La langue française

Verbal

Sommaire

  • Définitions du mot verbal
  • Étymologie de « verbal »
  • Phonétique de « verbal »
  • Citations contenant le mot « verbal »
  • Traductions du mot « verbal »
  • Synonymes de « verbal »
  • Antonymes de « verbal »

Définitions du mot verbal

Trésor de la Langue Française informatisé

VERBAL, -ALE, -AUX, adj.

I.
A. − [P. oppos. à écrit] Qui se fait de vive voix. Convention, instruction verbale; engagement verbal; ordres, rapports verbaux. Il n'y a rien d'écrit!... Anatole n'a pas eu l'esprit de faire faire un projet de contrat, lui! Ce n'est pas comme Monsieur Delcroix. En voilà un qui n'aurait pas la niaiserie de se contenter d'une promesse verbale! (Barrière, Capendu, Faux bonsh., 1856, iii, 14, p. 117).La signature de notre accord, signature qui pourrait avoir lieu sous dix jours, à compter de votre acceptation verbale (Duhamel, Notaire Havre, 1933, p. 174).
DIPLOM. Note verbale. Note résumant une conversation échangée entre un ministère des Affaires étrangères et un agent diplomatique. La réaction du gouvernement de Londres est très vive. Le représentant de ce gouvernement à Alger nous a communiqué une note verbale très âpre qui laisse présager de grandes difficultés du côté anglais (De Gaulle, Mém. guerre, 1956, p. 599).
DR., empl. subst. masc., vx. Synon. de procès-verbal.[Les gardes forestiers] regardent votre fagot, et s'il y avait une seule branche coupée, une seule baguette de méchant coudrier, ils prendraient le fagot et vous feraient le verbal (Balzac, Paysans, 1850, p. 340).
B. −
1. Qui concerne les mots, se rapporte aux mots. Expression, image verbale; substance, forme verbale. La mémoire verbale est un des signes les plus apparents de la vocation littéraire, l'usage des phrases toutes faites se retrouve à toutes les époques (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 296).Victor Hugo, le maître des constructions verbales, le rhéteur génial du rythme et du mot (Gaultier, Bovarysme, 1902, p. 83).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. La littérature latine a été plus fréquemment que la grecque et plus continûment éprise du pur verbal et vierge d'activité intellectuelle (Benda, Fr. byz., 1945, p. 166).
Empl. subst. Personne qui parle beaucoup, qui se préoccupe plus des mots que des idées. La légende qui fait de Victor Hugo un verbal qui ne pense pas est due à des hommes qui sont eux-mêmes mangés par la copie, comme Faguet (Thibaudet, Hist. litt. fr., 1936, p. 162).
2. [P. oppos. à d'autres moyens d'expression] Qui se fait, se manifeste, s'exprime par les mots, le langage. Délire verbal; violence verbale. Les qualités supérieures de l'intelligence verbale et spéculative (Mounier, Traité caract., 1946, p. 640).Il ne fallait pas essayer de les arrêter quand ils commençaient à vous jeter leurs souvenirs à la face (...): il s'agissait (...) d'une crise verbale utile à leur hygiène intime (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 384).
3. [P. oppos. aux faits, à la pratique] Qui relève des mots, qui se limite au discours (sans être concrétisé). Explication purement verbale. Nous allons voir que l'explication est toute verbale, que nous sommes encore dupes des mots (Bergson, Évol. créatr., 1907, p. 58).Leurs sentiments sont profonds et le patriotisme verbal offense leurs âmes éprises de calme et de sérieux (Barrès, Cahiers, t. 10, 1913, p. 87).
P. plaisant. Paroles verbales. Simples paroles qui n'engagent pas. (Dict. xxes.).
II. − GRAMMAIRE
