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Pipe

Variantes Singulier Pluriel
Féminin pipe pipes

Définitions de « pipe »

Trésor de la Langue Française informatisé

PIPE, subst. fém.

A. −
1. Vieux
a) Pipeau; chalumeau, tuyau. (Dict. xixeet xxes.).
b) LITURG. ANC. Chalumeau avec lequel le célébrant buvait le vin consacré. À Saint-Denys le diacre et le sous-diacre communiaient à la grand-messe avec une pipe d'or (Ac. Compl.1842).
2. MÉTROLOGIE
a) Ancienne capacité de mesure pour les liquides équivalant à un muid et demi, soit quatre-cent deux litres environ. (Dict. xixeet xxes.). Quinze ou vingt grandes tables, un jeu continuel, des bals éternels (...): voilà les états. J'oublie trois ou quatre cents pipes de vin qu'on y boit (Chateaubr., Mém.,t.1, 1848, p.198).
b) Grande futaille, de capacité variable selon les régions; p.méton., son contenu. Une pipe de cidre, de cognac, d'eau-de-vie. La récolte de vin qui, en 1813, s'élevait à vingt-deux mille pipes, est tombée, en 1845, à deux mille six cent soixante-neuf (Verne, Enf. cap. Grant,t.1, 1868, p.61).Et que l'entrepôt mammouth pète comme une pipe de rhum! (Claudel, Échange,1954, iii, p.776):
1. Nous avions pris à bord de chaque bâtiment soixante pipes de vin: cette opération nous avait obligés de désarrimer la moitié de notre cale pour trouver les tonneaux vides qui étaient destinés à le contenir. Voy. La Pérouse,t.2, 1797, p.18.
3.
a) Arg. Gosier, gorge. J'ai la confession qui m'étrangle la pipe (Queneau, Zazie,1959, p.220).
b) Loc. fam. Casser sa pipe (pop.). Mourir. V. casser I A 2 b; v. aussi casse-pipe(s).Se fendre la pipe (pop.). V. fendre A 2 b.Saigner à pleine pipe (arg.). Saigner abondamment. (Ds Esn. 1966).
B. −
1. Instrument de fumeur, constitué d'un fourneau qu'on bourre de tabac ou d'une autre substance fumable (opium, etc.) et d'un tuyau par lequel on aspire la fumée. Synon. bouffarde (fam.), brûle-gueule, calumet.On remplit de nouveau les verres, quand Yann fut assis, et on appela le mousse pour rebourrer les pipes et les allumer (Loti, Pêch. Isl.,1886, p.8).Le soir d'hiver où l'on était allé voler des allumettes à la chapelle, près de la veilleuse, pour fumer des feuilles sèches de marronnier dans des pipes de roseau (Zola, L'OEuvre,1886, p.36):
2. ... un des bouviers tira de sa poche une pipe, un paquet de tabac belge, bourra le fourneau, puis, renversé sur sa chaise, alluma la pipe, et son visage apparut rouge et bleu, dans l'éclair de la flamme et de la fumée. R. Bazin, Blé,1907, p.282.
SYNT. Courte, grande, grosse, longue, petite, vieille pipe; pipe noire, turque, d'argent, de porcelaine, en bois, en bruyère, en écume, en terre; fourneau, talon, tuyau de pipe; pipe culottée, allumée, éteinte; avoir la pipe à la bouche, au bec, aux dents, aux lèvres, à la main, entre les dents; allumer, bourrer, débourrer, culotter, curer, écurer, ramoner, vider sa pipe.
Loc. verb. fam. Se soucier de qqc. comme d'une vieille pipe. Ne pas s'en soucier du tout, s'en moquer éperdument. Je suis peu sentimental de ma nature, et (...) je me soucie de la vie humaine comme d'une vieille pipe (Ponson du terr., Rocambole,t.3, 1859, p.435).
CÉRAM. Terre de pipe. Faïence blanche, poreuse. Synon. faïence* fine.La table (...) n'avait rien qui sentît le luxe. La vaisselle était en terre de pipe (Balzac, Méd. camp.,1833, p.63).Mon goûter passa en un instant de la cheminée sur la table. Avec quel plaisir je retrouvai mon assiette de terre de pipe! (Sand, Hist. vie,t.2, 1855, p.309).
2. P. méton.
