Officier : définition de officier


Officier : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

OFFICIER1, verbe intrans.

A. −
1. S'acquitter d'une fonction, procéder avec cérémonie et d'une manière quasi-rituelle. Le baron officiant comme un évêque, se faisait apporter sur une assiette un peu de graisse, oignait avec soin les têtes précieuses [des bécasses], en les tenant par le bout de la mince aiguille qui leur sert de bec (Maupass., Contes et nouv., t.1, Béc., 1882, p.4).Dès le matin (...) lui [le médecin] se rend à l'hôpital (...) ce temple de la souffrance où il va «officier» (Wicart, Orateur, t.1, 1936, p.410).[Le] célèbre Rocher de Cancale décrit par Balzac et où officiait le grandiose Baleine (J.-Fr. Revel, Un Festin en paroles, Paris, J.-J. Pauvert, 1979, p.280).
2. Fam., vieilli. Bien officier (à table). Boire et manger avec abondance. Cet homme officie bien (Ac.1835, 1878).
B. − RELIGION
1. LITURG. CATH. Célébrer un office religieux, et particulièrement la messe. J'ai officié pour la première fois à la Cathédrale (Dupanloup, Journal, 1850, p.130).Quand je pense que le jour de la Pentecôte, le jour de la fête du saint Esprit, les pères n'ont pas officié à l'église parce que c'était un dimanche et que ledit curé n'avait pas jugé à propos de leur prêter son immeuble (Huysmans, Oblat, t.2, 1903, p.105).C'est le père Gaboreau qui (...) officia en juin dernier, lors du service funèbre à la mémoire de Bernard de Lattre, qui a célébré la grand-messe de Requiem (Combat, 19-20 janv. 1952, p.8, col. 5).
2. P. anal. [Dans une relig. autre que la relig. cath.] Célébrer une cérémonie liturgique. Aux Indes, l'esprit religieux domine le dogme (...). Tout se mêle et se confond, le brahmane officie dans les temples bouddhiques (Faure, Hist. art, 1912, p.165).Bien qu'elles [des danses] prennent place dans des cérémonies religieuses, on doit remarquer qu'elles ne sont jamais exécutées sur l'emplacement où les bonzesses ont officié, mais à côté (Cuisinier, Danse sacrée, 1951, p.123).
Prononc. et Orth.: [ɔfisje], (il) officie [-si]. Att. ds Ac. dep. 1694. V. officier2. Étymol. et Hist. 1. 1286-90 «remplir sa charge, son office» (Jean Priorat, Li Abrejance de l'ordre de chevalerie, éd. U. Robert, 2872); 2. 1558 «célébrer un office religieux» (B. des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, éd. Kr. Kasprzyk, 33, p.152); p.ext. plais. 1680 bien officier «manger et boire copieusement» (Rich.). Empr. au lat. médiév. officiare, att. aux sens 1 et 2 (v. Blaise Latin. Med. Aev. et Nov. gloss.), dér. de officium (office1*). Fréq. abs. littér.: 141.

OFFICIER2, subst. masc.

