La langue française

Sangsue

Définitions du mot « sangsue »

Trésor de la Langue Française informatisé

SANGSUE, subst. fém.

I.
A. − ZOOL. Annélide gluant de la famille des Hirudinées que l'on trouve généralement collé aux pierres sur les fonds vaseux et dont le corps très souple est terminé par une ventouse à chaque extrémité lui permettant de se fixer solidement à la peau des vertébrés pour en sucer le sang. Sangsue médicinale; sangsue repue, gorgée de sang; sangsue noirâtre; grosse, petite sangsue; faire dégorger une sangsue; appliquer, mettre, poser des sangsues (pour une saignée locale); élever, vendre des sangsues; commerce des sangsues; mode de conservation des sangsues; reproduction des sangsues; les sangsues sécrètent un produit qui empêche la coagulation du sang. La famille des sangsues est très nombreuse en espèces et en variétés, elles vivent presque toutes dans l'eau douce; mais il y en a également de marines, et une qui paraît tout-à-fait terrestre (Brard1838).Depuis ses genoux jusqu'au bout de ses pieds de longues sangsues noires buvaient sa vie, se gonflaient, collées à sa chair. Elle n'osait point y toucher et hurlait d'horreur (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Hist. fille de ferme, 1881, p. 35).
P. métaph. Rodenbach proclame que Barrès est une vraie sangsue des vivants à la peau desquels il se colle, leur suçant toute la notation qu'il y a en eux de la vie vivante (Goncourt, Journal, 1894, p. 599).
B. − P. anal.
1. [À propos d'une pers. avide d'argent ou qui tire de l'argent par des exactions] Synon. parasite.Ajoutez les lésions qu'elle [la France] éprouve dans toutes les autres branches de commerce, notamment par suite d'accaparement et agiotage, quand les sangsues enlèvent comme en 1812, toutes les farines à 60 fr le sac, et les revendent à 120 fr à la suite de fausses alarmes (Fourier, Nouv. monde industr., 1830, p. 64).Supprimer les sangsues publiques et l'appareil intermédiaire de finances entre le roi et son peuple, asseoir l'impôt moyennant des assemblées provinciales (...) c'est ce que Mirabeau aurait voulu (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 14, 1857, p. 21).
Subst. + de sangsue.Il faut saluer nos créanciers, les saluer avec grâce. « Quand me payerez-vous? » disent-ils. Et nous sommes dans l'obligation de mentir, d'implorer un autre homme pour de l'argent, de nous courber devant un sot assis sur sa caisse, de recevoir son froid regard, son regard de sangsue plus odieux qu'un soufflet (Balzac, Peau chagr., 1831, p. 183).
[Terme d'injure] Vous venez encourager le chercheur!... panser les plaies du martyr... Vous arrivez tout innocent avec une petite sardine... Le martyr fait un bond de vingt mètres! C'est l'Affront!... Tout change! Tout est bouleversé! Tout s'écroule! Un éclair! Et c'est l'enfer qui s'entr'ouvre!... L'illuminé tourne au chacal! Vampire! Sangsue! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 519).On les [les prévôts, les bedeaux et les maires eux-mêmes] traite de sangsues, de corbeaux d'enfer (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 92).
2. Fam. Personne dont on ne peut se défaire. Tu as quatre mignons qui sont l'exécration publique, quatre sangsues, quatre pestes (Dumas père, Dame Monsoreau, 1846, II, 3etabl., 3, p. 169).
En partic. Femme collante. En appos. Elle prit sur la table son sac et le ferma d'un coup sec. « Je ne suis pas le genre sangsue, dit-elle, je ne m'accroche pas; et d'ailleurs, sois bien tranquille: je ne t'aime pas » (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 156).
3. Argot
a) CYCL. ,,Coureur qui a l'habitude de se placer dans le sillage d'un autre`` (Esn. 1966). Synon. suceur* de roues.
b) TYPOGR. Poser une sangsue. ,,Demander un prix exagéré au collègue qu'on a remplacé`` (Esn. 1966).
II. − TECHNOL. ,,Petit canal creusé dans les prés, ou les labours, pour en faciliter le drainage`` (Fén. 1970).
Prononc. et Orth.: [sɑ ̃sy]. Ac. 1694-1740: sang-sue; dep. 1762: sangsue. V. sang-froid. Étymol. et Hist. 1. xiies. sansue « ver annélide » (Gloss. Tours, 328 ds T.-L.); 2. déb. xives. sensüe « personne avide » (Chastie Musart, éd. A. Jubinal ds Œuvres de Rutebeuf, t. 2, p. 481); 3. 1625 technol. (Inondation du Faux-bourg S. Marcel ds Variétés hist., t. 2, p. 228). Du lat. sanguisuga, comp. à partir du lat. sanguis « sang » et sugere « sucer » et qui s'est substitué, à l'époque de Pline, à hirudo (ce dernier n'ayant laissé des traces qu'en a. prov.). Fréq. abs. littér.: 182. Bbg. Höybye (P.). Notes lexicol. et étymol. Fr. mod. 1968, t. 36, p. 63.