A. − Du verbe, relatif au verbe, qui concerne le verbe. Catégorie, désinence, forme verbale; système verbal. Voyez ce qui se passe en français pour dites et faites, qui correspondent directement à latin Dic-itis, fac-itis, mais qui n'ont plus de point d'appui dans la flexion verbale actuelle; la langue cherche à les remplacer; on entend dire disez, faisez (Sauss. 1916, p. 237).Projet, souhait, commandement désignent pratiquement. Ce sont des modes originaux de la pensée que la langue exprime par des modes verbaux également originaux (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 45).
Adjectif verbal. Participe employé comme adjectif. Cet endroit de la grammaire qui était de tous (...) le plus embarrassant (...) surtout en ce qui concerne la distinction de l'adjectif verbal et du participe présent (A. France, Pt Pierre, 1918, p. 275).
Nom verbal. Forme nominale et adjective du verbe (infinitif et participe) (d'apr. Ling. 1972).
Racine verbale, thème verbal. Radical servant de base à la conjugaison d'un verbe (d'apr. Ling. 1972).
B. − Qui contient un verbe. Phrase verbale. On appelle syntagme verbal (...) un syntagme constitué soit d'un verbe (...) et de son auxiliaire (...) suivi ou non d'un syntagme nominal ou d'un syntagme prépositionnel (...) soit de la copule être et de l'auxiliaire suivis d'un syntagme nominal (...), adjectival (...) ou prépositionnel (Ling. 1972).
C. − Qui équivaut à un verbe. Locution verbale. Le substantif se joint sans article à des verbes comme: avoir, rendre, donner, faire... pour former des locutions verbales (Gramm. Lar.1964).
REM.
Verbo-, élém. de compos.représentant l'adj. verbal (supra I), entrant dans la constr. d'adj. du vocab. de la psychol., désignant des relations entre la parole et la fonction évoquée par le 2eélém.a)
Verbo-auditif, -ive. -De la parole et de l'audition. [Les] désordres de l'activité verbo-auditive (M. Lobrot, Troubles de la lang. écrite et remèdes, 1972ds Gilb. 1981).
b)
Verbo-conceptuel, -elle. -Qui concerne l'expression de la pensée et la conceptualisation. Sa pédagogie [de l'enseignement secondaire], de type verbo-conceptuel est orientée vers la spéculation, l'analyse et le jeu des idées (J.-M. Gabaude, La Pédag. contemp., 1972ds Gilb. 1981).Empl. subst. Personne qui exprime mieux sa pensée par oral. Les verbo-conceptuels s'accommodent mieux d'épreuves orales (Capelle, Éc. demain, 1966, p. 149).
c)
Verbomoteur, verbo-moteur, -trice. -De la parole et de la motricité. Des activités verbomotrices sont à un certain degré décelables chez tous les sujets (P. Oléron, Lang. et développement mental, 1972ds Gilb. 1981).
Prononc. et Orth.: [vε ʀbal], plur. masc. [-o]. Étymol. et Hist. A. 1. [1337 indirectement att. par verbalement* « qui se fait de vive voix »] fin xives. (Songe du Vergier, éd. M. Schnerb-Lièvre, II, 74, t. 2, p. 58); 2. 1694 subst. (Ac.: On dit aussi substantiellement, Un verbal, pour dire, Un procez verbal). B. Ca 1325 gramm. non verbal (Donat, Ars minor, ms. Mazarine, 3794, 28 ds Städtler Gramm., p. 296); 1690 substantif, adjectif verbal (Fur.). Empr. au b. lat. gramm.verbalis « dérivé d'un verbe » ives. ds Gaff., et « de paroles » fin ves., ibid., dér. de verbum (verbe*). Fréq. abs. littér.: 560. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 274, b) 150; xxes.: a) 678, b) 1 659.
DÉR.
Verbalement, adv.a) [P. oppos. à par écrit] De vive voix. On peut louer ou par écrit, ou verbalement (Code civil, 1804, art. 1714, p. 313).Javert (...) avait rendu verbalement compte au Préfet en personne, dans une courte audience (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 563).b) Avec des mots. On peut toujours, sans doute, interpréter verbalement ces phénomènes de sensibilité, en termes qui font quelque illusion (Valéry, Variété V, 1944, p. 50). [vε ʀbalmɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1718. 1reattest. 1337 verballement (Commiss. du roy, B.N. Dupin 338, pièce 220 ds Gdf. Compl.); de verbal, suff. -ment2*. − Fréq. abs. littér.: 52.
BBG.Gohin 1903, p. 230.