I.
A. − Personne qui a un office, qui exerce une fonction particulière, qui remplit une charge. Officier de justice; officier de Finances. Le directeur, le chancelier, et le secrétaire perpétuel de l'Académie française, sont les officiers de cette compagnie (Ac.1835, 1878).
B. − En partic., vieilli. Domestique de grande maison, préposé au service de la table; p. ext., domestique. C'est le meilleur des serviteurs pour le coeur, le zèle et la probité. Il se dit valet de chambre, et il est tout, il est maître d'hôtel, officier etc. etc. (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p.1712).Sous la conduite de M. Smithson, valetaille et menus officiers emplissaient des caisses énormes, que le duc avait fait fabriquer pour être prêt à toute aventure (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p.22).Cette maison [d'un grand seigneur du début du XVIIIesiècle], montée sur le pied de trente-six officiers et domestiques et où il y a trente chevaux à l'écurie, ne coûte, en l'an 1700, que la somme de trente-huit mille neuf cent soixante-quinze francs (Goncourt, Journal,1894, p.549).
Au plur., vieilli. Personnel chargé de la cuisine et du service de la table, dans une grande maison. Hauts officiers; bas officiers; officiers commensaux. Il ne saurait donner à manger, car il n'a pas ici ses officiers (Ac.1798-1878).
C. − Spécialement
1. DROIT
a) DR. ADMIN.
Officier de l'état civil, d'état civil. ,,Personne chargée par la loi de tenir les registres officiels de l'état civil, d'y dresser et signer les actes, ainsi que d'en délivrer les copies et extraits`` (Cap. 1936). Nous soulignerions (...) l'acte écrit qui le [le mariage] constate, l'échange des consentements, l'intervention de l'officier de l'état civil (Vedel, Dr. constit.,1949, p.112).L'équipage [d'un navire] et les passagers constituent une société à l'égard de laquelle, son chef, le capitaine, exerce les attributions d'un officier public. C'est ainsi qu'il est officier d'état civil pour les naissances et les décès (M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p.139).Le maire est officier d'état civil, chargé des mariages, et responsable de la tenue des registres de l'état civil (Fonteneau, Conseil munic.,1965, p.123).
Officier ministériel. Titulaire d'un office ministériel (v.office1I B 3 a α). Les brumairiens sanctionneront officiellement le coût de la procédure au profit des «officiers ministériels», rétablis au bénéfice de la bourgeoisie (Lefebvre, Révol. fr.,1963, p.577).Certaines incompatibilités et certaines interdictions limitent l'accession aux carrières commerciales: les fonctionnaires ne peuvent être commerçants, de même que les officiers ministériels en général (La Gde Encyclop., Paris, Larousse, t.15, 1973, p.3097).
Rem. Cap. 1936 souligne le caractère gén. de l'expr. dans l'usage cour. où elle s'applique à tous les titulaires d'offices publics et d'offices ministériels.
Officier municipal. V. ce mot B 1 a.
Officier public. Titulaire d'un office public (v. office1I B 3 a α). Les fonctions de cet officier public [un notaire] et ses devoirs d'état auraient dû lui conseiller un peu de réserve, un peu de dignité dans ses demandes (Reybaud, J. Paturot,1842, p.345).Vous mettez en suspicion la loi elle-même dans la personne des officiers publics chargés de l'exécuter (Becque, Corbeaux,1882, ii, 9, p.138).L'acte authentique est dressé par un officier public: notaire, officier de l'état civil, huissier, greffier, etc. (La Gde Encyclop.,Paris, Larousse, t.1,1971,p.121).V. supra ex. de M. Benoist, Pettier.
b) DR. PÉNAL. Officier de police judiciaire. ,,Fonctionnaire chargé de constater les infractions à la loi pénale, d'en rassembler les preuves et d'en rechercher les auteurs tant qu'une information n'est pas ouverte`` (Barr. 1974). Les gardes champêtres, les éclusiers, les officiers de police judiciaire, pourront constater également le délit spécifié en l'article 5, et ils transmettront leurs procès-verbaux au procureur du roi (Code pêche fluv.,1875, p.21).Officier de police judiciaire, il [le maire] doit assurer le bon ordre, la sécurité, la salubrité, l'hygiène, etc. (Fonteneau, Conseil munic.,1965, p.123).L'impunité des fonctionnaires (qui apparaît encore exceptionnellement au bénéfice des officiers de police judiciaire assimilés à des magistrats qui bénéficient du régime de quasi-irresponsabilité attaché aux décisions et au fonctionnement du service public de la justice) (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr.,1967, p.236).
c) HIST. DU DR. Titulaire d'un office (v. office1I B 3 a β). On interdit pour un temps la chambre des comptes, ne laissant qu'un seul officier pour chaque office (Barante, Hist. ducs Bourg.,t.3, 1821-24, p.150).Bourgeois, nobles, vilains (...), officiers du Parlement et de la Chambre des comptes, officiers des gabelles, officiers de la monnaie (...) qui clament, qui sifflent (Bertrand, Gaspard,1841, p.51):
1. D'ailleurs le gouvernement ne tenait pas plus parole à ses officiers qu'à ses créanciers et après avoir attiré des acquéreurs par des concessions de droits, de privilèges, il ne se faisait point scrupule de les taxer pour être confirmés dans ces droits et privilèges... MarionInstit.1923, p.406.
2. HISTOIRE
a) Officier de la maison du roi. Titulaire d'une charge de la maison du roi. Le grand maître recevait le serment de beaucoup d'officiers de la maison du roi, et notamment de ceux des sept offices (MarionInstit.1923p.408).
Officier de la bouche (du roi). V. bouche II A 2 b.
Officier du commun. Officier chargé du service des tables de la maison royale à l'exception de celle du souverain. (Dict. xixes.).
Officier du gobelet. V. ce mot A.
b) Grand officier de la couronne. Titulaire d'un grand office de la couronne (v. office1I B 3 b β). Les grands officiers de la couronne étaient cousins du roi, tandis que les grands officiers de la maison du roi n'avaient point forcément ce titre (MarionInstit.1923, p.408).Grand officier de la Couronne, premier personnage de l'État après le roi, le chancelier est le chef inamovible de la magistrature et donc le responsable de la justice (La Gde Encyclop., Paris, Larousse, t.58, 1976, p.12413).
3. MÉD. Officier de santé. [Au xixes.] Personne qui était autorisée, après des études médicales courtes sanctionnées par des examens, à pratiquer la médecine sans être pourvue du diplôme de docteur, sous réserve d'exercer son ministère dans le département où elle avait reçu sa formation. Lorsqu'un officier de santé sera appelé auprès d'un malade, au commencement d'une fièvre maligne, il se gardera bien de débuter par la saignée (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p.34).Il [Bretonneau] échoue à son troisième examen de doctorat, se contente du titre d'officier de santé et, en 1801, revient à Chenonceaux s'installer praticien de campagne (Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p.611):
2. knock: Pardon! Mes études sont, en effet, toutes récentes. Mais mon début dans la pratique de la médecine date de vingt ans. le docteur: Quoi! Vous étiez officier de santé? Depuis le temps qu'il n'en reste plus? Romains, Knock,1923, I, p.5.
4. POLICE
a) Officier de paix. ,,Magistrat de police municipale ayant directement sous ses ordres les gardiens de la paix`` (Mét. 1955). Un officier de paix s'en allait seul, au milieu de la piste déserte (Zola, Nana,1880, p.1399).Les officiers de paix ont la même tenue que les agents de police, mais portent des galons aux manches ou au képi (Leloir1961).
b) Officier de police (apr. 1956). Synon. de inspecteur* (de police).Officier de police principal, officier de police adjoint. Le code pénal prévoit une peine pour tout officier de police ou magistrat qui contreviendrait à ces dispositions (Lidderdale, Parlement fr.,1954, p.105).
II.
A. − ARMÉE, MAR. Militaire ou marin détenteur d'un grade lui permettant d'exercer un commandement.
1. Titulaire d'un grade égal ou supérieur à celui de sous-lieutenant dans les armées de terre et de l'air et dans la gendarmerie ou à celui d'enseigne de deuxième classe dans la marine. Au nom de l'honneur, lui dit l'officier qui portait les épaulettes de colonel, restez ici en vedette (Stendhal, Chartreuse,1839, p.64).Il reçoit des directives de l'officier commandant la base aérienne de rattachement pour tout ce qui concerne le service du matériel, l'administration et la comptabilité (J.O.,Décret organ. arm. air, 1938, art. 21, p.439).Les officiers seront séparés de la troupe (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p.434).
SYNT. Officier d'artillerie, d'aviation, de blindés, de cavalerie, de gendarmerie, d'infanterie; officier instructeur; officier d'état-major, d'ordonnance; officier de carrière, de réserve; officier en activité, en disponibilité, en retraite; officier sorti du rang; officier en civil, en tenue, en uniforme; galons d'officier; cantine, mess, popote des officiers; casser, dégrader un officier.
Col officier. Col caractéristique de la tenue d'officier. P. anal., MODE. Col officier. Col droit d'un vêtement. Costume en velours pour jeune fille (...). Le col officier en velours est masqué par un revers en astrakan (La Mode illustrée, 24 oct. 1909, p.497b ds Quem. DDL t.16).
Élève(-)officier. Élève d'une école d'officiers. Synon. aspirant.Il lui était revenu une plaisanterie détestable qui avait couru dans les états-majors. Elle consistait dans le dialogue suivant, que l'on supposait intervenir au cours d'un examen d'élèves-officiers (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p.88).La solde des sous-officiers élèves officiers d'active est celle prévue pour les sergents-majors de l'échelle dans laquelle ils sont classés (Lubrano-Lavadera, Législ. et admin. milit.,1954, p.236).
Officier(-)général. Général ou amiral. Un homme de trente-cinq à trente-huit ans, vêtu d'un uniforme d'officier-général, portant cette double épaulette en torsade, signe des grades supérieurs (Dumas père, Monte-Cristo,t.1, 1846, p.607).À la tête de chacune des régions militaires du territoire est placé un officier général, assisté d'un État-major et de directeurs ou chefs de services; il exerce à la fois le commandement des troupes et le commandement territorial (J.O.,Loi sur organ. gén. arm., 1927, art. 7, p.7266).Chacune des régions aériennes est commandée par un officier général relevant directement du ministre de l'air (J.O.,Décret organ. arm. air,1938, art. 3, p.438).
Officier subalterne. Militaire titulaire du grade de sous-lieutenant, de lieutenant ou de capitaine dans les armées de terre et de l'air et dans la gendarmerie ou marin titulaire du grade d'enseigne ou de lieutenant de vaisseau. Les officiers subalternes protestèrent et se mutinèrent à l'arrivée de Masséna (Lefebvre, Révol. fr.,1963, p.521).
Officier supérieur. Militaire titulaire d'un grade égal ou supérieur à celui de commandant dans les armées de terre et de l'air et dans la gendarmerie ou marin titulaire d'un grade égal ou supérieur à celui de capitaine de corvette. Les officiers généraux et supérieurs devront être (...) transférés immédiatement en Palestine et installés honorablement (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p.434).Un officier supérieur n'est pas nécessairement colonel, et tous les mortels ne sont pas hommes (Warusfel, Math. mod.,1969, p.37).
Officier de marine, de pont ou de vaisseau. Officier du corps de la Marine nationale, appelé à armer et à commander les bâtiments de guerre (d'apr. Gruss 1952). Pierre Robinault, (...) ancien officier de marine (Procès conspir. 1erConsul,t.1, 1801, p.6).Il était officier de marine; il était mort en mer (Radiguet, Bal,1923, p.57).
Officier de fortune. V. fortune C 2 a β.
2.
a) Bas officier (vieilli). V. sous-officier.
b) Officier marinier. V. ce mot II A.
c) Officier de santé (vieilli). Médecin militaire. Il y a [dans la marine], entre autres, des Officiers militaires et des Officiers civils; tels sont (...) parmi les seconds, les Officiers de santé ou du service de santé (Bonn.-Paris1859).Si les complices [d'un homme prévenu de s'être rendu impropre au service militaire] sont des docteurs en médecine, des officiers de santé ou des pharmaciens, les peines encourues pourront être portées au double (J.O.,Loi rel. recrut. arm.,1928, p.3823).
3. P. anal.
a) Officier de l'Armée du Salut. Responsable, membre de la hiérarchie de l'Armée du Salut. (Ds Rob., Lar. Lang. fr.).
b) Officier de la marine marchande. Inscrit maritime, titulaire d'un brevet de la marine marchande l'habilitant à assumer une tâche particulière dans la conduite d'un navire de commerce et en particulier à occuper un poste de commandement (d'apr. Mét. 1955). Le décret d'avril 1791 admettait l'officier de la marine marchande au grade d'enseigne après un an de service, à celui de capitaine après deux autres (Lefebvre, Révol. fr.,1963, p.398):
3. ... une Convention adoptée par la majorité des puissances maritimes a défini, en 1936, le minimum de capacité professionnelle exigible des capitaines et officiers de la Marine Marchande. (...) −Les officiers ont un uniforme, une hiérarchie. Ils sont régis par un code disciplinaire. Leur état, pour ces diverses raisons, comporte de nombreuses analogies avec l'état militaire. M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p.140.
Officier de pont. Chacun des ,,officiers chargés de la navigation, y compris les radios, par opposition à «officier mécanicien»`` (Leclère 1960). Voir Peisson, Parti Liverpool, 1932, p.116.
B. −
1. Titulaire d'un grade dans un ordre honorifique. Au total, depuis sa fondation, le Mérite agricole a été décerné à trois cent mille chevaliers, plus de soixante mille officiers et deux mille sept cents commandeurs (L'Est Républicain,1 juill. 1983, p.20).
2. En partic.
a) Officier d'Académie. V. ce mot III B.
b) Officier de l'Instruction publique. Titulaire, dans l'ordre des palmes académiques, du grade immédiatement supérieur à celui d'officier d'Académie. Il portait, non sans ostentation, la rosette d'officier de l'Instruction publique (Benoit, Atlant.,1919, p.127).
c) Officier de la Légion d'honneur. Titulaire, dans l'ordre de la Légion d'honneur, du grade intermédiaire entre celui de chevalier (v. ce mot II A 2) et celui de commandeur (v. ce mot B 1). Rosette d'officier de la Légion d'honneur. Le colonel Soleille, après un mois de séjour au cabinet, fut fait officier de la Légion d'honneur (Gobineau, Corresp.[avec Tocqueville], 1851, p.161).Henry fut récompensé du grade de lieutenant-colonel et de la croix d'officier de la Légion d'honneur (Clemenceau, Vers réparation,1899, p.143).Le président Fallières tint à montrer en quelle haute estime il tenait le talent de Lecocq: il découvrit une rosette non attribuée, fit venir le maître à l'Élysée et lui donna l'accolade en le nommant officier de la Légion d'honneur (L. Schneider, Maîtres opérette fr.,Lecocq, 1924, p.244).
d) Grand officier de la Légion d'honneur. Titulaire, dans l'ordre de la Légion d'honneur, du grade immédiatement inférieur à celui de grand-croix (v. ce mot II C 1 a). Il prétendait que par la reine il me ferait nommer grand officier de la Légion d'honneur (Stendhal, L. Leuwen,t.3, 1835, p.140).Gaston Boissier, grand-officier de la Légion d'honneur (Benoit, Atlant.,1919p.268).
e) Officier de l'Ordre National du Mérite, officier du Mérite national. Titulaire, dans un ordre honorifique, du grade intermédiaire entre celui de chevalier et celui de commandeur. Doyen honoraire de la faculté, il est officier de la Légion d'honneur, du Mérite national, décoré de la médaille de la Résistance, des Palmes académiques (L'Est Républicain,15 oct. 1983, p.3).
Rem. gén. L'emploi d'un appellatif fém. devant officier est rare: On comprend qu'il y ait des dépressions nerveuses dans les rangs de mesdames les officiers de Police (Le Figaro, 7 mai 1971 ds Boel (E.), v. bbg. infra).
REM.
Officemar, offmar, subst. masc.,arg., synon. (supra IIA).Ô ma mère, regarde tes bleux, i'n'connaissent pa-zencore les offmars et les grands bonzes des états-major-muches! (Cendrars, Main coupée,1946, p.158).Elle va se ramener ici votre division? Avec les officemars et tout le bordel? (Sartre, Mort ds âme,1949, p.100).
Prononc. et Orth.: [ɔfisje]. Att. ds Ac. dep. 1798. Ac. 1798-1835: ,,il n'est que de trois syllabes``, alors que sous le verbe officier: ,,il est de quatre syllabes``. Même distinction ds Littré. Étymol. et Hist. A. 1327 «celui qui détient un office, une charge» (Cartulaires de Hainaut ds Monuments pour servir à l'hist. des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, éd. L. Devillers, t.3, p.771); spéc. a) fin xives. officier de justice (Jean Froissart, Chron., L. II, 499, éd. G. Raynaud, t.11, p.305); b) 1470 officier d'armes «héraut» (doc. ds Arch. curieuses de l'hist. de France, t.1, p.29 ds Bartzsch, p.151); c) 1680 officier de santé «médecin, apothicaire, chirurgien» (Rich.); 1804 id. «médecin autorisé à exercer sans avoir le titre de docteur en médecine» (Code civil, art. 236, p.44); d) 1790 officier municipal (Robespierre, Discours, Pétit. peuple avign., t.6, p.592); e) 1804 officier de l'état civil (Code civil, L. 1, p.9); f) 1807 officier ministériel (décret du 16 févr. ds Les Codes fr., Paris, 1868, p.540). B. 1. 1529 «marin détenteur d'un grade lui permettant d'exercer le commandement» (Traité de paix avec Charles-Quint, in Rec. gén. des anc. lois fr., t.12, p.326 ds Quem. DDL t.12); 2.1704 «grade dans les ordres honorifiques» (Trév.). Empr. au lat. médiév. officiarius «personne pourvue d'une charge» (dep. xe-xies. ds Nov. gloss.), dér. de officium (office1*).
STAT.Officier1 et 2. Fréq. abs. littér.: 6595. Fréq. rel. littér.: xixes. : a) 10375, b) 8637; xxes.: a) 10778, b) 8083.
BBG.Boel (E.). Le Genre des noms désignant les professions et les situations fém. en fr. mod. R. rom. 1976, t.11, no1, p.41. _Quem. DDL t.16 (s.v. col officier).