Wiktionnaire

Nom commun

sangsue \sɑ̃.sy\ féminin

  1. Annélide aquatique (marais, lacs, etc.) qui suce le sang des parties du corps (de l’homme ou de l’animal) sur lesquelles il s’applique.
    • Dans les maladies où il faut sur-le-champ une évacuation sanguine avec forte dérivation et prompte révulsion, les ventouses scarifiées souvent l’emportent sur les sangsues : […]. — (Louis Vitet, Traité de la sangsue médicale, P.J. Vitet & fils, Paris : chez H. Nicolle, 1809, chap.6, page 333)
    • Elle enfonçait maintenant jusqu’aux cuisses, et déjà elle se précipitait, quand des piqûres ardentes aux chevilles la firent sauter en arrière, et elle poussa un cri désespéré, car depuis ses genoux jusqu’au bout de ses pieds de longues sangsues noires buvaient sa vie, se gonflaient, collées à sa chair. Ses clameurs désespérées attirèrent un paysan qui passait au loin avec sa voiture. Il arracha les sangsues une à une, comprima les plaies avec des herbes et ramena la fille dans sa carriole jusqu’à la ferme de son maître. — (Guy de Maupassant , Histoire d’une fille de ferme, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 109.)
    • Les sangsues peuvent infester la peau de tous les animaux, y compris l’homme, mais plus particulièrement les bœufs, les buffles les chameaux et les dromadaires. Elles se fixent à la peau des animaux lorsqu’ils séjournent dans l’eau, ou dans leur bouche et leurs naseaux lorsqu’ils boivent. — (Bill Forse, Christian Meyer, et al., Que faire sans vétérinaire ?, Cirad / CTA / Kathala, 2002)
    • Marcoul reposait de si étrange façon qu’elle courut chercher l’officier de santé au village, mais c’était vain de lui poser des sangsues derrières les oreilles et de lui inciser les lobes : la paralysie avait envahi les deux cotés du corps. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Figuré) Synonyme de parasite.
    • Les sangsues du peuple.
    • Tu as quatre mignons qui sont l’exécration publique, quatre sangsues, quatre pestes. — (Dumas père, Dame Monsoreau, 1846, II, 3e tabl., 3, page 169)
    • Ils ont faim, ils ont faim à hurler ; ils n’ont jamais cessé, depuis leur naissance, « d’avoir des sangsues dans l’estomac ». — (Léon Frapié, Le sou, dans Les contes de la maternelle, 1910, éditions Self, 1945, page 178)
  3. (Figuré) Personne collante.
    • Elle prit sur la table son sac et le ferma d’un coup sec. « Je ne suis pas le genre sangsue, dit-elle, je ne m’accroche pas ; et d’ailleurs, sois bien tranquille : je ne t’aime pas ». — (Beauvoir, Les Mandarins, 1954, page 156)

Forme de verbe

sangsue \sɑ̃.sy\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de sangsuer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de sangsuer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de sangsuer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de sangsuer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de sangsuer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SANGSUE. (On ne prononce pas le G.) n. f.
Annélide aquatique qui suce le sang des parties du corps auxquelles il s'applique. On emploie les sangsues pour opérer des saignées locales. Appliquer, poser, mettre des sangsues. Faire dégorger une sangsue. Il se dit figurément de Ceux qui s'enrichissent aux dépens des autres, qui en tirent de l'argent par des exactions. Ce sont les sangsues des peuples. C'est une vraie sangsue.

Littré (1872-1877)

SANGSUE (san-sue) s. f.
  • 1Animal de la famille des hirudinées, annélides, employé en médecine de temps immémorial, pour pratiquer la saignée capillaire. Mettre des sangsues. Faire dégorger des sangsues. Étant tombé malade, un médecin lui fit, vaille que vaille, appliquer les sangsues, Boursault, Lett. nouv. t. III, p. 386, dans POUGENS. Depuis quelques années on ne se fait tirer du sang communément que par les sangsues, Genlis, Maison rust. t. II, p. 225, dans POUGENS.
  • 2 Fig. Celui qui tire de l'argent du peuple par des voies coupables. Ces sangsues d'État dont le nombre serait suffisant pour remplir les galères, Vauban, Dîme, p. 257. Pauvre peuple, dit un homme d'une haute naissance, prêt à s'allier avec une sangsue publique, pauvre peuple, le ciel m'est témoin que… je condamne du plus profond de mon cœur toutes les voies impies par lesquelles mon futur beau-père s'est enrichi, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuvr. t. IV, p. 349. Le point capital serait qu'un peuple entier ne fût point dépouillé par une armée d'alguazils, pour qu'une vingtaine de sangsues de la cour ou de la ville s'abreuvassent de son sang, Voltaire, Dict. phil. Impôt.
  • 3Celui qui dans sa profession exige une plus forte rétribution que celle qui lui revient légitimement. Cet homme de loi est une sangsue pour ses clients.

    Il se dit aussi des parents, des connaissances de quelqu'un qui se font donner de l'argent par lui et vivent à ses dépens. Il prit le parti de se retirer en crevant de rage et de dépit, au lieu de rendre mille grâces au ciel de l'avoir délivré d'une si dangereuse sangsue, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 5. Elle et ses autres enfants et petits enfants devinrent autant de sangsues, dont le moindre mal qu'ils fissent à Thérèse était de la voler, Rousseau, Conf. IX.

