La langue française

Oratoire

Définitions du mot « oratoire »

Trésor de la Langue Française informatisé

ORATOIRE1, subst. masc.

RELIG. CATH.
I. − Lieu consacré à la prière. Oratoire privé, public, semi-public.
A. − Petite pièce aménagée pour la prière, à l'usage d'une personne ou d'une communauté (famille, congrégation religieuse). Prier, s'enfermer, se retirer dans son oratoire. Je me suis jetée à l'oratoire: il fallait prier tout de suite, coûte que coûte (Montherl.,Port-Royal,1954, p.1050):
. Un jour, en rentrant au logis, je vis ouverte une petite chambre qu'elle appelait son oratoire; il n'y avait, en effet, pour tout meuble qu'un prie-Dieu et un petit autel, avec une croix et quelques vases de fleurs. Musset,Confess. enf. s.,1836, p.266.
B. − Petite chapelle isolée ou attenante à un édifice (château, monastère). Le bras gauche du transept n'est encore qu'indiqué et se termine par un grand oratoire, froid, laid, ennuyeux et mal meublé, à quelques confessionnaux près (Hugo,Rhin,1842, p.87).À l'endroit où la tradition veut que St Pierre ait été enterré, le pape Anaclet bâtit un oratoire sur son tombeau, et Constantin y éleva, en 326, une basilique qui dura plus de onze siècles (Ménard,Hist. Beaux-Arts,1882, p.149).
II. − (Congrégation de) l'Oratoire. Congrégation religieuse fondée par Philippe de Néri; congrégation religieuse fondée par Bérulle en France sur le modèle de la précédente. Il appartenait à la congrégation de l'Oratoire, où Bérulle l'avait admis en 1623 (Bremond,Hist. sent. relig.,t.3, 1921, p.602).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀatwa:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1174-76 oratur «local réservé à la prière» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 3903); ca 1200 oratoire (Dialogue Grégoire, 12, 3 ds T.-L.). II. 1611 [date de fondation par Pierre de Bérulle, v. Lar. 19e] Oratoire nom de congrégation; 1662 id. (Bossuet, Oraison funèbre du Père Bourgoing, éd. J. Truchet, p.57). I empr. au lat. chrét. oratorium «oratoire», dér. de orare «prier» (cf. la forme pop. a. fr. oreor, a. prov. orador, lim. ouradour, évincée par chapelle*, mais qui subsiste dans de nombreux topon., v. FEW t.7, pp.386b-387a). II calque de l'ital. Oratorio, nom de la congrégation fondée à Rome en 1548 par St Philippe de Néri et qui servit de modèle à la congrégation de l'Oratoire fondée par Bérulle (v. DEI et FEW t.7, p.387a). Fréq. abs. littér.: 394. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 503, b) 508; xxes.: a) 515, b) 663.

ORATOIRE2, adj.