a) Contenu d'une pipe, ce qu'on peut fumer en une fois avec une pipe. Synon. pipée1*.Allumer, fumer, griller une (bonne) pipe. Je t'attends dans le mois de septembre (...) nous pourrons aller en barque et fumer quelques pipes (Flaub., Corresp.,1841, p.83).Il parla, sans désemparer, jusqu'à midi et demi. S'il s'interrompit deux ou trois fois, ce fut pour rallumer sa pipe. Il fumait régulièrement, par bouffées égales, comme la cheminée d'une machine à vapeur (About, Roi mont.,1857, p.4).
En partic. [Chez les toxicomanes] Dose d'opium ou de hachisch qui s'absorbe en fumant une pipe. Ferral faisait semblant de fumer −une, deux pipes, toujours moins qu'il n'en eût fallu pour qu'il éprouvât l'action de l'opium − (Malraux, Cond. hum.,1933, p.345):
3. ... je la vis se «fabriquer» dès le matin, fumant encore quelques pipes, reprenant une prise de cocaïne, encore deux pipes, oui-non, une petite prise, c'est trop, une pipe pour atténuer (...) faisant à la fin d'infinis calculs sur ce qu'un souffle d'opium, une poussière de cocaïne, ajouterait à son brio... Vailland, Drôle de jeu,1945, p.37.
b) Odeur de tabac de pipe. Relent de pipe. Elle sentait la pipe et l'eau-de-vie comme la gloire au bivouac (Chateaubr., Mém.,t.4, 1848, p.293).
c) Action, habitude de fumer la pipe. Le conseiller aulique Hans et Meister Philippe Pour elle avaient laissé le genièvre et la pipe (Gautier, Albertus,1833, p.140).Les hommes (...) interrompaient leur pipe ou leur partie de bézigue (Huysmans, Marthe,1876, p.14):
4. ... j'ai pris, d'accord avec Pierre, la résolution de m'abstenir momentanément de thé, et même j'avais commencé par renoncer aussi à la pipe... Du Bos, Journal,1927, p.294.
3. P. anal.
a) Bonbon de sucre d'orge en forme de pipe. Madame Lepic (...) ramène sur un papier jaune une pipe en sucre rouge. Poil de Carotte (...) sa pipe en sucre rouge entre deux doigts seulement (...) se cambre, incline la tête du côté gauche (Renard, Poil Carotte,1894, p.117).
b) Objet en terre en forme de pipe servant de cible au tir à la carabine sur un champ de foire. Il y eut trois baraques (...): un tir de pipes, un carrousel et un petit cirque (Ramuz, A. Pache,1911, p.298).
c) Verre muni d'un chalumeau permettant de déguster des alcools. Pipe à cognac.
4. Arg. ou pop. Cigarette. Un paquet de pipes. −T'as du tabac? Il dit. Donne une pipe. −T'en veux un paquet? J'en ai trois dans ma musette (Giono, Gd troupeau,1931, p.97).−Tu veux une pipe? interrogea le chauffeur en tendant un paquet de Craven par-dessus son épaule (Fallet, Banl. Sud-Est,1947, p.311).
5. Expr. et loc., fam. ou pop.
Tête de pipe (pop.). Individu laid, grotesque ou borné. (Dict. xixeet xxes.). Je n'aimais point qu'il appelât têtes de pipe les portraits bizarres des ancêtres (A. France, Livre ami,1885, p.127).Par tête de pipe (fam.). Par personne (dans un groupe). Moûlu compte les cigarettes: «Quatre-vingts. Ça fait onze par tête de pipe et il en reste trois à tirer au sort. On les distribue?» (Sartre, Mort ds âme,1949, p.229).
Nom d'une pipe! [Juron fam. p.euphém. de nom de Dieu!, servant à marquer l'étonnement, l'indignation] Nom d'une pipe! je suis méchant comme le diable avec ceux qui me tracassent, ou qui ne me reviennent pas (Balzac, Goriot,1835, p.118).Oh! nom d'une pipe, trois heures et demie!... et les autres qui doivent venir me chercher!... (Feydeau, Dame Maxim's,1914, i, 23, p.26).
Fumer la/sa pipe (arg.). Avoir une attaque d'apoplexie. [Dans une hémiplégie] l'attention du médecin est attirée par la déviation de la commissure labiale vers le côté sain et le soulèvement expiratoire de la joue du côté paralysé. On dit que le malade «fume sa pipe» (Quillet Méd.1965, p.367).
6. Trivial. Synon. de fellation, pompier (vulg.).Faire, se faire faire une pipe. Freddy la Lope, qu'était gourmand de ce truc-là, taillait des pipes dans les tasses près de la gare Montparnasse (Le Breton1960).
C. − TECHNOLOGIE