  • 4Sangsue volante, vampire phyllostome.
  • 5 Terme rural. Petit fossé creusé dans les terres pour l'écoulement des eaux.

HISTORIQUE

XIIIe s. Qui l'or vermeil et l'argent blanc Cuveite [convoite] cum sangsue sang, Édouard le conf. V. 179. Vous devés savoir qu'il i a une maniere de sansues qui sont venimeuses, Alebrand, f° 14.

XIVe s. L'evacuation qui est faite o [avec] ventouses, l'evacuation o sansues, H. de Mondeville, f° 43, verso.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SANGSUE, (Zoologie.) hirudo ou sanguisuga par les naturalistes ; petit animal oblong, noirâtre, sans piés, vivant dans les lieux aquatiques, marqueté sur le corps de taches & de raies, & ayant dans l’ouverture de la bouche un instrument à trois tranchans, avec lequel il entame la peau pour en sucer le sang.

Les eaux croupissantes fournissent deux especes de sangsues, une grande, & une petite. La grande, nommée sangsue de cheval, en latin bdella seu hirudo equina, croît jusqu’à 5 pouces de longueur ; elle est comme le ver de terre divisée par anneaux au nombre d’une centaine ; on la regarde comme venimeuse dans ses blessures ; la petite espece en differe, non-seulement par la taille, mais par la couleur de son ventre, qui est noirâtre, avec une teinte de verd.

C’est de cette petite espece dont il s’agira dans cet article ; mais pour abréger sa description, déja donnée fort au long par plusieurs naturalistes, comme par Loupart dans le journal des savans, année 1697, par Dillenius, dans les éphémerides des curieux de la nature, année 1718, & par d’autres ; je crois que nous pouvons obmettre ici tout ce que l’on sait communément de la sangsue, & ce qui est facile à chacun d’appercevoir : 1°. par la simple inspection, comme les anneaux cutanés de son fourreau, l’arrangement & les couleurs des raies, des pyramides, des points dont ce même fourreau est orné, l’avidité des sangsues à sucer la chair des animaux, la façon dont elles appliquent leur bouche en forme de ventouse pour s’y attacher, une sorte de mouvement qu’on voit à-travers de leur peau quand elles sucent, & qui semble répondre aux mouvemens de la déglutition : 2°. par des expériences faciles, comme le tems qu’elles vivent dans l’eau, sans autre nourriture que l’eau même, la faculté qui leur est commune avec plusieurs autres especes d’animaux de se mouvoir, quoique coupées par morceaux, toutes ces choses sont suffisamment connues ; il vaut mieux nous arrêter à l’examen de ces parties, par lesquelles la sangsue a la propriété d’entamer la peau d’un autre animal, & de sucer son sang.

Il y a cinq parties différentes qui y concourent ; savoir, deux levres, une cavité, qui est proprement la bouche, des instrumens pour entamer, d’autres pour succer, & un gosier pour la déglutition.

Lorsque la sangsue est en repos, sa levre supérieure fait un demi-cercle assez régulier, & l’inférieure une portion d’un plus grand cercle. Quand la sangsue alonge sa tête pour avancer, le demi-cercle de la levre supérieure se change en deux lignes obliques, dont la jonction fait un angle saillant, que la sangsue applique d’abord où elle veut s’attacher, & qui est marqué par un petit point très noir au bord extérieur du milieu de la levre.

La souplesse des fibres de cette partie, lui donne la facilité de prendre la figure dont l’animal a besoin pour tâtonner les endroits où il veut s’appliquer, afin de cheminer, ou pour développer les parties avec lesquelles il doit entamer la peau de quelqu’autre animal. Dans ces deux cas, ses deux levres toutes ouvertes se changent en une espece de pavillon, exactement rond par les bords. Enfin, quand la sangsue est tout-à-fait fixée, par exemple, aux parois inférieurs d’une phiole, sa tête & sa queue sont tout-à-fait applaties, & exactement appliquées à la surface qu’elles couvrent.

L’ouverture qui est entre les deux levres de la sangsue, est proprement sa bouche ; lorsqu’on a tenu ces deux levres dilatées un peu de tems par quelque corps dur, on en voit aisément la cavité. Cette bouche est comme les levres composée de fibres très-souples, moyennant quoi elle prend toutes les formes convenables au besoin de l’animal ; de façon que quand la sangsue veut s’attacher quelque part, elle ouvre d’abord les levres ; ensuite elle retourne sa bouche de dedans en-dehors, elle en applique les parois intérieurs, & de toute la cavité de sa bouche, on ne distingue plus qu’une petite ouverture dans le milieu, où la sangsue doit faire avancer l’organe destiné à entamer.