Officier : définition du Wiktionnaire

Nom commun

officier \ɔ.fi.sje\ masculin (pour une femme on peut dire : officier, officière)

  1. Celui, celle qui a un office, qui remplit une charge, qui occupe un emploi civil.
    • Officier de police.
    • Un officier de justice.
  2. (Histoire) (Désuet) Serviteur de grande maison ayant soin de la table et de l’office.
    • Officier de la bouche, du gobelet, du commun.
    • Derrière les hallebardiers, quatre officiers de la bouche portant une table. Derrière la table, quatre autres hallebardiers. Les officiers de la bouche déposèrent la table au milieu du cabinet. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
  3. Celui, celle qui, revêtu de tel ou tel grade, exerce le commandement afférent à ce grade, dans l’armée.
    • Je suis habitué à ces fantaisies d’officiers. À la caserne, on est fréquemment convoqué par un capitaine inconnu qui veut connaître sans délai l’horaire de paquebots pour la Chine […] — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Le lendemain, je me rendis à bord du Rochester, où une quarantaine d'officiers, réunis à leur mess autour d'une table immense, me firent une excellente réception. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Quand on se rappelle avoir vu passer aux mêmes endroits ces officiers gris, tout en hausse-cols et en casquette, […] cela vous fait tout de même quelque chose. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La vérité est que, en 1914, comme en 1896, les officiers n’ont su ni régler, ni coordonner, ni ajuster. Ils ont dispersé leurs efforts. Ils se sont fourvoyés dans les broutilles, complu dans les racontars, quand ils n’ont pas versé —ce qui est advenu— dans la basse intrigue politique. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, p.147)
    • Une autre femme officier regarde, un peu à l’écart. — (Marguerite Duras, La douleur, P.O.L., page 25)
  4. Dignitaire d’un degré déterminé de certains ordres.
    • Officier de la Légion d’honneur : Titulaire du grade qui vient immédiatement au-dessus de celui de chevalier
    • Officière dans l’ordre des palmes académiques.
    • Grand officier : Titulaire du grade qui est au-dessus de celui de commandeur
    • Officier d’Académie : Titulaire de la décoration universitaire du premier degré
      • De temps en temps, une servante pâle, en extase devant un maître si savant et si peu décent, apparaît dans l’embrasure des portes, étonnée surtout sans doute avec moi que ce vieux paysan ne sache gré à son sacerdoce que de lui avoir permis d'être archéologue et officier d'Académie. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 225.)
    • Officier de l’Instruction publique : Titulaire de la décoration universitaire du second degré
    • Officier du mérite agricole.

Verbe

officier \ɔ.fi.sje\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Célébrer l’office divin à l’église.
    • C’était l’évêque qui officiait à cette cérémonie.
  2. (Figuré) Pratiquer une activité professionnelle.
    • Car il connaissait la cuisine où Smith officiait en personne, et qui n'était pas d'une propreté modèle. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. VI, Gallimard, 1937)
    • Tatiana n'avait pas mis longtemps à trouver le chemin de l'escalier du 100. Une de ses anciennes colocatrices du foyer étudiant de Tomsk officiait à la barre de strip-tease depuis l'hiver d'avant et lui avait proposé de rencontrer son patron. — (Sylvain Tesson, S'abandonner à vivre, Éditions Gallimard/Folio, 2015)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Officier : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OFFICIER. v. intr.
Célébrer l'office divin à l'église. Il se dit, plus particulièrement, de Celui qui célèbre une grand-messe, ou qui préside à l'office divin. C'était l'évêque qui officiait à cette cérémonie.

