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Savon

Définitions du mot « savon »

Trésor de la Langue Française informatisé

SAVON1, subst. masc.

A. −
1. CHIM. Sel provenant de l'action d'une base quelconque sur un corps gras. Les Savons faits avec les oxydes des métaux non alcalins sont insolubles (Privat-Foc.1870).Les savons de métaux bivalents sont très peu solubles (Méd. Biol.t. 31972).
P. ext. Produit issu d'une saponification. Cette graisse, il s'agissait d'en isoler un de ses éléments, la glycérine, en la saponifiant. Or, pour obtenir ce résultat, il suffisait de la traiter par la soude ou la chaux. En effet, l'une ou l'autre de ces substances, après avoir attaqué la graisse, formerait un savon en isolant la glycérine (Verne,Île myst., 1874, p. 156).On doit naturellement éviter la saponification de l'huile neutre et la formation d'émulsions rendant la séparation du savon difficile ou même impossible (Brunerie,Industr. alim., 1949, p. 49).
2. En partic. Sel de sodium ou de potassium des acides gras, c'est-à-dire provenant de l'action d'une base alcaline sur un corps gras d'origine animale ou végétale; (dans le lang. cour.) mélange de ces sels, parfois additionné d'autres substances, utilisé essentiellement pour fabriquer des produits de nettoyage ou de toilette. Fabriquer du savon; brique, morceau, pain de savon; frotter, laver, nettoyer un carrelage avec du savon; linge blanchi au savon; sentir le savon. Les hommes de la bordée de quart (...) se lavaient à grande eau froide; ils (...) couvraient leur poitrine d'une mousse blanche de savon, et puis s'associaient deux à deux, naïvement, pour se mieux frotter le dos (Loti,Mon frère Yves, 1883, p. 367):
Alexis (...) tournait le savon que MmeLoiseau faisait avec de l'huile dans laquelle autrefois elle conservait de la saucisse et qui maintenant était rance, et n'était bonne qu'à faire du savon. Ce n'était pas une petite affaire que de surveiller le savon sur le feu, pendant deux heures, sans s'arrêter de le tourner... Triolet,Prem. accroc, 1945, p. 224.
[Avec un déterm. spécifiant l'aspect, la compos., l'orig.] Savon en copeaux, en feuilles, en morceaux, en paillettes, en poudre; savon liquide; crème de savon (pour la barbe); savon-crème; savon blanc (ordinaire); savon marbré (dont les veines renferment du sulfure de fer); savon transparent (additionné d'alcool); savon vert (fait avec l'huile colorée des tourteaux d'olives); savon à la glycérine, au lait, au miel, à l'huile d'olives; savon parfumé.
Savon animal. ,,Savon officinal obtenu par saponification des graisses animales (veau, porc) au moyen de la lessive de soude`` (Duval 1959).
Savon dur, solide. Savon à base de sel de sodium provenant de la saponification de graisses animales ou d'huiles végétales. En faisant agir un acide gras sur une base, on obtenait du savon (...). En choisissant la potasse comme base, on obtenait des savons mous; avec la soude, des savons durs. Toute une gamme de produits en sortit, chacun adapté à un usage déterminé (savons de toilette, de ménage, industriels) (P. Rousseau,Hist. techn. et invent., 1967, p. 229).
Savon de Marseille. Savon blanc à base d'huile d'olives, contenant 63 % d'acides gras et d'acides résiniques, avec une teneur en eau de 28 %, vendu en pains cubiques. Laver du linge avec du savon de Marseille. Je me lavais les mains avec du savon de Marseille (Goncourt,Journal, 1863, p. 1267).− Peuh! vos copains communistes, ils ressemblent aux types des séminaires. (...) Avec ça, ils sentent mauvais. − Erreur, mon cher. Très propres. − Oui, trop propres ou pas assez. Ils sentent l'eau de la fontaine, le savon de Marseille et le bleu de linge (Bernanos,Mauv. rêve, 1948, p. 890).
Savon mou. Savon à base de sel de potassium, non débarrassé du glycérol, provenant de la saponification d'huiles de moindre valeur (huile de lin, de chanvre, de colza, de poisson, etc.). V. supra savon dur ex. de P. Rousseau.
Savon noir. Savon de qualité inférieure et de consistance molle préparé avec des résidus d'épuration d'huile ou des suifs. Laver un carrelage avec du savon noir; tricot usé par les lavages au savon noir. Bruxelles sent le savon noir. Les chambres d'hôtel sentent le savon noir. Les lits sentent le savon noir. Les serviettes sentent le savon noir. Les trottoirs sentent le savon noir (Baudel., Pauvre Belg., 1867, p. 709). − (...) Le fait est que je me grattais tout le temps la tête (...). Mon Dieu qu'elle dit ma mère, mais c'est des totos (...). − On m'a rasé la tête et on l'a brossée au savon noir (Queneau,Loin Rueil, 1944, p. 19).
Savon (-)ponce, savon minéral. Savon dans lequel est incorporé de la poudre fine de pierre ponce ou de quartz, servant à décrasser. Un bureau de tabac (...) où l'on vendait (...) des bretelles, du savon-ponce (Féval,Fils diable, t. 2, 1847, p. 19).Il faut laver les poêles comme la vaisselle, ou bien les nettoyer avec du savon minéral et un peu d'eau chaude (Lar. mén.1926, p. 160).
Savon surgras. Savon contenant un excès de matière grasse utilisé comme tel ou comme excipient dans la confection de produits de dermatologie. Attention la peau des bébés est fragile. Elle s'irrite vite, et toute irritation peut s'infecter. (...) Pour le bain quotidien utiliser un savon surgras, peu détergent (Elle, 12 juill. 1976, p. 97, col. 4).
[Avec un déterm. spécifiant la destination] Savon de ménage; savon amincissant, antiseptique, cosmétique.
Savon (à barbe). Produit moussant se présentant sous diverses formes, dont on se sert pour ramollir la barbe avant le rasage. Savon à barbe en bâton, en crème, en poudre, liquide. Magdelinat (...) s'occupa de faire mousser son savon dans le plat à barbe (Theuriet,Mariage Gérard, 1875, p. 22).Se raser... En faisant mousser le savon avec la belle eau claire de la fontaine (Giono,Colline, 1929, p. 190).