1. Élément de tuyauterie, tube d'adduction d'un combustible liquide, d'air (comprimé). Synon. conduit, tuyau.Pipe d'aération; pipe d'alimentation d'un poêle; pipe de W.C. Ces collecteurs, appelés souvent pipes (d'admission ou d'échappement) sont en fonte et généralement assemblés côte à côte (Chapelain, Techn. automob.,1956, p.38).
2. Tuyau isolateur d'une conduite électrique; tuyau de canalisation de gaz. Pour la traversée des plafonds, murs, etc. (...) il faut isoler la conduite [de canalisation] par une pipe en fer forgé ou en cuivre qu'on emmure dans la maçonnerie (Quéret, Industr. gaz,1923, p.239).
3. ,,Tuyauterie amenant les gaz carburés du carburateur au cylindre`` (Lar. Lang. fr.). Le pot d'échappement a été supprimé et les pipes ouvrent sur l'air directement (Chambe, Enlevez cales,1935, p.54).
Prononc. et Orth.: [pip]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1225 «flûte champêtre» (Gerbert de Montreuil, Continuation de Perceval, éd. M. Williams, 3824); 2. ca 1225 «tuyau servant à prélever un liquide» (Henri d'Andeli, Bataille des vins, éd. A. Héron, 4, p.22); ca 1283 «tuyau» (Roisin, éd. R. Monier, § 82, p.58); 3. 1269-78 «mesure de liquide» ici dans une expr. dévalorisante (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 5024); 1306 pippe «tonneau» (Guillaume Guiart, Royaux lignages, éd. de Wailly et Delisle, 12065). P. ext. B. 1. 1636 (Monet: Pipe, Pipeau à tabac, à humer la fumée du tabac); 1665-66 [éd. 1674] fumer une pipe (M. de Thévenot, Suite du Voyage de Levant, p.82 ds Fr. mod. t.21, p.294); d'où 1900 pop. «cigarette» (Esn., s.v. piper1); 1901 (Rossignol, Dict. arg.); 2. 1803 technol. (Boiste: Pipe, coin, t.de meunier); 1924 électr. (Coustet, T.S.F. prat., p.53: pipe d'entrée). P. ext. de B 1 C. a) 1649 casser sa pipe «crever de rage» d'apr. Esn.; 1856 casser* sa pipe; 1867 pipe «tête, visage» (Chanson ds Delvau); 1878 (Rigaud, Dict. jargon paris., p.230: moule de pipe à Gambier. Personne grotesque); 1883 (Fustier, Suppl. dict. Delvau, p.554: Tête de pipe. Idiot); 1948 par tête de pipe (H. Bazin, Vipère, p.113); 1947 se fendre la pipe «rire» (Stollé, Douze récits hist., p.11); b) 1790 sacré nom d'une pipe juron (Si tu t'en fouts, je m'en contre..., p.3 ds Quem. DDL t.19, s.v. nom d'une pipe!); c) 1927 arg. (Dussort, Preuves exist., dép. par G. Esnault, 1938, p.113: On dit [...] en jargon «prendre la pipe» au sens de coït buccal pratiqué à l'homme); 1935 faire la pipe «id.» (Lacassagne, Arg. «milieu», p.154). Déverbal de piper1*; cf. le lat. médiév. pipa «tuyau» 867 ds Nierm. et «tonneau» 1212 ds Latham. Fréq. abs. littér.: 1972. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1664, b) 4231; xxes.: a) 3385, b) 2658.
DÉR.
Pipier, -ière, subst. et adj.a) Subst. Ouvrier, ouvrière employé(e) dans la fabrication des pipes, notamment au tournage et au façonnage. Pipiers de Saint-Claude, pipières de Cogolin. (Dict. xixeet xxes.). b) Adj. Qui concerne la fabrication des pipes. L'industrie pipière en France (Littré). [pipje], fém. [-jε:ʀ]. 1resattest. 1703 subst. masc. pipier «fabricant de pipes» (Arch. Seine-Inf., C. 312, in C. de Beaurepaire, Dern. mélanges hist. et archéol., 27 ds Fonds Barbier: Pierre Gonfreville, pipier, sa femme distribuant tabac), 1869 adj. (Littré: pipier, -ière. Qui a rapport à la fabrication des pipes à fumer); de pipe B 1, suff. -ier*; cf. le lat. médiév. piparius «celui qui joue de la pipe» 1362 ds Latham.
BBG.Baldinger (K.). Zur Entwicklung der Tabakindustrie und ihrer Terminologie. In: [Mél. Piel (J.M.)]. Heidelberg, 1969, p.37 (et s.v. pipière). _Brücker (F.). Die Blasinstrumente in der altfranzösischen Literatur. Giessen, 1926, p.28. _Chautard Vie étrange Argot 1931, pp.77-78. _Quem. DDL t.8; 19 (s.v. nom d'une pipe!).