Cette derniere partie paroît avoir donné bien de la peine aux naturalistes, & tous ne sont pas absolument d’accord sur la forme. Il n’étoit pas raisonnable de croire que la sangsue n’avoit qu’un aiguillon comme le cousin ; on savoit bien qu’elle ne se bornoit pas à faire une piquure, dont il n’auroit résulté qu’une ampoule, une élevation à la peau ; on devoit sentir qu’il falloit nécessairement qu’elle fît une plaie, pour sucer le sang avec autant d’avidité, & en aussi grande quantité qu’elle le fait, & qu’un aiguillon ne suffisoit pas pour cela. Aussi trouve-t-on peu d’auteurs de ce sentiment.

L’ouverture que la sangsue laisse appercevoir au milieu de la bouche, appliquée pour entamer, en triangulaire ; par consequent on a dû imaginer que l’instrument qu’elle lance au-travers de cette ouverture pour entamer étoit triple, aussi cet instrument est-il à trois tranchans.

La découverte pourroit bien en être dûe à la simple observation de la plaie faite par la sangsue. En effet, si l’on examine cette petite plaie, elle représente sensiblement trois traits ou rayons qui s’unissent dans un centre commun, & qui font entr’eux trois angles égaux, & l’on voit que ce ne sont point trois piquures, mais trois plaies. On ne le remarquera pas après avoir appliqué les sangsues à des hémorrhoïdes ; mais si elles l’ont été à d’autres endroits de la peau, & sur-tout d’une peau blanche, on voit le jour même de l’opération, un peu de sang coagulé qui recouvre la plaie ; le lendemain le petit caillot tombe, mais un léger gonflement confond tout. Enfin, le troisieme ou quatrieme jour, on voit distinctement les trois plaies marquées.

L’organe pour entamer est placé, comme on l’a déja dit, entre l’ouverture faite par les deux levres & le fond de la bouche. Après avoir ouvert des sangsues par le ventre, & suivant la longueur de l’animal, & avoir cherché cet organe dans l’endroit désigné, c’est le tact qui en a d’abord découvert quelque chose. On observe qu’en passant le doigt sur l’endroit où est cet organe, l’on sent une impression pareille à celle que fait une lime douce sur le doigt, ce qui suppose déja des parties, qui sont non-seulement raboteuses, mais solides & de la nature de l’os, ou tout-au-moins de la corne.

Considerant ensuite cette partie avec une grosse loupe, on voit que la membrane interne de la bouche vers son fond est hérissée de petites pointes capables, étant si près les unes des autres, de faire des lames dentées. Sur cette simple exposition, on concevra aisement, que si par quelque mouvement particulier, ces lames s’avancent ensemble, & dans le sens de l’ouverture triangulaire vers la partie à laquelle la sangsue applique sa bouche, elles doivent faire une plaie telle qu’elle a été décrite.

Mais dom Allou a été bien plus loin ; il y a découvert trois rangées de dents, ou trois petits rateliers, dont il a décrit la disposition & la structure.

Au-delà des rateliers, dans l’endroit où la bouche retrécie de la sangsue commence à prendre la forme du canal, & où l’on se représenteroit la luette dans l’homme, il y a un mamelon très-apparent, & d’une chair assez ferme. Ce mamelon est un peu flottant dans la bouche, & il paroit assez naturel de lui assigner l’office d’une langue. Lorsque les organes dont nous avons d’abord parlé, sont appliqués où la sangsue cherche sa pâture, lorsque les râteliers ont fait plaie, & que l’ouverture qui est à leur centre est parallele au milieu de la triple plaie faite par les rateliers, il doit être facile au mamelon lancé au-travers de cette ouverture de faire le piston, & de servir à sucer le sang qui sort de l’entamure, pendant que la partie de la bouche continue aux levres, fait le corps de pompe.

Enfin se présente la cinquieme partie de la bouche. L’on voit entre la racine du mamelon que l’on appelle la langue, & le commencement de l’estomac, un espace long d’environ deux lignes, garni de fibres blanchâtres, dont on distingue deux plans, l’un circulaire & l’autre longitudinal. Celles-ci se contractent apparemment pour élargir & racourcir la cavité de la pompe ; les circulaires resserrent le canal, & déterminent vers l’estomac le sang qui vient d’être sucé.

Ce sang entre alors dans une poche membraneuse qui sert d’estomac & d’intestins à la sangsue, & qui occupe intérieurement une grande partie du reste de son corps. Si on introduit de l’air dans cette partie par la bouche de la sangsue, l’air entre dans un tuyau droit qui est au centre, & qui s’ouvre des deux côtés dans des sacs ou cellules bien plus larges que le tuyau principal. Ces sacs sont faits d’une membrane mince jusque vers la queue de l’animal, où la membrane est fortifiée de quelques fibres circulaires fort distinctes. Si on fait de ces sacs autant d’estomacs, on en pourra compter jusqu’à 24 dans une sangsue assez grosse.

Il y a apparence que le sang sucé par la sangsue séjourne long-tems dans les réservoirs, comme une provision de nourriture. M. Morand assure avoir la preuve, qu’il y est resté quelques mois presque entierement caillé, plus noir que dans l’état naturel, & sans aucune mauvaise odeur ; & comme le sang d’un animal quelconque est le résultat de la nourriture qu’il a digerée, on pourroit croire que la sangsue ne vivant que du sang, n’a pas besoin d’une grande dépuration de la matiere qui lui sert de nourriture. Au moins est-il vrai qu’on ne connoît point d’anus ou d’ouverture qui en fasse la fonction ; & s’il est absolument nécessaire que quelques parties hétérogenes s’en séparent, apparemment que cela se fait par une transpiration perpétuelle au-travers de sa peau, sur laquelle il s’amasse une matiere gluante qui s’épaissit par degrés, & se sépare par filamens dans l’eau où l’on conserve des sangsues.