Officier : définition du Littré (1872-1877)

OFFICIER (o-fi-si-é), j'officiais, nous officiions, vous officiiez ; que j'officie, que nous officiions, que vous officiiez v. n.
  • 1Faire l'office divin à l'église. Il convient que vous n'officiiez pas au service de feu M. l'archevêque, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 15 nov. 1695.

    Fig. Que je suis ravi d'aise, quand je considère Jésus-Christ, notre sacrificateur éternel officiant devant cet autel éternel [dans le ciel] où notre Dieu se fait adorer ! Bossuet, Serm. Ascens. 3.

    Fig. Il a toujours l'air d'officier, se dit d'un homme qui prend des airs solennels et imposants.

  • 2 Fig. et familièrement. Il officie bien à table se dit d'un homme qui mange et boit largement.

HISTORIQUE

XIVe s. Tous autres officiers servans et officians continuelement en nos dittes receptes, Du Cange, officiare.

XVe s. Icellui suppliant respondit audit sergent qu'il n'estoit pas heure de officier, pour ce qu'il estoit nuit, Du Cange, ib.

XVIe s. Monsieur le curé, je ne sais pas où vous avez apprins à officier, Despériers, Contes, XXX.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. OFFICIER. - HIST. Ajoutez : XIIIe s. Comment li prevoz officie, Priorat, Végèce, Bibl. des ch. année 1875, p. 135.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Officier : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

OFFICIER, s. m. (Hist. mod.) homme qui possede un office, ou qui est revêtu d’une charge. Voyez Office.

Les grands officiers de la couronne ou de l’état sont en Angleterre le grand maître-d’hôtel, le chancelier, le grand trésorier, le président du conseil, le garde du sceau privé, le grand chambellan, le grand connétable, le comte maréchal, & le grand amiral. Voyez chacun sous son article particulier, Chancelier, Trésorier, Maréchal, &c.

En France on a une notion très-vague de ce qu’on nomme les grands officiers, & d’ailleurs tout cela change perpétuellement. On s’imagine naturellement que ce sont ceux à qui leurs charges donnent le titre de grand, comme grand-écuyer, grand-échanson ; mais le connétable, les maréchaux de France, le chancelier, sont grands officiers, & n’ont point le titre de grand, & d’autres qui l’ont, ne sont point réputés grands officiers. Les capitaines des gardes, les premiers gentilshommes de la chambre, sont devenus réellement de grands officiers, & ne sont pas comptés pour tels par le P. Anselme. En un mot rien n’est décidé sur leur nombre, leur rang & leurs prérogatives.

Les grands officiers de la couronne n’étoient autrefois qu’officiers de la maison du roi. Ils étoient élus le plus souvent par scrutin sous le regne de Charles V. & dans le bas âge de Charles VI. par les princes & seigneurs, à la pluralité des voix. Les pairs n’en vouloient point souffrir avant le regne de Louis VIII. qui régla qu’ils auroient séance parmi eux. Son arrêt donné solemnellement à Paris en 1224 dans sa cour des pairs, porte, que suivant l’ancien usage & les coutumes observées dès long-tems, les grands officiers de la couronne, sçavoir, le chancelier, le bouteiller, le chambrier, &c. devoient se trouver aux procès qui se feroient contre un pair de France, pour le juger conjointement avec les autres pairs du royaume ; en conséquence ils assisterent tous au jugement d’un procès de la comtesse de Flandres.

Il paroît que sous Henri III. les grands officiers de la couronne étoient le connétable, le chancelier, le garde des sceaux, le grand maître, le grand chambellan, l’amiral, les maréchaux de France & le grand écuyer. Ce prince ordonna en 1577, par des lettres patentes vérifiées au Parlement, que les susdits grands officiers ne pourroient être précédés par aucun des pairs nouveaux créés. (D. J.)

Les officiers de justice sont ceux auxquels on a confié l’administration de la justice dans les différentes cours ou tribunaux du royaume. Voyez Cour, Justice, &c.

Les officiers royaux sont ceux qui administrent la justice au nom du roi, comme les juges, &c. Voyez Juge.

Les officiers subalternes sont ceux qui administrent la justice au nom de quelque seigneur sujet du roi : tels sont les juges qui exercent leurs fonctions sous le comte-maréchal, sous l’amiral, &c.

Les officiers de police sont ceux auxquels on a confié le gouvernement & la direction des affaires d’une communauté ou d’une ville : tels sont les maires, les chérifs, &c. Voyez Police.

Les Officiers de guerre sont ceux qui ont quelque commandement dans les armées du roi. Voyez Armée.

Ces officiers sont généraux ou subalternes.

Les officiers généraux sont ceux dont le commandement n’est point restraint à une seule troupe, compagnie ou régiment ; mais qui ont sous leurs ordres un corps de troupes composé de plusieurs régimens : tels sont les généraux, lieutenans-généraux, majors-généraux & brigadiers. Voyez Général, &c.

Les officiers de l’état-major sont ceux qui ont sous leurs ordres un régiment entier, comme les colonels, lieutenans-colonels & majors.

Les officiers subalternes sont les lieutenans, cornettes, enseignes, sergens & caporaux. Voyez tous ces officiers sous leurs propres articles, Capitaine, Colonel, &c.

Les officiers à commission sont ceux qui ont commission du roi : tels sont tous les officiers militaires, depuis le général jusqu’au cornette inclusivement.

On les appelle officiers à commission, par opposition aux officiers à brevet, ou à baguette, qui sont établis par brevet des colonels ou des capitaines : tels sont les quartier-maîtres, sergens, caporaux, & même les chirurgiens & les chapelains.

Officiers de mer ou de marine, sont ceux qui ont quelque commandement sur les vaisseaux de guerre. Voyez Marine.

Les officiers à pavillon sont les amiraux, vice-amiraux, contre-amiraux. Voyez Pavillon, Amiral, &c.

Officiers de la maison du roi, sont le grand-maître d’hôtel, le trésorier, le contrôleur, le trésorier de l’épargne, le maître, les clercs du tapis verd, &c. le grand chambellan, le vice chambellan, les gentilshommes de la chambre privée & de la chambre du lit, les gentilshommes huissiers, les garçons de la chambre, les pages, le maître de la garde-robe, le maître des cérémonies, &c. le grand écuyer, le contrôleur de l’écurie, les sous écuyers, les intendans, &c. Voyez Maison du roi, & chaque officier sous son article.

Les officiers à baguette sont ceux qui portent une baguette blanche en présence du roi, & devant lesquels un valet de pied, nue tête, porte une baguette blanche quand ils sortent en public, & quand ils ne sont pas en présence du roi : tels sont le grand-maître d’hôtel, le grand chambellan, le grand trésorier, &c.

La baguette blanche est la marque d’une commission, & à la mort du roi ces officiers cassent leur baguette sur le cercueil où l’on doit mettre le corps du roi, pour marquer par cette cérémonie, qu’ils déchargent leurs officiers subalternes de leur subordination.

Dans toutes les autres cours & les autres gouvernemens de l’Europe & du monde, il y a également différentes sortes d’officiers, tant pour le civil & le militaire, que pour les maisons des princes.

Les officiers militaires en France, sont les maréchaux de France, lieutenans-généraux, maréchaux de camp, brigadiers, colonels, lieutenant-colonels, majors, capitaines, lieutenans, sous-lieutenans, enseignes ou cornettes, sergens, maréchaux des logis, & brigadiers dans la cavalerie, pour le service de terre ; & pour celui de mer, l’amiral, les vice-amiraux, le général des galeres, les chefs-d’escadre, capitaines, lieutenans, enseignes de vaisseaux, &c. Voyez Maréchal de France, Lieutenant-général, &c.

Pour le civil, les officiers de justice sont, le chancelier, le garde des sceaux, les conseillers d’état, maîtres des requêtes, présidens au mortier, conseillers au parlement, procureurs & avocats généraux ; & dans les justices subalternes, les présidens & conseillers au présidial, les lieutenans généraux de police, les lieutenans civils & criminels, baillifs, prevôts, avocats & procureurs du roi & leurs substituts, & autres dignités de robe, qu’on peut voir chacun à leur article particulier.