MÉD., PHARM. Savon amygdalien, médicinal. Savon officinal obtenu par saponification à froid d'huile d'amandes douces par une lessive de soude, utilisé comme excipient dans diverses préparations médicinales. Le Codex prescrit, pour la préparation du savon médicinal, la formule suivante: soude liquide ou lessive des savonniers, 100 parties; huile d'amandes douces récente, 210 parties (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t. 2, 1821, p. 650).
Savon camphré, ioduré, sulfureux. Savon à base d'huile d'olive, additionné de camphre, d'iodure de soufre, de sulfure de potassium et de sulfure de sodium. (Dict. xixeet xxes.).
Savon dentifrice (vx). Pâte savonneuse additionnée de glycérine et aromatisée, utilisée pour le nettoyage des dents. (Dict. xixeet xxes.). Synon. usuel (pâte) dentifrice.
Savon de toilette. Savon destiné à la toilette, préparé avec des matières grasses de qualité supérieure complètement saponifiées, dont la teneur en alcali est inférieure à 0,05 % et la teneur en chlorure de sodium voisine de 0,5 %. C'est comme la bonne de Toulouse... Tiens, pourquoi ce rapprochement? (...) à cause de ce relent de savon de toilette... Curieux, les associations d'idées (Martin du G.,Thib., Belle sais., 1923, p. 885).Désormais on ne fera plus de savon de ménage qu'à 40 % [de corps gras] et du savon de toilette qu'à 30 % (L'Œuvre, 21 janv. 1941).
3. Locutions
Bulle de savon. V. bulle1A 1 a.P. métaph. ou au fig., vx. Personne ou chose insignifiante. Que suis-je (...)? Suis-je un rêve? Une bulle de savon? (Quinet,Ahasvérus, 1833, 4ejournée, p. 326).Des hommes privés de toute satisfaction réelle n'ont que faire de ces inventions des mondes imaginaires bâtis par la pensée bourgeoise. Ces bulles de savon que gonflent les vieux penseurs éclatent au souffle du vent qui traverse la cour des usines et les boulevards désolés des faubourgs ouvriers (Nizan,Chiens garde, 1932, p. 157).
Eau de savon. Eau savonneuse. Un col et des manches trempaient dans la cuvette, pleine d'eau de savon (Zola,Bonh. dames, 1883, p. 509).Elle alla chercher un bol plein d'eau de savon, qu'elle posa sur la balustrade. Hélène plongeait un petit bout de paille dans l'eau savonneuse, et ensuite (...) elle la portait à sa bouche. Du tube de paille (...), sortait une bulle que son souffle gonflait (Jouve,Scène capit., 1935, p. 198).
4. P. anal.
a) CHIM., PHARM. Savon inversé, inverse, cationique. Sel d'ammonium à chaîne grasse, utilisé comme désinfectant et antiseptique externe à cause de ses propriétés bactériologiques importantes (d'apr. Méd. Biol. t. 3 1972).
b) BOT. Synon. pop. de saponaire.V. piste B 1 a ex. de Vercel.Arbre à savon. Savonnier (v. ce mot C). (Dict. xixeet xxes.).
c) MINÉR. Savon blanc, de montagne, minéral. Variété d'halloysite qui se dépose dans certaines eaux thermales. Voir Lapparent, Minér., 1899, p. 478.Savon naturel, des soldats. Nom donné à certaines argiles qui ont la propriété d'enlever les taches et de dégraisser le linge (d'apr. Brard 1838).
d) TECHNOL. Savon des verriers. Bioxyde de manganèse employé dans les verreries pour blanchir la composition que l'on destine à la fabrication du verre blanc. Le verre fondu est devenu bien limpide, l'affinage est terminé. Si la masse est un peu colorée par de l'oxyde de fer, on la décolore par l'addition d'un peu de bioxyde de manganèse (savon des verriers) (Bourde,Trav. publ., 1928, p. 149).
B. − Morceau, pain de savon. Acheter un savon de toilette parfumé, un gros savon de Marseille. J'appréciai d'un coup d'œil ce qu'elle entendait par faire sa toilette. La serviette était restée pliée sur le pot à eau toujours plein. Le savon intact et sec demeurait auprès de la cuvette vide (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Sœurs R., 1884, p. 1269).Excusez-moi: j'ai déjà bouclé ma valise; vous n'auriez pas la grande obligeance de me prêter quelques instants votre savon? (Gide,Ainsi soit-il, 1951, p. 1189).
Caisse à savon. Caisse de bois destinée au transport de pains de savon. Il avait vu, installé dans une grande caisse à savon, le petit de Céleste qui dormait encore (Maupass.,Contes et nouv., Père Amable, 1886, p. 225).Un petit menuisier qu'on ne voyait presque jamais à l'église était monté sur une caisse à savon et avait parlé (Green,Moïra, 1950, p. 206).
P. ext., pop., fam. Petite voiture construite par les enfants à partir d'une caisse à savon ou d'autres matériaux récupérés. Pourquoi ce surnom de « caisse à savon »? Il vient de Harlem ou San Francisco où le jeu favori des enfants pauvres consistait à fabriquer des voitures de bric et de broc pour dévaler les rues cabossées des villes américaines. Leur matériau de prédilection: les caisses à savon (Clair foyer, mars 1986, p. 37).
Prononc. et Orth.: [savɔ ̃]. Homon. savons (verbe savoir). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol.et Hist. 1. a) Ca 1180 « produit utilisé pour le dégraissage et le lavage, obtenu par la combinaison d'un acide gras avec un alcali » (Alexandre de Paris, Alexandre, 49 in Elliott Monographs, n o40, p. 9); b) 1823 « morceau moulé de savon » (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, p. 457); c) 1835 savon de toilette (Ac.); 2. savon blanc a) α) 1530 « savon dur à base de soude qui est de couleur blanchâtre » (Palsgr., p. 288a); β) 1904 minér. (Nouv. Lar. ill.); b) 1812 savon des verriers (Mozin-Biber). Du lat. saponem, acc. de sapo, saponis « mélange de suif et de cendre utilisé par les Gaulois pour rougir les cheveux » (cf. Pline, Naturalis historia, 28, 191 ds OLD), empr. dans toute la Romania (cf. le roum. săpun, le vegliote sapaun, l'ital. sapone, le cat. sabó et l'esp. jabón) au germ. *saipôn- « id. »; cf. l'a. h. all. seifa, seipfa « id. », all. Seife « savon » et l'anglo-sax. sāpe, d'où l'angl. soap « id. ». Voir FEW t. 17, p. 6a-b.
STAT.Savon1 et 2. Fréq. abs. littér.: 452. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 249, b) 770; xxes.: a) 742, b) 850.
BBG.Rothwell (W.). Medical and botanical terminology from Anglo-Norman sources. Z. fr. Spr. Lit. 1976, t. 86, p. 255.