A. − Qui est propre à l'art, au talent de l'orateur. Don, fougue oratoire. Un moraliste de mauvaise humeur n'aurait pas manqué de tirer un beau mouvement oratoire de la position de ce temple auprès d'un égoût (Jouy,Hermite, t.1, 1811, p.265).Le talent de M. Cousin est oratoire. Il a le goût et le don de l'éloquence (Taine,Philos. XIXes., 1857, p.82):
1. ... cet esprit d'exagération est souvent désintéressé; il dérive du désir habituel de produire un effet; en d'autres termes, il est le résultat du génie oratoire et rhéteur, qui est un défaut et une puissance de notre caractère national. Michelet,Introd. Hist. univ., 1831, p.452.
Action oratoire. Ensemble des gestes, des mouvements, des jeux de physionomie utilisés par l'orateur pour rendre son discours plus efficace. Guizot a pour lui l'action oratoire, le jeu; mais, lu, cela perd beaucoup (Sainte-Beuve,Pensées, 1868, p.121).
Art oratoire. Éloquence. M. de Montlosier, descendu de sa montagne d'Auvergne, où sans doute il avoit peu étudié l'art oratoire (Chateaubr.,Génie, t.2, 1803, p.108).
Joute oratoire. Assaut d'éloquence entre deux orateurs (avocats, hommes politiques). V. joute ex. 3.
[Avec une valeur caractérisante, en parlant d'un comportement] Qui est semblable à celui que l'on prête à un orateur; théâtral, grandiloquent. Chapuis se mit à bourrer sa pipe avec des gestes oratoires (Bloy,Femme pauvre, 1897, p.16).
B. − [En parlant du discours de l'orateur] Qui est propre au genre littéraire auquel appartient le discours. Amplification, développement, effet, formule, style oratoire. Les doigts et l'oreille scandent involontairement la marche aisée des dactyles poétiques et l'ample déroulement des périodes oratoires (Taine,Philos. art, t.1, 1865, p.130):
2. Ce fut la suite du discours qui fit seulement comprendre à nos concitoyens que, par un procédé oratoire habile, le Père avait donné en une seule fois, comme on assène un coup, le thème de son prêche entier. Camus,Peste, 1947, p.1294.
Précaution oratoire (souvent au plur.). Préambule destiné à amadouer un auditoire en apaisant sa susceptibilité. Je répondis à ces mots par un consentement très-dédaigneux, à ce que je crois, car je trouvais la précaution oratoire au moins inutile (Staël,Corinne, t.2, 1807, p.283).Mais en vous offrant cette suite curieuse autant que véridique, j'ai quelques précautions oratoires à prendre (Balzac,Annette, t.1, 1824, p.8).
[Avec une valeur caractérisante, en parlant d'une oeuvre littér.] Qui évoque l'art oratoire, sa technique, ses procédés. Dans l'admirable Mémoire ou Lettre justificative adressée à son père [par Mirabeau], le ton est tout oratoire et atteint par moments à la haute éloquence (Sainte-Beuve,Pensées, t.4, 1851, p.36).
P. anal., dans le domaine des arts plast.Je vous ai parlé de son idéal [de Rubens] si différent de celui des autres, des éblouissements de sa palette, du rayonnement de ses idées tout en lumière, de sa force persuasive, de sa clarté oratoire, de ce penchant aux apothéoses qui le font monter, de cette chaleur de cerveau qui le dilate au risque de le trop gonfler (Fromentin,Maîtres autrefois, 1876, p.88).
REM.
Oratoirement, adv.De manière oratoire. Entre la plaidoirie d'Arnauld contre les Jésuites à la fin du seizième siècle et celle de Gerbier pour Port-Royal au dix-huitième, notre sujet monastique s'encadre tout d'un coup assez oratoirement (Sainte-Beuve,Port-Royal, t.1, 1840, p.77).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀatwa:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Début xvies. [date du ms.] art oratoire (Poésie inédite, ms. B.N. fr. 1716, fo9 ds G. Chastellain, OEuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t.6, p.XII); spéc. 1798 précautions oratoires (Ac.). Empr. au lat. oratorius «oratoire», dér. de orator, -oris (orateur*). Fréq. abs. littér.: 452. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 617, b) 619; xxes.: a) 636, b) 680.

Oratoire, subst. masc.,var., vx. D'où vient donc qu'un auditoire si nombreux (...) se soit disputé jusqu'au dernier coin d'une salle qui s'est trouvée trop petite (...), cela tout uniment pour entendre une trilogie sacrée, un oratoire, une oeuvre religieuse (...), l'Enfance du Christ (...) [de] Berlioz (Prod'homme,Cycle Berlioz, 1898, p.150).

Wiktionnaire

Adjectif

oratoire \ɔ.ʁa.twaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. Qui appartient à l’orateur.
    • Il possède un véritable talent oratoire.
  2. Qui est propre à la technique du discours.
    • […] ; ses moindres discours étaient accompagnés d’un geste oratoire de la main droite, qu’on aurait pu croire destiné à en marquer la cadence. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, T.2,4, 1833)
    • Mais rien ne put comprimer les battements de leurs cœurs pendant le discours de sir Francis M…, et, de mémoire humaine, ce fut là certainement le plus beau succès oratoire de la Société royale géographique de Londres. — (Jules Verne, Cinq Semaines en ballon, 1863)
    • Elle savait qu'il avait mis un orgueil masochiste (ça existe !) à abaisser son talent, à mirlitonner des vers politiques et à briser la cadence autrefois superbement oratoire de son style. — (Jean Cau, Une nuit à Saint-Germain-des-Prés, Éditions Julliard, 1977)