verbal .-

Wiktionnaire

Adjectif

verbal \vɛʁ.bal\ masculin

  1. Qui est relatif aux mots, au langage (écrit ou oral).
    • Dans un contexte de communication, on peut distinguer le message verbal (qui passe par les mots) du message para-verbal et non-verbal (qui passe, lui, par ce qu'il y a autour des mots : mimiques, gestes, intonations de voix et prosodie, position du corps, etc.).
  2. Qui a lieu, qui se fait de vive voix, et non par écrit.
    • Promesse verbale.
    • Ordre verbal.
  3. (Grammaire) Qui a rapport au verbe.
    • Désinence verbale.
    • Forme verbale.
    • Substantif verbal, → voir déverbal.
    • Adjectif verbal, Participe présent employé adjectivement et qui est soumis aux règles de l’accord.

Adjectif

verbal \ˈvɝ.bəl\ (États-Unis), \ˈvɜː.bəl\ (Royaume-Uni)

  1. Oral.

Nom commun

verbal \ˈvɝ.bəl\ (États-Unis), \ˈvɜː.bəl\ (Royaume-Uni)

  1. (Grammaire) Forme de verbe non prédicat.
    • In English, infinitives, participles and gerunds are verbals.
      En anglais, les infinitifs, participes et gérondifs sont les formes de verbe non prédicat.
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Littré (1872-1877)

VERBAL (vèr-bal, ba-l') adj.
  • 1Qui n'est que de vive voix et non par écrit. Des ordres verbaux. Il n'y a point de promesse de mariage verbale ni par écrit, Patru, Plaidoyer 11. On a prétendu que le connétable de Montmorency fut disgracié par le roi, pour lui avoir conseillé de se contenter de la promesse verbale de Charles-Quint, Voltaire, Mœurs, 125. Ne donnez à votre élève aucune espèce de leçon verbale ; il n'en doit recevoir que de l'expérience, Rousseau, Ém. II.

    Antithèse verbale, antithèse qui consiste seulement dans les mots, et non dans la pensée.

    Critique verbale, critique qui ne s'attache qu'aux mots.

    Rapport verbal, se dit, dans les sociétés savantes, d'un rapport écrit, lorsqu'il ne doit pas être suivi d'une décision, et qu'il n'est reçu que comme renseignement.

    Terme de diplomatie. Note verbale, se dit d'une note donnée à un ambassadeur, à un cabinet étranger, par écrit à la vérité, mais sans signature et sans un caractère pleinement officiel.

  • 2 Terme de grammaire. Qui est de la nature du verbe, qui tient au verbe. Action est un substantif verbal.

    Adjectif verbal, participe présent pris adjectivement, et soumis aux règles de l'accord. Les adjectifs verbaux qualifient par un attribut d'événement, c'est-à-dire par une qualité accidentelle et survenue qui paraît être l'effet d'une action qui se passe ou qui s'est passée dans la chose ; tels sont rampant, dominant, liant, caressant, Dumarsais, Œuv. t. IV, p. 108.

    Racines verbales, voy. PRÉDICATIF.

  • 3Procès-verbal, acte dans lequel un officier de justice ou autre personne ayant qualité a constaté un fait et toutes ses circonstances. Un procès - verbal d'apposition de scellés. Dresser un procès-verbal, des procès-verbaux. Dresser procès-verbal. J'aurais regret d'être obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès-verbal, Molière, Tart. v, 4.

    Fig. L'histoire de l'Europe est devenue un immense procès-verbal de contrats de mariage, Voltaire, Mœurs, 74.

    Faire un procès-verbal à quelqu'un, constater par procès-verbal qu'il a commis quelque infraction. Faire un procès-verbal à un débitant pour avoir fraudé les droits.

    On dit quelquefois simplement un verbal. Le verbal en fait foi. Un verbal fourmillant de fautes d'orthographe, Daru, Épît. à mon sans-culotte.

  • 4Procès-verbal, se dit aussi du narré, par écrit, de ce qui s'est passé dans une séance, dans une cérémonie, etc. Lisez le procès-verbal de la dernière séance.

    On le dit aussi du résumé des actes et des délibérations d'un corps. Le procès-verbal des séances de l'assemblée nationale.

    Fig. Il m'a promis de vous regarder, de vous manier, et de me faire un procès-verbal de votre aimable personne, Sévigné, 442.