SAVON2, subst. masc.

A. − Vx. Lavage au savon, lessive. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Au fig., fam. Sévère réprimande. Synon. attrapade (fam.), engueulade (pop.).De mon innocence dans le fait il ne fut même pas question, car c'est la seule hypothèse que personne ne voulut admettre un instant. Néanmoins les difficultés de l'inculpation firent que je m'en tirai avec ce savon, extrêmement violent (Proust,Fugit., 1922, p. 444).Un lavage de tête, (...) un savon ferme, courtois, bref à un sous-chef (Arnoux,Double chance, 1958, p. 144).
Loc. Passer, flanquer (fam., pop.), foutre (vulg.) (ou un verbe de même parad.) un savon à qqn. Il vient de recevoir un savon de son colonel, ton Van Dyck (H. Bataille,Maman Colibri, 1904, III, 2, p. 21).Si jamais un flic te questionne (...) tu ne me connais pas (...) ils te passeront un savon mais ils te laisseront filer (Vialar,Faux fuyants, 1953, p. 109).
Prononc.: [savɔ ̃]. Homon. savons (du verbe savoir). Étymol. et Hist. 1. a) 1597 laver (à qqn) la teste sans savon « faire des reproches (à quelqu'un) » (Favre, Lettre du 9 janv. ds Œuvres de S. François de Sales, publ. par les Religieuses de la Visitation du 1ermonastère d'Annecy, t. 11, p. 423); b) 1757 avoir le savon « se faire réprimander » (J.-J. Vadé, Œuvres posth., p. 256); 2. 1634 « action de savonner le linge » (Corneille, Galerie du Palais, I, 6, 115 ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 2, p. 24). Déverbal de savonner*. Bbg. Quem. DDL t. 5.

Wiktionnaire

Nom commun

savon \sa.vɔ̃\ masculin

  1. (Cosmétologie) Produit basique obtenu par la combinaison d’un acide gras avec un alcali et qui sert à blanchir le linge, à nettoyer, à dégraisser.
    • La chambre, tout en chaos, est pleine d’un mélange d’odeurs : savon, poudre de riz, senteur aiguë de l’eau de Cologne, dans la lourdeur du matin enfermé. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Muni même d’un pain de savon, il prit, sur le bord d’un cours d’eau, hors la ville, son premier bain depuis seize mois. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 421 de l’éd. de 1921)
    • Toilette du bataillon. Le barbier passe pour particulièrement francophile. Tout le monde va se raser chez lui. Chacun emporte son savon, son blaireau, son rasoir, et lui n'a guère qu'à regarder, mais enfin on se rase cher un coiffeur. — (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
    • Pour fabriquer le savon proprement dit utilisé dans la toilette et en blanchisserie, on traite une huile ou une graisse par la soude ou la potasse ; […]. — (Marcel Hégelbacher, La Parfumerie et la Savonnerie., 1924, page 157)
    • A Marseille, les juifs eurent droit de cité jusqu'au XVIe siècle, […] c'est un des leurs, Crescas Davin, qui introduisit chez elle, en 1371, la fabrication du savon. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Un morceau de savon traînait sur le bord de la baignoire en bois. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  2. (Figuré) Réprimande.
    • En tout cas, l’affaire mit Claude dans une colère dont il était coutumier, ce qui valut à Ostie, c’est-à-dire son sénat, un savon mémorable. — (Pierre Renucci, Claude, Perrin, Paris, 2012, page 333)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAVON. n. m.
Produit obtenu par la combinaison d'un acide gras avec un alcali et qui sert à blanchir le linge, à nettoyer, à dégraisser. Un pain de savon. Savon de Marseille. Savon noir. Savon minéral. Savon liquide. Savon de toilette. Savon pour la barbe, savon à barbe. Savon dentifrice. Eau de savon. Mousse de savon. Bulle de savon. Frotter avec du savon. Cette tache s'en ira au savon. Fig. et pop., Donner un savon à quelqu'un, Le réprimander, le tancer fortement.