Wiktionnaire

Nom commun 2 - français

pipe \pajp\ masculin (Anglicisme)

  1. (Anglicisme informatique) Barre verticale, signe |, utilisé en programmation en ligne de commande.
    • Quelle est la sortie de la commande avant ton pipe ?
      […]
      Le pipe (|) permet de rediriger les entrées/sorties standards, autrement dit, les fichiers de descripteurs 0 et 1. Il faut donc par cette méthode, lire l’entrée standard dans ta classe.
      — (bebRito, zeb, Passer un mail à un programme java via procmail sur Forum français tomshardware, 28 janvier 2010)

Nom commun 1 - français

pipe \pip\ féminin

  1. (Vieilli) Pipeau.
  2. (Vieilli) Chalumeau utilisé autrefois pour boire le vin consacré, pendant la messe
  3. Objet pour fumer du tabac ou une autre substance fumable.
    • La ville de Saint-Claude dans le Jura est la capitale mondiale de la pipe.
    • À propos de fumage ou de fumerie, — lequel des deux se dit ? — avertissons les romanciers qui n’ont pas renouvelé depuis quelques années les couleurs de leur palette locale, de ne pas s’aviser de mettre, à la bouche des Hollandais ou des Allemands modernes qu’ils dépeindront, des pipes de terre, de porcelaine ou d’écume de mer, — Alphonse Karr écrirait : de Kummer ; — on ne fume plus que le cigare par tous les pays que nous avons parcourus. — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, pages 179-180)
    • Connaissez-vous Turinaz ? me demanda […] le père Milot, le cordonnier de Longeverne, tandis que je fumais une pipe près de sa banchette en le regardant tirer le ligneul. — (Louis Pergaud, Un point d’Histoire, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Mais que ce soient des pipes en maïs, en bruyère ou en écume, les New-Yorkais ne savent pas fumer la pipe. Ils l’allument et la laissent s’éteindre, la mettent dans leur poche, la rallument deux minutes plus tard, et ainsi de suite. Je me demande quel plaisir ils peuvent bien y prendre. — (Hugues Panassié, Cinq mois à New-York, Éditions Corrêa, 1947, page 73)
  4. (Vulgaire) (Argot) Fellation.
    • Mais pendant ce temps, aux États-Unis, qu’est-ce qui se passe? Il se passe qu’un type est en prison pour s’être fait tailler une pipe, il y a quelques années. Il avait 17 ans. La fille avait 15 ans. Relation totalement consensuelle. — (Blogue de Patrick Lagacé, 13 juin 2007)
    • […] le petit Viet a taillé une pipe à son grand con de frère américain et lui a taxé, ce faisant, une forte liasse de dollars qui dépassait de sa poche. — (Albert Spaggiari, Journal d’une truffe, Albin Michel, 1983, page 169)
    • La saison parisienne a été éprouvante pour les lyricomanes. En quelques jours, on a pu voir Elina Makropoulos, l’héroïne de Janácek, soulever sa jupe et s’asseoir sur la cuvette des toilettes, dans la production signée Warlikowski pour Bastille. Puis Carmen tailler une pipe sur la scène du Châtelet, tandis que Micaëla se faisait sodomiser puis dessouder, au milieu de saillies brutales méticuleusement mises en scène par l’Autrichien Martin Kusej confondant l’opéra de Bizet avec Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat. — (Libération, 23 mai 2007)