  • 5Verbal d'opinions, s'est dit pour vote à haute voix, opposé à scrutin secret. Dans toutes les questions de ce genre, le verbal d'opinions arme l'homme contre l'intérêt, rend chaque individu plus fort par lui-même en l'isolant, et l'oblige à ne consulter que son propre vœu, puisqu'il ne pourrait pas le cacher, pour ainsi dire, sous celui des autres, Mirabeau, Collection, t. I, p. 80.

HISTORIQUE

XIVe s. Telle cognoissance verballe que ung vassal selon les droitz humains doit faire à son seigneur, le Songe du Vergier, II, 79.

XVe s. Nous sommes verbaux, et appetons les paroles plus que les choses, Chartier, le Curial, p. 397.

XVIe s. Les dissentions des sectes philosophiques en ce cas sont verbales, Montaigne, I, 69. L'ignorance pure estoit bien plus salutaire et plus sçavante que n'est cette science verbale et vaine, Montaigne, I, 398. Fermeté plus verbale qu'essentielle, Montaigne, II, 211.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VERBAL, le, adj. (Gram.) qui est dérivé du verbe. On appelle ainsi les mots dérivés des verbes ; & il y a des noms verbaux & des adjectifs verbaux. Cette sorte de maux est principalement remarquable dans les langues transpositives, comme le grec & le latin, à cause de la diversité des régimes.

J’ai démontré, si je ne me trompe, que l’infinitif est véritablement nom : voyez Infinitif ; mais c’est, comme je l’ai dit, un nom verbe, & non pas un nom verbal : je pense qu’on doit seulement appeller noms verbaux ceux qui n’ont de commun avec le verbe que le radical représentatif de l’attribut, & qui ne conservent rien de ce qui constitue l’essence du verbe, je veux dire, l’idée de l’existence intellectuelle, & la susceptibilité des tems qui en est une suite nécessaire. Il est donc évident que c’est encore la même chose du supin que de l’infinitif ; c’est aussi un nom-verbe, ce n’est pas un nom verbal. Voyez Supin.

Par des raisons toutes semblables, les participes ne sont point adjectifs verbaux ; ce sont des adjectifs-verbes, parce qu’avec l’idée individuelle de l’attribut qui leur est commune avec le verbe, & qui est représentée par le radical commun, ils conservent encore l’idée spécifique qui constitue l’essence du verbe, c’est-à-dire, l’idée de l’existence intellectuelle caractérisée par les diverses terminaisons temporelles. Les adjectifs verbaux n’ont de commun avec le verbe dont ils sont dérivés, que l’idée individuelle mais accidentelle de l’attribut.

En latin les noms verbaux sont principalement de deux sortes : les uns sont terminés en io, gén. ionis, & sont de la troisieme déclinaison, comme visio, actio, tactio ; les autres sont terminés en us, gén. ûs, & sont de la quatrieme déclinaison, comme visus, pactus, actus, tactus. Les premiers expriment l’idée de l’attribut comme action, c’est-à-dire, qu’ils énoncent l’opération d’une cause qui tend à produire l’effet individuel désigné par le radical ; les seconds expriment l’idée de l’attribut comme acte, c’est-à-dire qu’ils énoncent l’effet individuel désigné par le radical sans aucune attention à la puissance qui le produit : ainsi visio c’est l’action de voir, visus en est l’acte ; pactio signifie l’action de traiter ou de convenir, pactus exprime l’acte ou l’effet de cette action ; tactio, l’action de toucher ou le mouvement nécessaire pour cet effet, tactus, l’effet même qui résulte immédiatement de ce mouvement, &c. Voyez Supin.

Il y a encore quelques noms verbaux en um, gén. i, de la seconde déclinaison, dérivés immédiatement du supin, comme les deux especes dont on vient de parler ; par exemple, pactum, qui doit avoir encore une signification différente de pactio & de pactus. Je crois que les noms de cette troisieme espece désignent principalement les objets sur lesquels tombe l’acte, dont l’idée tient au radical commun : ainsi pactio exprime le mouvement que l’on se donne pour convenir ; pactus, l’acte de la convention, l’effet du mouvement que l’on s’est donné ; pactum, l’objet du traité, les articles convenus. C’est la même différence entre actio, actus & actum.