Littré (1872-1877)

SAVON (sa-von) s. m.
  • 1Composition résultant de l'action de la potasse ou de la soude sur les corps gras, et servant à blanchir, à nettoyer. Savon de toilette. Bulle savon. On emploie ordinairement cinq à six livres de savon pour une lessive du poids de cinq cents livres, Genlis, Maison rust. t. II, p. 21, dans POUGENS. Dans les mains d'un enfant, un globe de savon Dès longtemps précéda le prisme de Newton, Delille, Trois règ. I.
  • 2Savon blanc, savon préparé en grand à Marseille, avec l'huile d'olive et la soude artificielle pure.

    Savon marbré, savon commercial renfermant un savon à base de fer disposé par couches dans la pâte, qui est blanche ; il contient souvent aussi du sulfure de fer provenant de la réaction du sel de fer qu'on ajoute, sur les sulfures alcalins contenus dans la soude artificielle brute ; c'est ce savon qui sert aux usages domestiques.

    Savon vert ou noir, savon mou. Le cent pesant de savon noir et vert, mol et liquide, 5 livres, Tarif, 18 avril 1667. On fabrique les plus communs qu'on nomme savons verts ou noirs, avec les marcs d'huile d'olive, de noix, de navette, et les alcalis caustiques traités par l'ébullition, Fourcroy, Conn. chim. t. VII, p. 331.

  • 3Savon amygdalin ou médicinal, savon officinal qu'on prépare à froid en traitant l'huile d'amandes douces par la lessive caustique des savonniers.

    Savon végétal, poudre composée de huit parties de gomme arabique et d'une de bi-carbonate de potasse.

    Savon animal ou de moelle de bœuf, savon préparé avec la moelle de bœuf purifiée, et de la lessive de savonnier.

    Savon sulfureux, savon à base d'huile d'olive, avec du sulfure de potassium et du sulfure de sodium ; il s'emploie surtout en bains.

    On prépare d'une façon analogue des savons iodurés et des savons camphrés.

    Savon de Starkey, savonule qui résulte de la combinaison de la soude et de l'essence de térébenthine.

  • 4Savonnage. Ceux-là [collets] sont assez beaux, mais de mauvais service ; En moins de trois savons on ne les connaît plus, Corneille, Galer. du Pal. I, 6.

    Fig. et populairement. Donner un savon à quelqu'un, le réprimander fortement. Le Moulin à vent [désignation cryptographique d'un officier d'ordonnance] a eu un bon savon, Correspond. du gén. Klinglin, I, 426.

  • 5Savon de Bécœur, préparation pour préserver des insectes la peau des animaux empaillés.
  • 6Savon des verriers, bioxyde de manganèse, qui sert à blanchir le verre.
  • 7Savon naturel, espèce d'argile très fine.

    Savon de soldat, savon minéral, pierre à détacher.

  • 8 Terme d'alchimie. Savon des philosophes, le mercure.
  • 9Nom d'un poisson de l'île de Bourbon, centropristis saponaceus, Val.

HISTORIQUE

XIIIe s. Savelon, J. de Garlande, p. 588.

XVIe s. Une once de savon noir, De Serres, 970.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SAVON. Ajoutez :
10 Savon de Gênes, ancien nom du savon blanc consacré aux teintures et à la manipulation de la soie, Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. VI, p. 362.
11 Arbre à savon, le sapindus, Baillon, Dict. de botan. p. 248.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAVON, s. m. (Chimie.) On sait que le savon dans ce pays-ci n’est autre chose que de l’huile d’olives unie par la cuisson au sel de la soude ; & dans les pays froids où le sel de la soude & l’huile d’olives sont fort chers, l’on substitue à la place de l’un le sel lixiviel du bois de chêne, & à la place de l’autre le suif des animaux, qui produisent un savon aussi blanc, aussi dur & aussi bon pour le blanchissage que celui qui est fait avec l’huile d’olives. Dans la composition de notre savon, il paroît qu’une livre de savon peut contenir dix onces un gros cinquante-six grains d’huile, quatre onces trois gros quarante grains de sel alkali, & une once deux gros quarante-huit grains d’eau.

Le savon est donc composé d’huile & de sel alkali, unis de façon que ces deux substances peuvent se dissoudre en même tems dans l’eau, & former un mélange homogène, où il ne paroit aucune marque de l’une ni de l’autre. Or le savon a cette propriété, c’est que mêlé intimement avec des huiles, des corps huileux, des résines, des matieres résineuses, des gommes, des substances gommeuses, des gommes-résines, & d’autres corps ténaces, dans la composition desquels ces diverses substances entrent, il fait qu’ils se mêlent & se délaient dans l’eau, & qu’ainsi ils peuvent être détachés des autres corps auxquels ils sont adhérens. Par conséquent l’eau ne dissout pas seulement les véritables savons, mais mélée avec eux, elle acquiert le pouvoir de dissoudre certains corps, qu’elle n’auroit pas pu dissoudre autrement. Le savon augmente donc considérablement la force dissolvante de l’eau.