Comme cette matiere en se délayant dans l’eau, ne forme que de petits lambeaux déchiquetés, M. Morand, pour rendre cette dépouille plus sensible, a mis des sangsues dans de l’huile, & les y a laissées plusieurs jours : elles y ont vécu, & lorsqu’il les a remises dans l’eau, elles ont quitté cette pellicule qui représentoit alors une dépouille entiere de l’animal, comme seroit la peau d’une anguille.

On voit à l’occasion de cette expérience, qu’il n’en est pas des sangsues comme des vers terrestres, & qu’elles n’ont pas leurs trachées à la surface extérieure du corps. Il est vraissemblable qu’elles respirent par la bouche, mais de savoir quelle partie leur sert de poumons, c’est ce qui n’est pas encore connu, non plus que d’autres singularités qui les regardent. On ne sait de leur génération que ce qu’en rapporte Rai, qui dit qu’on trouve quelquefois de jeunes sangsues fort petites attachées ensemble par le ventre en maniere de grappes. (D. J.)

Sangsue, (Médecine thérapeutique.) on se sert des sangsues en médecine pour faire dans certaines parties du corps des saignées peu abondantes.

Ce moyen de tirer du sang paroît avoir été inconnu à Hippocrate & aux médecins qui l’ont suivi, jusqu’à Themison. Depuis ce dernier auteur, on s’en est servi dans plusieurs maladies, plus ou moins, suivant les sectes & les pays. Les méthodiques en faisoient un très-grand usage, les Italiens s’en servent plus souvent que nous.

Lorsqu’on veut appliquer les sangsues, on choisit les plus petites de celles qui sont rayées sur le dos, & qui naissent dans l’eau la moins bourbeuse. On les affame en les tenant pendant quelques heures hors de l’eau. On excite par cette diete leur besoin de prendre de la nourriture ; on frotte doucement en lavant la partie à laquelle on veut qu’elles s’attachent. Alors on prend une sangsue avec un linge par la queue, & on la porte sur l’endroit frotté, où on la fait descendre par une bouteille à col étroit, un tube, un roseau sur cette partie. Si elle refuse de s’y attacher, on y verse quelques gouttes de sang de poulet, de pigeon, &c. ou de lait ; on pique légerement la partie avec une épingle pour en faire sortir un peu de sang ; & enfin à son nouveau refus, on passe à d’autres, ou on attend qu’un jeûne plus long lui ait rendu le goût pour le sang qu’on veut qu’elle succe. Lorsque la sangsue est rassasiée, elle tombe d’elle-même. On l’engagera à tirer une plus grande quantité de sang en lui coupant la queue ; elle perdra par cette plaie une partie de celui qu’elle vient de succer, & elle cherchera à réparer cette perte. On répete cette application de sangsues, jusqu’à ce que l’indication soit satisfaite. Si elles tardoient trop de se détacher, on ne l’arracheroit pas avec violence, crainte d’attirer une inflammation, mais on jetteroit une petite quantité d’eau salée, de salive, d’huile de tartre, de cendres, &c. sur sa tête. Il reste après la sortie des sangsues une petite plaie que leur trompe a causée, qui fournit quelquefois un hémorragie, qu’on entretient par la vapeur de l’eau chaude, par le bain d’eau tiede, qu’on guerit communément par les astringens vulnéraires les plus doux, par la charpie rapée, l’esprit de vin. On s’est vu cependant quelquefois obligé d’employer les plus forts.

L’application des sangsues doit être recommandée toutes les fois qu’on veut faire de petites saignées locales dans une partie où il y a une pléthore particuliere (voyez Saignée, Pléthore), & où la situation des vaisseaux, l’état foible & cachétique du malade, la longueur de la maladie ne permettent pas d’ouvrir des gros vaisseaux. C’est ainsi qu’elles sont utiles aux tempes & derriere les oreilles dans les délires, douleurs de tête, qu’elles réussissent contre les maladies inflammatoires des yeux, étant appliquées au grand angle ; qu’elles sont un excellent remede contre les maux multipliés que la suppression du flux hémorroïdal peut produire, en les présentant aux tumeurs que forment ces varices. Elles ont même un avantage dans tous ces cas au-dessus de la saignée, c’est d’attirer les humeurs sur la partie où on les applique, par l’irritation qu’elles causent. On se sert également des sangsues pour tirer du sang du bras, du pié des enfans, & de ceux qui craignent la saignée, ou dont les vaisseaux sont difficiles à ouvrir ; on les applique au haut de la cuisse pour procurer le cours des regles au col pour guérir de l’esquinancie ; mais ces derniers usages sont assez généralement abandonnés en France.