Les principaux officiers de la maison du roi sont le grand-maître, le grand écuyer, le grand veneur, le grand échanson, le grand aumônier, le grand chambellan, les quatre gentilshommes de la chambre, les quatre capitaines des gardes, sans parler de plusieurs autres, & tous les divers officiers qui sont soumis à ces premiers. Voyez Grand maitre, Grand écuyer, &c.

Les grands officiers, ou grades militaires, sont conférés par le bon plaisir du roi, & ne sont point héréditaires ; mais la plûpart des offices de judicature, aussi-bien que les charges chez le roi, passent de pere en fils, pourvu que l’on ait payé les droits imposés sur quelques-unes pour les conserver à sa famille : on achette pourtant un régiment, une compagnie.

Les princes étrangers ont aussi des officiers dans tous ces divers genres. On trouvera les noms & les principales fonctions de leurs charges répandus dans le corps de ce Dictionnaire.

Officiers municipaux, voyez Municipal.

Officiers réformés, voyez Réformé.

Officiers de la monnoie, voyez Monnoie.

Signaux pour les officiers, voyez Signal.

Officiers généraux, (Hist. mod.) ou commandant des troupes, ceux qui ont autorité sur les soldats. On peut en distinguer de deux sortes, les officiers généraux, & les officiers subalternes.

Parmi tous les anciens peuples, la discipline militaire qui n’a pas été la partie la moins cultivée du gouvernement, exigeant de la subordination dans les troupes, les souverains ont été obligés de confier une partie de leur autorité à des hommes intelligens dans le métier de la guerre ; & ceux-ci pour mettre plus d’ordre dans les armées, ont distribué les troupes en différens corps, commandés par des chefs capables d’exécuter leurs ordres, & de les faire exécuter au reste des soldats.

Nous savons en général, que les Egyptiens avoient de nombreuses troupes sur pied, qu’elles alloient ordinairement à quatre cent mille hommes, & que l’armée de Sesostris étoit de seize cens mille combattans. Nous voyons les rois d’Egypte à la tête de leurs armées ; mais autant il seroit absurde de dire qu’un seul prince, un seul homme commandoit seul en détail à cette multitude ; autant est-il raisonnable de penser qu’il avoit sous lui des officiers généraux, & ceux-ci des subalternes distribués avec plus ou moins d’autorité dans tous les corps.

La milice des Hébreux, dans les premiers tems, ne nous est guère moins inconnue. Cependant on peut inférer de l’ordre que les tribus gardoient dans leurs campemens, chacune sous leur enseigne particuliere, qu’elles avoient aussi leurs officiers subordonnés à un général en chef, tel que fut Josué. Sous les rois des Juifs nous voyons ces princes commander eux-mêmes leurs armées, ou en confier la conduite à des généraux en chef, tels qu’Abner sous Saül, Joab sous David ; & ce dernier avoit dans les troupes plusieurs braves, connus sous le nom de force d’Israël, hommes distingués par leurs exploits, & qui sans doute commandoient des corps particuliers : tels qu’un Banaias, chef de la légion des Pheletes & des Cerethes, & qui devint sous Salomon général en chef. Il est donc plus que probable, que sous les rois d’Israël, & sous ceux de Juda, jusqu’à la captivité de Babylone, les troupes Israélites furent divisées en petits corps commandés par des officiers, quoique l’Ecriture ne nous ait pas conservé le nom de leurs dignités, ni le détail de leurs fonctions. Sous les Machabées il est parlé clairement de tribuns, de pentacontarques & de centurions, que ces illustres guerriers établirent dans la milice juive ; il y a apparence que les tribuns commandoient mille hommes, les pentacontarques cinq cens, & les centurions cent hommes.

Pour les tems héroïques de la Grece, nous voyons toujours des rois & des princes à la tête des troupes. Jason est le premier des argonautes ; sept chefs sont ligués contre Thèbes pour venger Polynice ; & dans Homere, les Grecs, confédérés pour détruire Troie, ont tous leurs chefs par chaque nation ; mais Agamemnon est le généralissime, comme Hector l’est chez les Troyens, quoique différens princes commandent les Troyens même, & d’autres leurs alliés, comme Rhesus les Thraces, Sarpedon les Lyciens, &c.

Mais l’histoire en répandant plus de lumieres sur les tems postérieurs de la Grece, nous a conservé les titres & les fonctions de la plupart des officiers, tant des troupes de terre, que de celles de mer.

A Lacédemone les rois commandoient ordinairement les armées ; qu’ils eussent sous eux des chefs, cela n’est pas douteux, puisque leurs troupes étoient divisées par bataillons, & ceux-ci en trois ou quatre compagnies chacun. Mais les historiens n’en donnent point le détail. Comme ils étoient puissans sur mer, ils avoient un amiral & des commandans sur chaque vaisseau ; mais en quel nombre, avec quelle autorité, c’est encore sur quoi nous manquons des détails nécessaires. Il reste donc à juger des autres états de la Grece, par les Athéniens sur le militaire, desquels on est mieux instruit.

A Athènes, la république étant partagée en dix tribus, chacune fournissoit son chef choisi par le peuple, & cela chaque année. Mais ce qui n’est que trop ordinaire, la jalousie se mettoit entre ces généraux, & les affaires n’en alloient pas mieux. Ainsi voit-on que dans le tems de crise, les Athéniens furent attentifs à ne nommer qu’un général. Ainsi à la bataille de Marathon on déféra à Miltiade le commandement suprème ; depuis Conon, Alcibiade, Thrasybule, Phocion, &c. commanderent en chef. Ordinairement le troisieme archonte, qu’on nommoit le polemarque ou l’archistrategue, étoit généralissime, & sous lui servoient divers officiers distingués par leurs noms & par leurs foncions. L’hipparque avoit le commandement de toute la cavalerie. On croit pourtant que comme elle étoit divisée en deux corps, composé chacun des cavaliers des cinq tribus, elle avoit deux hipparques. Sous ces officiers étoient des philarques, ou commandans de la cavalerie de chaque tribu. L’infanterie de chaque tribu avoit à sa tête un taxiarque, & chaque corps d’infanterie de mille hommes, un chiliarque ; chaque compagnie de cent hommes étoit partagée en quatre escouades, & avoit un capitaine ou centurion. Sur mer il y avoit un amiral, ou généralissime appellé ναύαρχος ou στρατηγὸς, & sous lui les galeres ou les vaisseaux étoient commandés par des trierarques, citoyens choisis d’entre les plus riches qui étoient obligés d’armer des galeres en guerre, & de les équiper à leurs dépens. Mais comme le nombre de ces citoyens riches qui s’unissoient pour armer une galere ne fut pas toujours fixe, & que depuis deux il alla jusqu’à seize, il n’est pas facile de décider, si sur chaque galere il y avoit plusieurs trierarques, ou s’il n’y en avoit qu’un seul. Pour la manœuvre chaque bâtiment avoit un pilote, ναύκληρος, qui commandoit aux matelots.