Nom commun

oratoire \ɔ.ʁa.twaʁ\ masculin

  1. (Religion) Petite chapelle, adjointe à une grande maison (palais, château ou hôtel), où l’on peut prier.
    • Monsieur d’Espard, qui a suivi cette affaire, m’a menée à l’Oratoire où cette femme va au prêche, car elle est protestante. — (Honoré de Balzac, L’Interdiction, 1839)
    • Un oratoire (msalla), simple mur en maçonnerie blanchi à la chaux, avait été construit à la hâte sur une colline voisine, toute blanche de pâquerettes. Et c’est là, hier matin, premier choûal, que le Sultan s’est rendu en grande pompe pour remplir ses fonctions d’imâm, de souverain pontife, et y faire la prière à la tête de sa cour et de son armée. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 132)
  2. (Religion) (En particulier) Chapelle élevée sur le bord d’une route pour conserver un souvenir religieux.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ORATOIRE. adj. des deux genres
. Qui appartient à l'orateur. L'art oratoire. Figure oratoire. Genre oratoire. Style oratoire. Débit oratoire. Précautions oratoires, Moyens adroits et détournés qu'on emploie, dans un discours ou même dans la conversation, pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs ou pour atténuer les préventions qui pourraient s'élever contre l'objet qu'on se propose.

Littré (1872-1877)

ORATOIRE (o-ra-toi-r') adj.
  • Qui appartient à l'orateur. Style oratoire. Le ton, le geste oratoire. Un mouvement oratoire. L'art oratoire ne pourrait même durer chez des peuples libres, s'il ne s'occupait d'affaires importantes, et ne conduisait l'homme d'une naissance obscure aux premières fonctions de l'État, Diderot, Claude et Nér. I, 16. Tout ce qui dans la description oratoire n'intéresse que l'imagination, est superflu et vicieux ; un modèle de ce genre est la description du supplice de Gavius dans la cinquième des Verrines, Marmontel, Élém. litt. t. VI, p. 459, dans POUGENS. Il [Ney] n'a point harangué ; il marche, donnant l'exemple, qui, dans un héros, est de tous les mouvements oratoires le plus éloquent et de tous les ordres le plus impérieux, Ségur, Hist. de Nap. X, 8. Richardson n'est pas, comme Rousseau, un écrivain savamment artificiel, un grand maître de la parole oratoire, Villemain, Litt. franç. t. I, XVIIIe siècle, 1re leçon. Le génie oratoire, en touchant la philosophie de l'histoire, la transforme en discours qui résument et expliquent les révolutions et les guerres, Taine, Essai sur Tite-Live, Conclusion.

    Le nombre oratoire, voy. NOMBRE, n° 11.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

ORATOIRE, s. m. (Hist. ecclésiast.) petit édifice, ou partie d’édifice dans une grande maison près de la chambre à coucher, & consacré à la priere en particulier. L’oratoire d’une maison differe de la chapelle, en ce que la chapelle a un autel où l’on célebre les saints mysteres ; au lieu que l’oratoire n’a point un pareil autel ; car quoiqu’il y ait une table en forme d’autel, on n’y célebre point.

On commença à appeller oratoire, les petites chapelles qui étoient jointes aux monasteres, où les moines faisoient leurs prieres, avant qu’ils eussent des églises. Ce mot a passé depuis aux autels, ou chapelles qui étoient dans les maisons particulieres, & même aux chapelles bâties à la campagne qui n’avoient point droit de paroisse.

Dans le vj. & vij. siecle, un oratoire étoit une espece de chapelle placée souvent dans les cimetieres, & qui n’avoient ni baptistaire comme les églises titulaires, ni office public, ni prêtre cardinal. L’évêque y envoyoit un prêtre quand il jugeoit à propos d’y faire célébrer la messe ; cependant quelques oratoires avoient un prêtre cardinal pour y célébrer la messe quand le fondateur le desiroit, ou quand le concours des fideles le demandoit ; c’étoit comme de moindres titres. Enfin, il y avoit déja dans ce tems-là comme à présent des oratoires chez les hermites, & dans les maisons particulieres. Le conciliabule de Constantinople, tenu en 861 par Photius, défend de célébrer la liturgie, & de baptiser dans les oratoires domestiques.

On voit en France beaucoup de bourgs & de villages du nom d’Oroir, Oroair, Ozouer, Orouer, Aurouer, Oradour, qui prennent leur nom & leur origine de quelques oratoires de religieux retirés dans des hermitages de la campagne voisine. (D. J.)

Oratoire des Hébreux, (Critique sacrée.) voyez Proseuche.

Oratoire, (Hist. des congrég.) titre d’une congrégation particuliere d’ecclésiastiques, instituée en France par le cardinal de Bérulle, sur le modele de celle de Rome, qui a été établie par Philippe Néri florentin, sous le titre de l’oratoire de sainte Marie en la Vaticelle.