  5. (Œnologie) Grande futaille pour mettre du vin des liquides, des marchandises tels par exemple des harengs. La contenance en était généralement de 800 litres.
    • Il leur suffisait de tremper le bout des doigts dans une pipe de cidre ou une cuvée de vin pour changer cidre et vin en bouse liquide ; […]. — (Octave Mirbeau, Rabalan)
  6. (Par extension) Mesure de capacité, utilisée dans quelques pays, équivalant à ce genre de futaille, et dont le volume varie selon les usages.
    • Imaginez-vous qu’il n’y a plus de vignes à Madère ! La récolte de vin qui, en 1813, s’élevait à vingt-deux mille pipes, est tombée, en 1845, à deux mille six cent soixante-neuf. Aujourd’hui, elle ne va pas à cinq cents ! C’est un affligeant spectacle. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, éd. Hetzel, 1868, part. 1, chapitre 8)
    • Si, d’aventure, il restait sur place, attendant une vacance à l'usine, il travaillait à la mine et était payé par pipe de minerai extraite. — (Maurice Lecerf, Le Fer dans le monde, Payot, 1942)
  7. (Belgique) (Cuisine) Petite saucisse sèche d’Ardenne.
    • A. Gouv. w., reconnaissant les dénominations « Saucisson d'Ardenne », « Petit Saucisson d'Ardenne », « Collier d'Ardenne » et « Pipe d'Ardenne » en qualité d'indications géographiques, M.B., 29 octobre 2010, — (Alex Tallon, Les appellations d'origine, Bruxelles : Éditions Larcier, 2016, titre 4, note n° 60)
  8. (Cuisine) Macaroni de grande taille.
  9. (Argot) (Désuet) Cigarette.
    • « Allons, ne t’émeus pas. Je ne fais pas ma malle. Assieds-toi plutôt, allume une petite pipe (il appelait ainsi les cigarettes) et parlons de ton camarade. Il faut absolument le tirer de là ». — (Léon Daudet, ‘’Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/Salons et Journaux’’, Grasset, 1917, réédition Le Livre de Poche, page 321)
    • – T’as pas une pipe ?
      Maillat lui tendit son paquet.
      – Prends-en plusieurs.
      – T’es un pote, dit l’homme.
      — (Robert Merle, Week-end à Zuydcoote, 1949, réédition Le Livre de Poche, page 10)
    • Peux-pas avoir une pipe, chef? — (Auguste le Breton, Le rouge est mis, 1954, chapitre XIII)
  10. Objet en terre cuite en forme de pipe, servant de cible dans les stands de tir des baraques foraines.
    • Ils étaient en tout une douzaine, qui abattaient les policiers et au besoin les passants, comme des pipes au tir de la foire. — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/Vers le roi, Grasset, 1920, réédition Le Livre de Poche, page 390)
  11. (Sport) Incapable, incompétent, mauvais[1].
    • « Ce n'est pas avec Luc Sonor, qui est une pipe, que le staff technique va progresser » — (Jean-Michel Larqué, cité dans Jean-Michel Larqué condamné pour injure publique, nouvelobs.com, 26 mars 2013)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PIPE. n. f.
Grande futaille pour mettre du vin ou d'autres liquides. Une pipe de vin, de cidre. Une demi-pipe. Une pipe d'eau-de-vie. Dans quelques pays, il désigne une Mesure de capacité équivalant à ce genre de futaille. Une pipe de chaux. Une pipe de blé.