A Rome les armées furent d’abord commandées par les rois, & leur cavalerie par le préfet des celeres, præfectus celerum. Sous la république, le dictateur, les consuls, les proconsuls, les préteurs & les propréteurs, avoient la premiere autorité sur les troupes qui recevoient ensuite immédiatement les ordres des officiers appellés legati, qui tenoient le premier rang après le général en chef, & servoient sous lui, comme parmi nous les lieutenans-généraux servent sous le maréchal de France, ou sous le plus ancien lieutenant-général. Mais le dictateur se choisissoit un général de cavalerie, magister equitum, qui paroît avoir eu, après le dictateur, autorité sur toute l’armée. Les consuls nommoient ainsi quelquefois leurs lieutenans-généraux. Ils commandoient la légion, & avoient sous eux un préfet qui servoit de juge pour ce corps. Ensuite étoient les grands tribuns ou tribuns militaires, qui commandoient chacun deux cohortes, chaque cohorte avoit pour chef un petit tribun ; chaque manipule ou compagnie, un capitaine, de deux cens hommes, ducentarius ; sous celui-ci deux centurions, puis deux succenturions ou options, que Polybe appelle tergiducteurs, parce qu’ils étoient postés à la queue de la compagnie. Le centurion qu’on appelloit primipile, étoit le premier de toute la légion, conduisoit l’aigle, l’avoit en garde, la défendoit dans le combat, & la donnoit au porte-enseigne ; mais celui-ci, ni tous les autres, nommés vexillarii, n’étoient que de simples soldats, & n’avoient pas rang d’officier. Tous ces grades militaires furent conservés sous les empereurs, qui y ajouterent seulement le prefet du prétoire, commandant en chef la garde prétorienne ; & en outre les consuls eurent des généraux qui commandoient sur les frontieres pendant tout le cours d’une guerre, tels que Corbulon en Arménie, Vespasien en Judée, &c. Dans la cavalerie, outre les généraux nommés magister equitum, & præfectus celerum, il y avoit des décurions, nom qu’il ne faut pas prendre à la lettre, selon Elien, pour des capitaines de dix hommes, mais pour des chefs de division de cinquante, ou cent hommes. Les troupes des alliés, tant d’infanterie que cavalerie, étoient commandés par des préfets, dont Tite-Live fait souvent mention sous le titre de præfecti sociorum. Dans la marine, outre le commandant général de la flotte, chaque vaisseau avoit le sien particulier, & dans une bataille, les différentes divisions ou escadres avoient leurs chefs comme à celle d’Actium. Voyez Marine.

Officier, en terme militaire, est un homme de guerre employé à la conduite des troupes, pour les commander & pour y maintenir l’ordre & la regle.

Des officiers des troupes de France. Le plus haut titre d’officier des troupes de France étoit autrefois celui de connétable ; à présent c’est celui de maréchal de France. La fonction principale des maréchaux de France, c’est de commander les armées du roi.

Après les maréchaux de France sont les lieutenans généraux des armées du roi.

Ensuite les maréchaux de camp ; les uns & les autres sont appellés officiers généraux, parce qu’ils ne sont réputés officiers d’aucune troupe en particulier, & que dans leurs fonctions ils commandent indifféremment à toutes sortes de troupes.

Les maréchaux de camp, lorsque le roi les éleve à ce grade, quittent le commandement des régimens qu’ils avoient, ou les charges qu’ils possédoient, à-moins que ce ne soit des régimens étrangers, ou des charges dans les corps destinés à la garde du roi.

Après les maréchaux de camp, le premier grade dans les armées est celui de commandant de la cavalerie. Cette sorte de troupe fait corps dans une armée, c’est-à-dire que tout ce qu’il y a de cavalerie dans cette armée, est unie ensemble sous les ordres d’un seul chef. Elle a trois chefs naturels, qui sont le colonel général, le mestre de camp général, & le commissaire général : en l’absence de ces trois officiers, c’est le plus ancien brigadier de la cavalerie qui la commande.

Les dragons font aussi corps dans l’armée. Ils ont un colonel général & un mestre de camp général ; & en l’absence de ces deux officiers, le plus ancien brigadier des dragons les commande.

L’infanterie a eu autrefois un colonel général. Cette charge qui avoit été abolie sous Louis XIV. fut rétablie pendant la minorité de Louis XV. mais elle a été depuis supprimée en 1730 sur la démission volontaire de M. le duc d’Orléans, qui en étoit pourvû. Aucun officier particulier n’a jamais fait la fonction de cette charge, & l’infanterie n’a point ainsi de commandant particulier dans une armée.

Les brigadiers de cavalerie, d’infanterie & de dragons ont rang après les officiers qu’on vient de nommer. Ils sont attachés à la cavalerie, à l’infanterie & aux dragons. Ils conservent les emplois qu’ils avoient avant que d’être brigadiers, & ils en font les fonctions.

Après les brigadiers sont les colonels ou mestres de camp dans la cavalerie. Le colonel général retient pour lui seul le nom de colonel, & ceux qui commandent les régimens ont le titre de mestre de camp. Il en est aussi de même dans les dragons. L’usage en étoit aussi établi dans l’infanterie, lorsqu’il y avoit un colonel général, mais depuis la suppression de cet officier, les commandans des régimens d’infanterie portent le nom de colonel. Cependant, par les ordonnances, les colonels ou mestres de camp sont égaux en grade ; & dans l’usage ordinaire, on se sert assez indifféremment de l’un & de l’autre terme pour la cavalerie & pour les dragons.

Outre les commandemens des régimens, les capitaines des compagnies de la maison du roi, ou de la gendarmerie, & quelques autres officiers de ce corps, ont rang de mestre de camp ; le roi donne aussi le brevet de mestre de camp à des officiers qu’il veut favoriser, & dont les emplois ne donnent pas ce rang. Les capitaines des gardes françoises & suisses ont aussi rang de colonel d’infanterie.

Après le colonel & mestre de camp est le lieutenant-colonel, lequel doit aider le colonel dans toutes ses fonctions & les remplacer en son absence.

Après les lieutenans-colonels sont les commandans de bataillon, dont le grade est au-dessous de ces officiers, & au-dessus de celui de capitaine. Ils font à l’armée le même service que les lieutenans-colonels.

Les capitaines sont ceux qui ont le commandement particulier d’une compagnie, & qui sont chargés de l’entretenir.

Le roi donne quelquefois le grade de capitaine à des officiers qui n’ont point de compagnie.

Le major d’un régiment est un officier qui est chargé de tous les détails qui ont rapport au régiment en général & à sa police. Il a rang de capitaine, & il n’a point de compagnie. Voyez Major.

Il a sous lui un aide-major ; dans l’infanterie où les régimens sont plus nombreux, il y a plusieurs aides-majors. Le roi n’en entretient point dans les régimens ordinaires, & ceux qui en font les fonctions se nomment communément garçons-majors.

Dans toutes les compagnies il y a un lieutenant pour aider le capitaine dans ses fonctions, & le remplacer en son absence.

Dans la cavalerie & dans les dragons, il y a au-dessous du lieutenant un autre officier, appellé cornette, parce qu’une des principales fonctions est de porter l’étendart que l’on appelloit autrefois cornette, cet officier n’est pas toujours entretenu pendant la paix. Dans l’infanterie à la place du cornette, il y a un sous lieutenant ou enseigne qui n’est pas non plus entretenu pendant la paix.

Les lieutenans, sous-lieutenans, cornettes ou enseignes, sont nommés officiers subalternes. Ils ont néanmoins une lettre du roi pour être reçus officiers.

Après le cornette, dans la cavalerie & les dragons, est le maréchal de logis : il est chargé des détails de la compagnie, il est comme l’homme d’affaire du capitaine, il a sous lui un brigadier & un sous-brigadier. Ces deux derniers sont compris dans le nombre des cavaliers ou dragons. Ils ont cependant quelque commandement sur les autres.

Dans l’infanterie, après le sous-lieutenant ou enseigne, sont les sergens, dont les fonctions sont les mêmes que celles des maréchaux de logis de la cavalerie & des dragons. Ils ont sous eux des caporaux & anspessades, qui sont du nombre des soldats, mais qui ont cependant quelque commandement sur les autres soldats.

Les maréchaux de logis & les sergens sont nommés seulement suivant l’usage bas-officiers. Ils n’ont point de lettre du roi pour avoir leur emploi, ils ne le tiennent que de l’autorité du colonel & de leur capitaine.

Outre tous les officiers qu’on vient de détailler, le roi a des inspecteurs généraux de la cavalerie & de l’infanterie. Ils sont pris parmi les officiers généraux, brigadiers, ou au-moins colonels ; leurs fonctions consistent à faire des recrues & à examiner si les troupes sont en bon état, si les officiers font bien leur devoir, particulierement pour ce qui concerne l’entretien des troupes.

Tous les officiers en général sont subordonnés les uns aux autres, ensorte que par-tout où il y a des troupes, le commandement se réduit toujours à un seul à qui tous les autres obéissent. Cette subordination bien établie, & l’application de chacun à se bien acquitter de ses fonctions, est ce qui produit l’ordre, la regle & la discipline dans les troupes.

L’officier de grade supérieur commande toujours à celui qui est de grade inférieur. Entre officiers du même grade, s’ils sont officiers généraux de cavalerie ou de dragons, c’est l’ancienneté dans le grade qui donne le commandement.