Les adjectifs verbaux sont principalement de deux sortes, les uns sont en ilis, comme amabilis, flebilis, facilis, odibilis, vincibilis ; les autres en undus, comme errabundus, ludibundus, vitabundus, &c. Les premiers ont plus communément le sens passif, & caractérisent surtout par l’idée de la possibilité, comme si amabilis, par exemple, vouloit dire par contraction ad amari ibilis, en tirant ibilis de ibo, &c. Les autres ont le sens actif, & caractérisent par l’idée de la fréquence de l’acte, comme si ludibundus, par exemple, signifioit sapè ludere ou continuo ludere solitus.

Il peut se trouver une infinité d’autres terminaisons, soit pour les noms, soit pour les adjectifs verbaux : voyez Vossii anal. ij. 32. & 33. mais j’ai cru devoir me borner ici aux principaux dans chaque genre ; parce que l’Encyclopédie ne doit pas être une grammaire latine, & que les especes que j’ai choisies suffisent pour indiquer comment on doit chercher les différences de signification dans les dérivés d’une même racine qui sont de la même espece ; ce qui appartient à la grammaire générale.

Mais je m’arreterai encore à un point de la grammaire latine qui peut tenir par quelque endroit aux principes généraux du langage. Tous les grammairiens s’accordent à dire que les noms verbaux en io & les adjectifs verbaux en undus prennent le même régime que le verbe dont ils sont dérivés. C’est ainsi, disent-ils, qu’il faut entendre ces phrases de Plaute (Amphitr. I. iij.) quid tibi hanc curatio est rem ? (Aulul. III. Redi.) sed quid tibi nos tactio est ? (Trucul. II. vij.) quid tibi hanc auditio est, quid tibi hanc notis est ? Cette phrase de T. Live (xxv.) Hanno vitabundus castra hostium consulesque, loco edito castra posuit ; & celles-ci d’Apulée, carnificem imaginabundus, mirabundi bestiam. Les réflexions que j’ai à-proposer sur cette matiere paroîtront peut-être des paradoxes : mais comme je les crois néanmoins conformes à l’exacte vérité, je vais les exposer comme je les conçois : quelque autre plus habile ou les détruira par de meilleures raisons, ou les fortifiera par de nouvelles vues.

Ni les noms verbaux en io, ni les adjectifs verbaux en undus, n’ont pour régime direct l’accusatif.

1°. On peut rendre raison de cet accusatif, en suppléant une préposition : curatio hanc rem, c’est curatio propter hanc rem ; nos tactio, c’est in nos ou super nos tactio ; hanc auditio, hanc notio, c’est ergà hanc auditio, circà hanc notio ; vitabundus castra consulesque, suppl. propter ; carnificem imaginabundus, suppl. in (ayant sans cesse l’imagination tournée sur le bourreau) ; mirabundi bestiam, suppl. propter. Il n’y a pas un seul exemple pareil que l’on ne puisse analyser de la même maniere.

2°. La simplicité de l’analogie qui doit diriger partout le langage des hommes, & qui est fixée immuablement dans la langue latine, ne permet pas d’assigner à l’accusatif une infinité de fonctions différentes ; & il faudra bien reconnoître néanmoins cette multitude de fonctions diverses, s’il est régime des prépositions, des verbes relatifs, des noms & des adjectifs verbaux qui en sont dérivés ; la confusion sera dans la langue, & rien ne pourra y obvier. Si l’on veut s’entendre, il ne faut à chaque cas qu’une destination.

Le nominatif marque un sujet de la premiere ou de la troisieme personne : le vocatif marque un sujet de la seconde personne : le génitif exprime le complément déterminatif d’un nom appellatif : le datif exprime le complément d’un rapport de fin : l’ablatif caractérise le complément de certaines prépositions : pourquoi l’accusatif ne seroit-il pas borné à désigner le complément des autres prépositions ?

Me voici arrêté par deux objections. La premiere, c’est que j’ai consenti de reconnoître une ablatif absolu & indépendant de toute préposition : voyez Gérondif : la seconde, c’est que j’ai reconnu l’accusatif lui-même, comme régime du verbe actif relatif ; voyez Infinitif. L’une & l’autre objection doit me faire conclure que le même cas peut avoir différens usages, & conséquemment que j’étaie mal le système que j’établis ici sur les régime des noms & des adjectifs verbaux.

