III, 5. Le fatal rivage que j'ai teint du sang de mon ami et du mien, Lesage, Diable boit. 15. Des trois couleurs rouge, jaune et bleue dont sont teintes les pierres précieuses, la rouge est la plus fixe, Buffon, Min. t. VII, p. 415.

    Par extension. Ce Jésus en qui Madame a espéré, dont elle a porté la croix en son corps par des douleurs cruelles, lui donnera encore son sang, dont elle est déjà toute teinte, Bossuet, Duch. d'Orl.

  • 4 Fig. Imprimer ce que l'on compare à une couleur, à une teinture. Nous les teignons [les idées des choses] de nos qualités, Pascal, Pens. I, 1, éd. HAVET. Des couleurs du sujet je teindrai mon langage, Delille, Jard. I.
  • 5Se teindre, v. réfl. Être teint. Les laines et les cotons se teignent presque toujours au bouillon, Thenard, Traité de chim. t. III, p. 319, dans POUGENS.

    Fig. Contracter une certaine manière d'être. Afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance [la foi], qui nous échappe à toute heure, Pascal, Pens. X, 8. Quelquefois elles [les lois] passent au travers [des préjugés] et s'y teignent, Montesquieu, Esp. XXIX, 19. Malgré lui, dans lui-même, un vers sûr et fidèle Se teint de sa pensée et s'échappe avec elle, Chénier, Élégies, XX.

  • 6 Fig. Prendre une teinture, une connaissance légère. Il nous est plus facile de nous teindre d'une infinité de connaissances que d'en bien posséder un petit nombre, Vauvenargues, Max. 269.

HISTORIQUE

XIe s. En Rencesvals jo la tendrai vermeille [mon épée], Ch. de Rol. LXXVI.

XIIe s. En l'autre chambre avant s'en est li reis alés, De maltalent e d'ire e tainz et tressués, Th. le mart. 3.

XIIIe s. Que tez piez [ton pied] soit teinz ou sanc, Psautier, f° 78. Fille, com ceste amour vous a palie et tainte ! Audefroi le Bastard, Romancero, p. 16. Riches dras [elle] ot vestus qui furent tains en graine [écarlate], Berte, LXXIV. Icele [flèche] fu de felonie Toute tainte et envenimée, la Rose, 969. Amour d'omme envers fame n'est mie tainte en graine, Por trop pou se destaint, por trop pou se desgraine, J. de Meung, Test. 437.

XVIe s. Les teinturiers teignent le plus souvent la couleur qu'ilz voyent estre la plus requise, Amyot, Cat. 15. Les delices des grands s'envolent en fumée, Et leurs forfaicts marquez teignent leur renommée, D'Aubigné, Tragiques, édit. LALANNE, p. 82.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

TEINDRE, v. act. (Gramm.) c’est porter sur une substance quelconque une couleur artificielle. On teint presque toutes les substances de la matiere ; les pierres, les cornes, les cheveux, les laines, les bois, les os, les soies, &c. Voyez l’article Teinture.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « teindre »

Wallon, tîd ; provenç. tengner, tenher ; catal. tenyir ; espagn. teñir ; portug. tingir ; ital. tingere, tignere ; du lat. tingere (comparez τέγγειν, mouiller).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin tingere.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « teindre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
teindre tɛ̃dr

Citations contenant le mot « teindre »

  • Recette pour rajeunir : se teindre les cheveux. Autre recette : ne pas les teindre. De Robert Sabatier / Le livre de la déraison souriante
  • Peindre n'est pas teindre. De Jean Dubuffet / Prospectus aux amateurs de tout genre
  • Il nous est plus facile de nous teindre d'une infinité de connaissances, que d'en bien posséder un petit nombre. De Vauvenargues / Réflexions et maximes
  • DJ Tigerlily se fait teindre la moitié de ses cheveux par la coiffeuse Hannah Barrie.|Photo : Getty Images. amomama.fr, Coloration après 50 ans : 7 astuces à adopter
  • Un atelier d’impressions végétales est organisé autour de cette exposition. Il s’agit de réaliser un herbier en tataki-zomé, une technique ancestrale d’impression végétale sur tissu signifiant en japonais « teindre en martelant ». Les plantes collectées dans le parc révèlent sur le textile leurs empreintes aux coloris étonnants. Ainsi, balade botanique et atelier créatif se conjuguent. , Des animations estivales au domaine de Trévarez à Saint-Goazec | Côté Quimper

Images d'illustration du mot « teindre »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « teindre »

Langue Traduction
Anglais dye
Espagnol colorante
Italien colorante
Allemand farbstoff
Chinois 染料
Arabe صبغ
Portugais tintura
Russe окрасить
Japonais 染料
Basque tindatzen
Corse tintura
Source : Google Translate API

Synonymes de « teindre »

Source : synonymes de teindre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « teindre »

Teindre

Retour au sommaire ➦

Partager