Sangsue, (Chirurg.) Les Chirurgiens dans l’application des sangsues, préferent les plus petites aux grosses, en ce que leur piquure est moins douloureuse ; & entre les petites on choisit celles qui sont marquetées de lignes sur le dos.

Il n’est pas impossible que les anciens aient appris à saigner de ces insectes ; car tout le monde sait que lorsque les chevaux sont attirés au printems par l’herbe verte dans les étangs & dans les rivieres, de grosses sangsues qu’on appelle sangsues de chevaux, s’attachent à leurs jambes & à leurs flancs, leur percent une veine, leur procurent une hémorrhagie abondante, & qu’ils en deviennent plus sains & plus vigoureux.

Si contre toute vraissemblance Thémison n’est pas le premier qui se soit servi de sangsues, il est du moins le premier qui en fait mention ; Hippocrate n’en a point parlé ; & Cœlius Aurelianus n’en dit rien dans les extraits qu’il a faits des écrits de ceux qui ont pratiqué la médecine depuis Hippocrate jusqu’à Thémison. Les disciples de Thémison se servoient de sangsues en plusieurs occasions ; ils appliquoient quelquefois les ventouses à la partie d’où les sangsues s’étoient détachées, pour en tirer une plus grande quantité de sang. Galien ne fait aucune mention de ce remede, apparemment parce qu’il étoit particulier à la secte méthodique qu’il méprisoit. J’avoue qu’il en est parlé dans un petit traite imparfait intitulé, de cucurbitulis, de scarificatione, de sanguisugis, &c. qu’on attribue à Galien, mais sans aucun fondement ; car Oribase qui a écrit des sangsues, l. VII. dit avoir tiré ce qu’il en rapporte, d’Antille & de Menemaque, l’un & l’autre de la secte méthodique, ou du moins ce dernier. Il y a apparence que l’on doit aux paysans la découverte de ce remede.

La sangsue est, comme on sait, une espece d’insecte ou de ver aquatique, qui appliqué au corps, perce la peau, tire le sang des veines, & procure quelquefois la santé par cette évacuation. C’est par cette raison que les médecins grecs & romains les ont employées de très-bonne heure. Comme il y en a de plusieurs especes, il ne sera pas hors de propos d’établir ici quelques regles qui puissent en fixer le choix.

On prendra d’abord celles qu’on aura pêchées dans des ruisseaux, & dans des rivieres dont les eaux sont claires : ce sont les meilleures ; celles qu’on trouve dans les lacs, dans les étangs & dans les eaux croupissantes, sont impures, & excitent quelquefois des douleurs violentes, des inflammations & des tumeurs. Les Chirurgiens les plus expérimentés préferent encore aux autres, celles qui ont la tête petite & pointue, dont le dos est marqueté de lignes verdâtres & jaunâtres, & qui ont le ventre d’un jaune rougeâtre ; car lorsqu’elles ont la tête large, & tout le corps d’un bleu tirant sur le noir, on les tient pour être d’une espece maligne. Mais une précaution qu’il est absolument nécessaire de prendre, c’est ne jamais appliquer des sangsues récemment pêchées dans des rivieres ou dans des eaux troubles ; il faut les tenir auparavant dans un vaisseau d’eau pure, & changer de tems en tems cette eau dans laquelle elles se purgeront de ce qu’elles pourroient avoir de sale & de venimeux. Lorsqu’elles auront vécu pendant un ou deux mois de cette maniere, on pourra s’en servir en sûreté.

Avant que d’appliquer la sangsue, on la tirera de l’eau, & on la tiendra pendant quelque tems dans un verre ou dans un vaisseau vuide, afin qu’étant altérée, elle s’attache ardemment à la peau, & tire des veines une plus grande quantité de sang. Quant à la partie qu’il faut faire piquer, ce sont ordinairement les tempes ou le derriere des oreilles, si la tête ou les yeux sont affectés par une trop grande abondance de sang, & surtout si le malade est dans une fievre accompagnée de délire. On les applique aussi quelquefois très-convenablement aux veines du rectum, dans les cas d’hemorrhoïdes aveugles & douloureuses. les sangsues ne seront pas moins bienfaisantes dans les hémorrhagies du nez & dans les vomissemens & crachemens de sang : elles sont très-propres à procurer une révulsion, surtout lorsque l’hémorrhagie provient de l’obstruction des hémorrhoïdes.

Avant que d’appliquer la sangsue, on commence par frotter la partie jusqu’à ce qu’elle soit chaude & rouge. On prend ensuite l’animal par la queue avec un linge sec, on l’éleve, on le tient à moitié sorti du vaisseau, & on le dirige vers l’endroit où l’on veut qu’il s’attache : ce qu’il fait avec beaucoup d’ardeur. S’il est à-propos d’appliquer plusieurs sangsues, on s’y prendra successivement ainsi que nous venons de l’indiquer. Lorsqu’elles refusent de prendre, ce qui arrive quelquefois, on humectera la partie avec de l’eau chaude, ou avec du sang de pigeon ou de poulet : si cela ne suffit point, il en faut choisir d’autres. L’application des sangsues à la caroncule dans le grand angle de l’œil après la phlébotomie se fait avec beaucoup de succès dans les maladies inflammatoires de cet organe. La crême & le sucre inviteront les sangsues à s’attacher à la partie qu’on en aura frottée.