Dans la maison du roi & dans la gendarmerie, c’est l’officier de la plus ancienne compagnie qui commande ; & dans l’infanterie, c’est l’officier du plus ancien régiment.

Parmi les officiers d’infanterie d’une part, ceux de cavalerie & de dragons d’autre part, à grade égal, c’est l’officier d’infanterie qui commande dans les places de guerre & autres lieux fermés, & en campagne c’est l’officier de cavalerie.

Quoique le roi soit le maître de donner les grades & les emplois comme il lui plaît, voici néanmoins l’ordre qu’il s’est prescrit ou qu’il suit ordinairement.

Ordre dans lequel les officiers montent aux grades. Les maréchaux de France sont choisis parmi les lieutenans généraux, ceux-ci parmi les maréchaux de camp, lesquels sont choisis parmi les brigadiers, & les brigadiers parmi les colonels, mestres de camp ou lieutenans-colonels.

Les colonels ou mestres de camp doivent avoir été au-moins mousquetaires.

Le plus ancien capitaine d’un régiment est ordinairement choisi pour remplir la place de lieutenant-colonel lorqu’elle vaque.

La place de major se donne à un capitaine, suivant les termes de l’ordonnance. Il n’est pas nécessaire de le choisir par rang d’ancienneté.

Les capitaines doivent avoir été mousquetaires, ou bien lieutenans, sous-lieutenans, enseignes ou cornettes. Ceux-ci sont pris parmi les cadets, quand il y en a, ou bien parmi la jeunesse qui n’a pas encore servi.

Les maréchaux des logis & les sergens sont toujours tirés du nombre des cavaliers & soldats. Lorsqu’on est satisfait de leur service, on les fait officiers ; on leur donne plus communément cette marque de distinction dans la cavalerie que dans l’infanterie.

Outre ces officiers qui commandent les troupes, il y en a de particuliers pour l’armée ; tels sont le maréchal-général des logis de l’armée, le major-général, le maréchal-général des logis de la cavalerie, le major-général des dragons, les majors des brigades, le major de l’artillerie ou génie, intendant de l’armée ; le général des vivres, le capitaine des guides, &c. Voyez les articles qui concernent chacun de ces emplois.

Tous les officiers doivent en général s’appliquer à bien remplir leur emploi ; ce n’est qu’en passant par les différens grades, & en les remplissant avec distinction, qu’on peut acquérir la pratique de la guerre, & se rendre digne des charges supérieures. Ce n’est pas seulement des officiers généraux que dépendent les succès à la guerre ; les officiers particuliers peuvent y contribuer beaucoup ; ils peuvent même quelquefois suppléer les officiers généraux, comme ils le firent au combat d’Altenheim en 1675. Voyez sur ce sujet les Mémoires de M. de Feuquiere, tome III. p. 240.

Comme les officiers généraux doivent posséder parfaitement toutes les différentes parties de l’art militaire, & que les colonels peuvent en être regardés comme la pépiniere, il seroit à-propos de les engager par des travaux particuliers, à se mettre au fait de tout ce qui concerne le détail non-seulement de la guerre en campagne, mais encore du génie & de l’artillerie.

Pour cet effet, ils pourroient être obligés de résider en tems de paix six mois à leur régiment ; & pour rendre ce séjour utile à leur instruction, indépendamment de l’avantage d’être éloignés pendant ce tems des plaisirs & de la dissipation de Paris, il faudroit les charger de faire des mémoires raisonnés des différentes manœuvres qu’ils feroient exécuter à leur régiment. Un régiment de 2 ou de 4 bataillons peut être regardé comme une armée, en considérant chaque compagnie comme un bataillon ; c’est pourquoi on peut lui faire exécuter toutes les manœuvres que l’armée peut faire en campagne.

On pourroit encore leur demander des observations sur le terrein des environs de la place, d’examiner les avantages & les inconvéniens d’une armée qui se trouveroit obligée de l’occuper & de s’y défendre ; un projet d’attaque & de défense des lieux qu’occupe leur régiment ; ce qu’il faudroit pour approvisionner ces lieux, tant de munitions de bouche que de guerre, pour y soutenir un siege relativement à la garnison qu’ils croiroient nécessaire pour les défendre, &c.

A leur retour à la cour, ils communiqueroient les mémoires qu’ils auroient faits sur ces différens objets, à un comité particulier d’officiers généraux habiles & intelligens, nommés à cet effet par le ministre de la guerre. On examineroit leur travail, on le discuteroit avec eux, soit pour les applaudir, ou pour leur donner les avis dont ils pourroient avoir besoin pour le faire avec plus de soin dans la suite. Ils se trouveroient ainsi dans le cas de se former insensiblement dans toutes les connoissances nécessaires aux officiers généraux ; la cour seroit par-là plus à portée de connoître le mérite des colonels ; & en distribuant les emplois par préférence à ceux qui les mériteroient le mieux par leur travail & leur application, on ne peut guere douter qu’il n’en résultât un très-grand bien pour le service. On ne doit pas penser que notre jeune noblesse puisse regarder l’obligation de s’instruire comme un fardeau pesant & onéreux. Son zele pour le service du roi est trop connu : elle applaudira sans doute à un projet qui ne tend qu’à lui procurer les moyens de parcourir la brillante carriere des armes avec encore plus de distinction, d’une maniere digne d’elle & des emplois destinés à son état. (Q)

Officiers généraux de jour, c’est le lieutenant général & le maréchal de camp qui sont de service chaque jour. On a vu à l’article de ces officiers, qu’ils ont dans l’armée & dans les sieges alternativement un jour de service. Lorsque ce jour arrive, ils sont officiers généraux de jour.

Il y a aussi un brigadier, un mestre de camp, un colonel & un lieutenant colonel, de service chaque jour ; mais ces officiers qui sont subordonnés aux lieutenans généraux & aux maréchaux de camp, sont appellés leur jour de service, brigadier ou colonel, &c. de piquet. Les fonctions de ces derniers officiers sont de veiller aux piquets, pour qu’ils soient toûjours prêts à faire leur service. Voyez Piquet. (Q)

Officiers de la marine, (Marine.) ce sont les officiers qui commandent & servent sur les vaisseaux du roi & dans les ports, & composent le corps militaire.

On donne le nom d’officiers de plume aux intendans, commissaires & écrivains employés pour le service de la marine.

Les officiers mariniers, ce sont des gens choisis tant pour la conduite que pour la manœuvre & le radoub des vaisseaux : savoir, le maître, le bosseman, le maître charpentier, le voilier & quelques autres. Les officiers mariniers forment ordinairement la sixieme partie des gens de l’équipage.

Les officiers militaires, sont les officiers généraux, les capitaines, les lieutenans & les enseignes.

Les officiers généraux, sont actuellement en France, deux vice-amiraux, 6 lieutenans généraux, 16 chefs d’escadre ; ensuite 200 capitaines, 310 lieutenans, 9 capitaines de brûlots, 380 enseignes, 25 lieutenans de frégates, & 4 capitaines de flûtes. Ce nombre peut varier par mort, retraites ou autrement.

Officiers municipaux, (Hist. mod.) sont ceux qu’on choisit pour défendre les intérêts d’une ville, ses droits & ses privileges, & pour y maintenir l’ordre & la police ; comme les majors, sherifs, consuls, baillifs, &c. Voyez Office ou Charge.

En Espagne, les charges municipales s’achetent. En Angleterre, elles s’obtiennent par l’élection. Voyez Office ou Charge vénale, &c.

En France, les officiers municipaux sont communément les maires & les échevins, qui représentent le corps de ville. Souvent ils sont créés en titre d’office par des édits bursaux ; & souvent aussi ils sont électifs. Quelques villes considérables sont en possession de cette derniere prérogative, & leurs officiers ou magistrats municipaux prennent différens noms. Leur chef à Paris & à Lyon se nomme prevôt des Marchands, & les autres échevins ; en Languedoc, on les appelle consuls. La ville de Toulouse a ses capitouls ; & celle de Bordeaux ses jurats. Voyez Capitouls, Jurats.