Il y a une autre méthode moins connue & plus pénible, pour faire que les huiles se mèlent avec l’eau. Aussi les artistes la regardent-ils comme un secret : elle consiste à faire digérer dans l’alcohol assez long-tems, & suivant les regles de l’art, quelqu’une de ces huiles qu’on appelle essentielles, & à méler ensuite intimement le tout par plusieurs distillations réitérées. Par-là la principale partie de l’huile est si fort atténuée & si bien confondue avec l’alcohol, que ces deux liqueurs peuvent se méler avec l’eau, & former un remede subtil, pénétrant & propre à remettre les esprits dans leur assiette naturelle. On ne sauroit que très-difficilement imiter sa vertu par d’autres moyens. (D. J.)

Savon, Manufacture de savon. Pour fabriquer une charge d’huile, mesure de Salon, c’est-à-dire, environ trois cens douze, quinze ou même vingt livres, il faut prendre deux cens pesant de soude d’Alicante, la piler sous des marteaux de fer, & la réduire en poudre qui ne soit pas plus grosse qu’une noisette ; prendre la même quantité de chaux vive, non en poids mais en volume ; étendre cette chaux pilée par terre ; l’arroser peu-à-peu en jettant dessus de l’eau avec la main, jusqu’à ce qu’il ne s’enleve plus de poussiere ou de fumée, ou qu’elle soit éteinte. Prendre cette chaux ainsi mouillée, la mêler avec la barele ou soude d’Alicante ; mettre ces deux matieres bien mélées ensemble dans une cuve qui ait un trou par-dessous ; verser sur le mélange de l’eau ; cette eau s’échappera par le trou de dessous, & on la recevra dans un bacquet. Cette eau qui sortira de la cuve fera trois lessives différentes, qu’on appelle forte, médiocre & foible.

Quand l’eau commencera à couler dans le baquet, on y mettra un œuf ; tant que l’œuf flotte sur la lessive par côté & qu’il est bien au-dessus de l’eau, la lessive s’appelle forte. Quand l’œuf tombe sur la pointe, la lessive est médiocre, & l’on doit la recevoir dans un second baquet ; & lorsque l’œuf commence à enfoncer & à se tenir entre deux eaux, on change encore le baquet, pour recevoir la lessive foible. Lorsque l’œuf enfonce entierement, on retire le baquet ; & ni l’eau ni la terre qui restent dans la cuve ne valent plus rien. Cependant on peut la garder pour en arroser un mélange de soude & de chaux une autre fois, car elle doit valoir mieux que l’eau pure.

On tient les trois lessives séparées ; on doit verser de l’eau dans la cuve jusqu’à ce que les trois lessives soient faites.

Après, on commence par jetter dans une grande chaudiere, proportionnée à la quantité de savon qu’on veut faire, un ou deux seaux de lessive foible ; puis on ajoute la quantité d’huile qu’on a préparée pour la cuite (quand l’huile est bonne, c’est-à-dire, qu’elle est commune & marchande.) Mais quand on a acheté dans les villages, les fonds des vaisseaux, des jarres & ce qui est crasseux ; pour lors on met toute cette huile dans un lieu chaud, où la bonne s’éleve à la surface, & on la sépare. Quand on veut faire du savon commun, on n’y fait pas tant de façon. On allume ensuite le feu sous la chaudiere, & on attend que le mélange bouille. Quand il commence à former des bouillons ou ondes, on verse dessus de la même lessive à-peu-près la même quantité que la premiere fois, & on continue d’ajouter de la lessive jusqu’à ce qu’on s’apperçoive que les matieres se coagulent. Quand les matieres se coagulent, on commence à user de la lessive médiocre, & on en continue l’addition jusqu’à ce que les matieres soient bien prises ensemble & forment un mélange bien consistant. Alors, on change encore de lessive, & on verse de la premiere lessive, dite sorte, seau à seau, comme les précédentes.

Quand on a versé de cette lessive à deux ou trois reprises, si l’on veut que la lessive vienne au-dessus, ou monte avec la pâte, il faut alors retirer le feu de dessous la chaudiere ; mais jusqu’à ce moment on a dû l’entretenir très-violent.

Après cette opération, il faut laisser réfroidir les matieres. Quand elles sont froides, on tire la pâte qui est au-dessus, & on la met dans une autre chaudiere, si on en a une ; sinon, on la recueille dans une cuve, & on jette la lessive qui se trouve au fond de la premiere chaudiere, & l’on remet la pâte dans cette chaudiere ; on jette dessus un ou deux seaux de lessive forte ; on allume un feu très-violent & on verse à plusieurs reprises de la même lessive, jusqu’à ce que la pâte soit bien durcie. Alors on prend une perche au bout de laquelle il y a un morceau de bois fort applati comme une planche & fortement attaché. Un ouvrier prend cet instrument, l’enfonce par le bout applati dans la pâte, tandis qu’un autre prend un seau de la lessive médiocre qu’il fait couler petit-à petit le long de la perche enfoncée profondément dans la pâte ; & quand le seau est vuide, on retire la perche, & on la renfonce tout-autour de la chaudiere trois ou quatre fois, & toujours en versant de la lessive médiocre le long de la perche comme la premiere fois.