Aussitôt que les sangsues sont pleines de sang, elles se détachent d’elles-mêmes ; s’il étoit à propos de faire une plus grande évacuation, on en appliqueroit de nouvelles ou l’on couperoit la queue à celles qui sont déja attachées ; car elles tirent du sang à mesure qu’elles en perdent. Si lorsqu’on aura tiré une quantité suffisante de sang, elles ne lâchent point prise d’elles-mêmes, on n’aura qu’à jetter sur elles un peu de sel ou de cendres, & elles tomberont sur le champ. Cette méthode nous paroit la meilleure ; car lorsqu’on les détache de force, elles causent quelquefois une inflammation ou une tumeur. On remettra dans de l’eau claire celles à qui on n’aura point coupé la queue, & on les gardera pour une autre occasion ; quant à celles qu’on a blessées, elles meurent toujours. On lavera les ouvertures qu’elles auront faites, avec de l’eau chaude, & on les pansera avec une emplâtre vulnéraire ; mais ces petites blessures guérissent ordinairement sans remede.

Ceux qui desirent en savoir davantage sur ces insectes, n’ont qu’à lire Aldovrandus, Gesner, Botallus, Petrus Magnus, Sebizius, Heurnius, Cransius, Schroder & Sthal qui en ont traité plus au long.

L’hémorrhagie continue ordinairement pendant quelque tems, quelquefois pendant deux heures, & même davantage, après que les sangsues sont tombées. Comme on ne reçoit point alors le sang dans des vaisseaux, & qu’il est entierement absorbé par le linge, il paroit être en beaucoup plus grande quantité qu’il n’est en effet. Cela suffit quelquefois pour allarmer le malade, & jetter dans une vaine consternation les assistans qui ne manquent pas d’imaginer que l’hémorrhagie est très-abondante, & de craindre qu’il ne s’ensuive une foiblesse & la mort.

On préviendra ces terreurs paniques, & l’on arrêtera en peu de tems l’effusion de sang, soit par la compression, soit par l’application d’un styptique, comme de l’eau-de-vie avec un peu de colcothar mis en poudre. Mais un fait plus ordinaire, c’est qu’on soit obligé de baigner avec de l’eau chaude la partie piquée pour en faire sortir le sang plus librement, lorsqu’il n’en vient point une quantité qui réponde au dessein qu’on avoit, en appliquant les sangsues. Heister. (D. J.)

Sangsue de mer, hirudo marina, insecte de mer qui ressemble beaucoup à la sangsue d’eau douce ; il est de la longueur du doigt, & plus mince à la partie antérieure qu’à la partie postérieure ; il a deux petites cavités rondes semblables aux suçoirs des polypes par le moyen desquels cet insecte s’attache aux corps qu’il rencontre : ces suçoirs sont placés l’un à côté de la tête, & l’autre à la queue ; le corps est divisé en plusieurs anneaux, & la peau est dure : ce qui fait que cet insecte ne peut pas se mettre en boule ; cependant il peut se rapetisser en retirant la tête & la queue dans son corps ; il vit dans la boue, & il sent mauvais. Rondelet, hist. des zoophites, chap. vij. Voyez Poisson.

Sangsue de mer, (Hist. nat. du Chily.) Les sangsues de mer du Chily sont de plusieurs couleurs ; les unes entierement rouges de couleur de feu, d’autres d’un verd-bleuâtre, & d’autres d’un verd-grisâtre. Elles sont articulées de bandes annulaires en grand. Chaque bande est relevée sur les flancs de deux petits mamelons qui leur servent d’autant de jambes pour ramper, de la même maniere que rampent nos chenilles. A l’extrémité de chaque mamelon, on voit une sorte de nageoire composée d’une infinité de petites épines blanches, qui sont si subtiles & si aiguës, que pour peu qu’on touche cet animal, elles entrent dans les doigts, & pénetrent avec autant de facilité que les piquans imperceptibles des opontia. Les nageoires des mamelons supérieurs ou du dos sont toutes accompagnées d’un pennache verd-gris ; & elles sont composées de quantité de très petites fibres branchues, que l’on n’apperçoit que dans le tems que l’animal nage, ou marche au fond de l’eau ; ces pennaches s’abattent sur son dos, & ne paroissent que comme un tas de petits vers entrelacés les uns dans les autres, semblables à la mousse des rochers, lorsqu’elle ne surnage pas au-dessus de l’eau. Le p. Feuillée a dessiné quelques-unes de ces sangsues marines dans son histoire des animaux du Chily. (D. J.)

Sangsues terrestres, (Hist. nat.) des voyageurs nous apprennent que l’île de Ceylan produit une espece de sangsues fort incommode pour ceux qui vont à pié. Elles n’ont d’abord que la grosseur d’un crin de cheval, mais elles se gonflent au point de devenir de la grosseur d’une plume d’oie, & longues de deux ou trois pouces. Ce n’est guere que dans les saisons pluvieuses qu’on les voit ; alors elles montent aux jambes des voyageurs, & les sucent avec une promptitude qui empêche de s’en garantir. On souffre patiemment leurs morsures, parce qu’on les regarde comme fort saines.