Littré (1872-1877)

PIPE (pi-p') s. f.
  • 1Musette, chalumeau ; ce qui est le sens propre, tout à fait oublié aujourd'hui.
  • 2Sorte de chalumeau dont le prêtre célébrant s'est servi autrefois pour humer le vin consacré.
  • 3Tuyau terminé par une espèce de petit vase dans lequel on allume du tabac dont on aspire la fumée. N'ayant d'attention qu'à sucer une pipe à tabac qui était vide il y avait plus d'une heure, Scarron, Rom. com. II, 16. Qu'une pipe à la main, sur un large sopha Mollement étendu, le pesant Moustapha…, Voltaire, Ép. CI.

    Allumer sa pipe, allumer le tabac qui est dans le fourneau de la pipe.

    Fumer une pipe, prendre en fumée autant de tabac qu'il en peut tenir dans le fourneau de la pipe. Crébillon, qui a plus fumé de pipes en sa vie que Voltaire n'a pris de lavements, Piron, dans GRIMM, Corresp. t. II, p. 395.

    Fig. Fumer sa pipe, en parlant d'un apoplectique, voy. FUMER 1.

    Je n'en fais pas plus de cas que de ma pipe, je n'en tiens aucun compte. Avec tout son esprit, j'en fais moins de cas que de ma pipe, Al. Duval, Jeunesse de Henri V, II, 9.

    Fig. Populairement. Casser sa pipe, mourir.

    Fig. Fumer sans pipe, bouillir de colère.

    On remplit, on vide sa pipe, on met du tabac dans sa pipe ; c'est toujours du fourneau, et non du tuyau, que l'on parle, tandis que, pour désigner celui-ci, on dit le pied ou le tuyau de la pipe, Legoarant

  • 4Habitude, action de fumer. La pipe diminue l'appétit.
  • 5 Par extension du sens de tuyau, grande futaille qui contenait un muid et demi.

    Pipe commune de Saumur, contenant 420 litres. Pipe Cognac, contenant 624 litres Pipe Saint-Gilles, contenant 710 litres.

  • 6 Tige de métal ou bien une pierre, même un rubis, aussi long que l'épaisseur du parchemin, et auquel s'attachaient les sinets ; l'usage s'en est conservé pour les livres d'église jusqu'à nos jours, en prenant quelquefois le nom de registre, de tuyau à tourner les feuillets, et de pençoir, De Laborde, Émaux, p. 450.
  • 7 Terme de serrurier. Petite cale servant à serrer une barre de fer qui passe dans une autre barre, dans une pierre, ou dans une pièce de bois.
  • 8Poisson du genre des syngnathes.
  • 9Dans la Bourgogne et le Gâtinais, on donne le nom de pipes aux narcisses et, en général, aux fleurs printanières provenant d'oignons.

    Pipe-de-tabac, nom vulgaire de l'aristolochia sipho, à cause de la forme de sa fleur.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ne ne prisent [et ils n'estiment pas] tresor deus pipes, la Rose, 5075.