Après cette opération, on laisse bouillir la chaudiere environ deux heures, & la matiere devient à-peu-près comme du miel ; alors on retire le feu de dessous la chaudiere, & on laisse réfroidir le savon un jour. On le retire ensuite, & on le transporte dans des especes de caisses ou grands bassins de bois, longs d’environ neuf à dix piés sur cinq à six de large, dont les côtés sont formés d’ais de treize à quatorze pouces de hauteur. Ceux dans lesquels on met le savon blanc sont moins profonds, n’ayant guere que six pouces de creux ; on a soin de frotter le fond & les côtés de ceux-ci avec de la chaux éteinte bien tamisée : mais cela ne se pratique pas pour le savon marbré.

Le fond de chaque bassin de bois est disposé en pente insensible du derriere au devant, afin de faciliter l’écoulement de l’eau qui en réfroidissant se sépare du savon, & s’échappe hors des bassins par de petits trous faits exprès ; cette eau est conduite par une rigolle dans un citerneau, d’où on la retire pour l’employer dans la préparation des nouvelles lessives, préférablement à l’eau commune, étant déja impregnée des principes propres à former le savon.

Lorsque la matiere contenue dans les bassins est bien réfroidie, & qu’elle a acquis une consistance un peu ferme, on la coupe par gros blocs ou parallélipipedes égaux & un peu longs. Cela se fait au moyen d’un grand couteau dont le manche est traversé d’un bâton servant de poignée à deux hommes pour tirer le couteau vers eux, tandis qu’un troisieme l’enfonce par la pointe, & le conduit le long des divisions qui ont été marquées auparavant. Lorsqu’on veut partager un de ces blocs en plus petits morceaux, on le marque sur les côtés avec une machine garnie de dents de fer en forme de peigne, chaque dent formant une division. Les marques étant faites, on met le bloc dans une boîte de bois, dont les côtés sont divisés par des fentes horisontales dans lesquelles on passe un fil-de-fer qu’un homme tire à lui par les deux bouts, ce qu’il continue de faire à chaque division, pour avoir des tranches d’égale épaisseur, lesquelles étant retournées & posées verticalement dans la boîte, sont encore coupées dans un autre sens par le fil de fer ; ce qui forme des briques de savon telles qu’on en voit chez les Epiciers.

Pour perfectionner une cuve de savon & mettre la marchandise en état d’être livrée aux acheteurs, il faut environ un mois d’été ; mais en hiver il ne faut que quinze ou dix-huit jours, parce que la matiere se réfroidit & se condense beaucoup plutôt. On compte que trois des bassins décrits ci-dessus, doivent contenir environ pour la somme de cinq mille livres de marchandise.

L’endroit destiné à la fabrication du savon doit être plus ou moins grand, suivant le nombre des chaudieres, mais les mêmes outils & les mêmes appartemens y sont toujours nécessaires.

Les chaudieres sont au rez de-chaussée, bâties en rond avec de la brique & du ciment ; le fond est de cuivre, fait de la forme d’un plat à soupe rond ; il doit être bâti avec la chaudiere, qu’on appelle cloche ; on en fait de toute espece pour la grandeur ; les plus ordinaires ont 12 piés de diametre, & viennent en retrécissant jusqu’au fond ; la hauteur est de 8 à 9 piés. On en a fait en bois cerclées avec 4 ou 5 gros cercles de fer ; mais on les a abandonnées par le peu d’usage qu’elles faisoient.

Il y a une cave voutée qui répond au-dessous des chaudieres, où il y a un grand fourneau à chacune avec un grillage de barreaux de fer pour donner du jour au feu ; ces fourneaux ont leurs tuyaux pour le passage de la fumée.

Les bas des chaudieres est percé à un pié du fond avec une ouverture ronde d’un pié en circonférence ; cette ouverture est garnie d’un fer tout-au tour, pour la fermer ; il y a une barre de fer longue de 8 piés, assez grosse par le bout, pour qu’étant garnie d’étoupes, elle bouche solidement l’ouverture ; son usage en la poussant en-dedans, est de donner assez d’ouverture pour le passage de la lessive, lorsqu’elle a perdu totalement sa force, & en tirant à soi, elle bouche l’ouverture ; on appelle cette barre de fer matras.

Il y a au fond de la cave un réservoir pour recevoir les lessives qui sortent du matras ; la pâte du savon qui peut se méler avec la lessive en sortant, vient surnager dans le réservoir ; étant refroidie, après qu’on l’a ôtée, on ouvre le réservoir, & la lessive se précipite dans un aqueduc qui en est le dégorgement.

Au-tour des murailles du rez de-chaussée, il y a des petits réservoirs appellés barquieux, de trois piés & demi à quatre piés de large, cinq de profondeur, & de la même hauteur ; c’est où l’on met les matieres préparées & concassées pour faire la lessive qui sert à cuire le savon ; ces barquieux sont contournés par des petits canaux où l’eau passe & entre dessus par des petites communications qu’on ouvre & qu’on ferme au besoin ; l’eau filtre sur cette matiere, & après en avoir pris la substance, elle sort par le fond & entre dans deux réservoirs pratiqués au-devant & au-dessous dans les souterrains ; la premiere liqueur est la plus forte, & on la sépare des autres.

A l’endroit le plus près des chaudieres, à rez-de-chaussée, il y a un ou deux appartemens en forme de galerie, qu’on appelle mises ; on forme dans ces galeries des enceintes avec des planches de neuf à dix piés en longueur, & d’un pié & demi d’hauteur ; la planche du devant est mobile, & se met par le moyen de deux piliers en bois faits à coulisses ; le sol est en pente douce, pour faciliter l’égout de la trop grande quantité de lessive qui est mélée avec la pâte de savon lorsqu’il sort de la chaudiere ; cette lessive a ses conduits & son réservoir.