Je réponds à la premiere objection, que, par rapport à l’ablatif absolu, je suis dans le même cas que par rapport aux futurs : j’avois un collegue, aux vues duquel j’ai souvent dû sacrifier les miennes : mais je n’ai jamais prétendu en faire un sacrifice irrévocable ; & je désavoue tout ce qui se trouvera dans le VII. tome n’être pas d’accord avec le système dont j’ai répandu les diverses parties dans les volumes suivans.

On suppose (art. Gérondif) que le nom mis à l’ablatif absolu n’a avec les mots de la proposition principale aucune relation grammaticale ; & voilà le seul fondement sur lequel on établit la réalité du prétendu ablatif absolu. Mais il me semble avoir démontré (Régime, art. 2.) l’absurdité de cette prétendue indépendance, contre M. l’abbé Girard, qui admet un régime libre : & je m’en tiens, en conséquence, à la doctrine de M. du Marsais, sur la nécessité de n’envisager jamais l’ablatif, que comme régime d’une préposition. Voyez Ablatif & Datif.

Pour ce qui est de la seconde objection, que j’ai reconnu l’accusatif comme régime du verbe actif relatif ; j’avoue que je l’ai dit, même en plus d’un endroit : mais j’avoue aussi que je ne le disois que par respect pour une opinion reçue unanimement, & pensant que je pourrois éviter cette occasion de choquer un préjugé si universel. Elle se présente ici d’une maniere inévitable ; je dirai donc ma pensée sans détour : l’accusatif n’est jamais le régime que d’une préposition ; & celui qui vient après le verbe actif relatif, est dans le même cas : ainsi amo Deum, c’est amo ad Deum ; doceo pueros grammaticam, c’est dans la plénitude analytique doceo ad pueros circà grammaticam, &c. voici les raisons de mon assertion.

1°. L’analogie, comme je l’ai déjà dit, exige qu’un même cas n’ait qu’une seule & même destination : or l’accusatif est indubitablement destiné, par l’analogie latine, à caractériser le complément de certaines prépositions ; il ne doit donc pas sortir de cette destination, surtout si l’on peut prouver qu’il est toujours possible & raisonnable d’ailleurs de l’y ramener. C’est ce que je vais faire.

2°. Les grammairiens ne prétendent regarder l’accusatif comme régime que des verbes actifs, qu’ils appellent transitifs, & que je nomme relatifs avec plusieurs autres : ils conviennent donc tacitement que l’accusatif désigne alors le terme du rapport énoncé par le verbe ; or tout rapport est renfermé dans le terme antécédent, & c’est la préposition qui en est, pour ainsi dire, l’exposant, & qui indique que son complément est le terme conséquent de ce rapport.

3°. Le verbe relatif peut être actif ou passif : amo est actif, amor est passif ; l’un exprime le rapport inverse de l’autre : dans amo Deum, le rapport actif se porte vers le terme passif Deum ; dans amor à Deo, le rapport passif est dirigé vers le terme actif Deo : or Deo est ici complément de la préposition à, qui dénote en général un rapport d’origine, pour faire entendre que l’impression passive est rapportée à sa cause ; pourquoi, dans la phrase active, Deum ne seroit-il pas le complément de la préposition ad, qui dénote en général un rapport de tendance, pour faire entendre que l’action est rapportée à l’objet passif ?

4°. On supprime toujours en latin la préposition ad, j’en conviens ; mais l’idée en est toujours rappellée par l’accusatif qui la suppose, de même que l’idée de la préposition à est rappellée par l’ablatif, lorsqu’elle est en effet supprimée dans la phrase passive, comme compulsi siti pour à siti. D’ailleurs cette suppression de la proposition dans la phrase active n’est pas universelle : les Espagnols disent amar à Dios, comme les Latins auroient pu dire amare ad Deum, (être en amour pour Dieu), & comme nous aurions pu dire aimer à Dieu. Eh, ne trouvons-nous pas l’équivalent dans nos anciens auteurs ? Et pria a ses amis que cil roulet fut mis sur son tombel (que cette inscription fût mise sur son tombeau) : Dict. de Borel, verb. roulet. Que dis-je ? nous conservons la préposition dans plusieurs phrases, quand le terme objectif est un infinitif ; ainsi nous disons j’aime à chasser, & non pas j’aime chasser, quoique nous disions sans préposition j’aime la chasse ; je commence à raconter, J’apprends à chanter, quoiqu’il faille dire, je commence un récit, j’apprends la musique.