Il y a néanmoins cette différence entre la congrégation des peres de l’oratoire de Rome & celle de France, que la premiere n’a été fondée que pour la seule maison de Rome, sans se charger du gouvernement d’aucune autre maison ; au lieu que celle de France renferme plusieurs maisons qui dépendent d’un chef, lequel prend la qualité de supérieur général, & gouverne avec trois assistans toute cette congrégation.

Le cardinal de Bérulle obtint des lettres patentes de Louis XIII. datées du mois de Décembre 1611, & enregistrées au parlement de Paris, le 4 Décembre 1612, avec cette clause : « à la charge de rapporter dans trois mois le consentement de l’évêque, auquel ils demeureront sujets ».

M. de Bérulle desirant de répandre sa congrégation en France, obtint à cet effet en 1613, une bulle du pape Paul V. en conséquence de laquelle la congrégation de l’oratoire s’étendit en peu de tems en plusieurs villes du royaume.

Ces peres sont différens de tous les ordres religieux ; leur congrégation est la seule où les vœux sont inconnus, & où n’habite point le repentir. C’est une retraite toujours volontaire aux dépens de la maison ; on y jouit de la liberté qui convient à des hommes ; la superstition & les petitesses n’y deshonorent guere la vertu ; leur général demeure en France, idée si convenable à tous les ordres de l’Eglise ; leurs ouvrages méritent généralement des éloges. Enfin, respectables à tous égards, ils deviendroient encore plus utiles au public, si leurs religieux s’appliquoient aux fonctions des colléges, des seminaires, & des hôpitaux. (D. J.)

Oratoire, harmonie, (Elocut.) l’harmonie oratoire est l’accord des sons avec les choses signifiées. Elle consiste en deux points : 1°. dans la convenance & le rapport des sons, des syllabes, des mots, avec les objets qu’ils expriment : 2°. dans la convenance du style avec le sujet. La premiere est l’accord des parties de l’expression avec les parties des choses exprimées. La seconde est l’accord du tout avec le tout.

L’harmonie des syllabes, des mots avec les objets qu’ils expriment, se fait par des sons imitatifs. On retrouve ces sons imitatifs dans toutes les langues : c’est ainsi qu’on dit en françois, gronder, murmurer, tonner, siffler, gasouiller, claquer, briller, piquer, lancer, bourdonner, &c. L’imitation musicale saisit d’abord les objets qui font bruit, parce que le son est ce qu’il y a de plus aisé à imiter par le son ; ensuite ceux qui sont en mouvement, parce que les sons marchant à leur maniere, ont pu, par cette maniere, exprimer la marche des objets. Enfin, dans la configuration même & la couleur, qui paroissoient ne point donner prise à l’imitation musicale, l’imagination a trouvé des rapports analogiques avec le grave, l’aigu, la durée, la lenteur, la vîtesse, la douceur, la dureté, la légereté, la pesanteur, la grandeur, la petitesse, le mouvement, le repos, &c. La joie dilate, la crainte rétrécit, l’espérance souleve, la douleur abat : le bleu est doux, le rouge est vif, le verd est gai ; de sorte que, par ce moyen, & à l’aide de l’imagination, qui se prête volontiers en pareil cas, presque toute la nature a pu être imitée plus ou moins, & représentée par les sons. Concluons de là que le premier principe pour l’harmonie est d’employer des mots ou des phrases, qui renferment par leur douceur ou par leur dureté, leur lenteur ou leur vîtesse, l’expression imitative qui peut être dans les sons. Les grands Poëtes & les Orateurs ont toujours suivi cette regle.

Pour sentir tout l’effet de cette harmonie, qu’on suppose les mêmes sons dans des mots qui exprimeroient des objets différens : elle y paroîtra aussi déplacée, que si on s’avisoit de donner au mot siffler la signification de celui de tonner, ou celle d’éclater à celui de soupirer : & ainsi des autres.

De même que tous les objets qui sont liés entr’eux dans l’esprit, le sont par un certain caractere de conformité ou d’opposition qu’il y a dans quelqu’une de leurs faces ; de même aussi les phrases qui représentent la liaison de ces idées, doivent en porter le caractere. Il y a des phrases plus douces, plus légeres, plus harmonieuses, selon la place qu’on leur a donnée, selon la maniere dont on les a ajustées entr’elles. Quelque fine que paroisse cette harmonie, elle produit un charme réel dans la composition, & un écrivain qui a de l’oreille ne la néglige pas. Ciceron y est exact autant que qui que ce soit : Etsi homini nihil est magis optandum, quam prospera, æquabilis perpetuaque fortuna, secundo vitæ, sine ulla offensione, cursu : tamen si mihi tranquilla & placata omnia fuissent, incredibili quadam & penè divinâ, quâ nunc vestro beneficio fruor, loetitioe voluptate caruissem. Toute cette période est d’une douceur admirable ; nul choc désagréable de consonne, beaucoup de voyelles, un mouvement paisible & continu que rien n’interrompt, & qui semble aidé & entretenu par tous les sons qui le remplissent.