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Étymologie de « sangsue »

Picard, sangsurne, sangsure, sangsourde ; Berry, sangsuée, sangsuie, sangsuge ; génev. sangsuie ; wallon, sânsow ; provenc. sanguisuga ; en lat. sanguisuga, de sanguis, sang, et sugere, sucer. Au XVIe siècle on avait le verbe sangsuer, appliquer des sangsues, tirer du sang par les sangsues.

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Du latin sanguisuga, composé de sanguis (« sang ») et de sugere (« sucer »), qui a supplanté hirudo[1].
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Phonétique du mot « sangsue »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sangsue sɑ̃sy

Citations contenant le mot « sangsue »

  • Où est le mal s’attache la sangsue. De Proverbe italien
  • Dans le monde, il y a trois sangsues : la punaise, la mouche et le brahmane. De Proverbe indien
  • Comme les sangsues, les journalistes vivent de celui des autres... De Bruno Masure / A pleins tubes !
  • FIGARO DEMAIN - Elles sont la solution de la dernière chance pour certains patients. Les sangsues médicinales sont élevées dans le bassin d’Arcachon, par une ancienne championne olympique de fleuret. Le Figaro.fr, Le laboratoire français qui fournit des milliers de sangsues aux hôpitaux
  • C’est pour cela que le Groupe d’étude des invertébrés armoricains (Gretia) propose de faire un nouvel état des lieux des sangsues présentes dans l’ouest de la France pour une publication à la fin de l’année 2019. , Le saviez-vous ? 18 espèces de sangsues, ces petites bêtes qui sucent le sang, vivent en Normandie | 14actu
  • Une suceuse de sang au corps longiligne, visqueux et gigotant, agrippé à un bras, une cuisse ou un mollet humain. C’est en général la vision cauchemardesque, digne d’un film d’horreur ou d’un déguisement d’Halloween, qu’évoque la sangsue. Ce petit être mal-aimé mérite pourtant d’être mieux connu. D’abord pour sa formidable diversité. «Il y en a partout, dans les mares, les fossés, les étangs, les lavoirs. Les gens ne s’imaginent pas qu’il existe des sangsues vertes avec des points jaunes, d’autres qui font jusqu’à 17 cm en extension et qui mangent des vers de terre. Les sangsues sont hermaphrodites et dans une des familles, les parents pondent les œufs sur leur ventre, les bébés se développent dans une petite cavité, un peu comme chez le kangourou. Il y a aussi une espèce endémique, qu’on ne la trouve qu’en France, identifiée dans une source des Pyrénées», abonde Benoît Lecaplain, l’un des rares passionnés de la bébête en France. Avec une poignée de naturalistes bénévoles, il mène un travail d’inventaire qui a permis de débusquer 35 espèces différentes dans l’Hexagone. Libération.fr, Et si on s'attachait davantage à la sangsue ? - Libération
  • Khomjani précise toutefois qu’il est indispensable de consulter un médecin avant de laisser une sangsue se nourrir de votre sang, étant donné que l’allergie à leur salive induit un risque de contracter une infection. Si la plupart des morsures infligées guérissent sans laisser de cicatrices, il faut parfois compter plusieurs jours avant qu’une blessure ne cesse de saigner, en raison des anticoagulants présents dans leur salive. Et ce sont précisément ces propriétés uniques qui poussent les médecins à s’intéresser aux sangsues depuis plus de 2 000 ans. Au 19e siècle, celles-ci étaient utilisées à travers l’Europe pour traiter tout un éventail de troubles, des maux de tête à la nymphomanie. Un succès qui a engendré la réduction drastique des populations de sangsues médicinales d’Eurasie, qui sont désormais protégées. Daily Geek Show, Des gens adoptent des sangsues comme animaux de compagnie… et les laissent boire leur sang
  • Les sangsue médicinale, appelées Hirudo medicinalis, sont considérées "comme un médicament" par l'ANSM, assure le Pr Isabelle Auquit-Auckbur, cheffe de service de chirurgie plastique et de la main et du centre SOS mains au CHU Rouen. egora.fr, Un CHU utilise les sangsues pour traiter les mains dévascularisées | egora.fr
  • Cette habitante de l’Eure s’est coupée le bout d’un doigt en taillant des bûches de bois. Cela fait deux fois que les soignants lui mettent une sangsue au bout du doigt. « Je pensais que c’était une pratique de l’ancien monde. J’avais l’image de Louis XIV avec des sangsues dans une cuvette mais je ne pensais que ça existait encore ! », s’étonne la patiente. , Dans cet hôpital, on soigne les blessures de vos mains... avec des sangsues ! | 76actu

Traductions du mot « sangsue »

Langue Traduction
Anglais leech
Espagnol sanguijuela
Italien sanguisuga
Allemand blutegel
Chinois 水蛭
Arabe علقة
Portugais sanguessuga
Russe пиявка
Japonais ヒル
Basque izain
Corse sanguigna
Source : Google Translate API

Synonymes de « sangsue »

Source : synonymes de sangsue sur lebonsynonyme.fr

Sangsue

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