Il faut quantité de jarres pour mettre l’huile. A Marseille on a des réservoirs en terre bâtis au ciment très-solides ; on les appelle piles ; il y en a de toutes grandeurs, jusqu’à deux & trois mille quintaux.

Il faut encore plusieurs autres appartemens pour mettre la chaux, le bois, & de grands magasins pour les matieres.

Il y a aussi des endroits pour concasser les matieres ; on les appelle piquadoux.

Au plus haut de la maison, on a un ou deux grands appartemens ouverts à plusieurs vents, appellés cysugants ; c’est-là où le savon acheve de se sécher, où l’on le coupe, où l’on le met dans des ronds en forme de tours, & où on l’embale.

La composition du savon se fait, comme nous avons dit, avec l’huile d’olive ; toute graisse ou autre matiere rend la qualité imparfaite & très-mauvaise ; toute huile d’olive est bonne ; les meilleures sont celles du royaume de Candie & du Levant ; elles ont plus de consistance, & on en tire une plus grande quantité de savon.

Pour rendre l’huile capable de s’épaissir, ce qu’on appelle empâter, on se sert de la lessive qu’on tire des cendres du levant, de la barille, bourde & solicots, qui viennent d’Espagne ; on mêle ces matieres quand elles sont concassées avec un tiers de la chaux, & après avoir été bien mélées, on en remplit les barquieux, d’où distille la lessive.

La cuite du savon est faite ordinairement dans six ou sept jours ; il doit sentir la violette quand il est bien cuit, & pour être de parfaite qualité, il faut qu’il ne pique pas trop lorsqu’on lui appuie le bout de la langue dessus.

Pour faire le savon marbré, dans l’art appellé madré, on se sert encore de la coupe-rose, qui donne le bleu, & de la terre de cinnabre qui donne le rouge, ce qu’on appelle le manteau.

La fabrication du savon blanc se fait avec la lessive de la cendre du levant ; quelquefois avec la barille, & on ne change pas la lessive comme au savon madré ; on le met tout de même dans des mises, & on lui donne plusieurs épaisseurs différentes.

Les outils & ustensiles pour la fabrication n’ont rien de décidé, pourvu qu’on fabrique, n’importe avec quels outils : l’usage, l’expérience & la commodité en ont pourtant adopté quelques-uns, mais tout aboutit à des grands couteaux, des truelles pour racler la croute du savon, des sceaux attachés à des perches, des cornues, des cabas, &c.

Savon, consideré comme médicament, est d’un grand usage en chirurgie & médecine. La premiere l’emploie pour résoudre les tumeurs scrophuleuses & goutteuses, & dans l’emplâtre de savon, qui est fondante résolutive, & en même tems adoucissante & amollissante.

Le savon est employé par les médecins pour l’usage intérieur de différentes manieres, & en différentes occasions. On a reconnu son utilité dans les obstructions du foie, de la rate, de la matrice & du poumon. Mais comme ce remede est fort actif, on doit le donner avec prudence & discrétion, & l’adoucir avec des émulsions, & autres boissons que l’on prescrira pendant son usage.

La façon d’agir du savon sur nos humeurs dépend de sa nature & de sa composition. Les huiles qui le composent se trouvant divisées par un alkali en font un médicament détersif, apéritif & mondificatif ; il peut dissoudre les gommes, les mucilages, les resines, les soufres, les huiles, les graisses grossieres ; il les rend tous solubles dans l’eau à l’aide de la chaleur, du mouvement & de la transpiration. Ainsi, le savon & la lessive sont excellens pour ouvrir, délayer, résoudre & atténuer, rendre les humeurs fluides, lever les obstructions, & rendre aux parties le mouvement qu’elles avoient perdu.

Le savon produit des effets surprenans sur les concrétions formées par une huile & une terre grossiere ; il empêche les acides de coaguler le chyle & le lait ; & supposé qu’ils le soient, il les résout.

Le savon fait ce que l’huile seule & l’alkali séparé de l’huile n’auroient pu opérer.

On peut, pour remplir différentes indications, suivre d’autres procédés dans la fabrique du savon. Ainsi on fait un savon avec l’huile de térébenthine, dont l’usage est très-étendu ; on y joint de l’opium, des racines d’héllebore & réglisse pour faire le savon de Starkei.

Le savon de baume de soufre est aussi excellent pour les maladies de la poitrine & du poumon, pour corriger l’épaississement de la limphe bronchiale.

Le savon ordinaire se donne en bols, en pilules, en opiates, à la dose de quinze grains pour des maladies chroniques & invétérées. Mais d’ordinaire la dose ne doit pas passer huit grains, lorsqu’on le donne long-tems de suite.

Le savon liquide fait avec les huiles distillées, de même que celui de baume de soufre & de Starkei, ne doivent se donner qu’à la dose de quelques grains ou gouttes, leur usage est fort douteux s’il n’est bien raisonné & indiqué.

Savon, tables de (Savonnerie.) les tables de savon sont de grands morceaux de savon blanc d’environ 3 pouces d’épaisseur sur un pié & demi en quarré, du poids de 20 à 25 livres. (D. J.)

Savon, terme de Cartier ; c’est un bille de savon blanc appliquée sur une planche. Ce savon sert pour en frotter les feuilles de cartes qu’on veut lisser, afin que la pierre à lisser glisse plus aisément sur les cartes & ne les déchire point.

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Étymologie de « savon »

Du latin saponem, accusatif de sapo « savon ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Picard, savelon ; provenç. sabo ; espagn. xabon ; port. sabão ; ital. sapone ; du lat. saponem ; grec σάπων, mot que l'on croit d'origine gauloise : Galliarum hoc inventum, dit PLINE, XXXIII, 12, 51.