XIVe s. Et est la pippe des dites heures garnie de deux balaiz et un saphir, Hist. litt. de la France, t. XXIV, p. 370 Jehan de Montauban vendit au dit exposant une pipe de vin à la mesure du dit païs ; la quelle mesure est telle que la pipe de vin tient quatre chevaux ou sommiers chargiés de vin, Du Cange, pipa. Il avoit desiré ou souhaidié la pipe ou musette de un varlet de la ville, Du Cange, ib.

XVe s. Icellui Girart feri l'exposant de son plançon ou pipe un grant cop, Du Cange, ib. Pipes, canemeaux et flagos, Et musettes à bourdons gros, Froissart, Poésies. mss. p. 282, dans LACURNE. Le roy Edouard fit mourir son frere le duc de Clarence en une pippe de malvoisie, Commines, I, 7.

XVIe s. Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pipe De vin blanc et clairet, Basselin, XVII.

XVIe s. Celui qui a fait les cheminées devra hausser la pipe [tuyau] jusqu'au plus haut de la fenestre du voisin, Nouv. coust. génér. t. I, p. 1270.

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Étymologie de « pipe »

(Nom commun 1) Déverbal sans suffixe de piper (« jouer de la flûte »).
(Nom commun 2) Emprunt de l’anglais pipe, « barre verticale » en informatique, utilisée dans UNIX pour dénoter la fonctionnalité consistant à fournir en entrée d'un programme les données issues d'un autre programme, comme si ces données étaient passées par un tuyau.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. pipa, pipe, barre, bâton, tuyau, pimpa, pipeau, musette ; espagn. pipa, sorte de mesure ; ital. pipa et piva ; du lat. pipare, crier, piauler. La série des sens est : musette, puis tuyau ; pipe à fumer, puis pipe, mesure de liquide, pipe, tonneau ; et même, dans l'ancien français et le provençal, bâton, barre. L'all. Pfeif ; angl. pipe ; isl. pîpa ; dan. pibe ; gall. et écoss. pib, viennent des langues latines.

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Phonétique du mot « pipe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pipe pip

Fréquence d'apparition du mot « pipe » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « pipe »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « pipe »

  • Dans ma pipe je brûlerai mes souvenirs d'enfance, Mes rêves inachevés, mes restes d'espérance.
    Jacques Brel — Paroles de la chanson Le Dernier Repas
  • Politiquement correct : les femmes qui refusent la fellation, on les appellera désormais les non-d’une-pipe.
    Les Nuls — Le Livre
  • On bourre sa pipe avec le tabac qu’on a.
    Proverbe québécois
  • Mourir de rire c'est se fendre la pipe sans la casser.
    Jicka
  • Les fumeurs de pipes passent beaucoup de temps à nettoyer, préparer et s’amuser avec leur pipe, ils n’ont pas le temps d’avoir des problèmes.
    Bill Vaughan
  • La pipe est la pierre de touche des nerfs.
    Alphonse Rabbe — Album d'un pessismiste
  • Les sanglots sont faits pour qu'on les fume dans la pipe.
    Jorge Carrera Andrade — Le temps manuel
  • Il n’y a pas de pipe qui vaille celle que l’on fume après une bonne journée de marche.
    Robert Louis Stevenson
  • Fumer la pipe dispense de penser.
    Arthur Schopenhauer
  • Si ma barbe brûle, les voisins viennent y allumer leur pipe.
    Proverbe turc
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Traductions du mot « pipe »

Langue Traduction
Anglais pipe
Espagnol tubo
Italien tubo
Allemand rohr
Chinois
Arabe يضخ
Portugais tubo
Russe труба
Japonais パイプ
Basque kanalizazio
Corse pipa
Source : Google Translate API

Synonymes de « pipe »

Source : synonymes de pipe sur lebonsynonyme.fr

Combien de points fait le mot pipe au Scrabble ?

Nombre de points du mot pipe au scrabble : 8 points

Pipe

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