Officiers de ville : on distingue à Paris deux sortes d’officiers de ville, les grands & les petits. Les grands officiers, sont le prevôt des Marchands, les échevins, le procureur du roi, le greffier, les conseillers, & le receveur. Les petits officiers, sont les mouleurs de bois & leurs aides, les déchargeurs, les mesureurs, les débacleurs & autres telles personnes établies sur les ports pour la police & le service du public. Voyez tous ces mots sous leurs titres particuliers.

Officiers passeurs d’eau, ce sont les maîtres bateliers de Paris, dont les fonctions consistent à passer d’un rivage de la Seine à l’autre les passagers qui se présentent, leurs hardes, marchandises, &c. Ils furent érigés en titre d’office sous Louis XIV. & sont au nombre de vingt, y compris les deux syndics. Voyez Batelier, dictionnaire de Comm.

Officiers de la vénerie, ceux qui sont à la tête des chasses de sa majesté. L’ordonnance du roi du 24 Janvier 1695, a permis & permet aux capitaines des chasses desdites capitaineries royales de déposseder leurs lieutenans, sous-lieutenans & autres officiers & gardes desdites capitaineries lorsqu’ils le jugeront à propos, en les remboursant ou faisant rembourser des sommes qu’ils justifieront avoir payées ; & où il ne se trouveroit alors des sujets capables de servir, en état de rembourser lesdits officiers & gardes, permet sa majesté auxdits capitaines de les interdire pour raison de contraventions qu’ils pourroient avoir faites aux ordonnances & à leurs ordres, & de commettre à leurs places, pendant tel tems qu’ils jugeront à propos, & qui ne pourra néanmoins excéder celui de 3 mois, sans que lesdits officiers & gardes ainsi interdits puissent faire aucune fonction de leurs charges durant leur interdiction, voulant seulement sa majesté qu’ils soient payés de leurs gages jusqu’à l’actuel remboursement du prix de leurs charges : & sera la présente ordonnance lue & publiée ès greffes d’icelles, à la diligence des procureurs de sa majesté.

Les officiers des eaux & forêts & chasses, doivent être reçus à la table de marbre où ressortit l’appel de leur jugement ; autrement toutes leurs sentences & actes de jurisdiction sont nuls, & ils ne peuvent pas recevoir de gardes capables de faire des rapports qui fassent foi, puisqu’eux-mêmes ne sont pas institués valablement. Au parlement de Paris on en excepte les anciennes pairies.

Les subalternes, c’est-à-dire le greffier, les gardes, exempts de gardes & arpenteurs, peuvent être reçus en la maîtrise particuliere ; mais ils doivent être tous âgés de 25 ans pour que leurs actes & procès verbaux aient force & foi.

Les officiers sont compris comme les autres dans les défenses de chasser.

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Étymologie de « officier »

Étymologie de officier - Littré

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Étymologie de officier - Wiktionnaire

(Nom commun) (C. 1327)[1] Du moyen français officier, du latin médiéval officiarius[1].
Synchroniquement, dérivé de office avec le suffixe -ier.
(Verbe) (1286)[1] Du moyen français officier, du latin médiéval officiare[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « officier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
officier ɔfisje play_arrow

Conjugaison du verbe « officier »

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Citations contenant le mot « officier »

  • Avec pour objectifs aussi d'augmenter le nombre de haut-gradées et de mieux concilier vies professionnelle et familiale. Et pour principe que l'armée n'a aucune raison de se priver d'office de la moitié de la population. «Il faut 25 ans pour former un officier général et je travaille à constituer un vivier futur», déclarait la ministre récemment lors d'une rencontre avec des journalistes. , Féminisation de l'armée: Dominique Arbiol, une femme général à la tête de l'Ecole de l'Air
  • Œil rond et vif, la silhouette solidement amarinée de ceux qui ont navigué de longues heures sur des mers formées, Loïc Finaz confesse volontiers n’avoir jamais eu peur par gros temps, jusqu’au jour où il se retrouva commandant. Fou de voile sportive depuis sa plus tendre jeunesse, il raconte être arrivé à l’École navale parce que la perspective d’intégrer, comme tous les étudiants brillants de Maths Spé, l’école Polytechnique ou Centrale Paris, le rebutait par avance. À la sortie de la Baille, il choisit une spécialité dans laquelle excelle toujours la Royale : la lutte anti sous-marine (ASM). Depuis l’aviso Jean Moulin jusqu’à la frégate Latouche-Tréville, deux bâtiments qu’il a commandés, en passant par les sous-marins d’attaque, Émeraude et Saphir, où il occupa les fonctions d’officier opérations pour parfaire sa formation ASM, ce « surfacier » au prénom breton et au patronyme savoyard apprit d’abord l’art de traquer les sous-marins soviétiques. Le Telegramme, Vice-amiral Loïc Finaz : les leçons de management d’un officier atypique - France - Le Télégramme
  • Autant de messages qui ont poussé un officier de Gendarmerie à intervenir, ce dimanche 19 juillet. Son fil d’explication a été très fortement relayé. Près de 2.700 internautes ont relayé son tweet, qui a été aimé par plus de 2.500 utilisateurs, ce mardi matin. Que dit Matthieu Audibert, sur son compte personnel? L’officier, affecté au pôle national de la lutte contre les cyber menaces de la Gendarmerie, est un spécialiste de la cybercriminalité. “Je vois beaucoup de gens qui appellent à suspendre des comptes, note-t-il. Très bien mais suspendre le compte ne permet de retrouver le ou les individus suspectés de se livrer à ce genre de pratiques.” L'Essor , Comment signaler un compte suspect sur Twitter? – L'Essor
  • Le planning de la seconde partie de ce concours de sous-officier, avec les épreuves d’admission, reste également inchangé. Elle est divisée en trois parties: l’entretien avec le jury, une épreuve de culture numérique et l’épreuve physique. Les candidats internes seront tout d’abord convoqués entre le 9 novembre et le 11 décembre 2020. Suivront ensuite les candidats externes, entre le 14 décembre 2020 et le 12 mars 2021. L'Essor , Le calendrier du prochain concours de sous-officier de Gendarmerie se précise – L'Essor
  • Mickaël Georgin, 33 ans, rejoint l’unité du Catelet en tant qu’officier de police judiciaire. L'Aisne nouvelle, Le futur officier de police judiciaire du Catelet est opérationnel
  • Qui sont les trois nouveaux généraux de division? Premier d’entre eux par ordre alphabétique, c’est le général de brigade Frédéric Aubanel. Il est le patron des gendarmes de la région du Centre-Val de Loire et du département du Loiret. Il était auparavant en poste en Basse-Normandie. L’officier général y avait notamment supervisé la sécurité de la commémoration du 75e anniversaire du Débarquement. L'Essor , Pluie d'étoiles pour les officiers généraux – L'Essor
  • Adrien Raffault a bien en tête ce qu’il faut faire pour accompagner les futurs gendarmes dans la préparation de l’épreuve sportive du concours de sous-officier. Le coach sportif n’y va pas par quatre chemins. Pendant les vacances, les candidats au concours “doivent impérativement maintenir une activité physique”. “C’est un peu comme les devoirs de vacances, précise cet influenceur aux 62.000 abonnés sur Facebook à L’Essor. Il faut certes relâcher la pression, mais ne pas oublier l’objectif de cet automne.” L'Essor , Conseils pour l'épreuve sportive du concours de sous-officier – L'Essor
  • La discipline n'est pour ainsi dire que l'art d'inspirer aux soldats plus de peur de leurs officiers que des ennemis. De Claude Adrien Helvétius / De l'esprit
  • Ce qui a perdu Napoléon, c’est l’ambition. S’il était resté simple officier d’artillerie, il serait encore sur le trône De Henry Monnier
  • Le métier d'officier consiste surtout à punir ceux qui sont au-dessous de soi et à être puni par ceux qui sont au-dessus. De Alphonse Allais
  • Un officier. Parce qu'il a une compagnie de soldats, il s'imagine manier des hommes. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Le soldat combat et c’est l’officier qui porte les galons. De Proverbe martiniquais

Images d'illustration du mot « officier »

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Traductions du mot « officier »

Langue Traduction
Corse ufficiale
Basque ofizial
Japonais 役員
Russe сотрудник
Portugais policial
Arabe ضابط
Chinois
Allemand offizier
Italien ufficiale
Espagnol oficial
Anglais officer
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Synonymes de « officier »

Source : synonymes de officier sur lebonsynonyme.fr


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