Tout semble donc concourir pour mettre, dans la dépendance d’une préposition l’accusatif qui passe pour régime du verbe actif relatif : l’analogie latine des cas en sera plus simple & plus informe ; la syntaxe du verbe actif sera plus rapprochée de celle du verbe passif, & elle doit l’être, puisqu’ils sont également relatifs, & qu’il s’agit également de rendre sensible de part & d’autre la relation au terme conséquent ; enfin les usages des autres langues autorisent cette espece de syntaxe, & nous en trouvons des exemples jusques dans l’usage présent de la nôtre.

Je ne prétends pas dire que, pour parler latin, il faille exprimer aucune préposition après le verbe actif ; je veux dire seulement que, pour analyser la phrase latine, il faut en tenir compte, & à plus forte raison après les noms & les adjectifs verbaux. (E. R. M. B.)

Verbal, (Gram. & Jurisprud.) est ce qui se dit de vive voix & sans être mis par écrit.

On appelle cependant procès-verbal un acte rédigé par écrit, qui contient le rapport ou relation de quelque chose ; mais on l’appelle verbal, parce que cet écrit contient le récit d’une discussion qui s’est faite auparavant verbalement ; en quoi le procès-verbal differe du procès par écrit, qui est une discussion où tout se déclare par écrit. Voyez Procès.

Appel verbal est celui qui est interjetté d’une sentence rendue à l’audience : on l’appelle verbal, parce qu’anciennement il falloit appeller de la sentence illico, sur le champ, ce qui se faisoit devant le juge.

Requête, verbale ; on a donné ce nom à certaines requêtes d’instruction, qui se faisoient autrefois en jugement & de vive voix ; on les a depuis rédigées par écrit pour débarrasser l’audience de cette foule de requêtes qui consumoient tout le tems sans finir aucune cause. (A)

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Étymologie de « verbal »

Du latin verbalis.
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Prov. et esp. verbal ; it. verbale ; du lat. verbalis, de verbum, parole (voy. VERBE).

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Phonétique du mot « verbal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
verbal vɛrbal

Citations contenant le mot « verbal »