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Phonétique du mot « savon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
savon savɔ̃

Citations contenant le mot « savon »

  • Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. De Yukio Mishima / Pavillon d'or
  • Avec du savon, le baptême peut être une bonne chose. De Robert Green Ingersoll
  • Le savon est gris, mais il lave blanc. De Proverbe russe
  • Les larmes sont à l'âme ce que le savon est au corps. De Proverbe juif
  • Ne regarde pas à la blancheur du turban, peut-être le savon était pris à crédit. De Proverbe turc
  • Le rire est le propre de l’homme, le savon aussi... De Philippe Geluck / Le Chat
  • Elle sentait distinctement et décidément le savon. Au diable. Autant coucher avec une machine à laver. De Boris Vian / Les Morts ont tous la même peau
  • Je demandais à un homme pauvre comment il vivait ; il me répondit : "comme un savon, toujours en diminuant". De Jonathan Swift
  • Avec quelqu’un de très sale, il ne suffit pas de passer un savon, il faut prendre des gants. De José Artur
  • Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu’elle crèvera. De Jean Rostand / Carnet d’un biologiste
  • Les fées font leur lessive dans une bulle de savon et cuisent leur soupe sur un feu follet. De Béatrix Beck / Libération - A quoi pensez-vous ?
  • Regardez bien au fond du flacon d’où est sortie la bulle Internet : vous verrez qu’il y reste encore beaucoup de savon ! De Jean-Pierre Raffarin / Sur la société d’information - 11 Novembre 2002
  • Le son même du mot snob, qui commence en sifflement pour finir bulle de savon, le destinait à une grande carrière dans le domaine du mépris et de la frivolité. De Philippe Jullian / Dictionnaire du snobisme
  • Les historiens arrivent à tirer plusieurs volumes d'un personnage dont on ne sait pas grand-chose. C'est une manière de contempler l'univers dans une bulle de savon. De Prosper Mérimée
  • Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre. De Sigmund Freud
  • Sa poignée qui rend pratique l’utilisation d’un savon (et désormais d’un shampoing solide) sous la douche est sélectionnée une nouvelle fois pour participer au prochain concours Lépine International Paris. Il se déroulera cette année du 23 octobre au 1er novembre. , Lannion. Nouvelle sélection au concours Lépine pour la poignée à savon | Le Trégor
  • Cette entreprise propose des savons de Marseille à l'ancienne. Pour faire découvrir ses produits, Serge Bruna a ouvert des boutiques à Marseille et propose un site internet marchand performant. Il ouvre également les portes de son usine de fabrication et propose un musée pour en savoir plus sur ce savon renommé. Nouvelles Publications, La Savonnerie marseillaise de la Licorne, unique en son genre
  • Connecter un réseau industriel local, c’est possible. Même en Ile-de-France. Preuve en est : en seulement quelques jours, la micro-usine Kickmaker a mobilisé des partenaires industriels dans un rayon de 30 kilomètres autour de la capitale afin de fabriquer des distributeurs de savon pour les fontaines des parcs et jardins parisiens. Cette expérimentation, lancée par Eau de Paris et la Ville pour l’été, porte sur 60 fontaines, pour l’instant. Elle étudie trois projets, dont celui de la micro-usine parisienne. usinenouvelle.com/, Distributeurs de savon made in Ile-de-France - Impression 3D
  • Tu peux faire du 100% coco mais l'huile d'olive va rendre le savon plus doux. On peut aussi faire un savon 100% olive mais ça nécessitera neuf mois de séchage, sachant que c'est un savon qui ne mousse pas beaucoup, à l'inverse de celui au coco. -Stéphane Carmona Nouvelle-Calédonie la 1ère, Du savon artisanal made in Koné - Nouvelle-Calédonie la 1ère
  • Le savon, nous le savons, fait partie de notre quotidien. Mais combien savent vraiment comment il est fabriqué ? C’est l’occasion de visiter la savonnerie artisanale et biologique Nature en bulles, installée à Chapareillan, entre le Grésivaudan et la Chartreuse. Delphine Laurent propose des visites guidées de son atelier, toute la semaine sur rendez-vous. Les savons sont fabriqués selon des méthodes respectueuses de l’environnement, privilégiant le circuit court… À l’image de son savon à l’huile de noix du Dauphiné ! , Economie | Tout savoir sur la fabrication du savon
  • Rien ne vaut le vrai savon de Marseille. On apprenait ça en cours de dermatologie. Et on devient accroc à cette odeur si particulière. Le Point, Le savon sort de sa bulle - Le Point
  • A cette occasion, dans la plus ancienne savonnerie marseillaise toujours en activité, Fer à cheval, entreprise du patrimoine vivant récemment inscrite aux monuments historiques, petits et grands découvriront les secrets de la fabrication du Savon de Marseille traditionnel. La lettre économique et politique de PACA, MARSEILLE : Découvrez les secrets du savon de Marseille ! - La lettre économique et politique de PACA

Images d'illustration du mot « savon »

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Traductions du mot « savon »

Langue Traduction
Anglais soap
Espagnol jabón
Italien sapone
Allemand seife
Chinois 肥皂
Arabe صابون
Portugais sabonete
Russe мыло
Japonais 石鹸
Basque xaboia
Corse sapone
Source : Google Translate API

Synonymes de « savon »

Source : synonymes de savon sur lebonsynonyme.fr

Savon

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