La seconde espece d’harmonie oratoire est celle du ton général de l’orateur, avec le sujet pris dans sa totalité. L’essentiel est donc de bien connoître le sujet qu’on traite, d’en sentir le caractere & l’étendue ; cela fait, il faut lui donner les pensées, les mots, les tours & les phrases qui lui conviennent. Cours de Belles-Lettres, tome IV. (D. J.)

Oratoire, s. m. oratorio, en musique ; c’est une espece de drame en latin ou en langue vulgaire, divisé par scenes, à l’imitation des pieces de théâtre, mais qui roule toujours sur des sujets pris de la religion, & qu’on met en musique pour être exécuté dans quelque église durant le carême, ou en d’autres tems. Cet usage, assez commun en Italie, n’est pas admis en France, où l’on ne trouve pas que la composition de ces pieces soit convenable à la majesté du lieu destiné à leur exécution. (S)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « oratoire »

(Adjectif) Du latin oratorius.
(Nom commun) Du latin oratorium.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. oratorius, de orator, orateur.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « oratoire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
oratoire ɔratwar

Citations contenant le mot « oratoire »

  • L'architecte est une sorte d'oratoire de la puissance au moyen des formes. De Friedrich Nietzsche / Le crépuscule des idoles
  • Le style oratoire a souvent les inconvénients de ces opéras dont la musique empêche d'entendre les paroles : ici les paroles empêchent de voir les pensées. De Joseph Joubert / Carnets
  • C’est le 7 mai 1966, à l’heure de l’Angélus de l’aube, qu’a été béni l’oratoire à Notre-Dame de la Route qui avait été terminé la veille, au soir du 6 mai. Quoique très discrète, cette bénédiction n’en a pas moins revêtu un caractère officiel puisqu’elle a été faite en présence d’André Migairou, président du conseil Paroissial et de Julien de Roquetaillade, président du Conseil Municipal, tous deux chargés de veiller sur les intérêts spirituels et matériels de notre localité. Enfermé dans la niche, un parchemin perpétuera devant les générations futures les circonstances de l’édification de ce petit monument à la gloire de la Vierge, en souvenir du Concile Vatican II. millavois.com, La Vierge à l’oiseau à l’Oratoire de la Manne
  • Samedi après-midi, l’équipe de l’association des Amis de Sainte-Anne était présente autour de son président, Jean-René Christien. L’association compte une quarantaine de bénévoles qui se sont retrouvés sur le site de l’oratoire pour un grand nettoyage, le rangement et l’entretien des abords de la chapelle, comme tous les ans. Le Telegramme, Pas de pardon mais des travaux d’entretien à l’oratoire de Sainte-Anne - Bannalec - Le Télégramme
  • La délégation bas-alpine de la Fondation du patrimoine a signé le 10 juillet avec la Ville de Quinson une convention de souscription pour le programme de restauration de la chapelle Sainte-Maxime. Les travaux concernent principalement la restauration de la toiture de l'oratoire et de la chapelle. La toiture de l'oratoire devra totalement être déposée et une charpente neuve sera installée. Les travaux sur la chapelle consisteront à enlever les tuiles puis à les repositionner correctement. Les linteaux en bois de la tour doivent être changés pour soutenir la maçonnerie. Les murs de certaines parties sont éventrés et doivent être impérativement renforcés. Les arases des élévations seront cristallisées et un rejointoiement des murs sera effectué avec un enduit à la chaux pour consolider l'ensemble. Un appel aux dons est lancé. LaProvence.com, Alpes-de-Haute-Provence : un appel au don pour la chapelle de Quinson | La Provence

Images d'illustration du mot « oratoire »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « oratoire »

Langue Traduction
Anglais oratory
Espagnol oratorio
Italien oratorio
Allemand oratorium
Chinois 演讲
Arabe خطابة
Portugais oratório
Russe красноречие
Japonais 礼拝堂
Basque otoiztegia
Corse oratorju
Source : Google Translate API

Synonymes de « oratoire »

Source : synonymes de oratoire sur lebonsynonyme.fr

Oratoire

Retour au sommaire ➦

Partager