  • La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes. De Isabelle Alonso / Pourquoi je suis Chienne de garde
  • Tous les hommes sont formés dès la naissance à accepter les agressions verbales des femmes et à s’en remettre rapidement. De Scott Adams / Le Principe de Dilbert
  • Il est possible que nous portions en nous, occultes, enterrées, certaines métaphores primordiales, et que toute quête verbale n'ait d'autre but que de déchiffrer ces images antérieures. De Hector Bianciotti / Le Traité des saisons
  • Le langage n'exprime pas tout de l'homme. La pensée verbale n'est peut-être pas la forme essentielle et ultime de l'intelligence humaine. De Sir Alister Hardy
  • L'amour, quel autre mot pourrait donc venir donner une enveloppe verbale adaptée de nos spiritualités à l'intime accord qui compose la nature des choses et au rythme grave et grand qui réalise tout l'univers. De Stéphane Mallarmé
  • A une époque de matérialisme outré, de bêtise pontifiante et de diarrhée verbale, lire un poème, c'est prendre une sorte de bain de propreté, de pureté. De Robert Sabatier / Entretien avec Bernard Pivot - Novembre 1975
  • Un compliment est un rayon de soleil verbal. De Robert Orben / One Liners
  • L'athéisme dresse contre Dieu un procès-verbal de carence. De Victor Hugo
  • Le roman est autant un artefact verbal qu'un poème lyrique. De David Lodge / Language of fiction
  • L'athée dresse contre Dieu un Procès-verbal de carence. De Victor Hugo / Faits et croyances
  • Un accord verbal ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit. De Samuel Goldwyn
  • Le verbalisme, c'est la pensée des autres. De Jean Paulhan
  • La qualité de l'expression verbale est d'être claire sans être banale. De Aristote / Poétique
  • Une maladie courante est la diarrhée verbale et la constipation cérébrale. De Anonyme
  • Les mensonges fluctuants du journalisme et des mass media, le jargon trivial utilisé par les discours publics et socialement approuvés ont fait de presque tout un jargon vide, un verbalisme cancéreux. De Allan Bay / Le Monde de l'éducation - Juillet - Août 2001
  • La signification d’un acte par procès-verbal de recherches infructueuses en un lieu autre que la dernière adresse connue ne vaut pas notification. , Signification par procès-verbal de recherches infructueuses à la dernière adresse connue - Procédure civile | Dalloz Actualité
  • En présence d'un bail commercial verbal, le juge doit rechercher l'existence d'un accord des parties sur le transfert au preneur de la charge de la taxe foncière. , Bail commercial verbal : transfert au preneur de la charge de la taxe foncière - LE MONDE DU CHIFFRE : le magazine de la profession comptable
  • Un bail rural verbal est assorti de toutes sortes de conséquences légales comme la durée minimale de 9 ans, le droit au renouvellement, le droit à la transmission du bail,... Et même s'il entraîne l'application de clauses que les deux parties n'ont pas signées et des contraintes que le propriétaire ne souhaitait pas, n'est pas attentatoire à la liberté de contracter. BFM Immo, Malgré toutes les contraintes, le bail rural verbal n'est pas contraire aux libertés - Divers | BFM Immo
  • Manuel Jacquinet : Comment faut-il gérer les incivilités, si tant est qu’existe une méthode ? Régis Dubois : Ce qu’il faut gérer, c’est avant tout ce qui est non verbal. Dans le comportement, le langage est minoritaire, c’est la loi d’Albert Mehrabian. Il s’agit d’une règle intitulée la « règle du 7 % – 38 % – 55 % » ou « règle des 3V » qui signifie que : 7 % de la communication est verbale (par la signification des mots) ; 38 % de la communication est vocale (intonation et son de la voix) ; 55 % de la communication est visuelle (expressions du visage et du langage corporel). En-Contact, Comment gérer le non verbal et les incivilités ? La formation dispensée par des anciens de la BRI. | En-Contact
  • La jeune femme qui lui est rentrée dedans est donc allée au commissariat pour faire le procès verbal. Une fois cette étape terminée, Charlotte devait se rendre sur les lieux pour récupérer le document, pour l'assurance. Tout aurait pu être réglé à la suite de ça. Mais c'était sans compter un petit détail qui avait son importance. "Sauf que moi, je n'étais pas à jour niveau contrôle technique. Mais comme l'État nous avait donné un trimestre supplémentaire à cause du coronavirus, je pensais que j'étais dans les délais. Donc galère. Là, la voiture est au garage et le mec me dit qu'il ne peut pas faire le contrôle technique parce que le parechoc est mort. Bref, c'est la m**de. Ça me saoule, ces trucs administratifs", a conclu Charlotte. , Charlotte (Koh-Lanta) victime d'un accident : police et procès verbal - Purepeople
  • L'Assemblée générale donne tous pouvoirs au porteur d'un original, d'une copie ou d'un extrait du procès-verbal de la présente Assemblée générale pour accomplir toutes formalités qui seront nécessaires. , 01/07/2020 : Procès-verbal de l'Assemblée Générale mixte du 9 juin 2020 - PDF (347 ko) | Zone bourse
  • De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal qui a été signé par les membres du bureau après lecture. , Mauna Kea Technologies : Procès Verbal | Zone bourse
  • L'Assemblée Générale donne tous pouvoirs au porteur d'un extrait ou d'une copie du procès-verbal de la présente Assemblée à l'effet d'effectuer toutes formalités prévues par la loi. , PHARMAGEST INTERACTIVE : Procès-verbal des délibérations de l'Assemblée Générale Mixte du 29 juin 2020 | Zone bourse

Traductions du mot « verbal »

Langue Traduction
Anglais verbal
Espagnol verbal
Italien verbale
Allemand verbal
Chinois 口头
Arabe لفظي
Portugais verbal
Russe словесный
Japonais 口頭
Basque hitzezko
Corse verbale
Source : Google Translate API

Synonymes de « verbal »

Source : synonymes de verbal sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « verbal »

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